Longtemps, je n’ai eu aucune inclinaison pour le chocolat. Je préférais la vanille, pour les filles.
Puis, j’ai découvert l’âpreté, l’amertume et la puissance du chocolat noir de qualité… Trop tard ou presque!

Je me souviens encore du chocolat de mon enfance : les formats familiaux avec 5 plaques de chocolat au lait crayeux dans un emballage plastique transparent. Un désastre gastronomique, l’antithèse de la gourmandise, ou comment fâcher définitivement un gamin avec le chocolat.

Il y a eu la période plus faste et plus lointaine, où j’ai vécu en zone frontalière, à ras de Genève, capitale francophone du pays du chocolat. Je me souviens des petits carrés de chocolat Cailler emballés individuellement, où chaque morceau était recouvert d’une photo évoquant le patrimoine helvétique. Ou la sublime onctuosité du mythique Frigor qui fondait dans la bouche comme un petit glaçon des alpages.

En quittant l’ombre des montagnes suisses, j’ai désappris le chocolat.

Ce n’est que bien plus tard que j’ai découvert le plaisir du chocolat noir de qualité. Loin de moi la goinfrerie compulsive! Une plaque de très bon chocolat peut me faire plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Ces dernières années ont vu le goût des consommateurs se tourner résolument vers le chocolat noir de chez noir et du coup, on a assisté à une véritable surenchère de noiritude dans les rayons. Et un chocolat plus riche en cacao, c’est forcément un chocolat plus coûteux. C’est probablement pour cela que le 3 août 2000, l’Europe a autorisé le remplacement d’une partie du beurre de cacao par des graisses végétales de substitution. Il a été adapté à la France le 31 juillet 2003. Voilà qui permet de réduire les coûts sans aucune contrepartie intéressante pour l’amateur.
Dans un premier temps, tous les acteurs de la filière chocolat ont juré, la main sur le cœur, qu’ils continueraient à produire du chocolat 100% cacao. Et puis…

Et puis l’autre jour, j’ai acheté un chocolat noir truffé, plutôt cher, et dont la dégustation a débouché sur un grand vide gustatif. Chocolat noir, insiste l’emballage! Mais pas de précision sur la teneur en cacao. Je retourne la plaquette et découvre que le beurre et les graisses végétales, arrivent loin devant le beurre de cacao dans les ingrédients, ce qui signifie qu’ils dominent. Je croyais acheter du chocolat noir et j’étais en train de me taper une plaque de margarine colorée en marron foncé!

Je suis retournée au rayon chocolat de mon fournisseur habituel et j’ai commencé à retourner les plaques pour lire la composition : même constat, y compris pour des chocolats prétentieux, chers et affichant des concentrations en couverture que le dos dément aussitôt! Le chocolat est mort, vive le chocogras!

Finalement, j’ai trouvé une plaque chez le discounter du coin qui ne contenait que du beurre de cacao comme matière grasse.

Les industriels ont fait leur choix. Et comme d’habitude, ce n’est pas le meilleur pour nous. Il semble que sortis des chocolatiers artisanaux et des pâtissiers spécialisés, nous entrions dans une période noire pour les amateurs de chocolat!


Pour en savoir plus sur l’univers du chocolat et ses fondus :

A voir

Notes

[1] Une ode au chocolat, un film à savourer!