A votre santé!

Quel point commun entre Xavier Bertrand et Buenos Aires?
Le premier est l’artisan de ce que les habitants du second tentent de défaire…

Et oui! La Sécu va mal! D’ailleurs, on vous l’a tellement rabâchée, celle-là, qu’il ne viendrait plus à l’esprit de personne de mettre en doute ce type d’affirmation péremptoire.
Sauf que la Sécu est alimentée essentiellement par des prélèvements effectués sur le salariat qui ne se porte pas super bien en ce moment, tant en terme d’effectifs que de revenus. Sauf que la population vieillit et que c’est à grâce à des soins plus coûteux et qui se maintiennent sur de plus longues périodes. Sauf que personne n’aborde le problème du prix des médicaments, à l’heure où les labos pharmaceutiques privées sont des forteresses financières qui pèsent lourd sur les marchés internationaux et qui s’enrichissent encore plus vite que les systèmes de santé solidaires ne s’épuisent…

Mais nous ne parlerons pas de ça, seulement des vrais-faux remèdes de cheval de la Sécu, ceux qui sont sensés faire aller mieux un système que l’on plombe de toutes parts. Au menu, les énièmes mesures de déremboursement des médicaments tombés dans le domaine publique (donc sans royalties) au profit de nouveaux médicaments sous brevet, très coûteux et dont les bénéfices thérapeutiques nouveaux sont des plus discutables. Et puis, toujours la responsabilisation du vilain usager pas beau, le fourbe, qui passe son temps à faire exprès d’être vieux ou malade, rien que pour creuser ce fabuleux trou de la Sécu. La dernière mesure en date est tellement moche, que Xavier Bertrand a tenté de la faire passer sous le boisseau : pour t’apprendre à avoir besoin de médecine coûteuse, tu vas banquer 18€ par acte. Ca va calmer tous ces hypocondriaques impécunieux, je vous le dis! Sauf que 18€, ça n’a pas la même valeur pour tout le monde. Par exemple, c’est anecdotique pour ceux qui sont capables d’avoir 4000 balles de frais de bouche par jour, mais c’est monumental pour ceux qui sont contraints de survivre avec 14€/jour tout compris.
Les premiers continueront à se payer des soins coûteux, en veux-tu, en voilà! Les autres vont encore un peu plus renoncer à se soigner, eux qui ont déjà laissé tomber les soins dentaires et ophtalmiques depuis un bail[1]

On peut se dire, que tout cela, c’est la fatalité du marché, qu’on ne peut pas payer toujours pour tout le monde, patati, patata… Sauf que ce scénario n’a pas été écrit à notre usage exclusif, mais a déjà été déroulé jusqu’au trognon dans d’autres pays, comme en Argentine.

Et nous voilà à Buenos Aires, où de réformes en désengagement, l’assurance santé ne couvre plus que les arpions des plus riches, laissant la grande masse des citoyens se démerder comme ils le peuvent. Et c’est ce qu’il font. Avec talent. Avec solidarité. Et avec succès.
Parce que soigner tout le monde efficacement et sans jeter l’argent par les fenêtres, c’est possible. C’est juste une question de volonté. Et d’indépendance d’esprit!

Maintenant, vous pouvez continuer à accepter ce que l’on vous présente comme inéluctable, à savoir la liquidation totale de notre système de sécurité sociale au profit d’entreprises privées dont l’appétence pour prendre le relais tend à prouver que la santé n’est pas une activité si peu rémunératrice que cela…

Notes

[1] D’un autre côté, avec 14€/jour, qu’est-ce que tu as besoin de dents pour mâcher : t’as rien à bouffer; et de yeux pour voir : t’as plus de bagnole et ton seul loisir, c’est TF1, autant voir flou!

19 réponses
  1. Etheriel
    Etheriel dit :

    J’ai vecu 2 ans en angleterre, et j’ai donc pû tester le NHS (National Heath Service) par moi même, et non pas à travers la lecture d’articles de presse ou de pages web. Lorsque j’ai eu un rhume, un banal rhume comme on en a tous les hivers, je suis allé chez le medecin. Là, je n’ai rien payé. Rien avancé. Le medecin qui m’avait ete « attribué » en fonction de mon lieu de residence etait gratuit.
    Que m’a-t-il prescrit ? Du paracetamol. En gros, de l’aspirine. Simple comme bonjour. J’ai mis 5/6 jours pour que le rhume se passe. Le cout ? 3 fois rien, qq livres sterling pour avoir des petits cachets tout blanc, sans marque, dans une boite en plastique… En France, je serais reparti avec 3 ou 4 medicaments, qui auraient eu pour vocation de me guerir en 2 jours chrono. Pour un cout bien supérieur. Et c’est ca le drame en France: on va consulter son medecin pour etre soigné le plus rapidement possible, à n’importe quel cout. Et ce cout, il faut bien que quelqu’un le paie. Quand on a des gouts de luxe, on ne gueule pas que ca coute cher…
    Ayant des dents de qualité assez mediocre, j’ai evidement herité d’un abces durant mon sejour. Cette fois, le paracetamol ne suffit plus. Le dentiste m’a donc prescrit pour commencer des antibiotiques. X jours à Y comprimés par jour. Je me suis rendu à la pharmacie la plus proche, j’ai donné l’ordonnance, et la pharmacienne est revenu avec une petite boite en plastique toute banale, contenant X*Y comprimés. Pas de gaspi. Juste ce qu’il faut.
    Bref, on devrait bien, dans certains domaines, s’inspirer du pragmatisme anglais. Evidement, je m’attends à ce que le public de ce blog me donne une multitude de liens vers des sites qui raconteront comment le systeme de santé anglais est pourri, combien de milliers de morts il genere, pourquoi c’est tout pas bien outre-manche, toussa quoi…. Les rengaines habituelles….

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  2. Fred
    Fred dit :

    Ceci dit, aller voir le médecin pour un rhume, alors que c’est viral et qu’il n’existe pas de remède…

    Par ailleurs, tu n’as pas vécu les mois d’attentes pour obtenir un opération. Les Canadiens découvrent également ce genre de désagrément.

    Pour info, une partie du taux de croissance UK (qui est en train de se planter…) est dû à une hausse importante des dépenses publiques ces dernières années, notamment dans le domaine de la santé.

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  3. Troglo
    Troglo dit :

    Ouais alors là, si il y a un endroit en europe ou j’aimerais pas être sévèrement malade c’est bien en angleterre. Une copine américaine enceinte de triplés s’est vue conseiller d’aller accoucher ailleurs. Les mecs qui veulent une prothèse de hanche viennent en France ou en profitent pour faire un séjour en Malaisie. Lorsqu’une de mes copines anglaises a été malade en France, elle a été abasourdie par la qualité des soins. En Uk disait-elle, il y a ce complexe de « déranger » le médecin (parce que le système NHS est tellement stupide qu’il crée des files d’attente absurdes) qui fait que tu ne l’appelle parfois que trop tard ou après avoir bien souffert pour rien.

    Et il faudrait aussi parler de la mère cancéreuse de cette autre copine que les médecins ont laissé mourir parce que la traiter aurait couté trop cher pour le maigre bénéfice (quelques semaines-mois peut-être sous morphine) qu’elle pouvait en attendre… Ouais peut-être qu’elle aurait bien aimé voir ses enfants plus longtemps mais on lui a pas demandé…

    Maintenant parlons du fond.

    On consomme 80 % de sa consommation de soins méddicaux dans les deux dernières annés de vie.

    
    

    – les techniques sont de plus en plus chères (une IRM c’est très très cher)
    – un séjour à l’hôpital pour une phlébite vers 65 ans ca vaut en valeur toutes les grippes de ta vie + celle de ton conjoint. Trois jours d’hôpital (et c’ets pas grand-chose pour une phlébite un peu vicieuse) ca vaut en valeur tout ce que la petite dame (d’ailleurs qui était pas surconsommatrice de soins) a pu gober de médocs entre 20 et 50 ans.

    Maintenant croisez ça avec la pyramide des âges.

    Le problème de la sécu, c’est celui-là et pas un autre. Les médocs en ville ca représente 18 % de la facture totale et ce n’est pas en économisant là-dessus que ca va changer la situation générale.

    D’ailleurs il n’y a pas de pbm de la sécu, la France est bien assez riche pour se l’offrir.

    Je trouve en général assez comique que l’on fasse exploser la dette publique tout en essayant de moraliser des patients et des médecins qui n’y peuvent pas grand-chose.

    Je refuse de me faire moraliser par des incompétents idéologogues (pléonasme) et d’arriver à un système comme celui de l’angleterre, sachant qu’il est aussi en déficit, inefficace voire dangereux.

    J’aimerais qu’on m’explique d’ailleurs comment, dans un monde ou le principe de croissance est omniprésent, la santé est le seul domaine qui devrait rester immobile ?

    En clair, la médecine fondée sur des principes purement libéraux est une absurdité, une injustice et sans doute un système inefficace.

    Et puis il faudra bien un jour considérer que la société libérale et son mode de vie crée des maladies et qu’elle doit donc en supporter la responsabilité (maladies professionelles en explosion, troubles mentaux en explosion, vous connaissez la pathologie numéro 1 en France? Le mal de dos…).

    Enfin il faudrait parler de la conception de la santé, de la responsabilité individuelle de soi mais ça nous entrainerait un peu trop loin. Je vous le servirai chaud si vous le demandez, après tout j’ai bossé dix ans pour les laboratoires, je peux vous amuser avec quelques histoires…. (ah la fabuleusement lucrative hsitoire des maladies métaboliques……….)

    Troglo

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  4. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Qui a dit que le système de soin anglais est tout pourri? Pas moi en tout cas. S’il semble qu’ils ont effectivement de gros soucis en chirurgie et hospitalisation, je trouve justement leur système de distribution des médicaments nettement plus rationnel que le nôtre : juste ce qu’il faut de cachetons, au lieu d’une fichu boîte coûteuse dont on n’en prendra que la moitié. Mais qui ça ferait chier? Les labos pharmaceutiques…
    Savez-vous qu’il existe un traitement du cancer du sein particulièrement efficient, y compris dans les stades relativement avancés? Non, et c’est normal. Parce que dans le labo où il a été mis au point, l’équipe marketing a décrété qu’il était économiquement peu intéressant. Donc, aux oubliettes le traitement pas rentable et voguent les mammectomies! Et continuons à développer des médicaments de merde pour ceux qui bouffent trop!
    Oui, on veut plein de zolies histoires sur les labos!

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  5. Troglo
    Troglo dit :

    Tiens la mère de ma copine est morte d’un cancer du sein en uk… étonnant non? Il vaut mieux ne pas parler du HNS, c’est de l’ordre du dantesque.

    Cette histoire de cpés c’est très bien (d’ailleurs ce sont les mêmes produits dans les deux pays, c’est le même prix – et les packagings s’adaptent aux durées de ttt : Cf. antibio, gynéco, etc. Le nombre de cpés on s’en fout, ce qui compte c’est le prix unitaire de ttt et les labos ont intérêt à prévoir des quantités serrées pour pas que le prix soit trop…visible…. 50 euros l’antibio, ça fait tt bizarre, pas vrai? d’où paquets de dix et pas de trente…) …. à condition que tu aies réussi à dégoter une consultation sans prendre rdv trois semaines à l’avance… Quant à la médecine d’urgence, vaut mieux être riche….

    En plus les produits sont pas chers en France relativement au reste de l’Europe grâce à l’Agence des médicaments et l’action du ministère qui limite les dégats… (oui oui, le lobbying face à l’administration ça ne marche pas tjrs, il y a des fonctionnaires et mieme des hauts qui font bien leur boulot, faut pas confondre administration et députés. Les labos serrent un peu les fesses quand ils négocient un prix avec le ministère, Glaxo en sait quelque chose avec Imigrane… Ils faisaient chier le ministre: paf ! pas de remboursement… le produit ne s’est jamais vendu, gnierk gnierk).

    Je doute un peu de cette histoire sur le ttt du cancer du sein, sachant que c’est un des plus répandus donc un des plus rentables… menfin rien ne m’étonne plus dans ce domaine…

    Pas de prob sur les histoires. Par quoi on commence? (je recommande le bouquin de l’ancien patron de Sanofi, ça sera plus parlant que ttes mes ancdotes)

    Le problème essentiel de l’industrie c’est qu’elle obéit comme toutes les autres à la loi de l’actionnariat. Donc à la rentabilité. Donc stratégie de block-busters comme le cinéma.

    Exemple: on pourrait croire que les marchés des ttts du cholestérol et diabètes sont encombrés. Oui, massivement. Plein de médocs et les drogues sont peu différentes entre elles. Oui, mais.

    La courbe des maladies métaboliques (dont ces deux-là font les grosses cohortes) est orientée à la hausse. Elle est en augmentation mécanique chaqe année à cause de l’acculturation progressive en matière d’alimentation (un milliard de gros dans le monde). Dont plein dans le «  » » »tiers-monde » » » » ».

    Résultat; lorsqu’on lance un médoc dans ces domaines et même si on claque le minimum en promotion, et même si on possède une part de marché ridicule (allez 5 %), en fait, mécaniquement, on gagne chaque année davantage. Hosannah au plus haut des cieux.

    Je serais actionnaire d’un labo, je ferais de la pub pour MC Do (et encore c’est pas les pires)…

    Pour les maladies rares, faut pas rêver… elles n’auront rien tant que les Etats n’obligeront pas les labos à investir.

    On parle des études cliniques en cardiologie ? De Vioxx? De l’absurdité de la pensée occidentale sur plein d’aspects? du premier médicament au monde pendant des années: sa majesté Mopral ? et de son successeur. Des suicides sous anti-dépresseurs ? Des méthodes des visiteurs médicaux?

    Alors les leçons économiques et moralisations de patients, messieurs les libéraux… méfiance sur ce terrain.

    Haut les coeurs!

    Répondre
  6. Etheriel
    Etheriel dit :

    Je suis heureux de voir que ma prediction s’est realisée: j’ai eu mes exemples de personnes decedées en GB, soi disant à cause du NHS. Euh… sans rire ? On decede parfois en UK ? Et en france, on est immortel ? Personne ne meurt d’un cancer du sein ici ?
    A tout ceux qui se font un malin plaisir à denigrer le systeme de santé anglais, je rappellerais qu’en France:
    1. Beaucoup d’entre nous sont obligés de payer une mutuelle en complement de la Securité Sociale, que nous payons pourtant à la base assez cherement… Non seulement ca coute cher, mais en plus ca ne rembourse pas à 100%…
    2. Nos hopitaux ne sont pas des modeles du genre comparés à d’autres: il suffit de demander au fils Depardieu ce qu’il en pense (oui, moi aussi j’arrive à citer des exemples « criant de verité et revelateur d’une generalité »)
    3. Quand on est myope ou qu’on a des dents pourries, il est inutile de venir se faire soigner en france: avec 100 balles en moyenne de remboursement pour une monture et 2 verres, je vous laisse juger de la qualité du systeme de santé francais…

    Mais à part ca, il parait qu’en GB c’est tout pourri et que la France reste un modèle…

    Répondre
  7. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    troglo -> Il s’agit d’un reportage dont-je-ne-me-souviens-plus-du-titre-ou-de-l’auteur. En fait, le truc réduisait les tumeurs cancéreuses des souris à toute allure et pour pas cher… vite et pas cher = contraire de rentable. Si quelqqu’un a vu ce reportage…

    Répondre
  8. Troglo
    Troglo dit :

    Qui a dit que le systeme french était sans defaut, ni injustice? Ca prouve quoi sinon que les dérives de (dé)remboursement sont le plus souvent injustes? Je connais ma douleur avec les factures des dentistes que j’enrichis depuis vingt ans et étant par ailleurs myope.

    Maintenant pour qui a vécu deux ans en UK, ça m’étonnerait que les anglais eux-mêmes ne t’aient pas raconté cinquante histoires saumâtres. J’aime la GB, je suis marié à une anglaise mais ne viens pas vanter les mérites du NHS, essaie plutôt de convaincre les habitants des banlieues de Manchester et Liverpool qu’ils y sont bien soignés, ca va les faire bien (jaune).

    D’autre part, le fond de l’histoire si tu veux bien la lire de A à Z concerne le fait qu’on ne lui ait même pas parlé (ni à sa famille, ce qui est plus grave déontologiquement, tu connais le mot j’imagine et le respecte sans doute) l’accès à des soins certes chers et sans espoir mais qui avaient le mérite d’exister. Autant je milite pour le droit à l’euthanasie et aux soins palliatifs et l’assistance aux personnes en fin de vie (c’est à dire en clair ne pas mourir seul la nuit… car la voilà la vérité nue), autant je trouve que notre monde est assez riche pour offrir aux gens deux mois de plus pour contempler leurs petits-enfants. C’est sans doute du sentimentalisme, de la mauvaise gestion mais j’emmerde la bonne gestion et surtout les bons gestionnaires en ce domaine. Souvent quand on « gère », on exagère.

    Cela dit, je ne parle pas de dents, je parle par exemple: d’accident vasculaire cérébral, de prise en charge de maladie longue, de myopathies, etc. Quitte à être pris à 100 %, je préfère franchement l’être en France. Tu trouves ça cher? Voyage.

    D’accord pour les infections nosocomiales (le vrai nom de ce qui est arrivé à G.Depardieu), ça tue plus ou moins 10 000 personnes en France chaque année. Aucun pays ne fait mieux que l’autre. C’est inhérent à la construction/conception des structures de soins (concentration de personnes et de pathologies…). Des gens ont essayé toutes sortes de remèdes, sans grand résultat – jusqu’à pulvériser du vinaigre (de l’alcool, quoi) dans les conduits de ventilation – avec un certain succès. Peut mieux faire en France, pour sûr. Une de mes copines enceinte en Nouvelle-Zélande s’est attrapé un super-bug et un champignon – comme quoi les microbes n’ont pas de nationalité.

    Le modèle anglais a bonne presse en ce moment et je suis le premier à bosser avec les anglais, vivre avec eux et prendre de bonnes leçons régulièrement. Mais le modèle anglais, s’il existe, est excellent pour les gens riches, jeunes et éduqués. En cela, rien d’original: il suffit de faire partie des 2% de gens qui gagnent plus de 3000 euros par mois. J’en suis. Mais pas tout le monde.

    Agnès a entièrement raison de pointer l’injustice fondamentale face à l’accès aux soins. Surtout lorsque les remèdes qui sont proposés à un déficit sont aussi ineptes les uns que les autres et ne visent en fait qu’à une seule chose: transférer le maximum de postes vers le privé afin qu’il puisse se gaver. Il en effet assez scandaleux d’être quasiment obligé de cotiser à une mutuelle. En acceptant de genre de choses, ça revient à considérer que ton voisin a moins droit à l’existence que toi- ou simplement à ne pas souffrir.

    Les pseudo analyses de la situation de la sécu sont toutes biaisées par des points de vue idéologiques. Encore une fois, on tente de moraliser des acteurs qui n’y peuvent pas grand-chose. J’attends des réponses sur ces questions là et celles de mon post précédent, plutôt que de l’ergotage (de seigle, private joke médicale, Ok elle est nulle) sur les vertus comparées ou fantasmées d’un système ou de l’autre.

    Lorsque dans un système majoritairement libéral (qui existe dans pas mal de pays), les gens ne peuvent pas avoir d’enfants parce qu’ils n’ont pas assez d’argent, je maintiens alors que le système libéral en matière de santé est non seulement immoral mais aussi souvent criminel. A chacun de vivre avec sa propre conscience. Jouer avec les grandes idées d’économie politique, c’est mignon tout plein en fac mais dans la vraie vie ça signifie des schyzophrènes à la rue sans soins, des morts et des souffrances inutiles – sauf à maintenir le peuple dans un état de peur perpétuelle qui arrange pas mal de monde.

    J’aimerais aussi bien relativiser ce qu’on appelle le déficit de la sécu. Il se monte à bon an mal an 3% sur 1500 milliards de francs. C’est aisément finançable pour peu qu’on rationnalise quelques comportements thérapeuthiques monstrueux qui sont d’ailleurs souvent le fait des structures privées, messieurs les libéraux. Par exemple, les centres de soins privés qui multiplient les examens inutiles parce qu’ils sont très, mais alors très rentables, et ça, c’est pas le fait de l’hôpital. Je les ai vus travailler et je peux vous dire qu’ils économisent sur tout. Et le mec qui se croit malin, je lui donne la Pitié Salpétrière à gérer, bon courage.

    On continue avec les délires idéologiques dans le domaine ou on parle des horreurs des labos? Ou bien de la stupidité des génériques?

    Agnès> de la souris à l’humain, il y a un long chemin. En fait le traitement du cancer est un pbm bien plus vaste que sa donnée économique. Il faudrait parler de mesures connnexes à la chimio/radio; les dépistages nouveaux (et inaccessibles parce que hors de prix pourl’instant) les dévascularisations périphériques (autour de la tumeur, pour l’assécher-affamer), des vecteurs nano, des anti-metastasiques dérivés de la médecine indienne et thibétaine, des gavages de vitamines, de l’influence psychologique, etc etc. Même dans les tumeurs où on met un paquet de pognon…. : 5% de survie à cinq ans dans les cancers du poumon.

    En revanche dan sles simples (Hodgkin): jusqu’à 50 %

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  9. marzi
    marzi dit :

    « J’aimerais qu’on m’explique d’ailleurs comment, dans un monde ou le principe de croissance est omniprésent, la santé est le seul domaine qui devrait rester immobile ? » Cette phrase m’interpelle. Je croyais que justement, les dépenses de santé en france augmentaient bien plus vite que la croissance et ses 1 à 3%. Non ?

    « On consomme 80 % de sa consommation de soins méddicaux dans les deux dernières annés de vie. » C’est clair. Et c’est inhumain de dire qu’il faudra réflechir à ne plus soigner les gens à partir d’un certain age. La médecine progressant encore, ca ne va faire que s’accentuer. Quelle solution, alors, en restant humain, et réaliste pour sauver le système de santé ?

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  10. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Changer l’assiette des recettes, pour qu’elle ne pèse pas que sur le salariat? Changer les comportements médicaux abhérants, mais lucratifs?
    Exemple simple : Ma fille, 2 ans et demi est en très bonne santé (bonne alimentation, bon cadre de vie, bon capital génétique), mais 3 à 6 fois par an, elle fait, comme tous les nains de son âge une grosse poussée de fièvre asymptomatique. En général, c’est du à un virus quelconque, ce qui n’exige que des antipyrétiques, une bonne hydratation et du repos. Le problème, c’est qu’il faut écarter 3 causes sérieuses de fièvre asymptomatique : l’affection pulmonaire, l’otite et l’infection urinaire. Un simple examen clinique suffit dans les 2 premiers cas. Pour l’infection urinaire, il faut chercher les nitrites et les leucocytes dans les urines. Jusqu’à présent, j’ai eu le droit à chaque fois à une analyse urinaire. Jusqu’à ce que je découvre un test urinaire en pharmacie à 15€ les 25, soit moins cher qu’une seule analyse en labo. Pourquoi ne pas m’avoir prescrit les bandelettes dès la première fièvre? Imaginez-vous les économies généré par ce changement global d’une seule pratique?

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  11. Aska
    Aska dit :

    Mais changer les fameux comportement médicaux que tu dénonces Agnès, n’est ce pas finalement remettre sur le tapis la fameuse responsabilisation que tu dénonces dans l’article? 🙂

    Quant aux fameux « libéraux » qui nous gouvernent, ils nous demandent une nouvelle fois de payer plus à l’état tout en nous donnant moins, soit une mesure étatique qui n’a rien de libéral. Je ne vois rien de libéral dans les mesures du gouvernement si ce n’est l’idée qui pourrait se résumer à « donne nous plus d’argent et demerde toi encore plus pour tes frais de santé ». Mais là encore, toujours plus d’arbitraire, toujours plus d’obligations, toujours plus d’état, toujours moins de droits.

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  12. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Aux dernières nouvelles, c’est le médecin qui prescrit et le patient qui paie. Je ne décide pas des prescriptions médicales, mais c’est quand même moi, en tant que patient, qui suis montrée du doigt… Pourtant, je ne décide de rien, ni des soins, ni du prix des médocs, ni d’être malade ou pas, ni d’être myope ou bien-voyant, de rien.
    Quand à un Etat qui ramasse plus pour distribuer moins, c’est typique d’un Etat libéral. Surtout qu’il file le gros du blé ramassé aux pôves ch’tites n’entreprises qui n’en peuvent plus de délocaliser et de refiler le blé aux actionnaires, aux malheureux qui croûlent sous le vilain impôt sur la fortune, tout en serrant un max le kiki aux plus démunis. Parce que pour ce qui est des aides et subventions aux petites entreprises de chômeurs, les petits trucs sans actionnaires, tu peux toujours te gratter : prime bidule, exo machin, je suis dedans, et figure-toi qu’il me manque toujours une ch’tite case de rien pour être éligible, ce qui revient à : démerde-toi, sale pauvre!

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