Joyeux fucking Noël

Pour tous les pisse-froid qui pourraient croire que je suis allergique à l’hystérie orgiaque collective

Les enfants de don quichotteFaut pas croire, mais moi aussi j’aime bien les arbres morts qui clignotent dans la nuit pendant que les braves gens se font péter la panse de goinfrailles pas forcément très bonnes, mais assurément très caloriques et dispendieuses. J’aime bien la foire d’empoigne devant le dernier boudin blanc oint du souvenir du parfum de la réplique chimique de la truffe du Périgord noir. J’aime bien pipeauter ma naine à fond, à lui expliquer que le cinquième gars en bottes d’équarrissage qui a des touffes de cheveux noirs qui s’échappent de la houppelande légendaire est un assistant du Père Noël, le vrai, le beau, celui qu’on ne voit jamais, hélas, et qui a une étrange tendance à plus filer de jolis cadeaux aux gosses de bourgeois qu’aux seuls enfants sages… surtout si les parents de ces derniers rament au RMI.

Bref, faut pas me faire passer pour que je ne suis pas. J’ai l’esprit très fêtes, si, si.

D’ailleurs, ce soir, mes pensées festives m’invitent à marauder le long du canal Saint-Martin. Ça me laisse une petite semaine pour remplir ma hotte de vœux pour tous ceux qui vivent loin des vitrines qui clignotent, des dindes ventrues qui s’épanchent dans des rivières de victuailles, en me disant, que forcément, ça ne pourra qu’aller mieux pour eux l’année prochaine.

Au fait, il vous reste 6 jours pour vous inscrire sur les listes électorales. On pourra ensuite discuter à loisir de l’utilité et de la légitimité de la démocratie représentative, mais j’aimerais autant que nous ayons tous notre nom sur la liste de ceux qui ont le droit de choisir!

29 réponses
  1. Cobab
    Cobab dit :

    J’en arrive, du canal. C’est énome, c’est excellent, c’est noël. Des vieux de la vieille, des militants, des petits jeunes, des voisisn, le bar d’en face a offert le buffet (pour deux ou trois cent prsonnes !), la fête en camarades, sans-logis, presque-logés, mal-logés, logés se rencontrent et apprennent à vivre ensemble. Une organisation impeccable. Et ça va encore grandir. Vous en entendrez p’têt plus parler à la télouze, mais sachez que ça ne fait que commencer. Un participant entame une grève de la faim là maintenant, courage à lui.

    Agnès, j’peux faire un ch’ti trackmuche ? cimer.

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  2. Le gueblo du Cobab
    Le gueblo du Cobab dit :

    La terre peut s’arrêter de tourner?

    Médecins du monde a décidé cet été de forcer nos paupières closes, tout en offrant un moins pire aux sans-logis. Les pharisiens bine sûr s’offusquent, cachez ces miséreux que je ne saurais voir. Subséquemment, Delanoë chasse les……

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  3. Minium
    Minium dit :

    Le capital sympathie qui existe envers ceux qui se retrouvent obligés de dormir dehors doit déranger le gouvernement/les candidats. Comment vont-il agir pour lutter contre ? Probablement comme ils le font pour décourager les bonnes volontés qui veulent se montrer solidaires des enfants et familles expulsés (http://infoblog.samizdat.net/2006/1…)
    ou en menaçant indirectement les auteurs de délits très mineurs de fichage ADN pour 40 ans (comme on fiche maintenant les lycéens anti-cpe). Ou peut-être en inventant une tare majeure (la grippe aviaire du SDF) ?

    J’espère que l’info passera quand même suffisamment pendant la période de la campagne. Bravo à toi Agnès, et à ceux qui militent, sur le terrain ou sur les blogues.

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  4. Philippe Gil
    Philippe Gil dit :

    Je suis un des trois enfants de Don Quichotte Grenoble. Le message de Cobab m’a vraiment fait du bien. Quand on se retrouve seulement à 3 "bien logés", dans une ville de tradition socialiste de 150 000 cerveaux disponibles (400 000 dans l’agglo) et qu’il gèle dehors, il faut de solides convictions pour rester motivés. Quand je dis bien logés, c’est bien sûr par rapport à ceux qui vivent dehors ou dans les foyers, et pas par rapport à celui qui réquisitionnait Bercy pour loger toute sa smala, ou celui qui facturait à la collectivité 60m2 chaque coït conjugal (on vit à 4 cette semaine dans un F2).

    Mais pourquoi me plains-je? Je suis ingénieur dans une TPE sans risque de délocalisation vers la chine ou les US. Deux pays que j’ai appris à "aimer" et qui montrent au MEDEF comment traiter les pauvres et les salariés. J’ai même participé comme bien d’autres à la délocalisation de mon propre travail. Mais je m’égare. Revenons aux enfants de Don Quichotte et à mes convictions.

    Aujourd’hui nous sommes 3, contre Le Pen en 2002 nous étions 50 000. L’inverse aurait été probablement mieux pour défendre notre démocratie.

    Trois fois déjà à Grenoble, des SDF m’ont montré leur carte d’identité FRANCAISE et se sont plaints d’être à la rue alors que les sans-papiers de Cachan EUX avaient été relogés.

    Pour faire simple, les SDF votent FN, ceux qui ont peur de finir SDF votent FN (48% des français), et ceux qui ont peur des SDF votent FN. Comme en 33 en Allemagne, la gauche ne fait rien (mon mandat, mon drapeau d’abord). Sarkozy et le MEDEF jouent avec le feu de la misère, lorgnant vers Bush et se disant qu’il y a encore de la marge.

    Si vous voulez savoir comment se fâcher méchant avec les marchands de sommeil et les spéculateurs immobiliers allez sur le site http://www.actuchomage.org
    lire l’article "Les SDF demandent l’application de la loi"
    http://www.actuchomage.org/modules….

    Vous pouvez aussi aller lire la vraie-fausse proposition du MEDEF (HUMOUR NOIR) que j’ai posté sur le forum des enfants de Don Quichotte.

    Pour finir, deux choses :

    1- Une pépite en forme de métaphore : "Pour nous SDF et mal logés, un logement vacant c’est comme une tomate jetée aux cochons." Pour comprendre, voir ou revoir "L’île aux fleurs" de Jorge Furtado (13mn Brésil 1989)
    http://www.dailymotion.com/video/x1

    2- je serai la première semaine de janvier à Fleurance (32) avec mon "nain" et ma douce.

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  5. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Salut Philippe et bravo pour ton engagement militant. Il faut du courage pour aller crécher dehors quand on a un chez soi. Perso, je ne l’ai pas. Je serais bien allée faire un tour sur un campement, apporter mon aide et recueillir des paroles, des témoignages, c’est en ça que je peux être utile, je pense. Mais ici, je suis loin de tout (dans le Gers, mais une heure de Fleurance quand même! Ceci dit, mes meilleurs potes vivent là bas), je ne peux qu’écrire, dépanner les routards que je croise parfois et tenter d’éveiller les consciences. Dans mon petit bled, cette année, il y a au moins 60 familles inscrites aux restos du coeur… c’est énorme.%%%

    Ah, oui, je dois être la spécialiste du militantisme en charentaises : je suis aussi actu-chômiste 😉

    On va essayer de se croiser pendant ton séjour gersois. Bonnes fêtes à toi 🙂

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  6. ko
    ko dit :

    Bonnes fêtes quand même, vu qu’on est pas obligé de sacrifier à toutes les débilités mainstream (dinde, mauvais foie gras, mauvais champagne… beuârk)…

    Un réveillon terroir, simple, juste pour se faire plaisir avec les siens, bon, c’est agréable, toudmême. Surtout quand on en profite pour essayer de convaincre les dits-siens de l’inutilité d’aller voter Sego (blanc, blanc, blanc) et de l’importance des législatives… Sans oublier le fight classique avec le tonton de droite ("raisonnable", résigné et agressif parce que malheureux)…

    Pour ce qui est des campements, je prends des paris depuis 2 ou 3 ans : je suis persuadée qu’avant 5 ans, les bidonvilles du périph, désormais construits en "presque-dur", s’organiseront et solliciteront les autorités pour être approvisionnés en eau et énergie. A moins que d’ici là, ils n’aient été délogés manu militari…

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  7. bruno
    bruno dit :

    Je ne sais pas où les gens trouvent l’argent pour acheter toutes ces choses. Le crédit ? Ou est-ce une minorité ?

    @ko : les législatives, tout de même… ça ne fera, au mieux, que "limiter la casse", mais ça veut dire des choses concrètes pour pas mal de gens, alors !

    Laissons les grandes félonies (privatisations, etc.) de côté. Je citerai deux "choses concrètes" datant de l’ère Jospin, concernant toutes les deux la banque, institution obligatoire puisque les prestations et salaires nécessitent la possession d’un compte bancaire pour être perçues :

    • la suppression, par Fabius (ministre des finances), de la possibilité d’ouvrir un compte au Trésor public ; c’était un recours précieux pour les gens dévalisés par les frais en tous genres facturés par les banques commerciales ; on se disait, à l’époque, ce n’est pas trop grave, il reste La Poste ; on ne pensait pas évidemment pas à la Banque Postale (au nom prédestiné) ;
    • l’ignorance, soigneusement calculée, d’une proposition de loi (émanant donc des députés, auteur : Georges Sarre, qui était à cette date, avec Chevènement, dans une sorte d’opposition à Jospin) instituant le chèque gratuit ; cette proposition de loi fut mise "sous le paquet" au sénat (alors qu’une quasi-unanimité des députés était acquise).

    http://www.assembleenationale.fr/11

    Répondre
  8. ko
    ko dit :

    Bruno : Et oui, je sais… ça et bien d’autres choses, oui…

    ‘tain, me voilà dans la posture inconfortable de l’avocat du diable, moi qui conchie vertement, en règle générale, ceux que je continue d’appeler "sociaux-traîtres" !! 😉

    Mais ce n’est pas tant à eux, que je pensais, quand je parlais des législatives. J’espère vraiment (naïve je suis, naïve je reste) que des collectifs, sortiront, au-delà des propositions déjà existantes, quelques candidats… histoire de pimenter les débats, histoire de tirer le plus à gauche possible tout ce bordel…

    Aparté sur le système bancaire : j’ai plaqué le crédit agricole il y a bientôt un an, avec pertes et fracas, pour le Crédit Coopératif, et je ne saurais que trop conseiller la manoeuvre à tout un chacun.

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  9. Farid Taha
    Farid Taha dit :

    Bonnes fêtes à tous…

    Juste pour dire que sur la carte des enfants de Don Quichotte il n’y a pas toutes les villes mais il y a tout de même des don Quichotte un peu partout. Comme à Compiègne, et plus précisément au bloc opératoire, nombreux sont ceux qui ont évité cette année à un des leurs de passer les fêtes dans la rue… Ils se reconnaitrons… (J’ai pas osé écrire un billet dessus mais j’y pense, nous y pensons…)

    L’explication est dans la question de Bruno: "Je ne sais pas où les gens trouvent l’argent pour acheter toutes ces choses. Le crédit ?"

    Oui le crédit, qui est parfois une formidable machine à exclure !

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  10. ouadou
    ouadou dit :

    La démocracie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Après, pas la peine de râler.

    Je recommence à peine à le faire, après ne pas avoir été voter aux législatives de 2002…

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  11. Olivier Davoust
    Olivier Davoust dit :

    je partage en gros ton sentiment sur Noel et tout le délire consumériste autour.

    A une petite nuance près : quoi qu’en pense de la religion, et pas que du bien dans mon cas, un type nommé Jesus est venu parmi les pauvres et ne les a pas invité a partager le foie gras.

    y en as beaucoup qui ont porté un tel message que lui si on y réflechit …

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  12. les marques du plaisir
    les marques du plaisir dit :

    le cancer néo-libéral date pas de l’ére jospin, mais des années mitterrand … de la commission européenne Delors; avec le petit Pascal Lamy dans le role du porte flingue ….
    et depuis déjà une bonne dizaine d’années, le PS joue des gouvernements de droite de la seconde mandature Mitterrand pour camoufler ce passif …
    Oui, il restait la poste … il reste encore le livret A … pour les sans rien … mais pour combien de temps ???
    on était un certain nombre à croire qu’on vait trouvé le traitment de choc our ralentir le mal … mais les infirmiers nous ont vendu aux labos , comme "matériel d’expérience" …
    le seul choix qui nous reste, c’est "les punir dans un élan suicidaire" ou "les ignorer et les laisser nous massacrer un peu plus" …
    tu parles d’un choix ….
    Notre Dame du Marais refuse de s’engager sur la résorbtion de la grande pauvreté …

    Répondre
  13. paco batali
    paco batali dit :

    Ce soir, dans la rue, j’ai rencontré l’homme de ma vie.
    Comme il désire encore garder l’anonymat, je l’appellerai Nicolas-François Royal.

    Il fait partie de la France qui souffre.
    Il fait partie de la France qui se lève tôt.
    Il travaille au froid dans le BTP.
    Il construit le logement qu’on lui refuse.
    Il fuie les foyers pour leur insécurité, et leur indignité.
    Il n’espère plus avoir de logement social avant 2012.
    Ce soir, encore une fois il dort dans sa voiture.
    Demain il reviens nous voir avec tous ses copains d’infortune.

    Vous voulez savoir ce qu’il veut nous dire.
    Je vais vous le dire.
    Aujourd’hui, il veut de la sécurité.
    Il veut de la dignité.
    Il veut un campement citoyen sur et digne à Grenoble et partout en France.
    Pour demain Il veut un logement pour tous les SDF qui le demandent.
    Il ne veut plus jamais pour lui et pour tous les hommes, être obligé de dormir à la rue.

    Vous voulez savoir ce que je pense.
    Je vais vous dire.
    NOUS AVONS PERDU LA RAISON
    NOUS MARCHONS SUR LE TETE.
    J’AI HONTE, HONTE D’ËTRE UN HOMME.

    Si le jour des élections, un seul SDF n’a pas le logement qu’il demande.
    Comme Johnny, Je fuis le PAYS DE LA HONTE, PARCOURS LE MONDE, ET HURLE HURLE MA HONTE D’ETRE UN HOMME.

    Les enfants de Don Quichotte ne veulent pas de pouvoir, ne veulent pas d’argent. ils veulent pouvoir hurler leur honte.

    SARKOZY, BAYROU, ROYAL ne lâchez pas, Nous avons besoin de vous, Nos enfants ont besoin de vous.

    Associations, Partis politiques, Médias, Syndicats, Entreprises, Citoyens. Signez la charte des Enfants de Don Quichotte.

    Jeunes sans avenir et sans projets, France qui se lève tôt, France qui a peur pour elle et ses enfants de finir SDF. Prenez vos tentes et vos duvets, et PARTOUT EN FRANCE REJOIGNEZ-NOUS

    AUX TENTES CITOYENS,
    FORMEZ VOS CAMPEMENTS,

    PREVENEZ VITE VOS AMIS, VOS VOISINS, DIFFUSEZ SUR INTERNET
    LES AMIS DE LA MISERE LEVENT DEJA L’ETENDARD SANGLANT DE LA TYRANNIE

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  14. ouadou
    ouadou dit :

    le cancer néo-libéral… quel joli mot… c’est pas récent, le libéralisme, comme maladie chronique… le traité de Rome date de 1957 et depuis rien n’a fondamentalement changé, même à la grande époque du changement (1981-1984)… je radote, mais ce qui aurait pu freiner un peu les métastases a été refusé le 29 mai 2005… alors, que faire ? se réfugier en Corée du Nord ?

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  15. avanaé
    avanaé dit :

    Agnès ,Bonjour,
    Désolée pour ce commentaire hors-sujet. :-/
    Mais je ne trouve pas de lien pour te mettre un courriel…
    Alors ,voilà. Comment te joindre? Pour une info à te proposer .Elle est bien en ligne sur mon blog, mais j’aurais aimé en discuter plus et mieux avec toi , au cas où…
    Merci . :-/
    Désolée de procéder ainsi, mais…pas trouvé mieux…

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  16. Cobab
    Cobab dit :

    Nebo : le bord de l’eau, ça obéit à une considération tactique toute simple (soufflée au Don quichotte par les gars du campement cet été au même endroit) : les flics peuvent pas charger. Enfin, pas tant qu’ils ont consigne de ne pas tuer.

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  17. shop
    shop dit :

    Les Enfants de Don Quichotte reste confiants dans la levée progressive des villages de tentes installés à Paris et en province après les mesures gouvernementales obtenues en faveur des sans-abri

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  18. max
    max dit :

    Non seulement ça ne change pas mais en plus les patrons s’arrange pour faire du ménage plus que de raisons… La "crise" se déguise en alibi de première classe.

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