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Bons baisers de Tchétchénie

Par Agnès Maillard
8 décembre 2004

Ce n’est pas parce que personne n’en parle qui ne s’y passe plus rien. Petit retour sur la sale guerre qui n’en finit pas.

Fin septembre 1999, j’arrive en Russie, en visite familiale. La veille de mon arrivée, le Manège, centre commercial souterrain de luxe à un jet de grenade de la Place Rouge, avait été ravagé par une explosion. Deux jours plus tard, le site est rouvert au public, pas une seule trace de l’attentat.
Tout au long des 10 jours de mon voyage entre Moscou et Saint-Pétesbourg, mon périple sera ponctué par des explosions meurtrières, touchant le plus souvent les grands immeubles d’habitation. La Russie a peur, les Tchétchènes sont de retour et pendant que les Russes comptent leurs morts, la seconde guerre de Tchétchénie se prépare. Elle dure toujours.

Les attentats de l’automne 1999 ont été presque immédiatement attribués aux indépendantistes tchétchènes et les représailles se sont mises en place sans que la preuve de cette allégation ne soit faite.
Et les évènements du 11 septembre, légitimant toute forme de violence du moment qu’elle s’inscrit dans la lutte contre le terrorisme n’ont pas arrangé les affaires tchétchènes. Comme toutes les guerres, la guerre en Tchétchénie est une guerre sale, une guerre contre un peuple, des civils, une guerre de terreur, d’exactions dont les premières vicitmes restent les femmes et les gosses.

Loin des yeux, loin du cœur!

Seul le crescendo de l’horreur sort parfois la Tchétchénie de son isolement médiatique. Beslan et ses 160 enfants tués a remis un coup de projecteur sur le conflit russo-tchétchène. Mais cette actualité a fini par être emportée elle aussi dans le flux continu du catastrophisme ambiant. Pendant ce temps, les soldats russes continuent de mourir en Tchétchénie, leurs mères de pleurer, les Tchétchènes de résister ou de fuir, de vivre dans un état de non droit permanent, les Droits de l’Homme sont foulés aux pieds, et tout le monde s’en contre-fout!


La Tchétchénie bouge encore :

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