Un tout petit peu plus loin, en bas, à gauche

L’heure est grave et commande à chacun de se draper dans ses oripeaux d’expert en géopolitique, sécurité intérieure, théologie appliquée et rituels funéraires. Mais le flux oblitère le cerveau, je reste l’œil rivé dans le petit bout de la lorgnette, éloignée du théâtre des opérations, comme je l’étais déjà des épicentres de la mondialisation heureuse.

De toute manière, des experts, il y en a déjà partout, à la télé, dans les journaux et sur les terrasses des cafés, bleus de froid, blancs de peur et rouges de colère. Et toute la gamme des avis, des opinions, a été jouée, des témoignages les plus poignants aux remugles les plus répugnants.

 

Un tout petit peu plus loin, en bas, à gauche, j’ai regardé mon chat mourir.

Enfin, non, j’ai voulu retarder l’inéluctable, le temps de me rendre compte qu’il y a d’autres flux, d’une indifférence inexorable, qui ne suspendent même pas un instant leur vol. La vie, la mort, tout ça. Le grand chrono du temps qui nous mastique, nous recrache et nous avale enfin.

C’était un sacré chat, un marqueur historique. D’avant Charlie, d’avant Daesh, d’avant Sarko et sa sombre clique, d’avant la baffe à Jospin et d’un Le Pen au second tour. D’avant même la chute des deux tours et le commencement de la guerre éternelle contre le terrorisme.

 

Il est arrivé chez nous comme le font les chats, par effraction. Elle nous avait fourgué la panière deux étages dans laquelle il n’a jamais daigné s’installer, un lion en peluche façon Crédit Lyonnais qu’il étranglait avec une belle constance, un immonde sweat à capuche en polaire en guise de matelas et que j’utilise toujours comme veste d’intérieur et nous a collé le matou dans les pattes en déclarant :

Je vous le laisse un mois, deux au pire, le temps d’aller voir l’amour de ma vie, et je le reprends.

Des deux propositions de cette phrase, l’une était forcément fausse.
Elle n’est donc jamais revenue.

 

Les chats, ça ne s’apprivoise pas. Ça ne s’adopte pas. Ça ne se dresse surtout pas. C’est un peu comme un coloc’ : des fois ça colle tout de suite, des fois pas du tout. Avec lui, ça a été compliqué. D’abord parce qu’il s’était déjà choisi une maitresse, une maison et une vie et ce n’était pas chez nous. Il nous l’a bien fait payer : attentats urinaires, re-décorations murales, rideaux ajourés et meubles labourés. On a fini par s’habituer à notre nouvelle déco de squatteurs et au service serpillère à la demande. On a bien essayé le coup du retour à l’envoyeur. On avait programmé un aller simple par avion au-dessus de l’Atlantique et paf, nos petites affaires se prennent les pieds dans la grande Histoire, c’est le 11 septembre 2001 et les restrictions de vol, de nouvelles règles sanitaires et impossible de renvoyer le mauvais coucheur avec son mal des transports sans le condamner à mort à l’arrivée.

Alors il reste. Il voit mourir notre premier chat et arriver un nouveau rescapé, toujours un peu tombé du ciel, puis un bébé et un déménagement qui sera la révélation pour cet animal né dans une grande ville : la campagne, immense, rien que pour lui, son terrain de jeu et d’exploration.

 

Les chats, ça ne s’apprivoise pas, ce sont eux qui finissent par nous adopter. Peut-être qu’un jour, il a estimé qu’il nous avait suffisamment bien dressés. La gosse a grandi avec lui, on s’est tricoté des tas de petites habitudes, de codes, de gestes, de rituels. Et toutes ces choses inracontables : les jeux, les calins, les siestes d’hiver, les séances cinéma maison avec les genoux retournés, la taxe féline sur les découpes de poulet, les modulations de miaulement, les embuscades derrière les portes, les inspections de cartons, paniers, sacs, même les trucs ridiculement trop petits, la course au soleil, le partage des prises de guerre ou même cette manière unique de montrer son agacement d’une petite tape sans sortir les griffes.

Autant de petits vides et de grandes absences à présent.

Comme me le disait ce matin mon père au téléphone quand j’ai eu fini de lui raconter l’ultime visite chez le véto :

C’est marrant, ça faisait longtemps que nous n’avions pas eu une conversation sans parler de politique!

Flake

39 réponses
  1. Un partageux
    Un partageux dit :

    Partageux junior vient tout juste de me demander si sa, notre, chatte vivra encore quand il aura vingt ans… Une boule noire et blanche qui voue une haine féroce aux portes fermées, qui vient s’installer ronronnante sur nos genoux quand on occupe le fauteuil rouge puisque les autres ne sont pas confortables à ses yeux, qui dort sur le lit du junior ou sur le nôtre, qui vient s’installer ronronnante sur mon ventre quand elle sent que je ne dors pas, qui nous apporte des trophées de chasse et tient à les plumer dans la maison après avoir eu son câlin de félicitations. Et qui passe beaucoup de temps couchée entre le clavier et l’écran. Sûr qu’elle nous manquera quand elle partira elle aussi.

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  2. Sitting Bull
    Sitting Bull dit :

    Mémère compatit, elle qui a élu domicile chez nous il y a … je ne sais plus. Elle a débarqué un beau jour, déjà adulte, sans papiers et squatte depuis ce temps le fauteuil, le lit et le reste comme chez partageux. On l’a à la bonne et elle nous a à la bonne. Alors ça colle. Encore longtemps j’espère…

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    • Sitting Bull
      Sitting Bull dit :

      Ce n’est pas très élégant de copier mon pseudo et mon avatar que j’utilise chez Marianne depuis longtemps .
      Mais bon , tant que ça va dans le bon sens , je pardonne .

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  3. Phlune
    Phlune dit :

    En suivant les liens que tu donnes, je me suis demandé comment définir de façon différentielle simple les « intelligences » respectives du chien et du chat.
    Voici les résultats de mon laboratoire:

    Quand un chien pique un bout de viande sur la table et qu’on l’engueule comme une merde, il intègre que le vol c’est mal, et sauf faiblesse personnelle, ou provoc avérée. il s’ecrase, et évitera la récidive.
    On ne peut pas. Point

    Dans des circonstances analogues, ce que comprend le chat, c’est qu’il faut éviter de chouraver la barbaque tant qu’ il y a un bipède dans le secteur.
    On peut, en faisant gaffe.

    C’est la différence entre l’intelligence servile et l’intelligence anarchiste, au fond, elles sont incomparables, inutile d’emmerder nos bestioles avec la science, un peu d' »intelligence avec » elles suffit 🙂

    Phlune, groome à plein temps de spécimens

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Le chat est un prédateur : quand tu laisses un bout de barbaque tout seul, tu signifies qu’en tant que dominant du territoire, tu n’en revendiques plus la propriété. Le chat se sert, normal. Et puis le chat, il s’en fout de la domination, tout ce qu’il veut, c’est qu’on ne lui casse pas les couilles et qu’on le laisse vivre sa vie. Après, il déteste quand on lui rend la pareille : il veut que nos genoux soient disponibles quand les températures chutent. 😉
      En dehors de ça, ils ont une très grosse palette de caractères, c’est donc vraiment une question de compatibilités individuelles, exactement comme les amitiés humaines.

      Et j’aime bien les amitiés pas évidentes.

      On savait qu’il était croisé européen avec autre chose. Entre la taille, le caractère, on pense maintenant que c’était probablement un ragdoll. Le côté européen le dynamisait un peu, mais il avait effectivement un caractère très calme… et hélas, une faible sensibilité à la douleur. Sinon, on aurait peut-être réagi plus tôt.

      Mais la véto me disait que ça n’aurait rien changé : quand les symptomes deviennent visibles, les reins sont déjà foutus. Et c’est typiquement la maladie des vieux chats. On avait cherché les marqueurs en août (créatine dans le sang) et on n’avait rien trouvé…

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        • ti suisse
          ti suisse dit :

          j’aurais dit Boris Vian.. bon, Cocteau alors,
          /le chat ne fini pas sa gamelle, ..on m’a dit, je crois que le chien, descendant du loup ne fait pas de ‘réserve’ et mangera et encore.. pas pour lui le distributeur automatique de croquette, alors que le chat, tu remarques qu’il ‘en garde’.
          Des 3 à la case, le dernier vol (morceau de camembert sur la table) était il y a très longtemps, quand ils étaient tout gamin; jamais été grondé (jamais ! je n’en reviens pas moi même..) ou alors, peut-être en bbq dans le jardin, viennent surtout pour les crevettes ou la gambas grillée (?) mais pas ‘chipeur’: se pointent sur la table, paisibles, sans crainte ni doute, ils sont chez eux n’est-ce pas.. (je laisse faire.. sauf si invités, et ça dépend qui)

          surtout, (oui je disais, on -ma femme, redoute ce jour..) je suis revenu te dire, je.. je ne réalise pas, je n’imagine pas ta journée merdique, d’affliction aussi du week-end+.. tristesse et crève-cœur..
          very miaoow Agnès

          Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      Toutes nos pensées d’ici pour ta famille Monolecte.

      A propos du chien et du chat, c’est comparer une tortue avec un pinson.

      Nous avons recueilli un chien depuis un refuge où j’étais promeneur volontaire (le refuge a fermé depuis, j’avais fait des photos et des films des toutous pour les placer, je ne peux pas les regarder aujourd’hui par la douleur qui m’étreint toujours de leur destin).
      Il démontre une empathie énorme pour les enfants, un caractère joyeux et une écoute attentive de tout ce que nous lui demandons.
      Au début, il a cherché ses marques, c’est à dire son niveau de dominance et s’y tient depuis par souci d’équilibre de la harde.
      Il n’est pas dressé mais éduqué pour vivre parmis les humains sans agressivité pour quiconque. Ainsi, tous les enfants du voisinage passent le prendre en promenade sans soucis pour personne.

      Tout en respectant sa nature canine, nous le voyons vivre parmis nous comme un être indépendant, responsable, avec ses affectes propres que nous respectons et n’humanisons d’aucune façon. Nous l’utilisons pour les personnes de notre voisinage (enfants adultes) craintives des chiens et qui, grâce à lui, sa bonne humeur communicative, son écoute aussi se libèrent de cette appréhension.

      Chez nous, chien et chats co-habitent chacun à sa façon et s’il y a des chiens policier, c’est seulement parce qu’il y a des humains policiers et non parce qu’ils naissent ainsi. C’est d’ailleurs vrai pour les humains aussi…

      Répondre
  4. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    On a estimé qu’il devait avoir dans les 17 ans et il a vécu 15 ans avec nous. Depuis 8 ans que nous vivions au milieu de nulle part, son besoin de liberté étant satisfait, il était devenu un chien-chat, toujours sur mes talons, goinfre, joueur et calin. Là, je le voyais vieillir ces derniers mois, maigrir, mais il gardait son entrain. Un tour chez le véto en août, une prise de sang, on n’avait rien trouvé d’anormal. Mais il a continué à maigrir et il y a 15 jours, il a commencé à refuser la nourriture. Finalement, vendredi dernier, j’ai senti son haleine, saturée d’urée, très très caractéristique et je me suis demandée comment j’avais pu passer à côté de ça : insuffisance rénale aigue. On a tenté de le remonter ce WE, au cas où les reins n’étaient pas foutus (Fortekor©, pour ceux qui connaissent), mais il était déjà assez faible et il avait commencé à bouffer sa litière (déficit aigue en calcium, conséquence de l’insuffisance rénale). Samedi, il demande à sortir : on se dit qu’il va mieux… avant de comprendre qu’il cherche un coin tranquille pour crever. On l’a cherché toute la journée, avec des températures sibériennes. Finalement, à la nuit tombée, il nous a appelé, il ne pouvait plus arquer.

    On a pensé qu’il allait s’éteindre tranquillement à la maison, mais non, coriace comme il était, il avait gardé ses neuf vies pour la fin.
    Lundi au réveil, il était toujours vivant, mais pratiquement comateux et manifestement, il souffrait beaucoup. Comme cela est possible pour les animaux, nous avons décidé d’abréger ses souffrances plutôt que de le laisser se consommer de l’intérieur et s’empoisonner avec ses propres toxines, le genre de mort qu’on estime digne en France pour les humains.

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  5. ti suisse
    ti suisse dit :

    Miaoow !
    la p’tite mère, orpheline à 6 semaines (!) a maintenant 8 ans, ..oui je ‘compte’ ni ignore qql échéance, aussi sa progéniture, 2 adorables canailles poilus /un, le matou, ‘mon amoureux’, pls fois par jour, se met entre le clavier et mon nez = des câlins ! (Baboon, qui me pourrit le bureau de ses pattes souillées suivant la météo, a les même ‘lunettes’ que ton matou ! bâtard norvégien)
    oui, des liens ! plus qu’un attachement.. ils sont ! la case, la famille, les camarades, les complices..
    Miaoow !

    Répondre
  6. Xan Ansalas
    Xan Ansalas dit :

    J’ai tenté de relire ton texte à l’envers, en miroir, un mot sur deux, j’ai bien évidemment recherché aussi la métaphore féline… ou la parabole de circonstance… ben non, tu nous parles bien de ton chat ! Ce qui ne m’explique absolument pas le titre… et peut-être le « mot absent » 🙂

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Parce que le monde croule sous les trucs vachement graves et importants et dans mon trou du cul du monde, le truc vachement important pour ma gueule, c’est que j’ai dû faire piquer mon chat. C’est juste dérisoire, mais ça m’a bouffée.

      Répondre
      • Sombre Hermano
        Sombre Hermano dit :

        Chacun-e d’entre nous a une vie en dehors du Net et des actus délétères. Ne la négligeons pas. Sachons la prendre comme elle vient avec ses joies, ses tristesses. Rien n’est dérisoire et il faut s’accorder le temps de profiter de notre intimité, de rire et de pleurer ainsi que de chérir nos proches, humains et animaux. De temps en temps fermer les portes au grand tourbillon qui nous mastique, nous emporte et nous recrache, ça fait du bien.

        Bon courage et toi et à tes proches.

        Répondre
      • Pierre M. Boriliens
        Pierre M. Boriliens dit :

        Bonjour,

        Un peu comme Kafka, qui note sur son journal lorsqu’il apprend la déclaration de la guerre en 1914 :
        Cet après-midi, piscine…

        Répondre
        • Noblejoué
          Noblejoué dit :

          @ Pierre M. Boriliens

          Votre remarque est interressante mais le deuil d’un chat est un vrai deuil. La perte d’un être cher et la mort sont des réalités si déprimantes ! D’autre part, d’après une interprétation, la piscine, c’est pour se calmer, se détacher du monde donc avoir l’attitude la plus pertinente possible face à lui.

          Ceci dit, il y a une histoire où on se sert d’un chat pour ne pas aborder les problèmes de l’heure. Dans le pavillon d’or, superbe livre de Mishima sur la beauté, le supérieur du pavillon raconte Nensen et le chat plutôt que de parler de la défaite nippone. Nansen, met à l’épreuve ses disciples, dites ce qu’il faut et je ne tue pas le chat dont la présence a provoqué une dispute pour s’occuper de lui dans le temple. Les disciples sèchent, le maître tue la pauvre bête… Le meilleur disciple revient, met ses sandales sur sa tête et Nansen dit que s’il avait été là, le chat aurait été sauvé. Selon le supérieur du temple l’interprétation, humilité et charité sauvent. Selon le camarade de l’antihéros du roman, le problème du chat est celui de la beauté mais mort, le chat était toujours beau, et le coup des sandales une moquerie pour la réaction de Nansen, morte la bête, sa beauté, amenant la dispute des moines, ne l’était pas.

          Superbe livre sur le problème de la beauté.

          Répondre
  7. saxo
    saxo dit :

    17 ans, c’est une longue vie pour un chat.

    Chez nous (en région parisienne) l’espérance de vie de nos amis félins est largement réduite par la circulation automobile…
    On a une chatte de 14 ans qui s’est incrustée chez nous (elle avait 7 ans, on l’a su parce qu’on a retrouvé sa maîtresse qui a déménagé en nous la laissant. De toute façon, ce sont les chats qui choisissent, et pas l’inverse, surtout quand tu disposes d’une chatière). Elle nous a fait deux portées (5, puis 7 chatons) avant qu’on la stérilise.
    On avait gardé un chaton pour nous qui a disparu a dix mois. On en a adopté un autre ensuite qui a lui aussi disparu à 10 mois. et finalement, pas découragés, on en a adopté un troisième qui a aujourd’hui 4 ans (et qui nous avait fait une fugue de quelques jours à 10 mois lui aussi, le coquin) et qui a survécu!
    C’est dur de les voir mourir, c’est presque pire lorsqu’ils disparaissent… surtout les chats pot de colle… pendant plusieurs semaines tu mets des affiches aux boulangeries, tu fais le tour du patelin en appelant sans être sur de rien. Bref, pas facile de faire le deuil d’une bête dont tu ne sais pas ce qu’elle est devenue…
    Mais les voitures c’est la plus grande probabilité… Quoique les chiens, parfois ça peut être terrible aussi (mes parents se sont fait bouffer leur chat par les chiens des voisins, assez traumatisant dans son genre aussi…)
    Bref, toutes mes condoléances pour cette disparition Agnès, je te souhaite de replonger rapidement en en adoptant un autre, qui te fera plus facilement passer le deuil!

    Répondre
    • Cinq Rocs
      Cinq Rocs dit :

      « […]  je te souhaite de replonger rapidement en en adoptant un autre, qui te fera plus facilement passer le deuil! […] » C’est exactement la recette pour nier le deuil et non pas le faire plus facilement. Ce qui serait aussi nier l’être disparu et se mentir.

      Répondre
      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Je pense qu’il n’y a pas qu’une seule manière de ressentir et vivre la disparition des êtres proches. Du coup, chacun se démerde comme il peut en fonction de ce qu’il est. Donc, adopter ou pas, juste après, plus tard…
        C’est un peu comme les gens qui ne pleurent pas à l’enterrement des proches. On les soupçonne d’être insensibles, coupables, pas normaux.
        C’est oublier qu’il existe toute une palette de sentiments et de réactions et qu’il y a aussi bien des hypocrites chez les pleureuses…

        Répondre
  8. Simon Chalumot
    Simon Chalumot dit :

    Je serais plus nuancé sur la question du choix que feraient les chats de leurs maîtres. Quelque soit leur caractère et personnalité dans toutes les nuances qui peuvent exister dans la gent féline, il me semble que si tu leur portes attention et intérêt, si tu joues avec eux, que tu prends soin de leur desiderata, si tu les nourris et entretients ils partageront toujours une complicité avec toi, une compréhension vibratoire à travers les ondes de nos habitudes et de nos propres caractères. Un chat est très tolérant et compréhensif, à condition qu’on le soit aussi avec lui et qu’on comprenne ses désirs. Personnellement je trouve que c’est un compagnon hyper enrichissant, duquel on devrait s’inspirer nous bipèdes inconscients, énervés, stressés, inconséquents, connectés… Le chat est l’avenir de l’humanité, la seule fenêtre d’espoir, la souplesse physique et mentale qui nous manque pour comprendre les secrets du monde.

    Mes sincères condoléances en tout cas

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Il y a vraiment des questions d’affinités qui sont relatives à la personnalité de chacun, humain ou chat. Même si tu es bienveillant (ce qui est le minimum syndical avec un chat), le courant passera plus ou moins. Nous avions deux chats et chacun d’eux avait choisi l’humain qui lui convenait le mieux et les préférences sont très marquées.
      D’ailleurs, on se faisait la réflexion hier soir que le chat survivant (celui de monsieur Monolecte) a concrètement un comportement différent avec chaque membre de la famille.

      Répondre
  9. Poncet
    Poncet dit :

    Bonjour,

    les chats choisissent leur maison, leurs « maîtres » et aussi parfois, je crois, leur mort. La mienne en tout cas avait préféré mourir chez elle plutôt que chez le vétérinaire : elle l’a fait dès que j’ai apporté sa boîte de voyage, après une nuit de souffrance.

    Autre chose : vous devriez envoyer un exemplaire de votre livre « Comprendre l’antisémitisme » à Mme Le Pen, qui s’offusquait récemment encore que Christiane Taubira « cherche à comprendre les jeunes qui partent en Syrie. » Ce qui n’était pas tout à fait les propos de la Garde des Sceaux, mais peu importe. C’est bien de chercher à comprendre qui semble froisser ces gens-là.

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  10. Samson
    Samson dit :

    Agé de 15 ou 16 ans, âge déjà très respectable pour la gent féline, j’avais – peu après le burn-out qui a bouleversé ma propre existence et pour lui épargner la piqûre à la SPA – recueilli le chat d’une voisine à son départ en maison de retraite. Comme Marie trouvait son précédent prénom particulièrement ridicule, nous l’avions rebaptisé « Le chat », sans autre conséquence puisqu’il était déjà sourd comme un pot.
    Comme tout chat qui se respecte, c’était un personnage!
    Trop vieux pour encore chasser, il n’était ni jouette, ni craintif. Sam – notre chien – le tolérait donc jusque dans sa gamelle, tout en affectant très ostensiblement de l’ignorer.
    Et comme pas deux chats n’ont le même comportement, il nous avait fallu encore une fois nous adapter, le plus pénible étant ses véritables « hurlements » à chaque changement de pièce dans la maison, et à toute heure du jour ou de la nuit. Maigre consolation, sinon pour l’intelligence, j’ai fini par comprendre que, sourd et au trois-quart aveugle, il ne percevait plus que par le mouvement notre présence dans une pièce et – à l’instar des dauphins qui repèrent les bancs par sonar – suscitait donc ceux-ci par ses miaulements.
    Quand il ne dormait pas, il recherchait notre compagnie et – quoique perclu d’arthrose – passait son temps à nous suivre.
    Après notre séparation, Marie a gardé Sam et seul « Le chat » a pour un temps accompagné ma solitude, à laquelle il s’est bien plus vite adapté que moi.
    On commençait à supposer que la mort l’avait oublié mais il a fini à ~ 23 ans par nous quitter des suites d’une mauvaise chute au printemps dernier. Son corps repose maintenant sous une aubépine.
    C’était un des chats les plus « gentils » que j’ai connu et son départ – comme les précédents – laisse un vide.

    Question subsidaire : combien de vies ont les chats?

    Répondre
    • Samson
      Samson dit :

      PS : Comme je l’ai signalé sourd et aux trois quart aveugle, « Le chat » avait pour autre particularité d’avoir développé en compensation (du moins je suppose!) un flair absolument extraordinaire : depuis l’étage où il dormait, il repérait l’ouverture d’une boîte de filet de maquereau dans la cuisine depuis l’étage et – malgré son arthrose – descendait l’escalier pour être là avant le chien! 😀

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  11. Martin Scriblerus
    Martin Scriblerus dit :

    Il y a deux mois de cela, tandis qu’une dispute sur le web autour des questions de la critique l’élevage et de la domestication me valait par une de leurs promoteures une stupide mais opportune ènième suspicion de « thanatophobie » – « peur de la mort » dont vegans et antispécistes se voient communément accusés au prétexte de l’origine supposée urbaine et industrielle, donc coupée de « la Nature », de leurs jugements éthiques -, j’ai dû en l’espace de huit jour apprendre son agonie (je n’étais pas présent) puis enterrer à mon retour « notre » chat, Kara, une norvégienne traumatisée recueillie par ma compagne dans un refuge il y a 4 ans, après abandon par ses précédents humains, qui nous avait enfin adoptés, a force de patience et de soins, et gratifiés de ses tout premiers ronronnements de chat adulte il y a quelques mois de cela… et faire le deuil du chêne multiséculaire sous lequel j’avais construit moult cabanes, joué et rêvé toute mon enfance et mon adolescence, et dont on pensait, vu son apparente santé, qu’il « nous enterrerait tous ». Las! Ses racines malades ont cédé, et ce vénérable et majestueux quercus a fait une de ces mauvaises chutes dont aucun arbre ne se relève, ses racines cassées nettes à moins d’un mètre de profondeur. Il gît aujourd’hui débité et ébranché.

    Ma thanatophobie personnelle est donc d’une forme bien plus aigüe que celle banale dont on m’accuse régulièrement: non seulement il s’agit d’une forme rurale, mais elle va jusqu’à m’imposer aussi à joindre au deuil d’une chatte, celui d’un arbre.

    Mes condoléances pour votre chat. La perte de la première de nos complices, après plus de huit ans d’aventures et de précarité partagées nous avait valu de passer des semaines à cuver notre chagrin – et reste une blessure des années après.

    Mais depuis un mois, nous faisons connaissance avec une nouvelle chatte.

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  12. LAM
    LAM dit :

    Notre vieux Portos est mort cet été à l’âge de 17 ans et nous l’avons accompagné au mieux dans ses deux derniers mois.

    Aujourd’hui, Il continue à me manquer car il était devenu un vrai compagnon de vie.

    Dès septembre j’ai choisi d’adopter deux chatons abandonnés dans une association.. Impossible de remplacer Portos, qui avait tellement de présence, par un seul minou.

    Cela a été un vrai plaisir l’arrivée de ses deux chatons pleins de vie, avec cette idée d’une aventure qui continue : continuer à donner à nos amis les bêtes le bonheur qu’ils peuvent aussi nous apporter et remercier notre vieux Portos de tout ce qu’il nous a apporté !en sauvant deux petits de l’abandon..
    je vous souhaite donc de repartir dans une nouvelle aventure..

    Répondre
  13. Bertille
    Bertille dit :

    Pour ceux qui aiment les animaux, c’est dur de perdre son animal. Bon courage à vous.

    J’ai eu un chat jeune ado pendant 12 ans environ, et pendant les fêtes de noël, elle est tombée malade, ne mangeait plus rien. Elle était tellement maigre, c’était horrible à voir (un foutu cancer… ) Début janvier, en plein pendant mes partiels, elle nous a quittés (en 1 mois, ce fut rapide). Le gros choc. Je crois que je ne m’en remettrai jamais vraiment (vu que j’en ai encore les larmes aux yeux 12 ans plus tard).
    Il y a 6 ans, j’ai eu un autre chat que j’adore. Je suis toujours sur son dos, je pense que je redoute un peu le jour où il nous quittera …

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  1. […] Source de cette petite histoire: LE MONOLECTE […]

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