Si l’Inde tient le haut du pavé de la vente à la sauvette côté Eiffel, sur le Troca, ce sont les noirs qui fourguent de la quincaillerie aux touristes. Dans tous les cas de figure, un business très bien organisé, territorialisé et probablement hautement lucratif, vu les escouades qui se déploient partout dans la capitale.

Les vendeurs à la sauvette font partie du parcours touristique parisien standard. Ils agitent leurs chapelets de petites tours Eiffel et de chiens en peluche aboyeurs au pied de tous les gros monuments de la capitale, petits commandos efficaces qui s’évaporent prestement quand la maréchaussée ou des vigiles privés entrent en chasse.


Guet-apens
Mise en ligne par Le Monolecte


J’en ai trouvé toute une barrière à la sortie d’un des piliers de la Tour Eiffel, attendant une fournée de touristes comme les douaniers filtraient la circulation du temps où nous ne vivions pas dans l’espace Schengen. En haut des marches, juste à mes côtés, un gigantesque vigile quelque peu ventru les toisait avec un air un brin goguenard.

  • Ils ont le droit d’être là ?
  • Non, pas du tout. Il y a des boutiques officielles pour cela.
  • Et vous ne faites rien ?
  • Si, si, de temps en temps, avec les autres, on se met à les courser. Ils détalent comme des lapins. Et ils reviennent aussi sec. Toujours.

Le chat et la souris. Commerce informel versus marchandisation extrême : les deux faces de la même médaille, la même âpreté au gain, avec peut-être une pointe de nécessité en plus du côté des va-nus-pieds.
J’ai emboîté le pas à l’un des vendeurs en quittant la zone Eiffel direction Bir-Hakeim. Tout au long de son chemin, il s’est arrêté à chaque vendeur de rues, déterminé, méthodique et a eu l’air de donner ses consignes : il m’a fait penser à mon manageur de secteur, du temps où je crevais la dalle comme VRP-tireuse de sonnettes. Pas d’improvisation dans ce business qui doit pourtant bien marcher, malgré le prix prohibitif des babioles, régulièrement proposées 50 % moins chères en boutiques. Comme pour le spam qui pourrit les boîtes de courriel, je suppose qu’une faible proportion de piétons qui marchent dans la combine doit largement suffire à compenser tout le reste.

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