Quand le patronat s’enrhume, les salariés toussent

Alors, ça y est ? Bien rentrés de vacances ? La peau tannée, l’œil vif et le poil brillant ?
Ça tombe bien, parce que la rentrée va être chaude bouillante… pas la rentrée sociale, le bon vieux marronnier que l’on nous sert à chaque fin d’été, non, votre rentrée à vous, sur fond de fièvre grippale et de dérogations massives au Code du travail…


PenseurParce que pendant que vous jouissiez, à juste titre, de votre repos annuel tellement bien mérité, d’autres ont trimé comme des malades pour vous savonner sous les arpions la planche du retour au turbin, opération déjà bien exténuante et déprimante s’il en est.

Même si vous preniez vos vacances au fin fond du bled, dans une zone blanche ravitaillée par les corbeaux, il ne vous aura pas échappé que la grande affaire du moment c’est l’épidémie, que dis-je, la pandémie de grippe H1N1 qui n’attend que votre retour sous le joug pour fondre sur vous comme la vérole sur le bas clergé breton et menacer par sa virulence les timides prémisses d’une reprise économique ô combien espérée, annoncée, claironnée et qui échappe encore et toujours à toute tentative d’observation, fût-elle avec un microscope à balayage électronique. Car voilà, ce ne sont pas les vilains banquiers, les méchants traders ou même la simple cupidité de toute une petite humanité de profiteurs sans vergogne qui plombent la marche triomphante du libéralisme débridé vers des lendemains qui chantent avec des trémolos dans la voix, non, ce n’est pas non plus l’impuissance ou l’insolvabilité, aussi organisées l’une que l’autre, des grands États face aux conséquences prévisibles d’une dérégulation à la hache de toute la vie économique de la planète qui nous met dans la merde jusqu’au cou, non, c’est la foutue grippe.
Attention ! on ne parle pas là de la petite grippette annuelle qui régule chaque hiver la population des maisons de retraites et de convalescence du monde libre et bien organisé, mais bien de la grippe mondiale, le fléau de Dieu, le virus ultime avec un nom de robot de film de science-fiction, pour coller encore plus les jetons si c’était encore possible.

Qu’importe si la grippe n’est qu’un épiphénomène par rapport à bien d’autres pandémies, réelles, tenaces et bien installées, qui lessivent année après année les populations jeunes et non solvables des sous-continents méprisés et surexploités, ce qui compte, c’est que nos petites sociétés en coton flippent bien grave à l’idée de se retrouver avec les naseaux dans un mouchoir jetable et un thermomètre dans les fesses, suffisamment en tout cas pour accueillir avec joie et gratitude toute initiative qui aurait pour but de les protéger de ces miasmes menaçants.

Donc, le gouvernement nous prépare à lutter contre le grand fléau en achetant des millions de masques et de vaccins, en diffusant des spots de pub bien flippants sur toutes les ondes et… en dépotant sous le manteau quelques jolies circulaires qui, étrangement, parlent bien peu de santé publique et bien plus de santé économique. Morceaux choisis et commentaire de texte de la circulaire émise le 3 juillet dernier par la Direction Générale du Travail :

L’employeur peut adapter l’organisation de son entreprise et le travail de ses salariés via la négociation avec les institutions représentative du personnel […] ou, à défaut, par décision unilatérale après avis du comité d’entreprise ou des délégués du personnel.
[…] Changement des conditions de travail : nouvelles conditions d’exécution de la prestation de travail (augmentation du volume horaire par des heures supplémentaires, augmentation des tâches à effectuer sans s’écarter des attributions contractuelles…) par décision unilatérale de l’employeur (le refus de l’employé, sauf s’il est protégé, constitue une faute pouvant justifier le licenciement.
Modification du contrat de travail : cela touche aux éléments essentiels du contrat…

Pour faire simple, quand la phase 5B de la pandémie sera décrétée par notre gouvernement (pour mémoire, nous sommes actuellement en phase 5A), subitement, l’employeur va prendre les pleins pouvoirs dans l’entreprise et décider tout seul comme un grand de toutes les mesures nécessaires pour maintenir son activité économique. Vous avez bien lu : ce qui compte, ce n’est pas la santé des salariés, des fournisseurs ou des clients, non, ce qui compte, c’est que le pognon continue à circuler. Et si pour ça, le pauvre patron se retrouve contraint de se torcher avec le Code du travail parce que ses salariés tombent comme des mouches, ben, tant pis, faut savoir ce qu’on veut dans la vie. En gros, tout ce qui est législation sur le temps de travail, en dehors de la seule limite supérieure de 60 heures de travail hebdo, ben le salarié survivant, il va pouvoir se le carrer dans l’œuf bien profond : suspension (temporaire, bien sûr) du repos hebdomadaire, des récupérations obligatoires, des RTT, des congés et tout et tout. Tu parles que la bataille contre le travail du dimanche, c’est de la roupie de sansonnet à côté de cet équarrissage en règle. En plus de ça, le patron peut décider tout seul comme un grand de modifier la nature des contrats de travail de ses salariés, pour l’intérêt supérieur de l’entreprise. Changement de poste, d’attribution, d’affectation, de salaire (héhé !), etc. Et au cas où vous n’auriez pas bien compris où sont les priorités, le droit de retrait des salariés est suspendu. En gros, ceux qui se sentent un peu fragiles et se disent qu’un éternuement de plus pourrait bien être un éternuement de trop, ils ne pourront pas arguer du droit de retrait pour éviter de venir se faire contaminer au boulot.

Bref, c’est avec ce genre de petites choses que l’on mesure très exactement la valeur de la vie humaine dans une société et que l’on peut correctement établir l’échelle des priorités de ceux qui prétendent gouverner pour l’intérêt général.

Bonne rentrée quand même !

NB : en pièces jointes, la circulaire en question, plus sa petite sœur du 26 août à destination de la fonction publique (moins mal lotie, en moyenne, que le privé)

Powered by ScribeFire.

37 réponses
  1. tsé
    tsé dit :

    Gerard Filoche écrit quelque chose d’assez semblable ici :
    http://www.legrandsoir.info/Se-sais

    On aurait tort de ne regarder que ce qui se profile en France, ce dernier virage avait peut être pour but, comme le souhaitait tout haut David Rockfeller… en 1993, la prise du pouvoir définitive par les entreprises. De la mouvance trilatérale évidemment.

    Répondre
  2. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je sais, je le cite en lien ici. J’avais commencé à écrire le papier avant qu’i ne sorte le sien, puis lu le sien et laissé tombé… et finalement, je me suis dit qu’on ne serait pas trop de deux à en parler.

    Tiens, un truc dont je n’ai pas parlé : le prêt de salariés, loi passée récemment et qui me semblait un peu hors sujet quand on a des millions de gus compétents qui prennent la poussière sur les étagères de Paul Emploi. Et hop, un coup de grippe, et il devient super urgent de pouvoir se prêter les salariés survivants…

    Répondre
  3. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Agnès : « Bref, c’est avec ce genre de petites choses que l’on mesure très exactement la valeur de la vie humaine dans une société et que l’on peut correctement établir l’échelle des priorités de ceux qui prétendent gouverner pour l’intérêt général ».

    Comment peux-tu dissocier la gouvernance de l’intérêt général ? On dirait moi dans le sujet précédent.

    Ne la croyez pas !! Ceux qui vous gouvernent vous aiment … vos patrons aussi 😉

    Bon d’accord, ils aiment votre pognon aussi, mais l’un n’empêche pas l’autre. Celui qui n’a jamais vu son patron pleurer en signant des chèques, ne sait rien de la sensibilité du dirigeant d’entreprise.

    Quant à la grippe, qui l’attrapera verra. Je vois difficilement comment votre patron pourrait vous obliger à travailler alors qu’au début de cette fameuse grippe, on lui a fait une réputation de tueuse (à la grippe, pas au patron) qui vous valait, si vous l’aviez contracté, de vous faire hospitaliser en chambre étanche.

    À malin, malin et demi. Le premier qui l’attrape se lèche généreusement la main et va serrer celle du boss. Si le virus mute, on peut tenir le patron hors de l’entreprise de l’automne au printemps.

    Et si le patron est vacciné, on se partagera la grippe dans un grand esprit de solidarité ouvrière. C’est la luuuutte finaleuu, le virus est arrivé. Le thermomètre anal sera le genre humain.

    Pour une fois, on pourra manifester à la maison. Certificat médical à l’appui.

    Répondre
  4. Alexandria
    Alexandria dit :

    Excellent article, merci, le Monolecte, surtout pour les deux circulaires…

    Et il n’y a pas que chez nous… On trouve sur un excellent site canadien quantité d’informations très solides sur ce qui se trame en Amérique du Nord (surtout les USA).

    Voir par exemple autour de la "pandémie" le processus de militarisation des la "gestion" des peuples :

    http://mondialisation.ca/index.php?…
    ça concerne la santé publique comme prétexte à l’installation d’une durable loi d’exception

    et aussi :

    http://www.mondialisation.ca/index….
    en cas de troubles liés à la "crise" et au dépeçage des finances collectives par les "élites" financières.

    Pris ensemble, ces deux derniers articles éclairent la fameuse "pandémie" de grippe H1N1… à fonction exclusivement de maintien de l’ordre !

    Garde ce site sous le coude, il vaut vraiment la peine !

    Répondre
  5. Croa
    Croa dit :

    Cette propagande tapegeuse et décalée EST TRES SUSPECTE. Ce qui se trame n’est pas évident à deviner mais je méfierais surtout des vaccins que l’on nous prépare ! (De toutes façons cette précipitation est au moins imprudente.)

    Moi on ne me piquera pas !
    JE N’AIS PAS CONFIANCE et vous invite à faire de même.

    Répondre
  6. jardin
    jardin dit :

    Vingt deuxième siècle? Base historique attestée? Hé hé…

    Moi, j’aime bien "la vérole sur le bas clergé breton", c’est mignon tout plein et beaucoup plus évocateur. Et j’aime bien aussi que les phrases historiques, comme les chansons populaires, voyagent et se métamorphosent de siècle en siècle sur les ailes du peuple qui ne revendiquera ni droit d’auteur ni certificat d’authenticité.

    J’aime bien, aussi, tout le reste du billet, mais ça c’est tellement constant, juste une petite variation d’intensité d’un billet à l’autre… Celui là, c’est 5/5.

    Répondre
  7. John
    John dit :

    "comme la vérole sur le bas clergé breton"

    Il vaudrait peut-être mieux s’en tenir à la version originale : "comme la petite vérole sur le bas clergé italien du XXIIe siècle". Elle présente l’avantage, en plus d’une base historique attestée, de ne pas mettre en cause des contemporains susceptibles, susceptibles d’exercer des représailles qui risqueraient de s’étager du simple épandage malodorant jusqu’à l’explosif mortel. 😉

    Répondre
  8. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Justement : c’est parce qu’ils anticipent un grand nombre d’arrêts maladies (20% du personnel en estimation basse) que les dirigeants choisissent la surexploitation des salariés restant pour faire tourner la boutique. Bien sûr, cela oublie le fait essentiel que si 20% des salariés d’une boite sont au lit, il y a une bonne chance que 20% des clients et fournisseurs soient dans le même état et qu’il est donc potentiellement inutile de faire turbiner dans le vide ceux qui seront plus résistants que les autres.

    On nous joue des violons avec la taxe carbone (ou le grenelle de l’environnement) qui, soit dit en passant, va bien s’apesantir sur les plus pauvres, mais en cas de pandémie, rien n’est plus important que de continuer à produire/consommer/gaspiller à plein régime. Ces circulaires a elles-seules sont symptomatiques de la conscience socio-écologique de nos dirigeants : utiliser le greenwashing pour continuer la même politique mortifère que d’habitude, tout en ayant l’air de faire quelque chose.

    Répondre
  9. galunto
    galunto dit :

    en gros, la rhétorique du pouvoir dans ce genre de situation, c’est de dire : ON S’OCCUPE DE TOUT ! N’ayez pas peur, la menace n’est pas menaçante puisque on est là, on s’agite pour que vous n’ayez pas à le faire. Alors dormez tranquille brave gens, évitez de vous poser trop de questions et de vous torturer l’esprit. Si vous savez pas quoi faire, y’a Koh-Lanta qui vient de reprendre ou sinon y’a le nouveau mag féminin à lire (people haut de gamme et contre-culture…)

    Pendant les affaires…

    Répondre
  10. Atchoum
    Atchoum dit :

    Ah, ça, c’est clair que la taxe carbone, ça va être pour taxer les plus pauvres.

    Parce c’est quoi, normalement, l’idée ? L’idée, normalement, c’est d’influencer les choix des acheteurs au moment de l’achat. C’est-à-dire qu’au moment de l’achat (d’une chaudière par exemple), on choisisse ce qui émet le moins de carbone parce que c’est plus avantageux financièrement (en raison de la taxe). Mais là, ils veulent faire payer les utilisateurs… par exemple, le pauvre locataire qui n’a pas choisi son système de chauffage et qui habiterait dans un immeuble mal isolé ! C’est la double peine, en sorte ! Sans compter la peine de se sentir un engrenage dans le système, un système qui pollue toujours plus l’environnement.

    C’est comme le "fameux" emprunt… Vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui font un emprunt avant même de savoir à quoi il va servir ? C’est clair que le but de ce "fameux" emprunt, c’est de creuser "jusqu’au bout" de trou, le déficit…

    Mais on s’éloigne du sujet du présent billet…
    Je vais m’arrêter… et puis c’est pas bon pour ma tension.
    😉

    Répondre
  11. Louis siffert
    Louis siffert dit :

    Ah oui, j’imagine bien la scène avec dans le rôle principal une caissière de supermarché au bout de ses 70 heures avec la grippe médiatique :
    atchouuuuuuum, excusez-moi messieurs la direction m’a dit de vous dire que c’était juste un petite rhume et qu’il faut pas s’inquiéter pace-que j’ai un masque (discount biensûr). Illustrons la scène :
    http://farm3.static.flickr.com/2597

    Répondre
  12. tato11
    tato11 dit :

    Si tous les morts du SIDA qu’on a ignorés pendant des années (une maladie de pédé, on s’en fout) entendaient le foin qu’on fait pour les quelques 2200 victimes de cette grippe… Finalement c’est de ça qu’on crève: exploiter le fait divers jusqu’à l’obscénité, et enfoncer la tête dans le sable quand il y a un vrai drame.

    Répondre
  13. Louis siffert
    Louis siffert dit :

    Le directeur de magasin :
    " je tiens à vous montrez comment nous prenons soin de notre personnel en vous faisant visiter leurs nouveaux vestiaires. Nous avons décidé que le mieux était de rénover d’ancien locaux :
    http://farm1.static.flickr.com/101/

    Mais veuillez d’abord mettre ceci svp :
    http://farm1.static.flickr.com/26/1
    Je ne pensais vraiment pas qu’avec Nicolas Sarkosy tout était possible y compris d’anticiper la période du carnaval. Et en plus quelle fantastique idée d’avoir décréter le carnaval comme jour férié travaillé pour financer le plan canencule.

    Répondre
  14. germinal
    germinal dit :

    Vous savez, Agnès, une circulaire, ce n’est jamais qu’un texte émis par un fonctionnaire. Cela n’a donc qu’une valeur relative par rapport à la loi. On ne compte plus les circulaires cassée en Conseil d’Etat, en recours pour excès de pouvoir.

    Répondre
  15. tsé
    tsé dit :

    @Agnès : cela pourrait même leur donner l’idée d’en faire une loi ou un décret puisque nous savons qu’une circulaire ne fait que préciser ou embrouiller l’une ou l’autre ;
    @Atchoum (9) : restera-t-il suffisamment de "contrôleurs à domicile" en bonne santé pour aller contrôler les fraudeurs à grippette sur ordre de leur entreprise ? :-)))
    et s’ils en restent et qu’ils viennent sonner à votre porte,ne soyez pas rat : bas-les-masques et partagez avec eux votre microbe americano-porcin.

    Répondre
  16. Oh!91
    Oh!91 dit :

    Dans le public, on est "moins mal loti", parce qu’au fond, on ne fait vivre que des services publics – à valeur économique nulle, c’est bien connu !
    Décidément, ton papier le montre bien, cette pandémie, c’est pain béni pour le gouvernement : elle se déclenche, elle se déclenche pas, il gagne quand-même !…

    Répondre
  17. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Bon, parlons sérieusement. Agnès, en dehors de son style inégalable, nous fournit matière à réflexion, argumentation et sources à l’appui.

    Il est évident que face à un système libéral uni, les forces progressistes de la société sont pour le moins divisées. Il n’en reste pas moins que le peuple de gauche existe et qu’il représente encore, par définition, la majorité des forces en présence.

    Comme en toute chose il faut réduire l’équation à sa plus expression pour obtenir une brique capable de reconstruire la complexité cohérente du "vivre-ensemble".

    Il est évident que si le patronat ne peut se passer de son personnel, le personnel ne peut se passer d’une offre de travail lui assurant le quotidien. Aucun des deux partis en présence n’a intérêt à "foutre le feu à la machine". Je ne crois pas que deux monologues peuvent se substituer à un dialogue sans aboutir à un rapport de force stérile puisque deux énergies de sens contraire s’annulent, laissant le reliquat de puissance décider en faveur du plus fort.

    Ce que dénonce Agnès est bien réel. Mais c’est également habillé d’un faux-semblant qui lui ôte une bonne partie de sa capacité de nuisance. Par exemple, on ne peut utiliser l’argument démocrate pour substituer une dictature à la démocratie. De la même manière, utiliser l’argument de la santé, pour viser des buts purement économiques équivaut à restreindre les effets économiques au contexte restreint de la santé publique. Si grippe il y a, tout effet des circulaires en question devra s’arrêter à l’arrêt de la pandémie.

    Doit-on avoir peur de cette grippe ? J’ai l’impression que l’on nage en pleine paranoïa. Devant un danger quelconque, l’esprit humain passe par une phase subjective qui lui fait grossir, voire caricaturer le danger. Nous sommes effectivement dans cette phase, et les circulaires en question reflètent que cet état d’esprit n’épargne pas le gouvernement. Je trouve cela plutôt sain. Cela démontre d’abord que nos dirigeants sont humains malgré leurs faux airs de "compétence absolue".

    Ensuite, ces circulaires démontrent que les responsables inquiets "s’agitent" et veulent faire entendre qu’ils s’agitent. C’est l’application d’un très vieux principe chez les responsables de tout ordre. On appelle cela le "système parapluie", rebaptisé, aujourd’hui "principe de précaution". Cela permet aux responsables de dédouaner leur responsabilité, voire de l’atténuer lorsque "l’ouragan danger" est passé et que l’analyse à posteriori démontrera les failles du "bouclier".

    Vient alors la phase objective. Le danger est là et exerce ses ravages. Le principe de causalité implique une arborescence d’effets tantôt désirables, tantôt indésirables. En cas de danger ce sont plus les effets indésirables auxquels on s’attend. L’inconvénient du principe de causalité, c’est l’imprévisibilité de l’enchaînement des causes et des effets. La science n’y changera rien, car lorsque le principe de causalité s’applique à un champ macroscopique, il est loin de refléter les résultats des tests en laboratoire. Alors on réagit au coup par coup en faisant le gros dos. Dans l’histoire de l’humanité, il n’y a jamais eu d’autre solution, et il n’y en aura jamais d’autre.

    Le futur n’a jamais été qu’une affaire de statistiques heureuses ou malheureuses. «Le mieux est l’ennemi du bien». Ce que dénonce Agnès, c’est ce "mieux qui exagère», mais elle y répond également par "un pire que le mal". On peut effectivement avoir une lecture pessimiste de ces circulaires et n’en conclure que ce qu’en conclut Agnès. On peut également en avoir une lecture optimiste et faire une confiance sans limite aux tenants du pouvoir.

    Peut-on en vouloir au gouvernement de "réagir" ? Je ne le crois pas, il a été élu pour cela.

    Peut-on lui prêter des intentions de "coup d’État" ? Contrairement à Hitler, le gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche, est enfermé dans un carcan démocrate qui limite sa nuisance possible. Cela d’autant plus que tout hypocrite (à démontrer) que puisse être ses intentions, le gouvernement n’a jamais infirmé sa position démocrate, bien au contraire, cela a même été son cheval de bataille pour se faire élire (il lavait plus humaniste que homo sapiens). Il se trouve donc dans l’impossibilité de faire passer des vessies pour des lanternes sans passer en force, et je doute que le rapport de force soit en sa faveur.

    Peut-on déduire de ces circulaires que la fin du monde social est arrivée ? Si vous ne soutenez pas la démocratie, vous faites le même jeu que ses ennemis et vous ne pouvez pas vous en revendiquer pour combattre ceux que vous n’aimez pas. Alors, la causalité désignera le vainqueur et c’est la morale démocratique et les valeurs qu’elle défend qui sera de toute manière perdante.

    Le pire n’arrive que si l’on attend que lui. Cette vague de pessimisme, qui ne recherche que les raisons de désespérer, est bien ce qui me désole. Entre le fantasme et la réalité, il y a l’absolu et la relativité. Le fantasme dépend du regard que l’on a sur la réalité, mais la réalité exprime une superposition d’états que la décohérence de l’homme n’a jamais su entrevoir. Tantôt pessimiste, tantôt optimiste, l’homme n’a jamais su choisir la voie du juste milieu. Il récolte ce qu’il sème et n’apprend jamais de ses erreurs. Manquerait-il une case à l’humanité ? Je l’ignore, pourtant il possède tous les outils pour se forger un destin meilleur, mais il est toujours dans l’exagération.

    La grippe tuera, c’est certain, mais cela n’a d’importance que pour ceux qui en mourront. C’est le destin de l’homme de mourir, ne vivons pas comme si nous étions immortels. Pour l’immense majorité qui y survivra, ils ne pourront que conclure qu’ils ont eu tort d’avoir peur. La réalité s’affronte face à face avec les dangers qu’elle induit. Avoir peur, c’est ajouter un effet indésirable à la réalité du danger. La prudence se justifie, la peur non. Prétendre à la malhonnêteté d’un gouvernement, c’est exagérer sa capacité de nuisance, mais c’est aussi exagérer notre incapacité à y répondre. Chaque chose en son temps, et chaque acte doit attendre le meilleur moment pour être acté.

    Bon, je m’arrête ici et j’attend les réactions.

    Répondre
  18. Asse42
    Asse42 dit :

    Oui. je ne préfère pas réagir à ce que dit pierre Meur sinon je risque de m’emporter méchamment. La réforme de l’état sarkozyste va justement dans le sens de moins de démocratie. Donc ce n’est pas au peuple de gauche qu’il va réussir à faire croire que Sarko est démocrate.

    Répondre
  19. moooh
    moooh dit :

    Je n’arrive pas à y(ces circulaires) croire, bien que les ayant lu. C’est vraiment incroyable au sens premier tu terme.

    Sinon, tout a fait d’accord avec le fait que cette grippe s’annonce être une grippe de plus ( bien qu’un peu plus contagieuse). Alors le vaccin fait à la va vite, non merci, surtout quand on voit ce que d’autres vaccins comme ceux de l’hépatite B ont pu avoir comme effet secondaire (sclérose en plaque … )

    Merci à vous d’avoir déniché ceci ! !

    Répondre
  20. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Asse42 @27,

    La question n’est pas de savoir si Sarkozy est démocrate. Il n’a pas le choix. D’un point de vue progressiste (et j’en suis), Sarkozy a-t-il une capacité de nuisance ? Certainement, elle est toutefois limitée, mais c’est la gauche qui lui offre sur un plateau, parce que le discours de la gauche étant inexistant en ce qui concerne le projet progressiste, elle n’offre qu’une image de détestation de Sarkozy qui n’est que le reflet inversé de l’adoration des forces libérales pour leur champion. C’est un discours de frustrés.

    Si les forces progressistes veulent se débarrasser de Sarkozy, elles doivent l’oublier, s’unir, et proposé ce que le peuple de gauche attend depuis trop longtemps. Sarkozy propose un discours qui plaît aux individualistes, parce que pour eux "c’est chacun pour soi". Il met la "réussite" individuelle en avant, comme un gain à la loterie pour celui qui y croit.

    Le progressiste cohérent ne vise pas la réussite personnelle comme finalité, mais son inscription dans une société plus solidaire de tous. Cela doit être un mouvement en avant, pas une sclérose dans l’opposition comme elle l’est aujourd’hui. Sarkozy n’est qu’un frein à ce mouvement. Il est négligeable, sauf si on lui accorde une importance qu’il n’a pas. Et c’est bien ce qui se passe.

    Le PS a tué le socialisme, parce que ceux qui sont sensés promouvoir le socialisme ont adopté les mœurs des hommes politiques de droite. Ils ont privilégié leur carrière et leurs intentions de gauche n’est plus qu’une façade. À ce jeu-là, Sarkozy est bien plus fort qu’eux. Ce n’est pas le pouvoir qui est important, c’est ce que l’on en fait. Le socialisme doit être une lame de fond qui trouve sa source dans le peuple, mais s’il n’existe personne pour la canaliser, cette vague se brise constamment. À force de la voir se briser, le peuple de gauche s’habitue à la voir se briser et désespère.

    Ce que je dis, c’est que Sarkozy n’existe pas. Qu’il faut l’ignorer et ne pas collaborer à son succès en le mettant sans cesse en lumière. Se préoccuper enfin des aspirations du peuple et lui donner de l’espoir. Si le peuple de gauche ne peut plus se réjouir que d’initiative sans autre envergure que le "free hugs", alors, oui, Sarkozy a gagné et sa capacité de nuisance augmentera.

    Sarkozy est un démocrate parce qu’il a été élu. Il a été élu par défaut, parce qu’il n’existait personne à gauche qui soit capable d’avoir un discours cohérent et encore moins un discours de gauche. Ne vous en prenez pas à Sarkozy, prenez-vous en aux carriéristes de la gauche, mais surtout nourrissez l’espoir que relever le niveau est possible parce que si le peuple ne doit y voir qu’une utopie, alors ne faites surtout pas de gosses parce que ce qui se prépare ne leur plaira pas. Ce n’est ni contre Sarkozy, ni pour vous que vous luttez, c’est pour les générations futures, parce que le mouvement progressiste est inscrit à travers les générations et non pas dans une seule génération.

    D’un point de vue progressiste, les dernières vingt années (une génération), et on peut même aller plus loin, ont été un vide, un bide, parce que chacun est devenu individualiste. Étonnez-vous après ça qu’un individualiste arrive au pouvoir en utilisant votre discours. Des entreprises ferment ou délocalisent. Et chacun observe sans réagir, les actes spectaculaires et dérisoires du personnel qui veut faire entendre son désarroi. Etonnez-vous que Sarkozy pavoise. Le peuple est divisé jusqu’à l’unité et chaque individu ne voit la solidarité qu’applicable à soi.

    J’aimerais vraiment que cette grippe fasse des millions de morts, parce que si c’est le prix qu’il nous faut payer pour que renaisse la véritable solidarité entre les hommes, ce sera un bien et non un mal.

    Pour l’instant, l’humanisme n’a pour ambition minimale que la simple reconnaissance de chacun à l’espèce humaine. Cela pourrait être beaucoup plus, mais le premier objectif n’est même pas atteint, et l’humanité est déjà au bord du gouffre. L’intelligence n’est qu’un essai de la nature. Si l’intelligence n’est pas prépondérante, alors la nature essayera autre chose, et l’humanité rejoindra le cimetière des dinosaures.

    Il n’y a qu’un seul homme qui a su mettre en pratique une intelligence sociale et obtenir des résultats concrets. Cet homme, c’est Gandhi. Son truc pour supprimer le "maître", c’était de supprimer "l’esclave" qui est dans la tête de chacun. Un peuple uni est plus fort que n’importe quel maître. Quand on oublie cela, le maître existe et les esclaves aussi. La non-collaboration à l’inéquitable est la seule voie. Cela nécessite d’intégrer les notions d’appartenance et d’alliance. Gandhi a su débarrasser l’Inde de la puissance coloniale anglaise, sans tirer un coup de feu, sans même l’insulter. Quand on entre en opposition, on justifie la réaction de ce contre quoi on s’oppose. Gandhi était pour l’Inde, il n’était pas contre l’Angleterre.

    La lutte des classes est une aberration parce que ce n’est qu’un rapport de forces qui s’opposent. C’est le rapport de force qui est imbécile. J’ai toujours dit à ma fille : "Il y a des choses que l’on peut toujours faire, des choses qu’il ne faut jamais faire, et des choses que l’on peut ou que l’on ne peut pas faire suivant le contexte. C’est dans cet dernier aspect que se révèle l’intelligence".

    Sarkozy, on s’en fout. Il ne s’agit pas d’être en opposition à Sarkozy, mais d’être ensemble dans la non-collaboration quand il déconne. Et quand on dit non-collaboration à l’inéquitable, on dit également collaboration à ce qui est équitable. Ce n’est pas Sarkozy qui doit proposer, c’est le peuple qui doit proposer. Sarkozy n’est là que, par la volonté du peuple, pour exécuter la volonté du peuple. Encore faut-il que le peuple se bouge. La démocratie doit avoir un prix, sinon elle sans valeur, et alors ceux qui veulent l’instrumentaliser s’en empare. La démocratie est exigeante. On récolte se que l’on sème.

    Répondre
  21. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Asse42

    La forme, le fond … et la motivation qui est derrière.

    C’est ce qui nous pousse à agir qui nous définit. Moi, c’est l’estime que j’ai pour le genre humain qui m’anime. Mais j’autorise tous le monde à en douter. Pour Sarkozy, je n’en sais rien. Je ne le connais pas. Mais je me dis que tout politicien qui réussit est suspect. Pas à cause de sa vocation politique, mais à cause de la lutte dans le panier de crabes par lequel il doit passer aujourd’hui pour réussir.

    Répondre
  22. Asse42
    Asse42 dit :

    Pierre Meur

    Je pourrais dans une contre-argumentation détaillée et étayée vous disant, vous prouvant même, que le pacte présidentiel était un vrai projet progressiste pour le pays.
    La gauche ne l’a pas franchement soutenu à l’époque mais y revient puiser des idées et des avancées pour l’avenir.

    La VI ème république n’avait rien à voir avec la réforme sarko! Par exemple.

    Répondre
  23. Asse42
    Asse42 dit :

    Pierre Meur

    Je suis d’accord pour dire que le milieu politique est un panier de crabes mais c’est le cas dans d’autres milieux.
    Moi, en tant qu’humain et démocrate, j’accorde extrêmement d’importance aux moyens utilisés. Je ne crois pas que tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. Il doit y avoir une morale, une éthique comportementale qui me pousse à faire confiance à un leader politique ou pas.

    Or il se trouve que Sarkozy est l’anti-thèse de Ségolène Royal. Il a utilisé tous les moyens pour gagner avec la puissance de la sarkozie à ses pieds. Comme tu peux encore le constater avec les polémiques stupides concernant Royal. Par exemple tu crois vraiment qu’elle est allée en Chine applaudir la justice chinoise toi? Et pourtant on l’a martelé pendant des semaines sur les ondes pour saper sa crédibilité.

    Ce que je veux dire par là que pour moi la politique c’est une activité humaine. Je fais donc confiance à un humain. Et dans ce cas là il n’y a même pas photo.

    Répondre
  24. speedy
    speedy dit :

    @pierre #30

    Le diagnostic global n’est pas faux mais je pense aussi que les projets de gauche se sont décrédibilisés pour longtemps à cause des riantes démocraties qui s’en étaient emparées : URSS, RDA, Chine, Cuba… Il est donc difficile de porter un projet socialiste même si ces républiques "démocratiques" n’avaient pas grand chose de socialiste.

    Concernant la grippe, on en est à moins de 20 morts en France pour 1,5 Milliards d’Euros dépensés. Il n’y aura pas de millions de morts pour une grippe parce que ces morts ne sont pas morts uniquement à cause de la grippe !

    Enfin, si Gandhi a bien bouté l’Anglois hors de l’inde, il ‘n’a pas réussi grand chose en matière de lutte des castes !

    Répondre
  25. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Speedy @30 : Gandhi était un être humain, pas un dieu parfait. On peut se réjouir des réussites de Gandhi, mais on ne peut pas reprocher à Gandhi les manques qui ne sont pas de son ressort.

    Que chacun fasse aussi mal que Gandhi, on verra pour faire mieux après.

    On habille Sarkozy et Ségolène Royal des intentions que l’on veut leur voir porter. Ils ne sont certainement pas aussi noir et aussi blanc qu’on le dit. L’un est de droite et confronter à l’exercice du pouvoir, l’autre est de gauche et ne l’a jamais été.

    Ce n’est pas un programme qui décide du sort d’un pays, c’est la situation très réelle d’un pays qui s’impose à l’équipe dirigeante quelle qu’elle soit.

    À un problème donné, il y a une multitude de réponses possibles. On ne peut pas reprocher à celui qui a été élu démocratiquement de choisir les réponses auxquelles il croit et de les appliquer suivant sa cohérence. Que la gauche réalise d’abord son union et devienne "crédible" pour le peuple, il sera alors temps de l’élire tout aussi démocratiquement, et nous verrons si elle sera capable de faire face à "la situation très réelle" du pays.

    Personnellement, je suis progressiste, pour ne par dire de gauche, mais je crois que si le peuple veut obtenir satisfaction, il doit s’investir autrement qu’en polémiques stériles et en "montrage du doigt". Le peuple ne doit pas tout attendre de l’État, il doit participer parce que l’État, c’est d’abord lui. Le gouvernement n’étant que la partie qui pare au plus pressé.

    Mais aujourd’hui le peuple est passif et attend tout du gouvernement. Il agit comme un enfant capricieux qui exige mais ne donne rien. Quand le peuple redeviendra actif et participera de son avenir, il deviendra "adulte" et donc "responsable".

    Quand on a des droits, on a également des devoirs.

    Le progrès est non seulement dans l’addition des énergies, mais dans le sens pragmatique vers lequel on dirige l’énergie canalisée. Si les militaires ont compris cela depuis des milliers d’années, il faudra bien un jour que les civils le comprennent. Encore faut-il qu’il existe un esprit civique, comme il existe un esprit militaire.

    Tout le problème est là. Sarkozy n’est pas l’ennemi, Sarkozy n’est que la conséquence anecdotique de l’inconséquence bovine de la gauche, et du peuple tout aussi bovin, bien entendu. Il faut arrêter de meugler, il faut agir.

    Ce que j’ai toujours aimé chez Gandhi, c’est que ce n’était pas un théoricien, mais un homme qui agissait de manière cohérente et qui payait de sa personne. Moi, je ne suis qu’une grande gueule de théoricien et un petit acteur, mais c’est déjà pas mal de s’en rendre compte. Cela permet d’envisager de modifier le déséquilibre entre la théorie dans l’abstrait et l’action dans le réel.

    On dit que les paroles s’envolent et que les écrits restent. Il doit y avoir le même type d’observation positive à faire entre l’écrit et l’acte.

    Répondre
  26. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Speedy @30 : « Le diagnostic global n’est pas faux mais je pense aussi que les projets de gauche se sont décrédibilisés pour longtemps à cause des riantes démocraties qui s’en étaient emparées : URSS, RDA, Chine, Cuba… Il est donc difficile de porter un projet socialiste même si ces républiques "démocratiques" n’avaient pas grand chose de socialiste ».

    Il faut résoudre les termes de l’équation à leur plus simple expression et ne pas tomber dans l’anecdotisme pour définir le complexe.

    La relation humaine équitable est dépendante de l’application pragmatique du principe de réciprocité. Pragmatique, parce ce qu’elle doit être constamment réajusté à l’analyse a posteriori de l’enchaînement des causes et des effets qu’induit le principe de causalité.

    Si tu me tapes sur la gueule, tu me donnes le droit d’en faire autant. La victoire, elle, ne repose que sur l’aléatoire. C’est bien pour cela que le rapport de force est stupide et que la solidarité est profitable à tous le monde.

    C’est bien pour cela que Sarkozy n’a qu’une importance négligeable, sauf, bien entendu, si la critique de Sarkozy est la seule préoccupation de la gauche. Moi, ce manque d’action cohérente au profit de la seule critique, j’appelle ça du populisme. Cela ne mène nulle part, sauf à tourner en rond et à tuer le PS, et, accessoirement, la progression de la réalisation des promesses que font tous les parents d’un "avenir radieux" à leurs enfants en les mettant au monde.

    Mais bon, quand la politique n’est plus que de la théorie, les théoriciens font de beaux discours. C’est la finalité d’un blog, non ? Dommage qu’il n’y ait de blog que sur internet et non des blogs inter-actifs dans la réalité. Ce n’est pas ce que faisait Gandhi avec tous ceux qui l’approchaient ?

    Répondre
  27. yvanLeVrai
    yvanLeVrai dit :

    Marrant, tout de même, que Coluche, il y a 20 ans disait :
    "Mais non les chômeurs ne veulent pas de boulot. Mais non.
    Juste l’argent suffira."

    Tous rentiers, tous rentiers,… tous, tous.
    Quand t’as réussi à amorcer une pompe à fric, pourquoi t’emmerder à bosser ou prendre des risques…????
    Soit ça tombe à la naissance, soit tu lèches le cul d’un puissant (synonyme de friqué).

    La société du paraitre actuelle ne fait que confirmer.

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *