De quoi Monsanto est-il le nom?

L’entreprise Monsanto, pour une multitude de raisons plutôt rationnelles, est actuellement l’une des entités modernes qui focalise le plus d’opinions négatives à son encontre.


Les vaches
Mise en ligne par Le Monolecte

Quiconque a vu l’excellent documentaire Le monde selon Monsanto qu’a consacré la journaliste française Marie-Monique Robin à cette multinationale ne peut que se ranger dans le camp abondamment fourni de ses opposants.

Une simple recherche sur Google avec Monsanto est éclairante quant à la popularité négative, mais puissante, dont bénéficie la firme de Saint-Louis : plus de 4 millions de réponses. Certes les sites officiels s’affichent en premier, mais suivis de près par les sites des opposants, ô combien plus nombreux. À la suite de la diffusion du Monde selon Monsanto sur Arte, un collectif français anti-Monsanto s’est même créé sur la toile, Combat Monsanto, avec détournement de logo et charte graphique de la cible. Un site réellement très complet, avec inventaire non exhaustif, car en constante progression des actions anti-Monsanto à travers le monde, des débats, des liens vers les affaires en cours et toute une zone très détaillée qui décortique le système Monsanto, la manière dont le groupe fait taire les opposants, s’achète la bienveillance des pouvoirs publics, pratique du lobbying à tous les étages et est maître du slapping judiciaire pour clore le bec de ses détracteurs les plus récalcitrants. Il y a des passages réellement très précis et éclairants sur la nature des actions de Monsanto, comme dans l’historique, par exemple :

• 1917 Monsanto commence à produire de l’aspirine.

• 1935 Monsanto élargit ses activités à la production de savon et de détergents industriels, elle commence à produire du phosphore.
• 1937 Monsanto prend connaissance des dangers lies à l’exposition aux PCB d’après une étude du Docteur Emett Kelly, qui dirige alors le service médical de Monsanto.
• 1955 Monsanto rachète les raffineries de Lion Oil et se lance dans la production d’engrais à base de dérivés pétrochimiques.

• 1986 Monsanto est jugé coupable de négligence pour l’exposition au benzène d’un de ses ouvriers à l’usine de Chocolate Bayou au Texas. La firme devra payer 100 millions de dollars de dédommagement à la famille de Wilbur Jack Skeen, mort de leucémie après des expositions répétées.

• 1986 Monsanto dépense 50.000 dollars en frais d’avocat pour empêcher l’initiative (Proposition 65) de l’État de Californie visant à réglementer la décharge de produits toxiques près de réserves d’eau potable.

• 1990 Monsanto dépense plus de 405.000 dollars en frais d’avocats pour faire rejeter la réglementation californienne Proposition 128, connue sous le nom de « Big Green initiative ». Cette régulation visait à interdire l’usage de certains pesticides nocifs pour la santé et l’environnement, dont l’Alachlor de Monsanto.

• 1991 Monsanto est condamné à payer une amende de 1,2 million de dollars pour avoir tenté de dissimuler le déversement d’eaux usagées et polluées dans la Mystic River dans le Connecticut.

• 2002, 23 février Le jury déclare Monsanto et sa filiale Solutia coupables d’avoir pollué « le territoire d’Anniston et le sang de sa population avec les PCB » (Anniston Star, 23 février 2002). Les dommages et intérêts sont fixés à 700 millions de Dollars.

• 2007 Monsanto est condamné en France pour publicité mensongère sur le caractère biodégradable du Roundup.

Où l’on voit que Monsanto fait ceci-cela, produit des trucs pas propres, est condamné à raquer et raque.

Et continue.

Monsanto agit, Monsanto fait, Monsanto se fait choper et Monsanto continue son petit bonhomme de chemin.

Monsanto a-t-il la conscience propre après avoir provoqué directement ou indirectement la mort d’êtres humains ?

À quoi pense Monsanto le matin en se rasant ?

Pourquoi Monsanto le serial killer n’est pas en taule à l’heure qu’il est ?

Vous les trouvez stupides mes dernières questions ?

Alors pourquoi continue-t-on à traiter Monsanto comme une entité cohérente, à en parler comme d’un tout indivisible, à accepter qu’il existe en tant que personne morale ?

Pourquoi Monsanto n’est pas en taule, n’éprouve pas de remords et ne peut pas prendre de poing sur la gueule quand il croise le parent de l’une de ses victimes dans la rue ?

Parce que Monsanto n’existe pas !

Inutile de se couper les cheveux en quatre : Monsanto est, au mieux, une convention, une entité chimérique derrière laquelle agissent des personnes bien réelles, elles.

Associations de malfaiteurs

Nous avons raison de lutter contre les marchands de mort, c’est juste que nous nous y prenons aussi bien que Don Quichotte qui pensait lutter contre des géants, alors qu’il ne faisait que se cogner le nez sur des moulins à vent.

Monsanto n’est rien, tout comme l’ensemble des autres constructions juridiques que nous appelons entreprises et qui sont le résultat d’un système organisationnel, juridique et symbolique. On parle de Monsanto ou de Total ou de Général Motors ou de France Telecom de la même manière que d’autres parlaient de Dieu, du Royaume, de la Nation ou de l’Olympe : des constructions intellectuelles auxquelles on adhère par consensus collectif.

Tant que nous continuerons à lutter contre le géant d’osier Monsanto, tant que nous poursuivrons les chiffons rouges des toréadors de l’arène juridique, nous ne ferons que le jeu de ceux qui se planquent tranquillement derrière ces chimères et qui ramassent les fruits de toute cette forfaiture.

Un film comme The Corporation avait commencé à dessiner le côté absurde et inhumain des personnes morales, ces regroupements d’individus auxquels un groupe d’avocats retords avait réussi à obtenir les droits équivalents, pratiquement, à ceux d’une personne réelle. D’ailleurs, comme par hasard, le cas Monsanto était abondamment repris et argumenté dans le documentaire. Mais le pas supplémentaire n’avait pas été franchi : à savoir la question de la responsabilité individuelle de tous ceux qui se cachent derrière les paravents fictifs des personnes morales.

Il en est de Monsanto comme de la Main Invisible du Marché, laquelle ne pourra jamais se gratter les couilles tranquillement sur le canapé en se matant un western avec Charlton Eston dedans : s’ils n’existent pas le moins du monde, s’ils n’ont pas plus de consistance que les lignes imaginaires des frontières qui n’ont jamais fait courber sous leur poids la tige de la moindre pâquerette, il n’en reste pas moins que derrière eux, il y a des personnes qui prennent des décisions et les appliquent en toute connaissance de cause.

Et en toute impunité!

Si l’on regarde derrière la chimère Monsanto, on trouvera plus de 17 500 vraies personnes, toutes avec un trou de balle, des yeux, des oreilles et un cerveau, l’équipement plus ou moins complet leur permettant d’appréhender le monde qui les entoure, d’entrer en interaction avec et d’avoir une pensée se rapportant à cette interaction. 17 500 personnes qui ne sont pas inquiétées quand l’entité Monsanto se fait choper en train de mentir, corrompre, dissimuler ou faire crever les autres, plus ou moins intentionnellement, au nom du sacro-saint profit.

Certes, on me répondra que la femme de ménage de Monsanto en 2008 peut difficilement être tenue pour responsable des épandages d’agent orange par l’entité Monsanto il y a 40 ans, dans un pays qu’elle serait bien en peine de situer sur une carte. Il en serait de même pour la standardiste, le chauffeur, le laveur de vitres ou même le laborantin de bas niveau. De toute manière, je doute qu’il existe des femmes de ménage étiquetées Monsanto : c’est typiquement le genre de chose que ces gens ont pris l’habitude d’externaliser auprès de sous-traitants divers et variés.

Société à responsabilité illimitée

La clé de voûte de l’édifice est donc l’irresponsabilité (et la non-culpabilité conséquente) de chaque acteur qui se voit remettre un badge avec le nom de la chimère entreprise dessus. Les fumistes qui ont choisi d’étudier les sciences humaines plutôt que les mathématiques financières auront reconnu là l’amorce de la banalité du mal qu’a si bien su expliquer Hannah Arendt lors du procès Eichman : on devient un monstre juste en se soumettant à la hiérarchie et en obéissant aux ordres. L’entité monstrueuse du nazisme a été construite par une poignée de gens qui poursuivaient l’objectif de la suprématie de la race aryenne et qui, pour ce faire, ont demandé, à travers elle, à leurs agents de bien vouloir trouver de bonnes idées pour éliminer ceux qui entravaient ce noble dessein. Les entités non moins monstrueuses que sont les entreprises ont été créées par des personnes qui ont placé la recherche du profit au-dessus de toute autre espèce de considération, et en leur sein, des centaines de milliers de personnes, chaque jour, statuent sur le sort de millions de leurs congénères sur la seule base d’un ratio coût/avantage.
Et notre seule parade consisterait à attaquer la chimère entreprise via des outils rendus le moins efficaces possible contre elle, limitant de fait notre impact au règlement d’une amende plus ou moins forte qui n’est jamais rien d’autre qu’un droit de continuer les petites saloperies entre amis sans jamais être inquiété ?

Pourtant, comme dans toute organisation humaine bien construite, il est extrêmement facile de faire le tri des responsabilités individuelles derrière les marques de façade : les niveaux hiérarchiques nombreux, étanches et dessinés en cascade permettent déjà de dessiner en un seul coup d’œil la grille de la prise de décision. Les flux financiers internes et avec l’extérieur permettent aussi de savoir à qui profite le crime.

Les entreprises sont comme toutes les autres organisations humaines : des constructions organisées avec des personnes aux manettes. J’ai un ami lobbyiste aux États Unis, le pays qui a inventé l’entreprise moderne. Quand il cherche à appuyer sur la bonne manette, il ne va pas à l’annuaire des entreprises, mais il recherche les relations interpersonnelles nées au cœur des grandes écoles, des administrations et des conseils d’administration. Il tape dans les réseaux sociaux, les vrais (comme celui de la fleur Monsanto, un peu plus haut), pas les facebook du pauvre où tout le monde est ami, mais ces toiles de connivences et de relations qui relient entre elles les personnes qui décident réellement et qui sont redondantes d’une chimère à l’autre.

La fin des chimères

Aujourd’hui, les entités artificielles comme Monsanto et ses consœurs ont atteint un tel niveau de concentration des pouvoirs qu’elles sont globalement en position de dicter leurs exigences (insatiables) à l’ensemble de l’humanité, qu’elles ont pris concrètement la place des États-nations dans le rôle de gestionnaires de la destinée du monde. Pourtant ces constructions surpuissantes qui sont un système politique totalitaire en substance et dont les moyens collectifs supplantent largement ceux des peuples qu’elles tendent à asservir, ces centres de pouvoir ont l’incroyable propriété de n’exister que parce que nous croyons en leur tangibilité. Les personnes qui agissent en leur nom ne doivent leur immunité totale qu’au simple fait que nous sommes collectivement d’accord pour accorder une existence juridique et légale au concept "entreprise".

Un peu comme dans l’histoire des habits neufs de l’empereur, il suffit juste de modifier légèrement notre regard sur l’organisation des activités humaines pour se rendre compte subitement que le roi est à poil et que derrière le paravent entreprise, quelque soit le sobriquet dont ils s’affublent, il y a des hommes et des femmes qui savent, qui décident, qui choisissent en toute connaissance de cause de compromettre des choses aussi essentielles que l’air que l’on respire, le génome que l’on transmet à nos enfants, la nourriture ou l’eau dont tout être vivant a besoin sur Terre.

Les personnes physiques qui n’ont pas causé directement le dommage, mais qui ont créé ou contribué à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n’ont pas pris les mesures permettant de l’éviter, sont responsables pénalement s’il est établi qu’elles ont, soit violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d’une particulière gravité qu’elles ne pouvaient ignorer.

Code pénal français – article 121-3

À partir du moment où les décideurs des entreprises et tous ceux qui les aident dans des actes délictueux, même simplement en taisant ce qu’ils savent, auront l’assurance de devoir répondre de leurs actes personnellement, il y a fort à parier que la lutte contre les entreprises destructrices sera devenue nettement plus aisée… et que la face de notre monde risque de s’en trouver grandement changée.

69 réponses
  1. nattfodd
    nattfodd dit :

    Remarquable article, il est effrayant de voir à quel point la banalisation du mal s’applique à ces situations modernes. Mais en poussant le raisonnement un cran plus loin, ne pourrait-on pas critiquer quasiment tout travail salarié, ou du moins tout travail dont le but est de produire de l’inutile afin de pouvoir le consommer, alimentant cette formidable machine à rentrer dans le mur de la finitude de nos ressources ?

    Chaque rouage répondra (avec raison) qu’il faut bien manger, et essaiera au mieux de ne pas penser aux dommages qu’il produit en tournant. De manière encore plus pernicieuse, puisque certains agents sont conscients du mal qu’ils font mais continuent de le commettre, on retrouve la même opposition entre le bien-être (au moins matériel) de l’individu et celui de la communauté. Et la même impuissance, perçue ou réelle, du rouage à avoir un impact sur l’ensemble de la machine.

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  2. fnur
    fnur dit :

    Je bossais dans une boite du secteur médical, au bout de quelques temps j’ai commencé à me rendre compte de choses incroyables par des mesures techniques sur les produits et par des investigations diverses. Ayant informé les dirigeants, ceux ci ont continué à vendre, pas vu, pas pris. Du coup on m’a viré, le plus comique c’est qu’un des salariés, jeune, se disant socialiste Ségoléniste qui plus est, porte un faux témoignage contre moi aux prudhommes que j’ai saisis. En attendant, il y quelques infections et d’autres symptômes en hôpitaux qui ne proviennent pas du hasard. Une chose est pour moi bien vérifiée, c’est la totale soumission de bien des employés, ceux ci râlent souvent en coulisses mais dès qu’il faut se mouiller, y a plus personne, avec cette histoire de témoignage, c’est même l’inverse qui se produit.

    Quelqu’un à l’apparence au premier abord brave se révèle un pauvre type de délateur. Peut être une prime ou une augmentation d’une poignée d’euros auront eu raison de l’embryon d’éthique qu’il semblait afficher dans les premiers temps.
    Le plus con dans l’histoire, c’est que les types en question ont des gamins qui seront, qui sait, "soignés" avec les produits foireux qu’ils ont vendu.

    Scènes de la vie ordinaire…

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  3. jardin
    jardin dit :

    Magnifique, ton billet, Agnès, tout simplement magnifique!

    Me revient le souvenir d’un des courts métrages réalisés à l’initiative de Handicap International. Autour d’une immense table, de jeunes cadres dynamiques et souriant(e)s assistent à une formation dont on finit par comprendre qu’elle concerne les spécifications techniques et la commercialisation de mines anti-personnels. A la pause, ils bavardent amicalement, échangent leurs photos de famille et leurs souvenirs de vacances.

    Puis, comme au théâtre, on entend frapper trois coups. Et, dans l’encadrement lumineux de la porte du fond qui s’ouvre à deux battants, on voit apparaître une minuscule silhouette un peu floue d’abord, puis de plus en plus nette, celle d’un tout petit gamin sur une jambe avec une béquille.

    Il y a des hommes et des femmes, des décideurs et des collaborateurs, cachés derrière les moulins à vent.

    Jusqu’à quand joueront-ils le jeu?

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  4. St-D
    St-D dit :

    Créer la personne morale c’était ouvrir la boite de Pandorre.
    Il est trop tard.
    Aucune des personnes physique constituant
    une personne morale ne commet d’infraction susceptible
    de le rendre responsable du résultat.
    Le prix du produit d’aujourd’hui comprend
    à la fois les coûts des procés anciens et
    des procés futurs.
    Le coût du démantèlement futur est
    également présent dans ce qui est acheté.

    L’unique remède ne coûte rien.
    C’est un simple choix à faire.
    Problème:
    Il faut des dizaines de millions de gouttes
    et une seule par personne.

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  5. Passant
    Passant dit :

    Qu’il serait intéressant d’étendre cette responsabilité des personnes aux élus : par exemple, aux élus corrompus, ou à ceux qui oeuvrent contre 80% de l’opinion pour organiser la pollution par les OGMs de l’ensemble du territoire français, filières d’excellence et parcs naturels inclus. Ou même simplement les conseils municipaux qui ruinent leurs communes en souscrivant de coûteux emprunts pour des foutaises.

    Ce qui aiderait grandement au renouvellement de la classe politique, m’est avis

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  6. pas perdus
    pas perdus dit :

    L’un des seuls espoirs qui ressortait du documentaire que tu cites, c’est que cette firme soit démantelée pour position dominante.

    Je n’ai pas souvenir dans l’histoire que des dirigeants de firmes aient été en taule pour avoir mis en danger la santé des populations… Ils sont bien trop puissants avec leur armée d’avocats pour limiter leurs responsabilités.

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  7. Le zélé correcteur orthographique masqué
    Le zélé correcteur orthographique masqué dit :

    Agnès:

     "Près du front, prêt à l'assaut" 

    Charlton Heston !

    Toutes les sommes payées en justice par Monsanto sont une goutte d’eau par rapport à ce que perçoivent les actionnaires.

    En France on a Total, dont des milliers de gens en France (et ailleurs) sont actionnaires de Total malgré tous les "accidents" qui ont conduit à la pollution des côtes françaises par leur produit pétroliers.

    Ce dernier point, n’a pas l’air de gêner les actionnaires qu’ils soient petits ou grands.

    Les listes d’actionnaires des entreprises devraient être publiques pour qu’on sache qui se remplit les poches sur l’agonie de notre planète et de la vie.en général.

    Aux Usa, les gens ont le droit de savoir que leur voisin est un violeur pédophile pourquoi devrait on leur cacher que leur voisin est actionnaire d’une entreprise qui détruit l’environnement et est responsable de nombreuses morts?

    Répondre
  8. jide
    jide dit :

    Monsanto est un monstre, comme beaucoup d’autre, dans notre vie quotidienne (prenez un médicament, remplissez le réservoir de la voiture ou repeignez les volets et vous avez côtoyé des gros salopards, a coup sur). Mais je reste persuadé que la somme des responsabilité individuelle reste bien plus petite que la responsabilité globale.
    En d’autre terme, un groupement (plus ou moins fictif) est plus nuisible que la somme des parasite dont il est constitué.

    Répondre
  9. Croa
    Croa dit :

    Il est étonnant que cet «excellent documentaire» soit passé à l’antenne ! Est-ce à cause de la concurence d’Internet (maintenant il est plus difficile de taire les choses.)?

    Dans le même registre nous avons eu droit à une présentation sur les sables bitumineux au Canada la semaine dernière et il y a ARTE qui propose une rediffusion du "Cauchemar de Darwin" demain soir ! (Ceux qui ne l’on pas encore vu ne doivent pas rater ça !)

    Pour autan la retenue, voire la censure demeure, notament du coté des publicistes :
    http://croa33.blogspot.com/2008/04/
    ou directement :
    http://alluvions-mc.blogspot.com/20

    Répondre
  10. JL
    JL dit :

    bonjour, le drame c’est que cette entreprise est condamnée à faire de plus en plus de profits, et donc dans sa fuite en avant, c’est une lutte à mort entre elle et les peuples. Monsanto est un monstre.

    Répondre
  11. yenayer
    yenayer dit :

    Je trouve que les médias ne parlent pas assez de cette firme et des menaces qu’elle fait peser sur la liberté tout court.

    Je voudrais faire une petite remarque* complètement hors sujet, sur un truc qui m’a terriblement gêné dans le reportage. Il est ponctué par des images ou l’on voit la réalisatrice ( je suppose ) faire des recherches sur le net , en utilisant Google. Je trouve que c’est une immense publicité pour Google …qui finalement n’est-il pas un équivalent de Monsanto.. ou un futur Mansonto ?
    En général, je trouve toujours dommage que ce genre situation .. un reportage parfaitement matrisé sur Mansonto avec vraisemblablement une méconnaissance totale de la pieuvre Google !!
    Je m’étais fait la même remarque une fois en lisant un article de ActuChomage (je ne retrouve pas le lien) prenant mordicus la défense de Google car ce dernier arrive à créer des emplois.
    Cela me mène vers le même genre de réflexion qu’Agnès sur les petits actionnaires de Total. Ou de ceux qui veulent mantenir leur emploi dans la fabrication des armes, des mines anti-personnelles par exemple…
    En somme les petites mains du capitalisme si bien décrites dans "La sorcellerie du Capitalisme" (http://www.recalcitrance.com/sorcel… )

    • Je sais que mon blog est sur Blogger, qui appartient à Google. Vivement que je déménage ailleurs !!
    Répondre
  12. Ruobé
    Ruobé dit :

    Pour parfaire ton article, dans l’historique de Monsanto, 1986, il faut corriger
    "*prêts* de réserves d’eau potable" en *près*. Le commentaire #8 l’a déjà dit mais ce n’était pas clair.

    Bon article sinon.

    Répondre
  13. jardin
    jardin dit :

    Je pense souvent, à propos du scandale de l’amiante, à tous ces dirigeants, ces cadres, ces médecins, ces responsables de syndicats, qui avaient les moyens de savoir, qui savaient peut être, qui savaient sûrement, et qui ont fait comme si, mentant et se mentant à eux même pour pouvoir continuer à vivre tranquilles.

    Je pense à ce chercheur qui a défendu l’amiante bec et ongles, jusqu’au moment où c’était manifestent plus jouable, et qui s’est alors reconverti du côté des pesticides: http://www.pesticides-lelivre.com/

    Ce n’est pas mon habitude d’insister sur les responsabilités individuelles, mais il faut bien reconnaître, comme tu le dis Agnès, que Monsanto ne ferait pas de mal à une mouche sans tous les hommes et les femmes qui l’incarnent. Monsanto n’existe que par eux.

    Répondre
  14. jardin
    jardin dit :

    Faut aussi rappeler que Monsanto est l’une des firmes qui fabriquaient l’Agent Orange, de sinistre mémoire, mais aussi hélas de sinistre actualité, puisque les victimes vietnamiennes qui en souffrent encore aujourd’hui viennent de PERDRE leur procès devant la Cour Fédérale de New York et envisagent désormais la Cour Suprême

    Les hommes et les femmes artisans de ce déni de justice ne sont pas, cette fois-ci, internes à Monsanto, mais bel et bien répartis dans tous les milieux de pouvoir, juges, journalistes, hommes politiques…

    Répondre
  15. ko
    ko dit :

    Oui, excellent article ! (ça valait le coup d’attendre 😉

    Malheureusement, cette caste de responsables a le droit pour elle ; car le droit, comme la loi, n’est pas neutre. Il est l’expression, à un moment t, d’un rapport de force, et si la règle ne suffit pas à légitimer la domination des puissants, ce sera donc l’efficacité du pool d’avocats et du harcèlement judiciaire qui aura raison de la justice (cf. Denis Robert ; les faucheurs et autres déboulonneurs ; les étudiants hier et aujourd’hui les lycéens ; les refuseurs de fichage génétique ; la criminalisation rampante de la contestation politique et syndicale…)

    Oui, on devrait pouvoir les attaquer en justice pour leurs crimes.
    Comment réussir ?

    Commençons déjà par les dénoncer pour ce qu’ils sont : en mettant en évidence, comme tu le fais, les hommes et les femmes derrière les chimères. Cette classe dominante qui mène une véritable guerre des classes (et nous qui ne savons même plus lutter !)

    Répondre
  16. calidris
    calidris dit :

    Ca ronronne doucement un peu toujours la même choses ces commentaires…

    Je vois mal comment des millier de salariés, avec enfants et famille à charge, pourraient laisser passer en silence les horreurs qu’on nous dénonce ici à longueur de pages.

    Voila des années que j’attend avec impatience le premier mort empoisonné aux OGM et toujours rien. Votre grand méchant n’est pas à la hauteur de sa réputation.

    Répondre
  17. Arg
    Arg dit :

    @Calidris :

    Monsanto ne se résume pas aux OGM. C’est aussi l’agent orange, la contamination du lait des vaches par je ne sais plus quelle horreur (cf The Corporation cité par notre hôte). C’est également le brevet sur le vivant.

    Que les OGM n’aient pas fait de mort est bien la moindre des choses, mais lorsqu’on voit qu’une majorité de la population est contre et que tout est fait pour que cela arrive tout de même par les connivences, les pressions des lobby, la desinformation des medias (qui mentent), et au final en faisant comme si l’opinion du peuple ne comptait pas (ces ignorants). Cela en dis long sur l’état du monde -pour ne pas dire de la démocratie.

    Monsanto c’est donc non seulement tout un tas de saloperies, mais c’est un parfait exemple de ce qu’il se passe autour de nous.

    Le grand méchant est a la hauteur de sa réputation car ils savent ce qu’ils font.

    Répondre
  18. matou
    matou dit :

    Graouuu ! Encore un chouette article !

    Ca me rappelle une reflexion que je m’étais faite : les sociétés à responsabilité limité permettent à leurs actionnaires de se déresponsabiliser quasiment totalement de leurs actes, ce qui à mon sens va totalement à l’encontre d’un précepte de base du libéralisme "classique" qui promeut la responsabilité individuelle. (y’aura bien quelqu’un pour améliorer cette reflexion hein ?)

    Sinon il me semble, mais c’est à vérifier car j’ai une très mauvaise mémoire, que ce type de structures est né des deux cotés de l’atlantique pour des raisons assez proches :
    aux Etats-unis lors de la construction du canal de Panama, les besoins financiers étaient tellement énormes qu’il a fallu pour trouver des financeurs assurer aux actionnaires qu’ils ne seraient pas responsable des potentiels accidents qui ne manqueraient pas d’arriver. Cela a permis notamment de faire investir des milliers (millions ?) de petits actionnaires dans ce projet. L’ironie du sort veut que la boite a coulée presque à la fin des travaux et que les actionnaires ont tout perdus. La boite a été racheté par l’état il me semble, pour peanuts, et les travaux ont été fini avec un investissement minimal.

    Ce concept est propulsé aussi en France lors de la réalisation du métro Parisien qui nécessitait également quelques sacrifices humains afin de ne pas trop exploser le budget. La responsabilisation limité permettant à l’état de ne pas être reconnu comme étant responsable des dégats donc de ne pas risquer à avoir à indemniser les familles des victimes lors des chantiers.

    Bon tout ça c’est à préciser. Je crois que j’avais vu ça dans un reportage il y a quelques années.

    a+.

    Répondre
  19. Émile Pouget
    Émile Pouget dit :

    @Calidris :
    Tu vois mal ?
    Pourtant ça semble évident et c’est ce qui se passe dans nombre de taules, les salariés la ferment car ils ont les foies de perdre ce taf qui justement leur permet de subvenir aux besoins de leurs enfants et de leur famille.
    Le silence des salariés est certainement le plus mauvais argument qui soit pour nier les crapuleries des entreprises.

    Répondre
  20. jean-christophe
    jean-christophe dit :

    Trés bon article…Merci
    Effectivement si, pour le naufrage de l’Erika, au lieu de coller une amende à Total que nous allons tous payer collectivement, on mettait les dirigeants en taule, à mon avis ça se produirait moins souvent.

    Répondre
  21. chomon
    chomon dit :

    De quoi Monsanto est -il le nom? Kapitalisme

    De nos jours on préfère parler de lutter contre le libéralisme, au lieu de lutter contre le capitalisme, a part quelques gauchistes et libertaires. Sans doute parce que le capitalisme a fait capituler le socialisme et le marxisme.

    Contre le capitalisme il n’y a plus qu ‘a essayer le Décroissancisme. Le capitalisme est lié aux marchés(marché financier, marché des marchandises, marché du travail). Théoriquement les décroissancistes ne devraient pas être des piliers des marchés.

    Répondre
  22. Paul Mirliandia
    Paul Mirliandia dit :

    excellent article …Simplement je veux pas faire le marxiste attardé (oui oui les marixistes sont tjr attardés des espèces de dinosaures quoi …) mais bon je ne crois pas que ça relève d’un simple choix de viser des entreprises ou des personnes mais plutot de la constitution légale d’un état de classe… ce type de manipulation n’est pas nouveau (même si trés bien illustré ici !)… à la limite l’asenal juridique du droit des entreprises est avant tout fait pour permettre ce genre de magouille et d’impunités… justice de classe au service d’un état de classe… la seul réponse que je vois personellement c’est la destruction des produits pourris ,des structures de production et la réappropriation collectives des semences et des moyens productions ( aussi bien technique que culturelle) d’une agriculture au service de la population et non d’une minorité !

    Répondre
  23. jardin
    jardin dit :

    "Voila des années que j’attend avec impatience le premier mort empoisonné aux OGM et toujours rien".

    Calidris, tu galèje, là! quand ça fait des morts tout de suite, c’est presque mieux, ils arrêtent fissa leurs conneries. Quand ça fait des morts 20 ans plus tard, ils sont contents: le temps qu’on fasse le lien, qu’on crie dans le désert, qu’on perde des procès, ils ont gagné un bon demi siècle de profit.

    Encore, ils ont pas eu de chance avec l’amiante, parce que le cancer provoqué était SPECIFIQUE, ils ont pas pu dire "c’est pas moi, m’sieur!".

    Il semble que les dégâts causés par les OGM soient plus subtils, du genre vieillissement accéléré de certaines cellules. Et comme, de toutes façons, toutes nos cellules vieillissent, ils ont de beaux jours devant eux.

    Ton argument est assez puéril. J’avais mis en garde ma fille contre les dangers d’explosion de la gazinière, parce qu’elle avait la mauvaise habitude de jouer avec les boutons. Elle a fait une grimace de mépris, a tourné le bouton sous mes yeux, et m’a dit, narquoise: "Ca fait PAS boum!". Mais bon, elle avait trois ans.

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  24. Ouverture de la chasse!
    Ouverture de la chasse! dit :

    Dans une vraie démocratie, on pourchasserait ces gens devant la justice. Mais comme nous ne sommes pas dans une vraie démocratie, il va bien falloir, tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre se faire justice soi-même. Divulguer les noms des responsables et advienne ce qui devra advenir contre ces criminels!

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  25. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je ne parle pas spécifiquement de Monsanto ici, c’est juste que cette boîte pratique l’externalisation des conséquences de ses décisions à outrance et qu’à ce titre, elle est représentative de la dérive réelle des entreprises comme entités-boucliers pour les agissements pour le moins délictueux des gens qui se planquent derrière.

    Quand on écrit : Total s’est excusé pour avoir souillé (pour s’être fait chopé pour la énième fois, oui!) x kilomètres de plage/littoral/rivière, on écrit n’importe quoi. Total n’existe pas. C’est une construction juridique qui permet à des personnes de prendre délibérément des décisions iniques sans ne rien risquer en retour. Ce n’est pas la fatalité ou la faute à pas de chance qui coule les bateaux affrétés par les gens de Total, mais bien une chaîne de décisions qui vise à comprimer les coûts pour optimiser les profits. Il y a le conseil d’administration qui dit en substance : va falloir réduire le budget transport, ça rogne un peu trop sur nos 60% de marge. Les mecs savent très bien ce que cela signifient : des rafiots pourris dont un certain nombre va couler. Inévitablement. Mais il y a d’autres mecs dans l’entreprise Total à qui les mecs du CA ont demandé de calculer le ratio coût/avantage de cette politique, en y intégrant très probablement le coût des éventuels procès et réparations, du service juridique et des quelques réparations auxquelles Total ne pourra couper malgré toutes ces manœuvres. Les mecs savent qu’ils calculent de droit de polluer de Total : ils le font et ferment leur gueule. Puis il y a ceux qui vont chercher les navires à armer. Ils savent aussi que vu le prix qu’ils mettent et l’état des bateaux qu’ils louent, ça va casser… mais ils le font. Tout comme ils trouveront toujours des armateurs pour affréter des coquilles de noix pourraves et les charger de tas de merdes en toute connaissance de cause. Mais ils le font.

    Parce qu’ils savent tous qu’en cas de merde, c’est l’entreprise qui est attaquée et qui va raquer, que c’est budgétisé, et qu’ils pourront continuer la même merde ensuite. Si vraiment ils n’ont pas de chance, au pire, la boîte est coulée et ils perdent un peu de profit, mais ils remonteront une autre boîte paravent, changeront son nom et recommenceront… PARCE QUE POUR EUX, C’EST TOUT BÉNÉFICE!

    Tu prends l’oseille et tu ne risques jamais rien. Des responsables d’entreprise qui doivent répondre personnellement de leurs décisions, c’est rarissime. Je ne sais pas s’il y en a eu depuis Enron. Et ceux-là, ils ont probablement été balancé sur la place publique pour des raisons autres, et je pense qu’au final, la plupart d’entre eux sont retombés sur leurs pattes.

    Et l’on parle de dépénaliser le droit des entreprises!!!!

    Nous devons collectivement agir pour que la loi soit changée et que des individus qui décident de polluer ou mettre en danger la vie d’autrui puissent être mis face à leurs responsabilités. Il ne s’agit pas de tirer au sort quelques hommes de paille dans une grande boite, mais d’utiliser les organigrammes hiérarchiques et les grilles de salaires afin de savoir qui décide, qui sait et qui met en œuvre, qui commet l’infraction et qui en profite et à quelle hauteur.

    Il faut que toute personne qui commet ou facilite des actes délictueux au sein d’une entreprise ait l’assurance qu’il ne pourra se planquer derrière l’entité fictive qui l’abrite et son service juridique. Il faut que toute personne qui signe un contrat de travail se pose la question de savoir pour qui elle bosse et ce que cela implique.

    Il faut que le principe qui décide/qui sait, s’applique à l’ensemble du corps social : pas se planquer non plus derrière une collectivité locale, une administration ou une association.

    Il n’y a que des gens qui savent, qui décident et qui font.

    Aujourd’hui, un mafieux qui se fait gauler et va en taule est un con : il lui suffisait de créer une SA!

    Répondre
  26. chris
    chris dit :

    ""Aujourd’hui, un mafieux qui se fait gauler et va en taule est un con : il lui suffisait de créer une SA!"""

    Mouai ,nenfin ,je te rassure ….meme le plus petit dealer ne pense qu’a ca …

    """mais d’utiliser les organigrammes hiérarchiques et les grilles de salaires afin de savoir qui décide, qui sait et qui met en œuvre, qui commet l’infraction et qui en profite et à quelle hauteur.
    """""""""

    Ben oui et la on touche au graal du salariat …..nos armées de vaillants petits combattants cadres dynamiques en C3 diesel ………;;

    Pret a tout pour echapper au chomedu …..

    Répondre
  27. emcee
    emcee dit :

    Excellente analyse. Article très calé et … effrayant.
    Peut-on sortir de cet engrenage quand les élus ne sont que des marionnettes entre les mains de ces groupes hyper-puissants qui étendent leurs tentacules jusqu’au moindre recoin de la planète?
    On le voit bien avec le vote sur les OGM à l’Assemblée et au Sénat.

    Répondre
  28. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    On fait pression. Lobbying actif. Marquage de député à la culotte.

    Les mecs, en face, ne se gênent pas.

    Bon, on peut pas lutter côté croisière de luxe et montres en or, mais je pense qu’on peut faire chier les élus jusqu’à qu’ils se rappellent que leur seule légitimité, c’est nous. Pour eux, comme pour les autres : quand ils votent une merde, on a leur nom.

    Dis, machin, tu sers les paluches et tu promets de nous écouter. Qu’est-ce qui t’es arrivé, citoyen représentant lors du vote des OGM? T’as oublié que tu étais NOTRE voix et que nous, les OGM, on n’en veut pas?

    Avec de vrais journalistes, ce serait plus facile (je sais qu’il en reste, mais ils bouffent aussi la merde à la louche : tu as le choix entre les journalistes couchés ou les journalistes RMIstes!) : des papiers pour raconter les collusions d’intérêts, les financements pas clean, les noces barbares de la politique et de la finance, comme untel qui est allé en famille à la convention au Bahamas de telle boîte de lobbying.

    Bon, je sais, pas facile! Le palmipède énervé rapporte justement ce genre d’histoire, avec le résultat qu’on connaît. Qui reparle des tarifs préférentiels dont a bénéficié un certain candidat président pour son appart, de la part du mec dont il a facilité l’obtention d’un marché, hein???

    Mais c’est ça le truc.

    Marquer à la culotte et ne pas desserrer les crocs. Ne pas hésiter à agiter ce qui fera le plus mal aux millions de mecs qui triment comme des porcs pour des clous et qui se font trahir chaque jour un peu plus.

    Rabâcher le côté comparatif avant/après (ça marche bien pour vendre hors de prix des produits de merde contre la cellulite!) : les promesses de campagne, la réalité. Demander des comptes. Tout le temps.

    La clé de l’édifice est planquée dans nos parlements. Il nous faut des lois par le peuple et pour le peuple et non des lois contre le peuple comme aujourd’hui!

    Répondre
  29. W. Nepigo
    W. Nepigo dit :

    Très bon article. Je pense à ça depuis que j’ai vu The Corporation, qui levait effectivement le beau lièvre de la non-responsabilité de fait des personnes morales…
    Pour les personnes intéressées, il y a une conférence là-dessus organisée au Parlement Européen le 29 mai prochain.
    http://www.corporatejustice.org/spi
    Je crains que la suppression de la notion de personne morale n’y soit pas au programme, mais cela permettra toujours de se faire une idée des réflexions politiques en cour sur la question.

    Répondre
  30. HC
    HC dit :

    sans parler d’actes délictueux, on peut signaler aussi des décisions qui conduisent à la faillite d’un projet et au licenciement de travailleurs de base, pendant que les "responsables" sont promus, ou au pire remerciés à coup de parachutes dorés.

    Répondre
  31. vlad
    vlad dit :

    bonjour,

    cette firme capitaliste qui menace l’humanité et a contribuée deja a sa mort grace a l’agent orange, comme les autres entreprises de mort existantes ou a venir ,ne peut disparaitre que par la disparition generalisée du systeme marchand.

    Les OGM, ça sert aussi à faire la guerre
    mardi 15 avril 2008

    par Hervé KEMPF

    http://www.altermonde-sans-frontier

    Répondre
  32. On refait le blog
    On refait le blog dit :

    Mon sang tôt

    J’ai juste envie de pendre les dirigeants qui se sont succédés à la tête de la boite par leurs tripes, en leur faisant préalablement avaler tous les poisons qu’ils ont conçus et commercialisés. Mais ça, c’est parce que je suis d’un naturel plutôt…

    Répondre
  33. emcee
    emcee dit :

    Certes, on peut toujours harceler les élus.
    Malheureusement, on ne peut pas leur faire confiance non plus, même si au départ, on avait éventuellement voté pour eux (voir la mascarade à Versailles). Alors a fortiori ceux pour qui nous n’aurions jamais voté …
    Combien d’autoroutes, de ponts, de tunnels, etc. ont été construits en dépit du bons sens, en saccageant des sites, en expropriant des agriculteurs, en détruisant les écosystèmes, tout cela malgré une forte mobilisation populaire?
    speedy dit qu’il n’y a pas de "class actions".
    En effet.
    Elles existent aux Etats-Unis, certes, mais là encore ce ne sont que des gouttes d’eau à côté de tout ce qui se passe par ailleurs. Monsanto et les autres multinationales sont bien là pour prouver qu’elles arrivent à leurs fins inexorablement et ne concèdent que des miettes.
    Je n’arrive pas à être optimiste, ces temps-ci.
    Je ne sais pas pourquoi.
    Après tout, en mars ou avril 68, un journaliste n’avait-il pas titré "la France s’ennuie"? 🙂

    Répondre
  34. fx
    fx dit :

    j’ai aimé l’article moi aussi qui je pense tourne davantage sur le principe de responsabilité. On a illustré très bien le fait que nul ne peut rester neutre, dans le film de Woody Allen "le reve de Cassandre".
    Le personnage qui voudrait bien rester tranquille est obligé de prendre parti, obligé.
    On est tous responsable, en agissant ou en n’agissant pas.

    Répondre
  35. speedy
    speedy dit :

    Sauf erreur, les modifications du droit sur les entreprises ne porteraient plus que sur l’abus de bien social (à vérifier). L’article 121-3 n’a rien à voir avec cet aspect.

    Une des insuffisances notoires du droit européen (et français) est le manque de protection des CONSOMMATEURS avec des procédures comme par exemple les class actions ou des règlementations plus contraignantes en matière de pollution (REACH n’est qu’un début insuffisant).

    On constate aussi l’influence des lobbies industriels et agricoles quand on voit la quantité annuelle de pesticides utilisés dans le pays. Les résultats se verront sans doute aussi un jour mais les responsabilités seront tellement diluées que personne ne sera coupable.

    Répondre
  36. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Ici, le sujet principal n’est pas Monsanto (contrairement aux apparences), mais à la mystification qu’est le principe de la personne morale, qui donne consistance à quelque chose qui n’existe pas, jusqu’au point de le personnifier. L’historique complet de Monsanto est sur le site Combat Monsanto. Je l’ai repris partiellement pour montrer que même chez les opposants, on attribut à Monsanto des verbes d’action : Monsanto fait, décide, paie, etc. Cette confusion profite à ceux qui, derrière l’identité Monsanto font, décident, paient réellement. Cette personnification de Monsanto (mais ça marche aussi avec d’autres grosses multinationales) me fait penser à de la pensée magique.

    En tout cas, c’est une formidable diversion qui favorise grandement les personnes bien concrètes qui tirent les ficelles et empochent les bénéfices à notre détriment collectif.

    Répondre
  37. ko
    ko dit :

    Et ces personnes, cette caste, cette oligarchie, tu crois vraiment qu’elles vont se laisser enquiquiner par les quelques parlementaires que nous pouvons éventuellement réussir à mobiliser ?
    (Et encore, il nous faudra beaucoup d’énergie pour ça…)

    Je suis comme emcee, ces temps-ci. Pas optimiste. Oh ! pas défaitiste pour autant. Au contraire : plus tout noircit, plus ça me donne l’énergie de me battre. Il faut bien…
    Mais aurons-nous le temps de devenir majoritaires (et nous laisseront-ils faire ? ils se sont fait avoir en Amérique Latine, mais nos sociétés sont autrement plus contrôlées…)

    Répondre
  38. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Évidemment que les mecs n’ont pas l’intention de renoncer facilement à leur impunité et autres menus privilèges. Et ils ne doivent pas être très rassurés, quand tu vois l’armada de moyens qu’ils déploient pour conserver en l’état les inégalités, voire les accroître : presse à la botte, politiques qui créent des lois spéciales pour ne pas toucher à leurs montagnes de fric, augmentation sans fin de la répression des pauvres, des militants, des syndicalistes, des opposants, main-mise sur les médias qui susurrent à longueur de journée que cet ordre établi qui ne profite qu’à eux est le seul possible à défaut d’être le meilleur, et j’en passe.

    Juste pour exemple : alors que le gros des crimes d’entreprises restent impunis ou, au pire, échoue au civil (des amendes pour la boîte et pas de taule pour les responsables), que penser des lois (dont certaines portent même le nom de la boîte qui les a chuchotées à l’oreille des chevaux députés) qui criminalisent les quidams sur des faits somme toute bien mineurs : DADVSI, 300 000€ et 3 ans de prison (pour le crime atroce de récupérer de la musique – quand j’étais gosse, j’avais des potes qui me faisaient des compiles sur des K7, nous n’étions pas Al Capone et nous n’avons pas ruiné l’industrie du disque!); arrachage militant de plan transgéniques (dont on rappelle qu’ils n’ont pas été clairement évalués et qui peuvent potentiellement se révéler destructeurs pour la biosphère, ce qui n’est tout de même pas anecdotique), le délit de fauchage, spécialement créé pour interdire une action citoyenne en l’absence de tout débat et toute évaluation indépendante, loi qu’on pourrait aussi bien appelée loi Monsanto, c’est 75 000€ et 2 ans de prison!

    Maintenant, un mec qui décide de cacher des études prouvant que le produit qu’il commercialise est nocif pour la santé humaine… nacache! peanuts! Au pire, quand le pot aux roses sera découvert, si jamais il l’est un jour, il y aura un procès contre sa boîte, qui paiera une forte somme, certes, aux parties civiles, mais un chèque dérisoire par rapport à la réalité de l’atteinte portée et des profits réalisés. Et cette somme, mes amis, aura été prévue et budgétisée de longue date et incorporée au prix final du poison : ce sont donc les victimes potentielles qui auront financé leurs dommages et intérêts!

    Et les mecs qui ont décidé ça? Rien! Ils continueront de monter des plans foireux, d’aller fumer le cigare dans leurs clubs chicos et jouiront d’une longue et riche retraite, pendant que des militants écologistes voulant mettre en garde contre leurs méfaits pourront perdre leur liberté et/ou leur maison et que le petit peuple se chiera dessus à l’idée de traverser en dehors des clous!

    Répondre
  39. jardin
    jardin dit :

    Il me semble qu’il faudrait s’acharner à en faire condamner au moins un, une fois, personnellement, ça contribuerait peut-être à éclaircir les rangs des collabos grassement rémunérés, sans parler des pauvres lampistes qui collaborent pour des clopinettes.

    En même temps que la trouille, ça leur donnerait un argument pour refuser.

    Ce que je trouve important, dans le bouquin de Nicolino et Veillerette sur les pesticides, c’est qu’ils établissent à la fois, nominalement, les responsabilités individuelles, ceci sans faire l’impasse sur les mécanismes qui font que des individus normalement constitués se conduisent en salopards.

    Répondre
  40. JC
    JC dit :

    Dans The Coorporation, que tu cites , des passants étaient interrogés sur l’image que renvoyaient les entreprises. Monsanto avait dans la tète des gens l’image d’ un Monsieur bien habillé, tiré à quatres épingles. Très classe et avec les mains propres!
    Comme quoi avec un bon usage de la com’, le groupe qui n’a pas de face s’est façonné la figure d’un personnage respectable, rassurant et bien propre sur lui…

    Compliquée mais très interressante "fleur" vénéneuse Monsanto…

    Répondre
  41. camo
    camo dit :

    Sur ce thème, on peut lire "Incident à Seveso", par Jörg Sambeth (éd. Héloïse d’Ormesson), le récit de la catastrophe vu de l’intérieur par l’un des cadres de l’usine, qui a été condamné.

    Répondre
  42. W. Nepigo
    W. Nepigo dit :

    Oui, marquer les élus à la culotte…

    Agnès, je vous envoie ça, à mon avis le vote le plus important qu’il y aura en Europe d’ici longtemps par le Parlement, le 8 mai prochain : transparence des activités de lobbying à destination des institutions européennes… Ne comptez pas sur Le Monde ou Libé pour vous en parler, hélas. Ou alors pas au moment où il faudrait, c’est-à-dire maintenant, pour nous laisser le temps de faire pression sur nos députés.

    Le rapport final qui doit faire l’objet du vote, rapporté par A. Stubb, libéral finlandais récemment nommé Ministre des AE de son pays, a été approuvé par la Commission des Affaires Institutionnelles le 1er Avril dernier, et est nettement meilleur que les versions préliminaires. Il en appelle aujourd’hui clairement à un registre obligatoire de transparence du lobbying, avec communication des noms des lobbyistes, de leurs organisations, et, chose essentielle, des éléments financiers (budgets de lobbying et activités poursuivies) et d’activité (quels intérêts poursuivis au nom de qui).
    Cependant, ce rapport présente encore certains points faibles qui doivent être améliorés en séance plénière, le 8 mai prochain donc. Ainsi, la transparence financière doit être mieux définie – il faudrait pouvoir arrondir les montants communiqués à 10.000€ près au lieu des 50.000-100.000 (cela dépend des versions) actuels qui ne veulent rien dire. De plus, il serait bon que le rapport définisse une meilleure date (plus proche) pour l’établissement d’un registre interinstitutionnel (la Commission et le Parlement ont pour le moment des projets séparés en la matière, le Conseil c’est la boîte noire, on ne voit rien). Enfin, il serait souhaitable que le Parlement, en attendant ce projet interinstitutionnel de plus longue haleine et de plus grande portée, améliore ses propres règles en matière de transparence du lobbying (il dispose déjà d’un registre sembable, restreint aux noms http://www.europarl.europa.eu/parli… )
    Ce vote est essentiel car il permettrait de faire pression sur la Commission, dont le propre projet de registre de transparence du lobbying, après plusieurs voltes-faces, en est maintenant à un point crucial : en février, ils ont annoncé que leur projet ne contiendrait pas les noms des lobbyistes individuels (sans rire)! Heureusement les réactions ont été assez mauvaises et il est probable qu’ils sont en train de reconsidérer la chose… Encore faut-il les obliger à le faire. Lien vers le "dossier" mainstream :
    http://www.euractiv.com/fr/affaires

    Bref, s’il y a un moment où il faut se bouger les fesses, c’est maintenant ou jamais… C’est l’aboutissement de trois ans de campagne intensive par ALTER-EU, une coalition d’ONG qui va être ) la pointe de la contestation dans les jours à venir.
    http://www.alter-eu.org/fr (la version anglaise en plus complète que la version fr)

    Sinon, vous pouvez trouver l’ensemble des textes législatifs concernés ici :

    http://transparency.wikidot.com/

    Si vous voulez en faire quelque chose, ça pourrait être le moment 😉

    Répondre
  43. herve
    herve dit :

    Bonjour Agnes et les cultivés lecteurs.

    Effectivement, moi non plus je ne suis pas optimiste, au moins d’un certain point de vue : pouvoirs politiques et économiques partouzent allègrement et font du face-creaming aux peuples que l’on abruti par des débats stériles, des mensonges en tout genre, des paravents (l’Europe en est un) et autres rideaux de fumées pour mieux pouvoir les prendre sans lubrifiant.

    Pourtant, au fur et à mesure que que l’on avance et que les marchands de sodomies dilatent de plus en plus le péquin moyen pour leur propre plaisir, la désespérance augmente et la part de ceux qui auront tout perdu augmentera jusqu’à arriver à un masse critique (comme pour une bombe atomique). Je veux croire que cela va entraîner une réaction en chaîne. Bien entendu, le pouvoir en place est prêt à réprimer une révolte dans le sang – de plus en plus de vidéo surveillance, contrat test Eads pour des hélicos à palles silencieuses, super flicage et dossiers en tout genre, propagande en tout genre pour la division du ‘peuple’ … –
    Toutefois une ‘révolution’ à pour objectif de changer de société hors, nous ne voulons pas changer de société, nous voulons nous préserver de ceux qui pervertissent le système pour l’utiliser à leur seul profit. Donc, il me semble que l’objectif ne sera pas de faire tomber le mur , mais juste supprimer quelques de ces fossoyeurs de démocratie. Et dans cette optique, plus la masse de désepérés est importante, plus il y a de chance que certains "pètent un plomb" et décident de devenir juges, avocats et exécuteurs en même temps, il ne restera pour le peuple ‘tranquille’ qu’à maintenir une liste des gens avec leurs agissements dans chacun des cas grave (ogm, necro-carburant, pollution chimique …) et il y a de fortes chance que la sélection naturelle se fasse et que petit à petit les très nuisibles "retournent à la terre nourricière" pour la fertiliser, car l’avantage de la personne qui n’a rien à perdre, c’est qu’elle n’a pas peur de mourir et donc qu’il est pratiquement impossible d’éviter qu’elle ne commette son forfait. Il faut juste "quelques cas", peut être pathologiques, pour montrer l’exemple et prouver que c’est possible pour enclencher le mécanisme. Ainsi, plutôt que d’aller mitrailler dans les écoles, il est plus productif d’attendre à la sortie de bureaux et mitrailler les ‘hommes clés’ du mal. Si la justice du peuple ne fonctionne plus, il faudra que le peuple fasse justice lui même.

    Je crois que la barbarie politico-économique actuelle risque d’engendrer une nouvelle forme de barbarie indivuelle visant à rétablir un sain équilibre

    Répondre
  44. chris
    chris dit :

    """"Je crois que la barbarie politico-économique actuelle risque d’engendrer une nouvelle forme de barbarie indivuelle visant à rétablir un sain équilibre"""

    Pour ma part, je pense a une delinquance generalisée ……genre de truc apparenté au mode de vie carceral quoi ….

    Ce sera eux les revolutionnaires ,pas les chomeurs ni les salaries ………ils ont baisses leurs pantalons depuis trop longtemps ceux la .

    Plutot les voleurs dans la loi de ‘l’avant revolution russe en fait ,phenomene historiquement negligé …

    Il n’est pas pour rien que l’etat sarkozsyte en particulier a demultiplie sa police-justice dans le sens de la surete de de l’etat plutot que vers le traitement du petit delit et de la police de proximité .

    On a militarisé sous pretexe d’anti -terrorisme pour finir sur l’economie souterraine …

    Répondre
  45. herve_02
    herve_02 dit :

    Je ne sais pas, je suis plus perplexe, ne pas gueuler, cela ne veut pas dire avoir baisser les bras, cela veut dire avoir compris que nous n’avons plus de solutions militantes pour faire changer les choses.
    Ainsi le désintérêt de la chose publique veut dire : "je m’en moque de toi, tu fais ta vie, ton profit, je sais que je ne peux pas t’en empécher", mais cela ne veut pas dire que si la chose publique vient toucher à la sphère personnelle que je me suis créée je ne réagirais pas.
    je peux t’assurer que (c’est un exemple !) si un médecin/laboratoire/chirurgien empoisonne un de mes enfants _sciemment_ pour le profit et que la justice ne le(s) punit pas _personnellement_ à hauteur de leur crime – je ne demande pas réparation, il ne peut y avoir réparation – je leur ferais payer[Biiiiiiiiiiiiiiiiiiip].

    Tu crois que le Facho va mettre un flic derrière chaque pourri ? non, il va juste protéger son cul, mais lui, son pouvoir de nuisance c’est juste qu’il favorise l’éclosion des pourris, [Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiip] : c’est comme à l’école la punition pour l’exemple.

    [Mode Modo on]Note de la modération : je rappelle que je suis juridiquement responsable de vos propos. Du coup, je n’ai super pas envie d’améliorer les scores de GAV de la maréechaussée parce que vous appelez ouvertement à l’usage de la violence. Merci de bien vouloir réfléchir un peu avant de commenter[Mode Modo off]

    Répondre
  46. chris
    chris dit :

    """ il faut juste liquider les pourris """

    Le pourri n’existe pas ou alors il faudrait condamner des gens sur des contexes , ou leur education …

    De meme que personne ne nait delinquant ,personne ne nait pourri non plus …..

    Mon ami ,je vous recommande d’urgence le film de Loach ,it’s a free world ,la reflexion sur le pourrissement y est plus profonde qu’il n"’y parait !

    Répondre
  47. herve
    herve dit :

    @chris
    >Le pourri n’existe pas …

    Non, il n’y a pas de vérité non plus, juste des interprétations; il n’y a pas de violeurs, juste des malades; pas de délinquants, juste des malchanceux; pas de malades, juste des ‘cas’ cliniques; plus d’aveugles, juste des mal voyants; pas de truands, juste des victimes du milieux 😉 etc….

    Je ne me forge jamais d’idée en regardant un film ni en lisant un roman, car le parti pris de l’auteur est intimement lié au "discours"/réflexion proposé.

    Il y a toujours moyen des trouver des excuses à chaque acte commis : la malchance, l’enfance malheureuse, l’éducation, le contexte,la nécessité, l’ignorance, le manque d’éducation, la famille etc… Et mon coté humaniste me porte à ‘trouver’ des "excuses"/explications aux agissements des personnes. Le rôle de la justice est, en "délocalisant" le jugement à des professionnels, d’éviter de tomber dans l’émotion/émotivité et de condamner sans reflexion, mécaniquement par réaction atavique. Comme l’individu n’est pas une machine, il faut probablement ajouter un peu d’humanité à la réflexion sur l’acte et son contexte. Toutefois cette "humanité" doit être, à mon sens, mesurée et aveugle (la même pour tous, proportionellement). Je veux bien croire que vivre en communauté implique de subir des désagréments, de devoir faire des concessions etc…. Ainsi, tout ne peut être jugé à l’aune de ce que je pense, et j’ai l’humilité de penser que je n’ai pas raison sur tout, toutefois j’ai l’outrecuidance de penser que je n’ai pas tort sur tout non plus et que parfois (entre 30et70% des cas) j’ai raison. Alors comment cela se fait-il que le monde qui se dessine me donne tort sur tout ? Suis-je inadapté ? suis-je le seul ? Dois-je me faire interner ?

    Si la justice trouve qu’il est moins grave d’empoisonner des gens que de télécharger un mp3, (car le ratio bénéfice/amende montre bien que le téléchargeur mp3 est des milliards de fois plus puni que le tueur à petits feux de villages entiers), je ne suis pas certain de trouver une réponse dans le film de ken loach. Oui, on peut petit à petit se laisser dériver vers des réflexes de survie incluant des actes que l’oeil extérieur trouve répugnant, mais mon humanisme me laissait penser qu’une des choses qui fait de nous un animal ‘évolué’ est notre humanité nous poussant à refuser les solutions ‘dégradants’ et utiliser notre intelligence pour trouve d’autres solutions moins ‘répugnantes’.

    Ainsi, imaginons que je sois dans une misère ne me permettant pas de manger, un reflexion plus profonde que l’agression de la vieille d’à coté est toujours possible.

    Je vous remercie de me proposer des pistes de reflexion pour alimenter ma pensé. Pourquoi les pourris_qui_n’existent_pas ne trouvent pas de pistes de reflexion qui leur permettraient de gagner de l’argent sans devoir asservir le reste_du_monde, qui par transitivité n’existe pas non plus ?

    Je leur conseille urgemment de réfléchir à ces alternatives avant qu’un père de famille déséquilibré se venge d’être traité, lui et sa famille, comme une quantité négligeable devant le profit financier, en liquidant physiquement celui/ceux qu’il rend responsable. Car c’est cela, malheureusement qui risque d’arriver, un "malade mental" décidant, par exemple, de se faire sauter au milieu d’une convention monsantesque pour tuer le maximum de personne faisant partie de cette hydre.

    J’ai bien conscience que cet acte est ‘disproportionné’ individuellement et que probablement _le_ vrai responsable ne sera pas affecté, mais la probabilité de le punir de cette manière est peut être plus elevé que l’action en justice, car il y a une chance même infime qu’il soit présent alors que la probablilité qu’il soit punit lors d’un procès est égale à zéro.

    Répondre
  48. chris
    chris dit :

    Dommage , les films et les romans sont la façon la plus efficace de denoncer ,demontrer ……croyez moi sur parole ,ce que vous ne pouvez dire sur un forum …le contexe du roman ou du fim vous le permet !

    Pour la vieille d’a cote ,j’en suis moins sur que ,la faim n’a pas d’etat d’ame elle ….etr si la vieille est le seul truc a portée de votre main .

    A ce niveau la ,n’existe que les morts et les vivants …

    Répondre
  49. jardin
    jardin dit :

    Les pourris existent bel et bien, et certains contextes favorisent leur pullulation. Il y a deux domaines différents que nous avons tendance à mélanger, ce qui embrouille les débats. Face à ce qu’on est tenté d’appeler un pourri, il faut bien sûr, devant la justice, se poser la question de sa culpabilité individuelle, de son degré de responsabilité, de l’opportunité de lui accorder ou non des circonstances atténuantes.

    Mais sur la question de la pullulation d’un certain type de délits, c’est une autre approche qu’il faut avoir. Une approche pluridisciplinaire, législative, sociologique, etc… La manière dont une société protège ou non ses enfants de la souffrance a un impact, mais aussi la misère, et surtout la misère comparative, le fait d’être miséreux dans une société d’abondance. La manière dont tel ou tel type de délit est réprouvé par la société, la manière dont il est puni.

    La question de la punition, très controversée, et de son aspect dissuasif, mérite d’être posée de façon plus différenciée. La dissuasion est impuissante face à un certain type de délits, tous ceux qui tiennent seulement à la personnalité profonde de l’auteur, voire à sa pathologie, et aussi ceux qui se multiplient quand la pression de la misère est trop forte.

    Mais d’autres délits sont au contraire très sensibles à la dissuasion. Les délits financiers, par exemple, mais certainement aussi les crimes en col blanc, ceux que commettent les dirigeants de telle ou telle société en abandonnant des déchets toxiques sur leur site, en y faisant travailler des gens qui en mourront, ou pire, en fabriquant ces saloperies dont on ne se débarrassera que très difficilement. Je pense aux engins divers qui empêchent, depuis 40 ans, les laotiens de cultiver leurs champs, et qui tuent leurs enfants, je pense à la nouvelle variété d’agent Orange dont on arrose en ce moment même la brousse colombienne.

    Petit clin d’oeil à gazo: oh, que non, ils ne perdent pas la mémoire, les politiques. Ils espèrent seulement que nous perdions la nôtre. Et ça tombe bien, parce que ça, c’est de nous que ça dépend.

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  50. Soleil
    Soleil dit :

    Monsanto est peut-être aussi le nom d’une "promesse d’avenir merveilleux et parfait" ? Un peu comme notre "cher" président. Ils font à chaque fois des promesses… mais il faudrait toujours attendre "demain" pour les résultats.

    Ça me fait penser à la chanson des "Fabulous Trobadors" qui s’appelle "Demain, Demain" :
    http://www.deezer.com/track/27764

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  51. Fanette
    Fanette dit :

    Toi Monsanto moi les "Tomates Bayer" en ce moment, je me renseigne sur ce phénomène qui existe depuis belle lurette et qui inonde "encore" les rayons des grandes surfaces malgré les règlementations européennes.
    Quelques liens à suivre :
    http://sunsimiao.free.fr/spip.php?a
    http://ajbeaufort.free.fr/pesticide
    http://www.ifen.fr/acces-thematique

    Il y a matière à potasser là aussi, c’est vraiment affolant, il ne s’agit pas de le savoir, il faut l’endiguer…et je pense que c’est du même ordre que Monsanto…

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  52. Saxo
    Saxo dit :

    Etrange qu’un billet si bien écrit (merci Agnès) n’amène pas un lecteur juriste à nous expliquer la dépénalisation du droit des affaires. Seule Agnès y fait référence dans son commentaire 27.
    Agnès, lorsque tu écris "on peut faire chier les élus jusqu’à qu’ils se rappellent que leur seule légitimité, c’est nous.", je te renvoie à ton billet "La grande illusion"… (oui, oui, je sais, c’est un peu mesquin 😉 ).
    Lorsqu’il s’agit de rappeler que derrière les entreprises se cachent des personnes physiques, que les actions sont calculées au bénéfice de quelques personnes bénéficiant d’un pouvoir énorme, la censure arrive immédiatement. Une campagne de presse est presque immédiatement orchestrée pour taxer le "diffamateur" de paranoïaque ou de théoricien du complot.
    Si la simple hypothèse que des personnes physiques, parmi les plus grosses fortunes, sont susceptibles d’être des criminels de masse suscite une levée de boucliers dès lors qu’elle est formulée, on risque pas d’aller bien loin. Peut être faut il commencer par dénoncer cette censure pour enfin pouvoir avoir un débat digne de ce nom.

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  53. David Wynot
    David Wynot dit :

    Les ETATS aussi sont des personnes morales.
    Pourtant des chefs d’état sont maintenant traduits en justice parfois internationale y compris pour des crimes internes à l’Etat (droit d’ingérence).

    Georges Bush, et qqs autres chefs d’états anglophones (vendus aux lobbies pétroliers???) pourraient être accusés de "crime contre l’humanité" pour n’avoir pas signé le traité de Kyoto.
    Il me semble d’ailleurs que Al Gore n’est pas blanc-blanc sur ce point (eh oui!)
    Dans le même ordre d’idées, les députés UMP pour les OGM pourrait rejoindre les ministres soc. pour le sang contaminé.
    Il faudra s’en rappeler et le marteler à la prochaine législative.

    David

    Répondre
  54. jardin
    jardin dit :

    "Peut être faut il commencer par":

    Pas trop d’accord avec cette formulation. Il faut faire les deux, comme on marche avec ses deux pieds. Car c’est précisément en continuant à affronter censure, levées de boucliers, diffusion de calomnies, d’accusations de paranoïa, et autres gentillesses, alors qu’on fait simplement son boulot de journaliste que l’on met en évidence la censure et ses motivations perverses.

    Voir le livre de Nicolino et Veillerette sur les pesticides.

    Répondre
  55. Saxo
    Saxo dit :

    Désolé Jardin, C’est simplement une réaction épidermique à la désinformation et à la censure du débat.
    Quand je vois la virulence des attaques contre tous ceux qui décident de ne pas penser dans les sentiers balisés de la pensée … j’y vois le frein principal à la diffusion de l’esprit critique, or c’est sur l’esprit critique de chacun qu’il faut compter si on veut espérer …
    Bref, d’accord… Y’a pas de commencement à imposer. 🙂 …

    Répondre
  56. Fabien
    Fabien dit :

    Ca faisait longtemps que je n’étais pas venu lire ici, c’est toujours aussi bien écrit et dense.

    Agnés, tu n’as pas pas poussé le raisonnement vers ce qu’on apellerait un scénario dystopique en SF.
    Les Etats et la grosse majorité de la classe politique font preuve on va dire d’une relative indifférence au problème de l’innocence judiciaire relative des crimes d’entreprises. Indifférence intéressée (pots de vins, soutien médiatique, ce qui est bon pour la machine économique est bon pour le peuple), résignée (peur de perdre leur poste, voire plus…).

    Mais tôt ou tard ils pourraient être tentés de s’en servir. Et je crois meme bien que ca a déjà commencé. J’ai en tete l’exemple des compagnies (américaines) de mercenaires en Irak. De mes souvenirs d’article lus y a un an, ces compagnies étaient tombées dans un no man’s land juridique : ni les irakiens ni les américains ne pouvaient les poursuivre, y compris pour des meurtres odieux et autres viols. Evidemment ca a fini par retombé sur le Pentagone, en terme de détérioration d’image, mais c’était quand meme bien pratique.
    C’est un exemple simple, mais on est pas l’abri de tours plus tordus… j’ai un peu peur.

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  57. tenia
    tenia dit :

    Intéressant de voir que même 3 ans après le magnifique documentaire qu’est The Corporation, les gens continuent de crier au scandale après un organisme, et non après les personnes qui sont dérrière.

    Répondre
  58. red2
    red2 dit :

    En effet personne ne se mouille ! on peut lire un tas de chose sur ses entreprises dont le seul but est de contrôler le monde et de faire des profits sur leurs actions ainsi que sur les conséquences de leurs actions.

    Le seul language que ces personnes comprennent (et cela vaut aussi pour les utilisateurs) c’est la lutte armée !
    Tant que l’on en aura pas dégommé quelques-uns ils continuerons à nous la mettre bien profond !

    [modo on]Désolée, je ne peux laisser en ligne des propos incitants à attenter à la vie d’autrui! Qu’on se le dise![modo off]

    Répondre
  59. valou
    valou dit :

    Faut rasé ces saloperies de champs OGM voila la solution ! Si le gouvernement n’est pas capable de stopé cette multinational vas faloir le faire nous ! ( rappelle : Le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) qu’a adopté le Sénat, vendredi 8 février 2008 a été Adopté par 186 voix, contre 128 ) n’est-ce pas alarmant ? Pour ceux qui ont vu se formidable reportage "le monde selon Monsanto" il peuvent comprendre que cette multinational contrôle tout et c’est pour cela que la voie pacifique ( avec de la politique ) est désormait bouclé et il faudra passé a l’action autrement ! désolé pour l’orthographe je fais de mon mieux mais je suis encore jeune ! et bonne continuation a ceux qui se batte pour cette bonne cause !

    Répondre
  60. bretzelle
    bretzelle dit :

    Comment ce monde dans lequel nous vivons tous peut-il rester aussi indifférent face à cette firme si destructrice de notre environnement, qui nous détruit peu à peu de l’intérieur, de plus en plus vite . A croire que de nos jours le capitalisme sans cesse à la recherche du profit se sent capable de tout pourvu que son bénéfice s’accroite. Monsanto nous réserve des séjours en enfer et apparement cela ne choque personne ici bas HEHO Y A T’IL QUELQU’UN ?.Ravie de faire votre connaissance ici enfin je me sent normale , partout ailleurs il semble étranger de vouloir protester. Cela me révolte ! En attendant des jours meilleurs , je vous embrasse . …

    Répondre
  61. Chompitiarve
    Chompitiarve dit :

    @gnès, je t’aime
    😉
    C’est fou le bordel que ça représente ne serait-ce que pour dégager ou rappeller les principes de base face à l’énormité du merdier.
    Alors te voilà qui débarques, horriblement documentée, imparablement dotée des liens qui tuent!
    Nous les savons, foutre, ces immondices !
    Nous n’agissons qu’à mesure de nos forces, de nos pouvoirs, de nos aptitudes, il est important que s’ instruisent les dossiers à charge.
    Qui sont colossaux !
    Mais j’ai beau tourner et retourner les choses dans ma comprenette, je ne vois qu’une chose qui vaille publicité : le sabotage.
    La grande et belle dignité du sabotage, du refus d’obtempérer, de la recherche obstinée d’alternatives, de comportements hors version officielle, hors taxes, il s’agit de devenir socialement l’individu qui se démerde pour ne PAS collaborer.
    J’ai une grande admiration pour les boulots de Naomi Klein, Michael Moore ou Noam Chomski…
    Ce qui ressort de leurs dénonciations revient toujours à un appel insistant à l’esprit critique, au chemin de traverse, à la déshérance civile, et j’aime à voir que, billet après bille combien dans la critique tu demeures acerbe ET documentée.
    Enfin voilà, je n’apporte aujourd’hui rien au débat, qu’un clin d’oeil de l’amitié, et le désir d’insister sur le sentiment, qui a toujours besoin de renforts, que nous sommes un bon nombre à penser et vivre dans cette même optique, cette même colère, cette même indignation…
    Nous sommes grugés à chaque instant, mais la victime volontaire, consentante ou complice participe à l’empoisennement général …
    @bretzelle
    Mais si, je t’assure, des aussi gravement normaux que toi, ça existe, creuse encore , sans scrupule …

    Répondre
  62. wallrider
    wallrider dit :

    monsanto est une CATASTROPHE, une HONTE, cette putain de société de merde est en train de TUER l’humanité et l’univers. Tout les produits qu’elle conçoit ainsi que les OGM sont extrêmement DANGEREUX. Sans parler des dangers pour l’homme qui sont majeurs, la santé des pollinisateurs tels que les abeilles s’agrave. Cela induit donc que les espèces végétales comme les fruits ou les légumes produiront moins ( que ce soit une agriculture biologique ou non ). Moins de fruits, moins de légumes : l’homme et le monde animal ne peut pas faire sans.

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