Le marketing des pauvres

«Les pauvres n’ont presque pas d’argent.
Nous, c’est le « presque » qui nous intéresse!»
M. Sylvestre, World Company

Les fans auront reconnu les bonnes vannes de Sly, marionnette des Guignols de l’Info, qui se bidonnait joyeusement en énonçant cette vérité crue, à l’heure où les Crazy Georges défiaient la chronique en France[1].

Aujourd’hui, les pauvres représentent un marché en pleine expansion et il eut été bien étonnant que les pros de la vente ne s’y intéressent pas de nouveau. Entre les chômeurs (comptabilisés ou non), les RMIstes, les temps partiels, les intérimaires, les smicards, la France qui vit avec moins de 720€/mois représente plus de 10% de la population totale. Un chiffre effarant si l’on pense que nous parlons là de l’un des pays les plus riches du monde.

Le pouvoir du bout de plastique bleu.

L’autre jour, j’ai assisté à une AG d’actionnaires et de producteurs d’un groupe agro-alimentaire de bonne taille. En dehors des traditionnels discours sur les nécessaires efforts de restructuration des filières qui augurent de jours heureux pour bien des salariés du groupe, il y avait un intervenant sur l’épineuse question du rapport commercial entre producteurs et consommateurs. Olivier Dauvers a donc commencé à exposer la théorie de la valeur.

En dehors du fait qu’il est très bon orateur, Olivier Dauvers se présente comme un expert de la grande conso. Et l’ensemble de ce qu’il énonçait était particulièrement intéressant.

La valeur d’un produit ne se réalise qu’au stade final de la filière, lorsqu’il est consommé, c’est à dire détruit. Consommer, c’est détruire (…) Le problème, c’est que le consommateur recherche le prix le plus bas.
La valeur ajoutée de votre produit, c’est au consommateur qu’il faut l’arracher! (…) Actimel c’est l’exemple de la valeur arrachée au consommateur : Danone achète le lait au producteur 0,30€/litre et le revend avec un peu de poudre dedans à 6€/litre.

En gros ce qu’exposait l’intervenant, c’est que les producteurs devaient cesser d’entrer en guerre avec la grande distribution, car ce n’est pas à ce niveau que ce fait la valeur du produit.

Le consommateur a le pouvoir. Le problème, c’est que le consommateur est un veau : tout le monde va au même endroit faire ses courses. Le distributeur, lui, ne fait que subir la pression du consommateur qui cherche le plus bas prix.

En fait le budget global des ménages est en baisse. Pour Olivier, cela tient surtout à l’augmentation des dépenses subies : logement, transports, assurances, etc. Mais on ne peut balayer la problématique de la stagnation, voire la régression des revenus du travail ces 25 dernières années. Et l’incidence du chômage sur les revenus disponibles des ménages de prolétaires, prolétaires, dans le sens premier : qui ne dispose que des revenus de son travail.

L’alimentation est devenue la variable d’ajustement des ménages.

La 9ème révolution commerciale

Pendant un temps, on a cru que c’était la vente en ligne. Mais en fait, la vente sur Internet n’est que de la vente par correspondance s’appuyant sur une technologie de communication plus efficace. Il ne s’agit pas pour autant d’un bouleversement profond, de l’invention d’une nouvelle manière de vendre. Pour donner une idée de la révolution commerciale, il faut savoir que la huitième révolution commerciale, c’était le hard discount.

Dès qu’un circuit de distribution dominant s’embourgeoise (montée en gamme, hausse des coûts d’exploitation, des prix), une nouvelle forme de vente bouleverse le paysage en s’appuyant systématiquement sur un coup d’exploitation à chaque fois plus bas, et donc un positionnement prix à chaque fois plus agressif. En 150 ans, la distribution a connu huit révolutions : les grands magasins, les coopératives de consommateurs, le succursalisme, les magasins populaires, les supermarchés, les hypermarchés et aujourd’hui le hard-discount.[2]

Effectivement, les hard discounters sont montés au créneau lorsque les hyper sont passés de simples entrepôts climatisés à temples de la consommation de masse, avec marbre au sol, lumières d’ambiance savamment dosées, rayons thématiques, et toutes ces petites choses qui permettent de justifier la montée en puissance du ticket de caisse.
On balance les produits dans leurs cartons d’emballage, on limite au maximum le nombre de références, tout est spartiate au possible : tous ceux qui connaissent les fins de mois difficiles se sont rabattus sur le hard discount de la bouffe.
Mais déjà, le hard discount prend ses quartiers d’été : la gamme s’étoffe, les magasins sont plus en plus accueillants et imperceptiblement, le prix moyen du caddie repart à la hausse. En réaction, les géants de la grande distribution préparent l’attaque suivante : le super hard discount ou la paupérisation du rayonnage.

Déjà, on voit ces produits tout en bas des rayons : les éco+, premiers prix. Emballages minimalistes, limite repoussants, basse qualité, prix minis, souvent plus bas que chez le hard discounter du coin. Mais les grandes enseignes s’apprêtent à aller plus loin. Déjà, dans le nord de la France, des enseignes-filles sont en test : « C », enseigne paupérisée de Champion ou « Easy » pour Attac.
Lumière sale et triste, rayonnage d’étagères de bricolage pour garage, cartons éventrés, encore moins de références, de présentation et de qualité. Mammouth écrasait les prix de son temps. Les enseignes actuelles descendent dans les bas-fond. Parce que les pauvres doivent bien se nourrir et qu’ils sont suffisamment nombreux pour qu’on leur consacre ce genre d’installation. Parce qu’il semble que la pauvreté ait de l’avenir. Bref, on n’arrête pas le progrès!

Et dire qu’il a fallu tout ce temps au capitalisme libéral pour réinventer le magasin kolkhozien!

Notes

[1] Souvenez-vous. Dans les années 90. Des magasins avaient ouvert qui proposaient de vendre aux plus désargentés d’entre nous les mêmes produits que les autres, avec des petits, tous petits crédits. Quelques dizaines de francs. Mais sur tout plein de mois. Tellement qu’à la fin, le pauvre, exclu de la société de consommation et des joies du crédit revolving, se retrouvait à payer la même chose jusqu’à 50% plus cher qu’ailleurs!

[2] Dynamique commerciale n°98

58 réponses
  1. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Au sujet des commentaires de ce billet

    En fait, depuis hier, je voyais bien que personne ne postait et j’étais intérieurement un peu déçue par tout ce dédain 😉
    Heureusement, Merome a eu la bonne idée de me signaler qu’il ne parvenait pas à commenter ma prose. Après des recherches intensives, j’ai finalement compris que le titre de ce billet entrait en conflit avec un plugin interne de blocage de ping de spam (pour les Dotcleariens, il s’agit de « blocage par référent », qui marche fort bien, mais dont l’un des référents d’exclusion était « market », ce qui comprenait automatiquement ce billet, dont le titre contient « marketing »!).
    Donc, les affaires reprennent!

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  2. Laurent
    Laurent dit :

    Bonjour,

    Agnès, pourriez vous m’éclairer sur le rapport du CERC-asso? J’ai lu ce rapport. Je m’en suis servi comme argumentaire… Finalement il ne résiste pas à l’argument du frigo, de la mortalité, etc… Quelle crédit peut on y apporter? Le CERC a été dissout (pas Edouard il me semble)? Le CERC-asso n’est elle pas un zombie gooochiste?

    Cordialement

    PS : A la première lecture de la vanne j’ai cru que Jean-Marc Sylvestre avait fait cette réflexion sur les pauvres… :o)

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  3. Alain
    Alain dit :

    Agnès est géniale et je le dis sans aucune ironie.
    Se contredire dans la phrase de conclusion c’est très fort.
    « Et dire qu’il a fallu tout ce temps au capitalisme libéral pour réinventer le magasin kolkhozien! »
    Agnès est contre le capitalisme.
    Le communisme a fabriqué les kolkhozes.
    Le capitalisme fabrique des kolkhozes.
    Déduction : Agnès est contre le capitalisme et le communisme.

    Agnès est pour quoi au juste ?
    A force d’être contre tout et rien, elle est ou la cohérence du discours ?

    Petit rappel de logique, dans toute théorie qu’elle soit capitaliste, communiste, etc…, on la prend dans son ensemble avec tout ce qu’elle implique de bien et de mauvais, c’est un tout insécable.
    On ne peut pas faire des raisonnements partiels comme il en fleurit ici genre
    « Le communisme c’est bien, sauf les kolkhozes »
    « Le capitalisme c’est bien, sauf les actionnaires »
    Le communisme implique les kolkhozes, on ne peut pas l’amputer au raisonnement.
    De même pour le capitalisme, les actionnaires sont parties intégrantes du système.

    Par conséquent construire un discours en piochant des éléments d’une théorie par ci, d’une autre théorie par la etc…, faire un mix et balancer l’ensemble, le discours finit par avoir aucun sens.

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  4. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Alain = +1

    Agnès est contre le capitalisme et le communisme

    On avance, on avance… Je suis effectivement contre toute forme de totalitarisme et je suis ravie que tu ais apprécié ma conclusion. Nous tatonnons à la recherche de nouveaux modèles de société, pas de vains combats d’arrière-garde, mais Rome ne s’est pas faite en un jour!

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  5. chip
    chip dit :

    Agnès serait-tu capable de répondre à une petite colle :

    Dans le vide spatial, est-ce qu’il fait chaud ou froid ?

    Par exemple,la face cachée de la Lune est-elle froide ou chaude ?

    Je te pose cette question,car tu as l’ai d’avoir réponse à tout.

    PS : sans utiliser google,uniquement tes connaissances personnelles…

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  6. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Personne n’a de connaissances propres (la science infuse), on apprend toujours de quelque part : école, livres, observations. Pour ma part, j’aimais les sciences à l’école. Donc le vide spatial, c’est le froid absolu : -273°C. Pour retenir la chaleur, celle des rayonnements solaires ou celle du noyau de la planète, il faut une atmosphère, or celle de la Lune est pratiquement inexistante et son noyau ne produit plus rien. Du coup, tu crâmes au soleil et tu gèles à l’ombre. Ceci dit, ce genre de connaissance est enseigné au collège…

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  7. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    La main d’oeuvre américaine bas en retraite devant les forces de la mondialisation ou comment la machine à fabriquer les pauvres fonctionne à plein régime. Je rappelle que le processus de globalisation n’a rien d’une fatalité : c’est la résultante de la volonté des milieux industriels et financiers dans le but de créer une mise en concurrence sauvage de tous contre tous et de lancer une spirale de réduction des coûts salariaux à l’échelle mondiale. Bref, la solution est politique!

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  8. chip
    chip dit :

    Merci d’avoir joué le jeu, Agnès. Mais tu es tombé dans mon piège .Dans l’espace il n’existe pas de notion de chaud ou de froid.Dans le vide spatial, ce sont les vibrations des molècules (ou atomes) qui composent un solide donné qui determinent sa température.Donc plus les molècules vibrent plus sa température augmente.Bien sûr c’est le rayonnement solaire qui apporte l’énergie nécessaire pour augmenter et entretenir les vibrations moléculaires.

    Tu connais le principe des bouteilles Thermos et bien il en est de même pour l’espace, le vide spatial est un isolant thermique parfait, donc une fois que notre solide en question , »chauffé » par le soleil, atteint sa température d’équilibre,il la conserve puisqu’il est « entouré » de vide…

    Donc la Lune toute entière (incluant la face cachée ) est chauffée à blanc,environ 130 ° C.

    Pouquoi je te raconte tout ça ?

    Tout simplement pour montrer que les Américains n’ont jamais jamais posé le pied sur la Lune.

    C’est sûr tout ce que je viens d’écrire n’a aucun rapport avec « Le marketing des pauvres » mais je pense que tu as beaucoup trop de certitudes dans beaucoup de domaines(je te lis assez souvent).

    Connais-tu par exemple Antony Sutton ?

    Désolé pour le hors-sujet.

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  9. sys4
    sys4 dit :

    « Agnès est pour quoi au juste ? »
    Pour une refondation démocratique, je suppose, comme beaucoup de français 🙂

    « Tout simplement pour montrer que les Américains n’ont jamais jamais posé le pied sur la Lune. »
    sérieux?

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  10. chip
    chip dit :

    Les Ceintures de Van Allen(une sorte de barrière magnétique) sont infranchissables (y circulent protons et electrons à très haute énergie,minimum 10 MeV). Les Russes ont tenté une seule fois le franchissement,sans succès, les cosmonautes ont littéralement commencé à griller comme du bacon.le vide spatial est réellement un environnement hostile.C’est bien pour cette raison que les Russes ont définitivement abandonné les « voyages » spaciaux habités.La navette spatiale ne peut pas s’aventurer au-delà de 1000 km d’altitude.Il n’y a que les démocraties occidentales pour nous vendre cette fiction…

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  11. jcd
    jcd dit :

    le hard-discount, c’est beaucoup mieux que le magasin kalkhosien : personne n’est obligé d’y aller. C’est le magasin kolkhosien + la liberté. C’est ça le vrai miracle du capitalisme. Chacun d’entre nous en tant que consommateru peut s’imaginer avoir le choix, être un petit capitaliste, faire un « gain » en choisissant ce magasin ci plus que tel autre. C’est beau. très beau. Moral. Et même selon John Rawls ou Philippe Van Parys : juste ! Continue Agnès.

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  12. sys4
    sys4 dit :

    Mince, moi qui trouvait les libéraux trop nombreux, voilà un théoricien du complot spécial X-files. Nul. Si il suffisait de faire une vidéo bidon pour faire marcher les hommes sur la lune, je crois que les russes auraient gagné.

    Pour une raison simple: l’épopée de la conquête spatiale était hyper suivie par les habitants des démocraties occidentales. En revanche, en Russie, le programme spatiale était très opaque et chapeauté par l’armée. Il aurait été donc plus facile pour les russes de monter pareille escroquerie que les américains.

    Ouf… Joyeux noël et joyeuses fêtes quand même….

    P.S: Pour dans quelques jours, Chip, je te propose comme bonne résolution 2006 d’arrêter de répandre de telles sornettes.

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  13. chip
    chip dit :

    sys4,

    Tu ne sais pas lire c’est ça ton problème, expliques-moi comment les Astronautes procédaient pour refroidir leurs combinaisons spatiales en étant constamment soumis à une température de 130 °C ?

    Je te mets sur la voie, les Astronautes utilisaient l’air conditionné(ce n’est pas moi qui l’affirme mais la NASA).

    Expliques-moi comment utiliser un climatiseur (autrement dit une pompe à chaleur) dans le vide spatial.

    Contrairement à toi, j’ argumente de manière concrète,tout est fondé sur les déclarations officielles de la NASA.Tu veux un scoop, il n’y a pas une seule goutte d’eau sur notre bonne vieille Lune.

    Comment se fait-il que les agences spatiales ne fournissent aucune image haute résolution de la surface lunaire,à très basse altitude ?

    Pourquoi n’avons nous pas envoyé un seul véhicule radiocommandé sur la Lune muni d’une caméra et d’un appareil photo numérique,cela coûte bien moins cher ?

    Mais bien entendu,lorsque l’on est dépassé par les événements,on se pose en accusateur, en procureur à 2 balles. Je ne répands aucune foutaise mais uniquement des faits avérés.

    Contre-dis moi dans un premier temps sur ce que je poste point par point, plus tard si tu veux, je te parlerai de tes soi-disant « démocraties » et de leur véritable nature…

    Bonne année quand même !!!

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  14. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Chip, si tu veux parler des problématiques exposées ici, il n’y a pas de soucis, mais là, tu squattes MON blog pour diffuser tes trucs. Si tu as des trucs à dire, monte ton propre site ou ton propre blog ou écrit un bouquin, mais dorénavant, je n’accepterai plus de squatt.
    NB : je viens de gicler des trackbacks spammeurs, donc ne te sens pas traqué, mais je l’affirme : ici, c’est chez moi, c’est donc moi qui décide en dernier ressort!

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  15. urchin
    urchin dit :

    chip, si on suit ton raisonnement, l’ensemble (terre + atmosphère terrestre) qui est lui aussi entouré de vide devrait voir sa température augmenter en permanence… or ce n’est pas le cas

    Répondre
  16. urchin
    urchin dit :

    D’ailleurs tu viens de débiter un beau lot de conneries… Depuis quand le vide est-il un isolant thermique parfait? Bien sûr un vide bloque les transmissions de chaleur par convection (de proche en proche: énergie transmise par les chocs entre atomes) mais absolument pas les pertes d’énergie par rayonnement qui se passent très bien de support matériel, merci pour elles… D’ailleurs tu es bien capable de VOIR la lune la nuit, donc tu peux en conclure que le rayonnement IR émis par tout corps chaud traverse aussi le vide! Si ça n’était pas le cas, on aurait grillé depuis un moment déjà (cf remarque précédente)

    Répondre
  17. urchin
    urchin dit :

    Autre façon de te prouver ton erreur: notre cher soleil est lui aussi entouré de vide. Or de l’énergie s’en échappe, qui vient chauffer la Terre… Il vaudrait mieux pour toi que tu remballes ta théorie du complot

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  18. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Chip, reposte des trucs comme ceux que j’ai effacé ce matin et je te jure que je contacte ton FAI pour incitation à la haine raciale!
    Je rappelle, pour ceux qui l’ignorent peut-être encore, que c’est le bloggeur qui est pénalement responsable des propos tenus sur son blog, y compris ceux qui apparaissent dans les commentaires. Du coup, on comprend mieux l’acharnement de certains à polluer des fils de discussion plutôt que d’assumer leurs propos en créant leur propre support en ligne!
    Bref, tout squatting de mes posts sera sanctionné par l’effacement!
    Et ici, le sujet est : le marketing des pauvres!

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  19. mariano
    mariano dit :

    Le bloggeur est pénalement responsable… oui mais pas coupable. Ce n’est pas de sa faute si les « chip » existent … je suis prêt à témoigner. Pour les « magasins kholkhosiens », c’était une super bonne idée : au moment où ça a été mis en place il fallait nourrir tout un monde d’affamés. Aujourd’hui les sous produits destinés aux pauvres c’est le moyen qu’on a trouvé pour aller prendre les derniers sous dans les poches trouées de ceux qui ne pouvaient pas se nourrir plus. Je ne vois pas là de cousinage entre les deux principes.

    Répondre
  20. manu25
    manu25 dit :

    Et pourtant, je doit etre le seul dans mon quartier à rouler avec un véhicule de plus de 10 ans… Il est vrai que la proximité de la Suisse, y est pour quelque chose… France : terre de contraste : jamais je n’ai vu autant de monde dans les super-marchés; il n’est plus rare maintenant de voire des couples avec chacun un cadi rempli… Et jamais les cadeaux n’ont été si somptueux, a en croire France inter ce matin chaque français consacrerai un peu plus de 600 Euros uniquement pour les achats des cadeaux de noël! Sans compter la bouffe, la déco. de plus en plus présente partout… Lorsque je regarde mon traitement d’hyper privilégié de fonctionnaire (1340 € avec 13 ans de boutique…) ca me laisse songeur!!! Et pendant ce temps là, les salariés d’un sous traitant, qui par ailleurs vient de s’offrir les autoroutes de l’ouest, occupent leurs usines depuis 45 jours sans que cela n’émeut qui que ce soit. Comme disait l’autre on vit une époque formidable et les discounters ont encore de belles années de profits devant eux.

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  21. Merome
    Merome dit :

    Alain : « Agnès est contre le capitalisme et le communisme. » => Et alors ? Où est le problème ?
    Les deux systèmes ont montré leur limite. Il reste à en inventer un troisième. J’ai peu d’espoir que le PS ou l’UMP s’y colle, donc autant le faire soi-même, même si ça s’apparente à de l’utopie et de la politique de comptoir. Ca ne durera qu’un temps.
    Tu devrais lire le journal d’Etienne Chouard, Alain. Lui aussi n’est ni capitaliste, ni communiste. Et à en juger par le succès de son site, il n’est pas le seul…

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  22. cbabe
    cbabe dit :

    Ni communisme, ni capitalisme. Ok, mais imaginez que le bloc communiste soit actuellement présent : en face, le capitalisme faiseur de chomage, qui n’offre plus aux gens l’espoir d’une augmentation de leur qualité de vie, serait celui qui coulerait! En effet , le communisme russe n’est pas un système parfait, mais oublierait-on que le capitalisme aussi? On pourrait aussi parler du fait que le communisme vu par Marx n’est pas vraiment ce qui a été mis en pratique (même s’il y avait des bons cotés; n’oublions pas l’absence de chomage, le haut niveau d’éducation, la qualité et la gratuité des soins…autant de choses qui laissent réveur aujourd’hui, non?). Je pense pour ma part que Marx est loin d’être mort car les problèmes sont les mêmes aujourd’hui! Il faut juste réinventer un système en prenant leçon du passé.

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  23. Fred, de L.
    Fred, de L. dit :

    Il y a le capitalisme qui réinvente les kholkozes… et il y a aussi le capitalisme qui réinvente la presse sous contrôle… de type « Pravda ». Oui, notre monde capitalisme est en bonne voie de stalinisation, avec les goulags de Guantanamo, d’Irak et d’Afghanistant, et leurs anti-chambres dans les pays « alliés », dont certains en Europe. Tous les ingrédients y sont… des pauvres qui n’ont aucun choix, des riches qui ont des centres commerciaux super-garnis, des dissidents qui sont enfermés et torturés, une Presse qui explique que nous sommes dans le meilleur des mondes, une Police qui a de plus en plus de pouvoirs. En fait, il ne manque plus qu’un personnage pour incarner tout cela et on pourra inventer un nouvel adjectif, en lieu et place de « stalinien ».

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  24. Alain
    Alain dit :

    Le communisme a amené des millions de morts, le capitalisme en amènera encore plus (sans parler de la destruction de l’environnement) et contrairement au communisme il n’est pas prêt de s’effondrer.
    Ceux qui sont la à inventer des utopies, genre Agnès, Chouard, Laguillier, Besancenot et autres Bové sont des vendeurs de rêve.
    Vous rêvez d’un monde ou on est tous frères, ou on se tient tous par les mains en faisant une ronde, ou on est tous égaux, sauf que ça n’a jamais existé et ça n’existera jamais.
    Il n’y a pas de système idéal, chaque système ne fait que redistribuer les cartes, mais les cartes sont les mêmes, il y aura toujours des exclus, des exploités, des laissés pour contre et toujours des guerres pour prendre les biens de son prochain.
    Ouvrez les livres d’Histoire, ça a toujours été ainsi et ça ne changera pas.
    Avant même que l’Homme ne soit homme, il a utilisé un outil pour taper son prochain et lui prendre sa nourriture.

    Tous ces politiques cités plus haut vous vendent du rêve, ce sont les pères noëls pour adultes. Ils ont raison d’être des dealers de rêve parce que quelle que soit l’époque il y a toujours assez de gens (Agnès & co) pour les croire.
    Ils vous ont vendu le « non » au référendum, la 1ère brique d’un bouleversement européen, un avenir qui chante, le fameux « Grand Soir » tant attendu qui profitera aux plus démunis. Résultats ?
    SNCM privatisée, Les autoroutes de France également, GDF-EDF aussi, La Poste qui devient une vraie banque et entre en concurrence avec les autres, les chômeurs encore plus contrôlés et j’en passe.

    Pendant ce temps que font tous ces politiques pour qui vous avez voté ?
    Rien.

    Continuez de rêver, tout va bien.

    Mouhahahahahahaha

    Répondre
  25. louis siffert
    louis siffert dit :

    Il n’y a pas de système idéal, chaque système ne fait que redistribuer les cartes, mais les cartes sont les mêmes, il y aura toujours des exclus rejetant leur exclusion, des exploités dénonçant l’exploitation , des laissés pour compte et toujours des guerres pour reprendre les biens de son prochain. Ouvrez les livres d’Histoire, ça a toujours été ainsi et ça ne changera pas. Beuhahahahahaha

    Répondre
  26. cbabe
    cbabe dit :

    Les systèmes? Alain, ton point de vue est intéressant. En effet, il n’y a pas de système parfait et il n’y en aura jamais car ,tout simplement, un système qui doit s’appliquer à tous nécessite toujours qu’une partie des gens qui vivent dans ce système fassent des concessions, mais il faut au moins que ces concessions se fassent dans l’intérêt général. Or, le système actuel favorise une minorité. Ce n’est pas parcequ’aucun système n’est parfait qu’il faut accepter un système (trop) injuste. Le problème est que le communisme est dicrédité (à tord ou à raison;c’est un autre débat) et qu’il n’y a pas d’alternative proposée au capitalisme (ou alors il y en a trop (cf les mouvements « alters » où les anciens cocos croisent les nouveaux écolos), et donc pas capables de proposer un projet qui aille à la majorité). Pour preuve, le non au traité constitutionnel : tous les mouvements se retrouvaient sur le « non », mais il ne fallait pas leur demander de présenter un contre-projet unitaire… Je vais oser vous exposer mon idée sur le pourquoi de l’échec d’une alternative au capitalisme : un système qui intégre la donnée même d’ « argent » est forcément sur la fausse route car cette donnée est au coeur même du système capitalisme; le reprendre, c’est reprendre ses travers (argent=inégalités). Au pourrait voir plutôt voir celà sous l’ancle de l’ évolution des systèmes, et non leur confrontation. Je m’explique: au départ, il n’y avait pas de système monétaire (on chassait ou récoltait sa nourriture); l’argent a répondu ensuite à un besoin: le rationnement (il n’y avait pas de tout pour tout le monde; le « marché » régule l’offre et la demande); ceci a permis de travailler à la hausse de la productivité (machines, techniques) et de la production. Aujourd’hui, on contrôle la surproduction agricole (quotas laitiers par exemple) pour éviter une baisse des prix; on licencie des gens, se privant ainsi de main d’oeuvre productive. Les progrés en agronomie permettent d’avoir des cultures trés productives. Bref, n’est-on pas arrivés à un moment où on serait en capacité de produire assez pour tous (en tout cas la nourriture, pour commencer)? Donc, quel intérêt de garder un système monétaire? Des réactions?

    Répondre
  27. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    L’Homme n’est ni aussi rationnel que ne le rêvent les économistes, ni aussi con que l’on aurait tendance à le penser. Si seule la loi du plus fort prévalait, personne ne se serait fait chier la rate à créer des sociétés humaines. La guerre perpétuelle de tous contre tous apporte finalement un gain décroissant au fur et à mesure qu’elle s’intensifie, puisque plus ça dure, plus il ne reste que des gros cons avec des gros gourdins et plus il faut dépenser d’énergie pour préserver un maigre butin.
    En fait, le vol et la rapine ne sont pas des modes de fonctionnement très usités dans l’ensemble des sociétés animales. Je dis sociétés animales à dessein, parce que la plupart des bestioles préfèrent le groupe, son organisation et ses contraintes à l’utopie du chacun pour sa gueule et Dieu pour tous. En fait, le vol et la rapine ne sont des modus operandi efficaces que dans des sociétés organisées dont les brigands tiennent les rènes. Sans lois et services de l’ordre inféodés, écrabouiller la gueule de millions de gens dans la merde serait assez difficile en soit pour quelques dizaines de milliers de mecs auto-proclamés meilleurs que les potes et ils auraient tôt fait prendre le méchant retour de baton qui s’impose.
    Bref, les sociétés sont des constructions humaines et non des ordres qui s’imposent à nous via des entités supra-naturelles, que l’on peut appeler Dieu, La Main Invisible, le Marché ou La fatilité de mes deux. Nous avons donc toute latitude pour collectivement décider la manière dont nous souhaitons vivre ensembles!

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  28. sys4
    sys4 dit :

    « Pendant ce temps que font tous ces politiques pour qui vous avez voté ? »

    Vas-tu me dire pour qui j’ai voté? Tu n’en sais rien! D’ailleurs, j’ai même trouvé des ultralibéraux fanatiques qui ont voté non! (Ils ont du trop écouter les argumentaires du PS)

    Enregistre ceci UNE FOIS POUR TOUTES: « NON » n’est pas un candidat! Ni même un groupe politique. C’est sa force, mais aussi sa faiblesse.

    Tout compte fait, je préfère donc encore que le NON s’affiche comme antilibéral. Mais le terme exact serait plutôt illibéral, car à la recherche d’un nouveau paradigme différent. Paradigme qui viendra écraser ta doctrine mondialiste pancapitaliste (Sinon, ça veut dire qu’on utilise la force brute pour l’imposer, ce qui n’est normalement pas possible dans un état démocratique… Mais est-ce que la France est une démocratie?). Tout comme le néolibéralisme a écrasé le keynésianisme dans les années 80.

    Juste pour que ceci te rentre bien dans la tête (et je n’exclut pas de le répéter) : »Le libéralisme économique est un consensus dans la classe politique gouvernementale, pas dans le peuple français. » mais « le libéralisme politique est un consensus dans le peuple français, pas dans la classe politique gouvernementale »

    Ceci explique beaucoup de choses. D’ici là, garde donc ta langue de persifleur pour lorsque cet andouille de Sarko sera élu. A ce moment-là, il y aura beaucoup à critiquer c’est sûr. Et tu pourras t’y mettre à coeur joie. Et je t’aiderai avec mes petits moyens à augmenter le son.

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  29. sys4
    sys4 dit :

    Alain: « Le communisme a amené des millions de morts, le capitalisme en amènera encore plus »

    Attention! Morceau d’anthologie!

    Qui appelle Mermet (01 56 40 37 37) pour lui notifier un libéral complètement fou?

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  30. Alain
    Alain dit :

    Agnès, ne me prend pas pour plus débile que je ne suis. Je parle justement de ces constructions humaines (communisme, capitalisme etc…) qui portent en elles mêmes toutes les discriminations, l’exploitation de son prochain, les guerres etc…
    Je ne parle pas du fait de Dieu ou d’une main invisible qui dirige le système mais de la volonté humaine pour créer de l’inégalité.
    Agnès et les autres gauchistes pensent que l’homme est bon, moi je pense que l’homme est bon et mauvais. Je pense qu’un homme peut commettre les pires atrocités en journée et être un papa aimant le soir venu.
    Les systèmes mis en place par l’homme ne sont ni bon ou mauvais, ils sont juste ce que l’homme veut bien en faire.
    Quand on regarde l’Histoire (pas que sur le dernier siècle) quelque soit le système mis en place par l’homme, il y a toujours eu des personnes qui exploitent d’autres. Quand il y a une révolution, c’est juste d’autres personnes qui exploitent, mais rien de fondamental change, un jeu de chaises musicales ou chacun attend son tour pour prendre le pouvoir en manipulant la foule.

    Pour ce qui est de cbabe, l’argent est juste un concept mathématique pour déterminer le rapport entre 2 entités. L’argent détermine l’importance des échanges entre 2 groupes ($ contre € par exemple) et on ne peut en aucun cas occulter cette mesure, sinon ça revient à dire que tout est égal à tout et que tous les groupes sont équivalents, mais ça n’a aucun sens.
    Si on a pas le concept de rapport des échanges, ça revient à dire que la valeur du travail d’un médecin est équivalente à celle d’un ouvrier, ça revient à dire qu’une botte de foin est équivalente à un satellite de communication etc…or c’est faux.
    Ensuite dans un système ou tout est équivalent à tout, pourquoi un jeune se casserait le Q à faire 8 ans d’études pour devenir médecin si la valeur de son travail est équivalente à celle d’un ouvrier qui en a pas fait ?
    L’égalité entre tous n’a aucun sens.
    Le communisme a mis en place ce système d’égalité entre tous, résultat, le communisme s’est effondré.

    La seule égalité qui existe entre les personnes c’est devant la Loi.

    Pour terminer, je ne me suis pas cassé le Q à étudier, à cravacher comme un chien pour avoir le même niveau de vie qu’un ouvrier. Après si il y a des gens jaloux de mon niveau de vie, je suis désolé pour eux, bougez vous un peu, gagnez des millions, redistribuez 90% aux plus démunis et essayez de sortir du sempiternel « faut prendre aux riches pour donner aux pauvres ».

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  31. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Suite au squat de mon blog, la publication des commentaires de se fait en différé. Alain peut s’exprimer ici assez librement, il peut en témoigner, mais vu ce que d’autres font de la liberté d’expression…

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  32. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Alain : « Agnès, ne me prend pas pour plus débile que je ne suis. »
    => Je te renvoie le compliment. Je n’ai jamais dit que je trouvais que les humains étaient naturellement bons ou ce genre de connerie, et pour la énième fois, je ne suis pas de gauche, ni de droite, ni du centre. Je suis totalement d’accord sur le fait que chacun d’entre nous peut parfaitement être une ordure le matin et une personne adorable le soir. L’éducation doit renforcer le second et la société doit éviter de flatter le premier.
    Sinon, même après des années d’études, ça ne me dérange pas plus que ça de ne pas gagner plus qu’un ouvrier spécialisé (qui peut tourner à nettement plus de 1500€/net/mois, somme que j’envie….). Pourquoi? Parce que je ne choisis pas un métier pour gagner PLUS que les autres, mais parce qu’il me plait et que j’ai les capacités de bien le faire. Tout ce que je demande à un salaire, c’est qu’il me permette de vivre décemment, tout comme mon voisin ou mes collègues ou même mes subordonnés.
    Quant à l’égalité devant la loi… franchement, tu y crois?

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  33. Fred, de L.
    Fred, de L. dit :

    Quand on regarde l’Histoire (pas que sur le dernier siècle) quelque soit le système mis en place par l’homme, il y a toujours eu des personnes qui exploitent d’autres. Quand il y a une révolution, c’est juste d’autres personnes qui exploitent, mais rien de fondamental change, un jeu de chaises musicales ou chacun attend son tour pour prendre le pouvoir en manipulant la foule.

    C’est être éminement pessimiste de se dire que « rien ne change ». Ce n’est pas vrai. Il y a bel et bien un mouvement, soit vers un progrès, soit vers une régression, de la façon dont les lois sont utilisées. Les gauchistes comme tu les appeles, sont à mon avis pour un respect des lois, et pour un respect de l’humain, dans ce qu’il a de plus humain justement, ses conditions de vie à lui, et non les conditions de vie de personnes morales (je veux parler des sociétés commerciales).

    C’est amusant comme ton discours change. Ou plutôt, il se précise. Tu es parfaitement aigri voire nihiliste… et plutôt que de regarder avec bienveillance la volonté de certains de « dénoncer » les barbaries du système, tu préfères frapper dans le chateau de sable en expliquant que ça ne sert à rien. Au contraire, il faudrait que tu laisses parler ce qu’il te reste d’utopie, enfouie quelque part au plus profond de toi, pour apporter ta pierre à l’édifice du progrès… humain.

    Que l’être humain devienne plus important que les profits de quelques multi-nationales. Que les lois servent les hommes et non qu’elles les asservissent.

    Ce matin, j’ai entendu parlé de la mort (de froid) d’une femme qui vivait dans un lieu sans eau ni électricité. Si on regarde de près, on se dit que c’est de sa faute à elle si elle est morte. Y-a des systèmes pour pouvoir avoir l’électricité même quand on est dans la merde. Et après tout, oui, c’est de sa faute et uniquement de sa faute. Des sentiments comme la honte, des maladies comme la dépression, ce sont des choses stupides. Et ceux qui ont vraiment envie de s’en sortir… ils font ce qu’il faut pour. Les autres n’ont qu’à crever… sur le bord de la route. De toute façon, ils nous ralentissent dans notre progression. Comme à la préhistoire, quand un des membres du groupe chopait une maladie… on l’abandonne sur le bord du chemin. Comme dans « La Plage », le mec qui se fait bouffer par un requin et qui ne veut pas crever… on l’abandonne dans la forêt pour plus que ses rales de douleurs ne dérangent la gaieté du reste du groupe.

    En fait, c’est quand qu’on est humain et qu’on ne l’est plus ?

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  34. marzi
    marzi dit :

    « Sinon, même après des années d’études, ça ne me dérange pas plus que ça de ne pas gagner plus qu’un ouvrier spécialisé (qui peut tourner à nettement plus de 1500€/net/mois, somme que j’envie….).  » => Si, et je te le souhaite, ton entreprise marche bien, et que tu te mets à gagner 3000 euros par moi, on est donc bien d’accord que tu en reversera la moitié de ton plein gré au restau du coeur ? (puisque les risques et l’investissemnet personnel que tu as pris ne valent pas plus que ca).

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  35. cbabe
    cbabe dit :

    Belle passe d’armes; beaux arguments. Magnifique Agnés Maillard, à qui je vais apporter mon soutien. En effet, je pense aussi qu’il ne s’agit pas seulement de choisir un métier pour ce qu’il rapporte, mais parcequ’il nous plait. Je pense aussi qu’un médecin n’a pas à s’entasser avec les autres sur la Côte d’Azur; si il a choisi son métier avec la motivation d’aider à soulager les souffrances, c’est en Afrique qu’il doit se trouver. Par contre, s’il choisi ce métier pour avoir un certain statut social, la logique est différente…mais cette logique est induite par le système qui est le notre aujourd’hui, où c’est le chacun pour soi et où on préfére passer devant les sdf sans les voir, laisser faire la « main invisible », qui ne fait pas que réguler le marché mais aussi les acheteurs en « éliminant » les sans-le-sou, devenus inutiles au système car incapables de consommer.Une nouvelle sélection naturelle…mais pas tant que ça.Et je ne pense pas qu’il faille s’en suffire. L’homme peut choisir la société dans laquelle il vit; les lois, il peut les faire et les défaire. L’injustice, qui ne disparaitra jamais (d’accord avec Alain sur ce point), il peut la modérer. La baisse d’impôts consentie aux plus riches est intolérable au vu de la situation de la majorité des gens de ce pays et va dans le sens de l’inéquité. il y a donc des leviers pour agir. et puis, Alain, il est vrai qu’aucun système ne sera parfait alors pourquoi pas un système où chacun a accés gratuitement à la nourriture et d’autres produits en surproduction en échange de l’exercice du métier qu’il a choisi, médecin ou agriculteur (et les années d’études du médecin ne sont pas une corvée quand on choisi un métier qui nous plait). Ce système est certes primaire et demande à être développé, mais le principe n’est pas plus mauvais que le système actuel, où les gens font des études pour finir au chomage et où une minorité posséde 80% de la richesse nationale…non?

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  36. cyril
    cyril dit :

    Chip j’aurais beaucoup aime avoir des precisions sur les informations que tu detiens concernant l’espace et les americains. Si tu as le temps pourrais tu me contacter par email ? merci.

    PS: je m’excuse de ce post hors-sujet, mais je n’ai pas trouve d’autre moyen de contacter Chip

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  37. Aska
    Aska dit :

    « I »Sinon, même après des années d’études, ça ne me dérange pas plus que ça de ne pas gagner plus qu’un ouvrier spécialisé (qui peut tourner à nettement plus de 1500€/net/mois, somme que j’envie….).  » => Si, et je te le souhaite, ton entreprise marche bien, et que tu te mets à gagner 3000 euros par moi, on est donc bien d’accord que tu en reversera la moitié de ton plein gré au restau du coeur ? (puisque les risques et l’investissemnet personnel que tu as pris ne valent pas plus que ca). »

    Il n’y a pas de contradiction entre envier quelqu’un qui gagne 1500 euros alors qu’on gagne moins puis finalement gagner plus que ce salaire par la suite 🙂

    cbabe : Il est impossible de concilier ce que veux faire un individu, ce qu’il peut faire et ce qu’on lui propose de faire pour tous les individus. Faire déjà en sorte que le plus grand nombre trouve un boulot « utile » et décent financièrement serait pas mal.

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  38. PhL
    PhL dit :

    (puisque les risques et l’investissemnet personnel que tu as pris ne valent pas plus que ca) pourquoi tout de suite caricaturer? le propos que je partage est que pour de nombreuses personnes les revenus ne sont pas la première motivation de leur emploi! ensuite le risque est toujours l’argument donné par le patron pour justifier un différentiel de revenu alors que tout compte fait le risque est largement surestimé pour la plupart ; ceci dit l’investissement personnel est certes conséquent : mais quand on aime on ne compte pas 😉 et je ne connais pas beaucoup de patron qui échangerait réellement leur place malgrè tous les soucis qu’ils supportent! et je dis cela en connaissance de cause!

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  39. cbabe
    cbabe dit :

    Je pense aussi et surtout que l’investissement personnel n’est pas toujours là, dans le sens où certains héritent de leur entreprise dune manière ou l’autre (reprise du pére ou don d’argent des parents pour s’installer).

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  40. Pot de terre
    Pot de terre dit :

    Alain, je pense que tu es (sans vouloir te blésser ni te juger) de nature fataliste et assez individualiste (un jour peut être aura tu besoin d’une main qui se tend alors que tu n’as pas ou plus le sou, ou que la valeur de l’argent n’aura pas de mise dans ce contexte). Je pense aussi que tu n’as pas vraiment idée de ce que peut être la vie d’un ouvrier. Cela peut être souvent très dur et dangereux dans certains domaines. Je ne vais pas faire ton procès. J’ai personnellement raté pour des raisons familliales et sociales mes études et j’ai du choisir a contre coeur une orientation plus manuel. Mes notes étaient moyennes à un certain moment, j’avais plutôt besoin de soutien mais je n’ai pas eu la chance d’en avoir (on aide souvent les plus doués, pas les personnes ayants déjà des difficultés(ceux là, on les catégorisent assez rapidement en général)). On m’a gentillement orienté vers un métier technique car je n’avait pas selon « mes juges » le profil, le niveau. Mon aventure professionnelle a démontrer le contraire puisque je me suis petit a petit orienté vers les métiers qui m’interéssaient et me passionnaient pour parfois finir comme chef de projet dans une multinationale informatque. J’ai je pense autant de mérite même plus que ceux qui ont suivi le parcours officiel (si il y en a un). Cela est tout aussi difficile et méritant de se tailler un parcours atypique. Je ne me prend pas pour ce que je ne suis pas, je ne suis pas un surdoué ni un incompris je pense. Avec le temps ce genre de questions s’estompent. Toujours est-il qu’à mes débuts je me sous-estimais, pour aboutir sur la certitude que l’on m’avait jugé un peu rapidement et que les méthodes d’orientations de l’époque étaient ce qu’elles étaient… L’actualité en a depuis fait echo à travers divers reportages. Je suis autodidacte donc, j’ai conscience que la maitrise d’un métier, d’une spécialité n’est pas chose simple surtout sans diplomes, mais aujourd’hui sans avoir la grosse tête, je ne me sous estime plus comme à mes débuts et considére mes semblables (mêmes avec de gros bagages) comme des individus normaux ne possédants pas forcément la science infuse. J’ai croisé des personnes doués et d’autres un peu moins ayants parfois d’autres compétences, mais cela ne représente pas à mon sens la valeur d’un individu (surtout en travail d’équipe). Il y a des personnes instruites et égoistes, d’autres moins mais plus généreuses ne serait-ce qu’en terme de notion de transmission de savoir que nous avons tous reçu à un moment ou à un autre. Il y a aussi bien entendu des érudits qui partagent avec plaisir et passion leurs connaissances, et merci à ceux qui dans ma petite vie m’ont tendu la main.

    Ce n’est bien entendu pas pour parler de mon cas personnel que j’expose ce cursus, mais de ceux qui ont été, sont ou seront dans cette situation. Bref passons cette petite entrée en matière. 🙂

    Le marketing des pauvres est pour moi un marché exploitable et exploité comme tout autre marché. A la seule différence que je ne le trouve pas toujours très moral, exemple les crédits longue durée sur 48 mois pour vendre une télé, un frigidaire, un ordinateur à 99cts€/jour en sachant qu’au final au bout de 4 ans, l’objet peut être obsolète, cassé, usé ou inadapté (comme dans le cas d’un ordinateur ou appareil High tech) et que surtout comme le souligne Agnès, payer le double de son prix. Faire de l’argent avec une classe de la population déjà en difficulté, c’est injuste. Car ce n’est pas une personne qui en a les moyens qui prend ce genre de crédits. De plus les intérêts vont directement dans la poche de ceux qui en ont déjà des bien pleines. On pourra me répondre qu’ils n’ont pas à céder à la tentation, mais les publicités sont volontairement trompeuses, simplistes et ciblées (à la hauteur de l’estime qu’a le vendeur pour le client). Ce n’est pas nouveau je le sais, mais le fait d’en parler et de le rappeller ne fait pas de mal.

    J’ai aussi idée que l’individualisme, l’égoisme et la compétition° sont néfastes pour le genre humain. Je pense que cela coûte cher en vies gachées, en sécurité en protection et surveillance, que la nature et les animaux en prennent plein la poire de ces excès et des besoins constant de croissance. Qu’au bout du compte un déséquilibre s’installe entre l’homme et la nature, que le progrès est souvent l’arbre qui cache la forêt, car notre vision de ce progrès est forcément à court terme (retour rapide sur investissements) au détriment de la condition humaine et sociale, de la qualité de vie et des risques encourus, à jouer trop souvent aux apprentis sorciers dans des domaines inéxplorés. Je ne suis pas du tout contre « l’évolution », mais je pense que souvent nous devrions envisager des périodes de test à plusieurs niveaux avant l’adoption d’une technologie ou d’un procédé quelconque. Mais je suis un réveur, l’intérêt et l’inertie des marchés l’emporte sur la raison, la précaution, et le bénéfice du doute.

    °La passion peut être tout aussi productive que la compétition, et l’on ne sous-traite que ce que l’on maitrise.

    Amicalement.

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  41. éric
    éric dit :

    Mathématiques sociales à l’usage des gouvernants et surtout des autres;

    L’exemple de la relance de la consommation sans augmenter les revenus ni toucher à l’épargne.

    L’un des moteurs de l’économie réside dans la consommation des ménages. Or cette dernière n’est pas au beau fixe. Taux de chômage élevé et précarité des situations professionnelles incitent davantage à épargner qu’à consommer (si l’on a de l’argent sinon à se priver). Comme le credo n’est pas à l’augmentation des salaires, que les baisses de l’impôt sur le revenu ne concernent pas la « vraie » classe moyenne et que l’état providence est une notion dépassée aux yeux de nos décideurs, il convenait de trouver d’autres voies. Celle du crédit semble la préférée de notre gouvernement. Il est vrai qu’elle cumule bien des avantages, surtout à un an d’échéances électorales :

    – L’achat à crédit permet de consommer immédiatement et donc de relancer l’activité économique. – Il remet à plus tard (au-delà des élections) les problèmes majeurs de remboursement. – Il maintient le débiteur (salarié le plus souvent) dans un état de dépendance (en droit) vis à vis de sa banque et de fait vis à vis de son employeur (le salaire). – Comme il ne faut pas mordre la main qui nous nourrit c’est moins de revendications en perspective.

    La première équation est donc :

    PRÉCARITÉ+DÉPENDANCE=DOCILITÉ

    Mais le système du crédit fait planer l’ombre du surendettement. Le principe actuel de la plupart des emprunts repose sur les revenus du débiteur. Plus ils sont élevés, plus il peut s’endetter. En période de hausse des salaires et des allocations inférieure à l’inflation la capacité à s’endetter de la sorte diminue et avec elle la consommation. Dés lors, il faut modifier le système.

    Deux voies sont choisies : le crédit hypothécaire et le micro crédit ;

    – le crédit hypothécaire :

    Il permet à un ménage de s’endetter non plus seulement en fonction de ses revenus mais aussi et surtout en fonction de ce qu’il possède. Ce système vise grandement la classe moyenne qui peut avoir quelques biens. Le ménage pourra s’endetter donc en fonction de la valeur de sa maison par exemple, et au fur et à mesure de ses remboursements sa capacité à s’endetter s’accroîtra de nouveau. Cela est séduisant. Mais pour rembourser il faut des revenus. À défaut c’est la saisie du bien donné en garantie. Le ménage sera d’autant plus enclin à accepter une baisse de ses droits (du travail) qu’il aura du mal à rembourser.

    La deuxième équation est alors :

    PRÉCARITÉ+DÉPENDANCE+RISQUE DE PERTE DE SES BIENS=GRANDE DOCILITÉ

    Décidément l’interconnexion des règles du droit du travail et de celui du crédit se fait dans un sens défavorable aux classes moyennes.

    Pour les plus pauvres aussi il faut agir. Ceux qui n’ont plus rien à perdre constituent un carburant hautement inflammable car dans notre troisième équation :

    PRECARITE + BAS SALAIRES= MOTIVATION A TRAVAILLER TOUJOURS PLUS

    si la partie de gauche de l’équation tend vers le bas et celle de droite vers le haut. Cette tendance risquerait fort bien de s’inverser pour des valeurs très faibles de salaire et très hautes de précarité.

    Quand l’espoir s’annule, la révolte tend vers l’infini.

    Cela nous amène donc à la seconde voie : le micro-crédit : pour les plus pauvres et les exclus ;

    – le micro crédit :

    L’Élysée fixe un objectif pour 2006 de 27000 nouveaux crédits de ce type et de 2007 à 2009 40000 nouveaux bénéficiaires par an. Ce qui, au passage, signifie que l’Élysée estime que la pauvreté va s’accroître dans la même proportion.

    Le système doit être suivi et coordonné par des bénévoles (inactifs et retraités notamment). C’est à dire des individus assez aisés par ailleurs pour se permettre d’exercer une activité gratuitement. Pourquoi ne pas prévoir de créer des emplois rémunérés pour cela ? Pourquoi ne pas augmenter les revenus afin d’éviter la chute d’individus dans la pauvreté ? Parce que la pauvreté est l’étendard noir qu’il faut agiter devant les classes moyennes afin de freiner leurs revendications. Et, finalement, voir plus pauvre que soit c’est déjà apprécier sa situation. Le micro crédit maintiendra les plus pauvres la « tête hors de l’eau » et leur donnera espoir, juste ce qu’il faut pour contenir une révolte issue d’un raz le bol prévisible.

    Donc quatrième équation :

    PAUVRETÉ RÉGULÉE+ESPOIR= STABILITÉ SOCIALE

    En conclusion reprenons nos équations et voyons si nous pouvons les fusionner en seule garante de la sauvegarde des intérêts des plus aisés.

    Pour les classes moyennes nous avons :

    PRÉCARITÉ+DÉPENDANCE=DOCILITÉ

    PRÉCARITÉ+DÉPENDANCE+RISQUE DE PERTE DE SES BIENS=GRANDE DOCILITÉ

    Pour les plus pauvres :

    PRÉCARITE + BAS SALAIRES= MOTIVATION À TRAVAILLER TOUJOURS PLUS

    PAUVRETÉ RÉGULÉE+ESPOIR= STABILITÉ SOCIALE

    Ce qui donne donc :

    PAUVRETÉ RÉGULÉE+ESPOIR+PEUR DE LA CLASSE MOYENNE= DOCILITÉ +STABILITÉ SOCIALE

    Qui manque dans l’équation ? Les catégories aisées. Pourquoi ? Parce-que ce sont elles qui l’ont mis au point.

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  42. Pot de terre
    Pot de terre dit :

    Nos sociétés (pays) mettent en premier plan la production et le rendement, l’homme devient une bouche inutile à nourrir. Les machines sont pratiques et séduisantes, mais sont aussi des jouets destructeurs envers leurs créateurs et envers elles mêmes. Une machine plus évoluée détronne une moins performante et est elle même vouée à sa propre disparition par le biais d’une autre encore plus rentable. Mais leurs avantages par rapport à l’homme, c’est qu’elles ne revendiquent pas, abattent le travail et disparaissent sans broncher. Le but ultime semble être l’autodestruction des espèces vivantes à terme, un génocide massif. Avec cette schématique, on peut penser que la majeure partie des classes sociales basses dans un premier temps est en danger de disparition. Les entreprises ont de moins en moins besoin de main d’oeuvre. Paradoxalement, elles s’exposent dans le cas des multinationales à un besoin de protectionnisme afin de conserver leur position dominante, ralentir et freiner les technologies innovantes des quelques rares concurrents leur faisant face.

    Ce qui m’a toujours étonné, c’est qu’une entreprise a le titre d’entité morale. Que depuis à peu près 100-150 ans pour les plus vielles, elles sont presque « immortelles » (pour les plus voraces), passent les guerres (pour certaines collaboration avec des dictatures, un régime nazi etc..), passent les générations, les époques, les scandales, la corruption, survivent à leurs créateurs, leurs PDG etc… Tout comme des monstres sans vie au service de leur propre survie existence et évolution.

    La pire des sanctions que pourrait subir une entreprise, ce n’est pas de se voir affliger une amende ni de se voir racheter par une plus grosse (au quel cas elle pourrait conserver sa marque), mais de se voir dissoudre et disparaitre que ses biens soient redistribués aux populations, que ses licences et brevets libérés au domaine public.

    Après tout on fait bien l’inverse en spoliant le peuple en revendant à des privés des sociétés nationales.

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  43. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    J’aborde cette problématique du côté monstreux et irrationnel du statut juridique de l’entreprise dans le billet consacré au commentaire du film « The corporation », dans la catégorie « cinefil ». Le début de la fin du capitalisme libéral serait de revenir sur le statut de personne morale qu’on extorqué les sociétés au droit. Si l’entreprise n’est plus une personne, mais un conglomérat juridique de personnes réelles et responsables, il ne sera plus possible de faire n’importe quoi!

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  44. girard
    girard dit :

    Aux chants des sirènes de la GMF (2sd partie)

    l y a quelques semaines, Agnès M. signait un excellent billet de prix bas pour la France d’en bas …, Pour parfaire mon analyse (1er partie),ainsi qu’ une récente parabole sur fond de jus de tomate, j’ai fait un petit essai avec Google trends, qui…

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