Candidate

Ce que j’ai fait, une bête ne l’aurait pas fait.


Swimming to the skyLe soleil déclinant inonde d’or les vignobles du Madiran qui encerclent le village où j’ai garé mon tank d’un autre âge. Il me reste une paire de boîtes aux lettres à honorer de mon tract de campagne avant de pouvoir mettre pied à terre et entreprendre d’harnacher mon fidèle coursier sur la plage arrière. Il fait plutôt beau pour un début mars, même si je renonce le plus souvent à retirer mon polaire, malgré le coup de chaud que me procurent les rudes montées escarpées de Gascogne. Deux jours que je pédale dans le cœur de la production viticole du canton. J’ai couvert l’essentiel des maisons du terroir, y compris les petites fermes paumées au milieu de nulle part.

Comme souvent, la boîte aux lettres n’est pas au bord de la route, mais en contrebas dans un petit chemin privé escarpé. J’ai ma journée dans les mollets et je ne me sens pas capable de remonter la pente en pédalant. J’abandonne donc mon vélo sur place et commence à descendre de cette drôle de démarche un peu raide qu’ont les cow-boys qui ont trop longtemps fait corps avec leur selle. De derrière le corps de ferme, un tracteur surgit à grand bruit de moteur. Je fais signe au paysan juché dessus, histoire de lui dire que ce n’est pas la peine d’arrêter son moteur assourdissant, que je vais juste à sa foutue boîte aux lettres. Bien sûr, il préfère éteindre son monstre éructant. Je suppose qu’une femme en cuissard qui avance dans le crépuscule est une honnête distraction de son labeur quotidien.

  • C’est pour les élections, je distribue la propagande.
  • Vous êtes la candidate ?
  • Oui.
  • C’est bien de pouvoir enfin faire votre connaissance. Pourquoi n’avez-vous pas fait de réunions publiques ?

Il a la moustache qui frise dans le contre-jour du soleil couchant. Je sens que, quelque part, je l’amuse beaucoup.

  • Je n’ai pas jugé l’idée des réunions publiques très adaptée : je ne suis personne, personne ne me connaît, pourquoi diable les gens sacrifieraient-ils une soirée TV pour venir me voir. Personne ne serait venu et j’aurais perdu mon temps.
  • Ben non, il vous suffit de convoquer le conseil municipal : ça vous ferait déjà une petite dizaine de personnes.
  • Ah bon, on peut convoquer le conseil municipal ? Je ne savais pas. Vous savez, je débute complètement dans la politique.
  • Oui, je sais. Je suis le maire du village.
  • Ah bon ! C’est gentil à vous de prendre le temps de me parler alors que vous travailliez. Cela dit, je pense que c’est à moi d’aller vers les gens et non pas d’attendre qu’ils veuillent bien venir à moi. Alors, j’y vais.
  • Et vous comptez faire tout le canton à vélo ?
  • Tout, non, je n’ai plus assez de temps, mais le plus possible, autant que je pourrais.
  • À vélo ?

Là, les moustaches sont moins ironiques. Elles hésitent entre l’incrédulité la plus totale et peut-être bien une pointe d’admiration amusée, une de celles que l’on réserve aux doux rêveurs qui entreprennent de décrocher la Lune sans se soucier de se casser la binette aux pieds de leurs chimères.

J’ai tellement vu de boîtes aux lettres que je me sens comme une Besancenot du pauvre. Sur Viella, le deuxième jour, je pédalais sur la tournée du facteur. Lui était en voiture et pas terriblement plus rapide que moi. La plupart du temps, les boîtes sont à 1m20 du sol, le cube métallique standard. Mais il y a de la résistance, de la fantaisie, voire une guerre ouverte avec le postier. Certaines sont plantées dans la haie, derrière un fossé, pour être bien certain que le préposé soit forcé de descendre de voiture. D’autres sont plantées un petit mètre derrière le grillage censé protéger du gros molosse bavouillant. Il faut donc balancer prestement le pli avant de se faire embarquer un biceps. J’en ai même vu une qui était à près de deux mètres du sol, spéciale basketteur. Des qui se ferment avec une boîte de sardines Parmentier hors d’âge. Dans ce domaine viticole, il y en a deux : une au bord du chemin, et une autre 50 mètres plus loin.

  • Celle de la route, c’est pour celui du samedi, le nouveau. Celui-là refuse de venir à la vieille boîte aux lettres. Celui de la semaine, il vient à la maison. Du coup, je lui donne de grosses étrennes et rien au faignant du samedi.
  • Vous saviez que les tournées sont chronométrées en bout de chemin ?
  • Ah, et alors ?
  • Et alors, le chemin entre la voie publique et votre maison, il n’est pas payé. Et pour chaque domaine, c’est pareil. Vous ne travailleriez pas gratuitement, je suppose ?
  • Pfff, celui de la semaine, il vient jusqu’à la maison depuis des années.
  • Et bien, il fait ça sur son temps libre.
  • Oui, et alors ?

Ne pas juger. Ne rien lâcher. Ne pas esquiver le dialogue. Écouter. Comprendre. Essayer, au moins. Je m’éclate les mollets dans les collines de Gascogne pour cela : voir les gens, y compris et surtout ceux qui ne pensent pas comme moi, ceux qui ne voient pas le monde comme moi ou mes potes.
Lui, c’est un papet comme on en voit régulièrement dans nos belles campagnes, le visage raviné comme un pruneau par le temps qui passe, à moitié édenté, en train de biner son jardin qui produit de quoi nourrir un petit bled à l’année. Il a lâché ses outils pour me parler au grillage. Parce que personne ne vient par hasard dans son coin de campagne oublié de tous, sauf du facteur. Parce que je suis une femme et que de passer quelques minutes à me reluquer est toujours bon à prendre. Parce qu’un Gascon ne rate jamais une bonne occasion de tailler une bavette.

  • Moi, je vous dis, tout ça, les trucs écolos, c’est bien, je suis avec vous, sauf pour les trucs de schistes. À la télé, ils ont montré que ça ne faisait rien, qu’on en faisait loin des gens, loin de tout et que ça ne dérange personne.
  • Ah bon ? Déjà, ici, on est loin de tout, mais ça m’étonnerait que ça ne dérange personne si on en extrayait dans votre jardin. Et c’est terriblement polluant.
  • Le problème, c’est que ce sont les bicots qui ont le pétrole, voila le problème. Moi, j’ai fait plein de guerres et je sais comment il faut leur parler aux bougnoules. Et il ponctue sa déclaration d’un revers du pouce sur sa gorge particulièrement explicite. Je le laisse vider son sac, oscillant entre effarement, résignation et stupéfaction. D’entendre de nouveau ces mots que je croyais disparus depuis les années 70. Plus on avance, plus on fait du surplace.

  • Ce sont les étrangers, le problème. Ils viennent ici et on leur donne tout de suite de l’argent.

Lui, c’est un instituteur à la retraite. Il est content d’avoir trouvé un public derrière la grande grille de la maison d’un pote. Il ne vote pas sur mon canton, mais il a des tas de trucs à dire. Sur la bien-pensance socialiste qui a permis que les caisses sociales soient pillées par des parasites. Je ne lâche rien. Je parle de flux migratoires qui suivent les flux de matières premières pillées au Sud par les riches pays du Nord. Du coup, il affine son discours. En fait, il parlait des riches Anglais et Hollandais qui s’installent sous nos cieux cléments et font de fausses déclarations de revenus pour nous piquer le RMI. Ben voyons ! Bon, on est au régime RSA depuis plus d’un an, mais je sens que ce dont ce monsieur a surtout besoin, c’est d’avoir des coupables. Quelqu’un à détester.

  • On est content de vous voir sur le canton. Parce que ce qu’il faut, maintenant, c’est une bonne révolution. Quelque chose de radical et pas continuer comme avec les socialos qui font plus ou moins la même chose que les gars de droite depuis toutes ces années. On veut autre chose.

En poussant la porte du magasin agricole, je ne pensais pas trouver un fan-club sur place. Des retraités qui surnagent au minimum vieillesse version MSA, c’est à dire très largement sous le seuil de pauvreté. Des salariés qui se serrent la ceinture d’un cran de plus chaque mois et qui ne croient plus en rien. Des agriculteurs qui s’échinent pendant des jours sans fin pour gratter l’équivalent d’un RSA à la fin du mois, les banquiers aux fesses, pour cause d’investissement dans une fuite en avant de productivité qui ne rattrape jamais la chute des prix agricoles.

  • Nous, on produit à perte et en bout de chaîne, vous payez votre nourriture de plus en plus cher. Ça ne plus durer, faut que ça change. Vous avez vu Mélenchon, face à la Marine, l’autre jour ? Vraiment bien, ce gars. Par contre, elle, va falloir se méfier.

Le ciel est un peu voilé quand je commence ma tournée sur Saint-Mont, l’un des bastions du vin de Gascogne. Un magnifique petit village tout en pierre qui s’enroule au sommet d’une colline tellement escarpée que même avec le petit plateau et le petit pignon, mes mollets vont jeter l’éponge. Un peu plus bas, dans la ruelle, un groupe de femmes désherbent une plate-bande à la main.

  • Bonjour, c’est chez vous ici ?
  • Non.
  • C’est un espace public ?
  • Oui.
  • Et c’est vous qui faites l’entretien des plantes qu’il y a partout dans le village ?
  • Oui, oui. Nous sommes du comité municipal des espaces verts. On entretient le village nous-mêmes.

Elles bavardaient joyeusement avant que je n’arrive comme un chien dans un jeu de quilles. Une jeune femme prolongée d’une poussette à bébé s’approche du groupe :

  • Quand vous aurez fini, vous viendrez prendre un thé à la maison, d’accord.

Le gang des jardinières accueille l’invitation dans un grand soupir de soulagement.

  • Il est vraiment magnifique, votre village, c’est un super boulot que vous faites ici.
  • Vous savez, à plusieurs, c’est plus facile, on y passe un peu de temps tous les samedis et voilà.
  • On dirait que le bar-restaurant-épicerie du bas est fermé. J’étais venue à l’inauguration, il y a longtemps…
  • Ah oui, le patron en a eu marre, il y a 3 ou 4 ans et il est parti monter un autre commerce en Australie !
  • Oui, il a eu bien fait de s’en aller là-bas : je crois que ça marche bien pour lui.
  • Et le fonds de commerce ?
  • De temps en temps, il y a des gens qui viennent le visiter, mais bon, il est toujours en vente.
  • J’ai vu qu’il y a des maisons fermées par ici.
  • Oui, des résidences secondaires, des gens qui sont partis.
  • Le plus souvent, ce sont des enfants du pays qui ont hérité et qui sont partis à la ville pour bien gagner leur vie et qui ne reviennent que pour les vacances.
  • Et pour la retraite, ensuite.
  • Oui, pour la retraite.

C’est mon dernier tract. Le dernier village, le dernier jour. D’autres Alternatifs sont venus me prêter main-forte pour le chef-lieu de canton. Du village, de la ruelle, tout à pied. J’ai croisé tant de gens : des vieux isolés au bout de nulle part, des rurbains pressés et un peu méprisants, des nouveaux arrivants charmés par la qualité de vie et déçus par la faiblesse des salaires, des fermiers avares en mots, mais tout de même contents de me voir, des gens de bonnes volontés, des indifférents, des jeunes, assez peu, des vieux, beaucoup, j’ai fait le plein d’histoires, de petites tranches de vie. La maison a un panneau solaire sur le toit. Et un utilitaire d’installateur éolien-solaire garé devant. C’est son métier : les énergies renouvelables. C’est juste que les dernières lois fiscales sont régressives sur ce chapitre et que le secteur florissant du solaire est en pleine contraction.

  • Nous avions une belle entreprise de fabrication de panneaux solaires, en France, qui marchait super bien. Avec le désengagement de l’État, ils sont en train de licencier à tour de bras. Bientôt, ils vont fermer ou délocaliser en Chine. Et après, on devra importer les panneaux solaires de Chine ! Bravo, la logique écologique !
  • Ah oui, c’est très con ! Mais bon, le solaire, c’est bien. Pendant la tempête Klaus, les gens ont dû être contents d’être équipés.
  • Mouarf ! Ils étaient comme tout le monde, dans le noir ! Et vous savez pourquoi ? Parce qu’EDF a toujours voulu garder le contrôle énergétique et empêcher les gens d’être autonomes. Résultat des courses, quand vous n’êtes plus connectés au réseau principal, votre installation est prévue pour s’arrêter. Et voilà le travail ! On se bat depuis des années pour que ceux qui produisent de l’électricité puissent l’utiliser même quand EDF est coupée. Vous imaginez la logique ?

Mon dernier électeur est une ressource en énergie renouvelable, de quoi produire un dossier hallucinant d’une société vouée au profit qui progresse donc à reculons. On prolonge la conversation en voiture, pendant qu’il me ramène au centre-ville dont je suis assez éloignée.

La campagne électorale est finie pour moi, mais mon exploration ne fait que commencer.

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33 réponses
  1. Marco
    Marco dit :

    Le suspens est total. Quand vas tu nous dire combien de bulletins de vote marqués "Monoleste" ont suivi les traces de ton vélo ?
    Merci en tout cas pour cette nouvelle tranche de vie…

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  2. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je ne sais pas si j’enfile les clichés comme d’autres les perles, mais je vis ici depuis longtemps, ma famille est ici, ma grand-mère est enterrée ici et je sais que chaque fois que je vais faire les courses au village, il me faut prévoir trois fois le temps nécessaire pour le faire, parce que je vais forcément tomber sur quelqu’un que je connais, parce qu’on va forcément discuter, longtemps, tranquillement, abondamment, parce qu’il y a, ici, encore une tradition de la palabre, une envie d’échanger, de parler et que j’aime ça, bordel de merde, vraiment infiniment plus que l’anonymat pressé et silencieux des concentrations urbaines. Et oui, dans la palabre, il y a aussi cette petite séduction tranquille, pas un truc à la hache, juste un hommage gentil au sexe opposé.

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  3. Alberto
    Alberto dit :

    "Parce que je suis une femme et que de passer quelques minutes à me reluquer est toujours bon à prendre."

    Il a de la chance 😉

    Mais quelques minutes à vous lire c’est aussi un plaisir.

    Bon courage

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  4. la souche
    la souche dit :

    Ce paysan, parce que tu es une femme, écris-tu, Agnès, trouve bon à prendre de te reluquer quelques minutes. Et puis, précises-tu, un Gascon est toujours prêt à tailler une bavette. Les paysans, par chez toi, je comprends donc, matent les filles, et sont bavards. Je le découvre absolument stupéfait . Et j’attends avec impatience, qu’avec ce sens de l’observation prononcé, dénué de racisme social, tu fasses un tour bientôt chez les Roumains – ils sont chapardeurs. Que tu nous montres des Italiens – machos, peut-être, et mangeurs de pizzas. Et les Boliviens, qui tricotent des ponchos. Toutes considérations qu’on voudrait croire reléguées dans les oubliettes des années 70… Vivement la prochaine exploration. Pierre

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  5. toto
    toto dit :

    Bon, j’ai pas fini de faire ma groupie :"une pointe d’admiration amusée, une de celles que l’on réserve aux doux rêveurs qui entreprennent de décrocher la Lune sans se soucier de se casser la binette aux pieds de leurs chimères." C’est super joli 🙂

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  6. faribole
    faribole dit :

    purée tu me donnerais presque envie de " " "faire de la politique" " " (les tas de guillemets, c’est fait exprès)

    Mr La Souche, le gascon bavard et le paysan à l’oeil frisé, pour moi c’est de l’humour… en tousa cas, ça n’a rien de méprisant.

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  7. toto
    toto dit :

    J’avais la pu la souche….(ah ben je manque de mots un peu là, c’est quoi ce …?) C’est méprisant comme tout son comm ou c’est moi qui me trompe? (of c’est rien, c’est rien), en tous cas lui sent le cliché à plein nez. Pi j’arrête, m’enfin, balaise de pas envoyer paître ce genre de personnage. (c’est bon je me remets en mode groupie)

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  8. Phil
    Phil dit :

    En cherchant des nouvelles je suis tombé sur un article de Sud-Ouest qui te qualifie de "demoiselle", basse flatterie ou journaliste feignant qui n’a pas trouvé utile de se renseigner ?
    Au vu du résultat tu as du faire 1 km à vélo par électeur.
    Je vais ouvrir un Bouscassé pour fêter ça !

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  9. Gavroche
    Gavroche dit :

    Bon sang de cré vingt dieux de bonsouar, je me demande comment tu fais pour avoir autant d’énergie, ne jamais t’énerver avec les racistes, même vieux ?

    Ben moi, je vais ouvrir une boutanche de Cahors (bio) à ta santé. Na.

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  10. idéesmobiles
    idéesmobiles dit :

    C’est bien de dénoncer le complot du grand méchant EDF, sauf que votre spécialiste du photovoltaïque n’a visiblement qu’une connaissance très superficielle de son domaine. Si les propriétaires de panneaux photovoltaïques ne peuvent pas utiliser leur propre électricité s’il n’y a pas de réseau ce n’est pas du tout pour des raisons de politique de gestion de monopole d’une grande entreprise mais pour des raisons techniques: il ne suffit pas de brancher des panneaux sur ses appareils pour que ça marche. Je ne suis pas spécialiste mais les onduleurs qui équipent les installations photovoltaïques ont besoin du réseau pour se synchroniser sur le courant edf et ne sont pas prévus pour fonctionner seuls . D’autre part, la puissance délivrée par les panneaux est très variable, dès qu’un nuage passe devant la puissance chute d’un coup ce qui n’est pas du tout adapté pour nos appareils ménager ou de chauffage. D’autre part les onduleurs sont prévus pour fonctionner avec une certaine impédance de réseau correspondant à celle d’EDF, tandis que votre installation a une impédance variable en fonction des appareils branchés. Enfin il faut que la puissance produite corresponde à la puissance consommée, c’est le réseau EDF qui assure cet équilibre en permanence, sans lui il va falloir un système de batterie pour stocker l’excédent de puissance lorsque vos panneaux produisent à plein et que vous ne consommez pas suffisamment (sinon vous risquez de griller vos appareils) et restituer l’énergie lorsque c’est l’inverse. C’est tout à fait possible techniquement et pas du tout interdit par EDF, sauf que ça coûte un bras: 6500 € d’après les infos disponibles sur ce site de personnes qui ont l’air de savoir de quoi elles parlent: http://forum-photovoltaique.fr/view… Du coup, il n’est pas du tout étonnant que quasiment personne ne la mette en œuvre.

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  11. Brutus
    Brutus dit :

    Pour la côte de Saint-Mont, il vaut mieux mettre petit plateau et grand pignon (au lieu de petit) . Ce n’est pas la plus terrible du Gers et elle te paraîtra beaucoup plus facile vu ton (excellent)entrainement.
    Continue.

    Répondre
  12. Le marcheur
    Le marcheur dit :

    Ton récit m’a rappelé ce qui m’est arrivé il y a trois ou quatre ans.
    Un jour, dans un petit village de Dordogne, en me baladant je suis tombé sur un petit vieux qui buvait un coup sous sa tonnelle. Comme il faisait très chaud et que je suais ferme, il m’a fait signe de le rejoindre et m’a proposé un verre de picrate bien frais. Il avait une bonne tête de petit vieux et une grande envie de parler à quelqu’un. Au bout de 10 minutes je savais quasiment tout de sa solitude, sa femme morte depuis tant d’années, sa fille barrée en Argentine et qui ne reviendrait sûrement que pour son enterrement…Il était tranquille et émouvant. Et puis, au bout d’un moment, jaja aidant, il s’est mis à me raconter sa guerre. Celle d’Algérie. Les expéditions dans les Aurès, le "nettoyage" des villages indociles et…et les viols, les viols systématiques de toutes les femmes qui avaient le malheur de croiser leur chemin ou plutôt de n’avoir pas pu se cacher assez vite. Tranquillement, presque goguenard il me précisa comme une récrimination "Nous on avait que les moches, les belles c’était pour les gradés…". Et là, mon estomac c’est vrillé d’un coup.
    Ouais, sans le savoir, il a changé ma vision du monde : Ne jamais oublier que derrière un petit vieux attendrissant peut se cacher une vieille et authentique ordure.

    Répondre
  13. saxo
    saxo dit :

    eh beh… T’as du courage Agnès.
    Bravo pour la ballade.

    Maintenant, pour le vélp, c’est petit plateau et grand pignon 😉 – du moins, si tu veux économiser tes efforts (au détriment de ta vitesse) – …

    Répondre
  14. raslebol
    raslebol dit :

    Comment peut-on prétendre à une société plus égalitaire et gober les discours capitalistes qui cautionnent le libre ? Combien ça a coûté d’emplois en prestations de service ? En 10 ans, grâce à ces brillantes stratégies, on crée de moins en moins et le coût d’une prestation a été divisée par 3, les salaires, pour ceux qui en ont gardé un sont au ras des paquerettes… Décidément, pas un parti de gauche capable de ne pas tomber dans la démagogie !

    Répondre
  15. Sitting Bull
    Sitting Bull dit :

    "pourquoi diable les gens sacrifieraient-ils une soirée TV pour venir me voir"

    C’est vrai que les réunions publiques n’attirent plus grand monde…surtout un jour de match qualificatif pour la coupe d’Europe!… Pourtant, je me souviens de mon cher papa dans les années 60… qu’est-ce qu’il a pu se faire engueuler lors de réunions publiques dans la salle de l’école pleine à craquer! Ça gueulait de partout! Les gens se coupaient la parole pour s’invectiver "à qui mieux mieux"… en ces temps là le sport n’était pas sur l’écran plat! Il faut croire qu’ils en avaient rien à foutre de la coupe d’Europe…Le sport c’était en "direct live" au moment des élections… n’importe lesquelles!
    Et tout ce joli monde finissait au bistrot pour les prolongations! Ah, y’a pas à dire, les arguments volaient peut-être bas mais y’avait de la vie!

    Répondre
  16. cleo 32
    cleo 32 dit :

    Je peux dire que comme toi, j’ ai battu la campagne mais en voiture mon outil de travail; je suis allée dans des fermes bien paumées dispensant mes soins puisque c’ était mon job
    et j’ en ai entendu, pourtant je n’ avais pas le temps de faire la causette, mais bon, j’ étais la distraction du jour; je connaissais les opinions politiques, lesquelles comme tu le dis avaient de quoi faire hérisser les cheveux; leur peur de l’ étranger, du gitan qui va piquer le linge, le chien du voisin qui leur bouffe les poules, le celui qu ‘o n ne connait pas qui vient ramasser des noix sur le chemin de tout le monde!
    le fusil à portée de main parce que …..hein faut pas se laisser faire! la peur de ce qui n’ est pas comme soi;
    et pourtant, pourtant il m’ est arrivé de rentrer chez moi avec des oeufs des fleurs; je me sentais piégée achetée ; mais j’ avais écouté en un minimum de temps leurs malheurs leurs histoires de famille , leur colère sans je que je songe une seconde à leur expliquer (et de toute manière n’ en n’ ayant pas le droit déontologiquement,) ma façon de penser!
    Et je constate comme tu le dis que le temps passe …..et que rien ne change!
    donc bon courage Agnès pour poursuivre tes futures campagnes à la campagne

    Répondre
  17. toto
    toto dit :

    Quoi, ce que je veux dire, c’est que le sale racisme est partout, c’est très loin d’être une particularité des bouseux, seulement c’est ce qui passe en boucle à la téloch, pour pas être atteint faut être blindé, Et puisque ça passe en boucle, les gens répètent.

    Et puis c’est sur que si on arrive avec une attitude de "je suis pas d’ici et puis tant mieux, elle est nase votre vie" vont pas causer peinard (je vise personne, je dis juste que pour se faire adopter par les bouseux faut pas péter plus haut que son cul ni se croire supérieur à eux, la c’est sur ca colle pas. (un parigot qui se la pète qui débarque par exemple, ben non hein, se fera pas adopter, et c’est sur que s’il y a conversation ca sera peut être de la caricature, mais qui a commencé? )).
    Sinon, si on a le temps, sérieux c’est des braves gens.
    bon je tape pas l’incrust plus longtemps, bisous 🙂

    Répondre
  18. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je ne dis pas que les bouseux sont particulièrement racistes ou xénophobes, il se trouve que je vis à la cambrousse depuis des années, c’est donc là le bout de France que je fréquente. Je parle aussi très régulièrement des gens qui partagent du temps, des compétences, qui choisissent de vivre autrement, solidairement. Dans ce papier, je raconte aussi les femmes de Saint-Mont qui consacrent tous leurs samedi à embellir l’espace commun. Ce que je raconte, c’est comment des gens plutôt traditionnellement de "gauche" (ma campagne est traditionnellement socialiste) ont fini par adopter des discours et des réflexes totalement frontistes. Eux, comme ceux de la ville, eux, comme tous ceux qui se font pondre dans la tête par la TV, jour après jour. Qui pourrait résister à un tel bourrage de crâne?

    Personne! Ni mes bouseux, ni les CSP+ du centre-ville, personne… sauf ceux qui ont éteint leur télé.

    Ici, je ne juge pas, je raconte ce que j’ai vu et entendu. Et je dois dire que j’ai quand même été surprise, oui.

    Tout comme je suis surprise de voir que les gens ne s’arrêtent plus au bord des routes quand il y a une voiture en panne ou en détresse.

    Répondre
  19. toto
    toto dit :

    A lire les comms, on croirait que y’a que des cons dans les campagnes. Sérieux, je sais pas moi, mais a y vivre, c’est pas des comme ça. Y’en a certes, mais c’est plus des super braves gens avec le coeur sur la main. M’enfin hein. Parce que oui, ils sortent leur vie en un rien de temps, et on sait tout du temps ou il faisaient la lessive au lavoir, ou ils faisaient 2 boulots, celui de la journée, puis le soir ranger le foin, avec s’occuper du potager encore derriere, aller chercher l’eau dans des seaux au village d’a coté. Et toute la liste de leurs petits enfants, les prenoms, qui fait quoi, qui vit à coté ou est au loin. Moi je les aime bien mes campagnards, sont touchants.

    Répondre
  20. smolski
    smolski dit :

    Les "gens", sont ce que sont tous les humains!
    Le crs qui a tué Malik Houssekim sous un porche de paris lors d’une manif d’étudiant est aussi le crs qui a sauvé votre enfant emportée par une lame sur la plage du bord de mer !
    Ainsi de chacun de nous, individuellement.

    Ce ne sont pas les "gens" qu’il faut modifier ni donc juger, c’est de soi, tel que nous nous jugeons être, qu’il suffit d’apporter pour, sans mépris, nous nourrir chacun des uns, des autres.

    Bravo pour ces tranches vivantes, belles et hilarantes que tu "d’écris" si bien Agnès !

    Répondre
  21. toto
    toto dit :

    Oula, je risquais pas de te critiquer, je causais en général. Mais ouais, je sais bien que des fois y’a des trucs pas cool qui sortent, de partout (m’enerve un peu ce pays par moment) par contre smolki, un crs, un crs.. bon hein faut pas pousser (je sors))

    Répondre
  22. Kamizole
    Kamizole dit :

    Je pense que nous avons en commun d’aimer les gens. C’est tout bête mais savoir les écouter sans ramener sa fraise (comme l’on dit en Sologne et sans doute ailleurs) crée forcement des liens même éphémères. Je ne me suis jamais sentie mieux qu’infirmière dans une usine (500 personnes et je connaissais tout le monde).

    Je ne vis à Montmorency que depuis 27 ans, mais c’est fou le nombre de gens que j’y connais et que je croise quand je fais mes courses. Forcément longues car je parle facilement…

    Je n’ai jamais été candidate (sinon en antépénultième position pour les municipales) mais j’ai beaucoup marché pour distribuer des tracts dans des lieux très escarpés (Montmency est bâti sur une colline) ravitaillés sans doute par les corbeaux ou des sentes interminables.

    Mais je trouvais important que les personnes qui y vivent se rendent compte qu’on les considèrât comme suffisamment importantes pour recevoir la propagande électorale du PS (chacune son trip !).

    En même temps, pour aider notre amie qui s’occupait de cette distribution, je relevais le nombre de boîtes aux lettres (y compris dans le Centre-ville) certaines étant tellement pleines de vieilles pub qu’il était évident que l’occupant n’y vivait plus.

    Je me suis bien marrée à l’occasion de cette revue des boîtes car j’ai rencontré à peu près tous les cas de figure. Y compris celles qu’avec mon petit à peine 1,50 m, auxquelles je n’ai jamais pu accéder, ce qui me fit souvenir de quelques prises sur les rochers de Fontainebleau quand j’étais encore alpiniste d’un niveau plus que moyen…

    Répondre
  23. denis
    denis dit :

    Bonjour dame Agnès.
    Beau billet !!! Les rencontres ont l’air enrichissantes, et ça me rend heureux de voir qu’il y a des gens comme vous qui arrivent à écouter comme il le faut les autres, en essayant de comprendre et sans juger à priori.

    Je souhaitais faire tourner l’info de la pétition de fakir :

    http://www.fakirpresse.info/article

    Faites tourner, ça c’est un belle initiative… Sarko veut fliquer les chômeurs, soit, fliquons les patrons!

    Répondre
  24. yan
    yan dit :

    Autant le gros coup de rabot sur les dépenses d’isolation logement est incontestablement… contestable… pour ce qui est de l’éléctricité photovoltaïque, c’est tout à fait logique d’avoir arrêté les frais: Des m² (il ne s’agit pas ici de qq mm² pour un circuit logique) de produit de fonderie silicium, cela a un cout energétique extrèmement élevé.

    Si élevé que, bien souvent, un panneau a du mal a rembourser par sa production sur sa durée de vie son cout energétique de fabrication. Couvrir un toit de panneaux photovoltaïques n’a de sens que pour electrifier un site isolé non raccordable au réseau… et cet usage n’a jamais été subventionné (car impossible de vendre sa production au réseau)!

    On était donc dans une parfaite gabégie qui subventionnait un truc inefficace, fonctionnant en prime mal en réseau (production pas forçément en phase avec les besoins), aux seuls endroits ou il ne se justifiait pas… et là ou il se justifiait et aurait pu parfois participer à améliorer la vie de gens a qui on ne peut ammener le réseau electrique, rien!

    Par contre, un corps noir parcouru de serpentins sur un toit en soutient de chaudière/ECS… dans les régions ensoleillées nous pourrions imiter un peu plus nos départements d’outre-mer… et produire de l’eau chaude 6 ou 8 mois sur 12 pour les quelques watts de la pompe de circulation.

    Ceci n’a a ma connaissance jamais été subventionné. Et on se fout que l’eau chaude soit produite de 9 à 12 ou de 14 à 17h00 selon qu’il aura fait beau le matin ou l’après midi: Le ballon garde la réserve au chaud… et le jour ou fépabo, le moyen classique (résistance/bruleur) prends le relais.

    La seule justification que l’on peut trouver au photovoltaïque, elle est économique: Vous achetez en quelque sorte, au cout de production energétique de production actuel des panneaux, cette energie à restituer ces 20 prochaines années. Les couts de l’energie étant voués à augmenter, d’une manière que l’on est incapable de borner en limite haute, le calcult est alors intéressant sans gros risque de se tromper. Enfin si vos panneaux résistent aux tempêtes, grêle… sans parler des troubles sociaux forts qui résulteraient du passage en quelques années à une situation de production energétique contrainte nous ramenant 1 siècle en arrière.

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  25. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Pour les Européennes, rien. Quand tu penses que pour participer à la course à l’échalote, le ticket d’entrée dans le bled en chef est de 15000€, t’as vite compris pourquoi la sociologie des élus européens n’est pas prête de bouger.

    Les municipales dans un microbled, c’est bien le maximum de participation démocratique auquel un prolo peut espérer accéder… ce qui en dit bien long sur l’état réel de notre démocratie.

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