Prime de notoriété

C’est l’histoire d’un mec qui doit se faire retirer la prostate.

Je ne sais pas grand chose de la prostate, si ce n’est que je n’en ai pas et que quand un homme doit se faire enlever la sienne, ça déclenche très rarement chez lui une euphorie sauvage. Autrement dit, je ne pense pas que l’ablation de la prostate soit du fait du patient, d’autant que cela touche à la virilité (ou tout au moins à l’idée qu’on s’en fait) et à l’incidence du temps qui passe sur celle-ci.

L’autre jour, nous levions donc le coude à la santé de celui-qui-partait-se-faire-opérer et serait donc absent une petite quinzaine de jours. C’est ainsi que j’apprenais qu’il s’agissait d’une prostatectomie fort laborieuse à obtenir. Effectivement, celui-qui-devait-se faire-opérer nous avait déjà fait le coup du testament de dernière minute 15 jours auparavant, puis était resté parmi nous sans autre forme de procès. Je lui demandais donc les raisons de cet étrange ajournement.

Rabattage sauvage

Suite à une prescription du généraliste, parcours coordonné de soin oblige, celui-qui-avait-un-problème-de-prostate prit tout naturellement rendez-vous avec le service urologie le plus proche, c’est à dire celui de Mont-de-Marsan, à 45 minutes de chez lui, car rationalité des soins oblige, tout ce qui n’est pas ambulatoire a été concentré dans les hôpitaux départementaux. Bref, il fait le trajet, rencontre le chirurgien et l’anesthésiste sur place, subit les examens pré-op, se fait notifier son entrée en soin et la date d’intervention et revient au bled pour régler les derniers détails de sa succession autour d’un bon verre de cidre.

Sauf que trois jours avant l’intervention, le secrétariat l’informe de l’annulation de l’intervention, car le chirurgien ne peut faire le déplacement depuis Bordeaux.

Je ne pensais pas que l’ablation d’une prostate fusse une si grande affaire qu’il faille faire venir un chirurgien de la métropole régionale pour cela. Quand on nous avait vendu les regroupements médicaux départementaux, c’était en prêchant pour une montée en compétence des praticiens concentrés. Je m’étonne donc du fait qu’il n’y ait pas sur Mont de Marsan un seul chirurgien capable de retirer un vulgaire bout de viande, même si on admet que la prostate est un noble morceau. Mais notre ami ne s’est pas plus étonné que cela. La secrétaire lui a donc proposé non pas un report de l’intervention, mais tout simplement de reprendre rendez-vous avec le fameux médecin et être soigné directement dans la clinique bordelaise où il exerce.

Voilà donc celui-qui-devait-lourder-sa-prostate parti pour 2h30 de route pour… un nouvel examen pré-op. Le fait qu’il en ait déjà passé un 15 jours auparavant ne semble pas être entré en ligne de compte et voilà pour le trou de la Sécu dont on nous rabâche les oreilles et dont nous portons honteusement la responsabilité, nous, sales patients arrogants!
Il revoit l’anesthésiste qui n’a pas du apprendre grand chose de plus que lors de la précédente visite.
On peut admettre qu’il ne s’agissait pas du même. Je pensais naïvement qu’un anesthésiste avait suffisamment usé ses guêtres à l’école pour parvenir à déchiffrer le dossier pré-op rempli par un collègue. Par exemple, lors de la visite qui précéda mon accouchement, j’avais rencontré l’anesthésiste présent, lequel avait transmis mon dossier à celui de garde le Grand Jour… Mais une fichue prostate a l’air bien plus alambiquée à sortir qu’un bébé.

La visite se passe bien. Hop, hop, hop, feuille de soin et petits papiers avant d’enchaîner avec la visite pré-op du chirurgien. Et là, au milieu de la paperasse… LE CHOC!
Un petit papier de rien.
Une feuille toute simple ainsi intitulée : Prime de notoriété.
Montant : 300€.
Rapide coup de fil à la mutuelle qui ne prend pas en charge, manquerait plus que ça!

Il se serait s’agit de moi, déjà, je n’aurais pas été à Bordeaux pour une opération de base. J’aurais demandé des explications dès l’annulation de rendez-vous. J’aurais gueulé comme un putois et refusé de partir dans un autre établissement, éloigné, sans un surcroît d’explications sensées et rationnelles. Admettons le stress et cette forme de légitimité supérieure que le titre de docteur peut conférer aux choses les plus absurdes aient convaincu celui-qui-ne-savait-plus-que-faire-de-sa-prostate, de se plier à ce genre de caprice. Mais pour ce qui est de cette prime à la noix, sortie du fond du slip sans aucun accord préalable, même oral, au terme d’un périple complètement injustifié, si quelqu’un m’avait tendu ce genre de papelard, je pense que j’aurais vu rouge, que je lui aurait fait plier en 4 sa demande de racket et que je lui aurais assuré que pour ce qui est de sa notoriété, je pouvais m’en occuper moi-même, et gratos avec ça!
Mais voilà, celui-qui-en-a-gros-sur-la-prostate a déjà fait un long chemin, a peut-être envie d’en finir rapidement, a assurément plus de moyens que moi et probablement plus de respect aussi pour un certain sens de la hiérarchie sociale protocolaire. Il ne s’imagine pas un seul instant refuser ou décommander le gredin suivant. Parce que je ne surprendrai personne en annonçant que le chirurgien, qui doit être fort connu dans son pâté de maison, a aussi exigé sa prime de notoriété et qu’elle était de plus de 600€.

Et voilà comment celui-qui-aurait-mieux-fait-de-s’arracher-la-prostate-avec-les-dents s’est fait soulager de près de 1000€, comme ça, en à peine plus que le temps de l’écrire ici.

Au moment d’être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.
Mon premier soucis sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.
Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leur convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.
J’informerai les patients des décisions envisagées, de leur raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.
Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.
Admis dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs.
Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.
Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission. Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.
J’apporterai mon aide à mes confrêres ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité.
Que les hommes et mes confrêres m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes prommesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j’y manque.

Serment de l’Ordre des médecins, version avril 1996.

(…) Je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité dans l’exercice de la Médecine. Je donnerai mes soins gratuits à l’indigent et n’exigerai jamais un honoraire au-dessus de mon travail. (…) Serment de l’Ordre des médecins, extrait, version juin 1976.

L’insécurité sociale

Au-delà de la question de l’éthique médicale ou de la valeur réelle de l’acte d’un médecin, même de renom, cette histoire pose toujours la même question que pratiquement toutes les autres histoires de ce blog : celle du modèle de société que l’on nous impose, que l’on nous amène à trouver naturel.
Celui-qui-ne-doit-plus-avoir-de-prostate-à-l’heure-qu’il-est, en acceptant de payer cette sorte de dessous-de-table officiel, accepte implicitement la mise en place d’une médecine à plusieurs vitesse, où on en a pour son argent. Il y a ceux qui peuvent sortir 1000 € euros au débotté en une seule journée et les autres.

"Il m’a bien expliqué, je vais avoir le droit à une opération soignée, en coelioscopie, en faisant bien attention aux nerfs et aux autres organes qui entoure la prostate, un truc vraiment bien".

Pourquoi, le mec qui ne peut pas payer, c’est un étudiant qui se le fait à hache?

Jusqu’à présent, qu’un chirurgien, par défaut, fasse bien son travail, me semblait être la moindre des choses.
On peut se dire que les choses changent, qu’il est normal que pour avoir mieux, on paie plus… Et s’il s’agit de la vie de ton môme, tu vas trouver ça normal aussi? Comment se fait-il que jusqu’à présent, chacun avait en fonction de ses besoins et payait en fonction de ses moyens? Les médecins vivaient-ils moins bien? Nos parents valaient-ils mieux que nous pour avoir le droit à une médecine universelle de qualité? Devrons-nous vraiment accepter que tout, absolument tout soit rabotté vers le bas?
Les 1000 € de celui qui s’est fait escroqué sa prostate vont-ils servir à rendre le praticien meilleur? Ou contribuer à payer le 4×4 de madame pour son shopping? Ou ce vison qui va faire pleurer de rage madame Cardio? Ou l’abonnement permanent au Rotary Club?
Surtout que le gars est déjà passé à la caisse. Via la Sécu. 2 fois d’affilée. Plus la mutuelle. Plus les petits frais annexes que la clinique ne manquera pas de facturer.

Et si demain, on trouve un œuf de pigeon dans le crâne de ma gosse? Et si c’est une question de vie ou de mort? Et si on me demande 20 000€ de prime de "c’est-le-tarif-si-tu-veux-sauver-ta-morveuse"?
Qui restera tranquillement assis sur son cul en couinant : putain de système qui fait que mon gosse va mourir parce que je ne suis pas pourri de thunes alors que nous disposons des moyens et de la technologie nécessaires pour le sauver!? Qui va accepter de laisser de dégrader ou souffrir ou mourir un être cher pour une question de pognon?
Nous savons tous que nous ferons n’importe quoi pour aider ceux que l’on aime face à la maladie. Et c’est ainsi que l’on découvre qu’il existe une étrange corrélation entre l’insécurité, la délinquance, la criminalité qui règnent dans un pays et le niveau de sa couverture sociale. Plus on abandonne une majorité de gens à la misère, à la précarité, à l’insécurité sanitaire, et plus la violence explose. Ce n’est pas moi qui l’invente. Je crois même qu’il existe une étude très sérieuse qui a précisément fait ce parallèle : plus d’inégalités, moins de soins engendrent plus de violence.[1]

Maintenant, le jour où vous vous retrouverez devant un médecin qui veut vous taxer d’une surfacturation quelconque de son travail, pensez au type de société dans lequel vous souhaitez voir grandir vos gosses et envoyez-le chier!

Notes

[1] Je n’arrive plus à mettre un clic de souris sur ce rapport : si quelqu’un peut me passer les références…

107 réponses
  1. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Agnès : C’est l’histoire d’un mec qui doit se faire retirer la prostate.

    …Le seul que j’ai connu de près est sorti de la clinique les pieds devant. Il aurait peut-être préféré payer une prime de notoriété, finalement…

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  2. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    N.B. : Ames sensibles, je vous déconseille très vivement de cliquer sur le lien que vous trouverez ci-dessous. Vous avez été prévenus.

    @Agnès : Non, je ne trouve absolument pas ça normal, c’était juste une réflexion à deux balles. Je trouve cela révoltant.

    Le jour où Swâmi Petaramesh s’est lui-même retrouvé avec sur le bout du nez un minuscule petit machin de rien du tout qu’il a quand même eu la bonne idée de montrer au dermato en s’incrustant dans un Rendez-vous de Mâ Anandaramesh, et que le dermato lui a dit : Ah, c’est un joli mignon carcinome baso-cellulaire, autrement dit un cancer, et il faudrait rapidement fissa l’enlever de là si vous n’avez pas envie de finir par ressembler à ça.

    Maintenant, vous avez le choix entre aller n’importe où et vous faire raboter un centimètre de tarin comme ils feront, ou si vous voulez garder votre jolie petite gueule de playboy, vous allez voir Machin, qui est une vraie pointure en chirurgie reconstructrice et esthétique, et il vous fera un tour de magie.
    Vous avez une bonne mutuelle ?

    Autant dire que Swâmi Petaramesh a filé ventre à terre chez Machin pour se faire faire un tour de magie, d’autant que Swâmi Petaramesh avait une bonne mutuelle…

    Maintenant, sur le principe, je te suis plus qu’entièrement, la médecine à deux vitesses est une totale aberration. Et le cas que tu rapportes dans ton billet ressemble diantrement à des pratiques de certains médecins peu scrupuleux qui détournent une clientèle venue les voir dans le cadre hospitalier vers leur « pratique privée », où les tarifs ne sont franchement pas les mêmes…
    Je ne connais pas tous les détails de l’histoire, mais le patient aurait été fort inspiré de refuser et d’aller consulter ailleurs.

    Hélas, c’est toujours pareil, quand on est en position de faiblesse et d’inquiétude, pour ne pas dire d’angoisse (et quand on a une prostate à se faire enlever, on l’est indubitablement), on est une proie facilement exploitable….

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  3. ko
    ko dit :

    ça me rappelle le jour où j’ai piqué un fard avant de rester rouge, mais de colère, chez le premier dentiste que j’ai dû visiter à Paris. Un jeune gars, frais émoulu de l’école, charmant, reprenant la clientèle d’une vieille barbe dans le 18è – bon, ok, le « bon » 18è, celui des alentours de la mairie. J’y étais allée innocemment, du fait d’une molaire subitement cassée, et sur la recommandation d’une amie qui y traînait sa gamine.

    Le gars me prend en urgence, bon contact, il est délicat, et me fixe rv pour poser une couronne. Au moment de passer à la caisse, je dégaine ma Vitale et mon attestation CMU Complémentaire -> sa tronche de premier de la classe / gendre idéal s’est allongé de 6 pieds d’un coup. L’air pincé, il me rétorque que « normalement, je ne prends pas les CMU ».

    Je suis restée c… deux secondes, avant de bafouiller un « pourquoi » très surpris. En effet, il vaut peut-être mieux prendre des patiens en CMU, car l’on est alors assuré qu’ils paieront, plutôt que des patiens pauvres ne bénéficiant pas de la CMU et devant faire l’avance, qu’ils ne font pas forcément, et risquer alors des impayés. Le bô gosse, ennuyé, m’a fait comprendre qu’il n’avait pas besoin de « cette clientèle-là » (peut-être qu’on pue ?).

    Inutile de dire que je suis allée me faire poser ma couronne ailleurs (il reste quelques centres sociaux à Paris, bien heureusement, mais ils sont bien évidemment ras-la-gueule, les consult’ s’y déroulent à une rapidité affolante, c’est un peu de l’abattage… mais comment en vouloir aux médecins qui acceptent encore d’y exercer ?)

    Le racket décrit par Agnès n’est possible que parce que les gens s’y soumettent, et ils s’y soumettent parce qu’ils se « sont fait pondre dans la tête » : ce n’est PAS normal, ce n’est PAS une évolution inéluctable et il n’est PAS ILLUSOIRE de vouloir s’y opposer…

    (J’ai aussi vu passer l’étude qu’évoque Agnès, mais pas encore retrouvé ses références)

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  4. Aska
    Aska dit :

    Vraiment saugrenue cette prime de notoriété. C’est curieux, sur google, je n’en entend parler que pour un prostatectomie à Bordeaux : http://www.atoute.org/dcforum/DCForumID5/1251.html . Le chirurgien doit être très fort (!). Plus inquiétant pour notre belle contrée : un seul chirurgien dans le sud ouest pour pratiquer ce type d’opération?

    Sinon, elle ressemble bien à une « prime à la noix, sortie du fond du slip sans aucun accord préalable ». Ca ne sera pas le premier truc qu’on paye sans accord préalable 🙂

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  5. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Pitain, le carci-moche, c’est vraiment gerbeux! Ça progresse super vite ou le mec était un peu négligent? Ça, ça fout les jetons!

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  6. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Ton histoire de dentiste m’en rappelle une autre… Enfant et adolescent, nous avions un « dentiste de famille », qui, quand j’avais une vingtaine d’années, étais en période chômiste, et raide comme un passe-lacet, décida un beau jour de prendre un « petit jeune » frais sorti de l’école dans son cabinet, et de lui « céder » une partie de sa clientèle. J’ai toujours été surpris qu’on puisse me vendre à quelqu’un, je ne me savais pas appartenir à un dentiste, mais bon… J’étais jeune à l’époque, et moins enclin à la révolte spontanée vis-à-vis de ce genre de chose.

    Je me trouvai donc un beau jour dans le fauteuil du jeune (que j’appris être de plus le futur gendre du vieux) pour une carie, et le jeune homme décida qu’il fallait me faire non pas un bête plombage, mais un « inlet » en or s’il-vous-plaît, compte tenu de l’emplacement et de la forme et du ceci-cela, qu’un simple plombage ne pouvait pas le faire.
    Quand je vis la tronche de la facture, j’en ouvris la bouche plus grand que le jeune homme ne me l’avait jamais demandé.
    A la suite de quoi, il me déclara qu’il fallait absolument remplacer tous mes plombages existants par de l’or, parce que, si on ne le faisait pas, des mauvaises réactions chimiques allaient se produire avec l’or, électrolyse, tout ça, et que tous mes anciens plombages allaient finir par se désintégrer…

    Le brave gars avait sûrement son cher matériel et sa chère clientèle à rembourser, sans compter le futur grand mariage en préparation, la villa à piscine et tout, il lui fallait indubitablement de l’or.
    Donc il voulait me repaver le râtelier, à moi.

    Je lui fis part de mon chômisme et du fait que le truc qu’il m’avait déjà fait allait ne me servir que sur des nouilles et des patates pendant quelque temps du fait de la hauteur de sa facture, et que pour les autres plombages, on en reparlerait quand ils se désintégreraient effectivement. Et j’ajoutai in petto que j’en reparlerais même plutôt avec un autre dentiste…

    20 ans après, 99% de ces plombages « condamnés à l’électrolyse » sont toujours là, et n’ont pas bougé d’un poil…

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  7. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Agnès : Et pour rassurer ceux qui se retrouveraient un jour avec un carci-moche… Non, rassurez-vous, c’est censé progresser très lentement, mais ça peut faire de gros dégâts quand même si on ne s’en occupe pas sérieusement.
    Le lien que tu n’aurais pas du suivre montre, d’après ce qu’on m’en a dit, quelqu’un qui a du laisser traîner sans rien faire pendant au moins 15 ans. Mais bon, quand t’as vu ça, tu ne traînes pas.

    Et au fait, si vous avez la peau claire et vous mettez trop au soleil, vous êtes cons 😉

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  8. avanaé
    avanaé dit :

    Alors , celle là , elle est bien bonne ! Complètement écoeurant ! Et c’est qui qui ruine la sécu déjà ? Non je blague , là …Mais être médecin , ne devrait pas être compatible avec ce genre de pratiques , malheureusement ce n’est guère nouveau…

    Répondre
  9. Ces trucs filent la haine
    Ces trucs filent la haine dit :

    Je commence à me faire vieux, et un peu déglingué, et je suis de plus en plus convaincu de ne me faire opérer de rien sous aucun prétexte. Faut bien crever un jour… Mais si un tordu de toubib m’avait sorti ce genre de discours, je crois bien que je l’aurais volontiers mis en condition d’aller tester la notoriété de ses collègues! Le fait que ça puisse exister n’est rien, à côté de l’ignominie de quelqu’un d’assez vil pour oser l’appliquer. De telles gens ne méritent que de servir d’essuie-pieds à qui veut gagner au loto la semaine suivante… (Et je suis tout sauf un violent)

    Répondre
  10. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    on ne peut pas faire la révolution permanente, c’est à dire chaque fois que quelque chose d’inique nous saute à la gueule. Un simple « non » suffit largement. Si les gens cessent de ne penser qu’à leur cul, quand ils rencontrent un mec comme ce médecin, sans forcément lui sauter à la gorge comme j’aurais tendance à le faire, ils lui disent juste « non ». Non, parce que je veux que mes gosses puissent avoir accès à une médecine de qualité quelque soit leur condition future. Non, parce ce fric ne servira à rien d’autre qu’à satisfaire des envies de grandeurs et de consommation délétères. Non, parce que plutôt que de se la jouer « je-suis-LE-Kador-de-la-prostatectomie-en-France » et j’en profite pour me faire un max de blé, en contradiction totale avec l’éthique (bien malmenée, il faut le dire) de mon métier, il devrait consacrer un peu de temps à former des confrères et futurs successeur à sa technique afin qu’il y ait plus de champions du bistouri comme lui. Non, parce que je ne cautionne pas cette remise en cause rampante de la couverture maladie universelle (et qui gagnerait à l’être réellement). Non, parce qu’il ne saurait y avoir une médecine pour riches et des rebouteux douteux pour les pauvres. Non, parce que le progrès, ce n’est pas revenir à la féodalité, à l’inégalité et à l’injustice. Non, parce qu’on ne devrait pas faire médecine par appât du gain, auquel cas, on peut faire plutôt finance internationnale ou droit des affaires et ne pas faire chier ceux qui souffrent.

    Répondre
  11. Prostator
    Prostator dit :

    La prostate, c’est une invention des gauchistes pour empécher les hommes de prendre leur pied au boulot jusqu’au bout! La prostate est intimement liée à des réseaux terroristes et extrémistes. Seule une action forte et mobilisatrice de toutes les forces chrétiennes et propres de ce pays permettra de se débarrasser de ce fléau!

    Contre la Prostate Emasculante, mobilisons-nous!

    Répondre
  12. bert
    bert dit :

    « que je sois déshonoré et méprisé si j’y manque. »

    Voila le problème: il en a rien à foutre d’être déshonoré et méprisé suite à son manquement, vu le pognon qu’il y gagne!

    Il voit même les choses différemment: quand t'as plein de pognon, t'es jamais vraiment déshonoré et méprisé, ou alors par des fauchés, et ca compte pas...
    Répondre
  13. Aska
    Aska dit :

    « Non, parce qu’on ne devrait pas faire médecine par appât du gain, auquel cas, on peut faire plutôt finance internationnale ou droit des affaires et ne pas faire chier ceux qui souffrent. »

    On ne va cependant pas filtrer les facs pour ne prendre que les médecins « authentiques ».

    Répondre
  14. Don Juan
    Don Juan dit :

    Agnes>gauchiste va ! Mais tu as raison, faut savoir aussi que pendant la lecture du serment « d’hypocrite » une majorité de futur toubibs (et fils de) se marrent … On les pendra avec les trippes des patrons quand Jospin sera au pouvoir (non, je rigole).

    Répondre
  15. manu25
    manu25 dit :

    Ah les médecins (enfin ceux que je connais, à 2 exceptions près) sont plus prolixes à parler 4×4, plongée aux Seychelles … Que de pathologies, des soins, de luttes contre la douleur et/où simplement s’interressés à leurs patients. Libéraux en fait, dans tout les sens du terme. Pour eux pas de crises, à bientôt 21 € la consultation de 10 mn, en attendant qu’elle passe à 23 €, ils n’ont aucun soucis de fin de mois. Bref la sécurité de l’emploi puissance 10, on manque cruellement de toubibs dans notre beau pays, quand à la flexibilité tant vantée ces temps ci : ils n’assurent déjà plus les gardes du week-end et de nuit prétextant que la couverture géographique médicale est trop importante et que leurs épouses ne sont pas des standardistes bénévolles (Vrai et dit lors d’une commission médicale de mon établissement hospitalier. ) De plus, sous couvert de cette pénurie organisée de carabins, ils viennent de ce voir offrir une jolie maison médicale de 130 m2 économisant sur l’ouverture d’un cabinet en ville où ils ne paieront qu’un loyer symbolique, financée par la CRAM et donc par nous, c’est t’y pas beau la vie sous la Droite Villepiniste??? Après le gouvernement nous ferra de gros yeux sur notre inconséquence à être trop souvent malade et que cela creuse le trou de la sécu. Ils nous prennent vraiment pour des demeurés. Ah j’oubliais que dans tout les C.H.U pour une visite de spécialiste médical, il existe aux vus et aux sus de tous DDASS et ARH deux sortes de consultations, soit publique conventionnée tout comme il faut, mais vous attendez un mois le rendez-vous; soit privée et bien sur déconventionnée mais rdv dans la semaine . Il y a déjà belle hurette que la médecine à plusieurs vitesses fonctionne. Et dans la jungle actuelle des conventionnements les pigeons vont se faire plumés sans vergogne. Mais faut pas plaisanter, la santé c’est vitale ma bonne dame.

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  16. Cobab
    Cobab dit :

    il y a un autre détail à souligner dans ton histoire : la décommandation de l’hosto — où on ne peut pas facturer de notoriété ou de prime de plongée aux Seychelles. ces cas où on rencontre un toubib à l’hosto pour finalement, toujours pour de bonnes raisons pratiques de calendrier, se faire opérer pour plus cher dans la clinique privée du même toubib, c’est très fréquent ( de plus en plus ?). Il y en a comme ça un certain nombre qui n’acceptent de vacations en hosto que pour y faire du racolage (et du tri : les opérations pas assez chères restent à l’hosto public, comme de bien entendu).

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  17. Aska
    Aska dit :

    Même s’il doit être difficile de chiffrer les extras dont cette fumeuse prime, notons que l’évolution de l’augmentation de la consultation est inférieure à celle du SMIC. (En 1993, une consultation coutait 110frs, le smic horaire était à 34frs 2006 : 23euros la consultation soit 150 frs (+36%) et le smic horaire est à 8.03euros (+52%))

    Bon et sinon que faire pour la pénurie, avérée ou non, des médecins?

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  18. andré974
    andré974 dit :
    ''notons que l'évolution de l'augmentation de la consultation est inférieure à celle du SMIC''.

    oh non c’est trop cruel ,pauvre, pauvre médecin c’est vraiment trop injuste!

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  19. manu25
    manu25 dit :

    D’autant qu’ils ne sont pas payés au smig et survivre avec 1000€ semble inimaginable , voire iréel. Cette partition sur l’augmentation du smic est honteusement suréaliste : que l’on compare l’ accord en une seule fois une augmentation de 20% sur un salaire relativement confortable puis 10% relêve de la malhonèteté intelectuelle. Relevons un RMI de 20% cela nous donne pour un revenus d’une personne seule : 520€ + 20 % = 624€ ROYAL. Mais vous confondez emplois salariés et profession LIBERALE payée à l’acte (on travail le temps et à l’envie de voire grandir son potrtefeuille sinon les actes médicaux.) ce qui fait une sacrée différence ,mais ce qui me semble vous importes peu. Et là, est la différence…

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  20. Cobab
    Cobab dit :

    « que faire pour la pénurie, avérée ou non, des médecins ? »

    pénurie soigneusement entretenue. C’est l’État qui décide combien d’étudiant en médecine on laisse entrer chaque année.

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  21. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Le lien « avec avertissement » que j’avais posté ici à titre d’illustration a été repris par quelques petits malins décérébrés qui l’ont reproduit ailleurs, notamment (bas de page).

    Je l’avais mis à seule fin d’illustration et non pas pour satisfaire les penchants morbides de petits cons boutonneux, j’ai donc retiré l’image concernée (je l’ai déjà fait depuis deux jours, d’ailleurs. je n’avais pas de raison de la laisser, et pas très envie que mon bel ashram diffuse en permanence ce genre d’image…)

    Plus la peine de cliquer sur le lien plus haut donc, il n’aboutit désormais plus qu’à une belle erreur 404

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  22. sergueï
    sergueï dit :

    lutte des classes disait Marx ; lutte des classements disait Bourdieu. Aujourd’hui : lutte des mots, car c’en est devenu un gros : lutte des classes, on ne l’entend ni ne le liT plus, pas même dans des blogs pleins d’intelligence.

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  23. prostatectomisé
    prostatectomisé dit :

    Puisque j’ai dû la subir, je peux apporter quelques élément de réflexion sur la prostatectomie. Sachez tout d’abord que c’est une intervention fort complexe ( Il ne s’agit pas d’arracher un bout de viande…), et que de la qualité d’exécution de celle ci dépend la suite de votre existence : Si vous êtes mal opéré vous avez plus de chance de rester ( dans le désordre, à chacun ses préférences) impuissant ou incontinent. Il y a également une incidence sur la récidive du cancer, par la présence ou l’absence de « marge positive » (et là c’est votre espérance de vie qui est en jeu). Des études cliniques ont prouvé que la qualité de l’opération dépendait du nombre d’opérations effectuées annuellement par le praticien — Ne pas se faire opérer à Mont de Marsan, à vue d’œil c’est potentiellement dangereux — et que même parmi les chirurgiens qui effectuent un grand nombre de prostatectomies il y a des différences notables. Il me semble tout à fait justifié qu’un candidat à l’opération interroge son futur chirurgien sur ses statistiques ( taux de récidives, taux d’ impuissance etc. ), et choisisse son chirurgien (ou le service ou il sera opéré) selon ce critère. Encore faudrait-il que ces éléments puissent être établis avec toute la clarté nécessaire, la notoriété à elle seule ne suffisant pas à mon goût. À partir de là, sauf à supposer que le «choix» du médecin soit fait de façon administrative ( une sorte de carte médicale, comme il y a une carte scolaire ..) il me semble difficile de faire abstraction de la loi de l’offre et de la demande. Avant de vous offusquer, imaginez que vous ayez un cancer de la prostate plutôt agressif mais encore opérable. Vous avez le choix entre deux chirurgiens dont vous avez des raisons sérieuses de penser que l’un est moins mauvais que l’autre, bien que plus cher. Que faites vous?

    Répondre
  24. ko
    ko dit :

    Et si le médecin le moins mauvais se comportait en vrai médecin et facturait un tarif normal ? ça serait pas mieux ? =>> plus normal ?

    Répondre
  25. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    En faisant respecter la déontologie médicale!

    Ensuite, et c’est bien ce que je dis plus haut, dire que ta survie ou celle d’un proche dépend uniquement de ton aisance financière pose un problème énorme. Parce que jusqu’à présent, ce n’était pas le cas. Nous avions tous, dans ce pays, plus ou moins le même accès à la médecine de qualité. Grâce à la Sécu. Laquelle n’a pas de trou financier si l’État se décide à verser l’ensemble de l’argent qui lui doit.
    Donc, une santé de qualité pour tous est possible. Sauf que les médecins changent de mentalités et que certains ne sont là que pour faire du business. Un business de la vie et de la mort. Si on les laisse faire, il ne faudra pas chialer plus tard parce que seuls une poignée de super riches pourra continuer à être bien soignés. Ni parce que la criminalité ordinaire augmentera. Car elle le fera. A partir où tu ramènes les questions de vie et de mort au pognon, alors la violence ne peut qu’augmenter, terriblement.

    Répondre
  26. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    PS : l’économie n’a rien de naturel. C’est une pure production de l’homme. Ses lois sont décidées par des personnes, elles ne tombent pas du ciel…

    Répondre
  27. Fred, de L.
    Fred, de L. dit :

    Dans le métro ce matin, j’ai croisé une publicité. Comme elle est dans toutes les stations, j’ai eu le temps de la lire plusieurs fois. Jusqu’à ce que ma parano prenne enfin le dessus. J’ai repensé à l’annonce de je ne sais plus quel organisme expliquant que les petits hopitaux faisant moins de 2000 opérations étaient dangereux.

    Vous, ça vous évoque quoi ?

    ((http://www.zoo-logique.org/IMG_1079.jpg))

    (la photo est nulle, je ne voulais pas mettre le flash, je voulais faire vite… et donc j’ai bougé :-D)

    Répondre
  28. ko
    ko dit :

    Déjà, ça m’évoque que le sensationnalisme mal maîtrisé (pas drôle, en plus), ça brouille radicalement le message. Mais passons.

    Peut-être qu’on cherche à nous effrayer sur une possible pénurie de chirurgiens à venir, pour mieux nous faire avaler de « nécessaires » réformes visant à améliorer leur sort (pécuniairement parlant, s’entend) ?

    Bon, en tout cas, c’est une campagne de com’ corporatiste ; sans doute allons-nous voir venir dans les jours prochain une campagne média accompagnant et expliquant le message pseudo-angoissant ici exposé.

    Répondre
  29. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Faut bien lire avant de râler : Le client se fait raccoler à l’hosto, par un médecin qui le réoriente ensuite vers sa clinique privée pour pouvoir effectivement lui coller une tarification secteur 3. Mais en plus de cela, parce qu’il y a bien les honoraires à payer, à la fin de la consultation, le client se retrouve avec une prime de mes deux, exorbitante, qui n’a pas été annoncée au préalable. En peu comme si vous alliez au resto, vous commandez en fonction de la carte, tout en sachant que c’est chéro, mais qu’avec l’addition, le patron vous demande une prime de notoriété, pas indiquée du tout sur la carte, qui excéde le montant total de l’addition. Vous faites quoi? Vous lui gerbez sur les chaussures ne pas payer un truc qu’il sort de son chapeau et dont vous n’avez jamais été informé.
    Faut préciser aussi que notre client va d’abord à l’hôpital pour avoir accès au service public. Mais lequel a totalement délégué ce type de chirurgie au secteur privé. Le client n’a donc pas le choix.

    Enfin, vos études ont été financées par la collectivité, c’est à dire par l’ensemble des Français, riches ou pauvres. Vos parents ont peut-être casqué pour vos à-côtés : appart, déplacements, nourriture, mais l’enseignement qui vous a été dipensé a été payé par la collectivité. Si vous aviez du payer vos études au prix du marché, vous auriez compris la différence.
    Maintenant, personne ne conteste que vous avez le droit à une rémunération correcte. Comme des tas d’autres personnes qui ont aussi beaucoup investi de temps dans leur formation ou qui ont acquis de bons savoir-faire.
    La vraie question, et elle est bonne pour tous les médecins : pourquoi avez-vous fait médecine? Pour soigner les gens ou pour vous faire du pognon? Autant je respecte beaucoup les premiers praticiens, autant les pratiques des seconds…

    Répondre
  30. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Agnès : La vraie question, et elle est bonne pour tous les médecins : pourquoi avez-vous fait médecine? Pour soigner les gens ou pour vous faire du pognon ?

    La vraie réponse me semble résider dans la statistique : 10% des généralistes et 40% des spécialistes refusent les patients à la C.M.U.

    Serment d’hypocrite…

    Répondre
  31. clodor
    clodor dit :

    Bonjour,
    Je me permets une intrusion sur ce blog car cette discussion mérite un éclaircissement professionnel. Je suis médecin et je tiens à apporter quelques précisions. Il existe une convention signée avec la cpam "classant" les médecins en 3 secteurs. Le secteur 1 correspond aux médecins travaillant au tarif dicté par la cpam. Le secteur 2 est dit "conventionné à honoraires libres". LE médecin est autorisé à pratiquer des dépassements d’honoraires sur les consultations et le cas échéant sur les actes effectués. Le secteur 3 à honoraires libres concernent des médecins qui choississent leurs tarifs. Les patients ne sont alors que très faiblement remboursés par la cpam. A l’hôpital, la plupart des médecins sont en secteur 1. En libéral, les généralistes sont habituellement en secteur 1 et les spécialistes, c’est variable. En clinique, la plupart des praticiens sont en secteur 2. Le cas présenté sur ce blog correspond donc à un dépassement d’honoraires autorisé par la cpam et non à un dessous de table, il y a une énorme différence. Les patients doivent choisir leurs médecins en connaissance de cause. Lazqualité des chirurgiens français est la même à l’hôpiral et en clinique et est excellente ! Un patient qui refuse pour une raison ou une autre de payer un dépassement d’honoraires, peut se tourner vers un chirurgien secteur 1. Les soins médicaux seront les mêmes. En clinique, les soins sont peut-être plus "personnalisés" et moins "travail à la chaine" . Les chirurgiens libéraux ont des frais monstrueux expliquant les dépassements d’honoraires : 20 000 euros annuels d’assurance pour un chirurgien orthopédiste par exemple, un pourcentage variable à reverser à la clinique, le salaire de l’infirmière instrumentiste et de la secrétaire + les charges professionnelles, le loyer du cabinet, parfois le matériel chirurgical, les cotisations à l’urssaf et à la carmf (soit pour ces dernières près de 50% du chiffre d’affaires). En outre, est-il besoin de rappeler le niveau de compétence extrème que requiert le métier de médecin et notamment de chirurgien, 15 ans d’études difficiles et pas gratuites du tout, une quantité d’heures bien loin de 35 heures… Il serait donc agréable et juste, avant de condamner une profession entière de "nantis roulant dans des 4X4 et vivant aux seychelles", de se renseigner ! Merci par avance

    Répondre
  32. clodor
    clodor dit :

    Que d’aggréssivité de toute part !
    L’entrée en fac de médecine et l’inscription chaque année nécessite de s’acquitter de droits élevés (près de 400 euros) qui sont à la charge de l’étudiant ou de sa famille. Donc pour les "études financées par la collectivité", on repassera.
    Je ne connais aucune personne saine d’esprit qui se tape entre 10 et 15 ans d’études pour le pognon.
    Avez-vous déjà fait appel à un plombier ou un garagiste ? Qu’avez-vous répliqué en entendant les tarifs exorbitants demandés pour changer un robinet ou faire une vidange ?
    C’est facile de taper sur une profession qui, certes gagne bien sa vie mais le mérite amplement… Si c’est si facile et si peu cher de faire des études de médecine, faut pas vous refuser cela…
    A noter qu’il est rigoureusement interdit par la cpam de refuser de soigner un patient cmu !
    Vu les réactions à mes remarques, je vous laisse discuter entre vous, désolé de voir si peu de gratitude envers des gens qui consacrent leur vie à aider celle des autres.
    A bon entendeur…

    Répondre
  33. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    400€????
    Tu imagines 2 secondes que c’est là le vrai coût d’une année de fac de médecine ou c’est juste pour nous faire rigoler?
    Selon des études canadiennes, le coût réel d’une formation de médecine (enseignement seul) serait compris entre 40 et 50 000 $ de 1996 par an et par étudiant. Prenons une moyenne de 45 000$, soit 45 000*5,11611 (Cours moyen du dollar en 96, en francs) : 230 225 FRF => 35 100 €… en 1996. Tu rajoutes l’inflation sur 10 ans et tu as le coût annuel réel d’une année de fac de médecine… et tu te réjouis grandement d’avoir pu étudier dans un pays où ce genre de dépense n’est pas à la charge des étudiants mais de la collectivité, sinon, il t’en faudrait des dépassements d’honoraires avant de pouvoir te sortir la tête hors de l’eau. Et encore, il te faudrait quand même trouver le fric à côté pour assurer tes besoins les plus élémentaires, comme bouffer ou dormir.

    C’est pour cela que les discours des médecins déconventionnés sur le thème de toujours plus cher, parce qu’on le vaut bien, a tendance à me faire chier, marce qu’ils oublient largement que sans l’effort collectif, ils seraient encore en train de disséquer des maccabée sortis de cimetière à la sauvette…

    Répondre
  34. MC
    MC dit :

    Les dépassements d’honoraires ne sont pas interdits, mais le patient doit être prévenu par un affichage dans la salle d’attente que son médecin est susceptible de lui demander un dépassement d’honoraires.
    Dans une clinique privée, c’est quasiment systématique.
    Par contre les dépassement d’honoraires doivent être mentionnés sur la feuille de soin (sauf bien sûr si le médecin n’est pas du tout conventionné donc le patient pas du tout remboursé ce qui est très rare).
    Le fait de ne pas mentionner le dépassement sur la feuille de soin est une présomption de fraude fiscale, mais les patients ne protestent pas car ça ne change rien pour eux.

    Avoir une consultation dans un hôpital public et un job dans une clinique privée permet à un chirurgien de "recruter" sa clientèle privée, les plus honnêtes avertissent d’emblée le patient de la différence, les autres jouent de l’ambigüité assez longtemps pour que le patient n’ose plus reculer.

    @ Clodor:
    400 euros d’inscription en fac c’est beaucoup pour un étudiant sans doute (et encore, ça dépend du revenu de ses parents), mais ce qui reste à charge de la collectivité est sans commune mesure, il est donc bien exact que les médecins ont fait leurs études aux frais de la collectivité.
    De plus, il existe quelque chose nommé serment d’Hippocrate, ça fait partie de leurs études et de leurs obligations.

    Répondre
  35. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Vous n’avez surtout pas envie de comprendre ce que je veux vous dire et vous préférez vous poser en martyr. Maintenant, pour en revenir à l’article, je parle d’un mec qui a eu le choix entre crever de son cancer et filer 1000€ en plus des honoraires. Point.
    Et on fait quoi pour ceux qui ne peuvent pas payer?
    Vous pensez bien qu’une personne dotée d’un contrat précaire, qui se fait autour de 700€/mois en bossant durement, qui n’arrive même plus à se loger et à bouffer correctement ne peut faire ce genre d’arbitrage. Et vous, là, en tant que médecin, vous faites quoi? C’est ça le centre de la question. Vous lui dites : désolé la pauvresse, fallait être plus riche pour vivre? Et si c’est son gosse : Pas de chance, fallait pas naître dans une famille de crevards?
    Ceci est la question fondamentale posée par ce post.

    Répondre
  36. clodor
    clodor dit :

    D’ailleurs, je m’en fiche. Je vois pas pourquoi je cherche à justifier ma profession. Mes patients m’apprécient, c’est ce qui compte. Les persiflages d’internautes gauchistes et vindicatifs ne devraient pas m’interpeller autant…

    Répondre
  37. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je fais patiente…
    Et famille de patient. Et aussi famille de praticien.

    Mon père a été opéré d’un cancer de la vessie par un éminent urologue (catégorie gros mandarin, reconnaissance internationale). Lequel exerçait en hôpital public. A fait le meilleur choix possible dans l’intérêt de son patient (même s’il n’y avait pas de meilleure solution qu’une stomie urinaire). Il a même pris la peine de me téléphoner un jour férié à 8h00 pour m’annoncer lui-même la gravité de la situation et me demander de venir. Qui a aussi pris le temps de me recevoir, en tant que famille, pour m’expliquer en détail ce qui arrivait à mon père, diagnostic et pronostic vital, détail de l’opération. Qui a pratiqué une bonne partie du suivi. Il a sauvé la peau de mon père. En est très fier.
    Et il ne nous a pas demandé de vendre tous nos biens pour cela. Ni quoi que ce soit d’autre. Il exerçait en secteur conventionné.

    Ne me parlez donc pas de jeter de la boue sur une profession, mais plutôt de montrer des pratiques pour le moins douteuses.
    Il y a aussi des tas de gens très bien, qui bossent bien, avec conscience et respect du patient, de tous les patients, quelque soit leur origine, leur revenu, ou quoi que ce soit d’autre. Des médecins qui soignent et qui en vivent bien, je vous rassure tout de suite, mais qui ont une haute conscience de ce qu’ils font.
    J’espère qu’il en reste beaucou des médecins de cette trempe.

    Maintenant, à vous de voir comment vous vous positionnez!

    Répondre
  38. clodor
    clodor dit :

    Là, je ne suis plus. D’après votre histoire, il s’agit d’une prostactectomie banale pour adénome, ne mettant en rien en jeu la vie du patient. Et après, vous parlez d’un cancer de prostate. Lequel est le bon ?
    Savez-vous ce qu’est une coelioscopie ? Tout le monde ne sait pas faire une prostatectomie sous coelioscopie c’est à dire guidée par caméra, qui permet en effet de bien mieux voir l’anatomie !
    Ce que je reproche à votre discours, c’est que vous trainez dans la boue la profession dans son ensemble en faisant des assimilation et des raccourcis et en ne sachant pas de quoi vous parlez car manifestement vous ne comprenez pas grand chose à l’urologie.
    Je vous repose la question : que faites vous dans la vie pour juger de si haut ?

    Répondre
  39. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je ne méprise pas les médecins qui exercent en secteur non conventionné. C’est vous qui voulez absolument que je méprise certaines choses ou personnes. Ce sont les pratiques de certains qui m’horripilent. Vous choisissez vous aussi de faire l’impasse sur les questions qui vous grattent là où ça démange : le fait que vos études sont financées par la collectivité (partie enseignement, soyons précis), le fait que certains médecins ont des pratiques purement mercantiles, le fait que certaines spécialités sont en train de glisser entièrement en secteur non conventionné, les problèmes d’accès aux soins des personnes démunies (avec 12 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, il est temps de se poser la question de l’accès aux soins, non?), les conséquences du démentellement larvé de la Sécu, l’inflation des coûts, le manque programmé de praticiens selon les régions et les spécialités.

    Monsieur Monolecte me fait remarquer que j’ai été agressive envers vous. Possible, mais ce n’était pas le but. Plutôt de la réaction brute de décoffrage. Donc, désolée.
    Maintenant, ce qu’il y a derrière notre conversation et ce billet, c’est une pure question de choix de société, ne croyez-vous pas?
    Quant à ma profession : est-ce dire qu’une caissière ou une femme de ménage n’est pas habilité à avoir un point de vue et doit fermer sa gueule? Suis-je réductible à ma seule profession, si tant est que je n’en ai qu’une (et ce qui n’est pas le cas). Et selon que je sois riche ou pauvre, suis-je plus ou moins crédible ou écoutable?
    Que de questions sont soulevées par votre passage dans cette antre de crypto-bolchéviques, non? Soyez-en remercié! 🙂

    Répondre
  40. clodor
    clodor dit :

    Moi aussi j’ai été du côté patient avant d’exercer. Mais vous ne répondez pas à mes questions. Je sais très bien où je me place : je soigne mes patients du mieux possible et je pense être très disponible et accessible.
    Votre cas personnel illustre bien ce que j’ai dit plus haut. Il existe d’excellents praticiens en libéral et en public. Si vous refusez de vous adresserou méprisez les praticiens installés en secteur 2, rien ne vous oblige à les cotoyer. De même, rien n’empêche un patient de refuser d’être soigné par un médecin qui ne vous semble pas honnête. Mais il faut alors bien peser vos propos et ne pas écrire des généralités sur une profession qui partirait déliquescence, avec une médecine à deux vitesses etc… Le système privé a toujours existé et s’adresse à des patients qui en connaissent le fonctionnement… Je pense que nous pouvons clore le débat puisque de toutes façons, nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde. Au fait, vous faites quoi dans la vie ? (3ème édition…)

    Répondre
  41. mc
    mc dit :

    Il est clair que dans l’histoire que raconte Agnès ce n’est pas le dépassement d’honoraires qui est scandaleux, mais le fait que le patient ait été piégé par une information insuffisante et tardive. Monsieur Clodor, trouvez-vous cette pratique correcte?

    Le dépassement d’honoraires pose un autre problème: dans certains secteurs, il devient tellement systématique que les patients n’ont plus le choix.
    Par ailleurs, il reste suffisamment de médecins sérieux à l’hôpital public pour qu’on puisse être bien soigné sans être riche. Mais les conditions de travail, y compris celles des médecins, s’y dégradent à une telle allure que dans certains secteurs de nombreux postes ne sont pas pourvus, avec l’effet boule de neige que ça implique: quel gynéco, par exemple, va accepter un poste dans un service hospitalier où il devra, faute de collègues, faire 70 heures par semaine et être de garde un jour sur trois? Et à force de déprogrammer des opérations faute de lits pour accueillir ses opérées, comment ne serait-il pas tenté d’aller ailleurs?

    Répondre
  42. clodor
    clodor dit :

    Votre réaction a été assez vive, certes, mais elle reflète surtout une vision des médecins qui a tendance à se généraliser. Il est tout à fait anormal de pratiquer des dessous de table et de ne pas informer les patients de ce qu’il y aura à payer, d’autant que c’est une mesure obligatoire. Nous sommes d’accord là-dessus. Mais en surfant sur internet, je suis attéré et attristé de constater que l’image globale des médecins patit de quelques malandrins comme il en existe dans tant de professions.
    Je vous rappelle que tous les médecins, particulièrement les chirurgiens, pour "compenser" la pseudo-gratuité des études de médecine, doivent plusieurs années de travail dans les hôpitaux publics avant d’avoir le droit de s"installer en libéral. Et contrairement à ce que beaucoup de monde pense, le salaire n’est pas mirobolant. Mes 2 dernières années à l’hôpital en tant que chirurgien senior, mon salaire était de 2000 euros net. Soit moins que mon frère, professeur dans un collège avec quelques heures sup.
    L’image de nantis et d’héritiers de grandes familles des médecins n’a plus lieu d’être. Mon père était ouvrier et ma mère instit. C’est le cas de nombre de mes collègues.
    Les conditions de travail en public expliquent en effet en grande partie la migration des praticiens vers le libéral. La motivation principale n’est le plus souvent pas l’argent ! Car en libéral, on prend le risque de s’exposer à des procès de plus en plus nombreux et pas liés à la médiocrité des médecins, dont le niveau global ne cesse d’augmentéer mais à la modification des habitudes de la population qui s’américanise. La chirurgie par exemple n’est pas une science exacte. Le risque opératoire existe. Quand une pération ne marche pas à 100%, il est facile d’incriminer le chirurgien immédiatement mais ce n’est pas aussi simple. Qui dit procès, dit assurance et avocat donc frais importants. Les médecins assurent leurs arrières en multipliant les examens pré-opératoires et en n’opérant que les patients qui sont extrèmement mal en point. Les gens se fabriquent leur médecine de demain en modifiant leur comportement.

    Répondre
  43. clodor
    clodor dit :

    Votre réaction a été assez vive, certes, mais elle reflète surtout une vision des médecins qui a tendance à se généraliser. Il est tout à fait anormal de pratiquer des dessous de table et de ne pas informer les patients de ce qu’il y aura à payer, d’autant que c’est une mesure obligatoire. Nous sommes d’accord là-dessus. Mais en surfant sur internet, je suis attéré et attristé de constater que l’image globale des médecins patit de quelques malandrins comme il en existe dans tant de professions.
    Je vous rappelle que tous les médecins, particulièrement les chirurgiens, pour "compenser" la pseudo-gratuité des études de médecine, doivent plusieurs années de travail dans les hôpitaux publics avant d’avoir le droit de s"installer en libéral. Et contrairement à ce que beaucoup de monde pense, le salaire n’est pas mirobolant. Mes 2 dernières années à l’hôpital en tant que chirurgien senior, mon salaire était de 2000 euros net. Soit moins que mon frère, professeur dans un collège avec quelques heures sup.
    L’image de nantis et d’héritiers de grandes familles des médecins n’a plus lieu d’être. Mon père était ouvrier et ma mère instit. C’est le cas de nombre de mes collègues.
    Les conditions de travail en public expliquent en effet en grande partie la migration des praticiens vers le libéral. La motivation principale n’est le plus souvent pas l’argent ! Car en libéral, on prend le risque de s’exposer à des procès de plus en plus nombreux et pas liés à la médiocrité des médecins, dont le niveau global ne cesse d’augmentéer mais à la modification des habitudes de la population qui s’américanise. La chirurgie par exemple n’est pas une science exacte. Le risque opératoire existe. Quand une pération ne marche pas à 100%, il est facile d’incriminer le chirurgien immédiatement mais ce n’est pas aussi simple. Qui dit procès, dit assurance et avocat donc frais importants. Les médecins assurent leurs arrières en multipliant les examens pré-opératoires et en n’opérant que les patients qui sont extrèmement mal en point. Les gens se fabriquent leur médecine de demain en modifiant leur comportement.

    Répondre
  44. Fin de partie
    Fin de partie dit :

    "Et contrairement à ce que beaucoup de monde pense, le salaire n’est pas mirobolant. Mes 2 dernières années à l’hôpital en tant que chirurgien senior, mon salaire était de 2000 euros net."

    C’est toujours mieux payé qu’un contrat "d’avenir" à 26 heures par semaine.

    Répondre
  45. les marques
    les marques dit :

    oui, par exemple en comparant le salaire d’un praticien hospitalier en fin de carriére à celui d’un "dépasseur d’honoraires" …
    Ou celui d’un pharmacien d’officine à celui d’un prof de fac de pharma …
    ou … je continue ???

    Répondre
  46. clodor
    clodor dit :

    Un praticien hospitalier en fin de carrière gagne autant qu’un libéral qui pratique les dépassements d’honoraires (revenu pas chiffre d’affaire) s’il fait quelques gardes. Avec aucun risque ou presque de procès, des horaires largement plus légers et beaucoup moins de stress car salaire assuré ! Donc faut faire attention à ce que l’on dit avant de se mouiller…

    Répondre
  47. clodor
    clodor dit :

    Un praticien hospitalier en fin de carrière gagne autant qu’un libéral qui pratique les dépassements d’honoraires (revenu pas chiffre d’affaire) s’il fait quelques gardes. Avec aucun risque ou presque de procès, des horaires largement plus légers et beaucoup moins de stress car salaire assuré ! Donc faut faire attention à ce que l’on dit avant de se mouiller…

    Répondre
  48. mc
    mc dit :

    Salaire brut d’un praticien hospitalier au premier échelon: 3900 euros
    Treizième échelon, 7100 euros. On rajoute les indemnités de gardes. Plus une prime de 470 euros pour celui qui s’engage à ne pas faire de privé.
    S’il exerce une activité privée, limitée à un cinquième de son temps de travail, il peut augmenter son revenu de façon non négligeable.
    Par contre le temps de travail… c’est deux ou trois les 35 heures…

    Le revenu en libéral est évidemment beaucoup plus élevé. Selon les spécialités, il peut être multiplié par deux ou trois.

    Répondre
  49. mc
    mc dit :

    Les années de travail dues à l’hôpital, c’est quoi cette blague? A la fin de son internat, qui est une période de formation salariée (de 1200 à 2000 euros), le médecin est libre de s’installer comme il lui plaît.

    Répondre
  50. mc
    mc dit :

    Les années de travail dues à l’hôpital, c’est quoi cette blague? A la fin de son internat, qui est une période de formation salariée (de 1200 à 2000 euros), le médecin est libre de s’installer comme il lui plaît.

    Répondre
  51. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Tu sais (maintenant qu’on se connaît, on peut se tutoye, non? 😉 ), parfois, ici, c’est musclé ou vachard, mais je saque les attaques personnelles.
    Il n’y a pas d’attaque personnelle. Heureusement pour nous, on connaît encore plein de bon médecins consciencieux et qui ne sont pas non plus réduits à faire la manche. Ceci dit, chez vous comme ailleurs, y a des flambeurs, des escrocs, des timbrés et des incapables notoires. Ce qui me dérange parfois, c’est l’esprit de corps bien mal placé qui fait mine de ne pas voir les brebis galeuses. Et il y en a. Des incapables, des j’en-foutre, des plus que négligents. Je me souviens d’un généraliste pas loin de chez moi qui prétendait que tout pouvait se soigner avec du chocolat.
    La différence entre la médecine et les autres professions, c’est que les bras cassés chez vous ont un pouvoir de nuisance sans égal. Il s’agit de la santé, voire de la vie des gens, quand même. Et même si on est en face d’une faute grave, faut vraiment y aller au bazooka pour que l’Ordre des Médecins daigne reconnaître la faute d’un de ces membres.

    Dans le cas qui nous intéresse, c’est à dire de celui-qui-avait-la-prostate-qui-dérate, je suis contente que tu suggères que mon ami n’avait pas un truc grave. Parce que ce n’est pas vraiment comme cela qu’il a eu l’air de prendre les choses. Il flippait comme une bête. Tu vas me dire : c’est un anxieux… Ben non, plutôt pas. Il avait l’air de dire que le médecin lui avait fait comprendre que… Avant d’y aller, il avait refait son testament et a pris un pot d’adieu avec ses potes. On peut admettre que ce chir’ lui ait un peu mis la pression pour le faire cracher au bassinet. Et arrête de me dire que je salie une profession. En refusant d’admettre que, comme dans toutes les professions, vous avez du ménage à faire, c’est vous-mêmes qui vous faites du tord.
    En plus, tu ne peux nier la dérive mercantile de plus en plus de tes collègues. Pas que des chir’. Je pourrais parler de l’obstrétricien qui est venu me serrer la paluche après l’accouchement pour pouvoir me facturer l’acte (l’était même pas dans les locaux à l’heure fatidique!). Et des tas de mecs qui ne sont plus là que pour l’encaissement. C’est un problème de glissement de mentalité. Je ne dis pas qu’il faut en rester comme il y a un demi-siècle, où les médecins étaient payés avec des poulets, mais le mercantile prend tout doucement le dessus sur le soucis de santé publique. Et au final, on en arrive à un système à l’américaine, où la médecine la plus chère du monde n’est plus accessible du tout aux classes populaire et pèse très lourdement sur le budget des classes moyennes, où une assurance santé peut t’annoncer que décidément non, sauver ton gosse revient bien trop cher…

    Répondre
  52. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Tu sais (maintenant qu’on se connaît, on peut se tutoye, non? 😉 ), parfois, ici, c’est musclé ou vachard, mais je saque les attaques personnelles.
    Il n’y a pas d’attaque personnelle. Heureusement pour nous, on connaît encore plein de bon médecins consciencieux et qui ne sont pas non plus réduits à faire la manche. Ceci dit, chez vous comme ailleurs, y a des flambeurs, des escrocs, des timbrés et des incapables notoires. Ce qui me dérange parfois, c’est l’esprit de corps bien mal placé qui fait mine de ne pas voir les brebis galeuses. Et il y en a. Des incapables, des j’en-foutre, des plus que négligents. Je me souviens d’un généraliste pas loin de chez moi qui prétendait que tout pouvait se soigner avec du chocolat.
    La différence entre la médecine et les autres professions, c’est que les bras cassés chez vous ont un pouvoir de nuisance sans égal. Il s’agit de la santé, voire de la vie des gens, quand même. Et même si on est en face d’une faute grave, faut vraiment y aller au bazooka pour que l’Ordre des Médecins daigne reconnaître la faute d’un de ces membres.

    Dans le cas qui nous intéresse, c’est à dire de celui-qui-avait-la-prostate-qui-dérate, je suis contente que tu suggères que mon ami n’avait pas un truc grave. Parce que ce n’est pas vraiment comme cela qu’il a eu l’air de prendre les choses. Il flippait comme une bête. Tu vas me dire : c’est un anxieux… Ben non, plutôt pas. Il avait l’air de dire que le médecin lui avait fait comprendre que… Avant d’y aller, il avait refait son testament et a pris un pot d’adieu avec ses potes. On peut admettre que ce chir’ lui ait un peu mis la pression pour le faire cracher au bassinet. Et arrête de me dire que je salie une profession. En refusant d’admettre que, comme dans toutes les professions, vous avez du ménage à faire, c’est vous-mêmes qui vous faites du tord.
    En plus, tu ne peux nier la dérive mercantile de plus en plus de tes collègues. Pas que des chir’. Je pourrais parler de l’obstrétricien qui est venu me serrer la paluche après l’accouchement pour pouvoir me facturer l’acte (l’était même pas dans les locaux à l’heure fatidique!). Et des tas de mecs qui ne sont plus là que pour l’encaissement. C’est un problème de glissement de mentalité. Je ne dis pas qu’il faut en rester comme il y a un demi-siècle, où les médecins étaient payés avec des poulets, mais le mercantile prend tout doucement le dessus sur le soucis de santé publique. Et au final, on en arrive à un système à l’américaine, où la médecine la plus chère du monde n’est plus accessible du tout aux classes populaire et pèse très lourdement sur le budget des classes moyennes, où une assurance santé peut t’annoncer que décidément non, sauver ton gosse revient bien trop cher…

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  53. clodor
    clodor dit :

    Post 59 : je ne connais pas beaucoup de spécialistes libéraux qui gagnent 11 à 12000euros comme un hospitalier en fin de carrière. Mais comme apparemment vous en savez plus que moi…. En outre, pour avoir été hospitalier puis libéral, je peux vous affirmer que le nombre d’heures que passe un libéral à son boulot est largement plus élevé !
    Post 60 : les chirurgiens ainsi que d’autres spécialités ont une obligation d’effectuer entre 1 et 4 années d’assistanat dans les hôpitaux, officiellement pour finir la formation, en pratique pour servir de main d’oeuvre à bon marché.
    Pourquoi chaque fois que je dis quelque chose, on me fait passer pour un menteur ? C’est mon boulot, pas le votre, je pense savoir de quoi je parle !
    Tout participant qui ne corrspond pas aux critères se fait-il dézinguer ainsi ou seulement les "nantis" ?
    Si c’est pas de l’ouverture d’esprit çà…

    Répondre
  54. mc
    mc dit :

    Oui, je sais aussi qu’il y a des praticiens hospitaliers bien planqués. Un ex interne m’a raconté n’avoir fait connaissance avec le patron de son service que par écran de télé interposé (il était député).
    Tu peux pas à la fois minimiser le salaire de début de carrière d’un hospitalier pour prouver que tu as dû partir dans le privé et maximiser ceux de fin de carrière pour prouver que les hospitaliers sont des planqués qui foutent rien.
    Les chiffres que je te donne (3900, 7100) sont vérifiables sur internet et ailleurs, je pense que c’est très facile pour un médecin de se les procurer.
    Sur les revenus réels de tes collègues, même la feuille d’impôt ne fait pas toujours foi, tu le sais bien.
    L’assistanat n’est en aucun cas une obligation mais il est possible (je vérifierai) que les fameux "dépassements d’honoraires" ne soient pas possibles si on a pas fait quelques années en tant qu’assistant (rémunéré, quand même, ce qui n’est pas si mal en cette époque de chômistesRMeurs).
    Je vais essayer de m’arrêter, car je suis en danger de perdre la délicieuse courtoisie qui me caractérise et qui est loin d’être naturelle.

    Répondre
  55. clodor
    clodor dit :

    Ceci sera ma dernière intervention.
    Je ne suis pas parti en libéral pour le pognon mais pour fuir le je-m’en-foutisme du fonctionnariat hospitalier (toutes catégories professionnelles confondues) auquel j’ai été confronté.
    Oui, il y a des brebis galeuses mais c’est une minorité, de même que tous les corses ne sont pas terroristes (je ne suis pas corse !).
    Vos chiffres sont tout à fait justes mais le revenu de la majorité des libéraux (donc après avoir enlevé assurance, urssaf, carmf, salaire des employés etc…) n’est souvent pas supérieur à celui d’un ph en fin de carrière. Le salaire de 2000 euros est celui d’assistant spécialiste dans un centre hospitalier de périphérie.
    Il est OBLIGATOIRE pour valider de nombreuses spécialités (chirurgicales notamment) d’avoir fait 1 à 4 années d’assistanat pour valider le desc.
    Libres à vous de penser ce que vous voulez.

    Répondre
  56. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Si tu es d’accord sur le principe qu’il ne peut y avoir de solidarité professionnelle avec les brebis galeuses, alors nous sommes d’accord depuis le début.
    Perso, ça ne me dérange pas que les gens gagnent de l’argent, tout dépend de la manière dont ils s’y prennent. Tu deviens riche en soignant les gens, c’est bien. Tu le deviens en vidant les CMU de ton cabinet, là, je ne suis pas d’accord (je ne dis pas que c’est ton cas, mais 40% des spécialistes qui sont anti-CMU, ça fout les boules sur le principe, non?).
    Je pense que toute profession doit avoir une réflexion éthique. A plus forte raison quand on touche un domaine aussi sensible que la santé où des comportements peuvent faire la différence entre la vie et la mort.

    Pour le reste, je te souhaite de continuer à faire un métier qui te plait et te permet de vivre honnêtement! 🙂

    Répondre
  57. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Remarque, y’a pas que les médecins… Y’a aussi les plombiers… Spontanément, ça choque davantage en provenance des médecins, car, pour je ne sais quelle obscure raison on attendrait d’eux davantage d’implication éthique dans un métier dont l’objet est de soulager la souffrance, et dont le matériau est l’humain. On espérerait que le médecin moyen ait un comportement moralement plus noble que le plombier ou le garagiste moyen, alors que pourtant, il n’y a pas grand-chose dans leur éducation ou dans leur formation, de plus en plus technique, qui soit vraiment de nature à faire la différence…
    Avec certains donc, qu’ils soient médecins ou plombiers – on ne peut heureusement bien sûr pas généraliser ! – la rapacité reste la rapacité, qu’on soit médecin ou plombier…

    Répondre
  58. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je viens de lire ton papier : fais gaffe, tu vas te retrouver avec un collectif de plombiers sur le rable, comme quoi tu calomnies la profession.
    Maintenant faut dire ce qui est, j’arrive pas à tomber sur un plombier ou un garagiste qui n’essaie pas de m’entuber. Je sais qu’il ne faut pas généraliser, mais quand même, c’est inquiétant à force. S’il faut, ça commence à l’école. Ils choppent un gamin en train de truander un exam et hop, ils le mutent d’office en plomberie ou mécanique auto…!

    Répondre
  59. mc
    mc dit :

    A la décharge des plombiers, ils n’ont pas fait le serment d’Hippocrate.
    Mais par ailleurs, le serment d’Hippocrate étant obligatoire pour pouvoir exercer, yen a pas mal qui doivent le faire avec les cornes derrière le dos (c’est comme ça qu’on faisait gamines quand on jurait faussement, pour se préserver du mauvais oeil consécutif à un serment violé).

    Répondre
  60. mc
    mc dit :

    Anecdote "je vous parle d’un temps":
    Adolescente, j’avais oublié de régler la consultation du vieux médecin qui avait suivi ma grand mère et accouché ma mère.
    "Le docteur Chapuis, si tu oublies de le régler, il ne te réclamera jamais. C’est sa façon de soigner les pauvres gratuitement sans les humilier", m’avait dit ma mère.

    Répondre
  61. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Tiens à propos de serment d’Hippocrate, je viens d’apprendre qu’une médecin généraliste (tendance, paraît-il, "catho bon teint") a refusé de devenir "médecin traitant" (selon Sainte Sécu) d’une copine transsexuelle. La trouvant pour la première fois dans son cabinet, elle est devenue m’a-t-on conté d’un tas de couleurs marrantes, a accepté de la soigner "pour cette fois", mais a nettement refusé de devenir son médecin traitant arguant que "gérer ce type de patient était trop compliqué pour elle". Tu parles, ma copine allait la voir pour un mal au dos…
    Elle a donc accepté de lui faire une ordonnance pour cette fois, refusé de devenir son médecin traitant, et lui a laissé entendre qu’ellle ne tenait pas à la revoir dans sa salle d’attente.

    Bonjour le serment d’Hippocrate… Remarquez, il est vrai qu’il ne dit rien à propos de ce cas précis. Mais ça doit toujours être agréable de se voir discriminer comme ça 🙁

    Répondre
  62. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Tiens à propos de serment d’Hippocrate, je viens d’apprendre qu’une médecin généraliste (tendance, paraît-il, "catho bon teint") a refusé de devenir "médecin traitant" (selon Sainte Sécu) d’une copine transsexuelle. La trouvant pour la première fois dans son cabinet, elle est devenue m’a-t-on conté d’un tas de couleurs marrantes, a accepté de la soigner "pour cette fois", mais a nettement refusé de devenir son médecin traitant arguant que "gérer ce type de patient était trop compliqué pour elle". Tu parles, ma copine allait la voir pour un mal au dos…
    Elle a donc accepté de lui faire une ordonnance pour cette fois, refusé de devenir son médecin traitant, et lui a laissé entendre qu’ellle ne tenait pas à la revoir dans sa salle d’attente.

    Bonjour le serment d’Hippocrate… Remarquez, il est vrai qu’il ne dit rien à propos de ce cas précis. Mais ça doit toujours être agréable de se voir discriminer comme ça 🙁

    Répondre
  63. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Thease : Tu sais, la loi, dès que deux personnes sont en tête-à-tête dans une pièce fermée – comme le cabinet d’un médecin ou le bureau d’un recruteur par exemple – qui pourra jamais prouver ce qui y a été dit ?
    C’est le problème de toutes les discriminations…

    Répondre
  64. Thesa
    Thesa dit :

    @ Swâmi Petaramesh :

    Serment ou pas, dans ce cas, il s’agit de la loi : il me semble que les médecins sont obligés d’accepter d’être "médecin traitant" de quiconque le demandant. Cela avait été exploité par des opposants à cette loi qui avaient demandé en masse à se faire soigner par un certain Douste-Blazy…

    Répondre
  65. Thesa
    Thesa dit :

    @ Swâmi Petaramesh :

    Serment ou pas, dans ce cas, il s’agit de la loi : il me semble que les médecins sont obligés d’accepter d’être "médecin traitant" de quiconque le demandant. Cela avait été exploité par des opposants à cette loi qui avaient demandé en masse à se faire soigner par un certain Douste-Blazy…

    Répondre
  66. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Ce n’est pas au médecin d’en décider à la gueule du client!!! C’est n’importe quoi! Il est tenu de respecter la loi et sa déontolgie professionnelle!

    En plus, cela traduit aussi l’absolue méconnaissance des mécanismes actuels de la pauvreté. On ne nait pas pauvre (enfin, si, on peut, mais ce n’est pas systématique). Ce que ton médecin ignore totalement, c’est que beaucoup de gens qui ont basculé dans la misère avaient une vraie vie peu de temps avant : un boulot, du fric, des biens payés avec ce fric gagné dans un bon boulot. Quand tu perds ton boulot, tu perds d’entréé de jeu au moins un tiers de ton revenu. Mais ton loyer, tes charges ne bougent pas. Si 23 mois plus tard, tu n’as de nouveau job, c’est direct la case minima sociaux, soit 440€/mois pour une personne seule. Tu peux donc avoir un appart d’avant, une voiture d’avant et bouffer des patates.
    Les libéraix aimeraient que les mecs qui ont raté une marche se dépouillent de tous leurs biens (pourtant honnêtement acquis par le boulot) avant de prétendre aux minimas sociaux. Je suppose que ton médecin voit aussi les choses comme cela. Mais je pense qu’il verrait les choses d’un tout autre regard s’il s’agissait de sa pomme et du fruit de toute une vie de travail, la sienne.

    Répondre
  67. paquita0
    paquita0 dit :

    Comme je ne comprenais pas le pourquoi des médecins refusant la CMU j’ai demande a quelques uns des professionnels de la santé que je consulte (2 puisque je creuse a petit rythme le trou de la secu).

    La Kine, conventionnée m’a dit que pour elle la CMU c’est plus facile et elle est plus vite remboursée qu’avec les mutuelle. Elle dit prendre toujours, de toute façon elle pratique le tiers payant donc il n’y a pas plus de paperasse …

    L’ORL secteur 2: lui est plus mitige. Depuis la reforme du parcours de soin, les spécialistes qui ne sont plus en accès libre, tirent un peu la langue (-20 a -40% de patients). Pour autant il y a des choses qui l’énervent. Bien que sa consultation soit a 45 euros, il ne fait payer les patients CMU que le prix de la secu 28 euros puisque c’est des patients dans le besoin. Il gagne donc moins par acte (et il gagne moins qu’un praticien secteur 1 sur cette consultation car les charges déductibles sont plus faibles 35% au lieu de 45% pour les secteurs 2). Il accepte tous les clients CMU la première fois mais il refuse ceux qui soit n’ont pas de respect pour son travail, soit qui ne semblent pas dans le besoin.
    Apparemment, le taux de "non présentation au rendez vous" est plus élevé pour les CMU
    Un pere de 5 enfants venant les faire tous examiner ne pouvait pas revenir pour le soin nécessaire car ils partaient tous en famille en Angleterre.
    Les patients CMU qui habitent la Cadenelle (copropriété réputée et ultra chère de Marseille) car il a l’impression qu’on "se fout de sa gueule". Ben oui, il est humain.

    Il semblerait donc que dans les refus CMU, il n’y ait pas que l’appât du gain mais d’autres aspect. Ce qui ne dispense pas notre médecin généraliste secteur 2 de l’opprobre pour avoir refusée ma soeur pendant l’année ou elle a "bénéficié" de la CMU. D’ailleurs, on a change de generaliste. Ceci dit, peut être cette médecin s’est elle dit que la solidarité familiale devrait jouer ?

    Répondre
  68. Farid Taha
    Farid Taha dit :

    Salut Agnès,

    J’ai commencé à lire ce billet ailleurs http://www.betapolitique.fr/spip.ph

    Je partage bien entendu ton indignation sur la manière qu’est pratiquée l’activité libérale et la prime de notoriété par certains de mes confrères. Je comprend ce gars parce que se faire virer une prostate c’est déjà pas très sympathique alors s’il faut en plus accepter de se faire racketter…

    Un praticien exerçant à l’hôpital n’a pas le droit de proposer d’acte en secteur libéral comme seule alternative. Il doit systématiquement proposer une prise en charge en secteur public…Mais ils proposent avec un malin plaisir de prendre en charge les actes en secteur public avec un délai tellement long que ça décourage les prostateux.

    C’est vrai car les intéressés ne doivent pas consacrer plus de 20% de leur temps (pour effectuer moins de 50% de leur actes ?!).

    Je trouve aussi que c’est scandaleux (la manière dont c’est fait ) et tu comprendras pourquoi j’ai demandé en Septembre 2002 de fermer le secteur libéral que j’avais ouvert en Juillet 2002 (C’est statutaire dès la titularisation faut bien financer son inscription au golf,) sans avoir touché un centime.

    Parti en vacances en Aoüt j’ai eu le temps de réfléchir (pas longtmeps en fait) et de trancher dans le lard : NON je ne demanderais pas du fric pour soigner des gens à l’Hôpital…!

    Vu la spécialité que j’exerce et c’est tout juste si mes copains ne me traitent pas de neuneu avec tout les lifting que je pourras faire en privé en demandant une prime de notoriété plus que conséquente… à mes copines de golf !

    Répondre
  69. Farid Taha
    Farid Taha dit :

    Salut Agnès,

    J’ai commencé à lire ce billet ailleurs http://www.betapolitique.fr/spip.ph

    Je partage bien entendu ton indignation sur la manière qu’est pratiquée l’activité libérale et la prime de notoriété par certains de mes confrères. Je comprend ce gars parce que se faire virer une prostate c’est déjà pas très sympathique alors s’il faut en plus accepter de se faire racketter…

    Un praticien exerçant à l’hôpital n’a pas le droit de proposer d’acte en secteur libéral comme seule alternative. Il doit systématiquement proposer une prise en charge en secteur public…Mais ils proposent avec un malin plaisir de prendre en charge les actes en secteur public avec un délai tellement long que ça décourage les prostateux.

    C’est vrai car les intéressés ne doivent pas consacrer plus de 20% de leur temps (pour effectuer moins de 50% de leur actes ?!).

    Je trouve aussi que c’est scandaleux (la manière dont c’est fait ) et tu comprendras pourquoi j’ai demandé en Septembre 2002 de fermer le secteur libéral que j’avais ouvert en Juillet 2002 (C’est statutaire dès la titularisation faut bien financer son inscription au golf,) sans avoir touché un centime.

    Parti en vacances en Aoüt j’ai eu le temps de réfléchir (pas longtmeps en fait) et de trancher dans le lard : NON je ne demanderais pas du fric pour soigner des gens à l’Hôpital…!

    Vu la spécialité que j’exerce et c’est tout juste si mes copains ne me traitent pas de neuneu avec tout les lifting que je pourras faire en privé en demandant une prime de notoriété plus que conséquente… à mes copines de golf !

    Répondre
  70. Marion
    Marion dit :

    Bonjour, je laisse un petit témoignage (personnel, ce n’est pas un fait rapporté) :
    J’ai trente ans, une petite fille de trois ans, je gagne 1200 € mensuels, et il y a un an je suis entrée aux urgences pour une effroyable douleur au ventre. Après deux jours passés dans le service de gynécologie avec un diagnostic différent toutes les 4 heures, on s’est décidé à em descendre au bloc où un chirurgien viscéral a été appelé en urgence vu que j’avais un abcès au niveau du colon.
    Là on m’a expliqué, après m’avoir réveillée, que je pouvais en mourir, qu’une autre crise de ce genre me serait fatale, ou qu’au mieux j’aurais droit à un anus artificiel pour le restant de ma vie. Il fallait donc opérer, et au plus vite.
    Mais cela a un coût… 1280 € de dépassements d’honoraires pour le chirurgien qui m’a traitée en urgence, dans un hôpital public.
    Bienvenue dans la médecine libérale pratiquée en HP…

    Répondre
  71. Marion
    Marion dit :

    Bonjour, je laisse un petit témoignage (personnel, ce n’est pas un fait rapporté) :
    J’ai trente ans, une petite fille de trois ans, je gagne 1200 € mensuels, et il y a un an je suis entrée aux urgences pour une effroyable douleur au ventre. Après deux jours passés dans le service de gynécologie avec un diagnostic différent toutes les 4 heures, on s’est décidé à em descendre au bloc où un chirurgien viscéral a été appelé en urgence vu que j’avais un abcès au niveau du colon.
    Là on m’a expliqué, après m’avoir réveillée, que je pouvais en mourir, qu’une autre crise de ce genre me serait fatale, ou qu’au mieux j’aurais droit à un anus artificiel pour le restant de ma vie. Il fallait donc opérer, et au plus vite.
    Mais cela a un coût… 1280 € de dépassements d’honoraires pour le chirurgien qui m’a traitée en urgence, dans un hôpital public.
    Bienvenue dans la médecine libérale pratiquée en HP…

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  72. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Il est arrivé quelque chose d’assez semblable à ce que rapporte Marion, à mon épouse il y a 6 ans.

    Admise aux urgences pour des douleurs abdominales atroces en milieu de journée, diagnostic imprécis… Rien à la radio… Echographie, rien à l’échographie… Scanner… Rien au scanner… Et les toubibs qui refusaient de lui administrer le moindre médicament et le moindre anti-douleur tant qu’un diagnostic précis n’était pas posé. Donc, aux urgences à 14h avec des douleurs atroces, toujours aux urgences à 21h sans le moindre calmant entre-temps, plein d’examens, aucun diagnostic. Ils nous renvoient à la maison en disant "c’est probablement gynécologique", avec un RV pour le gynéco le lendemain et le droit de prendre du Di-Antalvic et puis c’est marre.
    Total à 22 heures mon épouse souffrant le martyre me fait "Tu me ramènes aux urgences ou je saute par la fenêtre". Je la ramène donc aux urgences (soir de fête de la musique, bien sûr, laissant notre gamine de 3 ans seule à la maison…) et elle se met à gueuler suffisamment fort pour qu’ils se décident à la bourrer de morphine, sans toujours savoir ce qu’elle a. Après deux doses de morphine, elle souffre toujours, mais je dois la laisser, je ne peux pas laisser notre puce de 3 ans seule à la maison trop longtemps…
    A minuit 30, coup de fil de l’hosto, on lui a fait 4 morphines et elle souffre toujours, on sait pas ce que c’est mais ça va plus, on va ouvrir pour voir… On a plus de chambres à Herriot, on la transfère à Lyon-Sud en SAMU, rendez-vous direct là-bas, on a réveillé le chirurgien, dès qu’elle arrive on l’opère dans la foulée.
    Bon, je laisse ma gamine (qui dormait, heureusement) et je bombarde à Lyon-Sud, super-loin, fête de la musique, circulation bouchée partout et je bombarde tellement que j’arrive 20 minutes avant l’ambulance du SAMU transportant ma femme… Elle arrive dans un quasi-coma (vu la quantité de morphine qu’elle s’était tapée, plus sans doute une "prémédication" dans l’ambulance du SAMU), est prise en charge par des schtroumpfs en bleu qui la font entrer direct au bloc à 1h20 du mat’, j’ai à peine le temps de l’embrasser au passage, je sais juste qu’ils vont ouvrir et n’ont aucune idée de ce qu’ils vont trouver à l’intérieur.
    Elle se réveillera le lendemain avec 40 cm d’intestin grèle en moins : Occlusion intestinale aigüe avec nécrose ("volvulus"), paraît que si elle n’avait pas été opérée elle n’aurait pas survécu 24h.
    Mais autant dire qu’elle n’avait pas eu la possibilité (ni moi d’ailleurs) de discuter ou de négocier quoi que ce soit avec le chirurgien ni de se demander dans quel cadre et quelles conditions… Quand (a) tu souffres le martyre (b) c’est une question de vie ou de mort (c) tu es bourrée de morphine (d) ta gamine de 3 ans est laissée seule à la maison en pleine nuit, tu ne négocies pas, hein, tu dis juste Faites au mieux ! 😉

    Je viens de lui demander si elle se souvient que le chirurgien avait, ou non, facturé un dépassement. Elle me dit :Ah oui, et même un sacré ! Mais c’est la mutuelle qui a tout payé.

    On ne se rend pas vraiment compte que la santé a plusieurs vitesses quand on voyage en première classe… Mais lire le témoignage de Marion et constater qu’on peut se retrouver pour 1200 € de sa poche dans une situation très proche de ce qu’on a vécu soi-même sans débourser un kopeck – situation déjà suffisamment effrayante et douloureuse comme ça… – c’est réellement révoltant…

    Pour l’anecdote, rentrant chez moi, toujours nuit de la fête de la musique, bouchons partout, les flics avaient barré le pont que j’avais besoin d’emprunter en voiture pour rentrer chez moi. Mais il n’y avait personne dessus, j’aurais aussi bien pu passer si ce n’avait été la voiture de flics qui barrait le pont. Je m’arrête, je demande au flic de me laisser passer, je lui explique : Ma femme sur le billard à l’hosto, ma gamine de 3 ans seule à la maison, besoin de passer urgeamment pour rentrer chez moi (j’étais à 6 ou 7 minutes en passant par le pont). Le flic refuse de me croire, se fout de ma gueule, me dit que si j’avais vraiment laissé ma gamine de 3 ans seule à la maison je serais un total irresponsable…
    Je tente d’insister. Il me dit de circuler et que si je "continue de l’emmerder" il me fait embarquer au poste pour un contrôle d’identité où je passerai la nuit, et me demande si ça m’arrange mieux pour ma "soi-disant gamine". Il me renvoie dans le bouchon où je passerai 55 minutes assez terribles avant de parvenir à rentrer chez moi pour trouver ma gamine… qui ne s’était même pas réveillée. Heureusement…

    Répondre
  73. mc
    mc dit :

    Illégal, je pense.

    Un chirurgien qui opère dans un hôpital public a OBLIGATOIREMENT une activité publique dans ce même hôpital. Il ne peut en aucun cas opérer une patiente dans le cadre de son activité privée sans son accord.

    Et il ne peut certes pas prendre le risque de ne pas la soigner si elle refuse le "privé".
    Imaginez un peu le procès qui pourrait s’en suivre!!!

    Ce chirurgien malhonnête compte sur l’état émotionnel de la malade, éventuellement entretenu ou suscité par ses pronostics dramatiques, pour lui enlever son sens critique.

    Il vous aurait sans doute suffi de raconter l’histoire à la direction de l’hôpital avec double à l’ordre des médecins, pour qu’il ait quelques ennuis. Il n’est d’ailleurs pas trop tard.

    Il faut savoir que ces pratiques sont généralement connues de l’entourage du délinquant, mais sous forme de rumeur, et personne ne peut intervenir sans preuve. Les malades qui se taisent permettent à ces pratiques de se continuer.

    Répondre
  74. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Chris : Paraît que c’était un cas franchement rare… Le chirurgien nous a, à l’époque, demandé l’autorisation de produire les examens (scanner, echographie…) au congrès suivant de chirurgie viscérale machinchouette pour parler du cas où l’on ne voyait rien (ou presque, genre "Ah ouais, maintenant que vous le dites, mais fallait vraiment le savoir") sur aucun système d’imagerie, avec un volvulus carabiné…

    Répondre
  75. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Chris : Paraît que c’était un cas franchement rare… Le chirurgien nous a, à l’époque, demandé l’autorisation de produire les examens (scanner, echographie…) au congrès suivant de chirurgie viscérale machinchouette pour parler du cas où l’on ne voyait rien (ou presque, genre "Ah ouais, maintenant que vous le dites, mais fallait vraiment le savoir") sur aucun système d’imagerie, avec un volvulus carabiné…

    Répondre
  76. chris
    chris dit :

    @Swami

    je suis epoustouflé par les competences des internes Lyonnais , suis point medecin ,juste quelques connaissances d’ex soldat ayant connu la medecine d’urgence Africaine par exemple ….a qui fallait pas dix minutes pour diagnostiquer un etranglement coté intestins …c’est un truc recurrent avec les hernies par exemple .

    ce qui est etonnant ,c’est rien a l’echographie ,comme quoi le matos remplace pas toujours une palpation experte .

    fou ca !

    Répondre
  77. chris
    chris dit :

    @Swami

    je suis epoustouflé par les competences des internes Lyonnais , suis point medecin ,juste quelques connaissances d’ex soldat ayant connu la medecine d’urgence Africaine par exemple ….a qui fallait pas dix minutes pour diagnostiquer un etranglement coté intestins …c’est un truc recurrent avec les hernies par exemple .

    ce qui est etonnant ,c’est rien a l’echographie ,comme quoi le matos remplace pas toujours une palpation experte .

    fou ca !

    Répondre
  78. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Pas forcément 40 cm nécrosés… Mais j’ai cru comprendre que tu ne peux pas couper n’importe où et n’importe comment, c’est pas un vulgaire bout de ficelle… Et c’est pas non plus pour faire de l’andouillette… Faut pouvoir rabouter ce qui reste, ensuite… Enfin chacun son boulot, hein… L’important, c’est que ce soit bien fait. Après tu te dis que sans ce brave homme de chirurgien, tu irais avec tes gosses chaque Toussaint porter des chrysanthèmes sur la tombe de ta femme et leur mère… Ah non, une seule gamine, d’ailleurs… Et que grâce au brave chirurgien, tu as toujours droit aux engueulades conjugales… Et au deuxième Nain fernal… Alors tu dis merci au chirurgien, t’es pas à quelques centimètres près, il a apparemment coupé ce qu’il fallait 😉

    C’est vrai que de ce point de vue, facturé ou pas facturé, tu t’en bats un peu les cahouètes…

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  79. chris
    chris dit :

    """"nous a, à l’époque, demandé l’autorisation de produire les examens (scanner, echographie…) au congrès suivant de chirurgie viscérale """

    c’etait le moment d’obtenir une ristourne "liberale" !

    etonnant ,40 cm de visceres necrosées …c’est relativement baleze quand meme ….l’echo detectant des trucs de 4 cm .

    mais c’est vrai que dans ce genre de situation ,on est meme pret a signer un cheque en bois au corps medical .

    Répondre
  80. chris
    chris dit :

    """"nous a, à l’époque, demandé l’autorisation de produire les examens (scanner, echographie…) au congrès suivant de chirurgie viscérale """

    c’etait le moment d’obtenir une ristourne "liberale" !

    etonnant ,40 cm de visceres necrosées …c’est relativement baleze quand meme ….l’echo detectant des trucs de 4 cm .

    mais c’est vrai que dans ce genre de situation ,on est meme pret a signer un cheque en bois au corps medical .

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  81. Louis siffert
    Louis siffert dit :

    Wikipedia
    Ordre des médecins en France

    Histoire

    Après la Révolution française qui a fait disparaître les corporations, il fallait trouver un remède au charlatanisme et proposition fut faite d’instaurer un ordre professionnel des médecins, habilité à décider qui avait le droit d’exercer ou non. Après de nombreux essais, ce n’est que sous le REGIME DE VICHY, à la demande de l’occupant allemand qui menaçait d’imposer ses propres règles en la matière, notamment pour EXCLURE LES MEDECINS JUIFS de la profession, puis pour les dénoncer, que l’ordre des médecins sera créé .
    Notons au passage que l’Ordre des médecins, sous la présidence du Doyen PORTES avait pris une très ferme position CONTRE LA LEVEE DU SECRET MEDICAL qu’exigeaient les occupants Allemands. Cette téméraire démonstration déontologique, envoyée par télégramme à tous les médecins, n’intervient cependant que le 8 juillet 1944, soit un mois après le débarquement.
    Il sera dissous par De Gaulle à la libération.

     Quelques affaires 
    • Le Dr Patrick Pelloux qui avait déclaré «Les urgentistes ne sont pas là pour faire le boulot que les médecins libéraux ne veulent pas faire», a été convoqué par l’ordre.
    • Le Dr Michele d’Auria, médecin d’Emmaüs, accusé à tort (puis disculpé, car il y avait erreur sur la personne) par la justice d’avoir un passé terroriste en Italie pendant les «années de plomb», sera radié de l’Ordre, lequel Ordre semble avoir au passage dissimulé des preuves de l’innocence de leur confrère.
    • Le Dr Michel Garetta, en grande partie responsable de la diffusion du sang contaminé, est "pardonné" par l’ordre sans états d’âme.
    • Le Dr Carpentier, co-rédacteur d’un tract d’information sur la sexualité («apprenons à faire l’amour») distribué à la sortie d’un lycée, perd le droit d’exercer son métier pendant un an (octobre 1972). Les temps changent, les mentalités ne suivent pas toujours!
    Répondre
  82. mc
    mc dit :

    Complément d’info pour Michele d’Auria: il avait été radié pour avoir exercé sous une fausse identité (en humanitaire!) L’ODM refusait de tenir compte des conditions très spéciales justifiant ce choix, qui lui étaient pourtant connues.

    En réalité, les autorités italiennes savaient fort bien qu’il était ABSENT d’Italie au moment du délit qui lui était reproché mais voulaient l’obliger à dénoncer quelqu’un pour se disculper. Michele avait alors fait le choix de la clandestinité.

    Il a finalement été réintégré dans ses droits de médecin parce que l’Abbé Pierre a commencé une grève de la faim pour le soutenir.

    Répondre
  83. mc
    mc dit :

    Je suis par ailleurs effarée que des dépassements d’honoraires soient demandés pour des opérations en urgence dans un hôpital public.

    C’est à coup sûr complètement illégal, et le consentement du patient à se faire opérer en privé, obtenu dans de telles conditions, ne peut avoir aucune valeur.

    Je connais le cas d’un médecin qui a dû quitter l’hôpital où il exerçait pour ce motif.
    Ne pas hésiter à porter plainte, de tels comportements sont inadmissibles et déshonorent la profession. Comme je l’ai signalé précédemment, ces faits sont souvent connus sous forme de rumeur, et on ne peut pas accuser sans preuve. Les preuves, ce sont les patients qui les détiennent.

    Mais bien sûr, on hésite à porter plainte contre un médecin, surtout s’il vient de vous sauver la vie….

    Répondre
  84. Marion
    Marion dit :

    Pas du tout illégal : ces médecins (on me l’a expliqué après) ont une "réputation", exercent certes en HP mais on droit à une activité privée au sein de l’hôpital et là ils tarifient comme ils veulent.
    Certes on peut demander, exiger même, à être opérée en public mais là les délais… et je risquais gros.

    Répondre
  85. Marion
    Marion dit :

    Pas du tout illégal : ces médecins (on me l’a expliqué après) ont une "réputation", exercent certes en HP mais on droit à une activité privée au sein de l’hôpital et là ils tarifient comme ils veulent.
    Certes on peut demander, exiger même, à être opérée en public mais là les délais… et je risquais gros.

    Répondre
  86. mc
    mc dit :

    Vous m’avez mal lue:
    L’exercice privé d’un médecin en hôpital public est quand même encadré par quelques règles.
    Et dans le cas cité, ces règles n’ont pas été respectées.
    Une opération en urgence ne peut ni être refusée (le médecin prendrait un bien grand risque!), ni être pratiquée en privé si ce n’est pas le choix du patient. Ni bien sûr être pratiquée en privé sans en avertir le patient.
    Par contre, il sera opéré par le médecin de garde ce jour là.
    Par ailleurs, les différentes ruses utilisées pour contourner ces règles ne peuvent fonctionner que grâce au silence des patients.

    Répondre
  87. mc
    mc dit :

    Vous m’avez mal lue:
    L’exercice privé d’un médecin en hôpital public est quand même encadré par quelques règles.
    Et dans le cas cité, ces règles n’ont pas été respectées.
    Une opération en urgence ne peut ni être refusée (le médecin prendrait un bien grand risque!), ni être pratiquée en privé si ce n’est pas le choix du patient. Ni bien sûr être pratiquée en privé sans en avertir le patient.
    Par contre, il sera opéré par le médecin de garde ce jour là.
    Par ailleurs, les différentes ruses utilisées pour contourner ces règles ne peuvent fonctionner que grâce au silence des patients.

    Répondre
  88. Sombre Hermano
    Sombre Hermano dit :

    @Agnès : trouvé ceci : http://www.chups.jussieu.fr/polysPS

    Apparemment, c’est la trace écrite (sous forme d’un document pdf) d’un cours de la faculté de médecine Pierre et Marie Curie (Paris) intitulé "Inégalités sociales de santé"

    Puis ceci :

    http://www.conseil-national.medecin

    extrait du code de déontologie médical document trouvé sur cette page :
    http://droitsdesmalades.fr/document
    avec des commentaires de l’Ordre National des Médecins.

    Je retiens ces passages lus dans les commentaires de l’Ordre et qui nous concernent dans cette discussion sur ton blog :
    "Aucune personne ne peut faire l’objet de discrimination dans l’accès à la prévention et aux soins (art. L.1110-3 du code de la santé publique)
    et aussi :
    "L’équité veut que le médecin traite de la même façon, quelle que soit la condition du patient. Jadis le médecin proportionnait ses honoraires aux possibilités financières des malades et de leurs familles, ce qui lui permettait d’en soigner certains gratuitement. De nos jours, l’assurance maladie a estompé ces inégalités ; le médecin ne peut réduire le prix d’un acte mais il reste libre de ne pas se faire honorer ( art. 67 ). Le médecin sera particulièrement attentif pour des patients privés de moyens financiers ou de liberté ( art. 10 ). Il en ira de même pour des malades médecins ou de familles de médecins : il est recommandé d’être vigilant pour leur éviter aussi bien des faveurs illégitimes ( art. 50 ) ou qui se montreraient secondairement préjudiciables, que des mesures de sécurité renforcées mais excessives."

    Par contre le code de la santé publique (loi du 4 mars relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé) n’est pas très explicite sur la discrimination pécunière pour l’accès aux soins. Prudent, le législateur ; gouvernement Jospin pourtant ! (tiens, tiens …)

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