Une certaine vision du monde

Bioman AlimentationCela fait tellement longtemps que l’on reproche aux gauchistes de tous poils de ne savoir que critiquer et ne jamais rien proposer à la place, que j’ai fini par me dire qu’il y avait peut-être un fond de vérité à cette assertion. Et qu’à force de nous barricader derrière nos certitudes énervées et nos doutes consternés, nous sommes peut-être passés à côté des solutions que nous espérons tous. Parce qu’après tout, de droite ou de gauche, une bonne idée reste une bonne idée — non ? — et qu’il serait dommage de rater toutes celles que nos ennemis idéologiques ont peut-être déjà pondu et qu’ils ne peuvent mettre en œuvre, par le fait de nos blocages passéistes et corporatistes.
En gros, je me suis dit qu’il était temps de sortir du carcan de la pensée unique et d’aller voir de l’autre côté du miroir si j’y suis.

À l’heure où les grands fauves vont boire

Petit coup d’œil en arrivant à la salle bien remplie d’une grosse centaine de personnes. Profil sociologique standard : essentiellement des hommes, pratiquement que des vieux, uniquement des blancs et visiblement plutôt des bourgeois. Sur l’estrade des intervenants, la brochette habituelle des orateurs en costard blanchis par une trop longue exposition au pouvoir. J’ai l’impression d’être une mouche à merde dans l’assiette de caviar. Mais voilà, on est ici pour parler du développement territorial d’une zone enclavée et forcément, ça m’intéresse. Enfin, parler… on est surtout là pour écouter.

Je repère un seul autre ordinateur portable dans la salle, en dehors de celui qui sert à projeter des PowerPoint sur l’écran et qui tombera en carafe après le deuxième intervenant, celui qui est venu parler d’agriculture. Cela m’intéresse, les développements agricoles, parce qu’avec tout ce qui s’est passé ces dernières années sur ce chapitre, c’est sûr, les lignes sont en train de bouger. Et puis, dans cette salle se concentre à peu près tout ce qui a du pouvoir, de l’influence et de l’argent à 100 kilomètres à la ronde. Les forces vives de la nation. Celles qui prétendent mieux savoir que tous les autres ce qui est bon.
Pour qui, c’est une autre question.

Je nourris de grands espoirs sur l’intervention de cet ami de la terre quand il commence par annoncer qu’il a lu Fabrice Nicolino avant d’entrer dans l’arène. Espoir bien vite avorté, car le ton est immédiatement donné, en agitant quelques feuilles censées contenir le dernier article de notre ami journaliste et qui sont commentées en ces termes :

Ceci est un résumé de toutes les âneries qu’on peut entendre sur l’agriculture. C’est fabuleux de connerie !

Monsieur Je n’aime vraiment pas Nicolino n’est pas n’importe qui. Il préside l’une de ces coopératives agricoles qui règnent aujourd’hui sur de petits empires financiers. Au départ créées autour de regroupements d’agriculteurs qui voulaient mutualiser leurs moyens et surtout peser dans les négociations avec la distribution et les marchés, les coopératives agricoles ont suivi la trajectoire habituelle des entités capitalistes : grossir, se diversifier, se bouffer entre elles et devenir quelque chose de tout à fait différent de ce qui était prévu au départ. La petite machine de guerre que représente l’orateur pèse actuellement plus de 5000 emplois et 1,5 mrd € de CA. Une paille que le monsieur résume rapidement : l’agroalimentaire est le premier employeur du sud-ouest et aussi le « parent pauvre » des politiques publiques. Mais c’est surtout que les agriculteurs sont victimes des blocages idéologiques de la société.

Il cite en exemple la résistance des consommateurs aux OGM, ces grands bienfaiteurs de l’humanité — partout, sauf en France — et nous en livre une variable explicative pour le moins inattendue :

Pourquoi les OGM ne marchent pas en France ? Parce que ce sont les femmes qui font les courses. Et que les femmes sont des mères. Et qu’elles refusent de donner des OGM à leurs enfants ! Le monde entier fait de l’OGM, sauf nous !

Parce qu’il y a comme un flottement dans l’hémicycle, il se dépêche d’ajouter : « Bien sûr, je caricature un peu ! »
Il doit caricaturer encore un peu quand, en sortant à la fin de la conférence, je l’entends commenter de la sorte une discussion autour de l’impossibilité du modèle agricole paysan — modèle qu’il a pourtant fait semblant de défendre à la tribune, comme « complément naturel » de l’agriculture industrielle qu’il appelle de tous ses vœux :

Faut leur dire aux jeunes agriculteurs que l’exploitation familiale, ça ne peut pas marcher : à tous les coups, le paysan finit cocu ou divorcé et même plus surement cocu et divorcé !

Là aussi, on voit bien qui est la fossoyeuse de l’agriculture française sévèrement burnée.

Principe de précaution et modèle industriel

Autre cible de prédilection de monsieur Coopérative : le principe de précaution qui est « un couperet » et qui « empêche de faire quoi que ce soit ».

Un autre orateur brodera plus tard sur ce thème :

Le principe de précaution est une erreur sémantique des textes.
Par construction, tu dois agir, sachant que tu ne sais pas.
Si on ne sait pas et qu’on s’arrête, c’est un principe d’inaction, un principe mortifère, et ça nous tue.
Si on ne fait pas, on fait du chômage.

Ensuite, tout le monde y passe. Il trouve « baroques » les jachères où l’on est « payé pour ne pas travailler et faire pousser des pelouses ! »

Le Grenelle de l’environnement, qui ne se distingue ni à droite ni à gauche, est caractéristique de gens qui n’y entendent rien à l’agriculture :

Ils disent qu’il faut baisser de 50 % les phytosanitaires d’ici 2025. Les phytosanitaires, c’est pour soigner les plantes : une plante qu’on ne soigne pas ne pousse pas, pas plus qu’elle ne peut pousser sans engrais. Je vais à Paris pour discuter. Concrètement, on est menacé de nous faire sauter 10 ans de résultats, soit 1000 emplois. C’est dramatique. Le sens global de mieux produire, bien sûr qu’il faut le faire, mais décréter qu’une plante, on va lui couper 50 % de ses soins ou de son alimentation, c’est un truc de forcenés.

Je suis terrifiée : comment ont bien pu faire les plantes pour ne pas succomber d’inanition pendant les 475 millions d’années où elles ont dû attendre l’apparition des agriculteurs sur Terre ?

Sivens y passe aussi :

On ne peut plus irriguer, ça bousille des exploitations et pas des grosses. Derrière tout ça, le monde politique n’a pas pigé l’enjeu économique et de l’emploi.

Mais monsieur Agroalimentaire moderne voit plus loin que les crispations françaises et se positionne dans le grand marché concurrentiel international.

Pourquoi cette crise ? Parce qu’il faut redonner de la compétitivité si on veut progresser, donc donner l’accès à l’innovation, y compris dans le cadre social et fiscal. Pour le cadre social, il faut voir comment ont fait les Allemands sur le lait ou le porc, avec de très grosses exploitations : les 1000 vaches sont loin derrière. Les Allemands l’ont fait. Ils ont mis en place la méthanisation au maïs, la céréale la plus méthanogène. Mais non, en France, on n’a pas d’aide si on met du maïs dedans. Dans notre beau pays, c’est comme ça que ça se passe !
Sur la taille des exploitations, c’est un faux sujet, il y a de la place pour les grosses qui font de la matière première de base, mais aussi pour les petites exploitations locales en circuits courts, voire la coexistence des deux modes de production sur la même exploitation.

Pour Monsieur Plus, on l’a bien compris, le salut est dans l’industrialisation à haut niveau de l’agriculture française et c’est seulement les grosses unités qui sont rentables. Il faut faire gros et il faut aussi moins d’entraves, de règlementations, de taxes, etc.

Il y a très peu de filières qui vont gagner de l’argent cette année dans les grandes cultures et les grands élevages. Les agriculteurs sont prêts à tout, ils veulent tout péter — y compris les coopératives.

Donc finalement, si l’on suit bien son raisonnement, seules les exploitations industrielles de très grande taille sont rentables. Admettons. Or, il se trouve que ce sont aussi celles qui récupèrent 80 % des subventions de la PAC, puisque celles-ci sont essentiellement proportionnées aux volumes. Déjà, fâcheux, comme démonstration, puisque, par définition, une entreprise rentable n’a pas besoin d’être soutenue. Mais le meilleur dans l’histoire c’est quand même qu’il explique sans rougir que les grosses unités — prétendument les seules rentables et pourtant essentiellement les plus soutenues — vont toutes être dans le rouge cette année et que c’est, en gros, la faute aux charges !
Personnellement, j’y vois plutôt la faillite de son modèle agricole, avec des couts de production monstrueux — la plupart des gens ignorent que l’agriculture intensive surconsomme des machines agricoles dont la grande majorité coute plus cher qu’une maison. Franchement ! — des méthodes qui pourrissent la terre, l’environnement, la santé des agriculteurs et des consommateurs et qui produisent de la merde à la fin, ce que confirme le consultant, approuvé par les petits rires entendus de l’assistance :

Si vous voulez quelque chose qui a du gout, il y en a, vous trouverez toujours ; si vous voulez juste de la viande, c’est autre chose.

Pour lui, il faut rattacher l’origine de l’agriculture industrielle à la nécessité de nourrir la classe ouvrière en croissance exponentielle depuis le XIXe siècle alors même qu’elle ravit des bras à la paysannerie :

Pour que l’industrie marche, il faut que la nourriture des travailleurs soit très peu chère, donc nous devons financer l’agriculteur.

Autrement dit, on produit de la merde à grande échelle pour nourrir la masse des travailleurs. Mais pour les autres — sous-entendu : eux, ceux qui savent apprécier et ont surtout les moyens de payer — , on continuera à faire de bonnes choses.

Principe d’exploitation maximum

Quant à l’agriculture bio, c’est une agriculture de niche, c’est idiot !

Effectivement, vu comme cela, le changement agricole, ce n’est pas pour maintenant. Surtout quand il rajoute, en réponse à une question sur le bilan carbone :

Ce n’est pas intuitif, mais il faut savoir que l’augmentation des rendements en agriculture augmente l’absorption du CO2 : un hectare de maïs nettoie plus l’air qu’un hectare de forêt !

Sauf que la forêt, elle n’a pas besoin de tracteurs, de pétrole, de chimie et d’irrigation pour pousser, ce qui a un peu tendance à plomber le bilan carbone de l’hectare de maïs !

Au départ, on devait parler de la manière de développer le territoire, d’y maintenir et d’y faire vivre la population, avec l’habituelle rengaine de la déréglementation à tout va pour sauver le sacrosaint emploi. À l’arrivée, c’est une autre vision de travail qui se dessine quand on met le modèle Über sur le tapis :

C’est un changement de société en terme d’emploi : beaucoup d’emplois sont automatisables (algorithme, machine, robot). Il faut s’adapter, juste un peu freiner pour se donner le temps d’adaptation. On va supprimer beaucoup d’emplois. Dans l’agriculture, on dégraisse depuis un moment. D’où la question de la formation des gens. Comment adapter les gens ? L’imprimante 3D va remplacer plein d’usines et plein de gens dedans. Ce pays est figé sur son projet éducatif depuis des décennies. Il nous faut donc mobiliser et influencer les politiques autour de cette problématique pour laquelle nous n’avons pas de projets, mais nous allons prendre le mur quand même. Dans 10 ou 15 ans, là où il y a 1000 personnes, il en restera bien peu. Exemple : la distribution où la substitution va jouer à fond, alors que c’est un très gros employeur, l’un des plus importants en France.
L’emploi aux USA, ce sont des jobs hors système, les gens gagnent bien leur vie, mais ne paient plus d’impôts.

Une autre vision du monde, je vous dis, servie par un dernier intervenant interrogé sur son expérience de patron en Chine (parce que patron en Chine, c’est quand même le top de la modernité et du progrès social en marche !).

J’ai gardé un très bon souvenir de mon séjour en Chine : les Chinois bossent jour et nuit et sans demander de l’argent en plus, c’est la clé de la réussite, alors qu’en France, on ne peut pas bosser, ici, le marché du travail est totalement bloqué. En Chine je recrute, puis je vire sans problème, les gens sont partis avec un chèque et un sourire. Ils n’y avaient pas de peur de perdre leur emploi. En France, on vit sur la peur, il est très difficile de mettre les gens dehors : ne pas pouvoir les mettre dehors et ne pas pouvoir les faire travailler non plus, c’est difficile…

Ben voilà, il suffisait de le dire : le modèle, c’est la Chine!

Je laisse la conclusion à l’organisateur de cette rencontre :

L’humanisme est au cœur des préoccupations de nos intervenants !

97 réponses
  1. Un partageux
    Un partageux dit :

    Dans les années 70 un ponte de la FNSEA disait que l’agriculture « de demain » compterait seulement 40 000 agriculteurs.
    — Mais qui fera le travail ? demanda mon père.
    — Les machines ! Et les produits chimiques !

    Il n’avait oublié que les esclaves…

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      • Un partageux
        Un partageux dit :

        Et pourtant on ne compte plus le nombre de vieux (et pas si vieux) agriculteurs qui ont fini avec la maladie d’Alzeimer, la maladie de Creutzfeldt-Jakob, la maladie de Parkinson, un cancer ou une kyrielle d’autres maladies sympathiques…

        Et pourtant on ne compte plus le nombre d’agriculteurs ruinés qui se donnent la mort.

        Et si le bilan écologique est lourd, si le bilan humain est lourd, le bilan économique est minable ! Belle réussite !

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  2. Chegallo
    Chegallo dit :

    Bonjour, il est dit : « .. les exploitations industrielles s’accaparent 80 % des aides … ». Effectivement quand l’occasion m’est donnée je profite pour partager cet article (certes qui date de 2013) mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et surtout ne pas perdre les adhérents millionnaires au niveau de la FNSEA en leur réservant la plus grande part du gâteau : http://www.generationlibre.eu/notes/une-alternative-a-la-pac/

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    • Chegallo
      Chegallo dit :

      Bonjour, 2 extraits de cet article :

      Pour 2012, on sait seulement que 4.500 exploitants ont reçu chacun plus de cent mille euros, alors que les 304.000 autres n’ont eu que 22.300 euros en moyenne, ce qui ne laisse que 1.858 euros par mois. Peut-on imaginer politique plus inégalitaire ?

      Remplaçons le maquis bureaucratique de 300 subventions – trop souvent favorables à des intérêts particuliers – par une seule prime correspondant par exemple à deux SMIC net, car la plupart des exploitants travaillent en couple. Cela ferait 26.832 euros par an en 2013, soit 2.236 par mois versés à tout exploitant d’au moins 10 hectares, alors qu’en 2012 le revenu moyen de 304.000 exploitants était inférieur à 1.900 euros par mois. Cela serait particulièrement favorable aux éleveurs laitiers qui ne gagnent en moyenne que 2.200 euros par mois, aux viticulteurs : 1.900 et aux producteurs de viande bovine : seulement 1.283. Au total, pour 250 000 professionnels, cela ne coûterait que 6,7 Md€, au lieu des actuels 33 Md€ de subventions et des 83 Md€ de surprix.
      Read more at http://www.generationlibre.eu/notes/une-alternative-a-la-pac/#yHixzJ4AiOK0qwq5.99

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      • Un partageux
        Un partageux dit :

        « […] 2.236 par mois versés à tout exploitant d’au moins 10 hectares […]  »

        Je ne discute pas l’idée, justifiée, mais la limite de la surface. Je songe notamment à un couple de maraîchers qui vivent depuis 25 ans sur une surface d’à peine deux hectares… Ou à un gars qui cultive des champignons sous tunnel plastique. Ses champignons sur une surface dérisoire (à la louche 1000 mètres carrés) font un chiffre d’affaire supérieur, et de très loin, à sa centaine d’hectares de céréales… Par contre je connais une ferme abandonnée de plus de 80 hectares, terres très pauvres, acides et séchantes : impossible d’en tirer un revenu permettant de vivre.

        Il est important d’oublier de définir une norme. On pourrait dire : Est agriculteur qui justifie d’une production agricole et c’est tout.

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        • gus
          gus dit :

          Plus de 2000 euros par mois pour chaque paysan !!!

          Voila une mesure qui ferait fureur dans nos campagnes ! Et si en plus vous leur accordiez la semaine des 35 heures + 5 semaines de congés annuels + zero jour de carence maladie (actuellement ils en ont sept…) + une retraite calculée sur les 6 derniers mois d’activité (et non les 25 dernières meilleures années…) etc …etc …,bref si vous en faisiez des fonctionnaires en quelque sorte ,je suis sur qu’ils pourraient meme vous faire de la bouffe sans AUCUN pesticides , bios et non bios…( parce que la bouillie bordelaise hein,pesticide « dit bio » hein ,allez demander ça au petit poisson de nos ruisseaux , à l’industrieuse butineuse , au gentil lombric…et à notre terre nourricière qui souffrent de cette m… depuis des decenies.
          ll est sur que la bouffe proposée alors serait parfaite ,nickel -chrome mais aussi rare , fort rare certaines annees à forte pression météo et ravageurs.

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      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Pareil que Partageux : j’ai un cousin qui cultive un hectare de légumes bio très bons, très propres, en limitant au maximum son empreinte carbone et en réduisant sa consommation en eau. Il alimente le marché de la ville où il habite, il nourrit des tas de gens avec de bons produits, je ne vois pas en quoi il n’aurait pas le droit d’être soutenu dans sa démarche respectueuse parce qu’il m’a déjà dit que s’il fait plus gros, forcément, ce sera moins bien avec le changement d’échelle.
        Je crois, au contraire, qu’il faut soutenir les petites unités de proximités : en ratio emploi/utilité/hectare, ils sont absolument imbattables et survivent le plus souvent sans aucune perfusion de l’État, contrairement aux autre qui passent leur temps à réclamer tout en conchiant ceux qui les nourrissent!

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  3. GaucheOuDroite
    GaucheOuDroite dit :

    Excusez moi, je suis peut être bête, mais je n’ai pas compris à quoi vous faisiez référence dans l’article. À quelle manifestation êtes vous allé ?

    Bon je ne sais pas trop où vous êtes tombé mais votre description doit être censé nous donner la réponse j’imagine. Que des blancs (on remarquera que dire la couleur des gens ne pose pas de problème s’ils sont blancs, le même exemple avec que des noirs aurait été un propos raciste…), que des vieux, bon vous voulez dire que ce sont des gens de droite on a bien compris.
    Si vous voulez dénoncer le monopole des vieux blancs cons vous pouvez aussi parler du Sénat, de la commission européenne, de la Licra, bref il y a de quoi faire.

    En gros vous nous dîtes que vous êtes de gauche, et que comme vous êtes très ouverte vous allez voir une conférence de gens de droite. Vous nous racontez une expérience où des crétins parlent, on ne sait pas qui ils sont ni qui ils représentent. Super on est bien avancé.

    Et c’est le gros problème de la gauche d’aujourd’hui, qui pense que les « bons » sujets lui sont réservés. Donc le Bio c’est un truc de gauche, on ne peut pas être de droite et s’intéresser au bio. Non si t’es de droite t’es forcément un vieux blanc qui adore exploiter les gens et qui aime détruire la nature.

    J’espère que pour vous le PS est de droite alors car ils donnent leur feu vert pour le gaz de schiste
    http://www.20minutes.fr/strasbourg/1701255-20151003-gaz-schiste-permis-exploitation-alsace-lorraine-rendent-ecolos-verts-rage
    Quoi ENCORE une promesse non tenue ?

    Mais ce qui est marrant, c’est que si je m’en tient à votre description de la droite, des vieux blancs enclins à glorifier l’industrialisation, ça me ferait dire qu’un mec comme Soral est de gauche… Son public est jeune, diversifié et aime le bio… Heureusement que ce ne sont pas les seuls critères pour indiquer qu’une personne est de droite ou de gauche 😉

    Donc voilà je critique la forme de l’article mais je partage son fond. Les connards que vous dénoncez existent et il faut les combattre, mais n’en faîte pas un clivage gauche droite s’il vous plaît, c’est inutile.

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Au temps pour moi : dans ma « droite », il y a pas mal de monde du PS. Ce qui compte, ce n’est pas le parti politique dont on se revendique, mais bien la vision du monde que l’on partage. Cette vision du monde est celle de ce que l’on appelle couramment et à « droite » comme à « gauche », les « décideurs » (élus, chefs d’entreprises, universitaires, etc.) et les « décideurs » ont rarement une vision du monde très ancrée à « gauche », même s’ils se pensent souvent comme de grands humanistes…
      J’ai proposé ce sujet à Basta dans une autre version, ils n’en ont pas voulu. Du coup, j’ai viré tout ce qui permet d’identifier précisément les lieux et les personnes, parce que je ne suis précisément pas un journal.

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  4. Labellebleue
    Labellebleue dit :

    Basta n’a pas voulu de ce texte ? Pourquoi ? Peur d’un procès peut-être.. Mais c’est quand même une déception .. Encore quelques reculades comme celle-là et la question va se poser de continuer à les financer…mais ils ont peut-être des vraies bonnes raisons

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      • lik
        lik dit :

        Qui sait ?

        http://www.pcf.fr/11281

        Pour les OGM, c’est plus compliqué vu que la nature puis l’homme ont constamment trafiqué les génomes de plantes depuis des millénaires. Les nouvelles techniques ne sont que des outils plus précis, seul compte la nocivité ou pas du résultat. En tous cas, faire des anti-OGM un étendard progressiste, c’est juste ne rien comprendre à la biologie :

        « Un biologiste grenoblois me signale qu’il a vu un jour sur un marché un agriculteur qui vendait des salades et avait précisé sur une ardoise : « garanties sans ADN « . Excellente illustration de ce qui précède ! »

        http://www.lespiedsdansleplat.me/adn-partout-adn-nulle-part-perplexite-dun-geneticien/

        Que Monsanto produise de la merde ne justifie pas la condamnation des techniques génomiques actuelles qui ne sont que le prolongement de celles antérieures.

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        • Samson
          Samson dit :

           » … la nature puis l’homme ont constamment trafiqué les génomes de plantes depuis des millénaires »
          Dans la nature, il y a certainement des mutations et adaptations, mais leur viabilité et leur effet se vérifient sur le long terme. Et jusqu’au XXème siècle, l’homme s’est surtout préoccupé d’améliorer la productivité végétale par le biais de la sélection et des techniques de greffe ou d’hybridation.
          La modification radicale du patrimoine génétique par manipulation directe de l’ADN, ou maintenant par stress chimique, pose d’autres questions : d’une part, la substitution d’une dépendance high-tech aux techniques traditionnelles dépossède le paysan de la maîtrise du processus de production et d’autre part la privatisation et le brevetage du vivant confisquent au profit de quelques acteurs les fruits d’une tradition collective issue de l’évolution multi-millénaire des processsi de sélection.
          En France, le paysan est maintenant taxé sur la part de sa production qu’il resème.

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        • smolski
          smolski dit :

          Samson : « La modification radicale du patrimoine génétique par manipulation directe de l’ADN, ou maintenant par stress chimique, pose d’autres questions »

          J’en vois bien d’autres en plus des questions, genre quels sont les conséquences de ces manipulations avec une vision sur le court terme aux alentours, sur les multiples plantes, tout autant que sur les espèces animales ?
          A l’égale des nano-machins dont on ne sait rien d’autre qu’ils s’inscrivent partout d’une manière devenue dèjà tout à fait incontrôlable.
          A rapprocher encore des stockages radioactfs poubelle…

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  5. smolski
    smolski dit :

    En fait, le principe monétaire gouverne et savonne toutes les planches.
    Ce n’est ni une question de droite ou de gauche, de gros ou de petits producteurs, d’éthique ou pas d’éthique, juste de la monnaie qui mène le débat et les actes là où nous nous trouvons aujourd’hui contre toute raison gardée.

    Répondre
  6. Baas An'Ey
    Baas An'Ey dit :

    Quelque chose m’échappe cependant…

    Je suppose que peu d’entre vous accepteraient de la part de qui que ce soit de vous voir expliquer comment faire le ménage chez vous, quelle voiture acheter, quel carburant utiliser, quels produits utiliser pour le maquillage ou les soins, comment trravailler, etc…

    Dans ce cas, pour quelle raison les agriculteurs accepteraient-ils d’entendre, hors décisions démocratiques, les avis de qui que ce soit concernant leurs pratiques, s’ils n’ont pas voix au chapitre concernant celles des autres professions ?

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    • Un partageux
      Un partageux dit :

      Quand un agriculteur balance trente fois par an des pesticides sur ses pommiers, il n’arrose pas seulement ses pommiers mais toute la région. Pas seulement pour une année mais pour des décennies. Ça fait une quinzaine d’années que simazine et atrazine (des désherbants beaucoup utilisés pour le maïs) sont interdites en France et la concentration en simazine et atrazine continue à augmenter dans les eaux de grande profondeur de ma région natale parce que ces poisons continuent à descendre doucement dans le sous-sol.

      L’utilisation des pesticides — pardon des produits phytosanitaires — ne regarde pas les seuls agriculteurs. Comme la rédaction des lois ne regarde pas les seuls professionnels juges et avocats. Comme le code du travail ne regarde pas les seuls chefs d’entreprise. Comme l’urbanisme ne regarde pas les seuls architectes et bétonneurs. Comme la prostitution ne regarde pas les seuls consommateurs de « service à la personne » qui voudraient le maintien de cette exception dans l’interdiction de l’esclavage. On peut allonger très longtemps cette liste…

      L’argent ne doit pas donner la légitimité à un pouvoir.

      Répondre
      • Baas An'Ey
        Baas An'Ey dit :

        Certes, certes : mais le gros con avec sa bagnole pourrie fait de même, à coups de centaines de litres par an dans l’air et litres d’huile indégradable dans l’eau par an. Les militaires qui polluent le ciel avec leurs avions ne se gênent guère. Les trains qui détruisent les sols avec leurs rejets d’amiante et de pyralène s’en moquent. Celle qui prend sa pilule et en fout partout dans les eaux des rivières détruit les poissons. Les connards de mômes à chier qui bouffent la merde sous plastique en répandent sur toute la planète. Les créateurs d’intérieur en herbe achètent et répandent tant et plus produits toxiques de bricolage dans l’air, l’eau et les égôuts. Et ne parlons pas des écologistes professionnels qui partent en avion à l’île Maurice.

        Alors, pourquoi particulièrement faire chier les agriculteurs ?

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        • Agnès Maillard
          Agnès Maillard dit :

          Présentement, ce sont eux qui réclament sans cesse des subventions (donc notre argent) tout en nous envoyant chier dès qu’on discute de l’usage qui en est fait, déjà. Et non, on ne fait pas chier que les agriculteurs, pas plus que tous les agriculteurs. On fait chier ceux qui veulent pouvoir faire n’importe quoi n’importe comment, tout comme on fait chier tous les autres pollueurs et exploiteurs. Après, les types qui sagouinent la production de trombones, fondamentalement, ils ne font chier que marginalement les employés de bureau, par contre, ceux qui sagouinent notre bouffe et notre environnement, ils nous foutent tous gravement dans la merde.

          Tiens, tout à l’heure, j’ai croisé l’élu du coin en charge de la régie de l’eau. Les agriculteurs (pas tous, certains et toujours les mêmes) lui ont pris le chou à cause des zones de captation de l’eau potable. Eux, ils exigent de pouvoir balancer n’importe quoi n’importe comment n’importe où et quand on leur répond que ça ne va pas être possible, ils couinent qu’on fait ça que pour les embêter.
          Que doit-on en déduire : qu’ils sont complètement cons ou seulement criminels?
          Si on les empêche d’empoisonner l’eau potable qui dessert tout le secteur, c’est juste qu’on a besoin tous de cette eau et que cette eau reste suffisamment propre pour que ni nous ni eux ne risquions une longue et ignominieuse maladie à la boire. Je ne vois vraiment pas comment on peut vouloir absolument défendre son droit à polluer une ressource vitale.
          Et le pire, le pire, c’est que les mêmes types qui veulent un droit de polluer la flotte pour leur seul profit égoïste sont les mêmes qui chouinent ensuite parce que le prix de la dépollution de l’eau augmente régulièrement.
          Donc, non, on ne fait pas spécifiquement chier les agriculteurs, seulement ceux qui pensent et vivent comme des gorets (ce qui n’est pas du tout sympa pour les gorets qui sont plutôt des animaux très propres!).

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          • Baas An'Ey
            Baas An'Ey dit :

            Demandez donc audit responsable des eaux de dénoncer auprès de la DRAF lesdits agriculteurs comme la règlementation le lui suggère.

            Il a d’ailleurs l’obligation légale en tant que gestionnaire de signaler au moins à la commune toutes les pollutions dont il aurait connaissance.

            S’il ne le fait pas, signalez cet état de fait à la DRAF pour que ce gestionnaire soit sanctionné. Il n’y a pas de raison que la réglementation existante ne soit pas appliquée, ce serait encourager de tels comportements.

            Pour le reste, des inspecteurs de diverses administrations ont tous les moyens requis pour faire leur travail : avec à peu près autant de fonctionnaires de Bercy, du ministère de l’agriculture et de l’environnement que d’agriculteurs professionnels à plein temps, ce serait malheureux…

            Notez quand même que :

            Au jour d’aujourd’hui, tout agriculteur qui achète un produit phyto doit détenir une carte qui l’identifie auprès de l’administration.

            Il garde trace et rend compte parcelle par parcelle de toute application de tout produit (y compris les substances généralement considérées comme inoffensives, type purin de prêle) et l’état de ses stocks doit correspondre avec ses achats, les applications déclarées, les prescriptions de traitement de l’administration.

            En résumé, il ne répand guère que ce qu’il reçoit instruction de l’administration de répandre (car, oui, même en bio, certains traitements parfaitement dégueulasses sont obligatoires, voir le préfet) et pour le reste, le moins possible, vu le prix des traitements.

            Quand, à côté de ça, on voit ce que se permettent tout à fait légalement les travaux publics, l’automobile, l’aéronautique et l’industrie, bref…

    • smolski
      smolski dit :

      Baas An’Ey : « peu d’entre vous accepteraient de la part de qui que ce soit de vous voir expliquer… »

      Ben pourtant c’est justement ça le système de partage, à l’opposé du système d’échange barbare et arriériste que tu proposes encore en exemple.

      Répondre
      • Baas An'Ey
        Baas An'Ey dit :

        Les agriculteurs, notamment les plus petits, en prennent quand même franchement plein la gueule. Et le plus hilarant est de voir les critiques des neoruraux ayant échoué à construire une société viable en ville venir donner des leçons dans les colonies de ruralie septentrionale.

        A partir du comportement d’une minorité, vivant le plus souvent impunie malgré un arsenal législatif bien fourni (et bien assez de contrôleurs), on remet en cause une activité économique largement plus règlementée et contrôlée que bien d’autres. On peut humainement comprendre la volonté de l’urbain de souhaiter voir la valeur de son foncier acquis à vil prix du fait d’évidentes nuisances militer par la suite pour la disparition de ces nuisances pour que son investissement spéculatif lui rapporte, mais de là à l’accepter, il y a un pas difficile à franchir, du moins, tant qu’il reste des paysans.

        Par ailleurs, bizarrement, quand il s’agit de contester la puissance publique (armée, nucléaire, EDF/SCNF/pyralène/amiante, universités et déchets nucléaires, chimiques). Sans même parler des mairies elles-mêmes qui, pour l’essentiel, s’exonèrent de respecter les législations environnementales, notamment en matière de gestion des insecticides, des végétaux et du traitement des déchets de coupe.

        Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Baas An’Ey : « Les agriculteurs, notamment les plus petits, en prennent quand même franchement plein la gueule. »

        Les petits peut-être beaucoup plus de la part des gros auxquels ils s’accouplent. Ces petits ont-ils seulement le choix d’ailleurs ?
        Mis en avant de la contestation agricole au profit exclusif d’une industrie agroalimentaire, ne se trouvent-ils pas finalement face à des ogres qui les dévorent économiquement, notamment en fondant la marge des prix du marché d’une manière inadéquate pour une agriculture familiale, tout au profit d’une agro-économie mondiale ?

        Dénoncer les macabres Sivens c’est dénoncer la machinerie des gros contre les petits, car en vrai, les agresseurs c’est tous les gros et la cible c’est tous les petits, quel qu’ils soient.

        Répondre
        • Baas An'Ey
          Baas An'Ey dit :

          Les apiculteurs, professionnels ou amateurs, sont loin d’être les derniers à agir dans les instances compétentes mises en place par le gouvernement. Je ne crois pas qu’ils soient particulièrement maltraités par rapport aux autres.

          Il est par contre vrai que les amateurs n’auront en gros bientôt plus droit à aucun produit phyto-sanitaire, pardon, phyto-pharmaceutique comme on dit à la DRAF, faute notamment de formation préalable obligatoire. Je suppose alors que nombre d’entre eux cesseront leur activité, car même les produits généralement considérés comme inoffensifs leur seront interdits : ils laisseront la place aux gros, avec la bénédiction des écologistes de boudoir.

          Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          Baas An’Ey : « ils laisseront la place aux gros, avec la bénédiction des écologistes de boudoir. »

          Outre que de traiter l’écologie comme une politique alors qu’elle n’a rien à voir avec la politique par elle-même (il y a des propositions écologistes qui naissent dans toutes les cartes et hors de tout encartage politique), ce mépris dont vous faites preuve n’est recevable que par ceux qui le donnent, je vous le renvoie donc intact.

          Répondre
  7. Alberto
    Alberto dit :

    @Baas An’Ey, petit questionneur innocent…

    si tu veux faire de la merde chez toi et te la bouffer tout seul, no problemo. Je t’encourage même. Si tu veux aller la vendre au marché, aux autres, ces autres ont leur mot à dire.

    ça t’échappe encore?

    ps: Agnès, tu peux censurer, je t’en tiendrait pas rigueur. Mais les manipulateurs qui parlent des « décisions démocratiques » me donnent des boutons.

    Répondre
    • Baas An'Ey
      Baas An'Ey dit :

      Hmmm… certes : mais pensez-vous vraiment que ce qui est vendu sur les marchés soit pire que la nourriture industrielle si généreusement dispensée par le commerce mondialisé ?

      Ou plutôt, pensez-vous que les administrations concernées soient particulièrement laxistes avec les 270.000 cotisants MSA, mais sérieux avec les multinationales et autres leaders du marché du prédigéré sous plastique perturbateur hormonal

      Répondre
  8. Phil
    Phil dit :

    Je suis passé dans votre coin au mois d’août. À 14 heures, en plein soleil, les arroseuses de maïs fonctionnaient à fond. C’est pour ce gaspillage qu’ils ont besoin de Sivens ?

    Répondre
    • Baas An'Ey
      Baas An'Ey dit :

      Ce coin-là est même recordman de France pour la culture d’OGMs, mais il y a une raison : le tourisme cassoulet/canard et l’industrie du gras. Si ce mode de fonctionnement pose problème, rien de plus simple : boycottez le canard.
      Sivens, en théorie, c’est pour produire du « bio » destiné aux marchés bobos de la banlieue de Toulouse. Du bon bio élevé aux eaux de ruissellement bourrées d’huiles lourdes vomies par les gros 4×4 de bobeaufs, de fèces animales et de rejets médicamenteux. Et aussi pour les piscines des jolies villas du coin.

      Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Baas An’Ey : « Sivens, en théorie, c’est pour produire du « bio » destiné aux marchés bobos »

        Les sources de vos propos ?
        Car de ce que j’ai vu dans les infos diverses, ce sont les grosses exploitations du coin qui en ont le plus besoin, peut-être même pour s’étendre davantage contre les petites exploitations qui les soutiennent actuellement.

        Répondre
        • Baas An'Ey
          Baas An'Ey dit :

          Bertrand Durrieu, un des producteurs bios les plus investis sur le question, régulièrement cité par la presse et dans une moindre mesure Pierre Bretou.

          Après, la liste des 19 à 80 exploitants concernés par Sivens est publique. Les contrats qu’ils ont souscrit auprès du Conseil Général également.

          Répondre
        • Baas An'Ey
          Baas An'Ey dit :

          Je me risque à quelques commentaires sur le bio.

          Personne, je pense, ne contesterait l’opinion admise chez tous les professionnels selon laquelle la bonne santé du végétal et de son milieu est la première défense du végétal contre les maux dont il peut souffrir. Entre nombreuses autres choses, le stress hydrique, c’est à dire le manque d’eau, peut affaiblir le végétal. Dans ce cas, on peut soit utiliser une défense phytosanitaire, qui s’associe à celle menée par la plante, soit… arroser…

          Du point de vue de l’agriculteur, si on sait pouvoir « disposer » de la capacité à apporter de l’eau au besoin à une culture, on peut prévoir un programme de traitements phytosanitaires moins lourd, moins dangereux pour l’exploitant, moins contraignant au niveau mise en oeuvre et protection des hommes et de l’environnement, moins cher, moins polluant, bref, tout bénéf pour tout le monde. Car normalement, un programme de traitement pour une parcelle se prépare, idéalement, pour la saison, ce qui permet d’organiser le travail au mieux pour les équipements et les personnels (bon, évidemment, des fois ça m…. un peu).

          Or, « Il parait » que le manque d’eau est devenu un problème récurrent partout où les gestionnaires du bassin de l’Adour sont compétents, ça doit pouvoir se vérifier…

          Cela bien entendu est très différent d’une toute autre utilisation de l’eau qui consiste à cultiver des plants qui n’auraient aucune chance de grandir sans arrosages systématiques et massifs, comme par exemple, les principaux maïs. Même s’il y a parfois des raisons de choisir de telles cultures, (comme par exemple l’absence de parasites sur cette culture qui permet une culture sans traitements) on est clairement pas dans le même monde : et d’ailleurs, les besoins en volume sont bien plus élevés que dans le cas d’une irrigation de soutien à une culture faiblement traitée.

          Concernant les pommes citées plus haut (ou les bananes) . En effet, personne (sauf peut-être à Ceret) ne semble connaître de moyen de faire pousser des pommiers sans leur faire subir jusqu’à parfois 27 traitements dans l’année. Tirez-en vos conclusions, boycottez les pommes, et les terres seront rendues à d’autres cultures. Et sinon, avant d’acheter des bananes, regardez comment ça se cultive, par exemple aux Canaries, paradis du tourisme bobio s’il s’en fut.

          Répondre
          • smolski
            smolski dit :

            Il est des pommes comme du maïs, les manipulations en vertu du rendement ont mené à la détérioration des plants natifs.
            Pour les bananes, effectivement et je les boycotte pour moi-même. C’est à chacun de voir.

          • Pierre M. Boriliens
            Pierre M. Boriliens dit :

            « Personne, je pense, ne contesterait l’opinion admise chez tous les professionnels selon laquelle la bonne santé du végétal et de son milieu est la première défense du végétal contre les maux dont il peut souffrir. Entre nombreuses autres choses, le stress hydrique, c’est à dire le manque d’eau, peut affaiblir le végétal. Dans ce cas, on peut soit utiliser une défense phytosanitaire, qui s’associe à celle menée par la plante, soit… arroser… »

            Certes, mais il y a un problème. Et de taille ! Pourquoi vouloir planter des végétaux qui ont besoin de beaucoup d’eau dans un endroit où elle n’est pas abondante ? On aurait fait ça en URSS que j’entends déjà les gorges qui se déploient chaudement pour se moquer des idées farfelues de Lyssenko (qui n’en peut mais, mais c’est une autre histoire…). Mais si c’est chez nous… Non ?

        • smolski
          smolski dit :

          Source : http://wikiagri.fr/articles/les-enjeux-agricoles-autour-de-laffaire-du-barrage-de-sivens-/1639

          « Les opposants au barrage contestent son utilité même, notamment parce qu’il contribuerait à détruire une « zone écologique d’intérêt majeur ». L’Appel lancé par Europe Ecologie Les Verts à propos de ce projet parle d’« un barrage inutile, coûteux et symbole d’une agriculture dépassée ».
          (6) Qui seraient les bénéficiaires du barrage ?

          Selon le Conseil général du Tarn, les deux retenues d’eau de Sivens et de Thérondel bénéficieraient à 81 exploitations agricoles. Les opposants au projet indiquent que seuls 19 exploitations pourraient bénéficier du barrage de Sivens. »

          Nous avons donc 19 exploitants incontestables pour :

          « l’objectif du barrage de Sivens est de « créer une retenue de 1 500 000 mètres cube sur la rivière le Tescou » »

          euuuuh…

          « D’après le rapport du CGEDD, le territoire du bassin-versant du Tescou est occupé à hauteur de 88 % par les activités agricoles, même si en l’espace de dix ans (2000-2010), le nombre d’exploitations a été réduit de 29 %, passant ainsi de 1 038 à 738. »

          Donc les petites exploitations sont mangées par les grosses, la suite le montre :

          « Les auteurs du rapport indiquent d’ailleurs que les cultures sèches ou faiblement irriguées (céréales à paille, sorgho, tournesol) se sont développées ces dernières années. »

          Cest donc bien plutôt de l’agro-industrie économique ça.
          Ça se balance sur le marché international et pfuiiiit les revenus et dividendes vont dans les banques offshores et pas dans les poches des paysans qui les cultivent… enfin qui les cultivent, ils en suent et en meurent empoisonnés par centaines !
          Cet aspect de la mortalité des cultivateurs est tout aussi fondamental que le reste.
          La mort de Rémi Fraysse est la mort anonyme de toute la paysannerie avec lui, l’étudiant… Etudiant en quoi déjà ?

          Pour ce qu’il en est des petites exploitations, plusieurs petites retenues d’eau ont été proposées par « les défenseurs de l’environnement de nos enfants » (Nous empruntons la Terre à nos enfants.).

          Pour les gros, ces petites retenues gérables par ceux qui sont concernés et non par les industrieux de leurs amis, ça ne fait pas l’affaire. En plus que d’avantager les petites expoitations régionales, ces retenues d’eau proposées à la place du GROSSS BARRHAGE les laisseraient apparaître pour ce qu’ils sont : des accapareurs de ressources, rien de mieux.

          Qui se battrait pour des gens comme ça ?

          La guerre est un massacre de gens qui s’ignorent au profit de gens qui se connaissent très bien. Que cette guerre soit économique ne change rien aux termes de cette définition.

          Répondre
          • Baas An'Ey
            Baas An'Ey dit :

            Pour mémoire, souvenons-nous quand même que c’est l’armée qui a tué Rémi Fraysse, hein… : pas les agriculteurs.

            A se demander parfois si les propriétaires du terrain n’auraient pas mieux géré l’affaire eux-mêmes.

          • Baas An'Ey
            Baas An'Ey dit :

            Quand à la solution technique à la question posée par Sivens, elle est sortie de la tête des crânes d’oeufs de l’administration locale et autres experts en « gestion des eaux » : pas des agriculteurs, qui, en bons ruraux, ne prétendent pas avoir de solutions aux problèmes auxquels ils ne connaissent rien.

          • smolski
            smolski dit :

            Pourquoi en défendent-ils le complexe alors ?
            Aux ordres de qui sont-ils pour ?
            Et ces administrants reçoivent leurs ordres d’où, de qui et dans quel but inavoué puisque des solutions différentes ont été rejetées ?

  9. Baas An'Ey
    Baas An'Ey dit :

    [quote]Pourquoi en défendent-ils le complexe alors ?
    Aux ordres de qui sont-ils pour ?
    Et ces administrants reçoivent leurs ordres d’où, de qui et dans quel but inavoué puisque des solutions différentes ont été rejetées ?[/quote]

    J’avoue ne pas savoir exactement ce qu’en pensent les 19 à 60 exploitants concernés (19 en conventionnel, 60 en cas de gestion syndiquée de l’eau) mais je suppose qu’à ce stade, divers problèmes se sont additionnés à la problématique initiale qui était de savoir comment investir (ou ne pas investir) en production agricole sur cette zone.

    Tout d’abord, il y a la question au soutien à l’étiage (« alimenter les piscines des jolies villas et vider les égoûts de la pollution découlant de la gentrification du coin ») qui est l’affaire des gestionnaires des eaux et sur laquelle je ne saurais que dire.

    Ensuite, il y a la question d’ordre public et les pertes d’exploitation découlant des troubles que les forces de l’ordre n’ont clairement pas géré conformément aux lois de la République en laissant pourrir la situation quand elle était encore gérable : l’état doit désormais dédommager.

    Enfin, il reste les investissements consentis pour la production agricole dans le cadre des conventions passées avec les autorités locales. Si les parties concernés ne font pas leur part du travail, soit elles indemnisent les producteurs ayant contracté, soit ceux-ci font faillite : et s’ils font faillite pour avoir consenti à entrer dans une logique de gestion de filière proposée par l’administration locale, cela se paiera politiquement très cher (mais ça, ok, en fait ce n’est pas très important, sauf pour les premiers intéressés)

    Répondre
  10. Baas An'Ey
    Baas An'Ey dit :

    [quote] Certes, mais il y a un problème. Et de taille ! Pourquoi vouloir planter des végétaux qui ont besoin de beaucoup d’eau dans un endroit où elle n’est pas abondante ? On aurait fait ça en URSS que j’entends déjà les gorges qui se déploient chaudement pour se moquer des idées farfelues de Lyssenko (qui n’en peut mais, mais c’est une autre histoire…). Mais si c’est chez nous… Non ? [/quote]

    Tout d’abord, une première remarque : en France, on ne plante que ce qu’on obtient le droit de planter auprès de l’administration. Il est vrai que ce droit est cessible (si j’ai le droit de planter un hectare de céréales là, je peux dans certaines limites revendre ce droit pour replanter un peu plus loin). Il est aussi vrai que certains droits ont été « constatés » par l’administration dans les années 50, mais ça ne concerne pas le maïs (moderne).

    Donc, s’il y a du maïs à un endroit, c’est que l’administration l’a non seulement autorisé, mais encouragé, incitant ce faisant les producteurs à investir dans de coûteux équipements avec la bénédiction de l’administration, qui souvent, comme le remarque Monolecte, subventionne même l’activité.

    Mais rassurez-vous : si le mec ayant obtenu le droit de faire du maïs continue à en faire plutôt que faire autre chose, c’est qu’il ne pense pas pouvoir gagner sa vie (ou mieux gagner sa vie) autrement. Tout d’abord, parce que le maïs se vend, localement, à un tarif acceptable (pour en faire du canard). D’où la conclusion importante : si le maïs intensif vous défrise, boycottez le canard (d’ailleurs lui aussi élevé dans des conditions, disons, perfectibles), quand le maïs ne trouvera plus acheteur, l’exploitant fera autre chose.

    Maintenant, il est vrai qu’à toute culture sont associés d’importants investissements sous la forme de machines spécialisées, voire, de bâtiments dédiées. Ce qui peut créer une barrière importante à un changement de culture.

    Du coup, c’est un peu le même problème que pour les taxis : les mecs feraient volontiers autre chose, mais avec les investissements consentis et souvent aidés par l’état, ça rend la chose économiquement difficile.

    Mais puisqu’on parle de cultures absurdes en prenant exemple sur le maïs, il serait pour le moins intéressant de regarder comment en pratique se cultive la vigne, même bio : en tant que culture pérenne et fruitière, c’est déjà pas joli-joli, mais avec la viticulture de plus en plus fréquemment irriguée, on atteint des sommets.

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    • Pierre M. Boriliens
      Pierre M. Boriliens dit :

      Pour résumer : je veux planter du maïs parce que ça rapporte. Donc j’investis pour planter du maïs. Et une fois que j’ai investi pour planter du maïs, je plante du maïs. Et je n’y suis pour rien, parce que c’est l’administration. CQFD…

      Répondre
      • Baas An'Ey
        Baas An'Ey dit :

        ça vous semblera sans doute outrancièrement cupide, mais sachez en effet que les agriculteurs sont comme les infirmiers, les profs, les scientifiques, les politiciens et curés : ils travaillent pour vivre.

        Proposez à n’importe quel exploitant un poste de fonctionnaire et vous verrez qu’il abandonnera immédiatement son exploitation

        Répondre
          • Baas An'Ey
            Baas An'Ey dit :

            A une certaine époque, on pouvait avoir la fierté de nourrir ses semblables. Ce n’est plus le cas, comme le montre cet article, énième d’une série d’innombrables. Alors, faites le test quand vous voulez.

        • Pierre M. Boriliens
          Pierre M. Boriliens dit :

          Etre contraint de travailler (au sens abstrait de ce terme) pour vivre oblige à la cupidité ? Il faut vraiment avoir intégré à fond le capitalisme pour penser ça…

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  11. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Traité transatlantique : justice privée pour les multinationales ?

    Télécharger le PDF de la conférence ▻http://www.groupe-crc.org/sites/groupe-crc.org/IMG/pdf/conference_ttip_lyon.pdf

    Comme d’autres accords bilatéraux signés récemment ou en cours de négociations, notamment l’accord UE-Canada, le TTIP ne se contentera pas d’abolir les barrières douanières, j’insiste.
    Il s’étendra aussi aux “barrières non-tarifaires”. En effet, toute réglementation, même décidée démocratiquement, peut être considérée comme un obstacle au commerce.

    Le #TTIP vise donc au démantèlement, ou à l’affaiblissement, de toutes les normes qui limitent les échanges et donc les profits des entreprises. La très grande majorité des secteurs marchands et non-marchands seront impactés par ce traité.
    Lorsque l’on regarde cet accord dans le détail, il présente un très grand nombre de menaces pour les droits sociaux et l’emploi, l’environnement, l’agriculture, les droits civiques et la vie privée, la santé, la régulations financière et la démocratie. Rien que cela !
    Pour quelles raisons ?
    Outre les barrières douanières, l’Union européenne et les États-Unis sont dotés de règles sanitaires, environnementales, très dissemblables. Les entreprises du secteur agro-alimentaire vont donc utiliser l’opportunité du TTIP pour contraindre l’UE et ses États membres à abandonner des règlements présentés comme « protectionnistes » et représentant surtout une contrainte jugée superflue. On prend souvent l’exemple des OGM ou de la désinfection des poulets au chlore ou encore l’utilisation de la ractopamine dans la viande de porc. Ce médicament, utilisé pour gonfler la teneur en viande maigre, est pourtant interdit dans cent soixante pays, dont la Chine et la Russie…
    Et l’on sait que les États-Unis qui s’étaient pourtant engagés à développer une filière porc sans hormone, pour des pays avec lesquels ils avaient des accords, n’ont pas tenu leurs engagements.
    On peut donc légitimement nourrir quelques inquiétudes : Pour limiter le danger qui pèserait ainsi sur la santé des populations, il serait donc, au minimum, indispensable que cet accord autorise la reconnaissance de la possibilité, pour chaque partie, d’apprécier différemment le risque alimentaire, sanitaire ou environnemental.
    Mais le projet de traité ne le prévoit surtout pas.

    Répondre
    • Baas An'Ey
      Baas An'Ey dit :

      Pour continuer dans la provocation, je ne trouve pas cela totalement mauvais.

      Car le consommateur saura désormais que tout ce qui lui est vendu en magasin est de la merde et il devra enfin se sortir les doigts du cul pour faire le tri lui-même. Ou, mieux encore, déserter la grande distribution.

      Entre agrocriminels récidivistes, on envisage assez sérieusement de développer une appli Android pour identifier les produits alimentaires à partir de leur étiquette et surtout, tenir un discours parfaitement militant et totalement subjectif pour informer le consommateur de ce qu’on pense du produit qu’il scanne. Et grâce aux super sites Web très complet mis en place par l’administration, énumérer les traitements chimiques recommandés, obligatoires ou autorisés pour lesdites productions.

      Répondre
  12. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Santé au travail : On achève bien les prolos

    La Science asservie donne, comme le titre l’indique, une idée de l’inféodation de la recherche scientifique aux pouvoirs financier et politique. Mais un aspect non moins frappant du livre est de mettre au jour le refoulement par l’ensemble des institutions du lien fondamental entre épidémie de cancers et conditions de travail industrielles. Thébaud-Mony insiste à plusieurs reprises sur l’absence à tous les étages de la société française (ou américaine) de registres mettant en rapport maladies, décès et profession(s) exercée(s). Par exemple dans les pages consacrées à deux scandales sanitaires des années 1980 dans le sud-ouest de l’Hexagone, à la mine d’or de Salsigne (Aude) où les ouvriers respirent de l’arsenic, et à la mine de tungstène d’Anglade (Ariège) où les ouvriers respirent de l’amiante [3] : le corps médical ordinaire, persuadé que les cancers relèvent d’abord d’une mauvaise hygiène de vie personnelle, ne s’intéresse que rarement au travail exercé par le patient. Les diverses bureaucraties sociales ou départementales (les DDT, les caisses d’Assurance maladie ou tout simplement les mairies, etc.) rechignent quant à elles à tenir des registres qui permettraient d’établir plus facilement le lien entre certaines maladies et certains emplois – voire certains sites industriels précis – par crainte, consciente ou non, de nuire à l’économie de tel secteur ou de telle région.

    En refermant ce livre terrible, on a l’étrange impression que la classe ouvrière n’a pas seulement été vaincue politiquement et effacée symboliquement, comme nous l’expliquent habituellement la critique sociale et la sociologie « engagée ». Elle a aussi, dans une certaine mesure, été éliminée physiquement. Assassinée, quoi.

    Répondre
    • Baas An'Ey
      Baas An'Ey dit :

      La science et l’administration unies aux côtés de l’exploitation capitaliste, allant jusqu’à sciemment tuer des travailleurs pour maximiser rentes et profits ? Ma foi, mais quelle surprise !

      C’est aussi ça, la République : la soumission du faible au fort.

      Répondre
  13. smolski
    smolski dit :

    Baas An’Ey : « La science et l’administration unies aux côtés de l’exploitation capitaliste »

    Bien que fortement inscrit dans la pratique, je trouve que ce genre de propos devrait être nuancé.
    Tout le monde mange et donc, sous un régime capitaliste, tout le monde doit plus ou moins s’y soumettre pour y survivre.

    Le reste est une question de personne, de situation et pas uniquement de catégorie sociale.

    « Tant que l’on se révolte, le pouvoir n’existe pas. »

    Et c’est là l’essentiel où se tenir soi-même, déjà. 🙂

    Répondre
  14. smolski
    smolski dit :

    « Il faut que dans tous les organismes élus, il y ait des patrons de PME qui fassent valoir les intérêts des PME. »

    Bon, si c’est la solution, on y brûle avec la monnaie alors ! 😛

    Répondre
  15. Baas An'Ey
    Baas An'Ey dit :

    Où l’on se rend compte du caractère extraordinairement politique des politiques agricoles :

    http://www.lepoint.fr/politique/viande-cancer-le-foll-met-en-garde-contre-la-panique-26-10-2015-1976865_20.php

    « Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a mis en garde lundi contre la « panique » après une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimant que la consommation de charcuterie et de viande rouge favorise certains cancers. »

    Se souvenir que grâce à la loi du marché, lorsqu’on nourrit un boeuf ou un porc avec des céréales, on prive un humain de nourriture. Car, sur le marché mondialisé où seul le prix compte, le maïs que mange l’animal qu’on mangera est souvent payé par l’éleveur un prix supérieur à celui que les plus pauvres peuvent payer pour leur subsistance.

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    • smolski
      smolski dit :

      Stéphane Le Foll : «  »Je ne veux pas qu’un rapport comme celui-là mette encore plus la panique chez les gens », a déclaré le ministre lors d’une rencontre avec la presse. »

      Ben voyons, plutôt que d’affronter les problèmes, dissimulons-les, quitte à en créer de plus importants.

      A propos de la nourriture carnée, la production même des protéînes issues de cette nourriture est un non sens écologique puisque pour apparaître elle supprime davantage de protéïnes équivalentes issues d’une production végétale raisonnée.
      Sans ajouter sur l’abattage insensé des animaux et de ce que cela signifie en plus pour ce qu’il en est d’une société qui pratique ce type de production.

      Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Une anecdote.
        Un de mes amis agriculteur intensif m’a expliqué qu’il avait proposé à une cantine scolaire des œufs à la ferme ou des œufs de batterie. Celle-ci a choisi les œufs les moins chers.
        Alors oui, les cantines scolaires qui raisonnent ainsi sont néfastes pour tous.

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        • Baas An'Ey
          Baas An'Ey dit :

          De toute façon, le gestionnaire public a pour obligation légale d’acheter au moins cher, sauf à *démontrer* un meilleur service rendu (chose pour laquelle il n’a aucune compétence). Il est donc juridiquement obligé d’acheter n’importe quoi de juridiquement comestible au meilleur prix.

          Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          Baas An’Ey : « le gestionnaire public a pour obligation légale d’acheter au moins cher, sauf à *démontrer* un meilleur service rendu (chose pour laquelle il n’a aucune compétence). »

          Ben qu’est-ce qu’il fout à ce poste alors, une simple calculette suffit !
          Non, il est est à ce poste comme bien d’autres pour justifier le fonctionnement du système, et pi cé tou.

          David Graeber dans son livre sur la Dette les appelle les métiers « alakon ».

          Maintenant, comment ces heichmann se positionnent à cette place…

          Répondre
  16. Baas An'Ey
    Baas An'Ey dit :

    Du porc et de la chair humaine dans les produits végétariens industriels ?

    http://www.clearfood.com/food_reports/2015/the_hotdog_report

    « Of the 345 hot dogs and sausages Clear Food analyzed for this report, 14.4% were problematic in some way. Problems included substitutions and hygienic issues. Substitution occurs when ingredients are added that do not show up on the label. Hygienic issues occur when some sort of non-harmful contaminant is introduced to the hot dog, in most cases, human DNA. Here’s what we found:

    Substitution: We encountered a surprising number of substitutions or unexpected ingredients. We found evidence of meats not found on labels, an absence of ingredients advertised on labels, and meat in some vegetarian products.
    Hygienic issues: Clear Food found human DNA in 2% of the samples. 2/3rds of the samples with human DNA were vegetarian products.
    We found evidence of chicken (in 10 samples), beef (in 4 samples), turkey (in 3 samples), and lamb (in 2 samples) in products that were not supposed to contain those ingredients.

    Pork is a particularly unwelcome substitution in any food when you consider that significant numbers of people do not eat pork for religious reasons. Clear Food found pork substitution in 3% of the samples we tested. In most cases, pork found its way into chicken and turkey sausages. Pork substitution was an issue in products across the price spectrum being sold at a wide variety of retailers. »

    Répondre
  17. smolski
    smolski dit :

    La glace et le ciel
    Luc Jacquet & Claude Lorius.

    Je suis comme tous les citoyens du monde, je me sens un peu impuissant face à des décisions qui concernent des orientations profondes dans la société et je me tourne vers des gens pour lesquels j’ai voté, qui sont les tenants du bien commun et qui vont devoir prendre des décisions historiques pour passer d’une société qui était parfaitement énergivore, basée sur l’énergie fossile, à une société différente.
    Au fond, tant mieux… Tant mieux…
    Car finalement, à quoi ça va faire appel ? À l’innovation, à la créativité, à la technologie, à la Science… Il y a des solutions, bien sûr !
    Finalement, il y a deux attitudes : soit on subi, soit on bouge… Ben alors bougeons vers quelque chose d’enthousiasmant, et tant mieux au fond.

    Luc Jacquet (sur France24)

    Répondre
    • Baas An'Ey
      Baas An'Ey dit :

      « l’innovation, à la créativité, à la technologie, à la Science » sont les fondements de cet ordre républicain dont le zèle à servir l’exploitation capitaliste va désormais jusqu’à organiser l’empoisonnement des masses.

      Ma solution ? Cesser de déléguer quoi que ce soit aux intellectuels, gérer nous-mêmes.

      Répondre
        • Baas An'Ey
          Baas An'Ey dit :

          Quatre cent ans de gouvernement de la raison l’auront invariablement vu se rallier à l’oppression. Nulle part, à nul moment les intellectuels n’ont fait autre chose que soutenir et encourager l’exploitation, nulle part, à nul moment ils n’auront fait autre chose que mendier des places de conseillers, scientifiques, docteurs pour au mieux, s’épargner le sort du commun, au pire l’aggraver.

          Le monde se gérait fort bien avant les intellectuels, il continuera à se gérer sans eux.

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  18. Samson
    Samson dit :

    Toujours sur l’avenir radieux que nous promet le secteur agro-industriel :
    Voulant examiner l’éventuelle présence résiduelle de pesticides dans les cotons à usage sanitaire (tampons hygiéniques, compresses stériles, …), des scientifiques argentins on eu la surprise de constater la présence de glyphosate (principe actif du Round-Up) dans 85% des produits commercialisés.
    L’OMS vient de classer le round-up comme cancérigène probable.

    Sorry, je n’ai trouvé l’info qu’en anglais! Il m’a néanmoins semblé judicieux de la relayer.
    http://www.paulcraigroberts.org/2015/10/24/having-murdered-honey-bees-and-monarch-butterflies-monsanto-is-now-after-women/

    Répondre
  19. monde indien
    monde indien dit :

    Etant très flemmard , je remets à + tard de lire en entier ton texte .
    Mais le début attire mon attention : que tu te demandes s ‘ il n ‘ y a pas du vrai à penser que nos gauches , m^me les + vraies , se préoccupent + de critiques que de propositions .
    C ‘ est sans-doute l ‘ urgence et le drame de nos problèmes qui nous fait rechercher les solutions à court-terme , et la  » critique  » permet parfois d ‘ en trouver .
    Pourtant les  » révolutions  » sont venues de périodes et de personnes qui prenaient un peu + de recul que d ‘ habitude .
    Notre préoccupation à chercher des solutions à nos souffrances immédiates est légitime et nous devons continuer .
    Mais nous devons reconnaître que nous battons contre des moulins à vent .
    Don Quichotte s ‘ y était cassé le nez .
    Nos moulins à vent du XXI ième siècle sont aussi redoutables que ceux de son époque néo-féodale : faits de béton , d ‘ acier , d ‘ esclavage , de lois et de présence policière .
    Il ne sert à rein d ‘ essayer de transformer quoi que ce soit au sein de cet environnement qu ‘ ils osent appeler  » démocratie  » , qui n ‘ en est absolument pas = comment une vraie démocratie ( qui doit se préoccuper de l ‘ épanouissement de toutes et de tous ) peut-elle prétendre s ‘ appeler ainsi quand elle est basée sur le système d ‘ une majorité + une voix ?
    Il ne sert à rien d ‘ essayer de transformer quoi que ce soit dans cette sorte de  » démocratie  » car ils sont les + forts , et surtout les + nombreux .
    ( les + nombreux/nombreuses à courir derrière leurs rêves crétins de richesses matérielles illimitées ) .
    Alors je cherche à faire re-promouvoir l ‘ action de sécession .
    Une idée ancienne qui a subi ô combien d ‘ échecs , mais des succès aussi , passagers certes , mais succès tout de m^me . Qui a encore quelques adeptes . Le cas Marinaleda en est un cas .
    J ‘ essaye d ‘ élaborer un texte où je veux rassembler mes idées sur ce sujet – et pratiques possibles , j ‘ en suis convaincu – je vous en communique déjà l ‘ adresse sur mon misérable mini-blog . TOUS vos commentaires , apports , critiques , y seront les bienvenus .
    Amicalement à tous et toutes , Monde Indien , Sète ( 34 ) – et à toi Monolecte –
    cf :
    http://mondeindien.centerblog.net/114-la-revolution-secessioniste
    http://mondeindien.centerblog.net/

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  20. Noblejoué
    Noblejoué dit :

    René Girard, le Darwin des sciences humaines est mort.
    Je prends au mot l’idée de notre hôte qu’il faut chercher ailleurs que dans la gauche l’inspiration, oui, l’inspiration il faut la chercher partout.

    Ici, ni à gauche, ni à droite,
    Au sommet de la pensée.

    Tristesse pour la mort de René Girard, désolation, et très vague satisfaction de ne plus résumer sa théorie mais d’avoir trouvé un dialogue de l’auteur lui-même :

    http://www.scienceshumaines.com/rene-girard-est-mort_fr_35330.html

    Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      « L’œuvre de Girard présente cet avantage de ne se fonder que sur une seule idée, immédiatement accessible à la compréhension commune, et qui de surcroît permettrait de rendre compte des phénomènes sociaux dans leur ensemble :
      […]
      le désir mimétique serait à l’origine des interdits et des rites, destinés à endiguer précisément la violence qu’il suscite, notamment par le « mécanisme de la victime émissaire ». L’homme est donc consubstantiellement porteur du mal.
      […]
      non seulement elle prétend invalider la thèse selon laquelle les croyances individuelles et les valeurs morales sont relatives à la culture où elles sont formulées, mais elle participe de la dépolitisation du monde. Rien en effet dans cette conception « naturelle » de la violence ne permet de penser la dimension politique de notre condition humaine. »

      Christophe Baconin (Le Monde Diplo]

      Répondre
  21. Noblejoué
    Noblejoué dit :

    @ Smoski

    Pourquoi René Girard est-il ignoré en France ? En quelque sorte, à cause de la droite et de la gauche, de la « politique ». Cependant, son oeuvre ne participe pas, ne provoque pas la dépolitisation du pays.
    En fait, c’est la dépolitisation du pays qui rend possible de commencer à entendre « la voix méconnue du réel ».

    Un mal pour un bien.
    Tout mouvement, citoyen, penseur politique qui s’inspirera de l’oeuvre de René Girard comprendra mieux le monde. Un luxe quand on veut le changer ?

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nul-n-est-prophete-en-son-pays-29884

    Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      Noblejoué : « c’est la dépolitisation du pays qui rend possible de commencer à entendre « la voix méconnue du réel ». »

      Livrer tout ce qui fait nos diversités : arts, politiques, cultures, … à un idéologue pervers de la pensée unique est le comble du fascisme.

      Répondre
      • Noblejoué
        Noblejoué dit :

        @ Smoski

        Vous dites  » idéologue pervers  » pour René Girard ! C’est le genre de déclaration que je n’oublierai pas, soyez-en sûr, dans mon évaluation des partis et des anarchistes.

        S’il n’y a pas d’homme providentiel, il y a des répliques providentielles.

        Répondre
  22. Leblond
    Leblond dit :

    Merci à vous pour cet éclairage symptomatique des riches paysans.Mais on aimerait bien savoir qui est ce « terroriste » agricole. j’imagine que vous ne pouvez le citer dans l’article mais un grand coup de pied dans sa fourmilière libérale et capitaliste est nécessaire non?
    JM Leblond

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