En ce jour de festivités princières, au moment où les plus gros parasites de la planète paradent sous les yeux envieux du bon peuple strangulé lentement mais sûrement par leur avidité sans fond et leur inutilité patentée, je vous offre quelques minutes de grâce, de fraîcheur et de bonne humeur !


Rouge absoluRégulièrement, je reviens sur la difficulté intrinsèque qu’il y a à vivre pleinement sa vie de femme dans un monde d’abrutissement consumériste généralisé et où le modèle absolu de l’appétence sexuelle débridée ressemble de plus en plus à la silhouette frêle et prépubère de ma fille de 8 ans. J’ai déjà raconté la difficulté à habiter pleinement un corps de femme tout à fait normal quand le miroir social te renvoie l’idéal anorexique de la poupée de papier glacé. J’ai également exploré la dictature médicale qui a annexé le corps des femmes, qui en fait une terra incognita, siège d’activités suspectes qu’il convient de promptement médicaliser. Par pur esprit de sacrifice, j’ai visionné des heures de filmographie pornographique pour en restituer une vision franchement féminine et tenter de comprendre la massification de certains modèles sexuels. J’ai même fini par pousser une gueulante qui a fait bien des émules depuis, en dénonçant la dictature des monts chauves, cette terrible mode directement issue de la massification du porno hygiéniste et qui fait qu’une femme n’est désirable que si elle se dépoile intégralement le sexe.

J’étais assez inquiète des possibles implications de cette néoténie de la sexualité, parce que, très logiquement, une vulve de 30 ou 40 ans dépoilée n’aura tout de même pas l’aspect — à mon sens réellement recherché — d’une vulve de moins de 18 ans.
La standardisation des corps pousse déjà de trop nombreuses femmes à s’infliger des régimes absurdes à répétition pour atteindre un idéal féminin qui est, au mieux, une monstruosité génétique, au pire, un mensonge organisé et généralisé où, de nouveau, l’on fait passer des fillettes de 14 ans poussées en graine, affamées à longueur de journée et retouchées à la truelle à la palette graphique, pour des femmes épanouies et désirables. Malgré une campagne de sensibilisation portée par une mannequin anorexique jusqu’à la tombe pour dénoncer l’imbécillité de la taille 0 dans les milieux de la mode, les modistes ont finalement décidé de s’accrocher à leur norme pathologique, parce que, paraît-il, des mannequins un peu moins cadavériques relâcheraient la pression du modèle sur des millions de femmes qui en profiteraient alors pour se laisser aller vers l’attraction maléfique du trou noir de l’obésité.
Si, si, je vous jure qu’on en est là, et c’est déjà affligeant.

Mais la connerie humaine est bien plus insondable que l’obscurité au fond d’un puits de mine de charbon effondrée. Parce que voilà, ma’ame Lolita, ton chemin de croix est loin d’être terminé. Maintenant qu’à force de privations absurdes, tu arrives à rentrer dans les frusques de ta fille prépubère dont on a sexualisé la mode pour encore plus de confusion sexuelle, maintenant que tes nichons surdimensionnés par la magie du bistouri peuvent tuer un reptile irascible, maintenant qu’à force de cire et de laser, ton mont de Vénus est aussi dégagé qu’une piste d’A380, il faut bien dire ce qui est, avec ta vulve qui s’épanouit comme une belle grande fleur de corail pourpre, tu ne ressembles toujours pas à une poupée Barbie, ton Saint-Graal de la femme parfaite… et monstrueuse.

Heureusement pour toi, voici… la chirurgie vulvaire. Slap, d’un coup de bistouri bien vif et précis (c’est qu’il ne faudrait pas t’exciser par maladresse !), on dégage les petites lèvres et à toi le joli abricot de petite fille qui fait tant fantasmer dans les backroom de ton imaginaire sexuel sordide et misérable. Parce que soyons clair : couper les petites lèvres, c’est bien et ça n’a rien à voir avec les mutilations sexuelles que subissent les femmes du Sud. Non, non, non ! Chez nous, on est volontaires et on paye pour ça.
Et très prochainement, si ce n’est déjà fait, on devrait avoir le droit à la plastie vaginale, parce qu’il faut bien dire ce qui est, ma bonne mémère, après le passage de deux ou trois occiputs, ton con s’est quelque peu relâché, et maintenant que l’entrée ressemble à une cour de récré d’école maternelle, ce serait dommage que de laisser Popole se perdre dans des couloirs qui résonnent comme des nefs de cathédrale !

Vous voulez que je vous dise ?
C’est à l’aulneaune de cette crise de la foufoune que l’on mesure à quel point notre société est profondément malade. Et plus je nous vois nous enfoncer dans cette sorte de déni complet de notre humanité, avec tout ce qu’elle a de beau, de délicat, de fragile, de diversités dans les manières d’être et de paraître, et plus je me dis que finalement, je vais bien.

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