My secretary is rich

On peut toujours envisager de laisser le champ libre aux économistes libéraux élevés en batterie. Ou alors, on relève le gant du défi, on monte sa propre théorie des salaires et on leur rafle pour une fois le pactole du Nobel sous le nez.
Surtout qu’on en a forcément plus besoin qu’eux!

Tout commence toujours par une discussion entre potes. Ce jour-là, nous formions un mini sommet du MEDEF avec Elric, qui a lui aussi monté sa petite entreprise, même s’il est loin d’être un débutant dans cette catégorie.

  • Non, ce qui est vraiment chiant, c’est le temps que je perds en paperasses, me lance-t-il au détour d’une phrase.
  • Oui, je te comprends. En plus, je débute, je ne maîtrise pas grand-chose dans les déclarations diverses et je rame comme une galérienne pour compléter le moindre petit formulaire avec 5 champs ridicules à remplir, acquiesçais-je dans l’élan.
  • L’administratif prend beaucoup trop de temps dans mon activité, mais la France est un pays procédurier et les fonctionnaires n’ont que ça à foutre.
  • Heu… ouais… si tu veux… mais bon, ça va quand même. On n’y passe pas notre vie non plus et tout ne vient pas de l’administration publique. Il nous faut produire nos propres documents internes. C’est juste que c’est prise de tête et qu’on y laisse du temps qu’on ne peut pas consacrer à notre travail réel. Entre ça et mon bordel chronique, il me faudrait une secrétaire.
  • Une secrétaire? Oui, je veux bien, mais même payée au SMIC, elle sera toujours trop chère pour ce qu’elle me rapporte.
  • Comment ça?
  • Ben, un commercial, ça fait rentrer de l’argent au moins, mais une secrétaire, c’est juste une charge salariale!

Et c’est à ce moment que j’ai compris qu’il y avait quelque chose de pourri dans le joyeux royaume des Forces vives de la nation.

D’un côté, mon pote concède que l’aspect administratif de la gestion de sa petite entreprise est chronophage et de l’autre, il est convaincu que le personnel administratif n’est que valeur négative dans son bilan. Ce qui est contradictoire et pose d’entrée de jeu le problème de l’évaluation du salaire, de la valeur réelle du travail d’une personne.

Le marché de l’emploi

Déjà, en observant juste les pratiques, on peut avancer sans trop de risque que le mode de fixation du salaire n’a que peu de chose à voir avec la valeur du travail d’une personne. En gros, l’idée des libéraux, ou pour le moins celle qui s’applique le mieux sur le terrain actuel, c’est que la détermination du salaire est extérieure au candidat et aux spécificités du poste, puisque celui-ci est fixé de manière autonome par rapport à l’entreprise sur le marché du travail, via la bonne vieille méthode de l’offre et de la demande. En gros, le salaire pour telle ou telle fonction est fixé par le rapport entre le nombre de postes disponibles à l’instant "t" et le nombre de candidats.
Plus il y a de candidats pour un poste et moins le salaire est élevé. Ce qui implique que le salaire est donc complètement déconnecté de la réalité de l’entreprise. Et qu’une conjoncture de chômage de masse fait forcément pression sur les salaires. Jusqu’au point d’équilibre. Qui serait le moment où chaque poste trouve un unique candidat. Car, a contrario, en cas de pénurie de travailleurs sur un type de poste, les salaires devraient flamber. Comme dans les fameux métiers en tension où un poste peut rester longtemps vacant sans trouver preneur. Et sans flamber!

De manière totalement empirique, on observe facilement que si le chômage de masse est effectivement très efficace pour garder un maximum de salaires au plancher, la pénurie de candidats n’implique pas du tout un réajustement des salaires à la hausse vers un nouveau point d’équilibre. Ne serait-ce que parce que la politique du travail actuelle tend à forcer par tous les moyens les précaires à occuper ces postes pourris et mal payés [1] et que la politique des emplois aidés maintient de vastes populations de prolétaires dans un état de dépendance et de pauvreté qui permet de corriger à la baisse bien des salaires dans bien des secteurs.

La valeur ajoutée

Si l’on se place du point de vue l’entreprise elle-même, on peut la considérer comme une sorte de boite noire[2] dans laquelle l’on injecte d’un côté du capital et de la main d’œuvre et d’où ressort de l’autre de la valeur ajoutée, valeur ajoutée qui se prend donc auprès de l’utilisateur final du bien ou du service produit.
De ce point de vue là, il suffirait de déterminer quelle est la part du capital et du travail dans la production de la valeur ajoutée, et de redistribuer proportionnellement. Sauf qu’il est très difficile de déterminer quelle est la part que chacun prend dans la création finale de richesse. Et que tout le monde a tendance à vouloir tirer la couverture à soi, ce qui n’est pas donné à Paul étant toujours ça de pris pour Pierre.
On peut toujours commencer par évaluer le capital injecté et les conditions de son renouvellement[3] et répartir le reste entre les salariés. Mais là, se pose réellement la question de la valeur du travail de chacun. Laquelle est forcément biaisée par les salaires communément admis et plus ou moins fixés par le marché.

Ainsi, on admet facilement qu’un cadre supérieur peut valoir 4 ou 5 fois plus que l’ouvrier qualifié. Question d’abondance, paraît-il. Et qu’un P.D.G., ça peut facilement valoir 100 ou 200 SMIC. Pourquoi? Au nom de quoi? Mystère et boules de gomme!
Pourtant, si l’on considère l’entreprise comme une entité à organisation organique[4], il est logique de penser que chacun vaut strictement la même chose que l’autre, indépendamment de sa tache. Encore qu’on peut se dire qu’il est plus facile de produire en n’ayant que des ouvriers qu’en ne gardant que les patrons[5]. Ce qui tendrait à prouver que pour créer de la valeur ajoutée, il vaut mieux avoir des ouvriers plutôt que des contremaîtres et des contremaitres plutôt que des patrons. Et que le salaire est aujourd’hui fixé de manière inversement proportionnelle à l’utilité économique de l’agent qui le perçoit.

Et ma secrétaire dans tout cela?

Comment évaluer le vrai salaire de la secrétaire[6] d’Elric ou de la mienne? Car je n’ai pas perdu de vue cette histoire de valeur négative du travail de la secrétaire selon mon pote.

L’entreprise d’Elric, comme la mienne, fonctionne sur la seule base de notre travail. De ce point de vue, on pourrait aussi bien s’amuser à considérer chaque salarié comme une entreprise individuelle. À client unique. Voire exclusif.
Nous sommes donc les seuls producteurs de valeur ajoutée de nos entreprises. Et nous tirons cette valeur ajoutée des services que nous facturons à nos clients.
Notre valeur ajoutée est donc limitée par la quantité de service que nous pouvons offrir et donc la quantité de travail que nous pouvons produire. Cette capacité de production dépend de notre efficacité propre, de nos compétences, de notre maîtrise de nos outils et du temps que nous pouvons y consacrer. Notre temps d’entreprise se partage en 3 grandes catégories : le démarchage de nos clients, la production de notre travail et la gestion de notre entreprise. Comme nous sommes seuls, nous faisons tout. Ce qui revient à dire que chaque heure que nous consacrons à notre entreprise est équivalente à une autre, quelle que soit la tâche en cours. Sauf que seules les heures de production sont des heures rémunératrices proprement dites, puisque ce sont elles qui créent la valeur ajoutée.

Par hypothèse substitutive, je peux dire que chaque heure que je libère pour la consacrer à la production est une nouvelle heure qui rapporte. Autrement dit, si je prends une secrétaire pour s’occuper de l’administratif à ma place, son temps de travail génère automatiquement le même équivalent-temps pour moi en plus[7]. Temps que je peux consacrer à démarcher et facturer des clients. Autrement dit, chaque heure de secrétaire vaut potentiellement le même prix que la mienne. Autrement dit, si je facture 40€ de l’heure mon travail à un client, chaque heure libérée par la secrétaire me permet de gagner 40€ de plus. En gros, je pourrais payer ma secrétaire 40€ de l’heure. Mais en admettant simplement que chacune de ces heures facturées en plus ne peut exister que si nous travaillons toutes les deux, on peut tout simplement se mettre d’accord sur un moit’-moit‘ tout à fait bénéfique des deux côtés, soit plus que le SMIC, dans tous les cas.

En fait, juste en reprenant une partie de mon travail, ma secrétaire me permet de produire encore plus de valeur ajoutée. On ne peut donc, en aucun cas, considérer que son travail se limite à être une charge salariale.

Parce qu’elle se substitue à moi, on peut considérer que ma secrétaire vaut autant que moi.

Mais le paradoxe de la secrétaire va plus loin si on pense à l’échelle d’une entreprise plus importante.

Polyvalence, piège à con!

Tout le monde l’a forcément remarqué : les secrétaires se sont franchement raréfiées en entreprise ces dernières décennies et leur travail s’est singulièrement dévalorisé! À une époque pas si lointaine, la plupart des cadres fonctionnaient en binôme avec une secrétaire, laquelle s’occupait de toutes les petites choses fastidieuses et désagréables induites par l’activité principale du cadre. Puis, l’informatisation aidant, on a considéré que de nombreuses tâches de secrétariat pouvaient directement être faites par les autres salariés et on a taillé dans le gras de ce corps d’assistantes efficaces. Et au fur et à mesure que les secrétaires disparaissaient de l’entreprise, leur métier s’est dévalorisé.
Il y a encore 30 ans, une fille qui sortait secrétaire de chez Pigier était en marche vers l’ascension sociale. Aujourd’hui, une secrétaire expérimentée, parlant une ou deux langues, maîtrisant la chaîne des logiciels bureautiques, peut toujours espérer décrocher un emploi aidé, à peine mieux payé que le RMI. Les secrétaires s’entassent et prennent la poussière sur les étagères de l’ANPE, comme des poupées démodées, vestiges de temps rieurs et désormais révolus.

La première fois que j’ai douté du bienfondé du traitement contemporain des secrétaires, c’est en rendant visite à mon directeur de recherche dans son bureau. Imaginez un instant ce digne représentant du corps professoral de la prestigieuse université de la Sorbonne, en train de s’échiner comme un malheureux derrière son Mac. Il m’explique qu’il a un courrier à envoyer rapidement et que sa secrétaire n’est pas là. Comme la plupart du temps. Vu que sa secrétaire, de réorganisations en redéploiements, il se la partageait entre moult autres grosses têtes. Ce qui faisait qu’il devait se fader lui-même la majeure partie de l’administratif de son labo, ce qu’il faisait fort laborieusement.

C’est alors que je me suis demandé s’il était bien raisonnable de payer mon cher professeur à taper péniblement pendant une heure une malheureuse lettre que sa secrétaire aurait expédiée en cinq minutes.

Ben oui, secrétaire, c’est comme professeur à la Sorbonne, c’est un métier qui ne s’improvise pas.

Et tout au long de mon expérience professionnelle qui suivit, j’ai eu maintes occasions de voir le travail des secrétaires… en négatif! En constatant les effets de leur disparition.
Chez la plupart des cadres et responsables de service, cela se traduit par la lenteur dans le travail et l’entropie galopante dans l’organisation. Les courriers et pneus administratifs arrivent et s’entassent sur la gauche du bureau. Les piles montent au ciel. Les rapports n’arrivent pas. Les courriers sont en retard. Il y en avait un qui avait développé une stratégie de la pile. Chaque fin de journée, il déposait la pile de papiers du jour dans le casier urgent de la semaine. Puis, le vendredi, il poussait sa Tour de Babel de la semaine vers le tas du mois. Et j’ai fini par découvrir derrière une double cloison l’enfer[8] de la paperasse de quelqu’un qui n’avait jamais appris la gestion documentaire.

Car le travail qu’abattaient les secrétaires n’a jamais disparu de l’entreprise. Il a juste été ajouté en une couche supplémentaire sur l’emploi du temps de tous les autres salariés.
Ainsi donc, les cadres dynamiques à 4 ou 5000€ le mois se retrouvent-ils à taper leur courrier, gérer leurs rendez-vous, rédiger leur rapport… au lieu de faire leur boulot. Car tout comme moi, au début de cette histoire, ils sont limités dans le temps, quant à ce qu’ils peuvent produire comme travail. Supprimer les secrétaires revient donc à payer le boulot d’une secrétaire débutante et non qualifiée au prix d’un cadre sup’.

Est-ce vraiment raisonnable?
Est-ce que la théorie actuelle des salaires n’a pas trouvé ici sa limite?

Car la secrétaire, loin de n’être qu’une charge salariale, est précisément un facteur d’amélioration de la productivité des autres salariés. La logique libérale qui veut que l’on peut substituer un salarié par n’importe quel autre pour arriver au bout d’une tâche est carrément contre-productive. Puisqu’elle renchérit le coût de la tâche effectuée tout en baissant la productivité globale du salarié. Une lettre tapée en 5 minutes par une secrétaire de métier revient nettement moins cher que la même tapée en 20 minutes par un cadre. Lequel, au lieu de faire son boulot de cadre à plein temps, perd du temps en rédactionnel, gestion des documents, gestion de l’emploi du temps, gestion des appels téléphoniques et des mails. Tâches pour lesquelles il n’est en général pas formé. Qu’il ne fait donc pas très bien. Ni très efficacement.

Cette fausse polyvalence peut aujourd’hui s’appliquer à tous les niveaux de l’entreprise et génère en fait des économies de bout de chandelle à court terme et une baisse de productivité générale au final! Un mauvais calcul qui débouche forcément sur de piètres résultats!

Notes

[1] c’est à dire en faussant le marché

[2] au sens Bourdieusien

[3] en gros, les investissements nécessaires et sa rémunération

[4] chacun inter-dépend de tous les autres

[5] ceci a été empiriquement prouvé en Amérique du Sud, via les entreprises autogérées coopérativement par leurs ouvriers

[6] Je tiens à préciser que ma secrétaire pourrait tout aussi bien être MON secrétaire, mais par facilité et afin de ne pas confondre ce métier avec un meuble, je conserve la féminisation de ce nom!

[7] Et même plus. L’administratif étant son métier, on peut facilement penser qu’elle accomplira mes taches administratives plus rapidement et plus efficacement que moi-même

[8] je fais ici allusion à l’Enfer du Vatican, endroit où sont reléguées les archives compromettantes qui doivent rester loin de la portée des infidèles et dont un de mes professeurs de la Sorbonne, historien, était friand!

42 réponses
  1. LeChieur
    LeChieur dit :

    Jolie démonstration. Cela dit, il reste quelques anecdotes amusantes à propos des secrétaires démodées qui prennent la poussière sur les étagères de l’ANPE. Discussion récente avec une jeune femme, secrétaire dans une collectivité territoriale :

    MOI — Ah, l’informatique, internet, la photo numérique, tout ça, dans mon boulot, c’est génial. Songe qu’il y a dix ans, je devais courir à la rédac entre deux reportages pour donner mes photos à développer et mes papiers à faire taper par les clavistes… Aujourd’hui, quel gain de temps…

    ELLE — Certes, mais à cause de tes geekeries, les clavistes ont disparu….

    MOI (songeur) — Ah oui, merde, c’est vrai, ça fait au moins 10 emplois en moins…

    ELLE — Où je bosse, ils ont réglé le problème. Faut dire que ça chauffait : on a une nouvelle chef de service qui rédige ses courriers directement à l’ordi. Ça posait un problème, parce que du coup, ça nous supprimait pas mal de taf….

    MOI — Ah oui, c’est con. Comment vous faites, alors ?

    ELLE — Elle tape ses lettres, les imprime, détruit les fichiers, et nous les donne à recopier.

    (Je jure que c’est rigoureusement auhtentique, et que ça se passait en 2006).

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  2. Sy
    Sy dit :

    Avec l’informatisation, on a quand même besoin de moins de secrétaires, de comptables et d’administratifs en général.
    Il faut ajouter à cela que la mondialisation ne concerne pas uniquement les emplois de l’industrie mais aussi ceux des administratifs. Certaines entreprises délocalisent les emplois de comptabilité et de gestion du personnel. Elles peuvent envoyer les données nécessaires au travail par mail. Seuls les employés qualifiés peuvent espérer trouver une place intéressante.
    Cela me rappelle une pub pour une formation privée à distance "la comptabilité, un emploi sûr et bien payé". Beaucoup de français continuent de croire qu’une formation en secrétariat ou en comptabilité permet de trouver un emploi stable et payé correctement.

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  3. Sy
    Sy dit :

    A propos du commentaire de Paul THOT

    Il faut dire qu’on a tellement dit aux jeunes que les CAP ou BEP de plombier c’était pour les nuls que forcément cela n’ a pas encouragé les vocations

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  4. Paul TOTH
    Paul TOTH dit :

    Oui c’est pas faut tout cela.

    ça me fait penser à mes collègues bien pensant qui râlent toujours au sujet de l’impossibilité de trouver un plombier ou un chauffagiste – "C’est pas le boulot qui manque, mais les jeunes n’ont plus le courage de bosser".

    Je répond en général que si les salaires étaient motivants, je n’imagine pas qu’on ne trouverait pas de personnes à salarier…et là on me répond de suite – "bah ça, s’ils veulent avoir un salaire de médecin, ils n’ont qu’à faire des études !"

    😀

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  5. Jean-Christophe
    Jean-Christophe dit :

    !!! Cela me fait revenir sur mon job des années quatre-vingt dix où je réalisais des présentations visuelles chiadées pour de très grandes sociétés de conseil. Avec l’arrivée de l’informatique et, surtout, d’Excel + Powerpoint, on est passé de réels graphiques de communication — avec overlays mêlés d’illustrations — à des "slides" dénuées d’intérêt et, surtout, inter-changeables d’une présentation à une autre…!!
    Dans les graphiques, hormis le camenbert, les coubes et les histogrames, toutes les représentations sophistiquées ont disparu…
    Bon, les spécialistes du "visual business graphics" ont été gentiment remplacés par les assistantes en interne tant que le standard restait un outil de dessin comme MacDraw même si nous étions encore appelés pour les présentations haut de gamme.

    Puis ce sont les consultants qui ont donné le coup de grâce en s’emparant des outils de présentation, PowerPoint et ses macros, c’est tellement facile (en apparence !).

    Du coup, on en arrive à ce que vous décrivez. Des présentations — médiocres et peu structurées — pondues par des gars dont ce n’est pas le boulot. Du coup, le client final paye parfois très cher une réflexion stratégique qui arrive sous la forme d’un powerpoint misérable à l’orthographe approximative réalisé par un consultant qui a passé plus de temps à mettre en pages cette dernière que de penser à sa mission.
    Seuls quelques "vieux" consultants et quelques cabinets de pointe l’ont compris et restent encore adeptes du crayon et du papier… Mais avec un staff réduit tant les nouveaux consultants sont persuadés d’être néanmoins des Dieux de la communication visuelle…

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  6. chris
    chris dit :

    heuh ,je rejoins assez sur la mise en garde au liberalisme sur la pyramide des salaires …quoique j’ai bien une explication a a la question monolectienne sur les salaires sublimes des dirigeants …ben ,c’est le pouvoir celui que les actionnaires donnent aux sieges des groupes qui redistribuent eux meme ce pouvoir aux dirigeants des filiales .

    j’ose pas dire que c’est le niveau de renumeration qui fait le pouvoir et donc relegue la competence au rang de faire valoir ..de toutes façons ,lorsqu’on a le pouvoir dans une boite ,on se sert de la competence des autres ..je crois meme qui zappellent ca "management ""!!!

    de nos jours ,fi des ecoles de commerce ,ecoles de management ..avé l’accent ,please ,donc .

    mais pour la secretaire ,elle a pas disparue …elle s’est definie par rapport au "back office " comme qui disent les anglo saxons qui detiennent les boites de nos boites de nos jours .

    en tant que responsable commercial ,c’est a dire un mec qui doit se consacrer qu’au serrage de paluche et a la distribution de tickets de restos hauts de gammes …..on lui assigne pas des secretaires mais des assistants (tes) commerciaux ..plus pointu ,moins madame Michu du coup .

    le DAF ,lui a les siens aussi ,les comptables !!!

    non ,cadre ,t"as juste besoin d’une maitrise en"power point " ..d’ailleurs ,c’est ce qu’il reproche aux quinquas qui parait ..d’etre né avant Power bande dessinée .

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  7. Paul TOTH
    Paul TOTH dit :

    Pour Sy

    bon d’abord mon nom c’est TOTH et non THOT, je le regrette presque puisque je vois plus souvent le nom de ce dieu égyptien à tête d’ibis dans la seconde orthographe que dans la première 🙂 mais de toute façon mon nom est hongrois…

    enfin bon, pour en revenir à nos moutons, j’ai croisé il y a bien longtemps un ami que je n’avais pas vu depuis longtemps. Plus jeune que moi il était en quête de vocation avec un niveau d’étude pas très poussé quand je l’avais perdu de vue. Et je le retrouve apprenti "tailleur de pierre" – je ne savais même pas que ça existait encore ! Il est heureux et a trouvé sa vocation.

    Alors la pierre taillée à plus de prestige – en tout cas à mes yeux – que la tuyauterie, mais il n’en reste pas moins qu’à coup de salaires descends je suis certain qu’on arriverait à bout de toute forme de découragement. Car ça reviendrait à reconnaitre la valeur du travail et non plus un niveau d’étude.

    Dans le genre, la fonction publique est aussi mal placée puisque c’est sur l’aptitude à passer des concours administratifs (largement axés sur le droit public) qu’est fixé le montant du traitement des agents publics, celui-ci étant quasiment totalement déconnecté de la qualité et la quantité de travail effectué…et ce au nom de l’égalité de traitement des contribuables. En effet il n’est pas question de payer un fonctionnaire au nombre de dossiers traités car cela le pousserait à mettre de côté les dossiers complexes et de façon général à bâcler son travail pour atteindre ses objectifs 🙂

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  8. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Yogi (#9) : ne vaut-elle donc pas trois fois moins que toi ?

    Serais-tu toi aussi atteint de l’hallucination selon laquelle des gens "valent" une somme d’argent ? ? ?

    Selon la somme d’argent qu’ils peuvent rapporter peut-être ? Ou selon une forme de valorisation financière du travail qu’ils effectuent.

    "Ta" (pronom possessif) secrétaire "vaut" de l’argent… C’est cela, oui.

    Vacheté de maladie mentale, ça, tout de même…

    Répondre
  9. Yogi
    Yogi dit :

    Quelques remarques en contrepoint :
    – l’impact d’un bon ou d’un mauvais pdg sur une boîte est bien plus grand que celui de 100 ou 200 employés au smic. D’où.
    – ta secrétaire se substitue à toi, mais, selon ta description, sur un tiers de tes tâches seulement : ne vaut-elle donc pas trois fois moins que toi ?
    – écrire un courrier à la main / le faire taper / faire un aller-retour de correction mise en forme / le parapher / en faire une copie à garder dans le chrono / le mettre dans une enveloppe et au courrier / VERSUS : taper un mail / cliquer "envoi" : oui dans le premier cas il faut deux personnes, et pas dans le second.

    Répondre
  10. Hubert Leray
    Hubert Leray dit :

    Chère Agnès,

    Viens donc nous lire. Signe notre pétition. Mets un lien de notre site sur ton blog.

    Ton papier sur les téléphonistes était bien. HUMAIN. Profondément humain.

    Chuis pas plus inspiré que cela ce soir. Viens. C’est une invitation cordiale d’un lecteur régulier qui te porte haut dans son estime.

    Salut et fraternité,

    Hubert

    Répondre
  11. Yogi
    Yogi dit :

    @Swâmi : Eh oh, "on peut considérer que ma secrétaire vaut autant que moi" ce sont les termes du Monolecte hein, faut lire avant de tirer …

    Répondre
  12. Fred
    Fred dit :

    Agnès > D’un côté, mon pote concède que l’aspect administratif de la gestion de sa petite entreprise est chronophage et de l’autre, il est convaincu que le personnel administratif n’est que valeur négative dans son bilan. Ce qui est contradictoire et pose d’entrée de jeu le problème de l’évaluation du salaire, de la valeur réelle du travail d’une personne.

    Non, ça n’est pas contradictoire : il faut juste s’entendre sur le boulot qui est effectué. Payer quelqu’un pour effectuer des tâches administratives parfaitement inutiles et inconnues dans d’autres économies avancées, c’est pas une création de richesse. C’est sans doute à ça que ton pote pensait.

    Agnès > Plus il y a de candidats pour un poste et moins le salaire est élevé. Ce qui implique que le salaire est donc complètement déconnecté de la réalité de l’entreprise.

    En partie. Le niveau de salaire est fonction d’une part du niveau général des salaires dans le pays, dans la region, dans la profession, puis des caractéristiques du candidat, des reponsabilités qu’il aura à assumer, ainsi que du profil de l’entreprise (à poste égal, on gagne plus dans les grosses boîtes que dans les PME).

    Agnès > Car, a contrario, en cas de pénurie de travailleurs sur un type de poste, les salaires devraient flamber. Comme dans les fameux métiers en tension où un poste peut rester longtemps vacant sans trouver preneur. Et sans flamber!

    Les (rares) métiers en tension en France aujourd’hui ne trouvent pas preneur parce que ce sont des métiers traditionnellement mal payés, pénibles, peu valorisant, et qui ne mènent nulle part. C’était déjà le cas dans les années 60, et ça n’a pas changé. Aucun parent ne rêve pour ses enfants d’être ouvrier BTP, femme de ménage, ou cuisto.

    Agnès > Ce qui tendrait à prouver que pour créer de la valeur ajoutée, il vaut mieux avoir des ouvriers plutôt que des contremaîtres et des contremaitres plutôt que des patrons. Et que le salaire est aujourd’hui fixé de manière inversement proportionnelle à l’utilité économique de l’agent qui le perçoit.

    Pour créer de la valeur ajoutée, il vaut mieux n’avoir que des gens productifs, c.a.d. après avoir soigneusment effectué un audit de l’activité via comptabilité analytique, supprimer toutes les tâches inutiles. Comme expliqué ci-dessus, le salaire est fonction d’un certain nombre de paramètre, dont le plus important est la confrontation offre-demande sur le marché du travail. Comparer le salaire moyen + contrat de travail + evolution de carrière d’un ouvrier BTP et Polytechnicien.

    Paul TOTH > Je répond en général que si les salaires étaient motivants, je n’imagine pas qu’on ne trouverait pas de personnes à salarier…et là on me répond de suite – "bah ça, s’ils veulent avoir un salaire de médecin, ils n’ont qu’à faire des études !"

    En l’occurence, il y a sans doute des plombiers-patrons de petites boîtes qui gagnent autant qu’un médecin, sans avoir eu à subir concours et années d’études supérieures 🙂 En Israël, avec l’afflut d’immigrés russes, on voit des médecins chauffeurs de taxi.

    Sy > Il faut dire qu’on a tellement dit aux jeunes que les CAP ou BEP de plombier c’était pour les nuls que forcément cela n’ a pas encouragé les vocations

    De fait, les Sarko et consors seraient plus crédibles s’ils envoyaient leurs propres gamins dans un lycée professionnel pour être ouvrier.

    Toth > Dans le genre, la fonction publique est aussi mal placée puisque c’est sur l’aptitude à passer des concours administratifs (largement axés sur le droit public) qu’est fixé le montant du traitement des agents publics

    A mon avis, l’administration française ferait mieux de s’inspirer des méthodes suédoises, et remplacer les concours par des entretiens d’embauches avec CDI pour les postes qui nécessitent une main d’oeuvre stable. En effet, comment justifie-t-on l’emploi à vie, alors que les besoins de l’Etat évoluent? Pourquoi un CDI ne ferait-il pas l’affaire?

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  13. Tyrnimarja
    Tyrnimarja dit :

    Hum… je reviens sur le rapport facturation/rémunération posé par Agnès : "Autrement dit, si je facture 40€ de l’heure mon travail à un client, chaque heure libérée par la secrétaire me permet de gagner 40€ de plus. En gros, je pourrais payer ma secrétaire 40€ de l’heure."

    A mon humble avis, l’équation néglige quelques éléments incontournables dans la gestion recettes/dépenses, à savoir les charges de fonctionnement de la structure, et notamment dans ce cas précis les charges patronales, pour un taux d’environ 45% du brut versé au salarié.
    Pour exemple, soit tu rémunères le travail de ta secrétaire la somme de 40€ de l’heure considérée comme salaire (donc brut salarié), et il t’en coûtera en réalité 58€, donc, ramené au mois, 6067€ de gain brut pour elle (4671€ nets), et 8797€ de coût pour toi ; soit tu inclus lesdites charges dans ces 40€ et ton assistante reçoit 27,60€ bruts de l’heure, soit 4186€ bruts mensuels, càd 3223€ nets, pour un coût patronal de 6070€.

    Bien sûr, on parle d’un salarié, càd avant tout d’un être humain, mais le coût est toujours affaire de gestion, et à l’heure d’embaucher une secrétaire dans une petite structure (pas de comparaison possible avec des multinationales dont les puissants actionnaires et les membres du conseil d’administration se vautrent dans les louis d’or), il faut compter que pour un salaire brut de 1500€, il en coûte 2175 chaque mois, montant auxquels s’ajoutent, en vrac, le salaire du patron/profession libérale dans ton cas (au minimum un SMIC, même les mois difficiles, soit 1818€ en incluant les charges), et les frais d’infrastructure (bureau, informatique, téléphonie, courrier (pour les administrations), consommables, véhicule parfois, taxes diverses imposées aux sociétés, etc.).
    Donc il faut avoir la certitude de pouvoir générer un chiffre d’affaires suffisant, et surtout suffisamment stable sur les 12 mois de l’année (notamment en période de congés payés), pour ne pas la contraindre à retourner pointer à l’Assédic au bout de quelques mois à la première baisse d’activité, si les heures de travail qu’elle te permet d’économiser sur ton temps commercial/production ne te permettent pas de ton côté de générer un chiffre d’affaires au moins supérieur à ce que son salaire (pas volé, certes) coûte sur le budget. Paradoxalement, une telle équation pourrait mener à plus de précarisation de l’emploi de secrétaire : genre 4 mois en CNE à 27 euros bruts de l’heure, et virée dès que tu ne peux plus la payer, ou en CDD, ou en intérim, pour un coût légèrement supérieur.

    Pas si simple, comme équation…

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  14. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Le principe de substitution

    En fait, ma précédente conclusion étant toute pourrite, j’ai laissé passé la nuit, afin d’arriver à une synthèse plus satisfaisante.

    Tout ce qui m’intéressait dans cette histoire, en dehors du fait que j’aurais bien besoin d’une secrétaire, c’est la manière dont on détermine la valeur du travail d’une personne et la profonde iniquité des salaires actuels. C’est ainsi que quand je dis ma secrétaire vaut autant que moi, il s’agit d’un abus de langage. J’aurais du dire : le travail de ma secrétaire vaut autant que le mien. Tout simplement parce qu’il s’y substitue! C’est à dire qu’avec ou sans elle, la tache doit être faite, mais sans elle, c’est forcément par moi qu’elle le sera.
    A ce niveau, il n’est pas question de savoir s’il s’agit de taches utiles ou inutiles, comme l’avancent certains lecteurs, mais s’il s’agit de taches à faire ou non. On peut discuter de l’intérêt de faire un bilan financier ou de remplir une déclaration de TVA, le fait est qu’il est nécessaire que cela soit fait et bien fait, sous peine de pénalités (Sur le principe de l’utilité des prélèvements, sachant que j’utilise pour mon activité des infrastructures communes de qualité – routes, réseau énergétique et surtout de télécommunication, ce dernier me permettant finalement d’exercer à moindre coût – il ne me semble pas extravagant de participer à cet effort commun en fonction du niveau de richesses que j’ai créé. Et comme il est de mon intérêt que les richesses crées soient correctement évaluées, que je ne paie que ma juste participation, je ne trouve pas absurde de devoir remplir des déclarations diverses de revenus!).
    Donc, que ces taches soient exécutées par moi ou un tiers, elles doivent l’être, et chaque fois que j’en suis soulagée, cela est autant de gagné en temps productif (et donc potentiellement rémunérateur) pour moi. L’utilité de substituer mon temps par celui d’une secrétaire est donc réelle et le gain final du temps de ma secrétaire est équivalent a ce que je vais produire pendant ce temps libéré.

    En levant un peu le nez de ma problématique de secrétariat, le principe fonctionne pour beaucoup d’autres fonctions, particulièrement les moins rémunérées.
    Ainsi, personne ne conteste l’utilité des fameux services à la personne. Mais tout le monde est aussi unanime pour dire que cela ne vaut pas grand chose. Pourtant, les nains doivent être torchés… de même que les anciens. Si ce n’est pas une personne qualifiée qui le fera, se devra être quelqu’un d’autre. Un membre de la famille. Qui devra donc, par ailleurs, cesser au réduire une activité rémunératrice. Ou empiéter sur son temps physiologique (sommeil, repas, toilette). Ce qui, à terme n’est pas une bonne opération pour la productivité générale.

    Je repense encore à l’homme de ménage d’une de mes anciennes boites. Tellement peu considéré car réduit à sa seule tache. Qui ne vaut rien, par définition.
    Sauf que tout le monde aurait un peu tiré la tronche si le merdier qui était laissé tous les soirs en partant était resté là jusqu’au lendemain… Des corbeilles qui débordent, des moquettes qui puent, des bureaux maculés de ronds de café, des sols glissants de crasse : j’aurais voulu voir la tête des clients. Ou celle des cadres, devant s’aventurer au sous-sol pour sortir la benne à ordures.
    Pourtant Pascal était un élément clé de l’entreprise. Parce qu’il s’assurait qu’elle reste présentable et qu’il y soit toujours agréable d’y bosser. Parce qu’il savait où tout se trouvait. Ce qui en faisait quelqu’un de précieux. Et qu’on devrait toujours faire attention à celui qui vide la corbeille dans laquelle on balance négligemment des informations parfois critiques…

    Bon, je n’arrive vraiment pas à conclure.
    Laissons murir et attendons un prochain papier

    Répondre
  15. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je ne parle pas de hiérarchie, uniquement de salaire.
    Manière, mes obligations documentaires ne génèrent pas assez de travail pour une secrétaire à temps plein. En plus, mon statut ne me permet pas d’avoir des salariés. Donc, je ne peux considérer ma secrétaire (que je n’ai pas, au cas où quelqu’un aurait des doutes sur ce point précis) que comme une prestataire de service. Ce qui, de fait, retire toute notion hiérarchique au contrat qui nous lie. Grosso modo, pour les entreprises individuelles ou les autres TPE, une secrétaire est très utile, mais ne peut être engagée à plein temps. Comme je n’ai pas non plus intérêt qu’elle meurt de faim avec un temps partiel, cela implique que les TPE ont tout intérêt à se regrouper autour de pôles de services aus entreprises qu’ils mutualisent entre eux. Ainsi, j’achète la prestation de ma secrétaire un bon prix et la mutualisation permet

    1. Que ma secrétaire travaille à plein temps
    2. Que les TPE, en se regoroupant, aient accès à des services qu’elles ne peuvent rétribuer correctement en étant seules, par manque de volume de travail.

    CQFD!

    Répondre
  16. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je ne parle pas de hiérarchie, uniquement de salaire.
    Manière, mes obligations documentaires ne génèrent pas assez de travail pour une secrétaire à temps plein. En plus, mon statut ne me permet pas d’avoir des salariés. Donc, je ne peux considérer ma secrétaire (que je n’ai pas, au cas où quelqu’un aurait des doutes sur ce point précis) que comme une prestataire de service. Ce qui, de fait, retire toute notion hiérarchique au contrat qui nous lie. Grosso modo, pour les entreprises individuelles ou les autres TPE, une secrétaire est très utile, mais ne peut être engagée à plein temps. Comme je n’ai pas non plus intérêt qu’elle meurt de faim avec un temps partiel, cela implique que les TPE ont tout intérêt à se regrouper autour de pôles de services aus entreprises qu’ils mutualisent entre eux. Ainsi, j’achète la prestation de ma secrétaire un bon prix et la mutualisation permet

    1. Que ma secrétaire travaille à plein temps
    2. Que les TPE, en se regoroupant, aient accès à des services qu’elles ne peuvent rétribuer correctement en étant seules, par manque de volume de travail.

    CQFD!

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  17. celine
    celine dit :

    si je peux me permettre je vais reprendre cette démonstration au boulot… en remplaçant secrétaire par infirmière 🙂 quand je leurs dit à mes supérieures hiérarchiques que le patient a autant besoin de paroles que de médicaments (pour simplifier) et qu’il est donc dommage de supprimer le brancardier, l’aide soignant, la secrétaire médicale et le commis de cuisine… mais je m’adresse aux mauvais interlocuteurs, il faudrait monter un peu plus haut dans la hiérarchie et rallier le corps médicale….

    et si au lieu de monter une entreprise où forcement il y rapport de supériorité/infériorité vous faisiez une coopérative avec votre secrétaire ? tout le monde est sur le même plan donc même salaire ou bien en fonction de sa participation laquelle n’est pas définie en fonction de l’utilité ou l’inutilité à la production propre de la coopérative ?

    Répondre
  18. chris
    chris dit :

    @Agnes

    enfin une grande idée dans ce pays de M..!!
    debarrassons nous de l’ANPE qui ne sert a rien si ce n’est de bouger les gens d’une formation a l’autre ,c’est d’ailleurs le projet de SEgolene ,d’immenses dortoirs pour l’emploi !!!

    mutualisation des TPE ,PME ,vla l’idée !

    avec tout le pognon recuperé par la demolition des ANPE , on recuperait des locaux et des gens enfin occupés a de vraies activités .

    bref ,virez moi toute cette merde actuelle et collez moi des pepinieres a la place.

    les gens arriveraient tout seul avec leurs competences sous le bras , moi ,je suis informaticien ,moi nettoyeur de surface !

    une sorte de baleze de "small bizness act " !!!!!!!!

    le role d’un etat moderne n’est pas de ,a fin de substitution d’une administration obsolete , de financer des prestataires requins privés , mais de rendre l’economie aux citoyens .

    grande idée la mutualisation des moyens !

    Répondre
  19. Lecteur interesse
    Lecteur interesse dit :

    Une analyse intéressante, mais qui ignore un petit problème : celui de la mise en place.

    La secrétaire est utile, puisque elle permet à des individus "productifs" (je n’aime pas le terme, mais ej n’en vosi pas d’autre) de se concentrer sur des taches productives.

    Sauf que du point de vue du patron moyen, les taches improductives n’existent pas (puisqu’elles ne lui rapportent rien).

    Donc au choix :

    1 ces taches ne sont pas faites, ce qui cause une surcharge de travail et/ou des problèmes plus graves … mais plus tard

    2 ces taches sont faites "sur du temps supplementaire". Un "producteur" va bosser 8 heures sur ses clients, puis 3h de papiers. Cette solution tend à dériver vers la solution 3 facilement

    3 ces taches sont faites par des "producteurs theoriques" qui en vont faire un travail de pur support à la production. Par exemple les commerciaux qui ont eu un très mauvais mois sont très volontaires pour les taches administratives. Et les juniors de certains cabinets de conseil sont probablement les secretaires les mieux payées du marche.

    Aucune de ces trois solutions n’est satisfaisante, mais elle masquent le problème, et le patron cotinue à voir sa secrétaire comme un cout.

    P.S : cette analyse est vraie pour toutes les fonctions de support (secretariat, entretien, depannage informatique …), pas que pour le secrétariat).

    Répondre
  20. Lecteur interesse
    Lecteur interesse dit :

    Une analyse intéressante, mais qui ignore un petit problème : celui de la mise en place.

    La secrétaire est utile, puisque elle permet à des individus "productifs" (je n’aime pas le terme, mais ej n’en vosi pas d’autre) de se concentrer sur des taches productives.

    Sauf que du point de vue du patron moyen, les taches improductives n’existent pas (puisqu’elles ne lui rapportent rien).

    Donc au choix :

    1 ces taches ne sont pas faites, ce qui cause une surcharge de travail et/ou des problèmes plus graves … mais plus tard

    2 ces taches sont faites "sur du temps supplementaire". Un "producteur" va bosser 8 heures sur ses clients, puis 3h de papiers. Cette solution tend à dériver vers la solution 3 facilement

    3 ces taches sont faites par des "producteurs theoriques" qui en vont faire un travail de pur support à la production. Par exemple les commerciaux qui ont eu un très mauvais mois sont très volontaires pour les taches administratives. Et les juniors de certains cabinets de conseil sont probablement les secretaires les mieux payées du marche.

    Aucune de ces trois solutions n’est satisfaisante, mais elle masquent le problème, et le patron cotinue à voir sa secrétaire comme un cout.

    P.S : cette analyse est vraie pour toutes les fonctions de support (secretariat, entretien, depannage informatique …), pas que pour le secrétariat).

    Répondre
  21. John V. Doe
    John V. Doe dit :

    Je revois régulièrement passer le projet de la suppression du fonctionnariat.

    En tant que fonctionnaire, j’ai un droit: celui de réaliser des actes administratif qui ont force légale. Eh oui. Et un devoir: celui de respecter la loi et la constitution. J’ai même prêté un serment à ce sujet.

    Quand mon supérieur me demande de réaliser un acte illégal (ça arrive, eh oui) que puis-je faire ? En tant que fonctionnaire: c’est simple, je refuse. Et ce refus ne peut peser sur mon dossier car l’acte demandé était illégal.

    En tant que CDI/CDD: je ferme ma gueule ou je vole dehors. C’est ce qui est arrivé à nombre de mes collègues en CDI. Et à 50 ans, venant d’un ministère, pour retrouver du boulot, hein …

    Je précise que ce ne sont pas des exemples en l’air mais du vécu.

    Bon, deuxième problème: m’évaluer au rendement. En tant que commercial, il y a une loi simple: 20% des clients rapportent 80% du benef. Donc virer la partie des 80% qui n’est pas en évolution positive et consacrer le temps gagné à trouver d’autres clients est une bonne opération. A contrario, dans l’administration, 20% de nos "clients" nous font perdre 80 % de notre temps. Vous voyez le dossier de pension de votre mémé voler à la poubelle car il prenait trop de temps et n’était donc pas "rentable"… Ben non, car nous nous avons l’obligation de traiter toutes le personnes, non de manière égale, mais de manière adaptée à la personne. Même si elle n’est pas "rentable", votre mémé.

    Répondre
  22. John V. Doe
    John V. Doe dit :

    Je revois régulièrement passer le projet de la suppression du fonctionnariat.

    En tant que fonctionnaire, j’ai un droit: celui de réaliser des actes administratif qui ont force légale. Eh oui. Et un devoir: celui de respecter la loi et la constitution. J’ai même prêté un serment à ce sujet.

    Quand mon supérieur me demande de réaliser un acte illégal (ça arrive, eh oui) que puis-je faire ? En tant que fonctionnaire: c’est simple, je refuse. Et ce refus ne peut peser sur mon dossier car l’acte demandé était illégal.

    En tant que CDI/CDD: je ferme ma gueule ou je vole dehors. C’est ce qui est arrivé à nombre de mes collègues en CDI. Et à 50 ans, venant d’un ministère, pour retrouver du boulot, hein …

    Je précise que ce ne sont pas des exemples en l’air mais du vécu.

    Bon, deuxième problème: m’évaluer au rendement. En tant que commercial, il y a une loi simple: 20% des clients rapportent 80% du benef. Donc virer la partie des 80% qui n’est pas en évolution positive et consacrer le temps gagné à trouver d’autres clients est une bonne opération. A contrario, dans l’administration, 20% de nos "clients" nous font perdre 80 % de notre temps. Vous voyez le dossier de pension de votre mémé voler à la poubelle car il prenait trop de temps et n’était donc pas "rentable"… Ben non, car nous nous avons l’obligation de traiter toutes le personnes, non de manière égale, mais de manière adaptée à la personne. Même si elle n’est pas "rentable", votre mémé.

    Répondre
  23. intérimaire
    intérimaire dit :

    … revient donc à payer le boulot d’une secrétaire débutante et non qualifiée au prix d’un cadre sup’ …

    Oui, et puis tous les autres travers de nos dirigeants d’entreprises. C’est malheureux mais il y en a énormément en France. Et le pire c’est qu’ils n’arrêtent pas de se plaindre. C’est qu’ils saoulent tout le monde, et en plus ils se foutent eux-mêmes la honte en racontant leurs aventures !

    Dans la droite ligne : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_pri
    Et puis Dilbert aussi !

    C’est malheureux, mais j’ai l’impression qu’on les collectionnent en France.
    Pourquoi ils ne font pas faillite rapidement ces gens là…
    C’est comme ceux qui font couler leur entreprise et qui partent avec une gigantesque prime !
    Y a vraiment plus de logique !!!

    Difficile de rester zen.

    Répondre
  24. chris
    chris dit :

    @interimaire

    vous confondez sans doutes dirigeant ,qui ne sont aujourd’hui que des gestionnaires et non des aventuriers createurs de richesses….avec les proprietaires de ces entreprises ,holding financiers de toutes natures .

    moi ,je les vois point trop se plaindre ,ils ont des lobbying pour influer sur les politiques qui se plaignent pour eux ,donc ..d’ailleurs l’entreprise ca existe plus que tres peu , c’est du virtuel aujourd’hui …on n’achete plus un site de production ..mais une licence , un produit , une position sur un marché .

    c’est marrant comme avant chaque echeance electorale , les fonctionnaires se repositionnent en recherche de reconnaissance nationale .

    la mission ,on l’accepte ou on la refuse ..et l’argument du chomage est faible ,j’ai connu des soldats deserteurs qui encourait bien plus que ca ,sur qu’aujourd’hui ceux la ,sont pas a l’abri d’un ministere ,le cul au chaud !

    mais bon ,je comprend pas leur inquietude ,si Sego passe ,elle va s’empresser de creer des tonnes de contrats d’avenir pour les aider ,les decharcher des vilaines corvées et la ,ca genera personne !

    bon 20% des clients qui rapportent ,de nos jours c’est plutot 20% qu’on garde parce qui paient …les 80% autres sont au recouvrement !!!!!

    d’ailleurs comment faire vivre une entreprise privée sans les marchés publics aujourd’hui …..peut etre ca la question .

    le commercial est privé et l’acheteur est fonctionnaire ,bel equilibre liberal n’est ce pas ?

    Répondre
  25. speedy
    speedy dit :

    une analyse parfois très percutante mais attention aux simplifications.

    si par exemple un cadre peut remplacer une secrétaire après ou sans formation spécifique, l’inverse est sans doute moins vrai sur un plan général. conclure qu’on doit donc payer une secrétaire comme un cadre est donc un peu simpliste (1). employer un cadre à des tâches de secrétariat est une par contre une vraie erreur (très fréquente) de management (le cas des TPE étant particulier).

    la question de fond est "qu’est-ce qu’un salaire juste" ? le débat est complexe et la comparaison public/privé ne vient pas le simplifier. dans une logique de marché, l’employé est un produit pour une fonction. il est donc normal de ce point de vue que les emplois les moins qualifiés susceptibles d’être remplis par un grand nombre de "produits" soient les moins bien payés. c’est la quantité qui fait le prix et l’hypothèse sous-jacente est qu’il y a un lien entre quantité est qualité, dans le sens "capacité à produire de la valeur". c’est un point de vue assez répandu dans les sociétes capitalistes.

    ça n’empêche pas d’introduire ou de discuter d’autres critères : qualification (coût de formation), qualités personnelles (être capable de diriger, décider, être autonome, travailler en équipe, innover, s’adapter, etc.) qui peuvent être prépondérants.

    on peut aussi se poser la question de la hiérarchie des fonctions. l’exemple récemment re-cité du père de Michel Drucker qui se demandait "s’il était normal que son fils gagne plus qu’un chercheur", interpelle.

    enfin, sur les impôts à payer, il est aussi normal de se demander si le prix pour certains services est juste. une fois le principe de l’impôt admis (par solidarité ou pour financer des infras), doit on accepter que le recouvrement de l’impôt en France soit l’un des plus élevé d’Europe pour 100 euros collectés ? en extrapolant, doit on accepter que certaines administrations et services publics voient leurs agents aussi bien rémunérés (même si ceux-ci sont d’un avis contraire) compte tenu de leur faible valeur ajoutée ?

    (1) idem avec infirmière et medecin : si les deux sont absolument indispensables et complémentaires, il n’est pas souhaitable qu’une infirmière fasse une greffe du coeur dans le cas général.

    Répondre
  26. chris
    chris dit :

    les impots sont un sujet tabou a gauche ,puisque meme le dernier des rmistes est persuadé que si son minimum vital est si faible ….c’est a cause de la faiblesse du prelevement !

    c’est vrai que l’affaire "Huchon " est la pour demontrer la faiblesse du raisonnement , mais ca n’empechera pas le vote Segolenien corporatiste et utile ,donc !

    une secretaire remplacer un cadre ,et l’ascenseur social ,alors !

    Répondre
  27. chris
    chris dit :

    les impots sont un sujet tabou a gauche ,puisque meme le dernier des rmistes est persuadé que si son minimum vital est si faible ….c’est a cause de la faiblesse du prelevement !

    c’est vrai que l’affaire "Huchon " est la pour demontrer la faiblesse du raisonnement , mais ca n’empechera pas le vote Segolenien corporatiste et utile ,donc !

    une secretaire remplacer un cadre ,et l’ascenseur social ,alors !

    Répondre
  28. Lory Calque
    Lory Calque dit :

    Oui enfin bien sur, la disparition des secrétaires, c’est un fait , mais le dur labeur des cadres qui se tapent dorénavant le boulot de la secrétaire en plus, j’y crois, mais partiellement.

    Bon, je ne suis pas spécialiste, et il y a sans doutes entreprise et entreprise, mais quand on lit "Bonjour paresse" de Corinne Maier, soit: "De l’art et de la nécessité d’en faire le moins possible en entreprise", on n’est pas vraiment persuadé ni de la polyvalence des cadres supérieurs, ni de leur dur labeur…

    Répondre
  29. chris
    chris dit :

    @Lory

    mais bien sur ,le profil des cadres recrutés aujourd’hui tient plus du jus de concombres que du talent et de la competence ,et je parle meme pas de l’experience …..normal ,qui se ressemble ,s’assemble !!!

    faites un tour sur Viaduc ,les trois quarts osent meme pas poser une photo ,niveau diplomite par contre ca ronfle …pas des humains ,ca madame ,des CV sur deux pattes ,la nouvelle "bravitude" !!!

    non , leur force ,c’est la capacité a se fondre dans le moule ,a ne jamais prendre le moindre risque ,placer des fusibles a tout les niveaux et surtout recuperer le travail des autres !

    avec ces qualités la , zetes parfaitement apte a vous integrer dans n’inporte quel groupe digne de ce nom ,parlez franglais en plus ,nickel !

    Répondre
  30. herve
    herve dit :

    Dans le labo de recherche où je pige, y a une secrétaire. J’aime autant te dire que tout le monde se rend bien compte qu’elle nous libère beaucoup de temps pour bosser…

    Répondre
  31. On refait le blog
    On refait le blog dit :

    Les sales airs

    que les salaires aujourd’hui ne correspondent à rien de bien sérieux ; que la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande trouve ses limites sur le marché de l’emploi de main d’oeuvre non qualifiée ;…

    Répondre
  32. On refait le blog
    On refait le blog dit :

    Les sales airs

    que les salaires aujourd’hui ne correspondent à rien de bien sérieux ; que la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande trouve ses limites sur le marché de l’emploi de main d’oeuvre non qualifiée ;…

    Répondre
  33. lesyeux
    lesyeux dit :

    très interessant comme refléxion.
    mais je pense qu’on ne rémunère pas la valeur d’une secrétaire, ou d’un cadre,mais la valeur de leur travail
    c’est différent , il me semble qu’il convient de faire ce distingo

    il me vient à l’idée ceci à vous lire :

    en extrapolant votre raisonnement on pourrait être amené à penser que tout travail, aussi différent soit-il vaut à peu près le meme salaire dans la mesure où il contribue à la marche d e l’entreprise, indifférement de la qualification, du cout d e la formation etc…

    si la polyvalence des tâches à effectuer pour un cadre maintenant est réelle, elle l’est aussi par ailleurs pour ce personnel employé anciennement au seul travail de secrétariat : aujourhd’ui elles sont amenées par de la formation continue à évoluer et à gérer d’autres tâches,
    ainsi le pourcentage de simples employés dans une grande entreprise à diminué et celui des "techniciennes "(techniciens) à augmenté
    cela n’a pas pour autant hélas signifié une augmentation significative des salaires, parce que désormais pour le plus simple emploi, on demande des gens surqualifiés….
    on assiste donc à un glissement des exigences de qualifications qui ne répondent pas forcément au profil du poste

    ainsi dans les agences bancaires par ex il n’existe plus bcp de secrétaire, mais des techniciennes qui gèrent des tâches très différentes et plsu interessantes, et des cadres qui font leur courrier et leurs classements

    et dans les petites structures, les entreprises font souvent appel à des bureaux externes de services administratifs

    vous avez raison : supprimer une secrétaire pour faire faire le trvail administratif à chaque cadre est une aberration que ne comprend aucun DRH…..
    car la part de taxes patronales du cadre est bien plus importante que celle du simple employé (AGIRC/ARRCO) ainsi faire bosser un cadre à des taches qui ne demandent d’autres qualitfications que de savoir se servir correctement d’un logiciel à un cout supérieur à celui d’une secrétaire….multiplié par le nombre de cadres qui feront ces tâches là….au bout du compte et de l’année …rembourse le salaire correct d’une seule secrétaire qui effectuerait ce boulot administratif pour plusieurs cadres

    Répondre
  34. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Merci Melanchton pour votre participation constructive. Et les compliments, c’est toujours bon à prendre.

    Je pense que s’il s’agit de paraphraser la même absence d’idées et de débats qui caractérise la pauvrette campagne présidentielle, il n’est pas nécessaire de monter un blog et de s’y exprimer. Je pense que nous devons aujourd’hui nous réapproprier le débat politique et déconstruire les idées reçues et les évidences. Une élection d’importance devrait être l’occasion de repenser le monde, notre société, les liens sociaux, pas de pérorer sans fin sur les stratégies personnelles, les petites vannes, les mots d’esprit.

    Je réfléchis actuellement à la mise en place d’une charte pour le respect du débat politique et démocratique, une forme de bannière sous laquelle pourrait se rassembler tous les rédacteurs qui souhaitent reprendre la main, revenir aux idées, aux projets de société et aux débats de fond, et sortir des querelles partisanes et du marketing politique.
    Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues!

    Répondre
  35. Melanchthon
    Melanchthon dit :

    Je crois particulièrement utile d’avoir une réflexion sur la théorie (et la pratique) des salaires qui sorte des idées reçues (de part et d’autre). Quelques remarques :
    – La distinction enre emplois "productifs" et "improductifs" est absurde : c’est une idée reçue dont les fondements ne sont jamais discutés. Une illustration très simple : si, au lieu de faire réaliser ces tâches par la secrétaire qui travaille avec vous, vous les sous-traitez à une entreprise de services, elles deviennent "productives" puisqu’il s’agit de l’activité de cette entreprise et qu’à ce titre elle va vous les facturer ! Il n’y a donc pas d’activités improductive per se.

    En fait, cette confusion est engendrée par une lecture comptable : on tend à considérer comme "productifs" les activités dont le coût peut être directement imputé à un produit ou une affaire, et comme "improductifs" les activités dont les coûts ne sont pas directement imputables et sont donc imputés sur l’activité globale de l’entreprise (je ne rentrerai pas dans les problèmes de répartition dans la comptabilité analytique!). Il faut noter qu’à ce titre, le chef d’entreprise est un improductif !

    – Vous avez tout à fait raison de souligner que la question est de savoir si ces activités (je préfère ce terme à celui de tâche, un peu tayloriste…) sont à faire ou non. La vraie question est celle de leur valeur ajoutée ou non, et celle-ci est contextuelle. Un exemple : transporter des produits d’un lieu à un autre parce que l’agencement des locaux ne permet pas de les stocker à proximité ne leur ajoute aucune valeur, alors que les transporter pour les livrer aux clients est un service valorisable. Certaines de ces activités ont une valeur parce qu’elles découlent des contraintes engendrées par les relations avec son environnement, par exemple : faire fonctionner une station d’épuration dans une usine chimique. Autre exemple : remplir une déclaration fiscale à une valeur car elle évite de payer des pénalités, ou pire (sauf à considérer qu’il ne faudrait pas payer d’impôts).

    A ce propos, vous soulignez très justement que les impôts servent à financer des infrastructures matérielles et sociales qui contribuent à la productivité globale du pays et donc à la compétitivité des entreprises situées dans celui-ci. Ce n’est pas un hasard si la France attire autant les investissements directs étrangers : la qualité des infrastructures et le niveau d’éducation sont des atouts majeurs. Pour ce qui est de la bureaucratie, même si la nôtre mériterait un travail de fond, ceux qui critiquent la France n’ont visiblement jamais approché une grande entreprise nord-américaine de près !

    La définition des salaires est un processus complexe qui combine les conditions du marché du travail, les contraintes économiques de l’entreprise, les exigences des salariés (surtout pour les emplois qualifiés), l’environnement social et le rapport de force salariés / employeur dans l’entreprise. C’est pour cela que le pouvoir de négociation des représentants des salariés est un enjeu essentiel.

    Je note aussi qu’un des commentaires mentionne la forme coopérative. C’est une forme d’entreprise très intéressante parce qu’elle repose sur le principe démocratique "un salarié, une voix". Les salariés ont donc leur voix au chapitre dans les décisions clefs, y compris salariales. Même si les salaires ne sont pas toujours les mêmes pour tous, ce système garantit que l’éventail des salaires est beaucoup plus ressérré que dans les entreprises classiques.

    Pour les PME/TPE, les groupements d’employeurs sont une des solutions qui permettent de répondre aux besoins de services qu’elles ont en commun sans pouvoir y répondre individuellement, tout en assurant aux salariés un emploi non précaire.

    Pour conclure : je viens de découvrir votre blog, et j’ai été frappé par la qualité des échanges. Il est rare de pouvoir avoir une critique radicale et argumentée absente d’invectives ou de simplifications. Une petite note d’humour : votre chapitre sur la secrétaire revient, en fait, à appliquer la théorie des avantages comparatifs de Ricardo aux individus…

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