L’inertie du quotidien

On ne vit que la nuit. Ou pendant les vacances. Pendant nos escapades. Nos fugues. On ne vit réellement que dans les interstices de l’existence.


MétalLe reste du temps, nous sommes portés par les événements comme par une rivière en crue dont les eaux bouillonnantes nous avalent, nous secouent, nous déchirent, nous vomissent quelques minutes dans un méandre vaseux avant de nous happer à nouveau et nous ballotter comme des pantins pitoyables. Il arrive que nous ayons l’illusion de diriger nos vies, d’avoir une emprise sur nos destins, mais non, nous sommes noyés dans l’apparente banalité des choses, des actes, des moments routiniers qui se suivent, s’entrechoquent et nous enchaînent dans les mailles serrées de nos habitudes.

Parfois, comme une gifle en pleine lucarne, avec une acuité froide et lancinante, nous prenons conscience de la vacuité de notre existence, de notre incapacité à secouer notre inertie, à prendre des décisions, à faire des choix, à changer de braquet et, là, aux heures les plus sombres et solitaires de la nuit, nous entamons la litanie des grandes résolutions, des grandes phrases qui déclament la vérité nue. Dans le secret de notre esprit tourmenté, nous trouvons les mots, nous voyons la route, nous sentons l’Histoire, nous percevons quelle devrait être notre place dans ce grand ensemble, dans cette chorale immense des âmes perdues. Le corps tendu par un déferlement de détermination soudaine, nous sortons de la matrice, nous distinguons le plan derrière le plan, nous embrassons du regard la totalité de l’édifice humain et là, nous savons. Nous savons très exactement ce qu’il faut faire, ce qu’il faut dire, ce qu’il faut penser. Nous sommes comme des bourgeons qui éclatent enfin après un trop long hiver : cogito, ergo sum !

Je me demande parfois si sauter sur ses pieds à ce moment précis serait vraiment suffisant pour dépasser ce qui suit inévitablement. La lente dilution de la détermination dans la pâleur diffuse de l’aube qui pointe et dont l’éclat grandissant occulte nos plus profondes aspirations. Le retour de la lumière, de la normalité, qui, paradoxalement, brouillent de nouveau la vision, enkystent l’élan, troublent la pensée.
Il est temps de se lever et la course recommence. La lente course contre nous-mêmes, la lente course contre le temps, qui file et nous échappe. Les moments s’imposent à nous sans que nous y prenions réellement part. La somme des petits gestes nécessaires et bêtement indispensables nous paralyse dans une frénésie vide et inféconde. Tant de pas pour passer d’une pièce à l’autre. Tant de minutes pour changer d’état. Tant de bruit pour faire semblant d’être là. La routine nous englue comme des mouches sur le papier collant : implacablement et mortellement.

Ce qui était la priorité, ce qui était le plus important devient une sorte de tâche de fond, diffuse, confuse, que la crudité de la lumière des néons rend un peu dérisoire et sans consistance. Cours, cours, petit hamster, dans ta roue qui ne va nulle part. Encore une occasion manquée, encore un petit matin qui déchante, encore une journée de perdue, une de plus, en attendant. En attendant quoi, d’ailleurs ?

Il y a plus de puissance nihiliste et inhibitrice dans l’enfermement du quotidien des gens libres et heureux que dans toutes les dictatures implacables du monde.
Ô, que j’aimerais changer ma vie ! Mais pas avant demain, parce qu’aujourd’hui, j’ai piscine.

Donnez-leur un emploi du temps et ils ne verront même pas qu’ils sont vos esclaves. Assignez-leur des responsabilités, des tâches, des obligations et vous n’aurez même pas besoin de les soumettre. Ils s’oublieront d’eux-mêmes. Sans heurts et sans cris. Mais omettez seulement de les occuper quelques jours et les voilà qui errent, inquiets, qui doutent, qui souffrent, qui s’interrogent et qui finissent par lever vers vous un regard neuf, perçant et bientôt accusateur. Oubliez de donner un sens à leur vie, même dérisoire, même infime et ils commenceront dès lors leur quête d’eux-mêmes, et ils se chercheront une utilité, une vocation, un destin.

Plus aliénées que le plus soumis des larbins, il y aura toujours les femmes. Les gardiennes du temple, les garantes de la stabilité, celles qui s’usent, jour après jour, à garantir la cohésion du Grand Tout par l’empilement des petits riens du quotidien. Celles qui se lèvent souvent les premières pour se coucher après tout le monde. Celles qui gèrent l’intendance, contrôlent l’horloge, assurent la continuité de la satisfaction des besoins physiologiques de tous. Celles qui font toujours plusieurs petites choses de rien en même temps, parce que les journées, étrangement, ne font que 24 heures. Même leurs revendications en étendard, même leur farouche volonté de vivre et de s’émanciper, même leurs années de combat et de lutte, rien de tout cela ne peut les extraire de la gangue serrée et épaisse de leur dilution dans l’insignifiance du quotidien. La procrastination n’est pas là un mode de vie, c’est un dispositif de survie nécessaire qui s’impose à elles toutes par la force des choses.
Et qui nous use.
Pour rien.

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84 réponses
  1. clement
    clement dit :

    bouillante la dame monolecte !! 🙂

    votre texte est très joli, en plus.

    J’y retrouve le "busyness" de Mr le juge. L’affairement comme obstacle à toute évolution.

    Le travail, sous toutes ses formes, l’absence de temps libéré, est d’après lui la vraie prison. Les lois n’ont que peu de poids à coté.

    pour créer ensemble, c’est plus facile de commencer par réussir à être ensemble, de temps en temps.
    Et pas derrière un écran 🙂

    la procrastination choisie. ne remettre au lendemain que ce qui est indispensable; et en assumer les conséquences :).

    Il est indispensable d’ouvrir de nouveaux chemins. Attaquer les ronces le sourire au lèvres.

    Donc on remet ça au lendemain. Ou plutôt à la nuit suivante. Quand la pression se fait moins forte. Quand la transe urbaine perds de son pouvoir. Quand les administrations ne sont pas là pour te maintenir sur la route, d’une lettre ou d’un coup de fil. Quand l’argent n’est pas nécessaire, car pas utilisable.

    et pourtant chaque nuit passée à espérer autre chose qu’une nouvelle voiture, ou autre, est une victoire.
    Le grand soir c’est tout les soirs. Seul le désespoir ambiant marque nos rêves du sceaux de l’irréalisable.

    et chacun de stimuler la procrastimachin de ses voisins. Par un simple accès de… "there is no alternative".

    Pourtat, Mme maillard, dans ces nuits là vous avez crée qqch. J’y me le mot TAZ, on y met ce qu’on veut. mais c’est le premier pas dans les ronces. C’est très positifs.

    Je préfère les presque désespérés, dans votre genr, aux allumés, aux convaincus, sans dialogue possible.

    En soit, ce texte est beau, et positif. Il motre à tout ceux qui vous suivent sur la route que derrière les ronces, il y a des prairies ou rien foutre n’est plus improductif 🙂

    Merci Mme maillard…

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  2. alsospracht
    alsospracht dit :

    Bravo pour le "savoir dire"… sinon oui, M. Brzezinski avait vu comment vu nous rendre docile et corvéable (avec le Tytitainment) mais tout concept subit des effets pervers : toute routine mène à l’ennui et à tourner en rond, en rond, en rond… jusqu’à ce que tu décris si bien. C’est la qu’il faut se souvenir que les plus beaux jeux sont ceux de l’esprit (et, accessoirement, du combat de rue…) ouais, mais bof ! on s’ennuie déjà rien qu’à se relire, à redire toujours les mêmes choses depuis si longtemps.

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  3. mike hammer papatam andropov
    mike hammer papatam andropov dit :

    Très beau billet, j’aime beuacoup ta description de tout ce qu’on se construit dans la nuit et qui s’effiloche au petit matin, alors qu’un jour brumeux se lève.
    C’est très vrai, ce sentiment, cette sensation, et parfois cette réalité.
    C’est ce qu’on partage tous et qui est profondément humain.

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  4. Rodion
    Rodion dit :

    Voici un texte que L’Internationale Situationniste aurait volontiers fait sien. Le quotidien c’était toutes les préoccupations de l’IS. On ne le voit jamais aussi bien que dans les dérives psycho-géopgraphiques initiées par Chteglov, reprises par Debord et Jorn, dans leur critique de l’urbanisme, dans l’injonction "Ne travaillez jamais", dans la plus célèbre "perdre sa vie à la gagner" ou dans le livre de Raoul Vaneigem "Traité à l’usage des jeunes générations".
    Toutes ces accrétions de l’ennui et des contraintes qui éloignent de la vraie vie, les causes en ont été admirablement posées dans la critique de la société du spectacle et "la critique de la séparation" (un film de Debord qu’on peut voir sur Ubuweb, tout comme le remarquable "In Girum nocte et consimumir igni" ce palindrome dont le sens suffit à lui seul à donner au texte d’Agnès Maillard quelques accents de sororité avec ses prédécesseurs)

    Pessoa disait "nous avons vu s’abattre sur nous la plus mortelle des sécheresses. Celle qui nait de la connaissance intime de la vacuité de tous nos désirs et de la vanité de tous nos efforts"

    Pour les esprits chagrins et plus encore les insupportables railleurs qui objectaient à Agnès un pragmatisme froid, disons qu’il y a entre les deux dernières contributions de Mme Maillard, une cohérence qui devraient les ramener à de meilleurs sentiments, s’ils ne sont pas totalement dépourvus d’une poésie si impérieusement indispensable aux hommes en ces temps de surenchères fascistes de l’homme économique (je vous fais l’économie de vous redonner la très belle citation de Romain Gary sur la mythologie de l’homme)

    Voyez "The map is not the territory" la création de Ralph Rumney (ouvrage gratuitement disponible aux Editions Allia)

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  5. denis
    denis dit :

    @Rodion
    Effectivement ça fait penser aux situationnistes. Merci pour les références.

    @Agnes
    Toujours d’aussi beaux textes… Je suis presque totalement d’accord avec vous. Et c’est un peu déprimant.
    "Oubliez de donner un sens à leur vie, même dérisoire, même infime et ils commenceront dès lors leur quête d’eux-mêmes, et ils se chercheront une utilité, une vocation, un destin "
    Je vais faire plus défaitiste : et non, ils se chercheront vite un autre emploi du temps, pour ne pas faire face au vide et au non sens de leur situation… Je pense que très rare sont ceux qui veulent chercher une vocation. Il ne faut pas sous estimer la puissante aliénation qui accompagne tout ça.
    "encore un petit matin qui déchante, encore une journée de perdue, une de plus, en attendant. En attendant quoi, d’ailleurs ?"
    En attendant du rêve. En attendant d’avoir le temps de penser sa situation, pour se donner un peu d’espoir. Peine perdue dans notre société qui a compris que si elle est assez rapidement changeante, les gens n’ont pas le temps d’avoir une idée de changement adaptée à leur situation qui perdure suffisamment dans le temps pour pouvoir la faire murir et la mettre en œuvre.

    Merci encore pour ce billet.
    Je vous soutient dans votre démarche politique, et vos réflexions sur le sujet me font du bien car je partage beaucoup de vos interrogations.

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  6. Le Barbier de Séville
    Le Barbier de Séville dit :

    Ben putain, Dame Monolecte ! Va falloir essayer le pétard ! Dans vos campagnes ça doit être assez facile de cultiver discrètement deux ou trois pieds de chichon !

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  7. W*
    W* dit :

    Bon jour ! …en deux mots plutôt qu’en un, tant ce texte vient ricocher avec bonheur en mon âme de "modeste jardinier de la folie" et cela avec la fidélité de l’écho ! 🙂
    Aussi vrai que la peur tue et que cette dernière est aujourd’hui massivement insufflée dans chaque interstice de nos vies par les sinistres marionettistes de notre quotidien, les interrogations légitimes de ce billet et sa parabole du hamster, qui ne sait comment s’élancer encore sans demeurer prisonnier de sa roue, nous rappellent -avec brio- combien il serait temps -mais comment ?- de renouer avec le nectar de nos vies.

    "On ne vit que la nuit. Ou pendant les vacances. Pendant nos escapades. Nos fugues. On ne vit réellement que dans les interstices de l’existence."

    Un constat limpide et une vérité fondamentale et incontournable qui finiront, je l’espère, par devenir le levier d’un ré-examen complet de notre monde et de son fonctionnement absurde avant que ce dernier n’implose… et nous avec !

    Vian disait "Un jour… il y aura autre chose que le jour"

    Et je l’invoque depuis longtemps, sans pourtant le voir venir…
    ou seulement très épisodiquement et fragmentairement.
    En lisant ce post, je patiente cependant en complice compagnie.
    Et c’est aussi délicieux que réconfortant.

    Merci… et belle route, quels que soient ses détours.

    Respectueusement.

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  8. Le Barbier de Séville
    Le Barbier de Séville dit :

    On peut aussi voir ça comme une autre façon de sauter. Temporaire et réversible. Histoire d’évacuer l’excès de pression sans tomber dans le définitif.
    Mais ma remarque initiale se voulait légère. Je ne fais pas de prosélytisme.

    Répondre
  9. clement
    clement dit :

    à force d’évacuer la pression par les psychotropes (tv comprise), ça laisse de beaux jours devant eux à ceux qui nous la mettent. ( la pression, hein, ne soyons pas vulgaire…)

    Répondre
  10. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Vi, mais avec ou sans pétard, on vit toujours dans le même monde de merde. Je préfère me passer des béquilles qui me le rendraient un peu plus supportable, parce que, fondamentalement, le pire qui pourrait m’arriver, c’est d’arriver à supporter l’insupportable.

    Répondre
  11. smolski
    smolski dit :

    "On ne vit réellement que dans les interstices de l’existence."

    Jeu sais vraiment pas comment ne pas vivre par soi-même ?
    Peut-être alors queue la démission ne vient pas du dehors mais du dedans de chacun de nous au préalable, non ?

    Le chichon ou l’humour, jamais le second n’ensommeille, surtout sans modération ! C’est un choix.

    Répondre
  12. Rodion
    Rodion dit :

    "Le pire qui pourrait m’arriver, c’est d’arriver à supporter l’insupportable"

    A ce propos une très remarquable intervention d’Erich Fromm. Fromm était issu de l’Ecole de Francfort qui a été souverainement occultée par notre époque. Vous allez comprendre pourquoi…

    « Notre société occidentale contemporaine, malgré ses progrès matériels, intellectuels et sociaux, devient rapidement moins propre à assurer la santé mentale et tend à saper, dans chaque individu, la sécurité intérieure, la bonheur, la raison, la faculté d’aimer ; elle tend à faire de lui un automate qui paie son échec sur le plan humain par des maladies mentales toujours plus fréquentes et un désespoir qui se dissimule sous une frénésie de travail et de prétendu plaisir. » Mais « gardons-nous, de définir l’hygiène mentale comme la prévention des symptômes. Ces derniers ne sont pas nos ennemis, mais nos amis ; là où ils sont, il y a conflit et un conflit indique toujours que les forces de vie qui luttent pour l’harmonisation et le bonheur résistent encore ». Les victimes sans espoirs se trouvent parmi ceux qui semblent les plus normaux. Pour beaucoup d’entre eux c’est « parce qu’ils sont si bien adaptés à notre mode d’existence, parce que la voix humaine a été réduite au silence si tôt dans leur vie, qu’ils ne se débattent même pas, ni ne souffrent et ne présentent pas de symptômes comme le font les névrosés ». Ils sont normaux non pas au sens que l’on pourrait appeler absolu du terme, mais seulement par rapport à une société profondément anormale et c’est la perfection de leur adaptation à celle-ci qui donne la mesure de leur déséquilibre mental. »
    Erich Fromm, philosophe-psychiatre cité par Aldous Huxley dans « Retour au meilleur des mondes ».

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  13. fred
    fred dit :

    des mots qui résonnent froidement dans mon quotidien, des pensées que je cache bien vite sous mon mouchoir pour pouvoir continuer à "vivre"…
    on nous dit qu’il faut savoir savourer les petits bonheurs… pourquoi devrait on s’en contenter? Manque de courage, peur du vide…
    merci.

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  14. clement
    clement dit :

    @rodion. belle participation. et qui touche de prêt le précédent post de Mme Maillard.

    A défaut de changer la société, en refuser les facettes les plus aliénantes?

    Par notre simple existence différente, par la preuve au long terme qu’autre chose est viable, inciter autrui à choisir les facettes auxquelles il ne souhaite plus participer?

    Et peut-être, ainsi, changer profondément notre environnement?

    De ce point de vue, en choisissant la vie que l’on veux( y compris juste cultiver son jardin pour certains?) on participe à l’acte collectif de fabrication de notre monde. C’est un peu du grand soir au détail…

    Ainsi le rôle du politique, mme Maillard, pourrait il être de permettre la multiplication des bordures? interstices? Je pense à cet article de la loppsi contre la cabanisation… Plutôt de lutter contre l’insalubrité en collant tout le monde en HLM, peut-être faut il lutter contre l’insalubrité… en prônant l’usage intelligent des habitats nomades? Ce n’est qu’un exemple, bien sur.

    Répondre
  15. Le Barbier de Séville
    Le Barbier de Séville dit :

    "Lorsque tu auras désappris à espérer, je t’apprendrai à vouloir"
    Le problème c’est que rares sont ceux qui ont la chance d’avoir Sénèque sous la main pour apprendre à vivre.
    La procrastination c’est peut-être aussi de remettre sa vie à demain.

    Répondre
  16. Le Barbier de Séville
    Le Barbier de Séville dit :

    Lucide et sincère, si vous n’aviez pas peur, vous seriez folle. Il n’y a pas d’autre alternative, je crois.
    Ceci dit, il me semble qu’on peut aussi apprendre à contrôler la peur, surtout quand elle devient bloquante.

    Répondre
  17. clement
    clement dit :

    Au vu de la situation dans laquelle on est, la peur est indispensable; c’est sur.

    C’est d’ailleurs grâce à la peur que les gens abdiquent leur lucidité, et font le choix du bonheur d’état, choix qui nous parait s’approcher de la folie. on en revient à la citation de rodion. et à la procrastination.

    Mais si on accepte la peur, avec comme récompense la lucidité qui en est la cause, on arrive à définir ce qu’on ne veut pas. La situation a ceci de simple qu’en se contentant de refuser, de ne pas participer à tout ce qui se trame en ce moment on a déjà un beau projet de société. Reste la question des moyens.

    En sens, je ne peux pas m ’empêcher de penser que les gouvernants, en nous acculant un peu plus chaque jour, nous enlève aussi des raisons d’avoir peur. Mais cela reviendrai à dire qu’ils construisent eux-même leur bucher. J’ai encore du mal à croire qu’ils soient aussi con…

    Répondre
  18. smolski
    smolski dit :

    clement post 29 :
    https://blog.monolecte.fr/2011/
    "Les gouvernements … construisent eux-même leur bucher."

    Je suis avec le sentiment que la justesse des points de vue échangés sur ce fil et les propos de Rodion en particulier s’adressent à une société mais s’égarent en s’appliquant uniformément (dans leurs conclusions) à la personne composant ces sociétés.
    Ce qui s’avère juste pour un ensemble ne l’est pas forcément (jamais vraiment ?) pour le particulier.
    Seule une tendance vague se dessine, sans persévérance, toujours à la merci du moindre flamboiement de la conscience individuelle, rebelle tout autant par nature et par esprit de survie à l’uniformisation de la pensée.
    Ainsi, la propagande qui dessine les valeurs sociales à suivre (légales et non de fait égales pour tous) ne peut s’établir QUE sur le terreau pré-acquis d’une personne, non comme une réplique déterminante sur l’ensemble des individus qui la subissent.
    C’est dans les interstices de notre humanité que réside l’affranchissement vivifiant et libertaire face à l’asservissement mortifère social, car ce sont les principes sociaux (par leur nature globalisante, réductrice, castratrice) qui tendent à réduire les valeurs humaines, non l’inverse.
    En affirmant notre individualité, nous portons la responsabilité des valeurs propres à notre humanisme natif dans son instinct de survie même.
    Là sont d’abord les valeurs librement acquises, librement partagées, librement vécues parce que librement intégrées dans la nature particulière de chaque l’individu, les valeurs enfin respectueuses de chacun.

    Je reste saisi du manque d’efficacité de toutes ces doctrines opiniâtres qui s’écroulent d’elles-mêmes, propagandes ou pas, dès lors qu’elles tendent à l’absolutisme !
    Pas vous ?

    @clement : post 17
    https://blog.monolecte.fr/2011/
    No comprendo le lapsus que tu indiques ?

    "Le chichon ou l’humour, jamais le second n’ensommeille (donc l’humour maintien en éveil), surtout sans modération ! C’est un choix."
    Pour expliciter : Je crois que l’humour réveille et que le chichon, comme le souligne Agnes et d’autres, participe à l’endormissement par son usage pété et répété !
    😀

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  19. paul
    paul dit :

    bon !
    je sais pas comment c’est par chez vous.
    mais, chez moi, tous les matins, avant le lever du jour, juste avant hein, y’a des merles qui font un concert merveilleux.
    je ne m’en lasse pas.

    Répondre
  20. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    @smolski : nous sommes des animaux et nous recherchons nos congénères comme le tournesol le soleil. Tu n’es pas l’homme seul et auto-déterminé. Tu es le fruit d’une éducation et d’un corps social. La plupart des comportements que nous pensons individuels sont en fait de l’ordre du fait social.

    Répondre
  21. clement
    clement dit :

    alors je t’enverrai un enregistrement de mes éboueurs chéris. Parfait pour remettre les pieds sur terre…. Mhhh puuutiin mon découvert!

    @ smolski lapsus killer!!

    Jeu sais vraiment pas comment ne pas vivre par soi-même ?
    Peut-être alors queue la démission ne vient pas du dehors mais du dedans de chacun de nous au préalable, non ?

    mais c’est dit en toute amitié hein 😉

    Répondre
  22. Jo
    Jo dit :

    Quel beau texte !
    Dommage que la discussion, en creusant, en soit venue à butter sur ces passions tristes : l’espoir et la peur. Il me semble qu’il y a pourtant plus de puissance dans ce texte, dans cette lucidité nocturne qui se tourne avec nostalgie vers un futur plus heureux.
    C’est vrai que nous sommes arrimés à l’immédiateté du quotidien, soumis avec résignation à son inertie et à son implacable nécessité. Alors on peut pleurer sur notre lâcheté, sur la complaisance avec laquelle nous nous abandonnons à cet état de fait, à la nullité servile de la simple survie. Ou on peut se plaindre de la faiblesse de nos forces, de notre volonté, et accuser la dureté du sort qui s’ingénie à nous tourmenter.
    Mais l’issue n’est ni dans la peur ni dans l’espoir — et pourquoi pas nous prescrire un malheur plus radical, ou une bonne guerre, pour nous rappeler à nos priorités par un sursaut vital, ou une religion qui nous révèle notre véritable destinée ? En fait il n’y a sans doute pas d’issue. Ce que dit le texte c’est simplement ce qui est : nous révons. Nous avons des rêves et ils nous hantent. Un spectre hante notre quotidien : le spectre d’une vie meilleure.
    Y-a-t-il meilleur compagnon et confident que ce fantôme ?
    Puisque chacun y va de sa citation je ne peux résister à invoquer Derrida : "Apprendre à vivre, enfin, cela ne peut que s’entretenir de quelque fantôme".

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  23. Rodion
    Rodion dit :

    On mange Agnès Maillard… Disons qu’il ne m’est pas arrivé de manger une femme véritablement intelligente et sensible depuis longtemps.
    J’apporte mon concours au jeu des citations. Celle-ci de Raoul Vaneigem, pour ponctuer la belle intervention de Jo, "j’apprends à vouloir tout et à n’attendre rien, guidé par la seule constance d’être humain et la conscience de ne l’être jamais assez". Un phare…

    Répondre
  24. smolski
    smolski dit :

    Tchap !

    @clement si c’est pour les "jeu" et "queue", ben c’est pas du lapsus, c’est juste… un peu d’humour posé sur les humeurs de ce fil.

    @Agnes Pas d’accord, nous ne naissons pas vide et surtout pas sans détermination particulière à chacun.
    Nous ne naissons pas tous semblables génétiquement.
    Le fait social modélise ces particularités, il ne les fabrique pas de lui-même mais les plie à son image pour sa survie devant et le plus souvent contre la survie de l’individu et de son espèce. Notamment par la survalorisation du machinisme. (L’obsolescence de l’homme – Günther Anders)

    Nous pouvons croire que comme l’oiseau a une génétique le prédisposant à voler, le chien à courir, le poisson à nager, l’humain a une prédisposition génétique au langage préalablement à ce qu’en fait la société à laquelle il appartient. (Noam Chomsky – Raison et Liberté)
    Autre illustration, on ne peut contempler les peintures de lascaux ou la main inscrite dans une grotte préhistorique d’espagne sans le bouleversement particulier qui nous lie individuellement aux oeuvres d’art actuelles. Pourtant, les contextes sociaux de leurs créations et le nôtre actuellement sont bougrement différents !

    Ces exemples peuvent démontrer un inné social qui entraîne de fait la possibilité qu’il y ait d’autres particularismes qui se développent proprement dans l’individu (humain ou autre), indépendamment du contexte absolu (social et autres) de son existence.

    Et donc, un peu à l’image du "cri primal", je préconise à chacun de chercher sans relâche la vérité de sa "nature primale" avant que d’obéir aux systèmes sociaux pernicieux aussi "fondés" et "tranquillisants", voire "essentiels" qu’ils nous paraissent dans leur déterminisme rassurant et leur usage habituel, aveuglément.

    Je dis pas que l’humain naît bon ou mauvais, je dis qu’il naît avec son particularisme génétique et que c’est sur ce particularisme que se fonde sa vie sociale.
    Que c’est en respectant et en valorisant ce particularisme que nous maintenons notre équilibre personnel et de fait l’équilibre social où nous vivons, le bon comme le mauvais confondu à l’égal pour chacun d’eux.
    Cet individualisme est aussi la source vitale du partage des acquis individuels au collectif, ce qui est raisonnablement la nécessité pour la pérennité de notre espèce.
    Sans autrui, chacun n’existe pas.

    Enfin, ta démarche politico-sociale de proposer :
    "Bougez donc vos propres fesses (bouc) !"
    me paraît des plus claires, tant elle démontre la valeur intrinsèque que tu attribues toi-même à chacun et ne prétend à rien de la valeur de tes propres idées, sinon par la sincérité de ta personne et de ton harmonie avec tes actes.

    Ce qui ressemble bougrement à ton blog !

    Insoumission ! Yeeeeeeeeeaaaaaaaaaaah

    Répondre
  25. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    @Jo : la simple survie, c’est exactement à cela que nous sommes acculés, de plus en plus, et je pense que c’est une stratégie globale. Rien n’est plus stérilisant et aliénation que de devoir sans cesse lutter pour la simple survie. Cela nous ravale au rang d’animaux, même pas sociaux, donc, quelque part, à un état artificiel subanimal. Il s’agit là d’un totalitarisme monstrueux qui est en train de s’étendre partout sur la planète.
    Ne pas perdre de vue que les peuples du Maghreb ont commencé à se soulever quand même assurer leur simple survie n’était plus possible, quelque soit la quantité d’efforts ou d’abnégation en jeu.

    Répondre
  26. smolski
    smolski dit :

    @ paul et le chant des merles
    C’est une question de prise de territoire pour les merles et les zoziaux en général.
    Ils prennent un territoire et s’y affirme par leurs chants matinaux. Ensuite, ils vont courir la gueuse et trouver à bâfrer, comme tout un chacun des mâles d’ici bas !
    🙂

    @clement et le lapsus
    Oups, fait pas attention, des fois j’suis aussi gros, trôôôô ! "tel est pris qui la pas su" hein !
    😉

    Répondre
  27. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    @H : la peur qui me paralyse le plus est bien sûr celle de l’échec, du rejet. Parce que je fais partie de la masse immense de ceux pour qui il n’y a jamais de deuxième chance. La deuxième chance, le rebond, ce sont des mythes fabriqués par ceux qu’une bonne place préalable dans la société a doté dès le départ d’un fusil à plusieurs cartouches, ce sont aussi des arguments pour fustiger l’échec de ceux qui n’ont pas le droit à l’erreur, ceux qui doivent exécuter une trajectoire parfaite pour ne jamais déchoir, pour les rendre responsables d’un ordre mondial délétère sur lequel ils n’ont, bien sûr, aucune prise.

    @Rodion : j’ai déjà écrit ici, à l’occasion d’un concours en ville, à quel point le sentiment de décrépitude de notre monde m’étreint puissamment chaque fois que je retourne dans un lieux que j’ai connu plus jeune. Alors que dans ma jeunesse, chaque retour à la ville me permettait d’apprécier l’amélioration, la modernisation, l’aménagement, depuis 20 ans, c’est la dégradation, l’abandon qui sont au menu. Ça fait tellement fin de règne, tout ça. Après, je ne suis pas certaine de la chaleur humaine soit la condition suffisante pour lutter contre l’abandon des peuples et la guerre économique qui leur est faite.

    Répondre
  28. H
    H dit :

    La peur ? Je n’ose vous demander la peur de quoi tant la votre m’est intuitivement parlante bien que vous ne précisiez pas dans votre superbe texte, ce qui vous hante tout à fait , sinon au scalpel la difficulté d’Être – interstiCIELlement résolue – et la poignante conscience vive de votre existence. Tel un poignard planté douloureusement au cœur même du jour, qui n’est que l’ombre d’une promesse égarée et différée, la béance vibrante d’un " infracassable noyau de nuit " qui intimement vous constitue, porte loin votre parole. Jusqu’à ces fragrances d’aube entraperçues dans leurs vacuités futures qui littéralement vous tuent, c’est en écrivant que vous vous faites renaître à la vie. Paradoxalement conscience saillante & isolée, vous semblez éclater épiphaniquement en vous rapprochant de la multitude, proportionnellement à son insoutenable absence, son intolérable mutisme, son invisibilité perçue. La répétition des jours sans fin, le sentiment de leurs diurnes et supposées pauvres accomplissements à venir, vous font porter le cri à hauteur d’humanité. Oui, en vous la multitude résonne et gronde comme déchirée : Vous, nous, je, la multitude. Tout un peuple vibre et manque, s’évanouissant soudain à mesure que la nuit se fait jour.

    Vous n’avez peut-être plus le choix maintenant très chère Agnès ( si vous me permettez ) – il va vous falloir incarner " cette multitude " en inventant en votre proche contrée " LES RENCONTRES DU MONOLECTE " . En tant qu’ " intellectuelle collective " pour paraphraser et glorieusement féminiser une expression bien connue, vous, Agnès Maillard, n’ êtes pas seule et vous le savez bien. De là à organiser de joyeux banquets locaux de proximité où chaleur humaine, réflexions philosophiques, lectures, chants etc, renoueraient avec la perspective de faire de la politique autrement, il n’y a qu’un PAS. Tentative consciente d’actualisation de soi par la multitude, la densité existentielle ouverte comme un arc en plein cintre au cœur vif de la nuit – la vôtre – celle- ci en effet ne pourrait -elle pas augurer de ces futurs " banquets du Monolecte " ? Regardons comme ce monde meurt de déliaisons, regardons comme le DESIGN a remplacé l’ Être ; comment ce fascisme de la Forme Pure recouvre toute humanité. Tel un blanc manteau de la dénégation, l’ évidement de toute substance humaine, le Design dévore toutes ses proies en les formatant. Faire de la politique ? Après l’amour, il faut sans doute, elle aussi, la réinventer. Inventer, c’est sans doute préférer les liaisons démultipliées de la multitude au simple design de notre conformité au monde tel qu’il s’oublie, erre et se vend.

    Répondre
  29. Rodion
    Rodion dit :

    @Agnès… Oui il y a indubitablement une surenchère, la rapine a pris des proportions jamais atteintes. Il nous suffit de comparer nos conditions de "vies" enfant et plus tard dans les années 90, avec nos conditions d’aujourd’hui. La dégradation touche la grande majorité de la planète et dans nos propres sociétés c’est aussi majoritairement que les conditions se sont dégradées. Mais parallèlement des gens se sont enrichis, une poignée de manière extraordinaire et d’autres très notablement. Les disparités n’ont jamais été telles. Personnellement j’ai commencé à sentir ces changements après le 11/09. Depuis ils se sont amplifiés. Mais Maastricht et le G20 étaient préparatoires.
    Cette dégradation a achevé la séparation et considérablement affecté les relations humaines. La plupart des gens s’en remettent encore stupidement aux raisons officielles et c’est pour nous qui savons intimement et intellectuellement de quelles manoeuvres nous sommes le jouet, un sujet de perpétuelles discordes avec les gens qui feignent d’ignorer ou qui sont effectivement trop stupides pour comprendre. Il nous faut, je le crains, nous préparer à boire le calice jusqu’à l’halali…
    Nous ne sommes manifestement pas dans une de ces périodes pré révolutionnaires, comme dans les années 50, qui ont précédés 68. Tout au contraire les mentalités sont plus proches des années 30 que des années 50. La contre révolution n’est pas terminée et nous ne sommes pas prêt de voir encore une embellie comme en a connu l’Europe et le monde occidental (USA) des années 50 aux années 70. La suite a été préparé par les gouvernements mondiaux pour nous mener peu à peu à sa loi.
    Dans les années 50 il y avait la beat generation, des groupuscules ouvriers composés d’intellectuels et de prolétaires concernés, des moeurs libérés. Aujourd’hui qu’a-t-on? Pas de mouvements artistiques et littéraires, pas de conduites sociales en rupture, un prolétariat anesthésié, des intellectuels au service du pouvoir.

    Répondre
  30. Rodion
    Rodion dit :

    @ Agnès: Je n’ai rien de tel, que la chaleur humaine était un moyen. Les mouvements artistiques, littéraires, les regroupements sociaux et politiques qui ont porté les années 50 jusqu’à la fameuse "parenthèse enchantée" des années 70, qui a obligé les pouvoirs mondiaux à plus de prudences dans leurs prédations infinies, ce n’était pas de chaleur humaine dont il s’agissait mais d’esprit révolutionnaire. Le contraire en somme, ou dans tous les cas une façon très atténuée, de l’invidualisme, du pragmatisme froid qui caractérisent l’homme économique d’aujourd’hui, avec son crétinisme décomplexé et sa langue affadie… Il n’y a sans langues, si j’ose dire, pas plus de bons baisers que de possibilités humaines.

    C’est H. qui propose une certaine chaleur humaine, dans ce sens, qu’il paraît vous demander d’être à l’origine de rencontres, à partir de ce blog. Je suis un délateur d’une nouvelle espèce: je pratique la délation positive. Car c’est une idée intéressante… et quoique, ces dernières années, d’expérience, je vérifie Deleuze "chaque rencontre est désastreuse". Mais aujourd’hui le désastre est immédiat, très violent ou/et très sournois… Tandis qu’hier nous avions tout de même à chaque rencontres un certain répit, une possibilité temporelle plus ou moins longue.

    Répondre
  31. toto
    toto dit :

    J’ai juste envie de mettre une jolie citation (Aragon)
    « Je crois au pouvoir de la douleur, de la blessure et du
    désespoir. Laissez, laissez aux pédagogues du tout va bien
    cette philosophie que tout dément dans la pratique de la vie. Il
    y a, croyez-moi, dans les défaites plus de force pour l’avenir
    que dans bien des victoires qui ne se résument le plus souvent
    qu’à de stupides claironnements. C’est de leur malheur que
    peut fleurir l’avenir des hommes, et non pas de ce
    contentement de soi dont nous sommes perpétuellement
    assourdis. »

    Répondre
  32. Raminagrobis
    Raminagrobis dit :

    Je souscris à l’ensemble du billet jusqu’au dernier paragraphe. Mais pourquoi finir sur une énième jérémiade féministe ? Notre société n’est-elle pas déjà assez clivée ? Il ne faut pas se tromper d’ennemi si l’on admet que nous sommes dans un combat contre la servitude dans laquelle sont plongés la majorité des individus, qu’ils en aient conscience ou non.

    Il ne s’agit pas d’opposer les blancs contre les noirs, les homos contre les hétéros, les jeunes contre les vieux, les petits contre les grands et j’en passe, pas plus que les hommes contre les femmes ! La vraie lutte dans notre société c’est celle des classes, tout le reste n’est que de la diversion d’arrière-garde, comme un jette un vieil os au chien affamé pour qu’il ne regarde pas son maître manger un gigot d’ailleurs bien trop gros pour lui. Et le plus bête est le chien qui continue de réclamer son os dérisoire.

    Le véritable antagonisme est entre les riches et les pauvres, ceux qui exploitent et les exploités. Je suis vraiment las de tout le baratin communautaire, d’où qu’il vienne, et qui nous demande de regarder là où le plus important n’est pas à voir. Mais vous le savez, n’est-ce pas ?

    J’adore votre blog ma chère Agnès, mais tombez pas dans le piège de la hiérarchie des victimes quand bien même votre condition de femme et son quotidien vous donne à penser que vous avez le droit de revendiquer plus de malheur. Quand est "en bas", prolo ou presque, la merde n’a qu’un goût.

    Au plaisir de continuer à vous lire.

    Répondre
  33. paul
    paul dit :

    bon alors y’a aussi quand je travaille mon piano dans la journée que les merles reviennent pour m’accompagner et faire encore plus de musique que moi : là je sais pas ce qu’ils cherchent hein.

    Répondre
  34. H
    H dit :

    Pourquoi critiquer l’idéologie de " la seconde chance " si c’est pour avoir peur de " l’échec " ?

    " L’ échec " aussi est une idéologie et celle-ci est encore pire que celle de " la seconde chance " – Bien pire. Croyant souffrir de la seconde vous vous laissez envahir et ronger par la première que vous ne semblez pas avoir déceler.

    Je suis d’autant plus étonné que je vous lis et que devant la qualité de vos écrits, le succès de votre blog, le fait que vous participiez au site " OWNI " oui, cela m’interpelle sans que je définisse votre soudain mal qui vous accable- Quelle est cette soudaine morosité ?

    Je ne comprends plus. Vous faut-il un soutien financier auquel cas dites-le clairement et comme sur le blog de Paul Jorion, les internautes – dont moi-même – contribueront à vous soutenir selon leur moyens que j’imagine modestes. Comme pour moi ; mais ce sont les ruisseaux qui …..bla, bla, bla.

    Il n’ y a pas de honte à cela et votre travail mérite salaire. Est-ce que je m’égare ? Non décidément je ne comprends pas. Je sens bien que la douleur est plus " métaphysique " mais je m’y perds à force de vous lire et de vous relire. La réponse que vous faîtes aux commentaires publiés sont trop parcimonieusement distribués pour que je me fasse une juste idée. Bien à vous.

    Répondre
  35. clement
    clement dit :

    la comparaison avec les années 30 me parait juste, pour ce que je peux en juger. Et c’est fort inquiétant.

    En revanche, ce qui nous tombe sur la gueule en ce moment est le fruit au minimum de l’AGCS (98 je crois), si ce n’est de l’école de chicago. On constate donc que l’alternance politique du jeu démocratique n’a strictement rien changée au projet de départ. Simplement, les porteur de ce projet on le temps d’être patient, car leur conditions de vie le leur permettent.

    Je pense que ce simple constat devrait régler la question de l’engagement politique traditionnel. Et ne parlons pas du local, ya plus de pognon et ça va s’aggraver. Centralisation par étouffement.

    J’en reviens à ma question: S’ils tapent aussi fort, s’il nous acculent aussi brusquement à la fin de la peur, CAD au désespoir, est-ce parce qu’ils sont cons, et ne voient pas ce qu’ils risquent, ou au contraire par ce qu’ils savent très bien qu’ils ne risquent rien?

    Essayer de retisser du lien, de faire des banquets… C’est peut-être valable à petite échelle, quand on vit avec des voisins avec lesquels on partage quelque chose.

    @agnes essayez de tomber en panne, ça permet parfois de tisser des liens… bon ok, je sors.

    Cette pulsion nocturne, de musique, de lecture, d’écriture, d’ivresse qui à mon avis soutien nombre de lecteurs du monolecte peut être intensifiée, cultivée, exacerbée, bref, choisie. Et survivre au soleil.

    Montrer ses choix d’existence, être heureux. On oublie le sens de ce mots. Distinction joie/bonheur.

    J’en reviens aux "zones interdites" de hakim bey. Il en parle très bien. La politique, c’est avant tout la "vie de la cité". La cité c’est nous. la politique c’est nos vies, et ce qu’on en fait ensemble. En ce sens je vous rejoins, mme Maillard. sortons nous les doigts du porte monnaie.

    Les lois récentes, comme l’argent virtuel, n’existe dans le réel que parce que nous leur laissons de la place. Pour citer encore monsieur le juge, c’est notre absence de temps libre en commun qui nous tue.

    En tout cas super post Mme maillard, qui a amené de très belles participations. Un vrai plaisir.

    Répondre
  36. smolski
    smolski dit :

    "Il nous revient [chacun] de percevoir le monde [réel] où la différence n’est pas un signe d’enfermement." (d’après Edouard Glissant)

    C’est cet enfermement par la différence qui rend caduc chacune des luttes libertaires entreprises. Elles ne prennent pas en compte la réalité du singularisme des personnes, recréant ainsi à l’identique ce monde quelles renversent ! Un monde imaginaire, surréaliste, inaliéniable, Ubuesque, inabordable, déconnecté de la pensée intime de chacun et bâti ainsi de faux et d’usage de faux à l’extrême.
    Démonstrativement, sur le prétexte du rassemblement sous leur efficience absolue, elles érigent toujours plus haut la bannière collectiviste et aveugle prétendant : "Qui n’est pas avec nous est contre nous."
    Quant à vouloir modifier réellement un monde sous l’égide du militaro-privateur par la lutte avec du militaro-libertaire me paraît participer à l’évasion de soi sous la même funeste bannière.

    À l’image de ce milliardaire ricain bien fat (pléonasme avant qu’on me le chipe !) qui a déclaré au plus fort de la dernière crise monétaire : "Nous sommes dans une guerre de classes, et la mienne est en train de la gagner."
    Mais quel victoire pour quel monde ? C’est le monde imaginaire de la démission dans lequel, par l’insulte et la suffisance, il souhaite dissimuler, encore et encore, son intime vacuité à oublier qu’ "un linceul n’a pas de poche." (JP Mocky)
    En fait, rien de bien nouveau, hein !

    "Est-ce ainsi que les Hommes vivent ?"
    Est-ce ainsi que vous voulez vivre, chacun et chacune, derrière un pan aveugle d’absolutisme ?

    clement post53 :
    https://blog.monolecte.fr/2011/
    "S’ils tapent aussi fort, s’il nous acculent aussi brusquement à la fin de la peur, CAD au désespoir, est-ce parce qu’ils sont cons, et ne voient pas ce qu’ils risquent, ou au contraire par ce qu’ils savent très bien qu’ils ne risquent rien?"

    Penser les opprimeurs dans un enfermement particulier à leur état, c’est contribuer à dresser la même barricade entres eux et tous. Nous partageons donc à la même connerie en la matière.

    Toujours avec Edouard Glissant, nous pouvons considérer que le phénomène de la créolisation (c’est à dire le passage pratique sur les différences pour une relation sociale commune par absorption réciproque) n’est pas un phénomène réservé aux îles colonisées. Il y est juste plus rapide et donc plus apparent que dans le monde entier.
    Cette créolisation sociale est aujourd’hui mondialement mise en pratique et disponible pour tous. Pourquoi en refuser systématiquement le fruit multiple par un dessein préalable de contrainte sur l’individualisme ? L’individualisme qui en est pourtant la source, le fondement, l’espérance, le destinataire et la richesse même.

    Nous sommes tous des "créoles allemands" !

    Hop !

    Répondre
  37. paul
    paul dit :

    là je me marre.
    si
    il pleut à torrent.
    les merles chantent quand même tout ce qu’ils savent.
    et pendant ce temps là mes chats font grise mine : l’une fait la gueule sur le lit parce que elle aime pas la pluie, l’autre skat le garage avec la même tronche et en plus ils se surveillent l’un l’autre vu que partager un territoire, c’est pas leur truc…
    moi je leur donne à bouffer.

    Répondre
  38. Patrick
    Patrick dit :

    "On constate donc que l’alternance politique du jeu démocratique n’a strictement rien changée au projet de départ"
    "c’est notre absence de temps libre en commun qui nous tue"

    Voilà. Tu cherches les mots pendant un bon moment, tout seul dans ton coin, et il y a quelqu’un qui débarque, qui non seulement les trouve mais les met dans l’ordre.

    En fait de "temps libre en commun", musarder par ici pendant les heures de labeur serait un ersatz presque présentable s’il n’impliquait pas tant de lassitude et d’isolement par ailleurs. 😉

    Répondre
  39. clement
    clement dit :

    @smolski
    "Penser les oprimeurs dans un enfermement particulier à leur état, c’est contribuer à dresser la même barricade entres eux et tous. Nous partageons donc à la même connerie en la matière."

    Honnêtement je pense que nier cet enfermement ne changera rien au fait que l’on est séquestré dans le salariat, l’emprunt…. tandis que d’autres sont séquestrés sur des yacht. on est pas ensemble. On pourrait vivre 100 ans sans croiser ces gens. je ne vois pas en quoi 3 millions de personnes dans la rue contribuent à la connerie aveugle des décideurs.

    Répondre
  40. paul
    paul dit :

    ben oui hein…
    mais bon, mes chats sont pas franchement musicaux.
    enfin si un peu : le skatteur qui fait chier mistouffe a une assez jolie voix et ai très diplomate notamment pour me demander gentiment des croquettes ou simplement avertir qu’il entre à la maison.
    mais elle en revanche, c’est vraiment miss grognon cracheuse : lui il se plante devant, attend patiemment qu’elle se lasse et va se trouver un coin pour dormir sans faire d’histoire.

    Répondre
  41. clement
    clement dit :

    @ patrick

    Un ersatz, certes, mais qui a d’autant plus de valeur au boulot qu’il est illégitime. C’est un temps libre en commun, au sens ou c’est un choix qui comporte des risques… donc qui a de la valeur. transformer le temps subi en temps choisi, c’est une forme de survivance de la nuit.

    Répondre
  42. smolski
    smolski dit :

    clement post 58 :

    "nier cet enfermement ne changera rien au fait que l’on est séquestré dans le salariat, l’emprunt…. tandis que d’autres sont séquestrés sur des yacht. on est pas ensemble"

    Oui, quand tu partages la même lecture de toi-même, c’est à dire que tu es ce que tu possèdes. C’est cela la même barrière où nous nous enfermons obstinément, réciproquement et mortifèrement.
    Et non si tu n’accordes pas plus de considération à ce que tu acquières qu’à toi-même. Je crois que c’est cela la liberté.

    Hugh !

    "Que la beauté soit devant moi,
    que la beauté soit derrière moi,
    que la beauté soit au-dessous de moi,
    que la beauté soit au-dessus de moi
    que la beauté soit tout autours de moi."

    Répondre
  43. Patrick
    Patrick dit :

    @Clement : "c’est un choix qui comporte des risques… donc qui a de la valeur" …?…la valeur liée au risque… mouais …un peu comme pour la bourse, en quelque sorte ? *mouarf*

    Si le risque déterminait vraiment la valeur, les ouvriers du bâtiment seraient beaucoup mieux payés que moi, puisqu’il est indiscutables qu’ils sont les plus exposés aux accidents de travail (guère plus de 10% des salariés, mais plus de 30% des accidents).

    Quand à l’autre "risque", celui de la sanction, je ne vois pas très bien en quoi l’action "choisie" est illégitime, puisqu’elle est permise dans le cadre même du temps subi ? je peux musarder dans le coin uniquement parce qu’on fournit une connexion internet dans ma trousse de salarié. Je ne pense pas (du tout) me livrer à quelque chose qui n’aurait pas été imaginé par les gens qui ont mis en place cette connexion. Je ne suis d’ailleurs pas loin de penser l’inverse, un peu comme le litre de rouge et le paquet de clopes étaient prévu dans l’ordinaire du poilu en tranchée.

    Nous ne sommes pas ici dans les "interstices" d’un système, ces sortes de TAZ à partir desquelles on peut envisager… autre chose, nous sommes dans un service de soins palliatifs 😉

    "Rions un peu en attendant la mort".

    Répondre
  44. K.
    K. dit :

    Les femmes son énéralement plus social, sociable, mais plus soumise

    Dès l’enfance la petit fille modèle adore l’école et la soumission , et le conformisme, et la petit guèguère dans la comédie qu’elle comprend plus rapidement que les hommes

    oui les femmes sont le ciment de la société,

    et les hommes toutou de femme, pour leur illusio de vie en couple deviennent des chiens bien calme fasse a ce conformisme , la femme veut la normalité

    l’homme en dehors de la femme et du couple veut la compétition

    C’est simpliste quoique je dirait que c’es inscrière dans les genres et les études et analyse le prouve

    Répondre
  45. K.
    K. dit :

    Nous sommes tous les chiens des autres

    Et ainsi nous lus sommes les chiens domestiqués du système, l’oligarchie sans tete : qu’ils ne peuvent ni comprendre ni couper

    IL FAUT DE LA FOLIE : il faut du courrage : il faut atteindre le font pour trouver l’issu

    C’est seulement quand on a atteind le désespoir qu’on est libre d’agir

    Vous vous rendez vous compte : produire votre nourriture chez vous … avec de l’hydroponie, avec photobioreacteur a algue

    produire votre énergie

    vous rassembler et dire non

    C’est pourtant pas compliqué

    il faudrait vous le souffler danss votre inconscient

    car si quelqu’un comme vient vous expliquer : vous n’écoutez pas

    Il faut vous prendre pour les machines débiles que vous êtes ( débiles car vous allez sdroit dans le mur sans savoir quoi ni avoir le courrage )

    Répondre
  46. dédé la sardine
    dédé la sardine dit :

    j’adore le "NOUS" , l’humanité, toutes ses conneries générales pour ne pas dire généralités…
    Posez-vous plutôt la question de savoir si vous avez assez de courage pour être vraiment libre :-))

    Répondre
  47. smolski
    smolski dit :

    @K post 64 et 65
    "Il faut… il faut.. il faut…"

    Il faudrait tout de même pas prendre les humains pour des oies pleutres et légères, aussi déplumées et sans ramages qu’elles puissent paraître dans le fondement de votre intervention.

    Pan !
    Je me permets de souhaiter aux christine(s) de ce blog beaucoup d’humour pour vous lire. 😉

    Et une bonne santé à Patrick devant son écran insoumis, post 67 :
    "Nous ne sommes pas ici dans les "interstices" d’un système, ces sortes de TAZ à partir desquelles on peut envisager… autre chose, nous sommes dans un service de soins palliatifs"
    Refuser c’est vivre au présent ! 😀

    Répondre
  48. Rodion
    Rodion dit :

    Agnès Maillard: C’est une bien pénible épreuve. C’est une mauvaise passe. C’est en tous les cas ce qui transparaît dans vos textes et dans vos interventions.
    Toutefois vous comptez de fidèles lecteurs, de brillants bretteurs qui tiennent des propos laudatifs à votre sujet. Louanges qui peuvent tenir tout aussi bien à votre style, à la fois d’un lyrisme sombre et d’une "familiarité" alerte, et à la sensibilité plutôt évidemment écorchée que ce style, ce ton et les sujets traités manifestent – qui sont pour des lecteurs masculins une précieuse consolation de leurs échecs intimes… En avez-vous conscience et le moment ne serait-il pas venu de vous mettre à une oeuvre de longue haleine qui a toutes chances de conquérir un certain public?
    Je peux témoigner, pour ma part, sans préjuger des sentiments des autres commentateurs, mais avec la plus franche sincérité, que je suis relativement consolé, de mon propre isolement, à la lecture des contributions d’Agnès Maillard, de Mademoiselle (les entrailles de Mademoiselle) ou de Franca Maï.
    C’est ainsi que je rencontre des femmes. Par la lecture.

    Répondre
  49. paul
    paul dit :

    bon : en allant dans le jardin bricoler, je me suis aperçu que en fait dans la journée, les merles sont plus loin de la maison que le matin et le soir.
    intéressant hein.
    ils se déplacent dans la journée et semblent trouver d’autres intérêts : on peut imaginer que le matin ils viennent volontairement m’inviter à les rejoindre et à me lever. et que le soir ils reviennent pour me souhaiter une bonne nuit. et que quand je fais du piano dans la journée, ils viennent m’encourager à ce qu’ils trouvent beau dans mon monde.
    j’préfère ce genre d’interprétation qui sont valorisantes de mes valeurs intimes.
    ça m’aide à aimer mon existence.

    Répondre
  50. clement
    clement dit :

    @ patrick

    ""c’est un choix qui comporte des risques… donc qui a de la valeur" …?…la valeur liée au risque… mouais …un peu comme pour la bourse, en quelque sorte ? *mouarf*"

    justement non, pas comme la bourse. Il ne prennent pas de risques, on paye leurs ardoises.
    Pas de risque à suivre les choix prudents de la masse. Mais du mérite à ouvrir des voies, ou à ouvrir son âme sans faux semblants comme le fait Mme Maillard. Et oui de la valeur, car cela fait du bien à son estime de soi lorsqu’on réussit quelque chose. Quand aux ouvriers, je pense bien évidemment qu’ils devraient être bien mieux payé. Mais pas mieux que d’autres.

    Si la seule valeur que vous connaissez s’écrit avec des zéros, je comprends votre assimilation du monde à un service de soins palliatifs.

    Indexer les salaires sur le temps de vie et de mort, c’est toujours utiliser des mesures différentes pour quantifier le sang des populations. Car c’est bien de la valeur du sang des hommes que vous parlez. Et c’est bien par le sang à bas prix du tiers monde que ce construisent nos sociétés.
    Une heure de travail, c’est une heure de travail…

    Comment le fait de créer des interstices sur un temps qui ne vous appartient pas (vous avez vendu ce temps de vie à un autre) pourrait il être légitime du point de vue de votre propriétaire?

    Il est bien des métiers ou les connexions sont bridées, et il n’est pas possible de musarder pendant ce temps. Réjouissez vous de cette faille, qui ne durera sans doute pas.

    Que vous décidiez d’utiliser ce temps, que vous avez choisi de libérer pour venir ici, pour essayer de diminuer votre pessimisme ou pour vous y complaire, dans tous les cas vous avez du mérite à être ici plutôt que sur des sites de cul. 😉

    Donc oui, votre action comporte des risques, ne serait-ce que celui de faire brider les connexions de votre entreprise. Oui, votre action a de la valeur, car vous avez décidé de venir construire quelque chose ici, plutôt que d’aller vous soulager par la consommation. Donc oui vous avez du mérite, car vous avez évitez, une fois, les nombreux pièges à cons qui nous entourent.

    bien cordialement,

    Répondre
  51. paul
    paul dit :

    bon, alors pendant la nuit, y’a en fait pas mal de bruits aussi hein.
    y’a plein d’hélicoptères certaines nuits.
    normal, je suis entre l’école de gendarmerie et l’île longue.
    mais bon.
    moi la nuit je vis pas : je dors. et alors j’adore ça de pas vivre.
    dormir c’est le grand pied.
    même que des fois je rencontre salma hayeck. si si !

    Répondre
  52. Floréale
    Floréale dit :

    @ Agnès Maillard

    "j’ai déjà écrit ici, à l’occasion d’un concours en ville, à quel point le sentiment de décrépitude de notre monde m’étreint puissamment chaque fois que je retourne dans un lieux que j’ai connu plus jeune. Alors que dans ma jeunesse, chaque retour à la ville me permettait d’apprécier l’amélioration, la modernisation, l’aménagement, depuis 20 ans, c’est la dégradation, l’abandon qui sont au menu. Ça fait tellement fin de règne, tout ça. Après, je ne suis pas certaine de la chaleur humaine soit la condition suffisante pour lutter contre l’abandon des peuples et la guerre économique qui leur est faite."

    Ah bah oui, t’as remarqué toi aussi? Et comme tu es nettement plus jeune que moi, c’est que ça doit vraiment se voir et que je n’hallucine pas.

    La société moderne de l’Homme blanc c’est pas follichon hein? Et les perspectives qu’il nous offre avec la crise du système non plus.

    Mais tu vas voir comment l’avenir va être radieux avec le multiculturalisme, comment les lendemains vont chanter merveilleusement avec l’écroulement de l’Europe forteresse (j’y crois pas trop) souhaitée par l’altermondialisme et l’apport de la culture de l’Autre.

    Tu terminais avec un paragraphe sur les femmes (qui comme par hasard a amené quelques commentaires de sempiternels paternalistes, effarouchés, s’assignant le devoir de ramener le débat sur "les vrais problèmes" parce que n’est-ce pas la question féminine ne saurait en être un, précisant bien que l’inégalité fondamentale se situe entre riches et pauvres, comme si l’exploitation première n’était pas d’abord et avant tout celle de la classe sexuelle féminine par la classe sexuelle masculine), et tu as bien raison.
    Tu vas voir comment la condition féminine va être propulsée en avant en faisant un grand bond en arrière.
    Parce que quoi qu’il arrive, comme c’est déjà le cas maintenant, ce sont d’abord les femmes qui en feront les frais, comme toujours.

    Répondre
  53. Wanderer
    Wanderer dit :

    Après m’être abondamment nourrie et abrevée de vos commentaires, après avoir savouré avec toujours le même délectation l’inspirant requiem d’Agnès, je me permets de discrètement adresser mes chaleureux remerciements à Paul, pour ces délicieux intermèdes bucoliquaux-musicaux, qui m’ont permis de trouver une respiration aussi salvatrice qu’inattendue….
    Paul a du aller se coucher, faisons de même ..il est déjà demain !

    Répondre
  54. jéjé
    jéjé dit :

    "la peur qui me paralyse le plus est bien sûr celle de l’échec, du rejet."

    l’échec n’existe pas ailleurs que dans votre tête, très chère.

    lorsque vous renoncerez à votre égo totalement ce que vous définissez comme la peur va faire pschiiit (commme dirait chirac)

    les choses sont parfaites comme elle sont puisque ce ne sont que des "obligés conséquences".

    quand au rejet, laissez le au imbéciles, le sage donne et aime tout sans condition d’aucune sorte.

    bref nourrissez votre âme et pas votre égo…

    Un conseil, pour moins souffrir : ôte-toi de la cervelle que tu as le pouvoir de gouverner ta vie. Laisse aux autres cette illusion. Henri Gougaud

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  55. Rodion
    Rodion dit :

    Henri Gougaud appliqué à Auschwitz est d’un grand secours… J’aime tout particulièrement la petite philosophie du conteur qui sied parfaitement aux classes moyennes…. et qui nie, une fois n’est pas coutûme, comme toutes les idéologies du XXème siècle, la souffrance humaine. Le conteur m’agace de ce point de vue où sa position relativement confortable l’autorise à se passer de combattre et à dispenser sa philosophie "confortable". La souffrance n’est pas qu’affaire d’ego. Je continue à préférer "une saison en enfer" de Rimbaud et "sa réalité rugueuse à éteindre", à la fuite du conteur

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  56. Canis Familiaris
    Canis Familiaris dit :

    Depuis tout petit, cette mélodie a toujours résonné profondément en moi.
    Maintenant que j’ai moi-même des petits, je n’en médite que plus z’encore les paroles :

    (refrain)
    But at night, when all the world’s asleep,
    the questions run so deep
    for such a simple man.
    Won’t you please, please tell me what we’ve learned
    I know it sounds absurd
    but please tell me who I am.
    Who I am !?
    Who I am !!?
    Who I am !!!?

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  57. Phil
    Phil dit :

    Waaaw, merci pour ce texte; j’ai rarement lu quelque chose qui retranscrit de manière aussi belle et précise les constats et pensées qui me hantent de plus en plus…
    "Oubliez de donner un sens à leur vie, même dérisoire, même infime et ils commenceront dès lors leur quête d’eux-mêmes, et ils se chercheront une utilité, une vocation, un destin."

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