Nuit 68 organisée à Nantes

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En revenant de Nantes

Escapade loin du bled, le temps d’une Nuit 68 organisée à Nantes


Château de Nantes
Mise en ligne par Le Monolecte

Au départ, c’est de la faute à Gunthert : invité à une étrange sauterie politico-culturelle à Nantes, il lui est demandé de trouver des complices pour parler de l’esprit contestataire du net et vlan, me voilà embarquée dans le projet. La Nuit 68 s’est déroulée du 21 au 22 mars, au Lieu Unique et avait pour propos de faire l’inventaire de l’esprit contestataire 40 ans après le début des troubles qui conduiront aux événements de mai 68.

Bien sûr j’explique à André que je considère que la contestation de clavier, c’est quelque chose de plutôt léger, mais d’un autre côté, il y a l’idée de sortir du bled, de rencontrer André, Étienne Chouard et Mona Chollet et de voir du pays.

Et c’est comme cela que je me retrouve en pleine tempête, agrippée à mon volant, luttant contre un terrible vent de travers et des trombes d’eau, remontant la Vendée par l’autoroute, parce que la SNCF non plus ne viendra pas chez moi par hasard.

Rêve de ville

À l’approche de Nantes, le ciel se dégage et j’entre dans la ville par le sud, empruntant une très large avenue rectiligne qui pénètre dans le tissu urbain jusqu’au centre-ville. Cette arrivée par le sud est loin d’être banale : on passe directement de l’autoroute à une sorte de perspective soviétique assez large pour y accueillir un défilé de chars de l’époque stalinienne. Mais la comparaison s’arrête là. Le centre de la voie est entièrement occupé par une ligne de tram-bus qui relie le quartier de l’Île de Nantes avec le centre historique, comme une artère coronaire irrigue le cœur. D’arriver par l’Île de Nantes modifie complètement la perception de la ville : un espace super urbain, hérissé de tours et de barres, comme un cauchemar de ZUP, mais aussi largement desservi en commerces, équipements, transports en commun et zones de bureau. Un habitat très dense, mais où rien ne transpire de l’habituel mal-être des zones suburbaines. Le quartier a l’air moderne, vivant, aéré malgré les immeubles… agréable à vivre pour tout dire. L’impression étrange d’être dans une vraie zone de modernité, mais sans les stigmates de la surpopulation et de la relégation géographique.
Bref, une impression très forte, dès le départ, la rencontre avec un tissu urbain à peine effleuré, mais dont je garde la sensation d’un espace pensé pour être agréable à vivre et fonctionnel.


Le centre du monde
Mise en ligne par Le Monolecte

Sortie de l’île, le quartier de la gare, là où se trouve mon hôtel. Là, c’est vraiment comme tous les quartiers de la gare de toutes les grandes villes que je connais : les boutiques à kebab se mêlent aux bars à putes et aux sex shops. Pourtant, à trois pas de là, autre contraste : un château fort que l’on croirait échappé d’un livre d’images pour enfants. Tout y est, bien soigné, bien propet : les remparts épais, les douves, le pont-levis, tout. Posé là, au cœur de la ville, état neuf!

Je commence alors une petite ballade de 3 heures dans le centre historique de la ville. Le plus frappant, c’est la manière dont est organisée la circulation : de nombreux espaces piétons et de très larges avenues qui irriguent l’ensemble en transports urbains. En me rapprochant de la Loire, je verrais même un service de Navibus. Des trams, des bus, des bus-tram. Et une foule nombreuse, fluide et plutôt jeune qui s’écoule avec fluidité un peu partout. Bien sûr, beaucoup de boutiques du centre ont été phagocytées par les grosses franchises standardisées, mais l’endroit reste tout de même riche d’enseignes insolites et d’une foultitude de librairies. C’est fou ce qu’il y a comme librairies dans cette ville, ou alors, j’ai tourné en rond dans le quartier des bibliophiles… jusqu’à tomber sur L’Atalante.
Quiconque est mordu de Science-Fiction comme moi devine ce que j’ai pu ressentir en découvrant ce lieu mythique au détour d’une ruelle. Détour interdit. Et je ressors avec un kilo de Bordage et l’espoir que mon banquier aussi aime la science-fiction…

Rencontres

La nuit tombe lorsque j’arrive au Lieu Unique.
J’y suis passée en arrivant, sensation d’usine fourmillante, montée jusqu’à l’open desk du haut où une quarantaine de personnes bossent derrière des bécanes dans un espace aussi long qu’un terrain de foot. Il y a un joyeux bordel, une effervescence des grands jours. Je rencontre des gens de l’équipe, puis Isabelle Schmitt qui nous cornaque depuis des semaines et a tout fait pour nous faciliter le séjour, aplanissant les difficultés, anticipant les questions : un trésor d’organisation. Là, elle est juste à la limite du point d’ébullition, le regard plus cerné qu’un îlot d’étudiants à un symposium de CRS… C’est le grand soir tout à l’heure… je me sens petite et encombrante avec mon sac de tortue ninja qui me force à manœuvrer pour circuler entre les bureaux sans rien embarquer en passant. D’où la promenade de santé dans l’après-midi.

Le lieu s’est rempli. Il y a des grappes de gens arrimées au bar, des groupuscules errants entre les différents espaces d’exposition : un haut lieu de la boboïtude nantaise m’avait dit Chris (qui commente très régulièrement ici!) quand je lui avais annoncé ma venue dans sa ville. Je vois ce qu’il veut dire, le petit côté intello de gauche du centre-ville, alter culturel, ascendant underground… mais cela reste plutôt sympa, entraînant, très vivant. Je retrouve Isabelle au premier. On dirait le lapin d’Alice au pays des merveilles : elle court et virevolte d’un groupe à l’autre et je n’ai pas envie de tourner boulet. Finalement, elle m’aiguille assez finement vers la conférence de François Cusset, une analyse assez intéressante du destin des soixantuitards et de la manière qu’ils ont eue de s’estimer l’Oméga de la contestation sociale. À mon étonnement général, la salle est pleine.

Un peu avant l’heure fatidique, je retrouve André Gunthert en train d’affiner son diaporama pour notre atelier. Arrivent enfin Mona Chollet et Étienne Chouard et mon habituel complexe du fumiste embraye. Je guette un reflet dans l’œil de mes interlocuteurs qui trahirait comme un flottement face à la créature que je me retrouve à mettre en scène. Je me fais l’impression d’un gnome à une réunion de lévriers afghans et je lutte contre une intense sensation de dédoublement surmontée d’une violente envie de prendre mes jambes à mon cou. Les gens arrivent. André commence par son exposé sur les images en ligne, puis nous le rejoignons sur l’estrade pour quelques mots et un embryon de débat. Du coin de l’œil, je trouve immédiatement Chris dans le public et me réjouis de le savoir là. Finalement, c’est à moi de tenir le crachoir et j’ai l’impression de sortir une diarrhée verbale schizoïde.
Je crois que cela fait trop longtemps que je suis au cul des vaches, au milieu de nulle part. Juste à la limite de l’agoraphobie. À la fin du débat, je peux enfin saluer Chris et des lecteurs qui n’étaient peut-être pas là par hasard, eux… Alors que la conversation embraye bien plus facilement, nous sommes dispersés, car l’atelier suivant va se lancer. Trop de choses, trop vite, trop condensé.

Au final, et au bord de l’hypoglycémie aggravée, je me retrouve avec Mona, monsieur Chollet et Étienne Chouard à bouffer de la vache enragée (le menu s’appelle mort aux vaches… vaste programme !) et à deviser tranquillement. Enfin, jusqu’à ce qu’Étienne se mette en tête de me faire comprendre l’anomalie qui consiste à avoir abandonné la création de monnaie aux seules banques privées :

  • Tu comprends, c’est simple : Agnès Maillard a besoin de 100 000 €, donc la banque lui prête 100 000 € qu’elle n’a pas. Elle crée donc de la monnaie à hauteur de 100 000 €, monnaie qu’elle détruit au fur et à mesure que tu rembourses. Sauf qu’au passage, elle récupère les intérêts qui eux, proviennent de ton travail, de ta sueur. Tu comprends, là?
  • Heu… non !
  • Mais si… bon, je suis l’État et j’ai besoin de 10 milliards d’euros pour construire des logements sociaux. Avant 1973 et la loi scélérate de Pompidou, je demandais à la banque centrale de me créer 10 milliards que j’injectais dans l’économie en payant les ouvriers, les entrepreneurs et tout ça. Cette masse monétaire était ensuite détruite au fur et à mesure que je remboursais et au final, ça ne me coûtait rien, parce que la Banque centrale, c’est moi et que je ne me fais pas payer d’intérêts. Alors que depuis 1973, je dois emprunter l’argent nécessaire à ma politique aux banques privées qui non seulement ont le monopole de la création de monnaie – tu te rends compte ! les banques privées ! – mais qui, en plus, me réclament des intérêts. Du coup, la foutue dette dont on nous rabat les oreilles se creuse et on ne paie plus que les intérêts de la dette, sans même s’attaquer au capital ! Et tu sais à qui ça profite tout ça?
  • Heu… non…
  • Aux capitalistes, aux possédants, à ceux qui ont l’argent : plus l’État s’endette et plus ils sont riches ! Là, tu comprends mieux ?
  • Heu… non… tu sais, déjà, j’aimerais bien comprendre la logique de la compta à double entrée, alors la création de monnaie…
  • Mais la compta à double entrée, c’est super facile…

Là, je crois qu’Étienne a enfin compris qu’il tenait mon seuil de Peters en otage…

La discussion a repris le lendemain matin au petit-déjeuner à l’hôtel, avec Étienne et André en plein débat, quand j’ai débarqué, la tête dans le pâté… foutue clim’. La bonne nouvelle, c’est que Mona est encore moins du matin que moi. Dans l’édition du matin de Ouest-France, il y a ma trombine pour illustrer la nuit 68… une pure escroquerie. Il y a eu des tas d’idées brillantes et c’est sur moi que ça tombe. Encore le complexe du fumiste… sans compter que la journaliste n’a pas retenu de l’entretien ce que je voulais y mettre. Retranscrire, c’est trahir! Je m’en souviendrais pour mes prochains articles au bled. Je pique le journal pour scanner l’article pour mon père. Je crois que ce genre de truc lui plaira. Pour ce qui est de l’équipe du Lieu Unique, c’est moins sûr. Vu le travail qu’ils ont fourni, je me sens un peu moche, là, dans ce journal. Parler encore plus des petites mains qui font les événements. Je note.

On finit par se quitter. Comme d’hab’, je me sens à chier. Je me dis que j’aurais mieux fait de rester à ma place, derrière mon putain de clavier. Mais je ne regrette rien. Ni les 1000 bornes à travers la France, ni les brefs échanges entre deux portes, ni l’angoisse de voir le paraître l’emporter sur l’être. J’espère avoir d’autres occasions de bouger, d’autres rencontres à faire, d’autres discussions à prolonger jusqu’au bout de la nuit, encore plein d’autres de ces moments où malgré la fatigue, les angoisses, les complexes, on arrive enfin à s’oublier et à n’être plus qu’une petite particule d’humanité qui vibre avec toutes les autres.


Album photos

50 réponses
  1. Zlotzky
    Zlotzky dit :

    Pour moi l’Atalante évoque plus Jean Vigo et son film éponyme que la SF.
    Jean Vigo, un vrai libertaire ! L’esprit de ses films reste incroyablement subversif.
    Bon, d’accord, ça n’a rien à voir avec l’article, mais quand même…

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  2. chris
    chris dit :

    """"Au final, et au bord de l’hypoglycémie aggravée, je me retrouve avec Mona, monsieur Chollet et Étienne Chouard à bouffer de la vache enragée (le menu s’appelle mort aux vaches… vaste programme !) et à""""

    Mouai j’ai bien senti qu’on avait oublie de vous nourrir :::

    Bah pour le Lieu Unique ….t’inquietes c’est toujours le foutoir comme dab quoi ….

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  3. Bruno
    Bruno dit :

    Pas de doute t’es vraiment sympa. J’aime ta prose et ton esprit…
    Ca fait longtemps que je te lis et jamais ne t’oublie

    Bruno, quasi sexagénaire & soixante huitard (je n’ai pas fait 68, 68 m’a fait… c’est assez différent)

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  4. Jean-Pierre Martin
    Jean-Pierre Martin dit :

    J’en reviens aussi ! On a dû se croiser.
    Je connais bien cette ville, et je trouve pas ça étonnant qu’elle soit le siège de ce genre d’évènements "contestataires", le côté ville agréable et fonctionnelle n’y peut-être pas étranger. On y respire, les idées aussi, et on y trouve une certaine richesse culturelle.
    T’as vu l’éléphant ?

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  5. nicolas
    nicolas dit :

    Bonjour, juste pour signaler que j habite à côté de Nantes depuis peu, et que moi aussi lors de ma première ballade dans cette ville je suis tombé sur l’Atalante, et que ça fait vraiment quelque chose après les dizaines d’ouvrages lus de cette maison, comme vous Bordage, mais surtout Pratchett et orson Scott Card.
    Et bien vu pour le Lieu Unique ( haut lieu de la boboïtude nantaise…).
    Bon courage et merci pour votre travail.

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  6. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Bon, va falloir qu’on me réinvite à Nantes : pas vu de passage ou d’Éléphant. Par contre, j’ai consacré 30 minutes à répondre à un sondage à la noc sur les biscuits, histoire de valider un inter pour une nana qui faisait de la retape sur le trottoir. À ce que j’ai pu voir, les vacataires (sous-traitants!) de la SOFRES continuent à ne pas toucher gras pour leur boulot!

    Oui, j’ai du Bordage au Kilo et du Scott Card au mètre. Pour Pratchett, pas encore essayé : il y a un bouquin porte d’entrée dans son univers?

    Merci André. Pour ton commentaire et pour m’avoir permis de sortir du bled. Ceci dit, c’est toujours difficile pour moi de me retrouver exposée. J’ai toujours l’impression qu’en vrai, je suis quelqu’un de très décevant. Certes, je peux avoir le verbe qui fuse, mais dans la discussion, il manque toujours la distance et le réflexion. On est dans l’instant, dans la réplique, dans le tac au tac. Du coup, j’ai l’impression de résonner comme une outre vide et non de raisonner, avec le temps de maturation de la pensée.

    En plus, il faut bien le dire, je n’ai jamais été aussi grosse de ma vie, et même si l’apparence n’est pas une chose centrale dans ma vie, ça me fait quand même pas mal chier. On dirait la fille naturelle de Françoise Verny et Guy Carlier… Je passe trop de temps devant ma bécane et pas assez à marcher, bouger. Je pense qu’à Nantes, j’aurais plus envie de marcher 😉

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  7. Lory
    Lory dit :

    On dirait le début d’un roman qui se passe dans la ville de Nantes. Le début de ton billet ferait aussi un bon dépliant touristique.

    Tu devrais t’astreindre à faire une promenade quotidienne d’une bonne heure dans la campagne (c’est vraiment dommage d’y habiter et de ne pas en profiter, d’autant qu’elle n’offre pas grand chose d’autre, la campagne) si le temps le permet pour te maintenir en forme.

    Et boire de l’eau à suffisance (les femmes ne se désaltèrent jamais assez, c’est bien connu), ou du thé vert, ou autres infusions.

    En fait, ce n’est pas tellement des "kilos" qu’on a besoin de perdre bien souvent (le poids dépends beaucoup de la charpente qu’on a, de la densité du squelette), mais des "centimètres" en largeur.

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  8. B.L.
    B.L. dit :

    On a tous le même problème, hein Agnès !
    Trop de temps assis derrière le clavier, avec ce souci en tête de ne pas louper un truc important (intéressant, marrant, gerbant, etc.), alors que la nature autour nous tend les bras …

    C’est bien que tu ais découvert Nantes, sa tour LU, son château des Ducs de Bretagne (la princesse Anne … Tu comprends pourquoi les Nantais, les vrais, se revendiquent Bretons et disputent à Rennes le titre de capitale !)

    Mais si tu n’as pas vu le Passage Pommeraye (lieu magique où Demy a tourné Lola, avec Anouk Aimée, entre autres), si tu n’as pas "crébilloné" (remonté la rue Crébillon), admiré le port du haut de la butte Sainte Anne, fait ton marché à Talensac, baguenaudé au Parc de Procè, etc.

    Alors, oui, faut que tu retournes ! 😉

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  9. Lory
    Lory dit :

    Et j’oubliais de dire, surtout pas faire de régimes idiots: de toutes façons on ne maigrit jamais là où on voudrait maigrir de sorte que si on se laisse prendre à ce méchant jeu là, on est déçue du résultat. Donc, à part la marche à pied pour la forme, le mieux est encore de manger normalement sans abuser, surtout des fruits et légumes, et de porter des vetements qui vous avantagent sans trop se préoccuper de la mode plutot que de la suivre à tous crins en mettant des trucs qui ne vous vont pas, qui sont mal pratiques, et dans lesquels on n’est pas à l’aise.

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  10. chris
    chris dit :

    """"on passe directement de l’autoroute à une sorte de perspective soviétique assez large pour y accueillir un défilé de chars de l’époque stalinienne. Mais la comparaison s’arrête là. Le centre de la voie est entièrement occupé par une """

    Pour la petite histoire de Nantes ,cette perspective que tu decris ……s’appelle l’ile Beaulieu ,j’y habite aujourd’hui par nostalgie d’une epoque que je decris dans mon livre ,celle de la contrebande de la civelle …….vue inprenable sur un fleuve que mon pere a connu lui dans un tout autre paysage , celui de l’ile avant le betonnage et le detournement du sable qui faisait le lit de la riviere ……en lieu et place d’une avenue aujourd’hui stalinienne (si Jean Marc te lit ,il va pas aimer )…..etait un escalier escarpe ,inaccessible a marée haute qui amenait a des fermes isolées ou l’on vivait en harmonie avec la faune animale domestique et sauvage ….

    Tu vois ,sous la paves staliniens la campagne ……et la plage …

    IL y avait une plage ou je perdis quelques de mes camarades d’enfance ,emportes par les tourbillons fatals ou les courants terribles …

    Pommeray et surtout la Cigale ou si j’avais su ta fringale ,je t’aurais bien emmener avec plaisir …..quel meilleur guide que celui qui ecrit sur sa ville …

    Mais aussi et surtout au matin ,c’est Trentemoult , haut lieu boboique de nos jours ….qui t’aurait fait decouvrir l’essence meme de cette ville ,de ce port …….alors la seulement ,les odeurs de l’estuaire et des contrebandiers de la civelle te serait parvenus ….

    Le temps et son espace possible ,c’est ce qui nous manque toujours confondu entre l’etre et le paraitre ….

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  11. chris
    chris dit :

    Ca permet de se relire d’ailleurs ,l’ ile !

    """Ils tamisèrent en s’alignant, essayant de ne rien perdre de ce petit courant d’eau qui perlait sous la lune et effectivement, un œil exercé permettait d’apercevoir par endroit un léger grouillement argenté .Cela leur mit du baume au cœur et ne sentant plus le froid, ni la fatigue, ils raclèrent la surface jusqu’à ce que l’aube naissante les surprennent .Comme une lumière différente et un frémissement de l’eau qui annonçait la marée descendante proche .Ils relancèrent les propulseurs et se hâtèrent avec raison car en approchant de la prairie après avoir contourné les îles ,ils aperçurent l’étendue de vase naissante due a la marée qui allait les séparer du bord .
    Cela éveilla chez Ludo des pensées étonnantes pour cet instant la. Il se rappela sa toute enfance quand les grands immeubles qui avait transforme l’île Beaulieu en quartier résidentiel de Nantes n’étaient pas encore. Qu’il fallait alors pour rendre visite a de la famille de son père. Descendre un escalier escarpé et sombre en hiver afin de rejoindre les quelques fermes qui subsistaient au milieu de ce bout de campagne .On y descendait a partir du pont de Pirmil car l’endroit était inondable au gré des marées , avec ces maisons dont seul le premier étage était habité et ou on amarrait alors ces mêmes grandes plates directement au rez de chaussée .L’été était un peu magique a marée basse avec le paysage des grands bancs de sables blancs ,si beaux et si dangereux .Les gens qui vivaient la étaient de purs nantais , les lignées ouvrières des grands chantiers navals , vivant au milieu de cette arche de Noé ,de chiens , de volailles et de chevaux en liberté , une île . Aujourd’hui, il n’y avait plus de maisons mais des appartements, un supermarché et sa galerie, un palais des sports et plus de bancs de sables blancs .On avait dragué les fonds pour rehausser les berges et mette ainsi a l’abri des inondations de marées et la Loire n’était plus que vase.
    C’est cette vase la, luisante et sombre qu’il contemplait songeur droit devant eux .Ils virent alors Firmin se recroqueviller et lancer le moteur a fond .La plate leva droite en l’air avec un maurice que ‘l’on apercevait couché sur le fond .Puis elle retomba dans un bruit de moteur bizarre, traçant un sillon de boue en l’air . ""

    La vase ….c’est ce qui reste sous les paves aujourd’hui ….

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  12. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Message perso à Fopo Inside de forum-politique.org : Militant est bien le Chris dont je parle dans mon billet et j’ai été ravie de le voir en vrai!

    C’est pas beau de douter de la parole des autres 😀

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  13. Fin De Partie
    Fin De Partie dit :

    Je me demandais ce qu’était l’Atalante, tout en sachant que j’avais cette information quelque part sous mon crâne. Puis la connexion s’est faite et je me suis rappelé enfin:

    L’Atalante c’est aussi l’éditeur qui édite les romans de la serie "les futurs mystères de Paris" de Roland C. Wagner
    Avec son personnage, TEM (Temple sacré de l’Aube Radieuse), le détective ayant un talent de transparence.

    Par une drôle de coincidence, j’ai fini par trouver un des volumes de cette série, le seul qui me manquait à ce jour, chez un grand libraire parisien qui vend des livres d’occasion la semaine dernière.
    (suis trop pauvre pour me payer tous les livres de cet auteur en édition Atalante neuf)

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  14. Fin De Partie
    Fin De Partie dit :

    Et Nantes me rappelle une chanson:

    Il pleut sur Nantes
    Et je me souviens
    Le ciel de Nantes
    Rend mon cœur chagrin

    Quand es tu invitée à Göttingen Agnès? 😎

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  15. Toni Siro
    Toni Siro dit :

    Bonjour Agnès,
    Je suis heureux de voir l’esprit contestataire finir de s’essouffler dans des anniversaires comme celui de 68. Ces réunions d’anciens combattants sont un nouveau prétexte de s’échauffer les méninges dans une ancienne manufacture de "bis-cuits" relookée par les esprits formatés nantais.
    Serait-ce mon propre isolement qui me fait rater ces évènements ?
    Non ! J’attends.
    Je suis un solitaire qui aime trop ses amis pour les voir souvent et finir par s’en lasser.
    Cet amical message, c’est pour te remercier de ta prose rafraîchissante parfois, pleine de colère aussi et d’humour souvent et pour ronchonner aussi un peu.
    Il reste que j’aurais bien aimé moi aussi rencontrer Mona Cholet ou Etienne Chouard et te croiser au Bar ou ailleurs en ville.

    Je voulais simplement préciser deux où trois choses à propose de la ville que je traverse soir et matin (ou presque). J’évite l’avenue stalinienne par laquelle tu es arrivée, j’en ai une haine qui ne te concerne pas : on est touriste parfois et c’est suffisant.
    D’abord ces barres, dès l’entrée, sont aussi des lieux de tristesse et de misères aux façades réhabilitées pour cacher la réalité de quartiers où logent des communautés qui ne sont pas parfaitement intégrées. Les caravanes des roumains et gitans sont ailleurs dans une fange banlieusarde qui peuvent faire un sujet valable pour RSF. Ouest France ne se risque pas dans ces taudis.
    La modernité roulante est la galère matinale des travailleurs qui sont forcés de se taper des kilomètres pour venir ici. Depuis la mise en service de cette rectiligne avenue le temps de trajet à doublé : eh bien tant mieux si l’on prend alors des transports en commun accessibles.
    Mais là est le mensonge. Ce que tu appelles le "tram-bus" se nomme en réalité le "busway"sic
    C’est un transport coûteux, rapide mais consommateur d’énergie, polluant et tout à fait inadapté pour compléter le réseau de tramway (propre) qui doit encore évoluer, nous l’espérons. C’est pratique mais cher et le prix augmente, il faut faire un calcul savant pour rentabiliser un abonnement en fonction d’horaires de travail déséquilibrés et des carences de desserte.
    Le navi-bus achève un portrait bourgeois d’une ville agréable qui a rempli ses cales de promesses.
    La Gare est heureusement comme toutes les gares, il y a encore des trains. Le château d’à côté est échappé d’un parc à thème, "Légos" de l’Ouest catholique, styles nostalgies à la De Villiéristes – notre voisin, le Fou du Puy.
    La Cité doit sa fortune aux négriers, un port, des parcs et des palais qu’on aperçoit, quand la ville historique n’est pas recouverte d’un "Habitat" ou autre "Yves Rocher".
    La balade y est bonne comme les tables et les bistrots.
    Une particularité toute nantaise de ces itinéraires, il faut être prévenu, ce sont les voies piétonnes où les voitures sont autorisées à circuler.
    Enfin L’Atalante, l’une des facettes de l’entre deux-mondes de notre culture nantaise. D’ailleurs, pour préciser, si le magasin se nomme ainsi, c’est qu’à l’origine il était spécialisé dans la vente et l’édition d’ouvrages sur le cinéma, dont l’excellent "Jacques Demy et les racines du rêve" par Jean-Pierre Berthomé. Nantes est sa ville, le lieu de tournage de "Lola", "Une chambre en ville", le Passage Pommeraye est un décor formidable que tu as oublié de visiter. Nous te réinviterons.

    Nous aurions été content de t’accueillir, de te faire découvrir les portes discrètes de la ville, les colères et les révoltes qui n’ont pas été boboïsées par le "Lu", coupole de l’absolutisme culturel Blaisien.

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  16. chris
    chris dit :

    Precisons que les transports en commun de Nantes sont gratuit pour les chomeurs et RMistes …ne pas oublier ce que Cesar JMarc !

    Dire que les communautes ne sont pas integrées ,c’est faire fi du fameux "chemin du bas "que je decris dans mon livre ….et de la Clairiere ,un des camps des plus modernes en son temps avant qu’il fut fermé …

    Par pitie ,por favor , il n’y a pas de gitans a Nantes ….je n’en ai connu qu’un qui epousa une manouche et qui nous arriva de Perpignan , le fief qu’il ne depasse guere ,n’est ce pas ….

    Nous avons donc des Manouches et des Roumains dont il ne faudrait surtout pas faire l’amalgame …..les uns palpant les subventions que les autres estimaient dues,hein …

    Pour nos Roumains la fange est vite dite puisqu’il s’agit de l’ile de Nantes a deux pas du .."".bout du monde ""..un des endroits les plus poetique du port deux minutes a pied du centre ,pratique pour aller bosser,pardon mendier sans pejoratisme aucun vu que beaucoup de salaries ne font pas mieux de nos jours ..

    Just quelques precisions donc sur une description somme toute globalement tres sympathique par ailleurs…

    PS ,….les barres staliniennes au dessus du bus way abritent mon domicile et mes bureaux ,outre une vue inprenable sur le fleuve qui coute aujourd’hui aujourd’hui tres chere ……c’est avec un peu de cynisme que je regarde confortablement de ma terrasse en effet tout les matins tout ces salaries obliges a des heures d’attente pour rejoindre leur bureau….

    ON a tente de repenser les transport en commun mais pas le monde du travail …..et j’en conviens avec vous du pitoyable de la chose .

    Répondre
  17. bidibulle
    bidibulle dit :

    Si tu aimes la Science Fiction, alors il faut aller à Paris à la librairie Scylla, 8 rue Riesener 75012 Paris Métro : Montgallet (ligne 8) Lundi / Jeudi / Vendredi :de 12h à 20h Le Samedi : de 10h à 20h

    Parce que c’est LE lieu de réunion du FanDom Français.

    Tout les auteurs de SF un moment ou l’autre y passe ou y passeront…

    Répondre
  18. viccmackey
    viccmackey dit :

    Article écrit dans un style alternant entre prétention (des phrases sans verbe, ça, ça fait classe !) et laideur (une "diarrhée verbale schizoïde" déplacée et vulgaire) avec, entre autres, des répétitions nombreuses et désagréables.
    Je crois par ailleurs que l’usage veut que l’on dise "être dans le pâté" ou " avoir la tête dans le seau", mais pas "avoir la tête dans le pâté".
    Bref, ce blog est un bavardage onaniste inutile.

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  19. chris
    chris dit :

    C’est marrant en un sens que toute tentative d’ecrire ….puisse se heurter a des critiques portant essentiellement sur le style ,la syntaxe etc…..quant au fond ,la ..il y a plus souvent abstention vu probablement le manque de fond possible du critique lui meme….

    Tout livre , tout article releve quelque part du bavardage onaniste utile ou inutile ,faudrait voir a vous y faire !!!!

    Ou alors contentez vous des prix litteraires et des best sellers correspondants …

    On critique facilement l’edition et leurs comites de lecture mais nenfin heureusement que eux ,hein ………….parce que paraitrait pas grand chose autrement .

    Autrement Vicccmakey ……sur Nantes , sur mai 68 ; tout ca …..t’aurai des pistes ou tu prefere une petite biere au comptoir ….

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  20. André Gunthert
    André Gunthert dit :

    …Et en général, les donneurs de leçons ne manquent pas de se gourrer, pour le plus grand plaisir de leurs lecteurs. L’expression correcte n’est pas "la tête dans le seau", mis "la tête dans le sac". A partir de quoi, "la tête dans le pâté" est une variation-valise plutôt intéressante – et en tout cas parfaitement appropriée, je peux en témoigner 😉

    Répondre
  21. Flash
    Flash dit :

    Je soupire de soulagement en songeant à l’acrimonieuse remarque que nous aurait valu l’expression " la tête dans le cul " que notre chère Agnès s’est fort heureusement gardée d’employer.

    Répondre
  22. Dom
    Dom dit :

    Il y avait un concert de Tim Blake aussi jusqu’à trois heure de mat …non?
    Avant j’ai écouté des trucs …des gens sur des estrades …des trucs sur le logiciel libre….j’ai dit "merde …encore là…" Tout le monde dans la salle avait déjà tout piraté depuis lgtps…
    J’ai pris des photos …enregistré des trucs…je demanderai jamais rien a personne…j’en suis encore à "La propriété c’est le vol" sauce maison…
    Les contestataires fument dehors…pour pas déranger.
    Pour la santé des autres…
    Ils respectent le temps de parole….
    Se passent le micro avec courtoisie.
    Disent " je ne te juge pas …"
    Des trucs sur le respect et tout ça …la création patin coufin…
    J’suis largué total faut croire….
    Mais moi c’était pour T.Blake…

    Répondre
  23. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Mona et Étienne sont restés jusqu’à la fin : je suppose qu’ils ont regardé le concert.

    Pour ma part, j’avais 6 heures de route dans les bras et autant à me taper le lendemain.

    J’ai donc calté vers l’hôtel vers 1h!

    Répondre
  24. Louis-Paul
    Louis-Paul dit :

    Par, comme je dis toujours « la magie des liens » sur les Blogs (ici le Carnet à spirales », me voilà ici et aussi dans cet endroit où j’aime revenir lorsde mes séjours nantais. Nantes, ma ville cette année là il y a 40 ans…

    http://leblogdelouis-paul.hautetfor

    J’aurais bien aimé être au LU moi aussi…merci de votre Note qui m’y a amené virtuellement.

    Répondre
  25. emcee
    emcee dit :

    Bonjour,
    Très intéressante balade à Nantes, avec des photos superbes, qui plus est. Je suis éperdue de jalousie. 🙂
    Je ne connais pas (concours de circonstances) le far-ouest, mais il va vraiment falloir que je me décide à l’explorer.

    Cela dit, ce qui est encore plus surprenant dans ce billet, c’est que tu dises que tu te sentais mal à l’aise.
    Ton autorité naturelle, l’assurance de tes propos et ton sens de la répartie sur le ouèbe ne m’auraient jamais fait préjuger de cela.

    Moi-même, je me suis souvent demandé comment je réagirais en présence de rédacteurs connus et reconnus du ouèbe et ,en particulier, si j’oserais m’avancer et me présenter. On se dit toujours que les gens vont être déçus ou qu’ils vont chercher la faille, pour les plus célèbres ("qu’est-ce qu’il-elle a de plus que moi?").
    Quant à parler en public, c’est une pratique très difficile. et les plus grands écrivains ne sont-n’étaient pas forcément les meilleurs orateurs. Cela n’a rien à voir, d’ailleurs.
    D’autant que, souvent, on donne au troisième larron la parole de façon impromptue (quand on a soi-même déjà épuisé le sujet) et qu’il est pris brutalement dans les phares du véhicule, le doigt dans la tartine de confiture (cela dit pour énerver un peu plus le critique littéraire de haute volée qui s’est égaré sur ce blog insignifiant…. ;-D).
    Adessias

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  26. vieil anar
    vieil anar dit :

    J’ai lu ton billet depuis plusieurs jours et cette nuit de 68 organisée le 21, veille du 22, jour de déclenchement théorique des évènements à Nanterre, m’a particulèrement intrigué, bien que tu ne parles pas beaucoup du fond, car j’avais écrit moi-même un billet chez "Le(s) suiveur(s) des choses", la même nuit! On parle beaucoup de ça, étrangement, ces temps-ci 🙂

    Je suis moi-même natif des pays de la Loire et j’ai travaillé à Nantes, il y a fort longtemps, à l’époque où LU était encore Lefèvre Utile avant de devenir pompeusement Lieu Unique, à l’époque où Nantes était moins bobo et où on s’occupait plus du gout des petits beurres que de celui des petites beurettes :-)) Ta balade dans Nantes m’a rappelé des tas de souvenirs, moi j’avais travaillé à l’époque dans un atelier Rue Monte au ciel, ça ne s’invente pas!

    Quand tu sors du LU, tu vas vers le Champ de Mars et tu remontes vers le nord ouest en direction du Parc de la Bégraisière, jusqu’au boulevard de la Fraternité, la rue Monte au ciel est une petite rue qui communique entre le boulevard de le Fraternité et la rue Condorcet!

    Détails amusants ou symboliques, le boulevard de la Fraternité fait suite au boulevard de l’Egalité qui fait suite lui même au boulevard de la Liberté en remontant de la Loire vers le nord à partir de la rive opposée à Trentemout!
    Plus haut en bordure du parc de la Bégraisière, tu as le boulevard des Massacres!

    Je ne sais pas trop pourquoi je te raconte tout ça, je ne suis pas retourné à Nantes, à part de passage, depuis plus de 20 ans et je n’arrive pas vraiment à fixer un souvenir! Ca reste irrémédiablement quand même qqchose de très bourgeois, surtout par rapport à St Nazaire, la voisine prolo et coco d’il y a 30 ans, mais j’ai cru comprendre que ça aussi ça avait bien changé! A plus.

    vieil anar

    Répondre
  27. viccmackey
    viccmackey dit :

    – Chris, le style et la syntaxe d’un texte dévoilent parfois plus de choses que le sacro-saint fond qu’essaient encore et encore d’atteindre les millions de nouveaux penseurs-rédacteurs-journalistes auto-proclamés grâce au Web. Vous pensez peut-être que je le touche et pourtant, je n’ai pas vu de fond dans le récit de ce voyage à Nantes. Cela étant, j’avoue au fond ne pas avoir d’avis sur cette ville, pourvu qu’elle remplisse sont rôle de ville pour les Nantais. Elle est probablement belle et bien aérée, auquel cas je serais un peu jaloux parce qu’habite à Grenoble qui est moche et polluée.
    Admettez honnêtement que ce genre de blog n’a rien à voir avec la littérature, qu’il n’apporte rien en faisant l’éternelle promotion des idées les plus éculées pleines des bons sentiments de gauche. du coup, on perd son temps en se niquant les yeux sur nos écrans pour jouer au plus fort ou s’engueuler comme des porcs vexés.
    On peut en effet dire que l’immense majorité des articles de blog (et leurs commentaires !) sont inutiles, en revanche mettre les livres sur le même plan me paraît être un raccourci spécieux. Je suis venu sur ce site par Agoravox où j’ai lu ce texte http://www.agoravox.fr/article.php3… que je trouve sans intérêt, c’est-à-dire qu’il n’apporte strictement rien. Des philosophes, des sociologues, des scientifiques ont parfois passés une vie entière sur des sujets qui sont abordés avec une insupportable suffisance par de vulgaires petits blogueurs du dimanche ; je n’y reviendrai pas, rassurez-vous, vous pourrez vous y gargariser de vos petites pensées rebelles en paix.
    – M. Gunthert, "la tête dans le sac" n’est pas plus autorisée que "la tête dans le seau", les deux expressions décrivant l’attitude de celui qui vient de vomir (surement pas à cause d’une "foutue clim"). La "variation-valise" n’est donc pas aussi évidemment pertinente dans l’article. Et avant de faire ce qu’on veut avec la langue, avant de se la péter en d’autres termes, il faut essayer du mieux possible de faire avec ce qui existe.

    Répondre
  28. chris
    chris dit :

    @viccmackey

    Peut etre que votre vision du texte et de la narration est figée ,education ou formatage ,je ne sais …..et pourtant il y a milles façons d’ecrire et de narrer ,comme il y a mille manieres de jouer un morceau de musique …

    Pour ma part , ayant eu une mOman musicienne , j’ai beneficie du conservatoire ,et pourtant le fait de savoir lire une partition dans les regles …..ne m’a jamais permis de faire vibrer une note et donc un auditoire possible …

    Ce sont des gens parfaitement incultes musicalement qui me l’ont permis bien des années plus tard ..

    Pour l’ecriture ,ce sont donc deux ecoles ,deux mouvements contemporains opposes qui s ‘opposent la …presque un choc culturel et de classe meme .

    Pour ma part , j’avais quitte le gout a lire ,parce que les historiquements Zola ,Hugo, Flaubert ,Dumas ,London ou Celine de mon enfance , remplaces par des Houssins , Lebreton , ou Giovanni entre autres a mon adolescence ……….je ne les ai pas retrouves plus tard …

    Lors de mon arrivée il y a trois ,quatre ans sur les forums de chez Actuchomage …..pour cause de chomage justement , je n’avais pas ecrit un mot depuis un milllenaire …alors meme qu’entre temps ,j’avais appris deux langues oralement ….

    J’ai du tape mes premiers posts ,un dictionnaire a la main !!!!!!

    C’est dire le chemin parcouru ou aujourd’hui apres avoir vendu en rigolant quelques bouts de scenars , je finis un ouvrage qui a priori interesse bien …

    C’est donc dire aussi ce que nous autres ,plebeiens du oueb ….devons a cette nouvelle forme d’expression des blogs , a des gens comme Agnes qui pour moi a inaugure un style novateur en phase avec son epoque…

    J’ai des amis prof de lettres qui trouve sa plume salutaire et talentueuse ,comme quoi …..

    Le monde du polar ,expression du roman populaire et social d’avenir a mon idée ,Zola et Hugo seraient polardeux de nos jours et surement pas prix concourts……….n’a ete fait que par des profs jutement vu le vide laisse a l’ecriture ,socialement parlant …

    Le blog ,les forums auront permis a des gens qui ont eu des aventures de vies , de les raconter et de revenir ainsi aux sources , l’histoire de la culture non ecrite par des elites que je decris dans mon livre sur la culture nomade …

    Je crois que vous etes en train de passer a cote de tout cela …

    Le fond n’a pas ete aborde dans ce fil ,on a parle beaucoup de la ville et tres peu ""encore , du fond …………..alors qu’Agnes avait tente de le faire lors du colloque …

    Le monde du blog et des forums , la parole donnée ,l’anonymat et son tabou , etc ……..;

    C’est paradoxalement un debat de fond qui semble lier les langues ,meme Agnes a preferer s’epancher un peu sur la ville ……….a voir donc si l’envie …

    Il reste donc ouvert ?

    Répondre
  29. viccmackey
    viccmackey dit :

    Félicitations pour la courtoisie de votre réponse, la mienne l’aurait sans doute moins été si l’on m’avait interpelé comme je l’ai fait.
    Ma vision de l’écrit est la suivante : la langue est partagée par tous (c’est pour échanger et se comprendre qu’elle existe) et personne ne devrait avoir la prétention de la modifier sous prétexte de forger un style avant d’en avoir prouver sa maîtrise. Un autre débat serait de discuter des moyens à mettre en œuvre pour que chaque citoyen y parvienne. Inventer un langage parallèle a toujours eu pour conséquence d’isoler la communauté l’adoptant du monde extérieur. Et malmener la syntaxe pour des raisons politiques (opposition élites-plèbe) me paraît complètement hors-sujet. Méfiez-vous de cette sournoise idée selon laquelle s’ébrouer dans l’ignorance parmi les ignorants produit des choses plus belles et plus "vraies" qu’en suivant la voie de l’instruction et du savoir traditionnelle. Se glorifier de sa scolarité de cancre ou promouvoir l’auto-didactisme à tous crins n’est pas sans danger. Surtout dans un schéma de lutte des classes auquel vous semblez adhérer.
    Pourriez-vous me dire en toute sincérité à quoi peut bien servir d’écrire sans ponctuation comme Christine Angot, ou au contraire comme vous le faites avec d’innombrables points de suspension ou d’exclamation, si ce n’est par fatuité ou snobisme puisque le sens des choses est finalement le même à la fin ? Le roman "La Route" de Cormac McCatrhy m’a bouleversé, que son style vous paraisse "figé" et "formaté" vous ferait passer à côté d’un magnifique récit (certes des élites sont passées par là et l’ont affublé du "Prix Pulitzer" lettres-fiction). Quant à Victor Hugo, je serais vous, je le laisserais où il est en évitant les hypothèses hasardeuses.
    Quant au monde du blog et des forums, admettez qu’il permet la plupart du temps de donner la parole aux éternels damnés de la terre possesseurs d’ordinateurs à microprocesseurs pentium quad-core et écrans plats 19 pouces.

    Répondre
  30. Dom
    Dom dit :

    @viccmackey.
    Quant au monde du blog et des forums, admettez qu’il permet la plupart du temps de donner la parole aux éternels damnés de la terre possesseurs d’ordinateurs à microprocesseurs pentium quad-core et écrans plats 19 pouces.

    C’est blessant je trouve…Je vais continuer à écrire sans tenir compte du fait qu’à votre avis, je ne peux y prétendre. Je ne connais pas bien la syntaxe c’est certain. Je fais bcp de fautes aussi certainement. Mes phrases sont d’une simplicité désarmante. Je sais tout cela. Je sais aussi que sans ordinateur je n’écrivais pas…sans crayon non plus. Je ne vais pas remonter à l’origine de l’écrit, ni de l’édition mécanisée, mais je suppose que la même opposition était soulevée…n’importe quel con peut faire le nègre chez "Arlequin" alors qu’il y tant de magnifiques romans d’amour.

    Je ne comprends pas bien votre discours en fait. Que les gens qui ne sont pas unanimement reconnus par leurs pairs pour leur talent en écriture s’abstiennent? Surtout ceux qui ne maitrisent pas la ponctuation……………………..
    Je trouve cette vision bien triste.
    Faut dire que je tourne sur un AMD limite Turion de base…Alors que tout le monde sait qu’un bon bouquin ne peut sortir que d’un Mac. (slim de préférence)
    Mais il faut bien le dire…je suis bavard. Alors ….forcément j’abuse.

    Répondre
  31. chris
    chris dit :

    """n’importe quel con peut faire le nègre chez "Arlequin" alors qu’il y tant de magnifiques romans d’amour."""

    Excellent ………ce doit etre les limites du style ,de la syntaxe et de l’orthographe ….trop de maitrise !

    Répondre
  32. benjamin
    benjamin dit :

    à viccmackey

    Quand vous dites (post 42) que le style et la syntaxe dévoilent parfois plus que le fond, j’arrive à saisir votre idée même si je ne peux m’empêcher de vous demander comment vous rapprochez ces deux notions et surtout comment vous définiriez le style. D’ailleurs qu’est-ce qu’ils dévoilent? Est-ce à dire que le fond (à définir) d’une part et le style et la syntaxe d’autre part dégageraient des significations hiérarchisées propres et imperméables?

    Quand vous parlez de la ponctuation (post 44), la considérez-vous comme appartenant au style, à la syntaxe, les deux? Si je vous lis bien, l’emploi injustifié, selon vous, des points de suspension n’apporte rien "puisque le sens des choses est finalement le même à la fin". C’est à démontrer. Pourtant, vous ne manquez pas de leur donner une signification en jugeant de leur présence : fatuité ou snobisme. On pourrait tout aussi bien y voir une marque rythmique en restant dans la textualité sans considération pour l’auteur.
    Est-ce avec cette interprétation du style et/ou de la syntaxe que vous abordez le "fond" du texte? Ou n’est-ce pas plutôt ce même fond qui vous aiderait à saisir ce qui est en surface et par là de mettre l’auteur au niveau de son texte?

    Vous dites aussi que la langue est partagée par tous et qu’elle ne doit pas être modifiée avant de la maîtriser. Elle est certes partagée mais elle appartient également à tous ses locuteurs (et pas citoyens!) (je ne rentre pas dans les considérations saussuriennes). Quelle est cette maîtrise dont vous parlez? Qui l’aurait? Le style que vous adoptez aujourd’hui n’est-il pas issu d’une liberté des usages de vos prédécesseurs? N’est-ce pas la somme des écarts par rapport à une norme linguistique (et plus précisément des normes sociales) qui font que nous parlons aujourd’hui comme nous parlons? Oops, je parle de parole alors que vous parliez d’écrit…

    "Inventer un langage parallèle a toujours eu pour conséquence d’isoler la communauté l’adoptant du monde extérieur".
    Y a-t-il un exemple qui montre qu’une langue adoptée isole une communauté d’une autre, laquelle n’utiliserait qu’une seule langue aussi? S’il y a isolement, la langue ne fait pas partie des causes mais davantage des conséquences. Une langue ne nait pas spontanément et comment pourrait-elle isoler ses locuteurs? L’histoire linguistique nous montre que la création des sabirs, pidgins et autres créoles vont à l’encontre de cette thèse. C’est par souci d’échanger et de communiquer que ces langues ont émergé. Mais je m’éloigne. Quoi qu’il en soit, ce "langage parallèle" qui vous inquiète n’en est pas un, et ne pose pas un problème de compréhension puisque vous pouvez le commenter mais de représentation. La langue ne doit pas être attaquée stylistiquement ni syntaxiquement et si je vous comprends bien, cette (re-)stylisation ampute le fond irrémédiablement.

    Quant à l’opposition (hors sujet) ‘élites/plèbes’ qui se transpose terme à terme dans l’opposition ‘maîtrise de la syntaxe/non maîtrise de la syntaxe’, elle relève aussi d’une représentation idéalisée de l’élite usant du bon usage ou du bon usage par l’élite exclusivement, c’est selon. Des études syntaxiques et sémantiques montrent l’évolution (je parle d’évolution quand d’autres parleraient d’appauvrissement) des pratiques langagières de nos représentants politiques (voir le blog de J. Véronis par exemple).

    Vous abordez le texte comme une leçon de grammaire en ayant il me semble une vision normative et prescriptive de la langue. C’est un point de vue qui se respecte même si je ne le partage pas.

    Enfin je terminerai en vous citant : "il faut essayer du mieux possible de faire avec ce qui existe" et en rajoutant que ce qui existe n’est pas fait pour toujours exister.

    Répondre
  33. viccmackey
    viccmackey dit :

    Pour être plus clair : je trouve très intéressant que tout le monde puisse écrire à sa guise mais je regrette simplement la prétention et le snobisme d’un grand nombre de blogueurs qui n’ont même pas le temps de faire l’effort de respecter leur outil, la langue française pour ce qui nous concerne, ou de rester humble tellement l’urgence de livrer leurs idées au monde est irrépressible. Quand je reçois un mail dans lequel l’expéditeur ne prend pas la peine de différencier le futur du conditionnel (je pourrai, je pourrais), je me dis qu’il se fout un peu de ce que je vais penser de lui, donc il se fout un peu de moi. C’est en quelque sorte un manque de pudeur, parce qu’on se dévoile quand on écrit sur le Web et l’on doit je pense, pour son lectorat, garder une certaine tenue.
    Soyons encore plus clair : je parle bien du respect de la forme, de la langue donc, qui n’est pas du tout anodin et secondaire pour moi ; la "tenue" des idées ne se discute pas, elles peuvent être bonnes ou mauvaises pour les uns ou pour les autres, c’est une autre histoire.
    Désolé si j’ai blessé certains.

    Répondre
  34. jardin
    jardin dit :

    Le commentaire 28 m’evoque les formules auto-erotiques et gratuitement blessantes dont les vieux profs aigris de ma jeunesse gratifiaient volontiers leurs eleves, clientele o combien captive…

    Pour apporter mon grain de poivre a l’interessant debat qui suit a propos de la tete (dans le sac, dans le seau, dans le pate), mon fils dit "la tete dans le cul"…

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