Les maîtres du monde

Décembre 2006 : assemblée générale au bled du gros semencier de la région. Avec ma tête de brave fille et mon air pas dangereux pour un rond, c’est la deuxième année que je décroche un strapontin à la réunion de la crème du dessus du panier des paysans de notre beau pays.

L’année précédente, l’ambiance avait été revendicatrice, âpre, affamée. L’orientation principale était à l’ultraconcentration, verticale et horizontale, le petit monstre agricole devait grossir à toute force, bouffer ses voisins, ses concurrents et même les mecs qui passaient par là parce qu’ils avaient vu de la lumière. Bouffer ou être bouffé, le niveau zéro du darwinisme affairiste. L’intervenant du jour parlait d’arracher la valeur ajoutée du portefeuille du consommateur (nous, quoi), on se serait cru à une revue des troupes.

Fin 2006, il y avait toujours des territoires économiques à conquérir, mais on sentait comme une certaine satisfaction poindre dans les discours. Le groupe s’étendait comme une flaque huileuse, avait acheté ses fournisseurs et ses clients, encerclait ses concurrents et s’apprêtait d’ailleurs à en phagocyter quelques-uns de plus. Question de masse critique.

Arrive alors un petit homme sec, discret, au plumage anthracite et à la tête de redressement fiscal. Il monte en chaire et à l’aide de jolies courbes et graphiques, il raconte par le menu la situation céréalière mondiale et ce que les cultivateurs présents pouvaient en espérer à très court terme.
Les diapos PowerPoint défilent et se déroulent sous les yeux des participants la chronique d’une catastrophe annoncée.

Prospective de l’estomac vide

En gros, le consultant à la carrure d’expert-comptable détaille d’une voix monocorde l’état du marché mondial qui n’est pas des plus florissants en cette fin 2006 : une mauvaise récolte en Australie a tendu le marché du blé tendre, la production mondiale de maïs stagne alors que la demande explose à cause de la demande industrielle des biocarburants, ce qui renchérit en bout de course les prix alimentaires, la population augmente en même temps que la production, et du coup, les stocks baissent partout dans le monde. La Chine n’arrive même plus à honorer ses exportations.

Bref, pendant que le petit homme déroule les faits, je suis franchement tétanisée par le côté dramatique de la situation : on a vidé le frigo, on a presque torché le grenier et il y a de nouveaux convives qui frappent à la porte. Personnellement, je flippe avec ces histoires de pénurie. On se croirait revenus au temps des grandes disettes du Moyen Âge.

Là, le petit homme attaque la prospective en se basant sur une hypothèse, qu’il juge lui-même irréaliste, d’un baril de pétrole qui plafonne à 40$ le baril en 2007… Bon, en gros, c’est l’apocalypse pour 2015 au plus tard, même en admettant qu’on dégèle les 30% de surfaces agricoles inexploitées en Europe, même si on fout des OGM partout pour augmenter les rendements, même si les Brésiliens se remettent à défricher le poumon du monde à tour de bras, galvanisés par l’explosion des cours des matières premières agricoles! Les Chinois et les Indiens vont se mettre à manger normalement, du coup, ils ne nourriront plus le reste du monde, de toute manière, les Indiens, ils comptent pour du beurre, parce que leurs ressources en flotte sont au plus bas et que si ça continue comme ça, faudra qu’ils pissent dans les rizières pour hydrater les cultures.
Rien que l’augmentation de la population mondiale va créer des problèmes, mais en plus l’industrie des biocarburants va surpomper les capacités de production et entrer directement en concurrence avec les besoins alimentaires humains. Et si le cours du pétrole flambe, alors la pression des biocarburants va devenir monstrueuse.

Bref, écrasée dans mon fauteuil, je me dis qu’on n’est pas dans la merde et que le nabot en costume 3 pièces vient de saper le moral de l’assistance pour la journée.

Sauf que… la bonne nouvelle, c’est que les cours mondiaux des matières premières agricoles vont flamber et que du coup, le revenu des exploitants agricoles va exploser.

Et là, l’assistance ronronne!

Je ne suis là que comme observateur, pour pondre un gentil compte-rendu dans l’obscure feuille de chou du bled, et j’hallucine : ils sont tous très contents! D’un autre côté, c’est un peu comme aller à une AG de Dassault et s’étonner que les participants entament une danse du ventre à l’annonce d’une probable guerre mondiale!

Du coup, je ne sais pas ce qui m’a pris, je me suis levée et j’ai demandé la parole. Et me voilà en train de crachoter dans le micro : Mais s’il y a tension sur le marché des matières premières alimentaires et que leur cours flambe, que va-t-il advenir des 3 milliards de personnes qui, sur cette planète, vivent avec moins de 2 dollars par jour et ont, à ce titre, de réelles et constantes difficultés à accéder à une nourriture suffisante en quantité et en qualité?

À ce moment, ça se fige sec dans l’assistance. C’est un peu comme le moment où le héros arrive dans le saloon en faisant claquer les portes battantes et où tout le monde se fixe dans l’action qui était en cours, le tricheur avec ses cartes qui dépassent de la manche, les putes avec la jambe au garde-à-vous dans un cancan débridé, le barman avec la bouteille en l’air et le whisky qui n’ose même plus glouglouter en ruisselant sur le zinc.
En langage clair, cela s’appelle un grand moment de solitude.

Ce n’était pas le croque-mort des chiffres qui plombait l’ambiance avec son scénario inflationniste, mais ma petite question incongrue énoncée par un gosier serré de fille dans un monde d’hommes.

Mais si les cours des matières premières agricoles progressent, les revenus des personnes du Tiers-Monde augmenteront avec eux!

L’expert-comptable des maîtres du monde avait réponse à tout : les pauvres sont pauvres parce qu’ils sont tous paysans et dès que ça va flamber, ils vont aussi pouvoir se gaver et se faire péter la panse!
CQFD!
Et voilà ma question balayée d’un revers de la main, comme une quantité négligeable. J’ai un peu la mâchoire béante devant une telle maîtrise de l’esquive, mais je reprends déjà mon souffle pour parler des paysans indiens qui se suicident en vrac, de l’ultra concentration urbaine des pays surpeuplés du Tiers Monde, des subventions du nord qui siphonnent la compétitivité supposée des paysans du sud, de tous ces pays où l’on meurt de faim pendant qu’on en exporte de quoi nourrir les animaux qui garniront nos assiettes de gros repus, de toutes ces petites gens qui jonglent déjà avec un déficit chronique en protéines et d’enfoncer le clou en rétorquant que quand bien même tous les pauvres du monde seraient des paysans, ce qui est loin du compte, ils ne sont que très rarement propriétaires de leurs terres et encore moins de leurs récoltes et que rien dans le cours des marchés mondiaux des matières premières ne peut aboutir à autre chose qu’à enrichir toujours plus ceux qui possèdent au détriment de ceux qui n’ont que leurs bras à vendre. Mais le corbeau sur son estrade a déjà détourné le regard, l’assistant de salle, le micro et le conseiller de com’ du conglomérat qui doit déjà bien regretter de m’avoir laissé entré ici me tire par la manche avec un sourire, et m’invite à m’asseoir en faisant mine d’avoir quelques commentaires éclairés à me glisser au creux de l’oreille.

Les ronronnements reprennent de plus belle. L’assemblée de Pierrettes n’en peut plus de spéculer sur la multiplication des pots au lait. Et le brouhaha joyeux me rappelle qu’il n’y a que mépris et indifférence envers le sort que notre système injuste impose aux perdants. Toujours plus nombreux, les perdants.
À aucun moment quelqu’un n’évoque le fait que les biocarburants sont une aberration si leur mise en œuvre réduit encore plus des ressources alimentaires qui s’avèreront à court terme insuffisantes. Non, même s’ils privent de nourriture une partie de la population mondiale pour faire rouler les bagnoles de quelques-uns, les agrocarburants ne sont vus que comme un juteux marché, une marge bénéficiaire en expansion.

La famine est une bonne affaire qu’on se le dise.

Le théâtre des marionnettes

Moins d’un mois après ce brillant exposé, la crise de la Tortilla explose au Mexique. Tout au long de 2007, le pire du scénario du devin de l’agroalimentaire est en train de se mettre en place. Les Italiens couinent devant la flambée de la pasta et les amateurs de yaourt découvrent que le secteur est ultra concentré et que leur péché mignon est en passe de ne plus être le dessert du pauvre. Bref, ça chie autour de la gamelle, et pas seulement de celle des plus pauvres de la planète et connaissant l’évolution réelle du cours du baril de pétrole pour l’année (bien loin des 40$ prévus), on se rend compte que les jolies projections de décembre 2006 risquent d’être dépassées par la réalité.

Alors, pourquoi vous ressortir aujourd’hui cette vieille histoire qui a déjà un an (une éternité sur l’échelle frénétique du flux informationnel!)?

Parce que déjà, il était intéressant de voir ce qui allait réellement se passer.
Les damnés de la terre ne se sont pas enrichis, les joueurs de casinos boursiers, si.
Les paysans qui se frottaient les mains comme de gros égoïstes en pensant au prix de revente de leur récolte dopé par la raréfaction des ressources se marrent nettement moins : eux aussi, ils bouffent des yaourts et des pâtes et ce qu’ils ont raclé d’un côté est reparti de l’autre. Par contre, les actionnaires du conglomérat agroalimentaire ont dû se faire péter la sous-ventrière cette année et anticipent déjà à quel point les années qui vont suivre leur seront encore plus fastes. C’est connu : le malheur du plus grand nombre…
Ceux qui font mine de découvrir nos problèmes d’approvisionnement en énergie ou en bouffe étaient au moins aussi au courant que les paysans de mon histoire de ce qui était déjà inéluctable l’année dernière.
Et que dans ce merdier annoncé, la seule chose qui devrait crever les yeux de tous, c’est la totale impuissance du monde politique quant à une évolution des choses qui se décident bien ailleurs que dans les assemblées de représentation des peuples.

Il y a des tas de courtisans qui se pressent dans l’ombre du princident, parce qu’ils ont l’illusion de se frotter au pouvoir suprême. Mais le pouvoir réel n’est qu’une question de despotisme hydraulique (monopole d’une ressource essentielle : obéissez à ceux qui détiennent cette source ou mourrez!) : celui qui possède la bouffe possède le monde. Crapahutez vers les signes extérieurs de décision, les maîtres du monde se réunissent dans le trou du cul du monde et jouent au Monopoly par coup de milliards de poulets et millions de tonnes de blé.

Et pendant ce temps, les penseurs à la petite semaine se complaisent à commenter sans fin la telenovela insipide des turpitudes conjugales du petit paltoquet, principal figurant de la grande mise en scène du moment.

55 réponses
  1. nattfodd
    nattfodd dit :

    Merci Agnès de proposer un peu de bon sens et de lucidité, au milieu de cette horde d’autruches qui pensent qu’il suffit de ne pas regarder les problèmes pour qu’ils disparaissent (ou que la sacro-sainte Technologie les résolve magiquement). Ce qui paraît de plus en plus évident, c’est que dans 10 ans, peut-être moins, on ne vivra pas du tout de la même manière qu’aujourd’hui. Notre civilisation est infiniment plus fragile qu’on ne veut le croire, il suffit de rompre un maillon quelque part (par exemple l’approvisionnement en pétrole, ou la stabilité climatique) pour que tout le château de cartes s’effondre. Quel que soit l’emplacement de la première faille, on arrive rapidement à plus de transport, plus d’agriculture intensive (et de toute manière plus de moyen de l’acheminer), les citadins se rendent compte que sans approvisionnement des magasins, ils n’ont rien à manger, plus d’eau potable non plus donc épidémies à gogo, et la liste continue…

    Les profiteurs pourront bien continuer à profiter encore un peu, surtout grâce aux diverses forces armées qu’ils réussiront encore à commander, mais tôt ou tard, la réalité les rattrapera : quelle que soit la quantité de bouts de papier colorés qu’on possède, personne ne peut vivre dans un environnement vicié.

    Dans une telle situation d’urgence, les combats menés par certains (les prochaines élections ? la réduction des émissions de CO2 d’ici 2050 ? les retraites ?) paraissent bien futiles.

    Répondre
  2. nattfodd
    nattfodd dit :

    Merci Agnès de proposer un peu de bon sens et de lucidité, au milieu de cette horde d’autruches qui pensent qu’il suffit de ne pas regarder les problèmes pour qu’ils disparaissent (ou que la sacro-sainte Technologie les résolve magiquement). Ce qui paraît de plus en plus évident, c’est que dans 10 ans, peut-être moins, on ne vivra pas du tout de la même manière qu’aujourd’hui. Notre civilisation est infiniment plus fragile qu’on ne veut le croire, il suffit de rompre un maillon quelque part (par exemple l’approvisionnement en pétrole, ou la stabilité climatique) pour que tout le château de cartes s’effondre. Quel que soit l’emplacement de la première faille, on arrive rapidement à plus de transport, plus d’agriculture intensive (et de toute manière plus de moyen de l’acheminer), les citadins se rendent compte que sans approvisionnement des magasins, ils n’ont rien à manger, plus d’eau potable non plus donc épidémies à gogo, et la liste continue…

    Les profiteurs pourront bien continuer à profiter encore un peu, surtout grâce aux diverses forces armées qu’ils réussiront encore à commander, mais tôt ou tard, la réalité les rattrapera : quelle que soit la quantité de bouts de papier colorés qu’on possède, personne ne peut vivre dans un environnement vicié.

    Dans une telle situation d’urgence, les combats menés par certains (les prochaines élections ? la réduction des émissions de CO2 d’ici 2050 ? les retraites ?) paraissent bien futiles.

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  3. hougevy
    hougevy dit :

    Excellente analyse. Le vrai pouvoir n’est contrôlé par aucune instance démocratique. Là comme ailleurs libéraux et sociaux?-démocrates? (Lamy, Strauss Kahn, entre autres) se donnent la main. Ouh! comme ils ont l’air méchants et opposants les "rôses", dans leurs pays respectifs. Veules et serviles dans les instances internationales, sur tous les sujets: protectionnisme commercial, leçons de démocratie et refus d’un référendum sur le traité de Lisbonne… J’arrête là et je résume: le sarkozisme, la droite décomplexée, les profiteurs qui profitent, toute personne possédant (à défaut d’autre chose) un cerveau en état de fonctionnement s’y attendait. Non, le pire c’est ce désespoir qui naît à la vue de ces baudruches roses, au moment où, en France et dans le monde, comme tu le montres parfaitement, on a le plus besoin d’opposants de choc. Pardon d’avoir été un peu long et peut-être confus.
    hougevy.net

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  4. hougevy
    hougevy dit :

    Excellente analyse. Le vrai pouvoir n’est contrôlé par aucune instance démocratique. Là comme ailleurs libéraux et sociaux?-démocrates? (Lamy, Strauss Kahn, entre autres) se donnent la main. Ouh! comme ils ont l’air méchants et opposants les "rôses", dans leurs pays respectifs. Veules et serviles dans les instances internationales, sur tous les sujets: protectionnisme commercial, leçons de démocratie et refus d’un référendum sur le traité de Lisbonne… J’arrête là et je résume: le sarkozisme, la droite décomplexée, les profiteurs qui profitent, toute personne possédant (à défaut d’autre chose) un cerveau en état de fonctionnement s’y attendait. Non, le pire c’est ce désespoir qui naît à la vue de ces baudruches roses, au moment où, en France et dans le monde, comme tu le montres parfaitement, on a le plus besoin d’opposants de choc. Pardon d’avoir été un peu long et peut-être confus.
    hougevy.net

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  5. Jogo
    Jogo dit :

    La politique n’est pas impuissante comme tu le crois. Il s’agit même du seul pouvoir qui pourrait s’opposer à toute cette m****. Non, le monde politique est juste complaisant.

    Répondre
  6. Hypos
    Hypos dit :

    Bonjour !
    Je viens de lire votre commentaire sur le billet de Farid ( qui devient du coup notre meilleur recruteur 😉 !)
    Non, non, je ne suis pas un troll, même si je vous laisse ici un message qui n’a pas beaucoup à voir avec le sujet de l’article !
    Je vous écris rapidement pour vous demander si vous seriez d’accord pour rejoindre notre "widget femmes engagées" lancée début janvier.Vous pouvez lire le post de Farid à ce sujet et sur mon blog, les raisons qui m’ont amenée à le créer.. Cela nous ferait vraiment plaisir et participerait, je le pense en lisant vos articles, au "nouveau ton" que nous souhaitons mettre en avant !
    Vous pouvez me joindre par mail ou laisser un message sur le blog de Laure Leforestier ou de "Plume au vent" qui sont aussi dans la widget.

    J’espère vous lire bientôt
    Marie Laure

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  7. Fin De Partie
    Fin De Partie dit :

    Tout ceci va se régler à la baionnette (pour économiser des balles) sur un champs de bataille dans une guerre globalisée.

    Les maitres du monde ne laisseront pas l’ensemble de l’humanité manger à sa faim en partageant les ressources de la planète.
    Ils préfèreront que l’humanité lutte à mort contre elle-même pour avoir de l’eau, de la nourriture: les marchands d’armes sont sur coup.

    Répondre
  8. Croa
    Croa dit :

    à Agnès qui a écrit : «c’est un peu comme aller à une AG de Dassault et s’étonner que les participants entament une danse du ventre à l’annonce d’une probable guerre mondiale!» après nous avoir parlé de frigo vide et de convives je répond : «Agnès, j’adore tes métaphores !»

    à part ça tu as bien fait ce jour là d’intervenir. Même si ceux en qui tu as sûrement semé un doute ne sont pas ceux qui se sont exprimés, car ceux-là s’expriment rarement, c’est quant même ainsi qu’une société évolue, par petites tranches… Et fréquenter l’adversaire est forcément productif bien que ce ne soit guerre marrant !

    Concernant la supposée «totale impuissance du monde politique», en gras dans ton texte, je m’inscrit en faux. Ma vérité est qu’ils sont complices et savent nous tenir grâce à la boîte à images (pas tous : je sais !) et en trichant pas mal en plus (relire ça au besoin : http://croa33.club.fr/Doc/Scandale…. )
    Lorsqu’en "40" il fût question d’arrêter de faire des bagnoles pour produire à la place des avions, des chars et des canons, même (et surtout) pour les Américains ce ne fût pas un problème ! Cette sois-disant "impuissance" fait par ailleurs partie de leurs mensonges et tout le monde marche… La preuve !

    Répondre
  9. Croa
    Croa dit :

    Après Nattfoff à qui la réduction des émissions de CO2 d’ici 2050 paraît bien futile, entre autres combats d’arrière garde, j’ajouterai:

    Comment est-il possible, en effet, d’être aussi crédule et de se contenter de vagues objectifs lointains alors que la maison brûle ? Réduire de trois quart nos émissions pour 2050 n’est pas difficile, ce qui ne veut pas dire que ce sera sans douleurs car les choses iront d’elles-mêmes ! Il faudrait anticiper et agir tout de suite tant que c’est encore gérable, ce que même Monsieur Hulot ne semble pas réaliser ! Même le mouvement «Agir pour l’Environnement», très satisfait, ne veut pas voir comment Monsieur Sarkozi a détourné les attentes du "Grenelle" pour relancer le commerce des bagnoles avec sa taxe-détaxe à l’achat au lieu de forcer la TIPP, ce qui était évidemment trop simple mais surtout mauvais pour les affaires (sauf celles de l’état, lesquelles ne sont justement pas prioritaires pour notre nouveau Président.)

    Répondre
  10. Croa
    Croa dit :

    Après Nattfoff à qui la réduction des émissions de CO2 d’ici 2050 paraît bien futile, entre autres combats d’arrière garde, j’ajouterai:

    Comment est-il possible, en effet, d’être aussi crédule et de se contenter de vagues objectifs lointains alors que la maison brûle ? Réduire de trois quart nos émissions pour 2050 n’est pas difficile, ce qui ne veut pas dire que ce sera sans douleurs car les choses iront d’elles-mêmes ! Il faudrait anticiper et agir tout de suite tant que c’est encore gérable, ce que même Monsieur Hulot ne semble pas réaliser ! Même le mouvement «Agir pour l’Environnement», très satisfait, ne veut pas voir comment Monsieur Sarkozi a détourné les attentes du "Grenelle" pour relancer le commerce des bagnoles avec sa taxe-détaxe à l’achat au lieu de forcer la TIPP, ce qui était évidemment trop simple mais surtout mauvais pour les affaires (sauf celles de l’état, lesquelles ne sont justement pas prioritaires pour notre nouveau Président.)

    Répondre
  11. chris
    chris dit :

    C’est marrant parce que je vois les choses a quelques nuances pres comme Fin de partie et je nous vois hexagonalement bien mal prepare a ce niveau ….

    La politique sera impuissante parce que les etats se demilitarisent et que c’est le prive qui se militarise …..c’est une tendance lourde de ces dernieres années .

    D’ailleurs ca ramene une fois de plus a mon lien sur le bizness des dechets en Italie , …..

    Répondre
  12. chris
    chris dit :

    C’est marrant parce que je vois les choses a quelques nuances pres comme Fin de partie et je nous vois hexagonalement bien mal prepare a ce niveau ….

    La politique sera impuissante parce que les etats se demilitarisent et que c’est le prive qui se militarise …..c’est une tendance lourde de ces dernieres années .

    D’ailleurs ca ramene une fois de plus a mon lien sur le bizness des dechets en Italie , …..

    Répondre
  13. nattfodd
    nattfodd dit :

    @Croa: l’impuissance du monde politique n’empêche en rien sa complicité, et vice-versa. Il est impuissant à aller dans certaines directions, du moins de sa propre volonté (il faut une révolution, les grèves de 36 ou une guerre mondiale et son conseil de résistance pour faire bouger les choses dans le bon sens…) Et il est impuissant parce que, avec un système très similaire à celui que Noam Chomsky décrit dans le monde des médias, les vrais postes de pouvoir ne sont attribués qu’à ceux qui ont démontré qu’ils sauront en faire usage pour servir des intérêts bien particuliers. Qu’on donne le choix entre quelques candidats identiques sur le fond ne change finalement pas grand chose à la manière dont ce grand jeu marche.

    Sinon, je n’ai pas bien compris ce que tu voulais dire dans ton message suivant. Mais quand je dis que l’objectif de réduire les émissions d’ici 2050 est futile (et non pas d’arrière-garde, d’ailleurs, quoi que ça puisse bien vouloir dire), c’est parce que d’une part tout le monde sait très bien que ça ne sera pas fait (le principal intérêt de fixer une date butoir si lointaine est qu’on aura bien toujours le temps de laisser les autres s’en occuper plus tard), et d’autre part qu’il est même déjà trop tard. Même si tous les humains sur terre arrêtaient d’émettre le moindre gramme de CO2 dès demain, le climat se déréglerait quand même, peut-être juste un peu moins vite.

    Qu’on en ait encore pour deux, cinq, dix ou cinquante ans ne change pas grand chose à l’affaire : les jours de cette civilisation sont comptés. L’environnement ne peut plus soutenir ce rythme, son exploitation est en train d’arriver à terme, et quoi que tous les marketeux, fleurons de notre joyeux progrès, puissent en penser, "développement durable" est et reste un oxymore. Par définition, on ne peut pas vivre dans un environnement non viable. Le notre ne l’est presque plus, en tout cas pas pour la valeur de "viable" à laquelle nous sommes habitués. Mais nos sociétés refusent d’admettre cette vérité pourtant élémentaire, et plutôt que de regarder le problème en face et au moins essayer d’y apporter une véritable solution, elles préfèrent se mettre la tête dans le sable. Croire que ces sociétés peuvent changer d’elles-mêmes et devenir "soutenables" paraît au mieux d’une naïveté déconcertante.

    Les mesurettes (notamment taxes en tout genre) ne changeront rien. Au mieux, ça revient à coller un bout de sparadrap sur une fissure d’un barrage en train de craquer de tous les côtés. Puis, un sourire satisfait aux lèvres, revenir à ses tâches quotidiennes, la conscience tranquille.
    Même les mesures les plus extrêmes qu’on puisse imaginer (soyons fous : révolution mondiale, collectivisation, démilitarisation générale, anarchie généralisée) n’aboutiront jamais qu’à un bref gain de temps. Tant que l’homme considérera qu’il est de son droit (divin ?) d’exploiter son environnement, l’effondrement et la mort sont les seules issues possibles.

    Répondre
  14. nattfodd
    nattfodd dit :

    @Croa: l’impuissance du monde politique n’empêche en rien sa complicité, et vice-versa. Il est impuissant à aller dans certaines directions, du moins de sa propre volonté (il faut une révolution, les grèves de 36 ou une guerre mondiale et son conseil de résistance pour faire bouger les choses dans le bon sens…) Et il est impuissant parce que, avec un système très similaire à celui que Noam Chomsky décrit dans le monde des médias, les vrais postes de pouvoir ne sont attribués qu’à ceux qui ont démontré qu’ils sauront en faire usage pour servir des intérêts bien particuliers. Qu’on donne le choix entre quelques candidats identiques sur le fond ne change finalement pas grand chose à la manière dont ce grand jeu marche.

    Sinon, je n’ai pas bien compris ce que tu voulais dire dans ton message suivant. Mais quand je dis que l’objectif de réduire les émissions d’ici 2050 est futile (et non pas d’arrière-garde, d’ailleurs, quoi que ça puisse bien vouloir dire), c’est parce que d’une part tout le monde sait très bien que ça ne sera pas fait (le principal intérêt de fixer une date butoir si lointaine est qu’on aura bien toujours le temps de laisser les autres s’en occuper plus tard), et d’autre part qu’il est même déjà trop tard. Même si tous les humains sur terre arrêtaient d’émettre le moindre gramme de CO2 dès demain, le climat se déréglerait quand même, peut-être juste un peu moins vite.

    Qu’on en ait encore pour deux, cinq, dix ou cinquante ans ne change pas grand chose à l’affaire : les jours de cette civilisation sont comptés. L’environnement ne peut plus soutenir ce rythme, son exploitation est en train d’arriver à terme, et quoi que tous les marketeux, fleurons de notre joyeux progrès, puissent en penser, "développement durable" est et reste un oxymore. Par définition, on ne peut pas vivre dans un environnement non viable. Le notre ne l’est presque plus, en tout cas pas pour la valeur de "viable" à laquelle nous sommes habitués. Mais nos sociétés refusent d’admettre cette vérité pourtant élémentaire, et plutôt que de regarder le problème en face et au moins essayer d’y apporter une véritable solution, elles préfèrent se mettre la tête dans le sable. Croire que ces sociétés peuvent changer d’elles-mêmes et devenir "soutenables" paraît au mieux d’une naïveté déconcertante.

    Les mesurettes (notamment taxes en tout genre) ne changeront rien. Au mieux, ça revient à coller un bout de sparadrap sur une fissure d’un barrage en train de craquer de tous les côtés. Puis, un sourire satisfait aux lèvres, revenir à ses tâches quotidiennes, la conscience tranquille.
    Même les mesures les plus extrêmes qu’on puisse imaginer (soyons fous : révolution mondiale, collectivisation, démilitarisation générale, anarchie généralisée) n’aboutiront jamais qu’à un bref gain de temps. Tant que l’homme considérera qu’il est de son droit (divin ?) d’exploiter son environnement, l’effondrement et la mort sont les seules issues possibles.

    Répondre
  15. Le Moralisateur Moustachu Masqué
    Le Moralisateur Moustachu Masqué dit :

    C’est toujours un plaisir de vous lire Agnès.

    Toutefois permettez que j’émette une remarque: vous employez le mot "paysan" pour désigner ces personnes je pense que le terme "exploitant agricole" serait plus approprié.

    NB: je veux devenir paysan mais surtout pas exploitant agricole ;0)

    Répondre
  16. Le Moralisateur Moustachu Masqué
    Le Moralisateur Moustachu Masqué dit :

    C’est toujours un plaisir de vous lire Agnès.

    Toutefois permettez que j’émette une remarque: vous employez le mot "paysan" pour désigner ces personnes je pense que le terme "exploitant agricole" serait plus approprié.

    NB: je veux devenir paysan mais surtout pas exploitant agricole ;0)

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  17. Leonardo
    Leonardo dit :

    Bon je suis peut-être naïf, mais j’ai l’impression qu’avec la hausse du prix du pétrole — et le fait que les biocarburants ne le remplaceront pas, de la façon dont on utilise ce pétrole — ça va finir par s’arrêter, fini de faire faire le tour du monde à des merdes fabriquées à l’autre bout du monde. Peut-être qu’enfin que les transport seront utilisés en quantité plus raisonnable.
    Comme quoi le choc pétrolier n’a pas — en France — servi de leçon, ils disaient « on n’a pas de pétrole, mais on a des d’idées ! » et aujourd’hui ils extraient du pétrole du sous-sol français… c’est amusant, ils n’avaient pas d’idées alors !
    Faut croire que la majorité des français ne sont pas prévoyant, qu’il faut que les choses arrivent pour qu’ils réagissent (par des mesures unilatérales : réquisition, nationalisation, etc.)
    Enfin bon, on verra bien…

    Répondre
  18. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Moi, j’aime bien le mot "paysan"!

    Et non, je n’ai pas été réinvitée au raout… en fait, ce n’est pas exact… c’est plutôt le raout 2007 qui s’est exporté au débotté dans un autre bled. Je ne pense pas que j’ai quoi que soit a y voir. Je pense aussi que ma petite question a fait pschittt, parce que les gars ne voulaient penser aux dommages collatéraux de leur bonne fortune. Je pense que tout souvenir de mon incongruité a été expédiée pendant le banquet qui a suivi de la même manière que vous oubliez un bien bel étron une fois que vous avez tiré la chasse!

    Répondre
  19. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Moi, j’aime bien le mot "paysan"!

    Et non, je n’ai pas été réinvitée au raout… en fait, ce n’est pas exact… c’est plutôt le raout 2007 qui s’est exporté au débotté dans un autre bled. Je ne pense pas que j’ai quoi que soit a y voir. Je pense aussi que ma petite question a fait pschittt, parce que les gars ne voulaient penser aux dommages collatéraux de leur bonne fortune. Je pense que tout souvenir de mon incongruité a été expédiée pendant le banquet qui a suivi de la même manière que vous oubliez un bien bel étron une fois que vous avez tiré la chasse!

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  20. nattfodd
    nattfodd dit :

    @monsieur poireau: pas de raison autre que le fait que tous les pays producteurs extraient à plein régime (sauf l’Arabie Saoudite), que les quotas de l’OPEP suffisent à peine à répondre à la demande qui, elle, ne va pas se gêner pour continuer à augmenter exponentiellement, qu’il n’y a plus beaucoup de réserves (lesquelles sont terriblement surestimées par les compagnies auxquelles elles appartiennent), et que la panique est telle que les compagnies en sont réduites à extraire du pétrole des sables bitumineux canadiens, processus demandant de lourds investissements et ayant un rendement quasi nul, puisqu’il faut brûler presque autant d’énergie qu’on en produit pour obtenir un pétrole utilisable. Non, à part ça, je ne vois vraiment pas pourquoi le pétrole est cher.

    Répondre
  21. nattfodd
    nattfodd dit :

    @monsieur poireau: pas de raison autre que le fait que tous les pays producteurs extraient à plein régime (sauf l’Arabie Saoudite), que les quotas de l’OPEP suffisent à peine à répondre à la demande qui, elle, ne va pas se gêner pour continuer à augmenter exponentiellement, qu’il n’y a plus beaucoup de réserves (lesquelles sont terriblement surestimées par les compagnies auxquelles elles appartiennent), et que la panique est telle que les compagnies en sont réduites à extraire du pétrole des sables bitumineux canadiens, processus demandant de lourds investissements et ayant un rendement quasi nul, puisqu’il faut brûler presque autant d’énergie qu’on en produit pour obtenir un pétrole utilisable. Non, à part ça, je ne vois vraiment pas pourquoi le pétrole est cher.

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  22. monsieur Poireau
    monsieur Poireau dit :

    Juste sur le pétrole, il faut noter que les producteurs ne cessent de rappeler qu’ils sont déjà en surproduction et que pas plus qu’en 1974 et sa grande arnaque mondiale, il n’y a de raison que ça monte ainsi. Sauf bien sûr pour les spéculateurs…
    🙂

    Répondre
  23. monsieur Poireau
    monsieur Poireau dit :

    Juste sur le pétrole, il faut noter que les producteurs ne cessent de rappeler qu’ils sont déjà en surproduction et que pas plus qu’en 1974 et sa grande arnaque mondiale, il n’y a de raison que ça monte ainsi. Sauf bien sûr pour les spéculateurs…
    🙂

    Répondre
  24. Croa
    Croa dit :

    «Non, à part ça, je ne vois vraiment pas pourquoi le pétrole est cher.»

    Rebonjour Nattfodd à qui je répond : «C’est pourtant facile : Il s’agit d’un sentiment et non pas d’un fait objectif !»
    En réalité le pétrole est si bon marché que nous avons prit l’habitude de le gaspiller. Ce, à un point tel que nous nous sommes placé sous sa dépendance. Maintenant qu’il est juste un peu moins donné l’inquiétude gagne. Ceci dit pour le moment nous le brûlons encore allègrement… Il est donc encore très loin d’être vendu à sa valeur réelle.

    Répondre
  25. Croa
    Croa dit :

    «Non, à part ça, je ne vois vraiment pas pourquoi le pétrole est cher.»

    Rebonjour Nattfodd à qui je répond : «C’est pourtant facile : Il s’agit d’un sentiment et non pas d’un fait objectif !»
    En réalité le pétrole est si bon marché que nous avons prit l’habitude de le gaspiller. Ce, à un point tel que nous nous sommes placé sous sa dépendance. Maintenant qu’il est juste un peu moins donné l’inquiétude gagne. Ceci dit pour le moment nous le brûlons encore allègrement… Il est donc encore très loin d’être vendu à sa valeur réelle.

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  26. thitho
    thitho dit :

    Chère Agnès,

    L’article est très intéressant, mais jusqu’au bout je me suis demandé de quoi se composait exactement la docte assemblée qui suivait les discours:
    -des actionnaires de la boîte de semencier?
    -des gros propriétaires terriens locaux?
    -de tous types de paysans (comme le mot que vous aimez et employez tendrait à le suggérer, mais alors ce n’est pas super-cohérent)?
    -d’un mixte?
    -autre? veuillez alors préciser…

    J’ai déjà assisté à pas mal de discussions avec des exploitants agricoles italiens qui auraient presque fondu en larmes devant un tel discours, sans doute parce qu’ils se rendraient un peu plus compte que cette accumulation d’horreurs n’est en rien un bon signe pour eux. Pour le semencier, je ne dis pas; pour les distributeurs, oulala, pareil… Mais pour le paysan ou le petit exploitant agricole, ça…
    Pour le gros de la FNSEA, c’est sans doute différent…

    Répondre
  27. Z
    Z dit :

    Merci pour cet article.

    A la fin, on se demande toujours pourquoi ce n’est pas la raison qui triomphe, généralement, dans le monde.

    Cela me laisse le même sentiment – l’impuissance – qu’à la suite de la lecture de cet article du Monde sur la déforestation massive en Indonésie effectuée afin de cultiver le palmier à huile (production d’huile alimentaire pour malbouffe et d’agrocarburants). Tout le monde sait très bien que cette mondialisation mène l’humanité à sa perte, qu’elle ne peut être une bonne voie, mais on a laissé les cyniques prendre le pouvoir petit à petit, avec la complicité des fatalistes. Comment récupérer ce pouvoir ?

    Les Etats paient des chercheurs pour qu’on ait la connaissance de ce qui est néfaste à long terme, et une fois que ces chercheurs s’expriment, les Etats ne les écoutent pas, ou n’acceptent de les écouter qu’au bout de longues années (l’exemple typique est celui du changement climatique). Et une fois que les Etats prennent conscience de ce qu’il faudrait faire, ils se rendent compte qu’ils sont impuissants, parce qu’ils ont laissé le pouvoir à la World Company. Où est la cohérence dans tout cela ?

    Répondre
  28. Z
    Z dit :

    Merci pour cet article.

    A la fin, on se demande toujours pourquoi ce n’est pas la raison qui triomphe, généralement, dans le monde.

    Cela me laisse le même sentiment – l’impuissance – qu’à la suite de la lecture de cet article du Monde sur la déforestation massive en Indonésie effectuée afin de cultiver le palmier à huile (production d’huile alimentaire pour malbouffe et d’agrocarburants). Tout le monde sait très bien que cette mondialisation mène l’humanité à sa perte, qu’elle ne peut être une bonne voie, mais on a laissé les cyniques prendre le pouvoir petit à petit, avec la complicité des fatalistes. Comment récupérer ce pouvoir ?

    Les Etats paient des chercheurs pour qu’on ait la connaissance de ce qui est néfaste à long terme, et une fois que ces chercheurs s’expriment, les Etats ne les écoutent pas, ou n’acceptent de les écouter qu’au bout de longues années (l’exemple typique est celui du changement climatique). Et une fois que les Etats prennent conscience de ce qu’il faudrait faire, ils se rendent compte qu’ils sont impuissants, parce qu’ils ont laissé le pouvoir à la World Company. Où est la cohérence dans tout cela ?

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  29. mc
    mc dit :

    J’ai pensé un instant, au moment de ton histoire où se fait le grand silence, à ce film de Handicap International qui date déjà de quelques années.

    Une réunion de travail de jeunes cadres dynamiques, ils font la pause, se montrent leurs photos de vacances, piscine et barbecues, ils bavardent amicalement du petit dernier, de leur grande fille, la vie, quoi.

    Puis la réunion commence, tableaux, explications techniques, photos de matériel, questions, marketing, toussa toussa, jusqu’au moment où on comprend qu’il s’agit de les former à vendre des mines anti-personnels.

    On frappe fortement à la porte du fond, elle s’entrouvre sur une clarté aveuglante, et une petite silhouette noire s’inscrit dans le cadre: un enfant, avec une béquille, et une seule jambe.

    Tu crois vraiment que tes "paysans" ils ont tous tout "oublié"? En fait, on appelle ça du refoulement. Et Miguel Benassayag prétend que ça laisse OBLIGATOIREMENT des traces.

    Répondre
  30. Croa
    Croa dit :

    à Nattfoff : Je revient sur ton intervention de minuit vu que ce matin je ne pouvais pas m’éterniser sur le ouaîbe.
    – En fait c’est bien moi qui n’avais pas comprit. Je vois mal en quoi la réduction des émissions est futile… Disons plutôt que l’objectif n’est pas à la hauteur du péril. Concernant les autres exemples (retraites, élections), il y aurait effectivement comme un décalage quoique les choses soient liées du cotés des responsabilités. Et c’est la mollesse d’un peuple passif gavé de télé et autres consommations (vraiment) futiles qui d’abord corrompt la structure de notre société (exclusion de certains) puis nous amène tous finalement dans le gouffre. C’est ici que les combats traditionnels (santé, chômage, retraites, etc…) apparaissent d’arrière garde car après avoir perdu sur ces non-futilités – en fait – se profile carrément la fin de notre civilisation, voire celle de l’espèce dominante, à savoir l’homme. §:o(

    Ceci dit, tu as raison dans ton analyse mais il est faux de laisser supposer qu’il n’y a plus rien à faire. Nous devons au moins essayer de nous sauver. C’est là que les mesures extrêmes, que tu rejette aussi, deviennent pertinentes car limiter les dégâts est encore possible.

    Répondre
  31. Croa
    Croa dit :

    à Nattfoff : Je revient sur ton intervention de minuit vu que ce matin je ne pouvais pas m’éterniser sur le ouaîbe.
    – En fait c’est bien moi qui n’avais pas comprit. Je vois mal en quoi la réduction des émissions est futile… Disons plutôt que l’objectif n’est pas à la hauteur du péril. Concernant les autres exemples (retraites, élections), il y aurait effectivement comme un décalage quoique les choses soient liées du cotés des responsabilités. Et c’est la mollesse d’un peuple passif gavé de télé et autres consommations (vraiment) futiles qui d’abord corrompt la structure de notre société (exclusion de certains) puis nous amène tous finalement dans le gouffre. C’est ici que les combats traditionnels (santé, chômage, retraites, etc…) apparaissent d’arrière garde car après avoir perdu sur ces non-futilités – en fait – se profile carrément la fin de notre civilisation, voire celle de l’espèce dominante, à savoir l’homme. §:o(

    Ceci dit, tu as raison dans ton analyse mais il est faux de laisser supposer qu’il n’y a plus rien à faire. Nous devons au moins essayer de nous sauver. C’est là que les mesures extrêmes, que tu rejette aussi, deviennent pertinentes car limiter les dégâts est encore possible.

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  32. chris
    chris dit :

    Humh ,je dois etre un pragmatique mais l’avenir proche ,je le vois point sous forme de dissertations si faut decroisser ou collectiviser ,ou liberaliser ……mais plutot de me demander a quelle branche vont bien devoir s’accrocher le nouveau sous proletariat qui va resulter de la repression des Rmistes ,vont ils comme dans l’ubuesque plan sarkozyste faire exploser le travail precaire ,et donc precipiter la fin du salariat …….ou bien nous faire exploser le capitalisme tel qu’on le connaissait aussi sous la forme delinquante ….histoire de donner raison a ce brave Marx .

    On parle deja de contrat de mission en lieu et place du CDI ……humh contrat de mission , emploiement des informaticiens entre 30 et 40 ans destines a se sucrer sur les appels d’offres des marches publics ……du 700 euros la journée destine a masquer l’incompetence de l’interne , reverse sous forme de salaire a 2500 euros …

    Explose a l’ensemble du salariat ,voila une nouvelle donne pas triste du tout …

    Autrement je suis quand meme content d’avoir appris qu’y avait encore des paysans …..parce que pour moi exploitant agricole …..je voyais comme en espagne ,le grenier europeen …….le gars qui va surveiller ses tracteurs pilotes informatiquement du haut de son helico .

    Répondre
  33. chris
    chris dit :

    Humh ,je dois etre un pragmatique mais l’avenir proche ,je le vois point sous forme de dissertations si faut decroisser ou collectiviser ,ou liberaliser ……mais plutot de me demander a quelle branche vont bien devoir s’accrocher le nouveau sous proletariat qui va resulter de la repression des Rmistes ,vont ils comme dans l’ubuesque plan sarkozyste faire exploser le travail precaire ,et donc precipiter la fin du salariat …….ou bien nous faire exploser le capitalisme tel qu’on le connaissait aussi sous la forme delinquante ….histoire de donner raison a ce brave Marx .

    On parle deja de contrat de mission en lieu et place du CDI ……humh contrat de mission , emploiement des informaticiens entre 30 et 40 ans destines a se sucrer sur les appels d’offres des marches publics ……du 700 euros la journée destine a masquer l’incompetence de l’interne , reverse sous forme de salaire a 2500 euros …

    Explose a l’ensemble du salariat ,voila une nouvelle donne pas triste du tout …

    Autrement je suis quand meme content d’avoir appris qu’y avait encore des paysans …..parce que pour moi exploitant agricole …..je voyais comme en espagne ,le grenier europeen …….le gars qui va surveiller ses tracteurs pilotes informatiquement du haut de son helico .

    Répondre
  34. manu25
    manu25 dit :

    Bonne année et quelqu’un m’a redit / 40 ans.

    Fut un temps où je devais représenter les partenaires sociaux (CGT) au niveau du système mis en place sur la création des "pays" (merci D. VOYNET), qui dans le mille feuilles administratif, devait être le manque de coordination et déjà une réaction citoyenne aux projets proposés…
    Quand j’ai vu le panel représentatif de la sus dite commission, j’ai failli m’étrangler : sur 48 personnes : 01 syndicat des salariés et 47 autres : gros paysans, chefs d’entreprises, responsables des différentes chambres du commerce, artisans etc… Bref passage, impossible de tenir un dialogue sans ce faire rentrer dedans (vu que chacun était identifié), le pire était à venir, le maire présidente de cette commission émargeait à un salaire de 1500 euros, de + ses indemnités de maire et conseillère régionale 4500 euros/par mois sans compter les frais annexes, de plus en engagent des sommes folles sur des études du style : "j’enfonce des portes ouvertes"… Lamentable…
    Comme d’hab, j’ai essayé de l’ouvrir, sur tel où tel problème, mais j’avais l’impression d’être David VINCENT.
    Finalement j’ai jeté l’éponge, je n’en pouvais plus de leurs servir d’alibi pro-marxiste , il faut ce les farcir ces cons en réunions qui traquent le RMISTE à 500 euros par mois alors qu’ils n’en foutent pas une rame pour 10 fois la somme.
    Ils sont tellement cons qu’ils n’écrivent jamais rien, mais ont des chargés de com qui s’en charges. Même dans les communes moyennes…
    Bref tu vois, Mdame Agnès, " c’a srera toujours les mêmes qui nous bouffera le caviar sur le dos misèreeuh, misère…"
    Coluche

    Répondre
  35. manu25
    manu25 dit :

    Bonne année et quelqu’un m’a redit / 40 ans.

    Fut un temps où je devais représenter les partenaires sociaux (CGT) au niveau du système mis en place sur la création des "pays" (merci D. VOYNET), qui dans le mille feuilles administratif, devait être le manque de coordination et déjà une réaction citoyenne aux projets proposés…
    Quand j’ai vu le panel représentatif de la sus dite commission, j’ai failli m’étrangler : sur 48 personnes : 01 syndicat des salariés et 47 autres : gros paysans, chefs d’entreprises, responsables des différentes chambres du commerce, artisans etc… Bref passage, impossible de tenir un dialogue sans ce faire rentrer dedans (vu que chacun était identifié), le pire était à venir, le maire présidente de cette commission émargeait à un salaire de 1500 euros, de + ses indemnités de maire et conseillère régionale 4500 euros/par mois sans compter les frais annexes, de plus en engagent des sommes folles sur des études du style : "j’enfonce des portes ouvertes"… Lamentable…
    Comme d’hab, j’ai essayé de l’ouvrir, sur tel où tel problème, mais j’avais l’impression d’être David VINCENT.
    Finalement j’ai jeté l’éponge, je n’en pouvais plus de leurs servir d’alibi pro-marxiste , il faut ce les farcir ces cons en réunions qui traquent le RMISTE à 500 euros par mois alors qu’ils n’en foutent pas une rame pour 10 fois la somme.
    Ils sont tellement cons qu’ils n’écrivent jamais rien, mais ont des chargés de com qui s’en charges. Même dans les communes moyennes…
    Bref tu vois, Mdame Agnès, " c’a srera toujours les mêmes qui nous bouffera le caviar sur le dos misèreeuh, misère…"
    Coluche

    Répondre
  36. chris
    chris dit :

    Finalement on va y arriver a la bonne vieille formule anarchiste ,de supprimer les chefs et d’arreter d’elire des gens a sa place …

    De toujours tout deleguer , de la moderation sur un forum a un employeur pour pouvoir gagner sa vie ….

    Je va repousser ma gueulante mais prenez le web militant ou pas quoiqu’il l’est forcement ….au debut ca devait changer les rapports ,permettre de communiquer sur d’autres bases …..faire avancer individuellement pour devenir plus intelligent collectivement ….result ,c’est un Sarko qui ,pas grave ….

    Pis que s’est il passe ,parole confisquée a peu pres partout sous pretexe qui faut un proprietaire a l’epicerie …….le reproduction exacte au millimetre pres de ce qui se passe dans le monde du travail ….

    C’est simple ,prenez quatre chomeurs et deux Rmistes , un gourou ouvre la boutique propre a les manager ……et voili voilou , zavez une petite boite de la crise qui ronronne ….

    Alors comment voulez qu’au niveau d"’un village avec sa mairie , ses exploitants agricoles ,hein ….

    Répondre
  37. chris
    chris dit :

    Finalement on va y arriver a la bonne vieille formule anarchiste ,de supprimer les chefs et d’arreter d’elire des gens a sa place …

    De toujours tout deleguer , de la moderation sur un forum a un employeur pour pouvoir gagner sa vie ….

    Je va repousser ma gueulante mais prenez le web militant ou pas quoiqu’il l’est forcement ….au debut ca devait changer les rapports ,permettre de communiquer sur d’autres bases …..faire avancer individuellement pour devenir plus intelligent collectivement ….result ,c’est un Sarko qui ,pas grave ….

    Pis que s’est il passe ,parole confisquée a peu pres partout sous pretexe qui faut un proprietaire a l’epicerie …….le reproduction exacte au millimetre pres de ce qui se passe dans le monde du travail ….

    C’est simple ,prenez quatre chomeurs et deux Rmistes , un gourou ouvre la boutique propre a les manager ……et voili voilou , zavez une petite boite de la crise qui ronronne ….

    Alors comment voulez qu’au niveau d"’un village avec sa mairie , ses exploitants agricoles ,hein ….

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  38. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Ben, je suis pauvre. Je ne possède pas mon logement, mon compte épargne a été siphonné par mon déménagement, il reste 200€ dessus, ma bagnole n’est plus cotée à l’argus depuis bien longtemps. Je ne possède rien qui se monnaye vraiment, sauf à fourguer mes petits objets sur Ebay… ce qui devrait m’enrichir moins vite que la flambée des prix.

    Je peine à payer mon loyer chaque mois, surtout depuis que je paie 25% plus cher. Mon plan principal, c’est de conserver un toit sur la tête…

    Alors quant à savoir combien de temps je peux tenir sur mes réserves… 3 mois, en jouant serré!

    Répondre
  39. calidris
    calidris dit :

    Ces problèmes de pénuries annoncées ne concernent que les pauvres, et dieu merci, nous n’en sommes pas encore là.

    Imaginez une seconde la quantité d’aliments et d’énergie qu’une famille moyenne peut s’acheter avec ses valeurs patrimoniales et mobilières: de quoi tenir facilement plusieurs années. Même en cas de hausse brutale des prix, il s’en faut de loin pour retrouver une situation équivalente à celle que nos parents ont connus.

    En attendant l’inévitable déclin, gardons un peu d’optimisme!

    Répondre
  40. calidris
    calidris dit :

    Ces problèmes de pénuries annoncées ne concernent que les pauvres, et dieu merci, nous n’en sommes pas encore là.

    Imaginez une seconde la quantité d’aliments et d’énergie qu’une famille moyenne peut s’acheter avec ses valeurs patrimoniales et mobilières: de quoi tenir facilement plusieurs années. Même en cas de hausse brutale des prix, il s’en faut de loin pour retrouver une situation équivalente à celle que nos parents ont connus.

    En attendant l’inévitable déclin, gardons un peu d’optimisme!

    Répondre
  41. manu25
    manu25 dit :

    Tout pareil dame Agnès, je pensais même voter à droite au municipale, histoire d’arrêter de me plaindre et de pas avoir à acheter la vaseline. Tiens fatalement un "bonheur" ne viens jamais seul : contrôle technique obligatoire pour une caisse de 15 ans … Et l’assurance véhicule pour 2008 … Je vais finir par foutre le feu à cette p… de boite aux lettres qui devenus la boite aux factures.
    On se fait un petit loto?

    Répondre
  42. manu25
    manu25 dit :

    Tout pareil dame Agnès, je pensais même voter à droite au municipale, histoire d’arrêter de me plaindre et de pas avoir à acheter la vaseline. Tiens fatalement un "bonheur" ne viens jamais seul : contrôle technique obligatoire pour une caisse de 15 ans … Et l’assurance véhicule pour 2008 … Je vais finir par foutre le feu à cette p… de boite aux lettres qui devenus la boite aux factures.
    On se fait un petit loto?

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  43. mc
    mc dit :

    Je fais partie de ceux que décrit Calidris (28), j’aurais de quoi tenir longtemps longtemps sur mes réserves "patrimoniales". Sauf si on nous faisait le coup de l’Argentine, où les banques ont brutalement baissé leur rideau de fer, tandis que, nuitamment, des camions blindés faisaient la navette entre leurs réserves et l’aéroport.

    Contrairement à Calidris cependant j’ai deux yeux, deux oreilles, tout ça autour d’un cerveau. Je vois suffisamment de gens autour de moi qui sont dans la position d’Agnès, ou pire encore, pour ne pas partager son optimisme cynique.

    N’oublions pas que 50% des français pensent que ça pourrait leur arriver, de se retrouver à la rue. Ils doivent bien avoir une raison, non?

    Répondre
  44. mc
    mc dit :

    Je fais partie de ceux que décrit Calidris (28), j’aurais de quoi tenir longtemps longtemps sur mes réserves "patrimoniales". Sauf si on nous faisait le coup de l’Argentine, où les banques ont brutalement baissé leur rideau de fer, tandis que, nuitamment, des camions blindés faisaient la navette entre leurs réserves et l’aéroport.

    Contrairement à Calidris cependant j’ai deux yeux, deux oreilles, tout ça autour d’un cerveau. Je vois suffisamment de gens autour de moi qui sont dans la position d’Agnès, ou pire encore, pour ne pas partager son optimisme cynique.

    N’oublions pas que 50% des français pensent que ça pourrait leur arriver, de se retrouver à la rue. Ils doivent bien avoir une raison, non?

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