Tiens! Il suffit que la population locale se révolte pour que subitement, la communauté internationale se souvienne que la Birmanie vit sous une dictature de fer qui méprise les droits-de-l’hommismes et autres fadaises du genre!

Se souvenir, par exemple, que le bon docteur Kouchner-va-t-en-guerre contre les méchants Iraniens avait été grassement rémunéré par Total en son temps pour pondre un rapport qui disait qu’en Birmanie tout allait bien et permettre aux multinationales occidentales de continuer à profiter sans vergogne d’un régime totalitaire pour obtenir une main d’œuvre servile à souhait!

Se souvenir que les indignations internationales sont à géométrie variable : rien de plus énervant qu’une dictature qui refuse de se plier aux diktats des Américains ou des Européens. C’est en général à ce moment-là qu’une bonne vieille dictature des familles, bien respectable et tout, bascule subitement dans l’axe du mal! Ou, quand les peuples humiliés décident enfin de reprendre leur destin en main, c’est à ce moment que l’on semble découvrir un régime totalitaire et féroce.

Se souvenir que nous fermions les yeux sur une junte autoritaire alors même que nous faisions les gros yeux à une démocratie arabe parce que leur chef n’est pas assez conciliant à notre goût et qu’il a l’outrecuidance de vouloir protéger ses ressources naturelles de notre appétit féroce en usant, comme nous, de la dissuasion nucléaire.

Se rendre compte qu’Internet existe finalement que tant qu’il ne fait pas chier le pouvoir en place, comme l’expérimente tristement le peuple birman.

Nous voilà prévenus.