Questions de temps

Le temps, ça ne se trouve pas, ça se prend.

CourirIl y a quelque temps, Le Monde Diplo m’a proposé d’écrire de petites notes de lecture pour eux. Ouais, quand même, rien que de l’écrire, ça me fait quelque chose… il faut bien avouer que Le Diplo, c’est quand même une autre catégorie que l’emballage à poissons du bled, d’autant plus qu’au bled, on ne mange pas de poisson, mais plutôt du canard. Bref, chaque fois que j’y pense, ça me fait remonter ma température interne d’un bon dixième de degré.

En dehors du fait que j’ai désespérément besoin d’un vrai boulot avec un vrai salaire et surtout des droits Sécu, j’ai tout de suite bien aimé l’idée de bosser pour eux et je leur ai immédiatement proposé de parler du bouquin que je lisais à ce moment-là, un truc pas très connu, qui n’a pas fait la Une des trucmuches littéraires qui t’expliquent tout ce qu’il faut lire ici et maintenant — en gros, le bouquin d’un pote de la rédaction — un ouvrage bien documenté sur l’histoire des cépages interdits écrit par un certain Freddy Couderc, quelque chose de vraiment intéressant et peu connu sur la réalité viticole française, prêté par un ami passionné. Très intéressant, très nouveau dans le paysage médiatique, en prise avec des problématiques contemporaines, mais voilà, le bousin datait de janvier 2005. Même si le sujet est toujours d’actualité (forcément le vin, c’est quand même toujours d’actualité), j’ai découvert que les livres étaient aussi des produits de consommation courante, avec une DLC et tout, et que même dans un journal différent, indépendant et tout, et bien, la DLC, ça compte. Et tant pis pour le plaisir de découvrir un livre peu connu qui n’a pas disposé, en son temps, de la puissance de tir médiatique nécessaire pour exister.

Heureusement, dans le même temps, j’ai une copine de blog qui a commis un ouvrage qui résume fort efficacement son long combat féministe mené sur la blogobulle. Comble de bonheur, elle m’en fait parvenir un exemplaire que je m’empresse de lire et de compiler. Là, j’étais quand même sérieusement dans l’actualité. Même que c’était un exemplaire presse, c’est-à-dire un de ces livres qui vous parviennent avant que le commun des mortels ne puisse y avoir accès dans les points de vente dédiés. Autant dire que j’avais là un bien meilleur timing que pour ma première proposition. Mais voilà, le contenu n’était pas assez novateur. Effectivement. Pour moi qui suis assez engagée dans la lutte féministe, qui lit beaucoup d’articles sur ce sujet, en écrit aussi parfois, je n’ai pas appris grand-chose de neuf dans cet ouvrage, d’autant plus que je suis les pérégrinations de l’auteure en ligne. Mais cela me semblait par contre tout à fait intéressant pour des gens peu sensibilisés aux problématiques féministes, un bon bouquin qui démontre clairement et sans détour pourquoi et comment après 40 ans de luttes féministes, on est encore bien loin d’avoir remporté la simple légitimité de notre aspiration à l’égalité entre les sexes et à la fin de la domination masculine. Bon, d’accord, le lecteur du Diplo, ce n’est pas un perdreau sorti de sa coquille, et donc, il n’a pas besoin d’être sensibilisé : il sait. Donc, ce qu’il veut, c’est du sérieux, du pêchu.
Du coup, j’aurais bien parlé d’un autre bouquin arrivé peu après, toujours l’œuvre d’un blogueur, dont la plume profondément humaniste dépeint avec précision et empathie les rouages internes d’un monde qui répugne à trop s’exposer en public, mais bon, j’ai bien senti que je n’étais pas dans ce registre en phase avec le lectorat de ce qui est probablement le dernier journal de référence de ce pays.

Un autre blogueur m’a envoyé un livre très intéressant sur les racines jungiennes de la monnaie, quelque chose de nettement plus dans la lucarne du journal, mais voilà, c’est moi qui ne suis pas à la hauteur des exigences du sablier : voilà un mois que je lis attentivement le roboratif ouvrage et il y a fort à parier qu’il m’en faudra encore bien autant pour arriver à son terme, ce qui implique que l’horloge biologique de la critique littéraire va définitivement me péter à la gueule.

En fait, j’ai un gros problème de synchronicité avec le monde moderne.

Comme l’écrit fort justement Mona Cholet dans son dernier opus — encore un que j’ai reçu avant tout le monde, mais qui est suffisamment agréable à lire pour que je puisse espérer le finir avant sa fin précoce de vie médiatique —, l’humain a une temporalité interne qui est propre à chacun de nous, une succession de rythmes de vie, un peu comme une houle lascive qui berce tranquillement les navires sur l’océan :

J’ai longuement disserté, ailleurs, sur la privation de toute respiration imaginaire et psychique qui caractérise notre époque dévorée d’angoisse — entre crise écologique, souffrance au travail et peur du chômage — et sur les ravages causés par cette asphyxie. L’équilibre de l’individu ne peut reposer que sur une alternance de temps de participation sociale et de temps de retrait nécessaire pour refaire ses forces.
In Beauté fatale, éd. Zones, 2012, p. 58-59.

Notre époque — et plus particulièrement notre système productiviste — s’accommode fort mal de notre temporalité humaine, à l’amplitude et à la fréquence variables selon chacun. C’est pour cela que notre temps est découpé, marqué, décompté, valorisé ou non en fonction des seuls impératifs de la machine à produire. Ce n’est pas par hasard si le travail est compté en heures plutôt qu’en tonnes, en kilomètres, en calories ou en idées. Parce que ce temps calibré, accéléré, comptabilisé est un temps qui est confisqué de notre seul bien propre : notre temps à vivre.

J’ai compris cette étrange relation au temps qu’a notre société frénétique avec un petit film d’anticipation qui n’a pas beaucoup fait parler de lui… en son temps. In time (traduit de manière fort amusante et mal à propos par Time out en… français) décrit un monde vaguement futuriste où les humains, génétiquement modifiés, cessent de vieillir à 25 ans. Super bonne nouvelle a priori sauf qu’un nouveau système a transformé le temps à vivre en monnaie d’échange et si, dans notre monde, plaie d’argent n’est pas mortelle, dans celui-là, le manque de temps se traduit littéralement par la fin de l’existence.
Petit conte cruel, ce film éminemment politique raconte avec une précision glaçante comment une petite élite arrive à accumuler du temps à l’échelle de l’éternité au détriment de tout le reste de la population condamnée à ne survivre qu’au jour le jour. J’ai particulièrement apprécié cette scène où le héros trahit sa basse extraction par l’extrême célérité de ses gestes, seul à courir dans un microscome où tout le monde à l’éternité devant lui. Il y a dans la frénésie imposée à ceux qui vivent l’œil rivé sur le décompte fatal quelque chose qui n’est pas sans m’évoquer l’aliénation du prolétaire qui ne peut compter que sur son travail pour survivre quelques jours de plus.

Avez-vous remarqué combien le temps s’écoule différemment selon que vous ayez une certaine stabilité financière ou que vous surnagez dans un océan de précarité ? Ce n’est pas ma montre qui me nargue, mais bien le calendrier qui égrène les échéances des factures, toujours régulières, alors qu’il faut toujours pomper comme un Shadok sous amphé pour juste me maintenir un peu au-dessus du zéro de l’infamie bancaire. Les perspectives sont cruellement différentes selon que vous ayez l’assurance du salaire qui remonte le niveau du compte à intervalles prévisibles ou que vous soyez dans l’attente désespérée de la réponse à une candidature. C’est un peu comme si deux univers parallèles coexistaient côte à côte sans jamais se voir et pratiquement ne jamais se rencontrer. Ceux qui ont un avenir, des projets et ceux qui doivent répondre au sifflet pour grappiller quelques jours de plus.

Plus intéressante encore est la confiscation intentionnelle du temps de ceux qui en disposent en quantité. Par le travail, certes, mais surtout par l’agitation, le timing, l’agenda, la surcharge permanente du flux du temps. Pas un temps qui n’échappe à la norme, même le loisir est chronométré. D’où l’absolue nécessité du contrôle occupationnel des chômeurs. Imaginez, un seul instant, qu’ils décident de mettre à profit tout ce temps libéré pour se mettre à penser par eux-mêmes !
La tyrannie de l’horloge a poussé le vice jusqu’à nous être totalement naturelle : même déféquer dépend moins de notre cycle biologique que des disponibilités de notre emploi du temps. On se repose quand cela est possible et non quand on en a besoin, même l’amour a des créneaux horaires et un calendrier. On pense rentabiliser notre temps en courant comme des hamsters dans leur roue et du coup, la réplique culte de ce monde chronométré est devenue : vraiment désolé, j’aurais beaucoup aimé faire ceci ou cela avec toi, mais je n’ai vraiment pas le temps.

Pourtant, nous avons a priori un chouia plus de temps que nos ancêtres, quelques années de vie arrachées de haute lutte à la fatigue des corps, aux attaques des bactéries, à l’injustice de la guerre, plus ou moins le même temps — sauf accident — que l’on soit riche ou pauvre, c’est juste que nous n’avons plus de temps pour vivre, seulement du temps pour survivre, entre deux intervalles de production et de consommation, les deux facettes de la même aliénation de nos existences au capitalisme totalitaire.

Du coup, les maîtres du temps ont inventé l’obsolescence programmée, pas seulement celle des objets, mais aussi celle de la pensée. Et nous voilà dans la course à la modernité, la course à l’information, où la pensée, l’événement, l’action humaine sont soumis à l’érosion accélérée du temps frénétique. D’où le tempo compulsif des flux ininterrompus : données, argent, information, ressources, tout est mouvement, la pause est pire que la stase, c’est la mort. Voilà comment une information en chasse une autre, puis une autre, inlassablement, pourquoi il ne faut s’arrêter sur rien, prendre le temps de penser à rien, de mettre en perspective. C’est une amnésie collective programmée qui n’a d’autre fonction que de nous faire réagir comme des poulets sans tête, sans histoire, sans passé, sans aucun substrat psychique pour s’extraire du flux et y semer les graines de la contestation. D’où le timing forcené des forces politiques qui ne visent plus rien d’autre que l’instantanéité de la réponse synaptique au stimulus immédiat : chaque jour, le personnel politique soumis à cette logique produit une petite histoire écœurante qui fait réagir et interdit d’agir. Chaque jour, l’émotionnel brut, construit comme une fonction réflexe, prend le pas sur la réflexion, cette lente construction mentale qui nécessite, pour le moins, de faire un pas de côté et de prendre le temps de penser.
Ainsi, nous trouvons normal de ne plus pouvoir parler ou raisonner qu’autour de ce qui fait l’actualité, cette petite bulle de temps éphémère subjectivement construite qui explose au fur et à mesure que l’on tente de la toucher du doigt.

Ainsi, nous considérons qu’il est tout à fait normal de toujours nous presser dans un éternel présent, sans mémoire ni perspective.

 

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52 réponses
  1. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Comme tu le dis si bien, « notre temps à vivre est notre seul bien propre ».

    À un autre niveau et sous une autre forme, tout l’Univers, la totalité de ce qui existe, a existé ou existera, l’est également.

    Mais à notre "petit" niveau humain hors-samadhi de tous les jours, « notre temps à vivre est notre seul bien propre », les systèmes qui nous en dépossèdent nous dépossèdent de nous-même, accepter d’en être dépossédé est accepter d’être dépossédé de soi-même.

    C’est en particulier vrai de la relation de subordination du salarié, qui ne dispose plus librement de son temps, donc de lui-même, durant son "temps de travail" qu’il aliène à son employeur. Une chose que je vis comme de plus en plus intolérable après 6 ou 7 semaines de "non-chômage"…

    On ne devrait pas parler de 35 (ou sarkozyquement plus) "heures de travail", mais d’ "heures de dépossession partielle de soi-même", avec un partiel plus ou moins grand selon le niveau d’études, le type de poste et de degré d’enculerie de ton employeur / "supérieur" (putain encore un mot qui coince tiens 😉 etc…

    Juste quelques réfléxions décousues d’un swâmi qui s’apprête à quitter le bureau pour sa deuxième heure quotidienne de méditation automobile.

    Hari Om !

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  2. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Il est amusant de noter que le Sage lui aussi, vit dans "un éternel présent sans mémoire ni perspective" puisque c’est bien là tout ce qui Est.

    Quoique la "perspective", vue de l’Éternel Présent, soit immense…

    Mais le Sage ne se presse pas. Bien au contraire.

    Contrairement à ce que tu dis, cette civilisation (si "supérieure à d’autres" selon certains…) ne te permet aucunement de vivre dans un éternel présent, bien au contraire elle t’en exile à jamais, faisant du présent en tout et pour une éternelle frustration, celle du besoin à jamais insatisfait que l’on te crée artificiellement, et dont on te pousse à chercher la satisfaction dans l’éternel futur (si) proche (mais jamais présent) des images publicitaires.

    Cette civilisation t’exile de toi-même, de ton temps propre, de tes nécessités réelles, jusqu’à ce que tu t’instrumentalises toi-même comme esclave volontaire du système à désirer.

    Le présent n’est plus que le temps que tu passes à cavaler dans le rat-race vers le non-toi, dans la non-satisfaction de tes besoins fondamentaux réels, à la recherche de la satisfaction des besoins artificiels greffés.

    Une fois que tu ne te possèdes plus toi-même et que tu ne possèdes plus ton temps, tu appartiens entièrement au Système.

    Le Sage ne désire pas : rien ne lui manque. Le Sage n’attend rien du futur : il jouit du présent.

    Il vaut mieux, car tu ne vivras jamais rien d’autre que le présent.

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  3. Minium
    Minium dit :

    Je suis évidemment dans un esprit proche de celui de Petaramesh. Mon temps a toujours été un bien très précieux : le temps de ne rien faire, le temps de faire ce que je veux, souvent apprendre… Les heures de scolarité, de travail me semblent une prison (j’ai d’ailleurs souvent aimé travailler à la tâche, comme tu l’évoques, même si parfois moins bien payée parce que perfectionniste).

    J’ai toujours préféré glander pour un revenu de misère que ne plus "voir passer le temps". L’âge et des évènements familiaux aidant, c’est de plus en plus vrai. Je dirais que toute tâche est agréable quand on a le temps. Laver du linge à la main, réparer un outil…

    Malheureusement, on est aujourd’hui écrasés par tout un tas de frais fixes (taxes sur les taxes et j’en passe) qui nous obligent à trouver, ou du moins chercher des solutions même quand on a besoin de rien. Au village, l’eau de ville n’est arrivée qu’il y a 20 ans. C’est peut-être un bien (?) mais ça occasionne des frais sans commune mesure avec la quantité de consommation d’un bien des plus vitaux.

    On sait bien que de gigantesques travaux pas toujours utiles (ah ces rond-points !) sont engagés pour donner des marchés à des entreprises, et que nous devons payer derrière. Des impôts directs ou indirects de plus en plus pesants alors que l’essentiel n’est plus assuré (services publics).

    ça donne un certain charme aux théories prônées par les "décroissants", avoir une façon de vivre plus simple et plus sobre, limiter les intermédiaires, et utiliser son temps plus à nos besoins vitaux ou de loisirs qu’à s’aliéner pour un système qui ne suffit même plus à s’assurer un logement décent.

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  4. Godefroi de Bouillon³
    Godefroi de Bouillon³ dit :

    Madame Monolecte, une chose m’interroge. Depuis le temps que je te lis, il me paraît évident que tu n’es pas faite du bois dont le système fait ses esclaves. Il ne veut pas de toi et tu ne veux pas de lui. Pourquoi n’en tires-tu pas les conséquences une bonne fois pour toutes ? Ton domaine à toi, c’est la marge. Dans ma bouche ça n’a rien d’infamant, au contraire, à mon avis tout progrès vient de la marge. Il te faut simplement l’accepter et te l’aménager (ta marge) aussi confortablement que possible. Tu as des contraintes familiales, OK, ce n’est pas rien. Il faut que le Minilecte ait à becter, OK. Mais bordel, il faut aussi que tu finisses par trouver une vraie, pleine et entière sérénité sinon tu vas t’user avant l’heure. Et ça c’est le plus beau cadeau que le système attend que tu lui fasses.

    Répondre
  5. Godefroi de Bouillon³
    Godefroi de Bouillon³ dit :

    Madame Monolecte, une chose m’interroge. Depuis le temps que je te lis, il me paraît évident que tu n’es pas faite du bois dont le système fait ses esclaves. Il ne veut pas de toi et tu ne veux pas de lui. Pourquoi n’en tires-tu pas les conséquences une bonne fois pour toutes ? Ton domaine à toi, c’est la marge. Dans ma bouche ça n’a rien d’infamant, au contraire, à mon avis tout progrès vient de la marge. Il te faut simplement l’accepter et te l’aménager (ta marge) aussi confortablement que possible. Tu as des contraintes familiales, OK, ce n’est pas rien. Il faut que le Minilecte ait à becter, OK. Mais bordel, il faut aussi que tu finisses par trouver une vraie, pleine et entière sérénité sinon tu vas t’user avant l’heure. Et ça c’est le plus beau cadeau que le système attend que tu lui fasses.

    Répondre
  6. smolski
    smolski dit :

    "tu ne vivras jamais rien d’autre que le présent"

    Lorsque nous éloignons : « ce que nous devons entreprendre » de : « ce qu’il nous faut accomplir pour l’entreprendre » nous aliénons la réalité de notre présent.

    Exemple en chansonnette :
    http://musique.ados.fr/Yves-Montand

    « Dans mon usine de Puteaux
    On peut dire qu’ j’ ai le fin boulot
    Ça f’ sait bien trois cent soixante cinq jours de long
    Que j’ vissais toujours le même sacré petit boulon
    Mais cela ne m’ empêche pas de chanter
    Hidlele hidlele hideledele
    Dès que j’ ai ma petite heure de liberté
    Hidlele hidlele hideledele
    Je vais tout droit à Luna Park

    A tous les stands je suis salué
    Des patrons et des habitués
    Garçons et filles
    C’ est ma famille
    Partout ailleurs je n’ suis rien
    A Luna Park je suis quelqu’ un »

    Le boulon que le nanar tourne depuis mille ans dans son usine de Puteaux (pan pan), c’est à chaque tour de vis de ce sacré petit boulon (pan pan) qu’il dessine la réalité de vivre sa vie par-lui-même à Luna Park.
    Il ne se prend pas à considérer comme « sale » ce petit boulon mais comme sacré parce qu’il le conçoit dans le présent lié à son désir de vivre sa vie comme il l’entend à Luna Park ! (pan pan)

    Le labeur accompli par chacun pour se réaliser n’a aucun sens, est pillé perdu englouti inutilement pour soi, si on le considère uniquement comme une astreinte à cette tâche, si nous nous persuadons que cette tâche s’accomplis sans nous, c’est à dire sans ce que nous sommes et sans ce que nous souhaitons être en même temps.

    Je crois que la réalité est dans l’accomplissement de la totalité de la tâche que nous nous assignions, sacrés petits boulons compris.
    Je crois que c’est cela, vivre au présent, vivre réellement.

    Ajout :
    Superbe texte édifiant, Agnès, et en passant,savoureux lien sur l’écologie monétaire dont voici un allèchement :

    « Ce dont notre système a besoin aujourd’hui c’est d’une écologie monétaire: plusieurs systèmes monétaires divers et variés, interconnectés et florissants qui garantissent un maillage résilient et qui évitent les crash systémiques que nous mangeons avec délectation tous les 1, 3, 5, 10, 15 ans (rayez les mentions inutiles en fonction de votre pays). »

    Répondre
  7. smolski
    smolski dit :

    "tu ne vivras jamais rien d’autre que le présent"

    Lorsque nous éloignons : « ce que nous devons entreprendre » de : « ce qu’il nous faut accomplir pour l’entreprendre » nous aliénons la réalité de notre présent.

    Exemple en chansonnette :
    http://musique.ados.fr/Yves-Montand

    « Dans mon usine de Puteaux
    On peut dire qu’ j’ ai le fin boulot
    Ça f’ sait bien trois cent soixante cinq jours de long
    Que j’ vissais toujours le même sacré petit boulon
    Mais cela ne m’ empêche pas de chanter
    Hidlele hidlele hideledele
    Dès que j’ ai ma petite heure de liberté
    Hidlele hidlele hideledele
    Je vais tout droit à Luna Park

    A tous les stands je suis salué
    Des patrons et des habitués
    Garçons et filles
    C’ est ma famille
    Partout ailleurs je n’ suis rien
    A Luna Park je suis quelqu’ un »

    Le boulon que le nanar tourne depuis mille ans dans son usine de Puteaux (pan pan), c’est à chaque tour de vis de ce sacré petit boulon (pan pan) qu’il dessine la réalité de vivre sa vie par-lui-même à Luna Park.
    Il ne se prend pas à considérer comme « sale » ce petit boulon mais comme sacré parce qu’il le conçoit dans le présent lié à son désir de vivre sa vie comme il l’entend à Luna Park ! (pan pan)

    Le labeur accompli par chacun pour se réaliser n’a aucun sens, est pillé perdu englouti inutilement pour soi, si on le considère uniquement comme une astreinte à cette tâche, si nous nous persuadons que cette tâche s’accomplis sans nous, c’est à dire sans ce que nous sommes et sans ce que nous souhaitons être en même temps.

    Je crois que la réalité est dans l’accomplissement de la totalité de la tâche que nous nous assignions, sacrés petits boulons compris.
    Je crois que c’est cela, vivre au présent, vivre réellement.

    Ajout :
    Superbe texte édifiant, Agnès, et en passant,savoureux lien sur l’écologie monétaire dont voici un allèchement :

    « Ce dont notre système a besoin aujourd’hui c’est d’une écologie monétaire: plusieurs systèmes monétaires divers et variés, interconnectés et florissants qui garantissent un maillage résilient et qui évitent les crash systémiques que nous mangeons avec délectation tous les 1, 3, 5, 10, 15 ans (rayez les mentions inutiles en fonction de votre pays). »

    Répondre
  8. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Étonnante interprétation 😉 Certes, tu pourrais dire comme Sri Aurobindo : « La perfection dans le travail est pure spiritualité » mais non, décidément ton Nanar ne vit pas cela, mais une pure aliénation à la Charlot des Temps Modernes à son foutu petit boulon, dont il s’échappe dès que possible pour aller vers ce Luna Park où il "est quelqu’un". Partout ailleurs – à commencer par l’usine donc – il n’est rien. Point d’accomplissement spirituel possible dans ce contexte donc, il ne reste que l’évasion d’un petit bout de temps – qui est aveu que le reste est sacrifié, perdu.
    Le "sacré" petit boulon ne peut donc avoir aucune dimension "sacrée", justement.

    Et sans la dimension sacrée, le vide de sens n’est pas loin.

    D’autre part je suis resté perplexe dans ton approche "devoir" : « Ce que nous devons… » vs. « ce qu’il nous faut… » Brrrr, ça rigole pas des tas !

    Ben non, nous ne "devons" rien, il ne "faut" rien. Sinon il va falloir se demander vis-à-vis de qui est cette "dette" ou cet engagement "falloir"…

    Répondre
  9. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Étonnante interprétation 😉 Certes, tu pourrais dire comme Sri Aurobindo : « La perfection dans le travail est pure spiritualité » mais non, décidément ton Nanar ne vit pas cela, mais une pure aliénation à la Charlot des Temps Modernes à son foutu petit boulon, dont il s’échappe dès que possible pour aller vers ce Luna Park où il "est quelqu’un". Partout ailleurs – à commencer par l’usine donc – il n’est rien. Point d’accomplissement spirituel possible dans ce contexte donc, il ne reste que l’évasion d’un petit bout de temps – qui est aveu que le reste est sacrifié, perdu.
    Le "sacré" petit boulon ne peut donc avoir aucune dimension "sacrée", justement.

    Et sans la dimension sacrée, le vide de sens n’est pas loin.

    D’autre part je suis resté perplexe dans ton approche "devoir" : « Ce que nous devons… » vs. « ce qu’il nous faut… » Brrrr, ça rigole pas des tas !

    Ben non, nous ne "devons" rien, il ne "faut" rien. Sinon il va falloir se demander vis-à-vis de qui est cette "dette" ou cet engagement "falloir"…

    Répondre
  10. babelouest
    babelouest dit :

    Essayons de dire les choses autrement. Ce travail qui occupe quelque chose comme le quart de notre existence tout de même, voire plus, c’est du temps arraché au temps et projeté dans une éternité à laquelle personne n’a accès. Les patrons ne sont que des voleurs de temps. L’argent qu’ils "donnent" à la place n’est qu’un colifichet, une broutille que trop souvent nous gaspillons. Nous avons un trésor, en échange de ce trésor on n’a qu’une virtualité de quelque chose, un ersatz de possession qui nous dépossède de nous-mêmes.

    Le sommeil est plus utile : c’est dans ses replis que souvent nous parcourons des mondes différents, loin du temps et des larcins qui nous en privent.

    Répondre
  11. smolski
    smolski dit :

    "ton Nanar ne vit pas cela, mais une pure aliénation à la Charlot des Temps Modernes à son foutu petit boulon, dont il s’échappe dès que possible pour aller vers ce Luna Park"

    Et pourquoi pas les deux ?
    C’est mon propos, pas mon opposition à votre intervention Swâmi Petaramesh.

    Par exemple, on peut prendre le téléphérique pour gagner le sommet d’un point de vue admirable. Le point de vue admirable reste lié au voyage confortable et merveilleux en téléphérique.
    On peut aussi aller vers le même sommet admirable en prenant le long sentier de randonnée qui y mène. Le point de vue est aussi merveilleux au sommet bien que indéfectiblement lié au trajet parcouru que le précédent.

    L’enrichissement reçu en parcourant chacune des voies ne sera pas identique, mais je ne suis pas certain que la voie céleste pour aller vers ce sommet en soit forcément la plus accomplis.

    C’est juste cela que je désirai souligner en particulier.
    Que la valeur obtenue n’était pas amoindrie circonstanciellement (la circonstance de chacun dans sa vie et ses opportunités) et pouvait porter un épanouissement équivalent à des visiteurs différents prenant tous deux leur voie vers un même sommet.
    « Faisons un rêve ! » …commun. 😀

    Par ailleurs, cela dépend aussi du sens que l’on porte à sa trajectoire personnelle bien sûr, pas de polémiques sur l’évidence.

    Répondre
  12. smolski
    smolski dit :

    "ton Nanar ne vit pas cela, mais une pure aliénation à la Charlot des Temps Modernes à son foutu petit boulon, dont il s’échappe dès que possible pour aller vers ce Luna Park"

    Et pourquoi pas les deux ?
    C’est mon propos, pas mon opposition à votre intervention Swâmi Petaramesh.

    Par exemple, on peut prendre le téléphérique pour gagner le sommet d’un point de vue admirable. Le point de vue admirable reste lié au voyage confortable et merveilleux en téléphérique.
    On peut aussi aller vers le même sommet admirable en prenant le long sentier de randonnée qui y mène. Le point de vue est aussi merveilleux au sommet bien que indéfectiblement lié au trajet parcouru que le précédent.

    L’enrichissement reçu en parcourant chacune des voies ne sera pas identique, mais je ne suis pas certain que la voie céleste pour aller vers ce sommet en soit forcément la plus accomplis.

    C’est juste cela que je désirai souligner en particulier.
    Que la valeur obtenue n’était pas amoindrie circonstanciellement (la circonstance de chacun dans sa vie et ses opportunités) et pouvait porter un épanouissement équivalent à des visiteurs différents prenant tous deux leur voie vers un même sommet.
    « Faisons un rêve ! » …commun. 😀

    Par ailleurs, cela dépend aussi du sens que l’on porte à sa trajectoire personnelle bien sûr, pas de polémiques sur l’évidence.

    Répondre
  13. smolski
    smolski dit :

    Ah aussi !
    À propos de sommets, il me vient cette anecdote d’hier soir.

    @Agnès, je t’en laisse l’amicale modération sur la pertinence à la laisser ici…

    Chez le chauffagiste où je viens d’acheter un chauffage propane pour quelqu’un.

    Une dame visiblement dans l’aise sociale plutôt que l’assistance me demande au comptoir, devant le jeune personnel qui nous sert ensemble.

    – Vous l’avez payé combien ce chauffage ?
    – Rien, c’est donné.
    – Il vous le donne ?
    – Non mais… pas cher je trouve, 170 €.
    – Ah mais moi j’en ai acheté 4 bien moins chers et pas loin, d’ici, c’est chez… (j’ai pas pu noter le nom de suffocation) !
    – Ah mais oui, en Chine, vous pouvez en trouver de moins chers encore !
    – Ah mais non, c’était pas des chinois.
    – Ah mais non madame, c’est pas mon propos. Je dis là que si nous adoptons ce principe là, nous finissons par tout acheter qu’en chine. Et ce magasin que nous avons là, ces deux gentilles jeunes et maigrelettes personnes que nous avons devant nous là, il faut bien qu’elles mangent elles aussi !
    – Ah mais c’est pas ce que je voulais dire, d’ailleurs ce chauffage est beaucoup plus bô que les miens !
    – Mais non madame, sans offence, ce que je dis c’est que je préfère donner à manger à ceux que je vois me rendre parfaitement un service souriant qu’acheter ailleurs, juste pour le prix.

    C’est pas fini….
    Je discourai avec le vendeur des tuyaux gelés dans les murs que j’étais parvenus à dégeler chez la personne du chauffage propane, justement.

    – Dites-moi, (en aparté à peine silencieuse…) vous êtes plombier ?
    Encore une fois suffoquée je questionne :
    – Non madame, je m’occupe là d’une personne isolée et agée de mon village. Mais quand même, pourquoi me demandez-vous cela… ici ? (chauffagiste & plombier le magasin !)
    – Parce que le personnel d’ici, ce sont des incapables !
    – Ah bon ?
    – Oui, je veux mettre un insert dans ma cheminée, et le technicien d’ici est venu, a à peine regarder et il m’a dit qu’il n’était pas intéressé. Mais je veux bien l’acheter ici mon insert tout de même !
    – Demandez à un autre artisan du coin.
    – Ah mais je l’ai fait, personne ne veut le faire !
    – Oui madame, ce serait bien dans mes capacités légales, mais je ne peux pas tout de même garantir aussi bien qu’ici la qualité des travaux que vous demandez, car je suis avant tout photographe, par contre, si vous voulez une image..?

    Moi j’dis qu’il est des sommets communs, ici se chauffer, qui sont des gouffres de sottises égoïstes pour certains.
    N’est-il pas ?

    Épilogue :

    Le patron du magasin est venu poser plus de questions et je crois savoir qu’il va lui proposer un devis, mais avec de forts travaux de maçonnerie à entreprendre en plus.
    – Ah mais je veux bien payer tout ce que vous voulez, pourvu que la cheminée fonctionne !

    Le patron du magasin dont je suis le fidèle client depuis des décennis me demande à la suite en aparté :
    – Dis-moi Joel, malgré les conseils que tu m’as donnés je n’arrive pas à faire les photos des travaux que je réalise. Tu peux t’en charger toi-même ?
    – D’accord, mais je ne veux pas être mis en concurrence contre les photographes du bourg, je n’ai pas de magasin ni d’employés en charge comme eux, ce ne serait pas juste.

    à suivre… mais ce sera pour moi tout seul de la savoir, tout de même ! 😉

    Répondre
  14. wiwi
    wiwi dit :

    Aujourd’hui, j’ai décidé de prendre mon temps. Je vous vois venir, vous allez certainement me demander pourquoi je prends quelque chose qui m’appartient déjà ? Et vous auriez bien raison ! Il est à moi ce temps, j’en fais ce que je veux !

    Donc, aujourd’hui, je prends mon temps pour écrire. Non pas que j’ai quelque chose à dire, quoique…

    Nous étions hier. Enfin, en considérant que j’écrive aujourd’hui, ce qui est loin d’être prouvé. C’était peut-être demain d’ailleurs, ou les jours suivants.

    Recommençons…

    Nous serons demain. Enfin, en considérant que j’écrive hier, ce que je ne peux encore prouver…

    Finalement, c’est compliqué la concordance des temps.

    Restons sur hier, ça sera plus simple, et puis sinon j’ai peur de vous faire perdre votre temps. Mais là, c’est votre problème, pas le mien. Je prends mon temps, vous perdez le votre, et nous nous retrouvons à contretemps.

    Je crois que c’est pour cela que le langage a inventé les contraires. Pour chaque chose existe son contraire. C’est un truc d’humain. Oui, c’est ça. L’être humain préfère l’opposition à l’apposition. Vous dites « blanc » à votre voisine de palier ou à votre boulanger et il va vous répondre « noir », rien que pour vous emmerder. Enfin pas tout à fait. Il croit que s’il dit « blanc » comme vous, ça l’empêche d’exister, d’être « reconnu » en tant que personne. Il croit qu’il a besoin de se comparer à l’autre pour exister alors que c’est tout le contraire justement : il n’existe vraiment qu’à la seule et unique condition d’être en accord avec lui-même.

    Mais cela nous éloigne du temps cette petite digression. A moins que cela soit le temps qui s’éloigne ? Allez savoir…

    D’ailleurs, le temps a-t-il un contraire ? Ou un miroir ? peut-être que « l’anti-temps » existe ? Si le temps est positif, a-t-il un copain négatif ? Il faudrait peut-être que je me renseigne mais j’ai comme un trou noir.

    D’ailleurs, je ne me souviens plus maintenant de ce qu’il se sera passé hier.

    Répondre
  15. wiwi
    wiwi dit :

    Aujourd’hui, j’ai décidé de prendre mon temps. Je vous vois venir, vous allez certainement me demander pourquoi je prends quelque chose qui m’appartient déjà ? Et vous auriez bien raison ! Il est à moi ce temps, j’en fais ce que je veux !

    Donc, aujourd’hui, je prends mon temps pour écrire. Non pas que j’ai quelque chose à dire, quoique…

    Nous étions hier. Enfin, en considérant que j’écrive aujourd’hui, ce qui est loin d’être prouvé. C’était peut-être demain d’ailleurs, ou les jours suivants.

    Recommençons…

    Nous serons demain. Enfin, en considérant que j’écrive hier, ce que je ne peux encore prouver…

    Finalement, c’est compliqué la concordance des temps.

    Restons sur hier, ça sera plus simple, et puis sinon j’ai peur de vous faire perdre votre temps. Mais là, c’est votre problème, pas le mien. Je prends mon temps, vous perdez le votre, et nous nous retrouvons à contretemps.

    Je crois que c’est pour cela que le langage a inventé les contraires. Pour chaque chose existe son contraire. C’est un truc d’humain. Oui, c’est ça. L’être humain préfère l’opposition à l’apposition. Vous dites « blanc » à votre voisine de palier ou à votre boulanger et il va vous répondre « noir », rien que pour vous emmerder. Enfin pas tout à fait. Il croit que s’il dit « blanc » comme vous, ça l’empêche d’exister, d’être « reconnu » en tant que personne. Il croit qu’il a besoin de se comparer à l’autre pour exister alors que c’est tout le contraire justement : il n’existe vraiment qu’à la seule et unique condition d’être en accord avec lui-même.

    Mais cela nous éloigne du temps cette petite digression. A moins que cela soit le temps qui s’éloigne ? Allez savoir…

    D’ailleurs, le temps a-t-il un contraire ? Ou un miroir ? peut-être que « l’anti-temps » existe ? Si le temps est positif, a-t-il un copain négatif ? Il faudrait peut-être que je me renseigne mais j’ai comme un trou noir.

    D’ailleurs, je ne me souviens plus maintenant de ce qu’il se sera passé hier.

    Répondre
  16. charles de sète
    charles de sète dit :

    Il en est du temps comme de l ‘ Amour : on le prend , on le donne , on le reçoit , on le refuse , on le garde – " Ton amour , laisse le libre d ‘ aimer , laisse le aller où il veut , laisse le s ‘ amuser , laisse le dormir en paix " ( Gilberto Gil ) – Encore faut-il " Trouver " la personne avec qui ça fonctionne – avec qui fonctionne ce temps – le temps de ne rien faire – le temps d ‘ oublier ce temps – juste le temps de s ‘ en amuser un peu de temps en temps – comme le paysage qui défile à la fenêtre du train – nous pare de rides , de regards et de sourires étincellants comme la plage en été – et reprendre notre activité préférée qui est de s ‘ aimer et aimer cette vie si incroyable – Léonard de Vinci disait que le temps ne va ni trop vite , ni trop lentement , mais qu ‘ il va exactement à la bonne vitesse – LOVE –

    Répondre
  17. Gavroche
    Gavroche dit :

    J’ai lu il y a quelque temps un petit livre intitulé "Tous propriétaires, du triomphe des classes moyennes", Ed. Homnisphères.

    Ton billet m’y a fait penser.

    Et notamment le chapitre "L’émotion comme vérité, le besoin comme valeur, la dépression comme salut."

    Extrait :

    Dans cet univers réduit aux dimensions de la prestation hystérique des petits commissionnaires des temps cathodiques dans lequel évolue l’imaginaire de l’employé, s’épanouit une reconstruction de l’humanité. Le public extatique, entre deux dramatisations répétitives, consomme de l’intime jusqu’à la nausée. Chemin qui va du privé au public dans une ronde spectaculaire où se confondent sentiments et représentations. Larmes et fous-rires, connivences surjouées, indignations de circonstance, étonnements feints, se répandent et s’épanchent dans une euphorie, qui, d’où qu’on la regarde, n’offre aux spectateurs aucune perspective intellectuelle, hors de la grâce d’avoir éprouvé chacun, seul dans sa solitude, une émotion."

    Nous sommes des poulets sans tête… Ou des moutons.

    Répondre
  18. Gavroche
    Gavroche dit :

    J’ai lu il y a quelque temps un petit livre intitulé "Tous propriétaires, du triomphe des classes moyennes", Ed. Homnisphères.

    Ton billet m’y a fait penser.

    Et notamment le chapitre "L’émotion comme vérité, le besoin comme valeur, la dépression comme salut."

    Extrait :

    Dans cet univers réduit aux dimensions de la prestation hystérique des petits commissionnaires des temps cathodiques dans lequel évolue l’imaginaire de l’employé, s’épanouit une reconstruction de l’humanité. Le public extatique, entre deux dramatisations répétitives, consomme de l’intime jusqu’à la nausée. Chemin qui va du privé au public dans une ronde spectaculaire où se confondent sentiments et représentations. Larmes et fous-rires, connivences surjouées, indignations de circonstance, étonnements feints, se répandent et s’épanchent dans une euphorie, qui, d’où qu’on la regarde, n’offre aux spectateurs aucune perspective intellectuelle, hors de la grâce d’avoir éprouvé chacun, seul dans sa solitude, une émotion."

    Nous sommes des poulets sans tête… Ou des moutons.

    Répondre
  19. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    Possible que le bouquin de ton copain ami des vins revienne à l’actualité: la BD de Davodeau, "Les ignorants", faisait partie de la présélection d’Angoulème 2012.

    Le vin, la BD, l’amitié, les rencontres évidentes ou improbables, les convergences et les controverses, le temps de prendre son temps, l’opportunité de changer de vie: les thèmes abordés dépassent largement le sujet initial.

    Je pense que je vais la relire, ça se lit trop vite, une BD.

    Répondre
  20. wiwi
    wiwi dit :

    C’est bien vrai, ça, Gavroche : il n’y a pire aspirateur de temps que le spectacle, le monde du divertissement, surtout celui de la télé.

    Mais libre à nous de choisir nos programmes 😉
    Voire même éventuellement de ne pas allumer la télé.

    Répondre
  21. denis
    denis dit :

    Bonjour Agnès.
    Juste pour te féliciter pour les notes de lecture au monde diplo, et pour te dire merci pour ce billet très pertinent.
    Toujours le même problème pour notre société de la définition du progrès, très reliée au temps.
    Par contre pour in time, autant l’idée du film est belle, mais le film lui même est mauvais, de l’amour plan plan et de l’action à deux balles, une sorte de super robin des bois surjoué.

    Répondre
  22. denis
    denis dit :

    Bonjour Agnès.
    Juste pour te féliciter pour les notes de lecture au monde diplo, et pour te dire merci pour ce billet très pertinent.
    Toujours le même problème pour notre société de la définition du progrès, très reliée au temps.
    Par contre pour in time, autant l’idée du film est belle, mais le film lui même est mauvais, de l’amour plan plan et de l’action à deux balles, une sorte de super robin des bois surjoué.

    Répondre
  23. Gavroche
    Gavroche dit :

    Je trouve que même chez ceux qui n’ont pas la télé, elle est très présente…

    Exemple, mes nombreux amis lecteurs sans télé de Téléramoche…

    Ceux qui se sentiraient éventuellement concernés ici sont priés de ne patapé… 😉

    Quant à moi, je regarde peu la télé, sauf les jités, histoire de m’énerver…

    Répondre
  24. Anta
    Anta dit :

    Désolé, même si je suis très curieux de nature, je n’ai pas réussi à dépasser la phrase:

    "En dehors du fait que j’ai désespérément besoin d’un vrai boulot avec un vrai salaire et surtout des droits Sécu"

    Ce n’est évidemment pas la partie sur le salaire qui m’a fait tiquer, mais "SURTOUT les droits Sécu". Au début j’ai trouvé ca navrant et ridicule. 3 minutes après (donc au moment oú je rédige ce message après avoir survolé les commentaires), j’ai trouvé ca triste. Très triste. D’abord, évidemment triste parce que visiblement, tu as besoin de soins médicaux que tu ne peux pas te payer. Mais surtout, triste de constater que pour une frange de la population, une des dernières motivations de se lever le matin pour aller participer à l’effort national, c’est les droits sécu….C’est déprimant à souhait!

    @smolski

    Tu n’aimeras probablement pas la comparaison, mais ton récit m’a fait penser à la fameuse phrase "je préfère ma famille à mon voisin; je préfère mon voisin à son voisin, etc… " Bref, quelquechose qui n’est ni très intelligent, ni très moral…

    Répondre
  25. Brett
    Brett dit :

    "qui n’a pas fait la Une des trucmuches littéraires qui t’expliquent tout ce qu’il faut lire ici et maintenant — en gros, le bouquin d’un pote de la rédaction" (…) "j’ai une copine de blog qui a commis un ouvrage qui résume fort efficacement son long combat féministe mené sur la blogobulle. Comble de bonheur, elle m’en fait parvenir un exemplaire que je m’empresse de lire et de compiler."

    Faut qu’on m’explique, là…C’est quoi la différence?

    "Les perspectives sont cruellement différentes selon que vous ayez l’assurance du salaire qui remonte le niveau du compte à intervalles prévisibles ou que vous soyez dans l’attente désespérée de la réponse à une candidature."

    En fait, ca dépend du salaire et du montant des dépenses…en tout cas dans mon cas…

    Répondre
  26. Brett
    Brett dit :

    "qui n’a pas fait la Une des trucmuches littéraires qui t’expliquent tout ce qu’il faut lire ici et maintenant — en gros, le bouquin d’un pote de la rédaction" (…) "j’ai une copine de blog qui a commis un ouvrage qui résume fort efficacement son long combat féministe mené sur la blogobulle. Comble de bonheur, elle m’en fait parvenir un exemplaire que je m’empresse de lire et de compiler."

    Faut qu’on m’explique, là…C’est quoi la différence?

    "Les perspectives sont cruellement différentes selon que vous ayez l’assurance du salaire qui remonte le niveau du compte à intervalles prévisibles ou que vous soyez dans l’attente désespérée de la réponse à une candidature."

    En fait, ca dépend du salaire et du montant des dépenses…en tout cas dans mon cas…

    Répondre
  27. smolski
    smolski dit :

    @ Anta
    Dommage que tu n’aies pas explicité davantage, tu me laisses dans l’expectative sur la direction de ta remarque.

    Je vais croire que c’est au sujet de la p’tite dame plus empressée sur ses picaillons que sur la réalité de la situation qu’elle est en train de vivre.
    Car, par supposition toujours, si tu vises le fait de faire travailler les personnes de son choix au lieu d’autres, plus aléatoires, c’est que tu as fait une diagonale sur mon trop long post dans le vain sujet que je relate.

    Reprenons à l’instant que je désire désigner précisemment :
    « je préfère donner à manger à ceux que je vois me rendre parfaitement un service souriant qu’acheter ailleurs, juste pour le prix. »
    Et oui, bingo ! « Juste pour le prix. »

    Je ne soutiens donc pas qu’il faille acheter le plus cher, ni de faire de la prévarication pour un ami, ni le plus franco français dans l’absolu, mais de se maintenir au niveau d’une exigence citoyenne de conviction plutôt que de consommation.
    Là, le numéraire, bien que ne lui faisant pas défaut et relaté tel, était bien préconisé comme l’unique justification par cette ci-devant citoyenne de consommation de la république plutôt que par ses convictions républicaines.

    C’était bien cela ?

    Répondre
  28. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    @Anta : pour info, comme je suis à mon compte, je cotise déjà à tout, mais comme mon activité n’est pas au beau fixe en ce moment, cela ne me rapporte pas grand chose en terme de revenus nets et surtout ne m’ouvre justement pas de droit sociaux. Il se trouve que j’ai la chance d’être, à ma connaissance, en parfaite santé. mais je ne suis pas stupide et je sais que cela peut changer très rapidement. Donc pauvre et sans couverture sociale, ma situation peut devenir critique.

    Après, je ne demande pas la charité, ni même de la complaisance, juste pouvoir échanger mes (nombreuses) compétences contre de quoi vivre dignement.

    Répondre
  29. til
    til dit :

    Floréale

    Tant qu’ils ou elles n’appuient pas sur la gâchette, ça va.

    Mon ex Fang You avait ce côté militaire, pratiquait la calligraphie et aussi l’épée chinoise, et chialait le soir sur mon épaule d’être loin de ses parents.

    Elle m’aura appris à me masser les oreilles sous la douche, toujours ça de gagné.

    Répondre
  30. RiGeL
    RiGeL dit :

    Lecteur assidu du monde diplo autant que de ton blog, je crois que je prendrai plaisir à te lire sur les deux supports. Concernant l’obsolescence progrmmée des bouquins, et juste histoire de faire une suggestion qui vaut ce qu’elle vaut.
    Une rubrique en deux parties avec "bouquin d’avant" dans laquelle tu parles d’un bouquin récent, suivi de "bouquind d’antan", dans laquelle tu te focalises sur un truc justement hors du temps de l’édition (ce qui me parait autant, voire plus intéressant que de traiter, uniquement de l’actualité de la littérature, ils sont déjà des dizaines à le faire), je trouve que ce serait une formule sympa, qui aurait l’avantage d’être à ma connaissance, assez nouvelle, vu que 3 mois après sa sortie, plus personne ne parle d’un bouquin, même lorsqu’il est très bon, et franchement c’est dommage. Ca pourrait être marrant d’avoir une critique de bouquin avant de partir le chercher dans le vide grenier du dimanche.

    Répondre
  31. Jean-Luc Matteo
    Jean-Luc Matteo dit :

    Shakespeare s’exprime très simplement par cette phrase : Le temps est l’élément primordial ! (Time is (the) essence). Qu’importe même si ces écrits attribués à Shakespeare sont de Shakespeare, cet homme (ou femme, qui sait ?) percevait le temps comme première importance sur l’humanité, urgence avant toute autre pour une prise de conscience…
    (rupture)
    Si tu veux un sujet d’actualité, pourquoi ne pas écrire sur les rêves des transhumanistes ? Pas vraiment ceux des quelques 50 français, peu scientifiques, mais ceux des États-Unis d’Amérique, de Russie, aussi…
    (rupture)
    Je viens d’écrire un courriel en réponse à une conversation sur les pervers narcissiques, cela, ça c’est d’actualité ! Une copie un peu plus loin… En ce qui concerne ce que tu nommes "normalité" il me semble que dire que certaines choses ne sont pas normales n’est pas preuve que ces choses seraient saines si elles l’étaient, normales. Nous savons bien toi et moi que la norme n’est pas une preuve de santé mentale ou de quelque autre vérité/réalité heureuse. La norme ne m’est absolument pas une référence heureuse, et donc je n’utilise que très rarement ce terme de "normalité". "Ce n’est pas normal" est l’un des nombreux pièges d’expression langagière à la française. Se référer à la norme est trop répandu et au fond signifie l’inverse de notre pensée critique…
    (rupture)
    Wikipedia:
    En psychiatrie, le terme se réfère la plupart du temps à des conduites immorales ou amorales considérées comme maladives.

    ** C’est une maladie.

    http://www.cairn.info/revue-francai

    L’expérience analytique ne me permet pas de préciser ce qui, du lien à l’objet primaire, contribue à l’organisation d’une perversion narcissique. Racamier insiste sur le rôle de la séduction narcissique. Il s’agit d’une hypothèse génétique qui n’épuise pas mon interrogation. Il me faut combler par la théorie psychanalytique l’opacité d’une clinique qui échappe de surcroît à l’expérience de la cure psychanalytique.

    http://www.aapel.org/bdp/dico.html#
    ** Pas dans le DSM IV, néanmoins :

    Narcissiques (pervers)
    Selon l’auteur, il s’agit d’individus, hommes ou femmes, ayant une personnalité de type narcissique assortie d’un comportement pervers : "
    Dans le DSM IV, on ne trouve pas la "perversion narcissique" parmi les troubles de la personnalité.
    Sont prises en compte seulement les perversions sexuelles dans la rubrique des troubles sexuels
    La perversité, elle, se reflète dans la déviation de l’instinct moral, social, de ces individus:
    "Les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans symptômes, qui trouvent leur équilibre en déchargeant sur un autre la douleur qu’ils ne ressentent pas et les contradictions internes qu’ils refusent de percevoir. Ils "ne font pas exprès" de faire mal, ils font mal parce qu’ils ne savent pas faire autrement pour exister."
    Et c’est ainsi que la personnalité narcissique perverse s’empare de la vie des autres. Ces individus font souffrir leurs victimes en silence. Ils les réduisent à néant en les dépossédant de leur vitalité, de leur confiance en eux, de leur estime d’eux-mêmes.
    Le narcissique est en quelque sorte un voleur…un voleur de vie, un voleur d’âme.

    **Ouverture génétique difficile (délicate) :

    Mais pour en revenir aux pervers narcissiques, peut-être faudrait-il aussi s’interroger sur les facteurs génétiques qui peuvent aussi entrer en compte ?
    En tous cas, en ce qui me concerne, je pense que l’aide aux victimes pourrait être plus efficace si les spécialistes acceptaient de travailler sur les raisons et l’origine de cette pathologie. Ne serait-ce que pour permettre de "définir" avec une plus grande "certitude" ce type de profil.
    Et libérer ainsi les victimes d’une partie de la culpabilité lié au doute même de la pathologie de leur bourreau. "Doute" qui peut justement les empêcher de partir (sachant que c’est là la seule solution pour eux de s’en sortir).
    Ce ne serait pas prendre la défense des narcissiques pervers que de rechercher l’origine de leurs troubles.
    Je me pose également les questions suivantes :
    – Le pervers narcissique a-t-il conscience de son problème. Ou, autrement dit, comment savoir si l’on n’est pas soi même un narcissique pervers ?

    Nous en arrivons au coté génétique de la maladie et le complexe d’Œdipe est bien loin de tout expliquer :

    Psychopathie : Un test ADN pour détecter la récidive
    Posted by Équipe Signes des Temps on September 26, 2010

    * Le Figaro,21 septembre 2010 Un simple test ADN peut révéler l’inclination des psychopathes à la récidive, selon les résultats d’une étude menée par des scientifiques finlandais et américain et publiée aujourd’hui dans la revue Psychiatric Research. “Cela fait longtemps que l’on sait qu’il y a un élément biologique, génétique aux tendances psychopathes”, a expliqué le […]
    http://www.futurquantique.org/categ

    *Échanges entre plusieurs personne fort passionnant :
    http://forum.psychologies.com/psych

    ENFIN :

    Note personnelle permettant de souffler un peu sur une complexité peu reconnue:

    Alors qu’en est-il de l’inné et de l’acquis ?

    Une infinité de relations me viennent à l’esprit:

    -1- Est-il si difficile d’imaginer que la perversion narcissique est une vraie maladie, et non un choix de vie comme certaines personnes s’illusionnerait en à le croire ?

    -2- En supposant la vraie maladie, qu’elle est l’origine d’une maladie si ce n’est une autre maladie, si nous prenons dans cette acceptation même le fait que l’ignorance soit aussi une maladie ? Cette dernière remarque mériterait de longues études bien réfléchies, pensées. (Quand les bébés sont tous des malades…)

    -3- En définitive si nous remontons le fil des maladies en chaine nous arriverions probablement à un problème génétique. Ce qui ne signifie absolument nullement que l’on nait ainsi, mais que l’environnement déclenche des gènes menant à la perversion narcissique, évidemment l’environnement au sens large, êtres humains compris.

    -4- Un peu d’histoire.
    Peut-on nier que le passé humain extrêmement raciste soit aussi une maladie !?
    J’y vois une comparaison qui me semble intéressante, à ces époques cette grande majorité de racistes n’aurait jamais pensé être malade. Il a fallut des centaines d’années et de nombreuses batailles et même des guerres pour nous débarrasser de cette calamité, et encore aujourd’hui nous nous battons encore, le misogynie étant aussi, par exemple, un racisme particulier mais bien réel.
    Cela me saute aux yeux que le racisme soit une très grave maladie, que nous avons trainée durant une période historique absolument non négligeable et en se refilant les uns les autres cette contagion. Contagion qui passait très facilement d’une génération à la suivante avec une facilité déconcertante.

    Et pourtant…

    Maintenant nous trouvons cela ignoble, innommable, horrible que le racisme. Le racisme est aussi un sous produit de l’ignorance, entre autre facteur, ce qui appuie mon idée que l’ignorance est autant maladie que le vieillissement. (Dans la réalité, Agnès, tu dis tellement vrai; encore un long chemin à faire…)

    Pourtant il n’y a pas de gène apparent du racisme, tu le sais bien. Mais il faut tout de même saisir certains gènes pouvant s’exprimer dans la haine d’autrui, et ainsi donc la renforcerait. Ce ne sont pas des gènes du racisme mais par exemple des gènes de la naturelle peur d’autrui, au début de notre enfance ou notre ignorance est la plus importante, puisque nous vivons quasiment au début de notre vie avec nos gènes de fonctionnement (au sens très général), et dans ceux là il y a ceux de la croissance de l’enfant, du bébé. Les bébés ne sont quasiment que des gènes dans leurs expressions et un nombre considérable de ces gènes seront absolument renforcés par l’environnement (individus compris). Mais aussi et de même un nombre considérable d’autres gènes seront réprimés, pour un temps ou à jamais ! Donc l’environnement est bien un facteur génétique puisque de cet environnement des millions de gènes seront entretenus/renforcés et d’autres millions stoppés/réprimés. C’est de ce fait oublié ou plutôt non appris ou non compris qu’une infinité de personnes dirons ne pas comprendre le racisme puisque eux-mêmes ne l’ont jamais vécu. Et alors le pas et vite fait dans l’imaginaire général de l’humanité "bien pensante" qui ont la conviction profonde que les racistes sont racistes par choix, ce qui n’est absolument pas vrai.

    Ainsi nous pouvons concevoir des psychopathologies fonctionnant de même, le cheminement étant expliqué plus haut. Le racisme n’est-il pas une perversion quelque part ? N’est-il pas vrai ?

    Conclusion très personnelle mais probablement partagé que la perversion narcissique est bien une maladie et non un choix de vie. Une maladie liée génétiquement par l’environnement et qui peut être contagieux vers la génération suivante.

    Je résume mes pensées évidemment, et j’en oublie de beaucoup. Mais nous ne faisons pas de procès ici, nous essayons de transmettre un peu de l’essence de nos pensées des plus difficiles (dans le sens délicates) à exprimer.

    … un égocentrisme extrême, une absence totale d’empathie pour les autres, …

    Il m’est criant de vérité que c’est une maladie, maladie très grave et dangereuse pour tous, même pour le malade. Personne n’est épargné.

    Donc en définitive ces personnes hautement malades et pour une grande part se retrouvent en prison ou en psychiatrie pour un certain temps. Évidemment ces personnes étant virulentes, ce n’est pas du tout comme moi qui pouvait sortir et rentrer à ma guise dans ce dernier établissement, les médecins font tout pour les empêcher de nuire C-A-D la camisole chimique et l’enfermement pour éviter l’évasion. Mais la plupart sont en prison et même pas soignés où il font aussi des ravages parmi les prisonniers les moins dangereux, il faut se l’imaginer, simplement.

    La science n’avance plus linéairement mais géométriquement et bientôt exponentiellement, ce qui ne peut que nous réjouir quelque part, encore faut-il croire en la science, cette dernière produit des outils qui peuvent pour la plupart servir d’arme, c’est une tragédie sans nom.

    Je m’imagine facile perdre mon empathie, et même si je suis isolé donc non dangereux pour autrui par avance si on ne peut me soigner et qu’il n’y aurait aucun espoir je préfère de loin la mort, assurément c’est une maladie terrible qui tue la personnalité puisqu’elle tue le bonheur, la joie. Comment pouvons nous concevoir une personnalité sans bonheur sans joie sans empathie ? C’est la mort du mental donc de l’essence de la vraie vie et pour me redire/réécrire la mort de l’être à la vie et la mort de la personnalité.

    Dans une foule par contre nous pouvons absolument considérer un pervers narcisse comme un zombie de film (cerveau!!!!….) Autant le tuer si aucun espoir n’existe.

    Il est aussi intéressant de souligner de même que la symptomatologie – d’égocentrisme extrême – découle de cette absence d’empathie, donc en écrivant:

    … un égocentrisme extrême, une absence totale d’empathie pour les autres, …

    on génère une lapalissade, la deuxième expression se suffit je pense.

    Et ceux qui pensent que le pervers narcissique est doté d’empathie, ce n’est pas la même que celles que nous connaissons, qui sont saines.

    Fin de la parenthèse personnelle.

    Parler de ce sujet m’est aussi très dur ma chérie d’amour, au lieu de t’offrir 1000 textes je ne t’en mets qu’un qui me semble venir d’une personne très sensible, à l’écoute mais aussi très lucide dans sa réflexion, j’imagine bien le recul qu’il faut, une certaine sérénité après coup pour écrire un si beau texte éclairant de vérités, enfin à mon goût, quoi, tout simplement :

    http://manipulateurs.wordpress.com/

    etc.

    Il est possible de s’imposer 1 heure à soi-même, chaque jour, de s’isoler une heure, il suffit de s’imaginer vivre des journées de 23 heures ! 🙂

    A bientôt Agnès, salut à tous.

    Répondre
  32. avocat
    avocat dit :

    Je ne pouvais pas lire votre article sans vous faire partager une citation que j’apprécie beaucoup. « Lire un livre sous un arbre en double le plaisir. On ne sait plus si on tourne les pages ou si on feuillette l’arbre. » Cela fait parti de mes moments de liberté !!

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  33. Floréale
    Floréale dit :

    Bonjour Agnès,

    Je crois que tu habites une campagne trop excentrée qui ne peut rien t’offrir sur le plan professionnel. Tu es encore jeune et, à mon (simple) avis, vu de loin, ça me rappelle qqun (moi avec ton bagage universitaire en moins, c’est pour ça que je me fais une idée sur ta situation), tu ne devrais pas y rester, ni attendre davantage, sinon les années vont s’entasser l’une sur l’autre sans que rien jamais n’ait la moindre possibilité de s’améliorer.

    La campagne, c’est bien pour les enfants quand ils sont petits (je le sais par expérience), mais ta fille va grandir, et bientôt la campagne n’aura rien à lui offrir à elle non plus. Quand elle va devoir aller au lycée, la ville offre bien plus de choix et de facilité, tu ne devrais pas attendre et être déjà sur place quand le moment viendra.

    Toulouse est une des villes de France parmi les plus agréables à vivre à mon avis, c’est une ville jeune (toi qui te plains de la moyenne d’âge de ton coin) et d’un dynamisme certain. Tu ne devrais pas hésiter à y aller. Tu y trouveras certainement bien plus facilement un taf pas trop affreux ni top insupportable. Bien sûr, tu ne trouveras pas ce qui pourrait te plaire, faut pas rêver, mais un poste d’enseignante, même dans un lycée pro, même dans une institution privée, ce serait tout de même bien le diable si avec une maîtrise tu ne parvenais pas à te le dégotter. Et ça te laissera tout de même du temps libre pour faire autre chose. Et rien ne t’empêche de te chercher qqch de mieux quand tu y seras.

    Tu seras à pied d’oeuvre, et ça, ça change tout. Juste avec un bus à prendre ou le métro (dans les villes de province les transports en commun sont sans commune mesure avec la région parisienne, on y passe bcp moins de temps).
    Je te souhaite de conserver ta santé, déjà, continuer à ne pas fumer est une bonne assurance-vie gratuite, quand tu auras l’âge de la retraite, tu pourras toujours revenir dans la campagne que tu aimes, mais tu as bien le temps d’y penser. Pour l’instant, tu devrais surtout penser à la quitter.

    Bonne chance, de tout coeur.

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  34. Floréale
    Floréale dit :

    Bonjour Agnès,

    Je crois que tu habites une campagne trop excentrée qui ne peut rien t’offrir sur le plan professionnel. Tu es encore jeune et, à mon (simple) avis, vu de loin, ça me rappelle qqun (moi avec ton bagage universitaire en moins, c’est pour ça que je me fais une idée sur ta situation), tu ne devrais pas y rester, ni attendre davantage, sinon les années vont s’entasser l’une sur l’autre sans que rien jamais n’ait la moindre possibilité de s’améliorer.

    La campagne, c’est bien pour les enfants quand ils sont petits (je le sais par expérience), mais ta fille va grandir, et bientôt la campagne n’aura rien à lui offrir à elle non plus. Quand elle va devoir aller au lycée, la ville offre bien plus de choix et de facilité, tu ne devrais pas attendre et être déjà sur place quand le moment viendra.

    Toulouse est une des villes de France parmi les plus agréables à vivre à mon avis, c’est une ville jeune (toi qui te plains de la moyenne d’âge de ton coin) et d’un dynamisme certain. Tu ne devrais pas hésiter à y aller. Tu y trouveras certainement bien plus facilement un taf pas trop affreux ni top insupportable. Bien sûr, tu ne trouveras pas ce qui pourrait te plaire, faut pas rêver, mais un poste d’enseignante, même dans un lycée pro, même dans une institution privée, ce serait tout de même bien le diable si avec une maîtrise tu ne parvenais pas à te le dégotter. Et ça te laissera tout de même du temps libre pour faire autre chose. Et rien ne t’empêche de te chercher qqch de mieux quand tu y seras.

    Tu seras à pied d’oeuvre, et ça, ça change tout. Juste avec un bus à prendre ou le métro (dans les villes de province les transports en commun sont sans commune mesure avec la région parisienne, on y passe bcp moins de temps).
    Je te souhaite de conserver ta santé, déjà, continuer à ne pas fumer est une bonne assurance-vie gratuite, quand tu auras l’âge de la retraite, tu pourras toujours revenir dans la campagne que tu aimes, mais tu as bien le temps d’y penser. Pour l’instant, tu devrais surtout penser à la quitter.

    Bonne chance, de tout coeur.

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  35. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    La différence est toute simple et elle tient en deux points :

    1. J’indique dès le départ et clairement mon niveau de connivence avec l’auteure (et je ne fais pas semblant de la découvrir uniquement pour son immense talent)
    2. Et de toute manière, ça ne me rapporte rien et je ne suis pas payée pour ça.
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  36. Obtenir rio
    Obtenir rio dit :

    "qui n’a pas fait la Une des trucmuches littéraires qui t’expliquent tout ce qu’il faut lire ici et maintenant — en gros, le bouquin d’un pote de la rédaction" (…) "j’ai une copine de blog qui a commis un ouvrage qui résume fort efficacement son long combat féministe mené sur la blogobulle. Comble de bonheur, elle m’en fait parvenir un exemplaire que je m’empresse de lire et de compiler."

    Faut qu’on m’explique, là…C’est quoi la différence?

    "Les perspectives sont cruellement différentes selon que vous ayez l’assurance du salaire qui remonte le niveau du compte à intervalles prévisibles ou que vous soyez dans l’attente désespérée de la réponse à une candidature."

    En fait, ca dépend du salaire et du montant des dépenses…en tout cas dans mon cas…

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