La stratégie de l’échec

N’est pas qu’un très délirant et amusant direct-to-video de Farrugia avec la complicité des Robins des Bois mâles, c’est aussi ce qui peut arriver dans votre école maternelle.

Les parents des amis de ma fille ne sont pas forcément mes amis. C’est là la difficile équation à laquelle sont confrontés tous les jeunes parents. D’un autre côté, il y a encore plus subi que les parents d’élèves : les instits’. On tombe bien… ou pas.
Cette année, pour la petite section, nous sommes très bien tombés, avec une femme d’expérience, extrêmement à l’écoute des tous petits. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

Compétition précoce

Mercredi dernier, c’était le goûter d’anniversaire de la fille d’une amie. Comme cela tombe le même jour que pour la mienne, on a fait double anniversaire chez elle. Ce que j’ignorais, c’est que mon amie avait invité des amis de son fils aîné de 4 ans. Bref, tout se passe comme souvent lorsqu’on lâche une meute d’enfant dans une maison en hiver : ça braille, ça couine, ça rigole, ça pleure, tout cela plus ou moins en même temps. Et pendant que la tempête infantile se déchaîne autour de nous, les mères se racontent des histoires de mères en sirotant stoïquement leur thé pendant que la chair de leur chair pousse des hurlements à fendre un chêne tricentenaire en deux.

Entre autres misères et grandeur de la vie de parent, le sujet du jour était l’instit’ de moyenne section qui sévissait dans la classe du garçon de 4 ans.
Celui-ci a décidé de noter le travail des bambins. Ce sont les mots "notes" et "travail" qui m’ont fait écouter cette conversation (en général, je prend des photos ou je joue avec les nains). Parce que pour moi, de tels concepts sont totalement incongrus lorsque l’on parle d’enfants de maternelle. On peut parler d’activités, à la limite, d’éveil, mais vouloir transformer le gribouillage joyeux d’un jeune enfant en "travail" à évaluer m’a littéralement tétanisée.

Non seulement les gosses sont notés, mais pour ce faire, le jeune prof moderne a choisi des smilies! Car quoi de plus parlant pour un gosse qu’un smiley, cette sorte de Toto qui peut exprimer une large palette de sentiments, de la joie la plus exubérante aux plus noirs desseins? Toujours est-il qu’à 4 ans, voilà le fils de mon amie obligé de se coltiner la corvée du carnet de notes. Surtout que ses smilies à lui, ils font tous la gueule, très franchement. Ce qui n’est pas très encourageant pour le gosse, déjà, mais qui a le don de traumatiser les parents en plus.

"Ne maîtrise que la propreté"

C’est là toute l’appréciation de ce stakhanoviste du nain sur un petit bonhomme de 4 ans à peine.
Petit bonhomme que j’ai vu jouer à la grue télécommandée, soit un exercice de déplacement dans l’espace en 3 dimensions : rotation de la grue, déplacement latéral du chariot de chargement, montée et descente de la charge. Le tout parfaitement positionné et maîtrisé, alors qu’il s’agit d’une séquence d’opérations complexes. Ce gosse va bien. Il est plutôt calme et réfléchi, mais il va bien.

Et voilà que par la grâce d’un jugement expéditif, il se trouve relégué en position d’échec. Echec qu’il ressent quand il voit les smilies déprimés, tels les plus vachards des Ulysses de Télérama. Echec déjà en voie d’intériorisation par les parents :

"Quand j’ai vu ça, j’ai eu un gros coup de blues, j’en n’ai pas dormi de la nuit. Du coup, je n’arrête pas de penser que mon fils est en retard. Mais ce n’est pas de sa faute, il est de fin décembre, c’est le plus jeune de sa classe, c’est normal qu’il ait du mal à suivre!
Je ne sais pas quoi faire!"

Sauf que le gosse n’est pas en retard, il a son rythme propre, ses terrains de prédilection, ses préférences, ses jeux préférés et ceux qu’il aime moins, des facultés qu’il développe et d’autres qu’il laisse de côté en attendant d’avoir envie de les explorer. Un jeune gosse, quoi!

"Et moi, la mienne, c’est pareil. Mauvais partout. Déjà qu’avec son frère ça ne va pas depuis qu’il a 4 ans. J’ai peur qu’elle aussi soit dyslexique. Je pense que je vais aller chez un orthophoniste."

Il faut dire que le grand frère en question a 13 ans et qu’après 9 ans d’orthophoniste, il est en échec scolaire total, ne maîtrise correctement ni la lecture, ni les maths, ni l’écriture, ni l’expression orale. Je ne dis pas que la détection précoce d’enfants dyslexiques est une mauvaise chose, mais pour le coup, s’il s’agissait de ma fille, j’aurais eu des réserves sur l’efficacité du praticien bien avant d’en arriver à l’adolescence. D’autant plus que je suis moi-même dyslexique… comme quoi, cela ne conduit pas forcément à l’échec scolaire. C’est plus difficile, mais pas impossible à surmonter.

Déterminisme social

Par contre, sur les vertus éducatives d’une mise à l’index précoce des gamins désignés comme faibles, lents, ou inadaptés, j’ai comme de sérieux doutes. Je vois surtout que cela détermine leur parcours scolaire aussi sûrement qu’un tatouage sur le front. Déjà, j’ai le sentiment que le regard des parents a changé. Celui qui était le petit Mozart de service[1] n’est plus regardé exactement de la même façon et l’admiration chauvine fait lentement place à l’inquiétude et peut-être, plus tard, la résignation.
Modifier de la sorte la perception qu’a un parent de son si jeune enfant, c’est pratiquement graver dans le marbre un destin scolaire pénible, l’école devenant peu à peu le lieu de l’échec et de l’humiliation, là où il ne devrait y avoir que la joie d’être avec ses pairs et la soif d’apprendre toujours plus.

Bien sûr, les gosses sont ainsi plus au fait de ce qui les attend, à savoir le monde de l’hyper-compétition où il n’y a plus de place que pour les meilleurs des meilleurs, ceux qui auront accès aux meilleurs savoirs, dispensés par les meilleurs pédagogues, ce qui ouvre la voie royale des meilleures filières, marche-pieds des bonnes carrières.
Quant aux autres, on leur concocte déjà le tronc commun de savoir, le formatage du bon employé efficace et obéissant. On leur épargne la pollution inutile des arts et des lettres, des récits historiques ou de l’exercice désastreux de l’esprit critique. Comme il y a quelques siècles, on distinguait la nourriture des pauvres, grossière et roborative de celle des puissants, raffinée et délicate, tant les estomacs rustiques de la plèbe ne pouvaient supporter les mets trop élaborés et précieux.

A quand le RMI scolaire? Déterminé dès l’échographie du troisième mois?

Notes

[1] Tous les gamins sont des petits génies aux yeux de leurs parents. A les croire, ils ont tous pondu Einstein, ce qui est d’autant plus énervant à entendre à longueur de conversation que vous savez pertinemment que c’est à vous et à vous seul qu’a échu un tel honneur ;-D

45 réponses
  1. wam
    wam dit :

    cette histoire de notation en maternelle me parait abérrante. je me demande si ce professeur des écoles est bien en accord avec les instructions de sa hiérarchie. => ça vaut le coup de vérifier auprès de la direction et de l’académie, je doute qu’il ait le droit de le faire. => il faut refuser en rendez vous cette pratique pour l’enfant et le signifier par LR / AR à la direction, copie à l’académie et à l’inspecteur en charge.

    Répondre
  2. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je pense que c’est surtout aux parents d’aller voir le prof et de lui dire : « bon, là, on est chez les nains, on est cool, et on est content de les voir heureux, OK? Donc on arrête les conneries!« . Seulement, les parents ont déjà intériorisé le truc. Ils trouvent la notation sévère, mais ne mettent pas en cause son existence même. Faut dire que c’est raccord avec le reste de notre société, non?

    Répondre
  3. eowin
    eowin dit :

    A lire ce post il me vient à l’esprit mon passé de maman d’un enfant qui en maternelle aurait eu que de mauvais smileys dans le système évoqué plus haut, ses dessins étaient plutôt nuls et ses bonshommes navrants et à lire les livres de pédagogies marquant un réel souci à envisager, mais bon tout compte fait elle s’en est bien sortie (actuellement en université niveau Master2 toujours avec mention, et envisageant une carrière dans la recherche). Comme quoi il ne faut désespérer de rien et puis je me suis toujours battue pour l’encourager dans sa voix même si elle n’était pas le moule (filière S et tutti quanti), à l’arrivée je la trouve plutôt épanouie, ayant une forte parsonnalité et un sens critique bien aiguisé. Courage donc a tous les parents, nous n’avons pas tous des Mozart ou Einstein à la maison mais l’important est qu’ils s’épanouissent au mieux de leurs talents, chaque être humain en possèdent.

    Répondre
  4. Fred, de L.
    Fred, de L. dit :

    Ma femme est enceinte de 2 mois 😀 Et déjà on stresse pour tout… Un peu de sang par-ci, vite une échographie. OUF! il est tjs accroché !

    Et ça promet pour plus tard !

    Là, pour le coup, j’estime qu’il faut être absolument intransigeant et être du côté de son enfant et se faire ses propres grilles de lecture… mettre en oeuvre ce fameux esprit critique, visiblement si décrié 😀

    En maternelle, nous avions les images. Presque tout le monde avait régulièrement la sienne… et une grande image pour ceux qui étaient vraiment « méritants ». Aucune note négative en somme, sauf parfois celle de ne pas avoir d’image. Plus tard, il y a eu les bons points, à partir du CP… mais là encore, il n’y avait pas de mauvais point.

    Ce qui est gênant, c’est le fait que les gosses soient jugés ? Ou que le jugement puisse se révéler négatif ?

    Le mec là, il mériterait d’être rappelé à l’ordre… avec un bon gros smiley qui fait la tronche envoyé par courrier par tous les parents.

    Répondre
  5. monde guerrier
    monde guerrier dit :

    La mode est à l’évaluation. Pour tout ce qui concerne l’éducation, comme ailleurs, pour tout. Ce qui compte, c’est d’évaluer, l’a-priori, c’est que c’est positif, pro-fes-sio-nnel. Sinon, c’est que l’on ne fait rien, que l’on a peur de montrer ses résultats (il faut prouver des ré-sul-tats). Il faut aussi que chacun ait la possibilité d’exprimer son propre jugement sur son travail… Tant pis pour les nains, et tant pis pour les évalués, tant pis (pire) pour les erreurs et les c..neries qui s’imprègnent. Double langage qui ne dit pas son nom : épanouissement (ne surtout pas en parler, c’est sub-jec-tif)… respect des êtres, de leurs rythmes particuliers (sin-gu-la-ri-té, on en parle, mais dans la liste des principes intentionnels). Ces smilies ou d’autres images de jugement (couleur de climat : nuages, soleil, etc) font partie du formatage des nouveaux enseignants et éducateurs.

    Répondre
  6. nathalie
    nathalie dit :

    C’est un sujet qui me passionne, et parfois, m’épuise. Souvent même. Cette société américanisante où l’on fait subir à nos tout-petits le harcèlement de la compétition. Où, parallèlement et paradoxalement, on les affranchit du moindre risque physique. Où, finalement, l’être humain est traité, dès ses jeunes années, comme un personnage de dessin animé idéal. Où l’échec, la déviation de la « moyenne », est vécu comme l’échec d’une vie entière.

    Faut arrêter, là.

    Répondre
  7. Fred Bird
    Fred Bird dit :

    Affligeant… et que peuvent faire les parents, à part dévaloriser l’instit auprès de leur gosse, ce qui pourra le rassurer mais pas revaloriser l’ecole.

    Pour autant que je sache (j’ai une indic), il n’y a pas de formation specifique aux instits de maternelle, si incroyable que cela paraisse. Un(e) idiot(e) appliquera donc les recettes IUFM sans discernement et sans adaptation, hélas.

    Répondre
  8. Greg
    Greg dit :

    Chez nous aussi les smileys sévissent. Cela me fait un peu tiquer mais d’un autre côté l’institutrice de ma fille – elle est en petite section- est une personne experimentée, à l’écoute et attentive, et visiblement appréciée des enfants. Et elle ne semble pas fraichement sortie de l’IUFM. Toutes les activités ne sont pas evaluées, quelques unes dans le mois, et essentiellement lorsque cela a attrait au dénombrement ou à la logique et en tout cas lorsque l’appréciation ne peut être qu’objective. A contrario – et heureusement ! – les dessins et plus généralement tout ce qui touche à la créativité de l’enfant ne sont jamais évalués. Cependant, je suis aussi plutôt d’avis à penser qu’il faudrait laisser les mioches tranquilles avec ces histoires d’évaluation, ils ont le temps : à trente ans passé, je les subis encore au boulot …

    Répondre
  9. marzi
    marzi dit :

    Greg : euh, au boulot, à 30 ans passé… ou plus, ca me semble evident que tu sois évalué. Quand tu choisis ton medecin ou ton plombier, c’est aussi que tu as « évalué » que c’était le meilleur rapport qualité/prix pour toi.

    Répondre
  10. Greg
    Greg dit :

    marzi : oui sauf que l’évaluation se traduit par des « notes » dans différentes catégories « travail en équipe », « investissement personnel », etc… En tout une vingtaine de rubriques où les appréciations (à la tête du client, cela va sans dire) vont de « — » à « ++ » en passant par « = ». On n’est pas très loin des smileys de ma mioche. Et cela me dérange tout autant. Tout cela me semble bien pipo, c’est juste histoire de pouvoir mettre la pression, « evaluation » à l’appui. Et aussi pour faire cavaler les zozos chez qui la distribution de bons points est une aussi bonne carotte que la perspective d’une augmentation de salaire
    Quant à la notion de rapport qualité/prix, je préfère la réserver pour les objets inanimés.

    Répondre
  11. lecailloudansla chaussure
    lecailloudansla chaussure dit :

    Je ne suis pas certain que l’essentiel du problème soit dans la notation elle-même, mais plutôt dans l’attitude de l’instituteur(trice) à l’égard des gosses. A moi aussi, il semble aberrant de noter des gamins. Ceci dit, même sans notes, un enseignant peut très facilement stigmatiser les gosses qui sont les moins efficaces ou obéissants et certains se retrouveront ainsi systématiquement du mauvais côté simplement parce qu’il n’ont pas le même rythme que leur instituteur(trice) ou qu’ils ont simlpement un peu plus de caractère ou qu’ils sont plus timides… Je viens, par ailleurs, juste de terminer « Une société sans école » d’Ivan Illich et franchement je vous le recommande ardemment. Illich était visiblement un décroissant avant même que le concept existe.

    Répondre
  12. Fred
    Fred dit :

    monde guerrier > La mode est à l’évaluation

    Ouaip. Suffit de voir la propagande du « Livre noir sur la psychanalyse ».

    J’imagine la tête de parents suédois si on leur racontait comment on traite les gamins en maternelle en France… Perso, j’ai jamais pu supporté cette autorité arbitraire et imbécile à l’écle, et ça n’a pas changé 🙂

    Répondre
  13. Julie
    Julie dit :

    Quand j’étais en CE1 je ne savais toujours pas lire. Ma mère était venu en parler à la maitresse. Elle lui a répondu que de toute façon je ne ferais jamais rien de ma vie.. Je me souviendrais toujours de ton de mépris de mon institutrice et de l’air horrifié de ma mère.

    Répondre
  14. Nounou
    Nounou dit :

    Je confirme: selon les programmes officiels, l’évaluation a sa place en maternelle. Elle a deux objectifs: tenir au courant les parents de ce qui se passe à l’école et des progrès de leur progéniture d’une part et d’autre permettre à l’enseignant d’orienter les futures activités. Bien évidemment, ce sont des objectifs « idéaux »et qui peuvent être mal compris, et l’évaluation mal utilisée peut faire des ravages. Normalement, les smileys ont une signification: 🙂 acquis 😐 en cours d’apprentissage 🙁 non acquis. Si les enfants ont des :|, il ne faut pas s’inquiéter, l’instit n’a pas réussi à faire le message aux parents (en espérant qu’elle se fait mieux comprendre par les bambins huhu). Par-contre, ce n’est pas normal de distribuer des 🙁 à la pelle en maternelle! Et là, il faut se bouger: soit un seul enfant est victime de ça et il faudrait comprendre pourquoi, soit c’est plusieurs et il faudrait convaincre l’institutrice de se remettre en question (je sais, c’est pas gagné).

    Répondre
  15. leon
    leon dit :

    Marguerite Yourcenar n’a jamai foutu les pieds a l’ecole avant un age assez tardif et franchement ce n’est pas ce qui pouvait lui arriver de pire….

    Mes gamins ont deux semaines. Je vais essayer de leur preparer un avenir libre de ce genre de crétineries. S’il le faut, on refera les cours a la maison. Ils seront aimes, ils auront confiance en eux-memes et ils iront dans la direction de leur passion. Je refuse cette moyennerie debilitante. Au besoin ils echapperont a l’ecole normale. En tant que fils de prof et fervent partisan de l’ecole ca fait mal mais c’est ainsi. On s’expatriera s’il le faut. Le lycee francais a l’etranger est souvent excellent, ca tombe bien.

    C’est injuste. Ca fait chier, mais c’est comme ca.

    Merci Agnes pour ce post.

    Répondre
  16. PhL
    PhL dit :

    et voilà tout est dit chacun pour soi, le petit bambin est en cause alors fuyons! au lieu de réagir, agir ensemble pour autre choses! je dis cela et je pense que je ferai pareil, alors on est vraiment mal barré! bonne année!

    Répondre
  17. manu25
    manu25 dit :

    Eh oui! La compétition commence de bonne heure dans notre monde de cinglés, mais ne vous faites pas peur pour rien car à la finale le statut économico-social vous rattrapera, même si votre petite tête blonde est un(e) génie. Hier un prof de terminal me disait que de tte façon 30% de l’éffectif de sa classe malgré de bon résultat, n’auront pas les moyens de suivre une formation complète universitaire. Pas assez pauvres pour bénéficier d’une bourse et pas assez riches pour finaliser une formation diplomante… Donc : filière courte BTS où IUT et basta… Caissière à intermarché où Leclerc combien de bac+02 03 04??? Relativiser, nous avons, comme d’ailleurs pour bcp de choses, l’école que nous méritons. Le fils du PDG de la socièté gale même si c’est un « nanard »de première aura toujours sa place ds une suite au ritz; papa à gagné en plus de son salaire un total de 1 600 000€ de stock-option. Alors la maternelle vous savez ma bonne dame…

    Répondre
  18. Merome
    Merome dit :

    Je confirme qu’il y a une demande des parents pour ce genre de méthode. Un(e) instit’ qui s’écarte de la compétition traditionnelle, qui cherche à enseigner sans note, avec des objectifs adaptés aux personnalités de chaque enfant (pédagogie différenciée), ben c’est pétition des parents et inspecteur dans la foulée.
    Autre constante : l’instit de son gosse est toujours la plus mauvaise du canton. Et je ne déroge pas à la règle avec mes propres gosses : l’instit de maternelle est la plus mauvaise du canton 🙂

    Répondre
  19. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Pas vrai : la mienne est super! Le truc, c’est la confiance. Comme on lui fait confiance, pas de demande d’évaluation. Je sais que ma gosse fait des activités, des sorties, des découvertes, sans plus. Je croise l’instit tous les jours. Je sais que si elle note un problème, elle m’en parlera. De temps à autre, je demande si la gosse va bien. Du moment que l’instit me dit que ça va, je n’ai pas besoin de plus. Je vois ma gosse le reste du temps, je vois qu’elle va bien, je ne me fais donc pas de soucis!

    Répondre
  20. marzi
    marzi dit :

    J’étais assez de l’avis de mérome, pourtant. La majorité de gens pense que leur instit est une des plus mauvaises… souvent, c’est une facon d’excuser les mauvais résultats de leur enfants, d’ailleurs.

    « Ma gosse », « ma naine », et jamais « ma fille », surprenant, tes choix de terme (ca n’est pas une critique, juste une surprise).

    Répondre
  21. monde guerrier
    monde guerrier dit :

    La question, c’est qu’est-ce qui prime pour un enfant en âge de fréquenter une maternelle. L’évaluation d’un enfant dans une activité menée par un enseignement, est différent de l’évaluation d’une activité menée par un enseignant, différent de l’évaluation d’un enseignant. Quoi évaluer, pourquoi, comment, et quelles sont les conséquences possibles, quels sont les théories de références attenantes qui supportent ou, parfois même suppléent, la pratique ? Si ce qui est visé est que le parent s’investisse dans les progrès (lesquels, à quel niveau) de leur(s) enfant(s) en bas âge, quels étaient les moyens utilisés avant ? fallait-il les compléter ? y en-a t’il d’autres de préférables, et pourquoi ? Bref, on n’évalue pas pour se considérer ou être considéré comme un « bon professionnel » (même pour avoir son diplôme ou sa promotion (le système valorisant le système), mais en tant qu’outil parmi d’autres dans ce qui est nommé globalement l’éducation (en maternelle, le terme d’instruction n’est pas encore adapté).

    Répondre
  22. mat-88
    mat-88 dit :

    A manu25 : Il va falloir un peu arrêter avec ces discours racistes où on stigmatise « le riche » parcequ’il a trop d’argent, et le « pauvre » parcequ’il n’en a pas assez. Globalement, à part quelques vrais fortunés, on vit dans une société ou l’on met la pression sur l’ensemble de la population pour la réduire à la servilité grace au travail. On utilise les SDF pour terroriser ceux qui oserais s’écarter du droit chemin du travail rémunérateur. Lorsque la population n’a plus assez peur, on attend qu’il en crève quelques-un avant de réactiver les plans d’urgences. Croire que les cadres vivent bien parcequ’ils touchent plus d’argent est une abhération aussi grosse que de croire que certains ont de la chance d’être réellement pauvres pour pouvoir bénéficier de telle mesure discriminatoirement positive.

    Nous sommes tous prisonniers (ou presque).

    a+.

    Répondre
  23. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Marzi (le détracteur à temps partiel 😉 ) -> En fait, je préfère appeler ma fille par son prénom, que je n’utilise pas ici. Mais sinon, tu as raison, c’est souvent la naine, le gnome, le gremlin (ça, c’est quand elle est particulièrement en forme!), etc. Je pense qu’il s’agit d’une forme de distanciation que je met dans mon rapport à elle. Je suis très soucieuse de son autonomie et je tente de parvenir au difficile équilibre entre les pulsions affectives dont je pourrais la gaver et son besoin de grandir, d’explorer et de s’ouvrir au monde.
    En fait, je me prépare chaque jour à son départ en fac 😉

    Répondre
  24. Aska
    Aska dit :

    « En fait, je me prépare chaque jour à son départ en fac »

    T’emballe pas, je regarde son bulletin et c’est pas folichon

    Gremlins Maillard (Mat Sup 1ère année):

    Dessin 🙂 – 🙂 – 🙂 – 🙂

    Langage 🙂 – 🙂

    Découpage 🙂 – 🙂 – 🙂

    Discipline 🙂

    Sieste 🙁

    Capacité à rentrer dans le moule 🙁 – 🙁

    Capacité à aller à la Fac 🙂

    😉

    Répondre
  25. manu25
    manu25 dit :
    A mat88,

    « discours raciste… » comme tu y vas… Je constate simplement un état de fait, autour de moi, je ne vis pas dans une tour d’ivoire et franchement faire des études pour finir caissière à Auchan quelle superbe perspective. Je pense que tu ne me lis pas correctement, la France, qu’il t’en déplaise, à le record d’europe du différentiel salarial entre le smig et les hauts revenus qui ne sont pas forcément les plus bosseurs ni quelque fois les plus diplomés, dans ta logique un ingénieur gagnerai plus qu’un patron et c’est l’inverse. Je ne dis pas autre chose que : c’est une vraie redistribution dont nous avons besoin. Tu n’apréhende pas du tout de la même façon la vie avec un salaire de 3000€, qu’avec 960€ tu vas devoir faire des choix drastiques, le piano de la petite dernière: tu oublies, la sortie ciné pour les filles (02) : t’oublies aussi, la réparation de ton véhicule attendra… Voilà simplement concrètement des élèments afin que tu comprennes la différence de cadre, mais je sais que tu le sais il y a juste tes mots qui ne sont pas en concordances avec ta pensée.

    Répondre
  26. mat-88
    mat-88 dit :

    Arghh… j’ai tout fait pour ne pas répondre à ce commentaire car ce n’est peut-être pas le bon endroit pour ce débat, mais je suis tellement en désaccord avec le discours de manu25 que je craque. (toutes mes excuses à l’auteur de ce blog, pour cette pollution).

    Citation :  » « discours raciste… » comme tu y vas… Je constate simplement un état de fait, autour de moi, je ne vis pas dans une tour d’ivoire et franchement faire des études pour finir caissière à Auchan quelle superbe perspective. »

    Alors nous n’habitons peut-être pas le même pays, car dans le mien un « enfant pauvre » est souvant viré du cursus scolaire rapidement et n’atteint que rarement l’Université. Sur ce, etre jaloux du pauvre qui arrive à l’Université et qui à le droit à une bourse n’est peut-être pas raciste (encore que) , mais très clairement ridicule.
    La bonne question n’est pas de savoir quelles études nous permettent d’avoir un boulot intéressant (cela est en général assez aléatoire), mais de savoir pourquoi ces boulots minables existent. Je ne vois pas pourquoi quelqu’un qui n’aurait pas ou peu de diplome aurait à faire un boulot con et débilisant. C’est un problème d’organisation. Pour mieux controler les salariés on a très souvant divisé le travail pour empêcher quiconque (autre que les cadres supérieurs) d’avoir une vue globale du métier. C’est la division caissière/magasinier/chef de rayon/manager et l’impossibilité pour le personnel d’organiser son propre travail qui rend le travail dégradant et particulièrement dur (en plus d’un système ou il faut être extrement rentable à tout prix).

    Citation :  »Je pense que tu ne me lis pas correctement, la France, qu’il t’en déplaise, à le record d’europe du différentiel salarial entre le smig et les hauts revenus (1) qui ne sont pas forcément les plus bosseurs ni quelque fois les plus diplomés (2), dans ta logique un ingénieur gagnerai plus qu’un patron et c’est l’inverse(3). »

    (1) A vrai dire, je me fous complètement qu’un type gagne plus moi.

    (2) Premièrement, si travailler rendait riche, cela se saurait. Deuzio, tenir absolument à ce que le salaire soit proportionnel à la longueur des études relève d’un logique que je ne comprend pas. Les études c’est super intéressant, je ne vois pas pourquoi quelqu’un qui n’a pas pu en faire devrait être pénalisé pour cela.

    (3) non, dans ma logique on se tiens tous la main (ou pas) et on fait en sorte de vivre tous bien. L’argent n’est qu’un accessoire destiné à faciliter les échanges.

    Et je bacle la fin car je suis fatigué : Pour le reste, tu fais des calculs qui sont nécessaire pour pouvoir boucler les fins de mois difficiles et assouvir certains besoins matérialistes, mais qui ne résoudrons malheureusement pas les problèmes de fonds.

    a+

    Répondre
  27. ann
    ann dit :

    Arrétez de dauber sur les jeunes enseignants! ils ne font qu’appliquer ce qu’on leur enseigne ds les IUFM. Ils sont cernés par les conseillers pédagogiques et c’est ainsi qu’ils prouvent auprès de leurs supérieurs et des parents demandeurs (qui sont toujours à considérer que leurs rejetons sont parfaits et intouchables.) le sérieux de leur travail.. et vous, jeunes parents, avec vos jugements par derrière, vous contribuez à vous faire considérer comme chiants, méprisants et snobs. la communication ça existe, vous pouvez toujours aller discuter avec les instits sans les agresser, ls vous expliqueront pourquoi ils agissent ainsi, et votre avis leur permettra peut-être aussi de « décoincer » et d’être plus cool par rapport aux évaluations. D’autant plus que rien n’est plus rasoir que de préparer ces fameuses évaluations. Avis d’une instit qui sait de quoi elle parle!

    Répondre
  28. Claudius
    Claudius dit :

    A propos de compétition, mais tout à fait hors sujet, Agnes, peut-être sans le savoir, concourt dans le blog de l’année, catégorie « sélection des internautes ». Inutile de dire que, fan depuis le début, j’ai voté pour elle, devant l’isoloir de mon clavier; si cela vous intéresse, vous avez jusqu’au 17 janvier pour en faire autant.

    Répondre
  29. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Sacré Claudius!
    Ce qu’il ne dit pas, c’est que c’est un peu à cause de lui et de Nath que je me retrouve embarquée dans cette aventure.
    Sinon, tout le monde connaît mon point de vue sur la compétition en soit, et je me demande bien ce va arriver au malheureux qui va chopper le titre : mise à part faire péter la bande passante qui lui est allouée, je ne vois pas trop. En plus, en se sentant scrupter de la sorte, on peut être tenter d’écrire pour un public, hypothétique ou réel, et du coup, pratiquer une sorte d’auto-censure rampante.
    Bref, c’est rigolo et sympa, mais y a pas de quoi fouetter un chat!

    Répondre
  30. ann
    ann dit :

    Je dirai à léon qui veut partir à l’étranger pour que ses gosses aillent dans des écoleses parfaites qu’il va effectivement tomber dans des lycées d’élites: pas de parents au chômage, mais au contraire surpayés donc souvent pourris d’argent et de domesticité, et très accros aux résultats scolaires…. et que ce sera bien pire qu’en France au niveau compétition et mentalité. Il vaut mieux qu’il cherche des écoles Freinet… Mais il ne faut quand même pas criser à ce point sur le sort de nos pauvres chéris à qui des adultes osent dire que quelques fois ils se trompent… L’apprentissage de la vie c’est aussi reconnaitre ses erreurs sans que ce soit un drame…

    Répondre
  31. monde guerrier
    monde guerrier dit :

    Le problème c’est qu’à force de vouloir noter les erreurs noir sur blanc (le dossier scolaire), elles poursuivent le concerné. Il y a plusieurs personnes qui jugent une personne : le prof, le parent, le prochain établissement scolaire, le juge ou l’avocat, le cas échéant. Deuxième problème, les « erreurs » de nos jours, pour certaines catégories de personnes sont non seulement plus condamnées, mais parfois aussi elles mènent à l’exclusion. La « réhabilitation » (confère ordre moral qui n’a pas forcément à voir avec l’éthique), ça marche surtout pour les hommes, en politique ; parfois, pour certains escrocs, car ils ont la technique.

    Répondre
  32. ann
    ann dit :

    je suis tout à fait d’accord pour trouver le dossier scolaire abhérent pour les enfants de maternelle, surtout quand on voit à quelle vitesse ils progressent. en plus, coment être sûr que l’évaluation est fiable comtpe tenu de tous les aléas de la passation… sans oublier qu’il n’y a pas de strucure efficace pour faire e la remédiation valable: on ne fait que des constats. Pour ce qui est du suivi, tous les établissements publics sont obligés d’accueilir les enfants de leur secteur, et bien souvent les profs ne lisent pas les dossiers scolaires, ils préfèrent se faire une opinion eux-même. Mais c’est vrai que de toutes façons on est « cerné  » par la société, par l’informatique au XXIeme siècle. malheureusement ce n’est pas nouveau, et nombre de gens sont partis au bagne ou aux galères pour pas grand-chose. « l’homme est un animal social » pour le meilleur et pout le pire…

    Répondre
  33. louis siffert
    louis siffert dit :

    Je confirme l’article est très judicieux et montre bien les insuffisances du concept de « l’égalité des chances », si ce n’est pas une tromperie de plus. A lire d’urgence.

    Répondre
  34. Foxapoildur
    Foxapoildur dit :

    C’est quand même lamentable que des parents soient devenus suffisament aliénés pour flipper à la vue d’une mauvaise note.

    Kant disait Il y a deux choses qui font obstacle à l’évolution de l’humanité. D’abord les princes, qui se servent de leurs sujets comme des moyens en vue de leurs fins. Ensuite les parents qui font tout pour que leurs enfants trouvent une place dans la société, aussi corrompue soit-elle.

    Les « parents d’élèves » (une caste que je méprise) illustrent bien le second point. Eux-même esclaves du système, ils rêvent de faire de leurs enfants des esclaves de première classe.

    Répondre
  35. denise
    denise dit :

    Bonjour, Merci à Agnès pour son site et ses commentaires. Je me présente : presque quinqua, chômeuse depuis novembre 2005. Je voudrais ajouter mon grain de sel sur l’inégalité scolaire en recommandant la lecture édifiante du livre de Jean-Paul Brighelli « la fabrique du crétin ». Il met en mot ce que l’on subodore actuellement. Merci de ce moment de lecture et de plaisir sur ce site. Cordialement,

    Denise

    Répondre
  36. pasdesanges
    pasdesanges dit :

    bonjour, je prépare un post pour mon blog sur l’évaluation en maternelle et je tombe sur votre blog et m’aperçois donc que ce qui se passe dans l’école de notre fils n’est pas « hors du commun », c’est le commun de beaucoup d’école et je trouve cela sidérant.

    Répondre
  37. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je parle ici du fils d’une amie. J’ai une fille. En maternelle. Toute petite section. Et je me bats pour que sa classe ne ferme pas l’année prochaine.
    S’il c’était agit de ma fille dans l’histoire que je raconte, j’aurais commencé par aller voir l’instit, pour s’expliquer un peu…

    Répondre
  38. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Ceci n’est qu’un cas. Un peu symptomatique. Mais un cas.
    L’école de ma fille est une chance : instits dynamiques, sorties pédagogiques, spectacles, les enfants sont stimulés et non jugés. On respecte leur façon d’être, d’être des petits d’hommes.
    C’est aussi une école où la commune s’investit beaucoup, où il a des moyens, une volonté politique, des combats.
    C’est très bien. Mais cela est à la discrétion de chaque maire, des moyens de chaque commune. Dans un autre bled, l’école sera au régime sec, sans implication locale.

    Je ne trouve pas très normal que la question éducative des jeunes enfants soit une question de chance, de bon choix dans la ségrégation spaciale, que dès le départ, il y a les écoles qui aident à l’épanouissement de l’enfant et d’autres qui ne sont que des garderies même pas améliorées!

    Répondre
  39. goin
    goin dit :

    Humhum……que vous êtes positif…….!!!!!!!n’y a t il pas de bonnes écoles, de bons instits…….des gens qui aiment leur boulot, ce qu’il font tout les jours, des personnes épanouies et qui le rendent bien à vos enfants…. non ça n’existe pas ça n’existe pas!!!
    Commentaire de mon copain à mes côtés" le problème de ces blog….. c’est facile de tombé dans ce bourbier vaindicatif."
    Bisous (caillou, hibou,genou,chouchou,pou)

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *