Cris de poussins dans la volière aux rapaces

Horreur, malheur et putréfaction : voilà qu’un groupuscule de vils députés rouges du sang des honnêtes laborieux a tenté de passer en loucedé un amendement perfide pour empêcher de s’auto-exploiter en rond !

Moineau

Une adorable créature qui se bat pour attraper les miettes sous la table.

Aussitôt c’est le branlebas de combat chez les poussins autoproclamés qui n’aiment rien tant que de se jeter tout cru dans la gueule du renard auquel ils ont déjà filé les clés du poulailler :

Malheureusement à la mi-avril le sénat a adopté un amendement qui vise à supprimer cette présomption de non-salariat. Dans la pratique cela signifie qu’en cas de contrôle de l’URSSAF, un indépendant ou autoentrepreneur serait présumé en infraction et devrait lui-même apporter les preuves qu’il n’y a pas salariat déguisé, qu’il ne pratique pas son activité dans les conditions d’un salarié.

Le second problème est que cet amendement risque fortement de limiter l’envie de certains clients de travailler avec des indépendants ou des autoentrepreneurs de peur de devoir faire face à des procédures de contrôle systématique de l’URSSAF.

via Salariat déguisé et contrôle URSSAF : les autoentrepreneurs contraints d’apporter des preuves | Autoentrepreneur info.

Je rassure tout de suite les auto-exploités : l’amendement a été prestement rangé sous le boisseau par le gouvernement et tout le monde reprendra le cours sordide de ses (toutes) petites affaires, comme c’est le cas depuis la loi Dutreil.

Oups… j’en vois (mentalement, cela va de soi !) quelques-uns arborer l’expression à nulle autre pareille de la plus totale hébétude qui n’est pas sans évoquer la placidité bovine d’une belle blonde au passage du train. C’est que je parle de veilles lunes, d’un monde frappé depuis longtemps d’obsolescence mémorielle : la question épineuse de la présomption de non-salariat et de son pendant logique et nécessaire, le salariat déguisé :

La présomption de non-salariat a été ensuite établie par la loi Madelin du 11 février 1994 : toute personne régulièrement immatriculée était présumée non-salariée. Puis cette présomption a été supprimée par la suite par la loi dite « Aubry II » du 19 janvier 2000 sur la réduction négociée du temps de travail.

La Loi sur l’initiative économique du 1er aout 2003, article 23 (voir plus loin), renverse à nouveau la charge de la preuve en établissant une présomption d’indépendance pour les sous-traitants. Ce sera donc à l’administration désormais de prouver l’existence d’un contrat de travail lorsque le travailleur indépendant fournit ses prestations dans des conditions qui le placent dans un lien de subordination juridique permanente à l’égard de son donneur d’ordre : il ne pourra y avoir « dissimulation d’emploi salarié » que s’il est prouvé que le donneur d’ordre a voulu éluder ses obligations en tant qu’employeur.

Cette règle nouvelle introduit un élément de sécurité pour l’indépendant : il pourra exercer son activité sans faire prendre de risques aux entreprises qui recourent à ses services. Mais cette analyse, celle de l’APCE et du Secrétariat d’État aux PME, est trop courte. Elle ignore la réalité des rapports contractuels entre de nombreux « indépendants » et leurs donneurs d’ordre. Le client, l’entreprise donneuse d’ordre, est souvent seule à avoir accès aux marchés : c’est elle qui prend le marché, puis distribue le travail et sélectionne les indépendants disponibles et dociles à la fois.

Les indépendants et la présomption de non-salariat : les risques

De quoi parle-t-on, finalement, avec cette histoire de poussins kamikazes, si ce n’est que d’un prodigieux bond en arrière dans le monde du travail, quelque chose qui renvoie directement au travail à façon si bien raconté par Zola et ses contemporains, grand pourvoyeur de misère.

Marche et crève

Que l’autoentrepreneuriat ait explosé en même temps que les chiffres du chômage n’a rien d’un hasard tombé du ciel : les petites entreprises de la crise ont aimablement participé au maquillage des chiffres réels du chômage et à la précarisation accélérée du monde du travail. Pensez : tous ces gueux éjectés définitivement du système de protection sociale, jetés dans les bras de patrons enfin débarrassés des affreuses contraintes du droit du travail, en voilà une bonne affaire !

Bien sûr, j’exagère ! J’exagère toujours… comme chacun le sait, ici.

Tous patrons ! Tous libres ! Tous profession libérale : comme les médecins, les avocats ou les architectes. Sauf que ce statut pourri a toujours été calculé pour bien scotcher les gens sous le seuil impalpable de la véritable et unique indépendance : celle du portemonnaie. Et là, les chiffres sont bien plus implacables que les rodomontades des Poussins montés en grade :

Au bout de trois ans, 90 % dégagent un revenu inférieur au SMIC au titre de leur activité non salariée

En 2009, 328 000 personnes ont créé une autoentreprise, dont la moitié exerce une activité économique effective. Ces autoentrepreneurs actifs sont proches des créateurs d’entreprises « classiques » par leurs caractéristiques, mais ils tirent de leur activité un revenu très inférieur : en moyenne, 4 300 euros de revenu annualisé la première année, soit trois fois moins que les créateurs classiques. Ils exercent souvent en parallèle une activité salariée. Deux ans plus tard, fin 2011, 102 000 sont toujours actifs économiquement, mais seuls 79 000 ont pu dégager un revenu positif de façon continue sur les trois ans. En moyenne, le revenu qu’ils tirent de leur activité a progressé, mais pour neuf sur dix, il demeure inférieur au SMIC. Si une petite moitié a pérennisé son activité en développant son chiffre d’affaires, moins d’un sur dix perçoit un revenu comparable à celui des autres non-salariés de son secteur. Peu ont quitté l’auto-entrepreneuriat pour rejoindre le régime non-salariés classique.

Insee Première, septembre 2012

Mais s’il n’y avait que la pauvreté, on pourrait toujours se gargariser des sempiternels : c’est toujours mieux que rien !

Sauf que la misère des uns fait toujours la prospérité des autres, de ceux qui ont comme fonds de commerce de profiter aux dépens des autres.

Le précariat absolu

C’est une situation délicate…. dans laquelle je me suis mise toute seule par peur de voir mon unique client me dire  » non ». Tout simplement pour conserver ce boulot qui me plait énormément.

En bref : je travaille depuis un an et demi pour cette agence en freelance, à temps plein, pour eux dans leur locaux tous les jours. Je fais environ 50h à 60h par semaine, je bosse aussi le week end quand il faut . j’ai à peu près 2 à 4 boulots par mois pour environ 400 euros le boulot qui correspond à 3 semaines de travail.
Je suis payée selon le barème de mon agence.

Au début je me disais c’est une bonne école, le boulot est super j’ai des responsabilités, parfait en somme….pour débuter, tout en sachant qu’il va falloir un jour trouver du temps entre 2 boulots pour démarcher ailleurs.

Depuis à peu près 6 mois, je fais du forcing pour les bdc à chaque fois  » j’ai pas eu le temps »  » Je sais pas faut que je fasse le devis au client » ect…. toujours une excuse.

Jusqu’au jour ou j’ai commencé à hausser le ton…. ce qui n’ a pas été une bonne chose
je leur ai fait comprendre que les retards accumulés ne me satisfaisaient pas…
que ce n’était pas comme ça que je souhaitait travailler avec eux. Aucun effort depuis.

Il ya deux mois, gros clash j’ai pas pu rendre un boulot à l’heure car à force de changer d’idées toutes les 5 minutes j’ai pas tenu le coup physiquement et me suis effondrée.
Depuis c’est la dégringolade, surchargée de boulot, changement d’orientation au jour le jour, je passe mon temps à revenir encore plus sur mes dossiers.

bref de l’élément efficace et operationnel, je suis passée à la stagiaire incompétente.

Témoignage de Aliane, graphiste indépendante, Forum Kob-One, juin 2008

Ça, c’est la face B du statut d’autoentrepreneur, ce qui fait que dès qu’on évoque les questions de salariat déguisé, on a le brave MEDEF, grand redresseur de torts devant l’éternel, qui tout de suite, vole au secours des pauvres poussinets aux plumes ébouriffées par le vent du boulot du boulet. Des témoignages de ce calibre, dans le joyeux monde de la com’ et des médias, j’en ai des caisses. Vraiment.

On a donc des travailleurs indépendants qui n’ont qu’un client, chez lequel ils bossent comme des chiens. Pas de droit du travail = pas de revenu minimum, pas d’horaires maxi, pas de WE, des jours fériés, de maladie… pas de droits, quoi ! Mais beaucoup de contraintes : j’ai déjà lu des témoignages de freelances qui se demandaient comment acheter le modèle d’ordinateur et les logiciels exigés par le client ! Parce qu’en plus de n’être protégé par rien, l’autoentrepreneur doit fournir son outil de travail. Et il est virable par simple SMS…

Dans un monde de la presse moribonde, y a bon aussi, l’autoentrepreneur journaliste, sans contrat, sans statut, sans carte et sans garanti :

Une jeune femme passionnée dont on découvre le nom.
Quelques grands médias n’en font qu’une brève.
D’autres ont l’air sincèrement émus, mais ils sont rares.

Que faisait-elle là-bas, à cet âge ?
Des photos, pour les vendre.
En fait pour en vivre et vivre sa passion.

Elle était en « freelance ».
C’est-à-dire à son compte.
Devant tout financer par elle-même.

Son matériel.
Son voyage, sa vie là-bas.
La promotion de son travail.

De belles photos qui pouvaient rester invendues.
Ou achetées une bouchée de pain, sous forme de droits d’auteur.
En attendant une utopique célébrité.

Ils sont maintenant fiers de dire qu’elle a été maintes fois publiée.
New York times, NYT Lens Blog, Time Lightbox, Le Monde, Der Spielgel, Libération, Le Nouvel Observateur, La Croix, The Sunday Times The Guardian, BBC, Wall Street Journal, Washington Post, Le Monde, Vice Magazine, Al Jazeera.
Mais pourquoi était-elle freelance alors ?

L’avenir de ces jeunes qui aiment leur métier, qui veulent changer le monde.
C’est maintenant de travailler sans moyens, puis d’espérer.
Espérer pouvoir retirer de leur travail quelques fifrelins.

Les grands groupes dits de presse, les chaînes d’info, les agences…
Ne commandent plus, n’engagent plus, n’accompagnent plus.
Non, il faut tout leur amener sur un plateau avant qu’ils n’envisagent d’acheter.

Camille Lepage avait-elle sa carte de presse de la CCIJP ?

Piou, piou, piou… font les gentils poussins !

Et nous ne parlerons pas des poussins maçons, charpentiers, électriciens, externalisés par leur entreprise du bâtiment et engagés ensuite comme autoentrepreneurs qui mettront un point d’honneur à ne pas emmerder leur tout nouveau client avec des questions aussi triviales que leur sécurité, leurs accidents, leurs blessures de guerre, celle qui s’exercent chaque jour un peu plus contre les laborieux, les prolos, ceux qui louent leurs bras ou leur jus de cerveau pour bouffer… juste un peu.

Non, ne parlons pas de la grande marche des poussins vers l’équarrissage économique dans lequel le gouvernement et nos députés les ont, une fois de plus, laissé tomber. Non, unissons plutôt nos applaudissements avec ceux du MEDEF pour ce modèle de société qui célèbre chaque jour la liberté, celle du renard dans le poulailler !


La vie de poussin! par ps6kop4t

110 réponses
  1. Chack
    Chack dit :

    D’un autre côté il faudra quand même qu’on m’explique en quoi renforcer les pouvoirs de l’URSAFF contre les travailleurs les plus modestes pourrait les aider.

    N’ont-ils pas mieux à faire d’aller emmerder les grosses boîtes ?

    Ou, mieux encore, de rechercher la responsabilité du donneur d’ordres en cas d’accident du travail ?

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  2. Jac
    Jac dit :

    Dans une grande « maison » de Cognac (mais il doit y en avoir d’autres ) on a demandé à un employé à l’entretien de quitter l’emploi qu’il y avait et de s’inscrire comme auto-entrepreneur avec promesse de le faire travailler. Ce qui fut fait.
    C’est l’intéressé qui me l’a raconté.
    Ce témoignage date des débuts du statut.

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  3. Caro
    Caro dit :

    On pourrait aussi évoquer les abus (nombreux) dans le monde de la restauration, où là encore il s’agit de passer outre les conventions collectives…

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        • Agnès Maillard
          Agnès Maillard dit :

          Mon ami Bereno! Ça me fait trop plaisir que tu passes faire un petit tour chez moi, surtout pour ce papier. Parce que, bien sûr, je pensais à toi et tes récits en parlant des petites mains externalisées : à l’époque où tu portais le fer dans la plaie (celle qui nous rappelle que beaucoup de patrons ne sont que des charognards indifférents à ce qu’ils infligent à autrui pour augmenter leur confort personnel… juste parce que leur impunité galopante le permet!) tu racontais déjà l’émergence de ce phénomène.
          Des bises!

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  4. GRRR
    GRRR dit :

    Bravo! Tout est dit.
    Ah, il faut entendre mes charmants voisins anglais pointer le fait qu’en France, c’est malheureusement « comme en grande Bretagne, les minima sociaux sont trop élevés, ce qui n’incite pas les gens à travailler »…Et ces gens, ne sont-il pas dans cette situation suite à leur tapotage de clavier QWERTY faisant passer un paquet d’actions d’un endroit à l’autre?
    Et je ne parle pas de la proposition de boulot à 5€ de l’heure…au noir! « C’est fou, avec ce système, quand il y a du travail vous ne pouvez pas le prendre! » Ben non, je n’ai pas envie de perdre la fabuleuse aumône de 500€ mensuels. Aucun intérêt de bosser dans ces conditions. Et puis la dernière fois que j’ai bossé ( à 20 bornes d chez moi), en « chèques emploi service » j’ai touche 11€ net, alors…
    Bon je m’énerve là, j’arrête!
    Encore merci pour tous ces bons articles.

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  5. chris
    chris dit :

    En même temps, dans un pays qui vient d’annoncer piteusement son 0% de taux de croissance, un contrôle URSSAF, ça a quelque chose de surréaliste ou d’ubuesque, selon. Faire toujours plus chier les gens sous prétexte de les protéger, quoi (surtout lorsque les gros employeurs préfèrent aujourd’hui des « travailleurs détachés des pays européens »).

    Quant aux gentils députés communistes, la branlée aux Européennes devrait les calmer mieux que la colère de poussins.

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  6. had
    had dit :

    Mon père avait une boite florissante, employés bien payés et primes généreuses, l’URSSAF est venue foutre le bordel à grands coups de battes dans sa gueule, il les a quand même fracassés en cassation. Son témoignage quand il s’est retrouvé devant eux accusé illégitimement : « Un tribunal stalinien d’abrutis bornés. »

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    • had
      had dit :

      Le tribunal de commerce de connivence mafieuse entre élus locaux a achevé sa boite où les salariés étaient heureux de bosser, donc liquidation judiciaire, licenciements et un salarié père de famille marié à une immigrée s’est tiré un coup de fusil de chasse dans la tête.

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  7. Chris
    Chris dit :

    Quand je vois des gens dits de gauche défendre au nom de la théorie et de l’idéologie des administrations scélérates, responsables de suicides et du malheur de tant de gens, je suis abasourdi.

    Quand il suffit de se pointer à n’importe quel jour d’ouverture d’un guichet RSI pour assister au scandale français, au pourquoi plus personne de censé ne veut investir en France ( 0% de taux de croissance, un tertiaire saturé, et une consommation des ménages rachitique). Les TASS sont explosés par les plaintes et déboutent parfois les dossiers sur une journée d’audience complète. Aujourd’hui, il y a même des vigiles au RSI et URSSAF pour protéger les quasi-fonctionnaires qui y sévissent ( un taux d’incompétences et de fainéantise rare).

    Et des députés communistes défendent ce système pourri jusqu’à l’os, qu’ils crèvent eux aussi, ces oligarques, que les prochaines échéances électorales les emportent à Cuba ou au Venezuela pour gouter à leur tout à la vraie misère.

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Les URSAFF collectent le salaire socialisé : ce qui alimente la Sécu et tout le bordel. Quand tu triches avec l’URSAFF, c’est dans notre poche à tous que tu pioches. Ensuite, quand on se choppe un vieux cancer, on est bien contents que le système soit allé cherché une part de la richesse créée pour nous permettre de faire face à des traitements dont le cout serait insupportable à chacun de nous tous seuls. J’adore les patrons qui s’exilent en beuglant que la France est un pays de merde où on ne peut pas exploiter en paix et qui se radinent à fond les ballons chez nous au premier pépin de santé!

      Ensuite : oui, il faut des putains de règles pour les charognards et les prédateurs, des putains de règles pour ne pas se retrouver dans le monde du règne du gourdin. Partout où les règles s’effondrent (où l’initiative se libère, comme disent les renards dans le poulailler), c’est la barbarie qui l’emporte… et au final, ce n’est bon pour personne et surtout pas pour le bizness.

      Et pourquoi on chiale sur les patrons margoulins qui grattent à droite et à gauche, qui arnaquent, qui exploitent et qui couinent quand ils se font gauler, et pourquoi on ne parle pas de ceux qui font leur bizness dans les clous, sans chercher à baiser tout le monde (celui qui baise ses salariés a tendance à chercher à baiser tout le monde : les partenaires, les fournisseurs, les clients!) et qui y réussissent très bien.
      J’en connais aussi pas mal. Et bizarrement, les mecs respectueux ont tendance à gérer des affaires saines… mais bon, ils ne finiront pas au Rotary Club et n’auront pas le plus gros mausolée du cimetière!

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      • had
        had dit :

        Quand l’URSSAF ou le fisc fracassent illégitimement des boites c’est bien, hein !

        Les sinécures des gestions paritaires des charges sociales est aussi une ineptie. C’est par la TVA et l’IR qu’on doit financer le social et les allocations comme au Danemark qui est à 25% de TVA avec un faible chômage et une balance commerciale excédentaire en plus. Dans une économie mondialisée et une monnaie comme l’Euro, la seule façon d’équilibrer la balance commerciale est de baisser les charges sociales sur le travail et de faire contribuer les importations au système social via la TVA. Mais ça la gauche est d’accord avec les libéraux tout aussi bornés, la TVA c’est injuste, sans avoir rien compris du système.

        Les charges sociales sur le travail en France plombent l’emploi au profit des importations et importateurs. Ce pauvre Filoche et ses potes sont incapables de le comprendre, et maintenant pépère Filoche gueule après le rachat d’Alstom par GE qui a pourtant créé pas mal de jobs en France et continuera d’en créer.

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        • Patelant
          Patelant dit :

          Et voilà, « charges sociales » et aussi coût du travail, comment le vol de vocabulaire influe sur le raisonnement (résonance ?). Dans le 1er cas, c’est salaire différé ou collectivisé, dans le second, c’est la valeur ou plus-value du travail, juste ce qui produit et permet de payer tout le reste. Comme les soi-disant cotisations patronales qui ne sont pas des prélèvements sur le salaire du patron.
          Pour la TVA, c’est bien évidement injuste puisque même ceux qui n’ont aucun argent doivent la payer, les nouveaux nés, les handicapés, les vieux, les pauvres, les malades, les feignants, les riches aussi mais pas sur leur spéculation ni sur leur patrimoine.

          Répondre
          • had
            had dit :

            Tu crois que c’est qui qui les paye les charges sociales, c’est pas l’affreux patron, c’est le consommateur final.

            Parce que quand t’achètes un truc, le prix du truc doit couvrir les salaires, les achats, les taxes, les charges… Donc tes fameuses charges sociales c’est toi qui les payes en tant que consommateur final. Que tu payes une taxe qui s’appelle charge sociale ou TVA, tu payes quand même. Si t’achètes un truc importé parce que il est moins cher que le truc fait en France, c’est parce que le truc importé est fait dans un pays où il y a moins de charges sociales mais plus de TVA, exemple du Danemark et en plus faudra que tu payes pour le français au chomdu parce que tu lui achètes pas ce qu’il fabrique.

        • Agnès Maillard
          Agnès Maillard dit :

          Quand on tapera là où part réellement le fric, on en reparlera des grands préceptes économiques libéraux. Partout où ils sont appliqués, les riches ont capté toute la création de richesse au dépens de tous les autres. D’ailleurs, c’est exactement ça, l’idéologie libérale : donner le fric à ceux qui en ont déjà, puisqu’ils ont démontré qu’ils savent gérer le fric (contrairement aux pauvres qui sont pauvres parce qu’ils sont bêtes et un peu faignants!)

          Répondre
          • Wild ar-Rachid
            Wild ar-Rachid dit :

            Et puis dès qu’on leur donne un peu de fric, les pauvres s’empressent de le boire… pardon, d’importer un écran plat.

          • had
            had dit :

            Pas aussi simple :

            « La même machine qui a accru les inégalités dans les pays riches a nivelé le terrain de jeu à l’échelle mondiale pour des milliards de personnes. En regardant de loin et en accordant le même poids à, disons, un Indien qu’à un Américain ou un Français, les trente dernières années ont été parmi celles dans l’histoire humaine qui ont apporté les plus grands progrès pour améliorer le sort des pauvres. »

            http://www.lesechos.fr/opinions/chroniques/0203494197367-inegalites-l-oubli-de-piketty-670999.php

  8. Un parmi d'autres
    Un parmi d'autres dit :

    Il faut bien dire que les Anglais sont les plus forts : ils ont le contrat « ‘zéro heure »; c’est un contrat d’emploi bien singulier. Le travailleur se rend disponible en permanence, le patron lui propose du travail quand cela l’arrange (le patron), le travailleur peut refuser. Tout le monde est libre de son temps. Le patron n’a aucune obligation de donner des heures de travail. Même si le travailleur n’a pas de proposition de boulot donc pas de salaire) il reste salarié de l’entreprise, autrement dit s’il veut démissionner cela signifie qu’il casse le contrat avec le risque de payer des indemnités. Ils sont déjà de milliers de Britanniques à bénéficier de cette « avancée » sociale : tout le monde est libre, y compris de mourir de faim !

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  9. Chris
    Chris dit :

    Commencez donc par exiger que l’État nettoie ses écuries, que votre argent ne soit pas dilapidé par des administrations gérées par des incapables ou des escrocs, et après avoir eu ce courage de vous révolter, seulement à ce moment, vous pourrez demander aux indépendants d’être vertueux.

    0% de taux de croissance, il faudrait le hurler en majuscule. Moi, les seules boites qui font du chiffre ( et je le sais parce que c’est de la famille, c’es taps du il para

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Heureusement que je n’ai pas attendu que l’État soit vertueux pour décider de travailler dans les clous.
      De toute manière, je préfère être carrée et payer mes taxes.

      Il arrive que tu aies des clients qui te proposent de te payer en liquide, pour notre mutuel bénéfice, parait-il. En discutant avec d’autres indé et artisans, je me suis rendue compte que souvent, il s’agit de gens qui ont des oursins dans les poches et qui savent que s’ils ne te paient pas ce qu’ils te doivent, tu n’auras pas de recours contre eux, sauf la force, vu que c’est toi qui te seras mis dans l’illégalité comme un con. Et comme j’ai autre chose à faire que de me battre avec de mauvais payeurs, j’ai des CGV bien carrées, un livre de compte bien carré, avec un scan des justificatifs (oui, parce que vous avez remarqué que les facturettes thermoimprimées ont du mal à faire un exercice fiscal sans tourner au blanc?). Je pense que ça me prend moins de temps que de magouiller des petites merdes sous le boisseau pour me donner l’illusion que je suis libre et plus forte que les copains.

      Quant à la croissance, dans un système fermé… je ne comprends pas qu’on y croit encore. Il ne peut plus qu’y avoir de la croissance de prédation. D’ailleurs, de la croissance à deux chiffres, il y en a toujours : dans les paradis fiscaux et chez les 10% le plus riches… voilà la vraie gueule de la croissance.
      En plus, pour moi, la croissance, c’est un truc d’ado. La vie ne s’arrête pas quand on arrête de grandir.
      Si tu penses la valeur comme le temps humain consacré à produire des biens et des services, tu vois bien que nous ne sommes pas dans un système inflationniste : on a 70, 80 ans max de capital à gérer et tu pourras pédaler comme un con, ça ne te fera pas arriver à 150. Je n’ai pas besoin, chaque année, de manger plus, de chier plus, d’avoir une maison plus grande ou une voiture plus grosse.

      Répondre
  10. Chris
    Chris dit :

    Sympa le bogue, ça donne envie de débattre, grrrrrr…

    Vi, les seules boites qui font du chiffre, ce sont celles dont le carnet de commandes est assuré par l’Etat, ou sont sous traitants de gros groupes étrangers ( l’Etat paie aussi mal que le privé, mais au moins, il finit toujours par payer).

    On sait donc comment cela doit finir : de 0%, on ne pourra aller plus bas; par contre bonjour les dégâts derrière ( Bruxelles et les banques continueront de mettre la pression sur la gestion calamiteuse et le train de vie dispendieux de l’Etat, qui rétrécira ses budgets, donc les CA des entreprises dépendant de lui, et les vertueux finiront à la soupe populaire comme tout le monde ( la France devrait ressembler sous peu à la Russie de Poutine. D’ailleurs, elle se cherchera un Poutine).

    Répondre
  11. chris
    chris dit :

    D’ailleurs, pour en rire ( de tant de naïveté et de candeur)…

    On se demande bien comment pourrait faire un patron dit vertueux et respectueux pour remporter le moindre appel d’offre, quand tous ses concurrents font de l’import sauvage à partir du Royaume Uni ou de l’Est, font bosser des salariés détachés ( sur 8 chantiers contrôlés par chez moi dernièrement, 7 employait 70% de travailleurs détachés, voire d’illégaux, mais on les a pas fermé pour autant. Ben oui, comment on ferait pour finir les bâtiments, sic).

    Faut vous réveiller les candides : l’Etat est complice, parce que même 40% de chômeurs est acceptable pour lui, qu’il n’a pas la moindre intention de ré-industrialiser, et se dit qu’au pire les français migreront vers des cieux plus accueillant niveau taux de croissance.

    Répondre
    • had
      had dit :

      Le travailleur détaché et déclaré a un salaire équivalent français, mais les charges sociales correspondantes sont bien plus faibles, donc globalement il est moins cher qu’un français.

      Répondre
  12. Jolivet Daniel
    Jolivet Daniel dit :

    Il y a fort longtemps (1976), un patron m’expliquait que ce qui rapportait c’était la vente et pas la réparation (import auto). Son souhait le plus ardent était donc de se débarrasser des ateliers. Il souhaitait donc sous traiter tout ce qui était réparation vers des ouvriers à leur compte. Tout bénef, pas de cotisation sociales ou retraites, pas d’heures d’atelier à trouver, pas d’investissement outillage. Par contre il conservait le comptoir de vente de pièces de rechange.

    Ce paradis patronal était impossible compte tenu d’un article de la sécu sur le salariat dissimulé.

    Ce patron m’expliquait à l’époque le « retard » français en me citant l’exemple des Etats-Unis. Le garage loue des places de réparation à des ouvriers « libres » responsables de leur poste de travail, y compris l’outillage. Une « saine » émulation s’installe entre les ouvriers pour fournir la meilleur prestation possible de façon a avoir une charge de travail permettant de vivre. Ce qui entraîne une compétition également sur l’outillage qui doit en jeter un maximum, et donc très coûteux.

    Tout ça pour dire que la volonté du patronat de laisser tomber les secteurs les moins rentables en les laissant à des ouvriers « libres », c’est à dire sans protection sociale, n’est pas une nouveauté.

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      D’où ma référence au travail à façon dont est si nostalgique le patronat et qui a créé, pendant tout le 19e et une bonne partie du 20e siècle, une telle misère ouvrière que la stature moyenne de la population s’est effondrée à ce moment-là en Europe.

      Je rappelle aussi que le salariat socialisé n’est pas le mal : sa généralisation a fortement contribué au bien-être économique de l’ensemble de la population (y compris des pauvres patrons) pendant les 30 glorieuses. Et bizarrement, plus on rogne sur le modèle social, plus on s’éloigne de la prospérité.

      Répondre
  13. Chris
    Chris dit :

    Oui, Daniel, sauf que de nos jours, les petits ou moyens garagistes, c’est fini au niveau réparation, parce que les tutures ont salement évoluées, et pour pouvoir réparer ou ne serait-ce qu’entretenir, faut être concessionnaire de la marque, qui verrouille l’accès à ses moteurs par la technologie. Le garagiste indépendant , ou plutôt le sans drapeau, ne lui reste plus que les vieilles bagnoles, avec une clientèle peu encline à investir dans sa tuture.

    Le client a fini le truc, en bouclant la boucle, puisque si ta tuture n’a pas été entretenue chez le concessionnaire avec tous les tampons sur son petit carnet ( vérifiable informatiquement ), elle se retrouve quasi invendable ( la première chose que regarde les gens aujourd’hui, c’est le carnet d’entretien dûment certifié).

    Répondre
    • Jolivet Daniel
      Jolivet Daniel dit :

      Dans l’esprit de mon interlocuteur de l’époque, il ne s’agissait pas de développer les MRA qui ont effectivement disparu pour la plupart, mais de transformer les ouvriers de ses ateliers en ouvriers libres, c’est à dire hors charges sociales, mais dépendant pour la charge de travail du garage.

      Le cas du MRA était différent, toutes marques et ayant sa propre clientèle il pouvait avoir une certaine indépendance, au moins théorique.

      Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Mon petit garagiste s’en sort très bien. Il faut dire qu’il a fait un choix furieux dans sa profession : il est totalement réglo. Du coup, on l’est avec lui. Cela dit, il m’a déjà expliqué que les plus mauvais payeurs sont rarement ceux qui ont des problèmes de fin de mois (ceci expliquant sans doute cela…)

      Répondre
  14. Chris
    Chris dit :

    Et sans oublier Bruxelles qui sous la pression des gentils écolos devrait mettre prochainement la pression pour éliminer les vieilles bagnoles, celles des pauvres justement, et autant de petits garagistes au chômage…

    Répondre
  15. Inca
    Inca dit :

    C’est beau les 2 néo-libéraux de compète là, Chris et Had (d’ailleurs, si ca se trouve, c’est le même allumé avec 2 pseudos). Auto-intoxiqués de leur propre gré, et suintant la haine par tout les pores virtuels.

    Vous avez pas des cocos à pourchasser? J’ai entendu dire que l’armée rouge se planquait à Bruxelles, faites gaffe.

    Bon certes, quand tu vois la hauteur de leurs arguments (attends je résume: « méchants gauchisses! ») et leur compétence économique (0% DE CROISSANCE OUIN OUIN + MECHANTS FONCTIONNAIRES OUIN OUIN), tu te bidonnes, ca fait toujours un truc à montrer aux amis, mais les meilleurs blagues sont les plus courtes.

    Allez oustes, les petits, la récréation est fini, retournez donc sur le Figaro mag.

    Répondre
    • had
      had dit :

      Pauvre Inca, tu racontes n’importe quoi avec l’arrogance crasse de celui qui comprend rien. Tout ce que tu comprends pas tu appelles ça néolibéralisme, comme un clebs qui bave quand il entend la cloche. C’est pathétique.

      Répondre
  16. chris
    chris dit :

    C’est bien vrai, l’Inca, pourquoi on vient discuter, alors qu’il suffit de pousser un bulletin dans l’urne ( même pas dans mon cas), ou d’aller discuter ailleurs que chez « les agitateurs du vide »…

    Nan, en fait, aucune prétention économique à n blog

    Répondre
  17. chris
    chris dit :

    Sans compter les facétieux bogues de ce blog, hein, pénible.

    Donc dernier post avant de retourner à la lecture des Échos, n’est-ce pas, pour juste dire que je trouve incroyable cette attaque conte le statut auto-entrepreneur, le seul statut qui permet à quelqu’un qui a une petite activité de ne payer que ce qu’il doit, soit au prorata de ce qu’il a encaissé, et non comme plus comme autrefois d’être obligé de payer même en absence de CA.

    Je suis issu de la communauté nomade, et le statut a permis à des tas de familles de pouvoir se soigner sans avoir à faire la queue derrière des files de Roms ou de tunisiens fraichement débarqués pour obtenir ou pas une feuille AMG( quand les premiers ont épuisé tout le budget AMG, faut revenir le lendemain), de pouvoir entrer dans la légalité, justifier de revenus, de sortir de l’humiliation de l’assistante sociale, et ça c’est pas rien. Rien que pour ça, ce statut est à défendre.

    Répondre
    • Jolivet Daniel
      Jolivet Daniel dit :

      Le problème du statut d’AE, c’est le salariat dissimulé.

      Qu’est ce qu’un AE qui n’a qu’un seul client ? Qu’est ce qu’un AE qui conserve sont bureau dans la boîte où il était salarié auparavant?

      Selon la fédération des AE il n’y aurait que quelques % de salariés dissimulés. Soit, mais qu’en est-il des contrôles?

      L’Urssaf et l’IT sont, théoriquement, tenus de contrôler et de requalifier, éventuellement en contrat de travail les services des AE qui seraient en fait des salarié-déguisés.
      Seulement vu le nombre d’AE, sans augmentation des effectifs de l’administration, les contrôles sont-ils réels?.

      Répondre
      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Voilà, c’est de ça dont je parle : du fait que ce statut permet de grosses saloperies sur le dos des gens qui croient y gagner et qui découvrent au final qu’ils ont tout perdu, surtout le droit d’avoir des droits qui les protègent des abus des margoulins avides et sans scrupules.

        Répondre
  18. chris
    chris dit :

    Faudrait commencer par vérifier et requalifier l’Etat, alors, puisque l’un des premiers employeurs d’AE, ce sont les universités avec les profs non titulaires, sommés de s’inscrire en AE lorsqu’ils ne peuvent justement justifier d’un autre employeur ( un nombre d’heures censé décharger l’université de ses propres charges).

    Répondre
  19. Chris
    Chris dit :

    Au fond, ce qui fait de vous les Idiots Utiles des gouvernements corrompus consiste en votre croyance idéologique que plus on ferait payer de charges, d’impôts, de taxes, plus on vivrait mieux, alors que l’Etat est un puits sans fond qui ne prend votre argent que pour mieux emprunter à des taux dispendieux, ne fait que dilapider.

    La gauche a bien changé depuis 68, elle est aujourd’hui du côté du contrôle, de la répression. Quelle tristesse.

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      C’est toi qui le dit, pas moi. Je trouve que transférer des taxes sur le capital et les marges grasses des grosses entreprises quasi défiscalisées vers le petit peuple qui finit son mois le 5, c’est dégueulasse et je ne le soutiens en aucun cas : chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins, sauf que les possédants planquent ce qu’ils ont pour ne pas donner au pot commun tout en exigeant toujours plus d’aides!

      Répondre
      • had
        had dit :

        L’état pompe un max de pognon en taxes pour ensuite le redistribuer sous forme de niches fiscales à des entreprises ou des particuliers, comme le crédit impôt recherche qui est une usine à gaz bien franchouille qui pulvérise du brouzouf un peu n’importe comment. Quand l’état arrêtera de foutre son nez dans tout et n’importe quoi auquel il ne comprend rien, quand il arrêtera de parachuter des guignols de l’ENA dans des postes de PDG de boites du CAC, pour faire des énormes conneries, juste parce que c’est des potes d’untel ou untel haut placé du gouvernement, eh bien ça allègera la charge.

        Répondre
    • Jolivet daniel
      Jolivet daniel dit :

      Des pays avec peu de cotisations sociales n’en sont pas moins endettés.

      Que la santé, par exemple, soit socialisée, comme en France en grande partie ou plutôt privée, de toutes manière il faut la payer.

      Payer soit sous forme de cotisations sociales soit sous forme de primes d’assurance. Dans le premier cas cela sera compté dans les fameux « prélèvements obligatoires » , pas dans le deuxième cas. Et pourtant dans le deuxième cas, on paye aussi la santé.

      A qualité de gestion équivalente, le système privé coûte plus cher que le système socialisé. Simplement parce que dans le premier cas il faut rémunérer le capital. (Voir données Banque Mondiale même si les comparaison entre pays de monnaies différentes font intervenir les taux de change, ce qui rend les comparaisons hasardeuses)

      Vous soulevez toutefois un point important, à savoir que par une espèce de réaction émotionnelle au « tout privé » actuel, certains tombent dans une déification de l’Etat qui amuserait sans doute nos anciens.

      Répondre
  20. chris
    chris dit :

    Justement, c’est tout ce que je dis, que l’Etat pour cause de mondialisation étant dans l’incapacité de taxer comme il le voudrait les grosses entreprises ( et même les moyennes, chez RSI, on peut négocier tout ce qu’on veut en toute discrétion selon la taille de sa boite, si t’as 150 salariés, il s’écrase et si t’es artisan ou petit commerçant il t’écrase), il tente de vampiriser les petits, ceux qui ne peuvent délocaliser parce que n’ayant pas de dimension internationale ( un petit pouvant néanmoins avoir cette dimension internationale -je pense au courtage).

    L’AE aujourd’hui, c’est il me semble, grosso modo 1 million de personnes. Du très hétéroclite, entre ceux qui faisaient auparavant du black et qui peuvent dorénavant accéder à une couverture sociale, à ces profs de Fac qui sans ce statut seraient encore aux minimas sociaux ou à se faire exploiter dans des boites de formation ( la Fac et les grandes écoles de commerce paient très bien). Pourquoi financer de l’emploi de parasites « les contrôleurs, des flics toujours plus et encore, pour dénicher ci et là quelques cas de donneurs d’ordres qui de toute façon n’embaucheront pas : l’AE retournera dans sa misère, merci misieur le contrôleur flicart qui lui aura gagné un bon job bien peinard.

    C’est un bon statut et je serai même pour qu’on abolisse les limites de CA, encore une stupidité qui oblige ceux qui ont du CA à se le faire régler à l’étranger, alors qu’avec des taux raisonnables et l’assurance de pas se faire baiser ( taper litiges RSI ou Tass RSI sur Google pour piger de quoi on parle à propos de ces escrocs patentés, avec des milliers de litiges ) ils paieraient avec plaisir leurs cotises en France.

    L’Uruguay, souvent cité en exemple pour son niveau de vie, l’absence de pauvreté, son haut niveau de soins médicaux et d’éducation, présidé par un gouvernement de gauche, est aussi un paradis fiscal – cherchez l’erreur…

    PS : le bogue est parti : je pouvais pas taper, ça partait tout disloqué.

    Répondre
    • Jolivet daniel
      Jolivet daniel dit :

      Les paradis fiscaux sont riches des impôts des autres. (Au passage, paradis fiscal ne veut pas dire pays sans impôt: par ex Monaco est un paradis fiscal pour les personnes étrangères, sauf les français).

      Dans une certaines mesure, leurs populations peuvent en profiter (voir les salaires suisses ou luxembourgeois.

      Vous avez raison quand vous dites que par incapacité de faire payer les « gros », l’état se reporte sur les « petits ». Dans ces petits il y a évidemment les artisans, mais ce ne sont pas les seuls. Tout le monde paye des impôts, ne serait ce que le principal impôt en volume, la TVA. Moins les gros payent, plus les autres payent, y compris sous forme de TVA ou taxe d’habitation, etc.

      Pour ce qui concerne le statut des AE. Il présente deux défauts: permettre le salariat dissimulé, et aux dires des artisans présente une concurrence déloyale.

      Il ne s’agit pas d’embaucher des contrôleurs pour le plaisir d’avoir des fonctionnaires, mais pour éliminer le premier point, à savoir le travail salarié dissimulé. L’efficacité de ces contrôleurs dépend d’abord de la pertinence de la réglementation, et des moyens et effectifs de ceux-ci.

      Répondre
  21. ti suisse
    ti suisse dit :

    cui-cui.. je mets des graines pour les oiseaux du jardin, adorables pioupious,
    – à cet effet
    miaoow.. je nourris mes chats, câlins ron-ron et tutti quanti,
    – à cet effet
    suis-je un patron ? (qu’importe ma condition actuelle/n’y changera rien)
    ou un pourri.. (un salaud qui se joue d’une animosité héréditaire ?)
    tant pis pour l’affection (aïe)

    ps, nul en maths ou autre calcul administratif (hello Chris) ce qui n’empêche pas quelque sensibilité (et parabole)
    rassurez-vous, tout cela (le garagiste de quartier par ex) sera bientôt fini
    perso pabo (= paléo bohême) je m’entraine au pragmatisme (pris de l’avance, alors qql résultat, héhé..)
    même le fatalisme est rangé (tiroir à rêves)

    pour le Soleil ? suivez le guide ! nâon.. (à) chacun sa bouée

    Répondre
  22. chris
    chris dit :

    Un argument bien creux, et bien court…

    Et bien ce serait : foutez la paix aux AE, avant qu’ils se fâchent façon Bonnet Rouge en mille fois plus violent, (ou autre éventualité tout aussi peu réjouissante : qu’ils votent en masse pour le FN).

    Répondre
  23. ti suisse
    ti suisse dit :

    « que Mercure m’en préserve..  » (Georges B) je le croyais manouche, le Chris.. (on peut s’gourer, comme dirait un footballeur)

    Répondre
  24. Jolivet Daniel
    Jolivet Daniel dit :

    Les « bonnets rouges font surtout peur aux portiques et aux radars. Et au Ps au passage. Un rien effraie les caciques du PS.

    Dans le vote FN, la peur est du côté de celui qui vote FN.

    Il est curieux que vous mélangiez FN et bonnets rouges. Y aurait-il un lien?

    Ceci dit, en quoi s’assurer qu’un AE est bien un AE et pas un salarié dissimulé peut-il vous gêner? Laisser le soin à une administration insuffisante de prouver l’état de salarié dissimulé n’est-il pas favoriser cette dérive du statut d’AE?

    La moitié des AE présentant un CA nul, pour ceux-ci la preuve semble vite faite.

    Répondre
  25. chris
    chris dit :

    Bon, on explique…

    Prenons le simple cas des profs vacataires à l’université en AE: ils n’ont qu’un seul employeur, et pour cause, l’université n’a pas les budgets pour les salarier, et préférera s’en passer, laissant les étudiants sans l’option possible ( ce qui est déjà le cas avec plus d’inscriptions que de cours disponibles). Avec votre méthode du tout bien dans les règles, le vacataire retournera toucher les minimas sociaux au lieu de gagner sa vie de ses compétences. Beau résultat, et merci pour eux…

    On peut rajouter des tas d’autres cas, comme pour le commercial où une petite boite a rarement les moyens de payer un salaire fixe, etc,etc, etc…

    L’AE se constitue de multitudes de situations ou le bulldozer répressif de l’URSSAF condamnera des gens à retourner à la misère sans discernement. Un peu comme sur les routes, ou la répression aveugle mais ô combien rémunératrice pour l’Etat oblige aujourd’hui des tas de gens à conduire sans permis sans assurances, ou prive de dessert des enfants des familles pauvres pour 10kms heure de dépassement de limitations absurdes.

    Il n’y a plus assez d’emploi, il y en aura de moins en moins dans les mois à venir, de plus en plus de faillites et vous prétendez flinguer ceux qui essaient de s’en sortir. Pathétique, vous n’avez que le mot contrôle à la bouche quand on vous parle de survivre.

    Répondre
    • Jolivet daniel
      Jolivet daniel dit :

      Vous admettez donc bien que le statut d »AE est dévoyé et est utilisé pour échapper aux cotisations sociales dites « charges »..

      Est-ce vraiment la fonction du statut d’AE?

      Pourquoi avoir utilisé ce moyen détourné? Etait-ce vraiment l’idée de monsieur Novelli quand il a lancé le statut d’AE? Il n’y a plus assez d’emplois, certes si on constate les millions de chômeurs. Mais le statut d’AE en remplaçant un salarié par un salarié dissimulé ne crée pas d’emploi. C’est bien pourquoi il faut s’assurer que l’AE est bien un AE et pas un salarié dissimulé.

      Répondre
  26. chris
    chris dit :

    Je vois pas en quoi il serait dévoyé, dans la mesure, où ces entreprises qui travaillent avec des AE au lieu de salariés, le faisait de même façon auparavant : on appelait ça un prestataire, un agent commercial, parfois c’était l’intérim, le portage. Pour l’entreprise, ça ne change rien que le prestataire soit un artisan, un agent, ou un AE. À contrario, certains employeurs font aussi des CDD de 8 jours ( j’en vois tous les jours dans mon domaine); d’autres des CDI de très peu d’heures.

    Mais ça change tout pour le travailleur, qui pour la première fois n’est pas taxé de façon aveugle, ne règle au trimestre que ce qu’il doit et rien de plus, ne risque plus les « erreurs » RSI.

    Curieusement, c’est chez les syndicats et mouvements de chômeurs que la mesure a été le plus critiquée, méprisée, pour cause d’idéologie ( Novelli étant de droite, c’était forcément mauvais). On sait où on sont rendu tous ces gens aujourd’hui, suffit de jeter un œil à leurs blogs et forums, pour voir que le chômeur a déserté ces gens aux grandes idées révolutionnaires, mais qui n’ont jamais fait un jour de taule, jamais pris le risque de se heurter au pouvoir, à contrario des Bonnets rouges. Mélenchon était contre mais on sait sa clairvoyance et ses résultats électoraux. Ne vous étonnez plus de la montée du FN dans ce contexte.

    Répondre
    • Jolivet Daniel
      Jolivet Daniel dit :

      Mais le sujet, c’est bien l’utilisation d’AE en lieu et place d’un salarié.

      La concurrence des AE faite aux artisans par l’exonération de TVA est un autre sujet.

      Je n’ai jamais dit que le statut était mauvais, ni bon, mais simplement qu’il ne doit pas permettre le travail salarial dissimulé c’est à dire constituer un moyen pour l’employeur de passer à côté des cotisations et des contraintes d’un contrat de travail salarié en général.

      En clair, si le statut d’AE permet de créer son emploi grâce à certaines dérogations, pourquoi pas. Mais s’il permet une dégradation du statut de salarié, pas d’accord. C’est en ce sens que la réglementation doit jouer et les moyens de contrôle avec.

      La montée des extrêmes droite rebaptisées « populismes » n’est pas propre à la France, on ne peut même pas dire que ce soit lié au taux de chômage, le cas de l’Autriche ou de la Suisse le montre.

      Est-ce en affaiblissant le statut du salarié que l’on résoudra le problème du chômage? Le patronat le dit. Mais regardez la suppression de l’autorisation administrative de licenciement sous Gattaz le père et qui devait, de mémoire, créer un million d’emplois: combien d’emplois créés? Le chômage n’est-il pas, finalement, une arme de destruction massive du statut du salariat?

      Répondre
  27. chris
    chris dit :

    Un artisan, c’est en général une petite entreprise, avec au minimum quatre ou cinq ouvriers qualifiés, avec une assurance professionnelle, déjà la capacité de répondre à un appel d’offres, et de la marge dégagée sur le prix de l’heure des ouvriers, ce qui laisse quand même quelques atouts non négligeables vis à vis d’un simple AE, seul, ne pouvant offrir les mêmes garanties au client. On parle pas de la même chose, d’autant que la TVA n’est pas une charge ni une taxe : l’artisan la récupère, tout comme il peut déduire des frais, des investissements, à contrario de l’AE. D’ailleurs, pour ce que j’en vois, ce qui flingue les artisans, ce sont les concurrents qui emploient des travailleurs détachés, pas l’AE incapable de prendre un chantier à lui tout seul.

    Après si pour vous, le patronat français, c’est Gattaz, évidemment ( pour moi Gattaz est aussi représentatif du réel patronat français que Filoche représentant le prolétariat sur un plateau télé – notre époque a les bouffons qu’elle veut bien).

    Répondre
      • had
        had dit :

        Parce que les politiques et une majorité d’électeurs, de la gauche à la droite, ne comprennent pas, ne veulent pas voir, cette évolution du travail qui est inéluctable. LO, FdG, NPA, UMP, PS, FN, DLR, PC, les syndicats, le MEDEF, un gars comme Filoche croient qu’on est toujours dans les années 60. Alors quand on ne veut pas voir un phénomène nouveau, on ne peut pas proposer de solutions. C’est comme la fiscalité, dans des économies ouvertes faire reposer le financement social sur la production est voué à l’échec. La plupart des libéraux et aussi des collectivistes n’y comprennent rien.

        Répondre
  28. chris
    chris dit :

    On ne lutte pas contre des évolutions naturelles ou structurelles avec de la répression, sans le risque de générer plus de malheur que de bien pour les populations, et c’est facile à démontrer avec quelques exemples énormes, comme le narcotraffic, où aujourd’hui, vous pouvez construire des prisons par dessus d’autres prisons, que vous trouverez toujours de nouvelles recrues pour remplacer les morts ou les détenus. Pareil pour l’immigration, vous pourrez recruter des millions de douaniers que vous n’empêcherez pas les miséreux d’aborder vos rivages. Pareil pour le travail, où vos fameux députés communistes n’ont jamais rien fait pour les travailleurs européens détachés ( eux, c’est pour des questions idéologiques, en plus), mais veulent soudainement s’en prendre avec un courage qu’on leur connait bien à des petits revenus ( on requalifiera peut-être le donneur d’ordres en employeur mais l’AE se retrouvera au chômage de nouveau).

    Pareil avec la bêtise de vos contrôles, ou tout comme pour la vitesse sur les routes, c’est le bon père de famille en Scénic qui se fait alpaguer pour 10 bornes de trop parce qu’il est une victime facile à chopper, quand les autres, pensez bien, sont outillés et formés à renifler l’odeur du flic; on choppera de pauvres gens, le ferrailleur qu’on accusera avec redressements de charges parce qu’il livre chez le même grossiste, le commercial qui n’aura été commissionné que par le même donneur d’ordre pendant 6 mois, etc, etc,etc le tout à charge pour la police politique du travail…

    Répondre
  29. herve_02
    herve_02 dit :

    @chris et had

    Je comprends bien le soucis que vous évoquez, la déferlante de libéralisme mondial qu’il est difficile juguler. Je peux comprendre que les tribunaux de commerces _peuvent_ être des outils de magouilles locales, ceci dit comme toutes les collectivités territoriales, comme dès qu’un individu est en position d’imposer aux autres, il le fait à son profit. C’est dégeulasse, même si humain, et il faut avoir pas mal de recul pour ne pas tomber dans le travers. et il faut aussi avoir été en position de le faire pour pouvoir dire, moi je ne le ferais(fait) pas.

    Maintenant il faut à un moment se poser et se demander que faire. Soit on lâche la bride parce qu’on décide qu’on ne peut/veut rien faire, soit on décide de trouver des moyens pour « réguler » le temps que les comportements et équilibres s’ajustent. Parce que la problématique derrière toutes ces batailles économiques et sociales c’est un changement d’équilibre dans la société car une minorité captant une bonne partie de la richesse produite est en position d’imposer son pouvoir à la majorité et que la majorité des personnes n’a pas de contre-pouvoirs disponibles pour lutter.

    Moi je suis plutôt pour le statut de l’AE, mais il faut absolument que ce ne soit pas un mec (h/f) esclavagisé car « il y en a plein qui attendent ». C’est notre rôle à tous de lutter contre le fort qui exploite le faible. Parce que in finé on arrive à cela. le fort et le faible. Je peux comprendre que notre société décadente à glorifié le fort qui y arrivait par ses propres moyens, l’imaginaire de l’ouest vierge et fertile mais dangereux et que tu récoltais, en gros, le résultat de ton travail. C’est cet imaginaire là qui fait le « libéralisme » et la montée en épingle de 2/3 champions que l’on peut exhiber aux JT pour expliquer aux pauvres qu’ils le sont de leurs propres fautes. Mais on sait tous les 3 que c’est un affreux mensonge. Ceux qui réussissent sont ceux qui ont déjà l’argent (et les relations politiques) et que hormis l’exceptionnel Mourrad qui a monté sa boite de sécu dans sa cité du 9-3 les pauvres le sont de plus en plus. Je suis hérissé de voir lorsque je suis obligé d’aller à Paris de voir s’ériger de plus en plus de bidonvilles dans les dents creuses, les interstices des bords de périfs dans l’indifférence la plus totale.

    Alors il faut faire des choix, parce que l’on peut laisser faire, mais faudra trouver les circonstances atténuantes lors des procés lorsqu’un mec aux abois tuera son « client ». Parce que au bout du bout, la seule chose que la société fait c’est de préserver la place de ceux qui sont en haut – forcément c’est eux qui votent les lois. Il ne reste alors que la violence comme facteur d’équilibre. La seule manière pour éviter que le patron de la boite de com esclavagise ses
    « fournisseurs » c’est qu’il meure de trouille de se faire buter un soir dans le parking. Et, sans vouloir faire mon révolutionnaire attardé, je pense qu’il faudrait aujourd’hui quelques exemples de cet acabit pour tenter de ré-équilibrer le consensus social. Si la loi n’arrive plus à gérer l’équilibre fort/faible, il faut que la violence le fasse.

    Alors oui j’ai bien compris que le fort à des moyens d’être bien plus violent et efficace que le faible. Mais comme il est en très grande minorité la loi des grands nombres équilibrera.

    PS : le détachement d’ouvriers inter-europe est également un scandale. D’ailleurs pourquoi les citoyens européen polonais qui travaillent dans les champs pour une misère dans des conditions proche du 18ème ne posent pas de soucis aux gouvernants tandis que le citoyen européen roumain doit absolument être renvoyé chez lui. C’est un mystère. Enfin j’ai bien une idée de réponse.

    Had et chris : votre volonté de laisser faire ne pourra entraîner que la violence. Nous avons déjà la désespérance.

    Répondre
  30. Chris
    Chris dit :

    Je réitère juste que comme tout il vaut mieux laisser un coupable être innocenté que de condamner un innocent, la police URSSAF ne fera pas dans le détail et en profitera pour faire du chiffre ( après tout les caisses sont vides, dilapidées par des gouvernances au train de vie pharaonique, et corrompues (Les fameuses « erreurs » RSI sont toujours à son avantage, pour encaisser plus; une administration malhonnête qui l’ a démontré depuis fort longtemps, qui perd d’ailleurs tous ses procès au TASS, sauf lorsque l’artisan s’est suicidé entre temps devant UBU roi).
    Pour quelques abus ci et là ( en général, comme cité par les exemples du Monolecte, l’AE est tout simplement un ex-salarié), on glissera dans la bascule des tas de cas particulier sans le moindre discernement, tout ça parce que le statut a une dimension politique pour un GVT qui n’a eu de cesse de l’anéantir ( Pinel, jeune oligarque corrompue à la solde des syndicats artisans).

    On pourrait prendre le cas des agents immobiliers, qui dès le départ ont suscité des remous ( profession protégée, encore une) : avant, ils étaient agents commerciaux, et fallait du fric pour avancer quatre trimestre d’avance de cotisations établies au forfait, ce qui laissait la personne sur la paille en cas d’échec, quand aujourd’hui, il ne paie que s’il a encaissé des commissions, et n’a plus rien à avancer. C’est quand même un putain de progrès du point de vue de la justice sociale, d’ouvrir ce job à tous, et non plus à la dame qui s’ennuie parce que son époux a un bon job, et pourra avancer les cotises ( c’était ça avant, un agent immobilier, en général, une dame aux ongles bien vernis avec boulot d’appoint pour le ménage).

    Des tas de micro-entreprises ne peuvent se payer un commercial au départ, et peuvent aujourd’hui permettre une chance à celui qui n’ayant pas de cv ne pourrait postuler dans une grosse boite. IL existe dans ce pays des paquets de gens qui ne seront jamais embauché de façon « régulière, parce que pas la bonne tronche, pas le bon diplôme, et on est moins exigeant pour un AE que pour un CDI, on le sait bien.

    En fait, l’AE, même sil n’est pas parfait, peut modifier beaucoup beaucoup de mauvaises habitudes et manières dans le rapport entreprise-collaborateur, en particulier pour les dits non-employables ( je suis bien placé pour le savoir, d’ailleurs). Pensez aux millions de seniors licenciés qui sont dans l’incapacité de retrouver un job salarié : oui, la plupart feront moins que le smic, mais moins que le smic c’est mieux qu’un RSA sans aucun espoir que de crever doucement dans le désespoir.

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Il ne s’agit pas de quelques abus… j’en ai à la tonne dans des tas de secteurs d’activité. C’est inhérent au statut et les patrons de PME ne s’y sont pas trompés.
      Quant à l’exemple des séniors, c’est très parlant : ils ne valideront aucun trimestre comme AE (et c’est souvent pour moins que le RSA).

      Répondre
  31. smolski
    smolski dit :

    Le problème social n’est pas ce qu’on fait de la monnaie mais le principe de la monnaie même qui, en étant par nature sujet à la thésaurisation et tout ce qui en découle crée le pouvoir.
    et comment imaginer qu’un pouvoir une fois établi cessera de lui-même ?

    Chris précédemment :
     » seules boites qui font du chiffre, ce sont celles dont le carnet de commandes est assuré par l’Etat »

    Beaucoup mieux, le mini crédit repose sur le fait que les pauvres paient toujours ce qu’on leur affirme qu’ils doivent payer, les individus les plus démunis sont et restent les meilleurs payeurs.
    Source : là-bas si j’y suis : Les mini crédits développés au maroc par attali et passés sous tutelle du roi marocain aujourd’hui.

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    • had
      had dit :

      « le principe de la monnaie même qui, en étant par nature sujet à la thésaurisation et tout ce qui en découle crée le pouvoir »

      Eh ben non, la monnaie en période inflationniste perd son pouvoir. La monnaie n’existe pas en tant que telle, bonne ou mauvaise selon les uns ou les autres, elle n’est pas un fétiche intouchable. Il n’y a aucune nature de la monnaie car c’est une construction sociale. Parler de la monnaie naturelle c’est rejoindre le camp du veau d’or. Le pouvoir de la monnaie se crée par la rareté, le mining du bitcoin qui finit par s’effondrer.

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      • smolski
        smolski dit :

        « Eh ben non, la monnaie en période inflationniste perd son pouvoir »
        C’est donc bien qu’elle en possède puisqu’elle le perd dans certaines circonstances.
        had, tu me joues sur les mots et pas sur le fond là !

        Ce que je veux dire, c’est que le système d’échange utilise Sa monnaie pour créer le pouvoir entre les humains.
        Si cela peut être plus clair ainsi, peut-être ?

        En contre partie, je propose de vivre une société de partage quel que soit la société dans laquelle on s’inscrit, et de le faire de la façon la plus absolue qu’il soit possible pour vivre sans emmerder son voisin.
        Ainsi la monnaie n’est plus une valeur mais redevient pour chacun un outil de médiation entre les personnes.

        Oui, je sais, c’est utopique….
        « L’utopie n’est pas l’irréalisable mais l’irréalisé. » 🙂

        Relevons le front camarade et agitons-nous chacun dans le domaine de notre propre existence plutôt que contre les autres ou quoique ce soit qui se dresse contre notre volonté commune pour vivre ensemble.

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  32. herve_02
    herve_02 dit :

    @kris

    Ce n’est pas faux que moins que le smic c’est plus que le rsa. Mais vous n’avez pas répondu sur la question de fond et tourné autour de la même antienne : gnagnagna rsi gnagnagn ursaff gnagnagna. ce n’est pas la question, c’est juste une conséquence de la question.

    Demain je suis exploité par un mec qui me fait travailler comme un chien pour 3 kopecks et me prend pour un con, un soir de déprime je le butterais. Pour de vrai. Et je ne serais pas le seul qui le ferra. La pauvreté engendre toujours la violence. Ce qui est en train de se passer est une usine à fabriquer du pauvre qui travaille comme un chien pour des clopinettes et pour ne pas crever. Les transnationales qui travaillent sur le territoire devraient cotiser à hauteur de leurs résultats.

    L’ AE PEUT modifier des trucs (vous êtes coincé sur le rsi mais une simple sarl à 3 personne règle le problème du rsi), il sert surtout à déguiser du travail salarié et rendre esclaves ceux qui travaillent. Alors on peut décider que temps pis pour eux, yzonka partir – c’est mon opinion, mais au niveau de la société c’est suicidaire. La différence entre les pays en voie de dev et nous, c’est la place de l’état qui règle le jeu. On peut trouver qu’il est trop ceci ou cela (et oui il l’est) mais vouloir comme vous laisser faire, impliquera, rapidement, de la violence, de la désespérance et la croissance d’une génération dont on ne pourra rien faire. Or il est stupide de laisser faire un truc dont on sait qu’il est mauvais juste parce qu’on aime pas cle régime des indépendants. Une mauvaise solution ne demande que l’on mette en place une mauvaise solution.

    Parce que franchement, le rsi c’est un peu pour les kékés qui veulent se la jouer je travaille en direct sans société ou à travers une société qui est moi. En clair le rsi c’est le gros AE sauf pour l’AE (le petit rsi) on a supprimé les cotisations minimales… et en même temps le bénéfice de ces cotisations : pas de retraite, pas de chômage, et je suis presque persuadé que au bout d’un moment sans chiffre suffisant (sans cotisation), plus de sécu. Ce qui faut avouer est une grande avancé sociale. des esclaves chefs d’eux même.

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    • smolski
      smolski dit :

      « La pauvreté engendre toujours la violence. »
      +1

      Elle est même créée dans ce but.
      La peur, les soucis, la pénébilité à vivre sereinement ensemble sont les armes du pouvoir contre les peuples.
      Entrer de plein pied dans ce jeu-là ne fait que le poursuivre et qu’importe qui le mène.

      Seule la poésie est à même de transmettre le message révolutionnaire. Louise Michel 😉

      Répondre
  33. babelouest
    babelouest dit :

    « les marchés ouverts », le libéralisme inéluctable, TINA…. à croire que certains n’ccaptenet pas de changer la donne. Les marchés, cela se ferme. Vu le taux de chômage, on n’a rien à y perdre. Le libéralisme, on peut le jeter à la poubelle, il n’apporte que du malheur chez les plus vulnérables. TINA, sa grande copine est sous terre, et le slogan doit, oui, doit la suivre.

    Il suffit que nous, les petits, les sans-grade, reprenions en main notre destin : quitte à jeter les emplois inutiles (« commerciaux », publicitaires), pour en crééer plein d’autres liés à une dé-automatisation des tâches. La 2CV était réparable, refaisons des 2CV. Ce n’est pas une régression, mais une adaptation aux vraies conditions naturelles, celles qui se rient des financiers.

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  34. chris
    chris dit :

    Herve,

    « (vous êtes coincé sur le rsi mais une simple sarl à 3 personne règle le problème du rsi), il sert surtout à déguiser du travail salarié et rendre esclaves ceux qui travaillent. »

    Pour monter une SARL, faut un petit capital ( et même pour en rire, un casier judiciaire vierge), et ça nécessite l’ouverture d’un compte commercial avec frais de gestion. Je vais vous raconter une anecdote personnelle mais ô combien révélatrice : après m’être inscrit au registre de commerce, je me suis illico dirigé vers ma banque, celle où j’ai mon compte personnel, du temps de mes derniers salaires mirobolants, qui m’a offert un café mais m’a dit, ah, oui, bien sûr, mais il faut aller voir l’agence spécialisée dans les comptes entreprises avec les chargés d’affaires adéquat. OK, mais vous pouvez me prendre un RDV, rétorquais-je, soupçonnant déjà le hic et le sic. Un tout jeune chargé d’affaire me reçut, l’air embarrassé style oui je comprends vous venez de la part de madame Machin que je connais bien, mais voila, on ouvre plus de comptes entreprises, notre portefeuille est trop plein de boites en grande difficulté. Je rigole en lui disant que je vois passer que des patrons en Mercedes et qui font construire des piscines dans leurs baraques sur la côte, et il me dit laconique, oui moi aussi je les connais, d’autant que c’est la banque qui paie : ils sont à découverts à mort, endettés jusqu’au cou. Ça commençait bien.

    Agacé, j’ai changé de ton, après la sympathie faussement naïve, je lui ai rappelé que j’avais deux fois son age, une carriére déjà bien remplie, et qu’on allait gagner du temps en ouvrant son pc pour consulter mes comptes, tout en appelant sa collègue pour qu’elle le renseigne, sur les entreprises de mes amis, de ma famille, sur mon carnet d’adresse, et suite à ces quelques vérifications, il a comment dire, blêmit, pour une ouverture de compte à taux préférentiel, avec frais réduit, et toutes facilités.

    Voila comment ça se passe aujourd’hui en France en 2014; et en 2015, ce sera bien pire. Alors non, une SARL n’est pas à la portée du premier chômeur venu ( et puis c’est stupide de démarrer en Sarl, alors que démarrer en micro avec toutes les aides comme le feront tous les concurrents).

    Ensuite, pour « déguiser » du travail salarié….Mais vous avez vu la gueule du travail salarié de nos jours ? C’est déjà marche ou crève, sauf pour certains diplômés ou pistonnés (ce qui revient souvent aux mêmes). À part pour les derniers privilégiés, ceux des grosses boites avec RTT tout le mois de Mai, pour les autres, c’est déjà l’esclavage, le management par la bêtise ou la terreur ( les CDD de quelques semaines ou quelques jours).

    Quant aux autres, les entreprises, les vraies, pas celles à Gattaz :63 000 faillites en 2013( 5000 par mois), et croyez moi 2014 ne sera pas beau à voir. Ils vont se faire embauche où ceux-là; ils vont vivre comment ? Voila les vraies questions…

    Répondre
  35. Chris
    Chris dit :

    Babel,

    Vous n’avez plus le droit de construire ou de réparer des 2CV : Bruxelles et les écologistes vous disent non. L’automobile, c’est sérieux, renseignez vous sur ce qu’à couté en heures de travail, en ingénierie, la conception d’un moteur norme Euro 5 ( bientôt Euro 6, sic), et vous aurez soudain le vertige…

    Répondre
  36. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    @ Hervé : oui, c’est cela, la loi du plus fort. Et les règles, c’est justement les conditions sociales qui dévalorisent les comportements prédateurs.

    Le fond de la question est : le pouvoir corrompt ou attire-t-il les natures corruptibles?

    Ma réponse est : chaque individu finit par adopter le comportement qui est autorisé et valorisé dans la société. Quand la hiérarchie autorise une personne à dicter ses 4 volontés à tout un groupe d’autres personnes, sans avoir besoin de les convaincre ou d’obtenir leur adhésion, alors toute personne mise en situation de pouvoir exercer ce pouvoir finira fatalement par le faire. Parce qu’il est toujours plus facile, même pour le gauchiste le plus convaincu, d’arrêter de négocier et de parlementer et d’imposer sa volonté (y compris et surtout quand on a tort) à tous les autres d’un abrupt : ta gueule, c’est moi le patron!

    Le recul des règles et de la volonté de les faire respecter, c’est toujours laisser toute la place à l’arbitraire et à la domination de ceux qui ont les plus gros gourdins.

    Le statut d’AE est de la merde, parce que, depuis le début, il a été pensé et conçu pour permettre le retour du travail à façon, du paiement à la pièce, qui avait fini par disparaître des fabriques, parce que vecteur de trop de misère. Il est créé dans un contexte de chômage massif, pour sortir du filet de sécurité sociale les gueux tout en conservant la possibilité de les exploiter jusqu’au trognon.

    Pour ceux qui pensent que c’est conçu pour permettre aux gens de se réaliser eux-mêmes et en toute liberté, pensez juste à ce qu’implique les plafonds de revenus de ce dispositif… et la quasi inexistence de AE qui passe à un statut d’indépendant normal. J’ai tout mis dans mon papier : le fait que la majorité des AE n’ont pas de revenus et que ceux qui en ont sont sous les minima légaux du monde salarié…. J’ai mis aussi le lien vers l’article où je racontais comment l’ANPE poussait vers le statut AE de pauvres gens sans qualification pour s’en débarrasser. Franchement, comment défendre ça?

    Microentreprises = microrevenus = microcitoyenneté.

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    • smolski
      smolski dit :

      « microrevenus = microcitoyenneté. »

      Ah mais non, c’est même le contraire ! 🙂
      C’est la soumission à l’argent qui réduit nos pouvoirs de citoyenneté et autres…

      En france, la plupart d’entre nous vivons largement au-dessus de la nécessité, d’abaisser ce niveau (sans parvenir à la déchéance tout de même) équivaut à nous libérer davantage qu’à nous endoctriner vers tel ou tel statut aussi artificiel et vain que celui des drogues avec les mêmes contraintes sur notre raison.

      Encore une fois, le problème du statut des revenus est lié à celui qui est donné à la monnaie qui nous domine de sa facilité fallacieuse.
      Le reste en découle.

      Répondre
  37. chris
    chris dit :

    «A l’anarchiste révolutionnaire qui lui reproche de chercher tout de suite son bien-être au point de vue économique, l’illégaliste rétorque que lui, révolutionnaire, ne fait pas autre chose. Le révolutionnaire économique attend de la révolution une amélioration de sa situation économique personnelle; sinon, il ne serait pas révolutionnaire; la révolution lui donnera ce qu’il espérait ou ne le lui donnera pas, comme une opération illégale fournit ou ne fournit pas à celui qui l’exécute ce qu’il en escomptait. C’est une question de date, tout simplement. Même quand la question économique n’entre pas en jeu, on ne fait une révolution que parce que l’on s’attend personnellement à un bénéfice, à un avantage religieux, politique, intellectuel, éthique peut-être. Tout révolutionnaire est un égoïste.»
    (E.Armand. Bibliothèque Libertaire).

    Répondre
  38. Chris
    Chris dit :

    «  » »Le gros des faillites… ce sont des entreprises individuelles… »

    On frôle la très mauvaise foi, quand pour rappel, ne sont enregistrés au TC que les dépôts de bilan entrainant procédure, donc au minimum des SARL ( jamais des EURL puisqu’il n’y a pas de capital déposé « saisissable » – en théorie). Mais on dispose, bien sûr, de la liste des salariés licenciés correspondant à ces 63 450 faillites.

    C’est quand même incroyable cet aveuglement idéologique de la part de gens qui sous Sarkozy vous hurlaient à la révolution et qui aujourd’hui sous la gauche, vous susurre que tout ne vas pas si mal que ça ( ça rejoint ma citation ci-haut). Je subodore que si nous étions sous Mélenchon, le peuple de gauche nous assurerait ( comme au Venezuela ) que tout est merveilleux.

    Bon, j’ai déjà connu ce genre de comportements dans l’après 68, où les étudiants ex-révolutionnaires de pacotille devenaient fonctionnaires, et où ma foi, le sort des prolétaires : ils avaient qu’à passer le bon concours ou suivre la bonne formation; discours toujours récurrent d’ailleurs.

    Enfin, je vais aller expliquer aux gens du voyage, faire un pèlerinage, pour clamer que le statut auto-entrepreneur c’est de la merde. Enfin, non, parce que je me vais me faire casser la gueule au nom de toutes les caravanes saisies par les huissiers de l’Urssaf ( savent pas faire un recours aux TASS comme des milliers d’artisans de cette année, eux).

    Répondre
  39. herve_02
    herve_02 dit :

    @kriss
     » la sarl n’est pas à la porté de tous ». Certes,
    « la banque ne veut pas prêter », re-certes.
    Tenir une compta est compliqué ‘ oui encore re-re-certes.

    Maintenant ce qui reste d’accessible derrière ces barrières, c’est du travail de chien, payé une misère, sans vraiment de matériel (sinon la sarl c’est dans la poche => capital, achat du matos avec le capital), sans avoir une vague idée de sa rentabilité sinon la compta ça poserait pas de problème. Ouais un monde rêvé d’esclave qui va accepter de travailler en dessous de son seul de rentabilité parce que c’est mieux que rien faire et qu’il ne s’aperçoit pas qu’il bouffe son « capital ». Il fait du kilomètre « gratos » car il ne voit que l’essence à payer et lorsqu’il faudra changer de pneu/joints/demarreur/voiture, il sera étranglé. combien de ses indépendants réalisent que chaque kilomètre coute plus de 56 cts ? Il intervient à 10 km, il a déjà « perdu » une heure de chiffre. Combien de ses dépendants demandent régulièrement à leurs familles/amis des coups de mains financier parce que leur activité ne leur permet même pas de pérenniser leur outil de travail : leur activité leur coûte de l’argent : ils ferait bien mieux de le faire au black car de toute façon ils cotisent pour rien car en dessous des seuils.

    Moi aussi j’ai eu des soucis pour l’ouverture du compte et j’ai du faire jouer des relations pour ne pas me faire trop arnaquer, allant même jusqu’à devoir insulter un directeur d’agence. Mais ne pensez-vous pas qu’il faut tenter de « tirer vers le haut », c’est à dire permettre à tous d’avoir une activité décente plutôt que de permettre des situations inhumaine et dégeulasse. Il y a tellement plein de choses intelligente et intéressante à faire (scic, scop, associations…) qui permet de mettre à l’abri le petit dans un groupe plutôt que de pousser à l’individualisation qui a plutôt tendance à mener à la mort. Parce que à part les trucs informatiques (parce que les péquins piratent les logiciels), il faut du matos pour travailler. tu ne tonds pas chez les gens 15 heures par semaine avec une tondeuse carrefour à 200 euros.

    Il vaut mieux laisser pourrir la situation pour que les gouvernants soient obligés de traiter le problème plutôt que de laisser s’enfoncer une frange toujours plus important de la population dans la misère et la précarité. Et puis, entre nous, honnêtement, ce n’est pas une crise de l’offre que nous vivons, mais un très forte contraction des dépenses. : pas de dépenses, pas de chiffre, peut importe le statut du fournisseur.

    Alors si l’objectif est de couper les petits pois en deux pour donner l’impression que l’on nourrit 2 fois plus de monde, c’est juste dégueulasse.

    Répondre
  40. chris
    chris dit :

    Mais enfin, l’affaire est fort simple dans ce cas : que ceux qui pensent que l’AE, c’est de la merde, et bien qu’ils se mettent en indépendant plein pot, où d’ailleurs effectivement dans certains cas de figure évoqués par Hervé, où il y a des frais de véhicules, de l’investissement matériel à déduire, mieux vaut opter pour une déclaration au réel, ou en portage ou en coopérative, selon leurs besoins. Mais qu’on foutent la paix à ceux pour qui l’AE convient très bien, qui en sont satisfaits ( voire parce qu’ils n’ont pas envie d’un gros business, que l’activité est réduite par nature, ou toute autre variante dont on évitera le débat sur un forum internet).

    D’ailleurs, on apprend que l’AE devrait ( sera) être désormais dénommé  » statut micro-entreprise « ce qui permettra de rassembler sous le même statut la micro et l’AE ( quant aux fameux contrôles, on débat sur l’esprit, sur le fond, parce que sur la forme, on sait bien que…).

    Répondre
    • herve_02
      herve_02 dit :

      @kris

      Ce que l’on explique c’est qu’il faut _absolument_ protéger (même contre leur volonté) les personnes qui sont embringués dans de fausses AE et ne sont que des esclaves payés au minimum.

      Le « contrat social » que j’ai signé (pour imager) et qui me retiens de ne pas mettre un pain dans la gueule aux sales cons – parce que la « société » « gère » – fait que l’on doit protéger le petit. Le pauvre individuel que l’on pressure pire qu’un salarié car on peut le mettre dehors immédiatement et qu’il n’y aura aucun matelas pour le retenir (chômage assedic) et qu’il ne cotise pas assez pour être soigné : il _FAUT_ que la société tape sur la gueule de SES patrons là, parce que sinon, on est en droit de considérer que le contrat social n’est plus celui qu’on a signé et que l’on a l’obligation morale de sortir la batte de base ball et régler la situation nous même.

      Que vous sortiez un exemple ou deux qui le vit bien oui je le conçois fort aisément, mais que vous décidiez de laisser courir la majorité des esclavagistes pour 2 ou 3 cas (qui ne seraient pas inquiétés) non.

      Répondre
      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Voilà, voilà, Hervé continue à parfaitement bien comprendre le sens de ma démarche : ceux qui trouvent déjà leur compte dans le statut AE ne seront pas emmerdés par une amélioration de leurs droits et recours et n’ont pas à s’inquiéter de la chasse aux patrons qui se goinfrent sur le dos des salariés déguisés, puisqu’il est évident que cette question ne les concerne pas.
        Par contre, pour tout le reste de la société, le message serait : vous pouvez continuer à suivre les règles de la société, parce que le contrat social, on ne laisse pas certains intérêts particuliers se torcher le cul avec.

        Répondre
  41. chris
    chris dit :

    Pour en rire et faire enrager les gôchistes, gnarf gnarf…

    J’ai un ami, licencié de sa boite, commercial hors pair, qui se lance en micro à l’époque avant l’AE, avec ACCRE, et qui va passer ses journées à ouvrir des recommandés le matin et ses après midi à les faire annuler par l’Urssaf ( RSI les émet, et Urssaf constate l’erreur). Par chance, il sévit dans le courtage des métaux précieux à l’international, et ça marche fort ( la demande à ce moment de crise, etc,etc). Le gars est honnête car il pourrait aisément se faire commissionner à Londres ou au Luxembourg ou en Afrique du Sud, mais il veut vivre peinard en France, investir dans une baraque, justifier de revenus, alors il déclare tout, et modifie son statut, passe au réel. Premier remerciement, contrôle fiscal + Urssaf parce qu’on s’étonne qu’il puisse réaliser de tels chiffres chez lui avec un simple téléphone et une connexion internet.

    Puis rapidement, un conseiller juridique le contacte et lui explique tout l’intérêt dans son cas de créer sa boite au Luxembourg, tout en se salariant en France, que c’est légal, et que les URSSAF de Strasbourg savent parfaitement gérer ces dossiers là.

    Depuis, tout va bien pour lui…cherchez l’erreur ?

    Répondre
  42. fermure
    fermure dit :

    Bon, c’est bien gentil tout ça, mais ces chers inspecteurs n’auraient-ils pas mieux à faire à aller emmerder les donneurs d’ordres plutôt que les travailleurs ?

    Parisiens retraités ayant « investi » des centaines de milliers d’euros gagnés grâce à la spéculation immobilière et de bons petits emplois bien planqués en capitale, faisant refaire leur maison mais surtout pas en payant des entreprises classiques, cotisant pleinement….

    Presse honteusement subventionnée géré par la dernière profession à disposer d’un statut fiscal dérogatoire et de régimes sociaux infiniment plus avantageux que les simples travailleurs ?

    De la part de soit-disant gauchistes, on s’attendrait à un peu plus d’ambition que de s’attaquer aux petits : rendez-vous compte, ça place même Manuel Valls plus à gauche que le PCF !:

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      C’est marrant que personne ne comprenne que le contrôle des AE débouchera sur une requalification en salariat déguisé de la part du client, ce qui implique que c’est le client qui va devoir payer les arriérés de cotisations et de salaire pour l’AE qui se verra doté du CDI qu’il aurait dû avoir depuis le départ. Donc le précaire exploité se retrouvera avec un contrat de travail CDI de plein droit, le fric qu’on lui a piqué et une protection sociale.
      Il est évident que vu la configuration, les AE véritables avec plusieurs clients, une politique de prospection, une compta bien tenue, etc. ne risquent absolument rien en cas de contrôle.

      Répondre
      • fermure
        fermure dit :

        Il faut donc faire une loi pour que l’Inspection du travail constate au simple vu des déclarations des auto-entrepreneurs l’existence d’un nombre d’employeurs très limités chez chacun d’eux ? Pourquoi faire le contrôle chez celui qui bosse quand il suffit de chercher dans les fichiers et envoyer les amendes ?

        Répondre
        • herve_02
          herve_02 dit :

          Parce que les situations ne sont pas binaires. Et que le contrôle automatique c’est la mort de l’intelligence. Que les situations sont très complexes, du mecs qui se met en AE pour donner des coups de mains aux copains (3 clients pour 500 euros par an) aux entreprises qui ont de multiples AE parce que chacun à développé une compétence propre.

          Ainsi il est pratiquement impossible de partir des donneurs d’ordres parce qu’avec un bilan on ne peut en aucun cas deviner le mécanisme de fournisseur, tandis qu’en partant des AE qui se déclarent comme tel, on est certain de tomber sur un AE. Il est facile de voir s’il a un chez lui, avec du mathos sur place, plein de factures différentes, ou alors juste enchristé chez un esclavagiste – ce qui est facilement vérifiable.

          C’est marrant cette manière de prendre le petit en otage pour protéger le gros, le pousser devant la ligne de front en avançant en espérant que l’ennemi baissera casaque. C’t’une technique, mais de mon point de vue pas de bonne augure.

          Répondre
          • fermure
            fermure dit :

            On vous propose une solution pratique pour lutter contre la fraude quasi-systématique qui règne, entre autres, dans le bâtiment et la comm et vous en restez à vouloir maintenir l’employabilité d’une inspection dépassée responsable de l’actuelle situation. Mais c’est vous qui voyez.

            Toutes les informations sont dans les fichiers, sans même parler des exonérations d’impôt sur le revenu revendiquées par les spéculateurs immobiliers premiers employeurs des auto-entrepreneurs du bâtiment. Si vos gentils inspecteurs du travail ne savent pas se servir d’ordinateurs, publiez ces données, et vous aurez très vite le résultat.

            Mais allez-y donc : envoyez ces chers inspecteurs du travail chez les travailleurs en leur expliquant qu’ils ont obligation de démontrer leur bonne foi. Vous mettrez en place des pratiques que les gouvernements autoritaires à venir pourront reprendre tels quels.

          • smolski
            smolski dit :

            femure :
            « Pourquoi faire le contrôle chez celui qui bosse quand il suffit de chercher dans les fichiers et envoyer les amendes ? »
            […]
            « une solution pratique pour lutter contre la fraude »
            Je suis plutôt d’accord avec le point de vue de herve_02 :
            « le contrôle automatique c’est la mort de l’intelligence »

            femure :
            « une inspection dépassée responsable de l’actuelle situation »
            Quant à rendre responsable les inspecteurs des moyens et des obligations qui leurs sont faites dans le cadre d’une société établie sur le déni de la dignité de chacun, c’est un peu fort de café.

  43. chris
    chris dit :

    Bah, avec au bas mot plus d’un million d’AE ( à la louche, hein, même si la fasciste Pinel en a découragé pas mal cette année), on rigole par avance de la pertinence et de la fiabilité des hypothétiques contrôles : au faciès comme dab, au bon vieux profil genre tiens celui c’est un manouche, sic…sont déjà complétement dépassés par les travailleurs détachés ( légaux certes) et les immigrés illégaux ( combien de milliers, voire de millions ?).

    Quant à la requalification en CDI, ça laisse rêveur : on nage en pleine théorie, et il suffit de se pencher quelque peu sur ce qui se passe actuellement aux Prudhommes ( y a bien longtemps qui z’ont baissé les bras ceux-là).

    J’ai fais visionner It’s a Free World de Loach à un ami syndicaliste un soir ( un planqué, quoi), et pareil, il m’a débité son catéchisme. Un brave gars plein de bons sentiments, mais un rêveur, un idéaliste, quoi…

    Et puis Hervé, ceux qui ont le mental pour manier la batte de baseball, ils font jamais salarié, ou alors le temps de la probation de leur conditionnelle ( et là, ils ferment leurs gueules, avalent tout, jouent au mouton pour ressembler aux autre caves de la boite).

    Répondre
    • herve_02
      herve_02 dit :

      @khris

      Mais j’ai bien conscience que ce n’est pas celui qui est impacté qui va prendre la batte, mais celui qui a un peu de recul et d’altruïsme.

      Quand au contrôle au faciès, je suis bien d’accord, j’ai subit un contrôle d’urssaf (pas au faciès) par un vrai con (il y en a, c’est statistique). Mais j’ai également eu au téléphone des gens très bien à l’urssaf.

      Maintenant est-ce que l’on doit supprimer tous les contrôle parce qu’il y a des cons ? tous les flics car il y a des pourris, tous les juges car certains jugent pour leur avancement ? tous les médecins car certains abusent sexuellement ? tous les militaires car on a des bas de front ? tous les profs car il y a des glandeurs et des pervers ? Je ne le pense pas, je crois qu’il faut plutôt militer pour séparer le bon grain de l’ivraie, renvoyer chez eux ceux qui ne sont pas comme il faut et laisser les autres faire leur travail.

      Parce que ce qu’il semble se préparer c’est une chienlits peu ragoûtante et on va DEVOIR sortir les battes, les fourches et les FR-F1 pour remettre dans le droit chemin les multinationales qui corrompent les pouvoirs locaux pour obtenir des concessions que personne ne veut leur donner et qui vont polluer notre environnement. Le seul moyen de lutter c’est la résistance comme en 40, élimination des agents ennemis et dynamitage des installations pour que le coût de « production » dépasse les bénéfices qu’ils espèrent en tirer.

      Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        « élimination des agents ennemis et dynamitage des installations »

        Si c’est pour penser et agir de la même façon que ce que l’on subit actuellement de pouvoirs, alors je vois pas l’avantage de changer le monde pour ça.

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        • herve_02
          herve_02 dit :

          lorsque les règles ne sont pas justes et que tu n’as aucune chance de pouvoir faire entendre ta voix, que le système est créé volontairement spoliateur au profit d’une minorité, ce n’est que la seule solution disponible.

          Va te plaindre aux résistants qu’ils étaient pareils que ce qu’ils subissaient, va te plaindre aux soldats qui défendent leur terres qu’ils sont pareils que l’ennemi…

          ah ui, c’est vrai y’a les néléction ou tu peux choisir comment tu va mourir, avec ou sans bandeau. moi ca m’éclate les réformateurs de l’intérieur, par le vote, alors qu’au cours de l’histoire, cela n’a jamais jamais fonctionné, pas une seule putain de fois : regarde même comment c’est terminé la commune… et le tce… et les référendums en ireland ou au danematrk. L’élection est devenue un piège à con pour idiots utiles.

          Par exemple, prenons les allemands, nos arrières-arrières-grand pères, puis nos arrières-grand pères, puis nos grand pères se sont battus pour que règne en france la loi française et non laloi allemande, et aujourd’hui règne en europe la loi allemande qui a fait l’erreur de choisir le système par capitalisation qui sacrifie par nature la jeune génération. Alors on nous explique que l’on doit voter parce que le combat de nos ancêtres (disons 300 ans)blablabla alors que l’on méprise ceux qui sont morts il y a 70 ans contre les allemands. C’est juste du foutage de gueule, désolé.

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          • smolski
            smolski dit :

            Ok herve_02.

            Le vote n’est pas un moyen pour modifier le système en l’état.
            Il ne l’a jamais été.
            Il ne le sera jamais.

            Cependant, prendre pour argent comptant les arguments de la prédation que nous subissons et les utiliser à notre profit ne le fait pas plus.
            Ce n’est pas tel ou tel pouvoir qu’il faut détruire, c’est celui qui est en chacun de nous qu’il faut domestiquer, ce n’est qu’ensuite que les pouvoirs constitués seront ratiboisés du col.

            « Savons-nous nous servir de l’organe rudimentaire de la liberté, des organes rudimentaires des arts, […] Je ne le crois pas. »
            Louise Michel

            Si nous partageons ce point de vue que l’organe de la liberté est embryonnaire en chacun de nous et ne demande qu’à croître, on peut penser qu’il nous faut le cultiver et le chérir en soi comme un champ de blé à mûrir pour le pain de tous plutôt que de le faucher en herbe sans jamais recueillir de grains pour personne.

  44. Pierre M. Boriliens
    Pierre M. Boriliens dit :

    Bonjour,

    J’aime beaucoup ce texte, qui dit tout :

    « Les salaires de l’ouvrier se règlent contradictoirement par une convention faite entre l’ouvrier et le chef d’industrie : le premier cherche à recevoir le plus, l’autre à donner le moins qu’il est possible, mais dans cette espèce de débat, il y a du côté du maître un avantage indépendant de ceux qu’il tient déjà de la nature de ses fonctions. Le maître et l’ouvrier ont bien également besoin l’un de l’autre, puisque l’un ne peut faire aucun profit sans le secours de l’autre, mais le besoin du maître est moins immédiat, moins pressant. Il en est peu qui ne puissent vivre plusieurs mois, plusieurs années même, sans faire travailler un seul ouvrier, tandis qu’il est peu d’ouvriers qui puissent, sans être réduits aux dernières extrémités, passer plusieurs semaines sans ouvrage. Il est bien difficile que cette différence de position n’influe pas sur le règlement des salaires »

    L’AE n’est jamais qu’une modalité particulière de ces bons principes…

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  45. hourral
    hourral dit :

    Le droit et la jurisprudence existent.

    Si sous couvert d’AE vous êtes traité comme un salarié – soumis à des horaires, des ordres, des autorisations d’absence, des sanctions etc., si de plus la boîte est votre client unique, voire la totale s’il y a des salariés qui font un travail similaire en interne, vous êtes en état de subordination et la requalification en contrat de travail avec tout ce qu’elle implique est assez facile à poursuivre au tribunal.

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  46. fermure
    fermure dit :

    « le contrôle automatique c’est la mort de l’intelligence »

    Et vous n’avez pas de meilleurs sujets sur lesquels employer l’intelligence qu’aller emmerder ceux qui bossent, vous semblez l’oublier, au final, au bénéfice de tous ?

    Et de quel contrôle parlons-nous ? De la détection des capitalistes fraudeurs, des exploiteurs et des prévaricateurs. Ici, l’intelligence est l’encouragement à la fraude. Ici, nul besoin de tolérance et de compassion. A quoi bon faire preuve de davantage de compassion chez les exploiteurs que pour les pauvres hères venus de leur plein gré s’autoexploiter à Paris avant même qu’ils y parviennent ?

    Mais au risque d’insister, continuez donc à renforcer les pouvoirs d’inspection : les régimes autoritaires à venir n’auront plus qu’à reprendre en l’état tout ce qui aura été créé à fins d’emmerder les citoyens

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    • smolski
      smolski dit :

      Il ne s’agit pas de laisser faire mais d’étudier au cas par cas chaque situation car il y en a une par petit entrepreneur.
      Maintenant, automatiser pour les gros, je ne vois pas de problème à les pourchasser prioritairement et systématiquement, la propriété abusive, c’est le vol.

      Mais ça, beaucoup s’en indigne moins considérant sous la pression idéologique régnante qu’eux-mêmes feraient pareil à leur place.

      Hier sur arte, on traitait de l’évasion fiscale justement.
      Déjà rien que le titre… Pourquoi pas escroquerie fiscale ?
      Et le débat, les intervenants utilisaient volontiers le terme d’optimisation fiscale en parlant des milliards spolliés aux peuples, comme si le montant pharanoïque des sommes effaçait la catégorie de crime.

      Donc, je préconise une personnalisation de l’aide à la gestion d’entreprise pour les petits, et un combat acharné automatique contre les gros qui doivent eux justifier de leurs prétentions aux avantages fiscaux pied à pied devant des personnes compétentes attachées à la justice sociale.

      money… money… money… 😀

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