L’époque du client-roi est révolue. Plus les entreprises ont des pratiques discutables, plus elles renforcent les actions anti-clients.

Tous coupables! C’est ainsi que les entreprises on l’air de considérer leurs clients depuis quelques temps. Les secteurs les plus touchés sont ceux des loisirs… mais pas seulement.

Elégant!Souvenez-vous… il n’y a pas si longtemps, l’industrie du disque à travers le SNEP nous gratifiait d’un très élégant et éloquent doigt d’honneur. Motif? Tous des salauds de pirates qui passent leur temps à télécharger gratuitement de la musique sur Internet grâce à leur connexion ADSL illimité haut débit pour la transférer sur leur lecteur MP3 acheté à prix d’or! Alors qu’on peut trouver très facilement de la soupe et des best of à des prix défiant l’élasticité de bien des bourses. La chasse aux amateurs indélicats de musique on line était ouverte. Des mélomanes à la recherche de sons, de sensations, ont été traînés en justice comme de vulgaires malfrats, pour l’exemple! C’en est arrivé au point où les internautes mélomanes ont du se regrouper en associations de défense, comme les audionautes.
Et pourtant, la copie de musique existe depuis la K7 audio, elle n’a toujours pas fait couler l’industrie du disque. Elle est souvent le meilleur vecteur de diffusion de certains talents et beaucoup de ces échanges informels débouchent sur des achats!
Le plus drôle, c’est que le dernier mauvais payeur des droits d’auteurs de musique en ligne, c’est celui-là même qui pourfendait du lycéen et de l’instit’ il n’y a pas si longtemps, le traqueur des serial téléchargeurs… comme quoi, le coup de la poutre et de la paille dans l’œil, ça marche toujours!

Dans le même esprit, il y a aussi la dernière trouvaille de Microsoft, empire quasi-monopolistique du logiciel mondial, qui ne tolère ni concurrents, ni une quelconque interrogation quant aux tarifs prohibitifs auxquels il fourgue sa marchandise. Même allègrement copié, piraté, imité, Microsoft reste une super-puissance économique. Mais ça ne lui suffit pas. Car tout client est un pirate en puissance. Ainsi, le géant de l’informatique se propose-t-il de pénétrer le marché chinois, peu sensible aux problématiques de propriété intellectuelle en incitant financièrement tout client (donc, forcément un pirate!) à balancer son dealer de programmes off shore.
Nous ne sommes pas en reste, puisque la dernière bonne blague de Microsoft à ses clients réguliers et payants, c’est de bloquer la réactivation de Windows XP après réinstallation, parce qu’en tout client sommeille forcément un escroc en puissance! Si cette nouvelle mesure risque de pénaliser plus d’un client de Microsoft, il y a fort à parier qu’elle ne gênera que très marginalement les vrais pirates qui, eux, sauront contourner l’obstacle.

En fait, ce désamour flagrant du client est une tendance lourde.

Que vous soyez de bonne foi ou pas, les services après-vente vous traitent de plus en plus souvent comme des escrocs multirécidivistes.
Je me souviens avoir bataillé plus d’un mois, à mes frais, auprès du SAV d’Orange pour enfin obtenir l’échange d’une carte SIM livrée d’origine défectueuse. La guerre psychologique avec l’opérateur avait été dantesque, celui-ci me renvoyant sans cesse d’un interlocuteur à l’autre dont la mission était clairement de me faire avouer que j’étais seule coupable du dysfonctionnement. L’un d’eux avait l’air d’un spécialiste dans le genre, me menaçant assez clairement de poursuites et m’accusant d’être une mauvaise payeuse (de mauvaise foi, donc!), alors que je suis en prélèvement automatique chez eux depuis 5 ans, sans incident!
La VPC, dinosaure commercial implanté depuis plusieurs générations fidèles au cœur des familles n’est pas en reste. Dernièrement, une erreur de La Redoute me prive de la livraison d’un article d’une commande groupée. Je me retrouve à appeler le Service Commercial (qui n’a de commercial que le nom!), caractérisé comme partout par un numéro sur-taxé. On me raconte une longue histoire sur le remboursement et le retour de mon oreiller (accessoire important entre tous!) pour la semaine suivante… où comme la Sœur Anne, je ne vois rien venir. Re-téléphone surtaxé, une autre nana, qui ne fait visiblement aucun effort pour faire semblant d’être aimable, dément tout ce que j’avais entendu la semaine précédente et me colle au ban des accusés. C’était en novembre dernier
Bilan des opérations : je n’ai jamais eu mon oreiller et la semaine dernière, j’ai reçu cette petite note laconique de La Redoute :

Vous avez souhaité nous renvoyer un article qui nous est bien parvenu… (suivent les références de l’oreiller que j’aurais été bien en peine de renvoyer, puisque je ne l’ai jamais reçu!)
Nous vous devons 10,96€
Que nous vous remboursons par note d’avoir.

N’hésitez pas à nous faire part de vos observations. Vos remarques nous aident à mieux comprendre vos attentes et améliorer la qualité de nos services et de nos produits.