Dazibao

Le dazibao est le journal qui se diffuse en se collant sur les murs.
C’est le mode d’expression hautement subversif qu’ont choisi les dissidents chinois pour dénoncer le système autoritaire dans lequel ils sont enfermés.
Par extension, le dazibao peut s’appliquer aux publications non officielles. Un peu comme les blogs sur le net ou les tags dans les cités.

L’expression politique sur les murs, c’est aussi le propre d’une campagne présidentielle où l’affichage électoral fait un peu figure de parent pauvre de la com’. Mais ce n’est pas cela qui empêche André Gunthert de l’EHESS de s’intéresser justement à ce mode d’expression politique aussi fruste qu’efficace qui se concrétise dans le sort que réserve le passant à cette propagande officielle.

Bref, André invite l’internaute à photographier ce qu’il advient des affiches de campagne dans son coin de France et de lui envoyer les clichés pour une petite étude divertissante, mais que je pense aussi très captivante.

Décidément, un site très intéressant auquel je vous recommande de vous abonner. A moins que je ne l’ai déjà fait dans un billet précédent…

J’ajouterai prochainement ici et chez lui les photos du bled… dès que la pluie cessera!

[ajout du 17/04/07, 09:01]Finalement, j’ai écrit un papier pour le canard du bled sur le sujet, à retrouver là-bas![/ajout]


Dazibao est aussi le nom d’un de mes chats : celui qui a tout de suite montré de grandes aptitudes à exprimer ses doléances sur nos murs… et nos meubles!

15 réponses
  1. André Gunthert
    André Gunthert dit :

    Chère Agnès, mille mercis pour ton soutien à la recherche française! Pourras-tu joindre également une photo de toi? Dans le but exclusivement scientifique de constituer une collection de portraits de blogueurs/euses, cela va de soi.

    Répondre
  2. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Héhéhé : c’est bien la première fois que l’on m’accuse de vouloir faire chic.
    Je connais ce terme depuis plusieurs années, suite à une conversation avec un pote chinois perdu de vue depuis. Il traduisait plutôt par le journal sur le mur. Je trouvais le mot sympa et l’histoire intéressante. Notre chat est arrivé en juin 2001 et dès qu’on a vu comment il s’occupait de notre tapisserie, son nom s’est imposé!

    Comme effet de mode, on peut dire que je suis précurseur!

    Répondre
  3. uju
    uju dit :

    "Dazibao" c’est tellement plus chic, exotique et raffiné que nos vulgaires placards… (ne cherchez surtout pas quand sont apparus ces cons de placardés, les dissidents chinois, les peuples d’afrique, les poètes sud-latino-américains du soleil ont déjà tout réinventé des choses dont on aurait pu hériter)
    je suis un peu aigri ici par ce snobisme mais c’est pas grave, c’est juste un détail avant que l’on nous apprenne qu’il est du dernier chic culturel de faire des comités citoyens ou des banquets républicains (en leur donant si possible des noms néerlandais, wolof ou thai).
    vous allez voir que le lock-out devrait faire fureur cet automne ma p’tit’dame.

    Répondre
  4. uju
    uju dit :

    content que tu le prenne sur ce ton, j’aime beaucoup ton blog qui est sur la première page de mon agrégateur depuis le lustre. Mon commentaire était trop long pour un commentaire et semblait tartiner de la mauvaise fois partout.
    Et c’est une bonne idée les dazibaos…

    Répondre
  5. uju
    uju dit :

    content que tu le prenne sur ce ton, j’aime beaucoup ton blog qui est sur la première page de mon agrégateur depuis le lustre. Mon commentaire était trop long pour un commentaire et semblait tartiner de la mauvaise fois partout.
    Et c’est une bonne idée les dazibaos…

    Répondre
  6. ti_cyrano
    ti_cyrano dit :

    Ben le terme "Dazibao" est en quelque sorte tombé dans le patrimoine culturel commun lors du printemps de Pékin, et a acquis une connotation particulière avec la répression qui a suivi. Libre à chacun de le trouver "chic" mais moi ça m’évoque autre chose …

    A l’origine les banquets républicains étaient eux aussi révolutionnaires, c’est ce qui permettait de contourner l’interdiction de rassemblement de plus de 20 personnes, et c’est la répression de l’un d’eux qui a entraîné la chute de la monarchie de juillet.

    Répondre
  7. ti_cyrano
    ti_cyrano dit :

    Ben le terme "Dazibao" est en quelque sorte tombé dans le patrimoine culturel commun lors du printemps de Pékin, et a acquis une connotation particulière avec la répression qui a suivi. Libre à chacun de le trouver "chic" mais moi ça m’évoque autre chose …

    A l’origine les banquets républicains étaient eux aussi révolutionnaires, c’est ce qui permettait de contourner l’interdiction de rassemblement de plus de 20 personnes, et c’est la répression de l’un d’eux qui a entraîné la chute de la monarchie de juillet.

    Répondre
  8. mc
    mc dit :

    Hélas, le mot dazibao était très à la mode au moment de la "révolution culturelle" (1964?)
    On était encore plein à croire dur comme fer que c’était l’expression de la liberté du peuple chinois.

    Répondre
  9. mc
    mc dit :

    Hélas, le mot dazibao était très à la mode au moment de la "révolution culturelle" (1964?)
    On était encore plein à croire dur comme fer que c’était l’expression de la liberté du peuple chinois.

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *