Plus le temps passe et moins nos hommes politiques m’étonnent.

Maintenant, les grands communiquants de la course à l’échalotte foncent totalement dans la stratégie Kiss Cool, à savoir, la réaction à chaud au sujet d’actualité qui laisse des miettes au fond du slip.

Bien sûr, ils pourraient se contenter de rebondir comme de bonnes grosses baudruches molles pleines de vide à chaque iatus informatif, mais cela les laisserait un peu trop dépendants, finalement, du boulot de leurs potes les journalistes encartés qui ont pignon sur rue et comptes bancaires hermétiques à Bercy. Comme le disait si bien tonton George[1] : si tu veux contrôler l’info, fabrique-la!.
C’est pour cela que lorsque Le Point a balancé le bouquin de Thierry le-salaud-de-chômeur-fraudeur, j’ai tout de suite sonné le tocsin en sentant le coup bas arriver. Et ça n’a pas manqué, comme en témoigne le dernier discours du distillateur de haine en chef.

La réthorique de la haine

Première couche : on agace le lecteur du Point avec une caricature de chômeur salopard. Un peu comme la confiotte, plus on manque de matière première, plus on l’étale, et voilà le buzz des salauds de pauvres qui fait la une de tous les journaux télévisés. On se représente bien la tête de l’armée de sous-smicard crevards en découvrant ce portrait robot d’un gros profiteur. On imagine sans peine le diamant de haine à l’état pur que ce type de manipulation permet de tailler. Et pendant que la bulle putride anti-pauvres grossit, peu ou pas de rectificatifs quant à la réalité des faits et des chiffres rapportés par le bien serviable petit père Ono.

Je ne veux pas que ceux qui ne veulent rien faire vivent sur le dos de ceux qui se lèvent tôt

Et voilà le travail! Quinze jours de préparation pour lâcher le gentil petit bubon. Sarko revient sur ce qui lui tient vraiment à coeur : les salauds de profiteurs qui parasitent les honnêtes travailleurs pauvres. Lesquels sont tout de même 7 millions, soit une bonne manne électorale qui doit pourtant surtout ignorer qui profite vraiment de la richesse qu’ils produisent sans jamais en voir la couleur.

Et voilà comment Sarko compte ratisser le vote des forçats de l’ère post-industrielle, de ceux qui bossent en heures décalées, avec des contrats de sous-emploi chronique, à qui il manque toujours 4 € pour en faire 3. Et le pire, c’est que ça pourrait marcher.

En attendant, il vous reste deux mois pour vous inscrire sur les listes électorales, si ce n’est déjà fait.

Et n’oubliez pas : le monde appartient à ceux qui ont des employés qui se lèvent tôt!

Notes

[1] Orwell, pas Bush… encore que…