Petit manuel de lévitation mentale

Je ne suis rien, je ne suis personne, je n’ai rien fait et je ne sais rien faire, je ne suis utile ou nécessaire à rien ni à qui que ce soit. On peut assez franchement en conclure que j’ai raté ma vie et que c’est assez définitif.


Dans la montagneL’autre façon de s’en rendre compte, c’est d’écouter poliment les exemples de réussite que les gens bien intentionnés ne manquent jamais de vous jeter en pâture, pour notre édification générale, je suppose. Comme Machin et sa petite entreprise qui ne connaissent pas la crise, parti de rien, à l’exception notable d’un petit prêt familial fort bienvenu. La dernière fois que vous l’avez croisé, Machin portait haut sa nouvelle bedaine, taillée à coup de repas d’affaires et de soucis que vous ne pouvez pas comprendre, alors que votre bouée n’est que malbouffe, oisiveté et manque flagrant de volonté. Machin aime bien faire profiter les autres des petits tuyaux qui font les grandes trajectoires, comme sa nouvelle berline sportive et confortable, enregistrée comme voiture de service, bien que le trousseau de clés ne quitte jamais la poche de son costard. C’est qu’il est pressé Machin, alors, quand il se fait flasher par un radar alors qu’il est pied au plancher, il n’est pas question qu’il perdre ou du temps ou ses précieux points de permis de conduire. Alors, Machin désigne le salarié qui perdra les points à sa place et c’est comme ça que nul ne s’étonne qu’une femme de ménage puisse se faire gauler à 180 km/h sur l’autoroute au volant d’un bijou qu’une vie de son travail ne suffirait pas à payer.
C’est bien, les Machins. Ça retire pas mal d’amertume à l’idée de n’avoir pas réussi dans la vie.

Donc voilà, j’avais une poignée d’années pour faire quelque chose de ma vie et j’ai raté mon coup. C’est emmerdant, parce que je n’avais pas le droit à l’erreur. C’est une tragédie, parce que je n’avais qu’une seule vie à dépenser, la mienne. Un peu comme si vous n’aviez qu’un seul billet au fond de la poche sans savoir ce qui arrivera le lendemain. Vous vous achetez un maillot de bain : raté, vous êtes muté au Groenland. C’est dérisoire et pathétique, parce que la légion des ratés est forcément bien plus fournie que celle des vainqueurs. Sinon, ça leur mettrait la barre bien trop haute, aux gagnants. On joue. On perd.
Et après?

Une fois passés la sensation de vertige intérieur et l’écrasement innommable de la révélation, il se passe quoi?
Ben rien. La vie continue. Ratée ou réussie, il faut boire la coupe jusqu’à la lie et s’intéresser à la manière dont on va remplir le temps qui reste. Ou l’abréger. Mais c’est très con. Si on va à la fête foraine avec un seul ticket et qu’on se plante de manège, on ne tente pas sauter en marche. On attend poliment la fin du tour sans gâcher le trip de son voisin.

Sinaï

Je suis sur la montagne. Il n’y a ni avant, ni après. Je suis sur la montagne, les pieds en phase de surchauffe et d’expansion avancée, assise au bord d’un lac d’altitude niché au creux d’une paroi formidable qui dégringole à pic dans l’eau verte et limpide. Je suis sur la montagne, mais en fait, je n’y suis pas. Je me souviens déjà du moment où tous ces instants d’éternité ne seront plus que des reconstructions de l’esprit, des restitutions à destination de la communauté des esprits. Je suis sur la montagne et au fil de ma marche, j’enlève méthodiquement chacune des couches de l’oignon qui me protège du reste du monde, de ma vie, de ma conscience de moi.

Celui qui vit dans l’ignorance de ses motivations est un animal.

C’est en substance ce que dit Éric que j’accompagne dans cette tournée de lacs d’altitude. Je suis pire qu’un animal. Je suis une falsificatrice. Je maquille mes propres motivations pour les rendre acceptables à mes yeux, je nie l’essence de mes actes par pur instinct de survie.

Celui qui vit dans la négation de ses motivations est un survivant.

Et un animal.
Ou autre chose.

Je suis sur la montagne et chaque pas dans la descente me dépouille d’un lambeau de moi social, de cet être qui est finalement ma seule création.
Les cailloux roulent sous mes semelles neuves qui me maintiennent en équilibre envers et contre tout. Je suis sur la montagne et je me dilue consciemment, tranquillement, jusqu’à atteindre le vide parfait dans lequel se joue le concert de percussions des cloches des moutons qui s’agglutinent dans la pente.
Je ne suis plus rien, je ne veux plus rien, je ne ressens plus rien, je suis juste un magnifique appareil d’enregistrement branché sur le reste du monde. Je laisse la musique lointaine de la roche et du vent composer mes pensées, la course déclinante du soleil dessine les reliefs des cascades minérales, remplit le lac d’éclats précieux et réchauffe ma peau nue sous la brise fraîchissante, la saveur de la pierre et de l’herbe rare brûlée par l’été s’invite dans mes narines grandes ouvertes et mes pensées rebondissent d’un sommet à l’autre, portées par l’ondulation des cimes qui découpe l’horizon comme un décor de théâtre prodigieux.

Je suis la montagne, le troupeau avec la vieille brebis qui boite, le pas lourd du cheval des alpages dont les sabots se dérobent dans les cailloux, la bande de potes qui s’ébrouent comme des labradors dans le lac d’en bas. Je suis l’écho du silence qui déferle sur les plateaux avec la nuit et le ressac des promeneurs, je suis ce jeune père magnifique qui chantonne sans mélodie et sans paroles un air hypnotique pour aider ses deux enfants à oublier la douleur absurde de la marche qui doit continuer, je suis la nuée de têtards qui raconte la pureté de l’eau, je suis ce vieux montagnard muré dans sa solitude et la contemplation du monde, je suis la cascade qui polit la rocaille de son chant continu, je suis le mélèze qui transpire la sève généreuse et parfumée de l’été, je suis la marmotte dodue qui traîne son cul rebondi vers son terrier, je suis le refuge qui attend l’hiver, de nouveaux visiteurs, de nouveaux sons, de nouveaux paysages.

Je suis tout cela parce que je ne suis rien. Je suis un souffle du monde, parce que ma respiration même ne m’appartient pas. Je n’ai que mon vide béant que je remplis, jour après jour, de sensations. Je n’ai que ma mémoire sensorielle, celle qui absorbe tout. Je n’ai que mes mots, ceux qui tentent de rendre tous ces moments vivants, réels, de les reconstituer, de leur redonner forme, couleur, odeur et son, ces mots qui veulent décrire à l’aveugle la beauté déchirante du monde, ces mots qui veulent jouer au sourd la symphonie de la vie, ces insignifiants agglomérats de signes et de sons qui ont la folle ambition de rejouer la palette du réel, du plus beau au plus sordide.

Je ne suis qu’un instrument. Comme le violon qui gémit sous la caresse de l’archet. Comme l’appareil photo qui capture l’instant.
Vidée de faux-semblants, je peux construire dans mon néant intérieur cette banque de données sensorielles qui est ma vie, ou plutôt je reçois toutes ces sensations, tous ces moments, je les laisse s’écouler en moi comme l’eau de pluie ravine la montagne, la pénètre, se transforme en son sein, couches après couches, se purifiant, se minéralisant, jusqu’à rejaillir, quelques jours, quelques mois, quelques années plus tard, en une onde pure et fraîche qui désaltère l’assoiffé.

Désaltérons nos imaginaires et à défaut de réussir ma vie, je vais tenter de ne pas trop la gâcher.

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31 réponses
  1. Clochix
    Clochix dit :

    Connais-tu Pessoa ? Il a écrit un splendide texte, Bureau de tabac, qui commence un peu de la même manière.

    Je ne sais pas si tu as raté ta vie, mais en tout cas tu arrives fréquemment à offrir à travers tes textes de précieux petits instants de bonheur, qui adoucissent d’autres vies. Et pour cela je te remercie. Ni utile, ni nécessaire, juste créatrice de bouffées d’air indispensables pour ne pas se noyer totalement. Je suis sans voix. Merci.

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  2. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Tu as 86400 secondes de crédit versées sur ton compte chaque matin, c’est déjà pas si mal… Libre à toi de les dépenser comme tu l’entends, mais faut tout claquer avant le soir, le crédit n’est pas reportable.

    Et tu nous finis ce billet pas loin de l’Advaïta, qui se situe, comme chacun sait, de l’autre côté du désespoir, autre côté qu’on peut atteindre par le haut ou par le bas, ou bien en faisant le tour, ou bien en passant à travers.

    Et sur ce Ma Sainteté partit dans le hamac méditer sur le Sans-Forme…

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  3. Camille
    Camille dit :

    Je ne suis rien .Je n’ai pas de rolex et donc j’ai gâché mon existence.
    Je ne suis rien ,Je n’ai rien ,ma vie ne sert à rien ni à personne.

    Et pourtant ,dans mes longues journées et mes nuit d’insomnies ,je vois les feuilles des arbres pousser/changer de couleurs. Je vois le jour poindre dans le silence du futur matin.
    Je vois le ciel ou j’imagine encore qu’il y a la tel visage ou tel animal.
    Je vois l’ombre et je vois la lumière .
    l’herbe devenir scintillante dans la rosée.

    il y a des moments ou je suis en une telle osmose avec l’univers que j’en pleure de joie.

    Je goûte lentement un thé venus de pays lointains que je ne verrais jamais.

    Je suis une ratée de cette société . je n’ai rien réussi que j’aurai dû réussir.

    Et pourtant je vis ,je vois,j’entend, je ressent avec une telle intensité.

    Je crois qu’il y a des gens qui sont juste la pour ça . voir le monde et ses immenses beautés… et rendre grâce.

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  4. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    De retour du hamac. Ciel bleu, soleil, chant des oiseaux, méditation en face des montagnes, faire l’amour… Ah merde faut que j’aille m’occuper de la vaisselle dans l’évier ! Et puis aussi monter les poubelles… Y’a des jours où la vie est vraiment trop dure 😀

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  5. facteurcheval
    facteurcheval dit :

    je suis au bord du lac ou tu n’est déjà plus. Un petit bout de rien qui se nourrit de ton vide
    un vieux calepin rempli de rêves avortés et de listes de courses
    je suis le crayon cassé contenant le roman de ma vie,un instant éphémère d’éternité…
    et…et tant d’autres choses IMMENSEMENT insignifiantes.
    merçi pour le voyage.

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  6. Pierre M. Boriliens
    Pierre M. Boriliens dit :

    C’est tout-à-fait ça, aussi, les lacs de montagnes de mes chères Vosges.

    Essayez donc la nuit, une belle nuit de pleine lune… C’est un peu différent, très étrange, et tout aussi désaltérant… Et avec un peu de chance vous aurez un coucher de lune et un lever du soleil simultanés… Il faut avoir vécu ça au moins une fois dans sa vie, bien accompagné, et dans ce genre de contexte : c’est tout simplement époustouflant de beauté et ça ne s’oublie jamais…

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  7. celeste
    celeste dit :

    Ton texte est superbe.

    J’ai délaissé il y a déjà longtemps toute idée de réussite sociale, je m’applique à vivre chaque jour comme il vient. (je dis je m’applique car parfois ce n’est pas si facile, des grains de sable crissent dans les rouages et des angoisses, fondées ou non, s’incrustent).

    L’idée que l’on a de "rater" ou de "réussir" sa vie est parfaitement subjective.
    Ce qui semblait être, pendant des années, un but, presque obsessionnel, se révèle avec le temps n’être qu’une chimère.
    Parfois aussi on croit vouloir quelque chose et on croit aussi faire tout ce qu’on peut pour l’obtenir, y arriver et en fait non, on s’est maintenu pendant des années dans une illusion, avec ce désir inassouvi et impossible à combler. Comme pour se faire souffrir. Question de névrose.
    Souvent, ce quelque chose, on le voulait "pour les autres", pour répondre à une attente de leur part, pour affronter leur regard, pour correspondre à une image de nous-mêmes que l’on désirait donner.
    Et puis un jour, si on de la chance, si les circonstances le permettent, on se rend compte que ce qui nous rend heureux (c’est à dire paisibles, en harmonie avec notre entourage) c’est simplement d’être nous-mêmes.

    Pas plus et pas moins que toi je ne suis rien. A la fois centre et infiniment petite part d’un tout.
    Tout, l’humanité, la planète, le cosmos.

    C’est bien de le ressentir, ça apaise.

    Léviter et faire l’amour, deux valeurs sûres 🙂

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  8. ours-blanc-
    ours-blanc- dit :

    Tu es un pas grand chose qui suscite beaucoup d’envie quand même.
    Coincé derrière un écran d’ordi en attendant que la journée finisse (plus qu’une heure et demie!) je peux te dire que ta promenade en montagne m’évoque bien plus de choses agréables que l’idée d’une vie réussie. Mais c’est sans doute parce que j’ai loupé ma vie aussi et pour le coup, après lecture de ton post, ça me donne plutôt envie de sourire :).

    mathieu.

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  9. Souleymane
    Souleymane dit :

    Je suis : version côte d’ivoire
    je suis l’acide que je ressent au fond de mon estomac creux.
    je suis la pierre qui me pèse dans la cervelle soucieuse du présent et du lendemain.
    je suis la crasse et la puanteur qui colle sur la peau après la longue marche pour venir à bout de mes illusions.
    je suis, je suis ,je suis, mais j’ai pas raté ma vie et c’est définitif.

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  10. Raté
    Raté dit :

    C’est même à se demander si, celui qui est le plus à plaindre, ce n’est pas celui qui "a réussi sa vie"…

    Car celui qui a "réussi sa vie", n’aura pas pas eu l’occasion d’un peu "s’élever", etc.

    C’est ça la question… Est-ce qu’il vaut mieux tout "réussir" du premier coup, ne pas avoir d’obstacles, avoir des facilités, ne pas faire d’erreurs, etc. ? Ou, est-ce qu’il vaut mieux faire les choses, ne pas avoir d’avantages particuliers, ne pas se corrompre, faire des erreurs (et apprendre de ces erreurs), etc. ?

    Je crois que les erreurs sont aussi importantes que les réussites. Mais on n’est (traditionnellement) pas récompensé des erreurs, malheureusement.

    Et, on pourrait dire que celui qui a "réussi" est un fumiste à sa manière… 😉

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  11. K.
    K. dit :

    I’m nobody! Who are you?
    Are you nobody, too?
    Then there’s a pair of us–don’t tell!
    They’d banish us, you know.

    How dreary to be somebody!
    How public, like a frog
    To tell your name the livelong day
    To an admiring bog!

    Emily dikinson

    Répondre
  12. Sy
    Sy dit :

    Tu n’as pas rien fait puisque tu as fait un enfant. Je crois qu’aucune création artistique ou autre ne dépassera jamais celle d’un être humain.
    Tu as un talent certain pour écrire et raconter. Je me régale à lire les chroniques du monolecte d’autant qu’en même temps j’apprends des choses. Tu dois exploiter ce talent.
    Tu n’as apparemment pas beaucoup d’argent mais cela peut changer si tu arrives à exploiter ce talent.

    Répondre
  13. Eric
    Eric dit :

    Je ne sais plus où (dans une interview, sans doute) Houellebecq dit d’un de ses personnages, "il a raté sa vie de peu". Jeu de mots idiot. En fait, je pense qu’on ne rate pas sa vie de peu. Il n’y a que Luc Ferry pour écrire des livres croquignolets au titre de "Qu’est-ce qu’une vie réussie?" Une vie, ce serait donc une recette de cuisine?

    Mieux vaut se tourner vers les sages. Samedi je regadais fasciné à la télé le grand Jean-Claude Van Damme qui disait: "la sagesse c’est quand tu es au fond du trou et que ton esprit (le "mind") trouve la solution. Là, tu es un sage parce que, quoi qu’il arrive tu retrouveras toujours la solution".
    Enfin, c’est en gros ce qu’il disait.

    Très sympa ton texte!

    Répondre
  14. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Sacré JCVD! Comme je suis au fond du trou, la sagesse ne devrait plus trop tarder.

    Sinon, l’histoire du début, c’était pour bien appuyer le fait que je ne mesure pas la valeur d’une vie (la mienne, en l’occurrence), au montant du compte en banque. Je pense plus à la lâcheté ordinaire qui fait que l’on renâcle devant l’obstacle et qu’on finit par passer à côté de ce que l’on aurait dû faire et vivre. L’allergie au risque. La peur de se planter. Ce qui fait de nous des morts-vivants boursoufflés de regrets.

    Répondre
  15. Lebrad
    Lebrad dit :

    Agnes,
    je viens de faire une de ces petites choses, et j’avais peur et je l’ai faite.
    Et je suis vivant.
    Merci de ton texte et du commentaire.
    Bises
    Mais parfois : Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’on ne les fait pas, c’est parce qu’on ne les fait pas qu’elles sont difficiles 😉

    Répondre
  16. Passant
    Passant dit :

    Avoir raté sa vie, c’est une chose : encore faut-il savoir ne pas consommer. La vraie liberté n’est pas de refuser de jouer son petit rôle dans le système, ce qui est à la portée du premier boutonneux venu : la liberté est de savoir ne rien lui devoir, de refuser son "aide".

    Répondre
  17. phitros
    phitros dit :

    Ce n’était pas possible pour moi de venir te lire depuis mi juillet. Je viens donc de lire ta prose depuis cette période. Je ressent comme un plaisir assouvi au terme de ces lectures.
    Je ne m’étalerais pas trop – enfin j’espère – pour te dire que tu es une excellente magicienne.

    "… par la magie des mots ou celle des images, quelques funambules de l’existence arriveront à en partager la sublime réalité avec le plus grand nombre, afin de nous rappeler à tous qu’il faut profiter à fond de la vie, tant qu’il y en a."

    Merci donc agnes, pour les mots, les pensées et le sentiment de ne pas être seul.

    Répondre
  18. Fao
    Fao dit :

    Ouais, l’allergie au risque, c’est en fait la doxa néo libérale en cours depuis quelques décennies, du genre Casino game, faites n’importe quoi, vous serez gagnant. On voit le résultat…

    Étrange de voir les contestataires de l’ordre actuel s’en référer à ses slogans les pires.

    Le risque comme valeur étalon, la belle carotte pour gogos.

    Y a encore du taf à faire…

    Répondre
  19. L'âne onyme Sorbetzien
    L'âne onyme Sorbetzien dit :

    Moi je n’étais rien
    Et voilà qu’aujourd’hui
    Je suis le gardien
    Du sommeil de ses nuits
    Je l’aime à mourir
    Vous pouvez détruire
    Tout ce qu’il vous plaira
    Elle n’aura qu’à ouvrir
    L’espace de ses bras
    Pour tout reconstruire
    Pour tout reconstruire
    Je l’aime à mourir

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