les mots sont importants.
Ils le sont d'autant plus que la novlangue libérale a totalement phagocyté l'espace médiatique, et, à travers lui, a imprégné nos esprits, au point d'entraver nos aptitudes au débat et à la réflexion.

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Sémantique du trompeur

Comme l’explique si bien le site homonyme, les mots sont importants.
Ils le sont d’autant plus que la novlangue libérale a totalement phagocyté l’espace médiatique, et, à travers lui, a imprégné nos esprits, au point d’entraver nos aptitudes au débat et à la réflexion.

Il faut toujours se méfier des évidences
C’est ainsi que j’ai été accueillie à mon premier cours de sociologie. Cette phrase résonne toujours dans mon esprit, elle a contribué à grandement modifier le cours de mon existence en influant sur mes conduites et mes choix. Rien que pour cette petite phrase, mais aussi bien sûr, pour toutes celles qui ont suivi, je reste particulièrement satisfaite d’avoir consacré 5 années pleines de ma vie à cette science et aux sciences humaines qui lui sont connexes.

Ainsi, les mots ont une définition, une explication gravée dans le marbre qui fixe leur sens. Ceci est une évidence pour tous. Mais ils ont aussi une deuxième vie, dans le langage courant ou dans les médias où leur usage (et surtout leur mésusage), les vide progressivement de leur sens jusqu’à les faire glisser vers des champs sémantiques parfois bien éloignés de leur sens premier.
Les médias sont les rois du glissement sémantique. Ils s’emparent des mots, des concepts, les assimilent et les recrachent sans cesse, jusqu’en faire des coquilles creuses. Le recyclage des mots peut avoir une visée idéologique, comme c’est fondamentalement le cas de la novlangue du capitalisme libéral.

L’exclusion

Voilà un mot-concept qui poursuit une belle carrière dans le contexte socio-économique actuel! Les politiques n’ont de cesse de parler d’actions visant l’insertion des publics exclus. Les médias présentent l’exclusion comme un mal rampant qui frappe indistinctement ceux qui ne courent pas assez vite pour lui échapper, et surtout, ceux qui ne triment pas assez pour s’en mettre à l’abri. Le discours sur l’exclusion la présente de façon implicite comme une sorte de fatalité qui frappe de façon aveugle ceux qui oublient de traverser dans les clous, ceux qui sont victimes d’un accident de la vie. Voilà donc quelque chose qui échappe au contrôle, à la volonté des politiques.
Mais quiconque se penche sur la définition précise du mot, via un dico comme le Trésor de la Langue Française Interactif, découvre une toute autre réalité derrière ce simple mot, trop entendu, trop rabâché.

EXCLUSION, subst. fém.
A. (Le subst. suppose l’action d’une volonté) Exclusion de qqn (ou de qqc.) de qqc. Rem. Les deux compl. prép., ou l’un des deux, peuvent être omis si le cont. les suggère suffisamment.
1. Éviction de quelqu’un ou de quelque chose (d’un lieu où il avait primitivement accès, d’un groupe ou d’un ensemble auquel il appartenait).
2. Interdiction à quelqu’un d’accéder (en un lieu ou à une position), procédé qui vise à tenir à l’écart quelqu’un ou quelque chose.

Ainsi, l’exclusion ne tombe pas sur le coin de la gueule par l’opération du saint-esprit ou du simple c’est-de-la-faute-à-pas-de-chance, c’est une sentence qui tombe d’en haut, une manière de séparer le bon grain de l’ivraie, de désigner ceux qui ne sont pas assez méritants. Il s’agit forcément d’une éviction ou d’une interdiction. L’exclusion n’est pas un accident de vie, une fatalité, mais bien une punition.

L’autre jour, j’ai eu un échange au sujet du mot exclusion, lequel, selon mon interlocuteur, était un fourre-tout de la novlangue destiné à justifier l’usage de la charité. Effectivement, une fois que l’on se penche sur la signification première du mot exclusion, laquelle révèle l’aspect volontaire de son existence et de son application à autrui, on comprend mieux les réactions des pouvoirs publics et des riverains des clochards[1] à tentes MSF. En s’autonomisant, même si peu, les mendiants échappent en partie à leur condition : celle de ne rien avoir du tout et de dépendre totalement du bon vouloir, de la charité de ceux qui les ont plongé collectivement dans cet état. Le message est clair : on ne peut échapper de son état d’exclu de soi-même, puisqu’il s’agit d’une condition imposée par le haut. Il faut pour cela passer par un programme d’insertion, lui aussi décrêté par le haut, qui décide pour vous de quelle manière vous allez vous en sortir et vous imposer la place que vous serez autorisé à occuper en tant que nouvel inclu, charitablement coopté par vos bienfaiteurs!!

Cependant, je continue à penser que l’exclusion, c’est bien la condition du chômeur, car le chômage, dans sa compréhension, ne peut se limiter à une simple privation de l’accès au travail. Le chômeur se voit progressivement poussé hors de toute vie sociale, relégué à la marge.

le a-travail

J’avais déjà exploré la sémantique du chômeur, figure rébarbative et ô combien emblématique de notre époque. Dans les discours, le chômage renvoie immédiatement au travail, et plus précisément à la privation de travail, d’où le chômage comme non-travail, a-travail, avec ce fameux "a" privatif. Le chômage est lui aussi présenté comme une sorte de fatalité qui s’acharnerait sur les plus jeunes, les plus vieux, les plus femmes, les plus basanés, les moins qualifiés, les trop diplômés, en fait, tout ce qui dépasse un tant soit peu du moule du salarié idéal.

Mais le chômage est-il une question d’emploi ou de travail?

Il paraît que c’est la même chose. Mais alors pourquoi avoir un code du travail et une politique de l’emploi?

Qu’est-ce que l’emploi? C’est, toujours d’après le dico, se servir de quelque chose.
Et le travail? travail, subst. masc. (du b. lat. tripalium, de tri, trois, et , pieu) « dispositif servant à immobiliser les grands animaux (chevaux, bœufs) pour pratiquer sur eux certaines opérations »! Oups, ça ne rigole pas!
C’est aussi :

Activité humaine exigeant un effort soutenu, qui vise à la modification des éléments naturels, à la création et/ou à la production de nouvelles choses, de nouvelles idées.

Ainsi, on comprend mieux comment un chômeur, qui est un sans-emploi, peut tout de même travailler[2]. En tant qu’indépendante, je travaille, bien que n’ayant pas d’emploi. De la même manière, on peut avoir un emploi, sans travailler pour autant : on parle alors d’emploi fictif et non de travail fictif[3] La différence entre travail et emploi, c’est la brêche par laquelle s’est engoufrée la précarité, cet état particulier du travailleur qui est jeté après emploi.

C’est aussi pour cela que le chômage n’est pas la simple absence de travail, mais bien la privation de l’emploi. Et dans un tissu social où la solidarité nationale repose sur le salariat, ne pas avoir d’emploi appelle une sanction immédiate : l’exclusion. Ne pas avoir d’emploi, c’est sortir du système social et atterrir directement dans la caste des intouchables. C’est échapper aux processus de solidarité pour se retrouver soumis à la charité. Là aussi, il y a une grosse différence sémantique entre solidarité et charité. Dans un cas, nous donnons tous en fonction de nos moyens pour garantir la satisfaction des besoins de tous. Dans l’autre, il est laissé à la discrétion des privilégiés de décider ce qu’ils donneront à leurs bons pauvres[4].

Finalement, rien de mieux qu’un bon dico pour se réapproprier des mots qui ont été vidés de sens à force d’être jetés en patûre à des cerveaux nettement trop disponibles.

Notes

[1] Là aussi, gare aux mots : préférer clochards ou mendiants à SDF, sigle visant à normaliser et atténuer la réalité de ceux qui sont contraints de vivre dans la rue!

[2] Comme on peut le vérifier dans les chiffres du chômage, en moyenne, chaque mois, un tiers des chômeurs travaille!

[3] À moins que l’on admette qu’un travail peut ne servir à rien, ne rien produire, auquel cas, certains contrats d’insertion payés peau de balle dans un pur objectif occupationnel pourraient être assimilés à du travail fictif!

[4] Pour apprécier la différence entre solidarité et charité, lire l’indispensable témoignage de Victorine!

46 réponses
  1. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Oui, ce qui dérange, c’est qu’ils puissent prendre un peu d’autonomie.
    Les outsiders sont bien pratiques tant qu’ils adhèrent aux valeurs de la société qui les a exclus et qu’ils désirent, à tout prix, revenir dedans. Mais s’ils décident qu’il peuvent finalement se passer du contrat social et qu’ils s’en sortiront mieux en se démerdant entre eux, c’est alors tout le système qui est en danger. D’où l’intérêt de les maintenir dans la dépendance, plutôt que de leur donner les moyens de leur affranchissement : ne me donne pas du poisson, mais apprend-moi à pêcher!

    Répondre
  2. Sy
    Sy dit :

    Je te cite Effectivement, une fois que l’on se penche sur la signification première du mot exclusion, laquelle révèle l’aspect volontaire de son existence et de son application à autrui, on comprend mieux les réactions des pouvoirs publics et des riverains des clochards1 à tentes MSF. En s’autonomisant, même si peu, les mendiants échappent en partie à leur condition : celle de ne rien avoir du tout et de dépendre totalement du bon vouloir, de la charité de ceux qui les ont plongé collectivement dans cet état.  J’ai écouté plusieurs de ces SDF interrogés par les journalistes et ce qui m’a marquée c’est qu’ils disaient préférer vivre dans ces tentes que d’aller dans des centres d’accueil aux conditions déplorables. Ainsi, ils préféraient ce petit chez eux où ils pouvaient vivre comme ils l’entendaient.

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  3. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Par rapport à notre tissu socio-économique propre, la situation des chômeurs est pourtant du même type que celle des intouchables. Il faut bien sûr l’expérimenter dans sa chair pour bien comprendre de quoi je parle. Devenir chômeur, à plus ou moins brève échéance, c’est voir se restreindre drastiquement le cercle de ses amis, la plupart d’entre eux te fuyant comme un pestiféré, comme si ton état était contagieux. C’est aussi perdre l’accès à beaucoup de choses considérées comme normales, banales, voire indispensables dans notre monde : essaie de louer ne serait-ce qu’un placard à balais avec ton statut de chômeur. Essaie aussi d’avoir une relation amoureuse si tu es chômeur (lire l’échange sur la misère sexuelle des chômeurs). Dans n’importe quelle situation sociale (dîner, rencontre, fête de famille, etc.), le simple fait de mentionner ton état de chômeur suffit à faire le vide.

    • Tu fais quoi dans la vie?
    • Je cherche un boulot.
    • Ha, ouais… excuse-moi, j’ai vu machin là-bas, je vais le saluer!

    Même le discours des politiques est sans ambiguïté quant à la place des chômeurs dans notre société : feignants, profiteurs, les chômeurs sont forcément coupables de cet état dans lequel ils se complaisent, au lieu de se déchirer la gueule comme des chiens pour décrocher un des faramineux emplois de service à la personne (boniches et autres torche-culs) ou un des ces mirifiques contrats aidés que leur sont exclusivement réservés et dont les salaires indigents les maintiendront pour longtemps dans la pauvreté!

    Répondre
  4. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Je connais par coeur la situation que tu décris et que j’ai expérimentée moi-même à de multiples reprises, dont récemment, avec de fraîches connaissances, etc, en situation sociale où ça commence toujours par parler boulot au bout de trois minutes, et où je me mets donc silencieusement en léger retrait, n’ayant pas d’histoire de machine à café ou de petit chef chiant et con à raconter.
    Puis vient toujours le nécessaire moment où…:
    – Et toi, tu fais quoi ?
    – Je suis chômeur.
    – Pardon ? (Le mot proféré est tellement énorme quand on attend "ingénieur" ou "contrôleur de gestion" en réponse, qu’on a nécessairement mal entendu, ou mal compris…)
    – Je suis chômeur. Je cherche du boulot.

    Blanc à l’antenne. La conversation a été tuée net.
    Il arrive que, sur sa lancée, l’interlocuteur te demande "dans quelle branche", mais c’est bien le bout du monde avant l’arrêt complet.

    Répondre
  5. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    …A la réflexion, c’est quand même vachement moins pire que le Vrai Connard de vague connaissance, qui, te sachant chômeur et se voulant cordial, à chaque fois que tu le rencontres, y va de son "Alors, t’as trouvé du boulot ?", ou, à peine plus léger "Alors ? T’as quelque chose en vue ?"

    Ben non Ducon, et je cherche même pas. Va chier.

    Répondre
  6. épi
    épi dit :

    Bonjour Agnès: tu écris "préférer clochards ou mendiants à SDF, sigle visant à normaliser et atténuer la réalité de ceux qui sont contraints de vivre dans la rue!".

    Dans le sigle SDF, je n’ai jamais accepté le "F", croyant intuitivement qu’un domicile ne pouvait être que fixe (même si on a le loisir d’en changer), car mon domicile, c’est d’abord l’endroit où je me retrouve moi-même, où je retrouve celle avec qui je le partage, et où je peux accueillir mes amis.

    A l’instant, comme je suis je suis moi-même un usager du Trésor de La LF (entre parenthèses: voilà de la vraie culture gratuite et de haute tenue), j’ai recherché le sens du mot domicile. Et qu’ai-je trouvé ?

    1) Un sens juridique: "Lieu dans lequel une personne est censée demeurer en permanence."

    2) Un sens usuel: "Lieu personnel d’habitation où l’on fixe sa demeure ou son principal établissement."

    Comment un lieu où l’on est censé fixer sa demeure est-il encore un domicile s’il n’est pas fixe. Donc, être "Sans Domicile Fixe", c’est bien ne pas avoir de domicile du tout, c’est-à-dire comme tu l’écris être "contraint de vivre dans la rue".

    Mais ne pas avoir de domicile, c’est aussi ne pas avoir de lieu pour se retrouver soi-même, de lieu où accueillir ses amis, c’est ne pas avoir d’endroit où l’on peut dire "je". Ne pas avoir de domicile, c’est plus qu’une exclusion, c’est une inexistence. On n’est pas exclu, on est rayé, gommé, effacé.

    Merci.

    Répondre
  7. Anièry
    Anièry dit :

    Je m’insurge contre l’utilisation de l’expression "la caste des intouchables" dans "Ne pas avoir d’emploi, c’est sortir du système social et atterrir directement dans la caste des intouchables." Je cite le Wikipédia: "Dans le système des castes de l’Inde, un intouchable, dalit, ou achuta ou encore harijan est une personne qui n’est classée dans aucune des quatre castes et considérée comme inférieure aux personnes de ces castes. Les intouchables pratiquent traditionnellement des métiers liés à la notion d’impureté, comme ceux qui touchent à la mort ou aux productions du corps – excréments, mais aussi cheveux coupés, larmes, sueur, etc – comme les balayeurs, les barbiers, les croque-morts, les cordonniers, les blanchisseurs, mais aussi les pêcheurs. On considère qu’ils forment les 25% de la population indienne, environ 160 millions de personnes. L’appartenance à cette caste est héréditaire."

      La situation des Intouchables en Inde est bien pire
    que celui des chômeurs en France! La discrimination
    sociale et héréditaire à peu d'équivalents dans le
    monde à l'exception des Burakumin au Japon. La ségrégation
    spatiale dans les villages (ghettos), l'impossibilité
    d'accéder au puits du village, le refus de location
    d'habitations, verres et assiettes distincts dans les
    restaurants pour les Intouchables, etc....
    sont inimaginables en France!!!
    Répondre
  8. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Personnellement, la souffrance d’autrui me fait rarement marrer. :-/
    Parce qu’il ne peut incarner la sécurité matérielle de l’homme viril, le chômeur a du mal à nouer des relations amoureuses. Il ne peut pas non plus satisfaire les rites des parades amoureuses standards : sorties, ciné, resto. La femme chômeuse, elle, risque d’attirer ce genre d’homme qui aime bien avoir l’ascendant sur quelqu’un de très dépendant.
    Evidemment que la misère sexuelle est un fait de société transversal et plutôt inquiétant. A Paris, le taux de célibataires est purement effarant et j’ai déjà rencontré un pauvre gars, chef de chantier dans le bâtiment, qui bossait comme un gros malade et qui n’avait plus de vie privée, qui était dans l’incapacité de rencontrer des femmes. Malgré son fric et son statut social.
    Ce que je dis, c’est que le chômage est un facteur agravant de la misère sexuelle et amoureuse et je développais ce point face à l’intervention d’Anièry qui s’indignait que l’on puisse comparer le statut des chômeurs en France avec celui des intouchables en Inde!

    Répondre
  9. Monsieur Prudhomme
    Monsieur Prudhomme dit :

    Si le dictionnaire explique que l’exclusion est "une condition imposée par le haut", est-ce qu’il explique également qui est ce "haut" qui décide qui est exclu ou inclus et quand ?

    Répondre
  10. François
    François dit :

    Agnes, le coup de la misere sexuelle des chomeurs m’a bien fait marrer ! Donc tu proposes de creer une CSU (Couverture Sexuelle Universelle) ? L’etat recrutera des prostituées (qui deviendront fonctionnaires, ca va faire plaisir aux gauchos !), et les RMIstes auront des tickets de rationnement sexuels 🙂 Ou alors, on propose aux femmes RMIstes de soulager les hommes RMIstes, contre une Prime de Solidarité Sexuelle (cumulable avec le RMI, evidement). Bref, finalement, y’a plein de pistes dans ce domaine ! 🙂

    Ceci dit, pour etre un peu plus serieux, je te rappelle aussi qu’il existe des celibataires hommes et femme, non RMIste, et qui sont aussi "miserables sexuellement". Faut arreter de tout mettre sur le dos de la precarité, et patati et patata… Si ton voisin RMIste est chauve, t’en deduis qu’etre chomeur favorise la calvitie ? 🙂

    Répondre
  11. Julien
    Julien dit :

    Ceci dit, pour etre un peu plus serieux, je te rappelle aussi qu’il existe des celibataires hommes et femme, non RMIste, et qui sont aussi "miserables sexuellement". Faut arreter de tout mettre sur le dos de la precarité, et patati et patata… Si ton voisin RMIste est chauve,

    > C’est pas ce que Madame Agnes a dit ……… elle a dit, si mon interprétation est bonne, que : la misère, la précarité et le chomage (par voix de conséquance) est un facteur agravant dans la quète de l’autre, la quète amoureuse, la quète de l’Amour, la quète d’une âme soeur (pardont aux esprits chagrins qui trouverons dans cette dernière remarque un élan de conformisme Affecto-socialo romantique 😉 )

    Voili Voilou ….

    Bien a vous toutes et tous

    Julien

    ps: il s’agit de mon premier post sur le Blog de Madame Agnes (N’y voyez pas, très chère Agnes, la moindre relation ni amalgame avec d’autres Dames que l’on qualifie volontié de petite vertue mais qui en ont ((de la vertu!!!) beaucoup plus qu’un certain nombre de nos congènéres dont les jugements attifs n’ont d’égals que l’étroitesse d’esprit …) … pardonnez encore une fois ce dernier propos à caractère "polémiquant" ….

    Répondre
  12. Anièry
    Anièry dit :

    Evitons les malentendus; je ne nie point la souffrance, la discrimination ou le "boycott" des chômeurs en France ou ailleurs!

    Mon commentaire faisait allusion au titre et à l’argumentation développés avec beaucoup de pertinence par notre charmante hôtesse!

    Mais en utilisant le terme connoté d’ Intouchables, qui trompe qui?

    Si on doit comparer les Intouchables en Inde ou les Burakumin au Japon, à une population équivalente en France, seuls les immigrés sans-papiers des pays du Sud, effectuant les travaux les plus pénibles à des salaires de misère, sans aucune protection sociale, vivant dans des taudis insalubres, invisibles aux yeux des autres, toujours sur le qui-vive face aux forces de répression de la République …. conviennent !

    Répondre
  13. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Bonjour Paul.

    1/ Vous analysez la différence entre travail et emploi, OK. La différence entre travail et emploi, c’est la brêche par laquelle s’est engoufrée la précarité, cet état particulier du travailleur qui est jeté après emploi. Mais vous n’explicitez pas comment cette différence crée l’exclusion. En tant que sociologue, pouvez vous en détailler le mécanisme ?

    Je ne vais pas détailler (ou alors il faut que je trouve un éditeur 😉 ) et je ne suis pas sociologue. J’en ai vaguement les compétences. Il m’arrive de faire un travail de sociologue, mais je n’en ai jamais eu l’emploi. L’emploi, comme usage du travail par autrui, est aussi, via le salariat, l’accès à un statut social : je suis ce que je fais et cela est validé par mon appartenance à une entreprise. Pas d’emploi (c’est à dire cette relation récurrente et stable d’usage du travail), pas de statut. Donc exclusion. Autrement dit, comment accéder à un logement sans fiches de paie? Entre autres petites choses.

    2/ Avez-vous fait de l’économie ? (science humaine adjointe à la socio, après-tout)

    Oui, un peu en fac, mais sinon, le sujet m’a toujours intéressé. Je suis abonnée à Alternatives Économiques, y compris les suppléments de l’Économie Politique et les hors série. Et j’ai lu pas mal autour. Mais on ne peut pas dire que j’ai fait de l’économie…

    3/ Merci de détailler votre conception de l’emploi hors l’entreprise, puisque manifestement celle-ci n’est pour vous que l’exploitation du salarié ?

    En fait, hors de l’entreprise, il y a le fonctionnariat. Dans ma conception, l’emploi exige finalement ce fameux rapport de subordination qui caractérise la relation entre… l’employeur et l’employé. Et de fait, l’appartenance au corps qui fournit le travail (entreprise ou État). Le fait que l’employeur fournisse le travail à son employé, ne signifie pas forcément qu’il y ait exploitation. Mais le rapport de subordination aidant, un contexte de chômage de masse et une culture axée sur la maximisation du profit, induisent une forte tendance à l’exploitation d travail de celui que l’on emploie. Mais je ne pense pas que l’on doit considérer que l’emploi est forcément une forme d’exploitation.

    En travaillant pour moi-même, je n’ai pas d’emploi. D’ailleurs le statut des professions indépendantes est assez explicite sur ce point.

    Il faudrait creuser encore plus tout cela, mais présentement, je vais me jeter au lit 😀

    Répondre
  14. Paul
    Paul dit :

    @ Agnes : J’ai quelques questions :

    1/ Vous analysez la différence entre travail et emploi, OK. La différence entre travail et emploi, c’est la brêche par laquelle s’est engoufrée la précarité, cet état particulier du travailleur qui est jeté après emploi. Mais vous n’explicitez pas comment cette différence crée l’exclusion. En tant que sociologue, pouvez vous en détailler le mécanisme ?

    2/ Avez-vous fait de l’économie ? (science humaine adjointe à la socio, après-tout)

    3/ Merci de détailler votre conception de l’emploi hors l’entreprise, puisque manifestement celle-ci n’est pour vous que l’exploitation du salarié ?

    Répondre
  15. Fred
    Fred dit :

    Agnès > Les outsiders sont bien pratiques tant qu’ils adhèrent aux valeurs de la société qui les a exclus et qu’ils désirent, à tout prix, revenir dedans. Mais s’ils décident qu’il peuvent finalement se passer du contrat social et qu’ils s’en sortiront mieux en se démerdant entre eux, c’est alors tout le système qui est en danger.

    Pire que ça : on ne supporte pas qu’ils puissent trouver le moyen de subsister sans subir le travail, surtout si c’est le travail que doivent subir la majorité des gens, à savoir un truc débile, mal payé et qui explique pourquuoi la majorité des gens veulent se casser en retraite à 60 ans.

    Si ça vous intéresse, regardez le premier volet du docu de Pierre Carles sur le travail "Attention danger travail". Le second volet doit sortir d’ici la fin de l’année.

    http://www.homme-moderne.org/images

    Répondre
  16. les marques du plaisir
    les marques du plaisir dit :

    ton post me rapelle un mien autour de"réformer"…. et j’y avais trouvé cette note d’espoir :

     "Le raïa turc n'en veut à personne des exactions 

    qu’il souffre: c’est la fatalité. L’Anglais pauvre n’en veut à personne, s’il meurt de faim; c’est la fatalité. Le Français se révolte s’il peut soupçonner que sa misère est la conséquence d’une organisation sociale réformable " (RENAN, Avenir sc., 1890, p. 495).

    Répondre
  17. Natacha
    Natacha dit :

    Excellent article, j’y pensais depuis un moment faire le point sur cette force/outils que représente le language et comment en jouant sur les mots, les concepts ont peu manipuler les masses voir même rendre bête… prendre un mot pour un autre et finir par ne plus se comprendre ou dire l’inverse de ce qu’il signifie.

    Répondre
  18. Kuri
    Kuri dit :

    >Par rapport à notre tissu socio-économique propre, la >situation des chômeurs est pourtant du même type que >celle des intouchables.

    C’est plus que leger pour une sociologue. Vous devriez vraiment vous renseigner sur ce que sont, ce qu’etaient les castes. Vous avez surement confondu avec autre chose. Peut-etre avec les lepreux ?

    Les Intouchables actuellement, tout comme les Burakumin au Japon autrefois, ou les Juifs en France autrefois (je sais, c’est un autre cas, mais le mode de vie etait tres ressemblant, et c’est probablement plus connu en France) ne sont pas plus chomeurs, ni particulierement plus pauvres que les autres (certains sont mendiants, d’autres sont milliardaires, la plupart ni l’un ni l’autre), leur "inferiorite" est de l’ordre du religieux et/ou du politique. Et c’est deja pas mal problematique ainsi. Leurs amis ne leur tournent pas le dos et ne les meprisent pas, ils trouvent quelqu’un avec qui sortir sans probleme : il y a des millions de gens comme eux.

    Je ne vois pas le rapport avec votre description du chomage.

    Répondre
  19. Anièry
    Anièry dit :

    PERDRE SA VIE A LA GAGNER

    Dans son numéro 3, "l’âge de faire" (Un nouveau journal, sans publicité, axé sur l’écologie, la citoyenneté et la solidarité) consacre son dossier à "Travailler moins, travailler mieux". Voici un court article reprit par le journal (Source Alain Caillé, Revue du MAUSS):

    "Dans son livre "The Future of Success", Robert Reich, ancien ministre du Travail de Clinton, raconte qu’un jour, il fut frappé de stupeur en entendant son très jeune fils lui demander quand il le reverrait. Il s’aperçoit qu’il n’est, en effet, plus jamais chez lui et que toute sa vie est happée par des obligations professionnelles, passionnantes dans son cas, mais qui ne l’en privent pas moins d’une dimension de la vie encore plus essentielle que le travail. Aussitôt il démissionne et se lance dans une enquête où il mesure le degré de surimplication au travail dont il vient courageusement de s’extraire. Il évalue aussi les moyens qu’ont ceux qui, comme lui tenteraient de rééquilibrer vie professionnelle et vie personnelle. Les résultats de son enquête sont édifiants : si au coup par coup certains Américains parviennent à découvrir des solutions plus ou moins viables, il n’y a à peu près aucun moyen généralisable de se dégager de la surimplication laborieuse.

    "Les Etats-Unis, explique R.Reich, ont développé des normes de durée et d’intensité de travail très supérieures à ce qui a jamais existé, et ces nouvelles normes sont en train de s’imposer à l’échelle mondiale. Sauf à basculer dans la marginalité et l’exclusion, personne, sauf cas exceptionnel, ne peut plus s’y soustraire"

     Le seul espoir que semble conserver R.Reich est que la vieille Europe parvienne à résister à cette hystérie. 

    Source: http://www.lagedefaire.org/

    Serons-nous à la hauteur pour organiser la Résistance ?

    Répondre
  20. pingouin
    pingouin dit :

    Jouer sur les mots peut juste s’apparenter à de la masturbation intellectuelle.

    Certes, je compatis aux malheurs des chomeurs, et je ne peux guère faire plus (simple citoyen de base), mais on aura beau retourner et disséquer les termes dans tout les sens, le problème du chomage ainsi que son traitement reste entier.

    Il y a de moins en moins de boulot et le travail existant est juste en équilibre instable dans nos sociétés occidentales où la consommation est entretenue artificiellement et la production pourrait être stoppée net par une horde de "petites mains" asiatiques prêtes à faire la même chose pour 20 fois moins cher.

    En gros, nous vivons en ce moment sur nos acquis et la fin du système se rapproche de plus en plus.

    Ces propos peuvent sembler anarchiques (même pour moi) mais j’ai le sentiment qu’ils ne sont pas loin de la réalité. Sans à rebattre les cartes (redistribuer et partager les moyens et les ressources), il n’y a pas d’issue viable à notre système actuel.

    Répondre
  21. Natacha
    Natacha dit :

    Citation de Pingouin : "Ces propos peuvent sembler anarchiques (même pour moi) mais j’ai le sentiment qu’ils ne sont pas loin de la réalité. Sans à rebattre les cartes (redistribuer et partager les moyens et les ressources), il n’y a pas d’issue viable à notre système actuel." Parlerais-tu de décroissance ? Du travailler locale, reditribution des richesses et l’importances des rochesses sociales (plus que matériels).

    « Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un économiste. » (Kenneth Boulding)

    Répondre
  22. pingouin
    pingouin dit :

    > Natacha Oui, la décroissance est inévitable du fait de la raréfaction et donc du prix croissant des ressources naturelles. Pour nous, les occidentaux, c’est encore pire, du fait de la concurrence des pays plus compétitifs que nous. (couts salariaux, population avide de tout (richesse, confort, loisirs) et prêts à beaucoup de sacrifices pour y arriver)

    Mais tout n’est pas perdu pour autant, il suffit de ré-organiser le développement. Par exemple, la production d’électricté d’origine éolienne à un potentiel de 5 fois le besoin mondial d’energie, ou 40 fois la consommation actuelle d’électricité .

    S’affranchir de la pression des lobbying des grands groupes et des gouvernements qui empêchent ce développement pour préserver leurs revenus. Préssuriser et affamer les populations ne gênent nullement ces gens là.

    NB : je continue avec mes pensées "subversives", mais c’est plus fort que moi !!!

    Répondre
  23. Henry Kanaan
    Henry Kanaan dit :

    <<…A la réflexion, c’est quand même vachement moins pire que le Vrai Connard de vague connaissance, qui, te sachant chômeur et se voulant cordial, à chaque fois que tu le rencontres, y va de son "Alors, t’as trouvé du boulot ?", ou, à peine plus léger "Alors ? T’as quelque chose en vue ?">>

    Tu peux aussi avoir un "conseil" du style ca recrute à tel endroit ou dans tel secteur, un truc vague sans aucun intérêt pratique, (histoire que ton interlocuteur se rassure que si tu ne trouves pas de boulot c’est que c’est bien de ta faute) auquel j ai envie de répondre: Tu connais le drh de cette boite, d ‘une boite dans ce secteur, tu peux lui parler de moi et me pistonner? 8)

    Répondre
  24. Eric Mainville
    Eric Mainville dit :

    "Les médias sont les rois du glissement sémantique."

    Essayons d’appliquer votre "méfions-nous des évidences".

    Et si cette phrase ("Les médias sont les rois du glissement sémantique.") était une évidence?

    Et si les communiquants (en particulier dans la politique) étaient les premiers à user de ces glissements sémantiques (si langoureux) pour camouffler une "pilule amère" en "réforme"?

    Répondre
  25. Fred
    Fred dit :

    Eric Mainville > Et si les communiquants (en particulier dans la politique) étaient les premiers à user de ces glissements sémantiques (si langoureux) pour camouffler une "pilule amère" en "réforme"?

    A ce sujet, je rêve qu’un ex-responsable de communication nous bonde un bouquin avec des exemples des "ne dites pas/dites" en complément du "LQR, La propagande du quotidien" de Eric Hazan.

    Répondre
  26. herve
    herve dit :

    Quand j’entends « il faut toujours se méfier des évidences », ça me semble si évident qu’instinctivement je me méfie…

    C’était la minute récréative du matin, allez au taff.

    Répondre
  27. Natacha
    Natacha dit :

    Bonjour,

    Pingouin a dit : "NB : je continue avec mes pensées "subversives", mais c’est plus fort que moi !!!"

    Et bien nous sommes au moins deux subversifs.. 😉 J’ai lu avec intention la théorie de Nicholas Georgescu-Roegen et la décroissance me parait aussi une "voie d’avenir" (pour peu qu’on y ailles volontairement et en connaissance de cause)…. ainsi que les divers mouvements de simplicité volontaire qui sont une mise en application quotidienne à l’échelle de ses moyens de cette façon d’envisager le monde différement.

    Evidément de tels choix et idées subversives peuvent choquer… 😉 Mais nous ne sommes plus à un choc (pétrolier, de civilisation, de cutures, de classes) près…

    Répondre
  28. Thierry
    Thierry dit :

    Bonjour,

    Et tout d’abord bravo pour ce blog, que je viens de découvrir et dont je savoure la qualité d’écriture comme la pertinanece de la réflexion. Bien que je n’adhère pas complètement 😉 !

    Dans le dictionnaire, emploi signifie également : "Charge, fonction rémunérée, dans une entreprise, une administration." Et ce, depuis le XVIIème siècle.

    Le travail sur les mots est passionnant, pour autant qu’il comprenne toutes les acceptions d’un mot.

    Sur l’exclusion : tu (dans les blogs, on se tutoie 😉 )expliques que l’exclusion est le fait d’un système. Certes, il faut bien être exclus de quelque chose. En revanche, sous-entendre qu’il y a une volonté d’exclure est, à mon sens, aller un peu trop loin. Surtout en France, où, quoi qu’on en dise, la société est bien moins individualiste que dans bien des pays.

    Bon blog !

    Répondre
  29. Fred
    Fred dit :

    Thierry > En revanche, sous-entendre qu’il y a une volonté d’exclure est, à mon sens, aller un peu trop loin.

    Pas tant que ça : les visiteurs du soir à l’Elysée circa 1982 ont poussé à une politique qui consistait à faire exploser le chômage pour faire pression sur les salaires et donc l’inflation, peu importe les conséquences sociales. Vingt ans après, on y est toujours. Et comme le chômage laisse des traces, il n’est pas certain qu’on puisse effacer les conséquences humaines de cette politique avant longtemps.

    Agnès > A quoi servent les tags alignés en début d’un post?

    Répondre
  30. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    @Fred : les tags sont une nouvelle fonctionnalité intégrée dans Dotclear2. Cela permet de marquer les thèmes principaux abordés par chaque billet de manière plus large et plus souple que via les seules catégories. Ensuite, il te suffit de cliquer sur un tag pour avoir tous les billets connexes.
    Moi qui n’en avais jamais utilisé, j’ai dû tagguer à la main les 200 premiers billets du blog et ça ma pris un temps fou (voilà du travail qui n’est pas un emploi 😉 ). Maintenant que c’est fait, je trouve ça plutôt bien : en visualisant la liste des tags du site, qui sont mis en évidence selon leur nombre d’occurence, on voit meiux de quoi ce blog parle essentiellement depuis bientôt 2 ans qu’il existe.

    Répondre
  31. fabian
    fabian dit :

    "Sémantique du trompeur", on dirait vachement un titre d’Amélie Nothomb. C’est peut-être fait exprès, remarque. Oui je sais, trés intéressant comme commentaire…

    Répondre
  32. Leon
    Leon dit :

    Rien a voir avec le sujet mais j’avais oublie de te fournir l’adresse des lettres exotiques. Pitetre que tu connaissais deja. http://www.bravissimo.com/

    Pour le post, je viens de finir un article radicalement lumineux de Ruskin, (je sais, j’ai sans doute l’air d’un idiot car toulemonde connait sans doute cet auteur dont Gandhi a dit qu’il "avait resolu de changer de vie en "conformant ma nouvelle existence aux idees exprimees dans cet ouvrage" – Unto this last)…

    La difference fondamentale est etablie entre

    – l’economie politique dans laquelle le marchand, l’industrieux et le patron ont leur place, leur remuneration ET leur devoir : pourvoir la societe – comme le medecin a pour devoir de la soigner ou le prof de l’instruire, au-dela et avant le principe meme de remuneration.

    – l’economie mercantile qui ne se donne pour but que l’enrichissement personnel en arguant que la somme des egoismes individuels cree le bonheur global (foutaise evidemment, on a la preuve sous les yeux chaque jour).

    La premiere dit et a mes yeux prouve que le salarie doit recevoir de quoi BIEN vivre car des lors il n’en sera que plus enclin a bien bosser. A long terme tout le monde est gagant, patron comme employe, individu et societe.

    L’autre dit que ca n’a aucune importance puisque de toute facon il se trouvera toujours quelqu’un pour bosser a moindre cout.

    La deuxieme position est eronee et l’experience le prouve: la boite de ma femme est leader en Uk sur son marche et traite ses employes de facon tres genereuse et tres juste. Total: en 10 ans seulement quatre personnes sont parties et la boite est number one sans photo finish.

    L’organisation de la rarete du travail et du chomage de masse appartient a cette logique mercantile du monde dont le bien etre a long terme des gens, de la nature et de la societe lui est indifferent.

    La seule solution: creer notre outil de production et le faire fonctionner selon le premier principe et boycotter le deuxieme.

    Pour ceux qui croient qe j’idealise ou delire: la philosophie de Gandhi est fondee sur cette analyse puis cette volonte… au travail.

    Répondre
  33. fabian
    fabian dit :

    Pour être A. Nothomb, faut être belge, aussi… Bien que pour être éditée ce ne soit pas nécessaire. Au passage, j’ai toujours trouvée bizarre notre attitude avec les belges: Alors que en tant que Français on s’approprierais facilement Brel ou Devos, on leur laisse volontiers Annie Cordy ou Jean Claude Vandamme. Mystère… Et rien à voir avec la novlangue, l’exclusion, la sémantique ou la choucroute…

    Répondre
  34. Aurélien
    Aurélien dit :

    Juste une petite rectification : les tentes des clochards ont été distribuées par Médecins du Monde, pas MSF qui agit exclusivement à l’étranger.

    Répondre
  35. Alexandre
    Alexandre dit :

    J’apprécie la distinction que vous faites entre l’emploi et le travail. Dans une situation de chômage, le rapport employé/employeur crée effectivement une relation avalisante et dévalorisante à l’origine peut-être de cette perception subordonnante du travail telle qu’exprimée dans le droit francais. Dans une situation de plein emploi, ce rapport change radicalement au profit de la notion de contrat. L’employé devient un prestataire en mesure de négocier les termes qui l’associent à l’entreprise. Libéré des pressions sociales qu’exerce le chômage, tant sur le chômeur que sur le salarié, un rapport libre, équitable, s’installe entre l’individu et l’entreprise.

    Par contre, si l’on s’en tient au sens strict du terme, la solidarité concerne l’entraide entre personnes ayant des intérêts communs. Cette notion s’applique donc à des groupes sociaux, chômeurs, travailleurs, etc… Une société n’étant pas un groupe social mais un ensemble plus large dont l’intérêt des uns n’est pas nécessairement celui des autres, la solidarité d’Etat s’apparente donc davantage à une forme de charité qui viserait à compenser ces différences d’intérêts. L’idéal serait effectivement que chacun ait les moyens de son autonomie par le plein emploi. A défaut, l’insertion dans le groupe social imaginaire de la nation par la voie de la charité d’Etat est le seul moyen d’aider les plus démunis.

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  36. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je persévère dans mes distinctions : la solidarité ne trie pas ceux qui en bénéficient, c’est un principe large, alors que la charité s’exerce le plus souvvent à la tête du client, les dames patronnesses ayant leurs bons pauvres. Maintenant, il est vrai que l’État dirigé par une pensée libérale a plus tendance à pratiquer la charité que la solidarité!

    Répondre
  37. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je persévère dans mes distinctions : la solidarité ne trie pas ceux qui en bénéficient, c’est un principe large, alors que la charité s’exerce le plus souvvent à la tête du client, les dames patronnesses ayant leurs bons pauvres. Maintenant, il est vrai que l’État dirigé par une pensée libérale a plus tendance à pratiquer la charité que la solidarité!

    Répondre
  38. Jay
    Jay dit :

    Parmi les glissements de sens que l’on peut noter et qui font parti de la novlangue il y a également le remplacement du mot chômeur ou pauvre par celui d’assisté.

    Répondre

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