Équilibre précaire

Éric Mainville, de Crise dans les médias, vient de lancer un nouveau blog collectif, dédié à la précarité dans le travail.

Bâti autour d’une petite dizaine de rédacteurs pour démarrer, Équilibre précaire a commencé à émettre le 12 septembre dernier et espère attirer de nouveaux contributeurs sur ce sujet d’actualité aigu qu’est la précarité.

Même si je n’ai pas de temps à revendre en ce moment, je fais partie du voyage et profite de l’occasion pour exhumer de l’oubli bloguesque quelques analyses et récits tirés de ma propre expérience de précaire dont j’ai déjà abondamment parlé ici.

Ce n’est pas parce que la blogobulle est dotée d’une mémoire de poisson rouge qu’il faut se résigner à laisser nos idées et nos débats tomber dans l’oubli à peine avons-nous fini d’en parler. Ceci dit, j’espère, entre deux remontées d’archives, offrir quelques autres réflexions inédites sur le sujet.

Quoiqu’il en soit, la précarité est, hélas, un sujet inépuisable de discussion et tout ce que nous pouvons souhaiter à Équilibre précaire, c’est une existence brève et intense dont l’utilité, à l’instar des Restos du Cœur, déclinerait en proportion de la diminution du public concerné.

Hélas, on sait aujourd’hui que les Restos sont voués à durer… longtemps!

16 réponses
  1. Amy Camus
    Amy Camus dit :

    Je suis le seul, à vivre la précarité, et à ne pas vouloir en parler… et essayer de me changer les idées (et essayer de penser à autre chose) ? Parce que moi dès que j’y pense, j’y réfléchis… c’est direct : médocs !

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  2. jessie
    jessie dit :

    t’es pas le seul, amy camus : les précaires se taisent, les précaires sont silencieux, parce qu’on leur met la honte, on dit que c’est de leur faute, on les traite de fainéants

    mais aussi parce que les précaires ne parviennent pas à se projeter dans l’avenir, alors leur pensée défaille, leurs idées et leurs mots s’évanouissent, face à une dure réalité incontournable, pérenne, qu’ils ne peuvent supporter qu’en s’en évadant mentalement

    certains consomment pour s’évader, d’autres croient les discours dominants qui leur promettent la lune et votent pour les sarkoléon et co, d’autres enfin résistent à la culpabilisation où on les enferme, mais tous, tous, tous souffrent et ne savent pas pourquoi ils souffrent, ils savent seulement que s’ils parlent les "forces vives" leur feront fermer leur gueule de force avec des arguments pervers martelés comme une propagande

    le point de vue des précaires n’a pas d’intérêt face aux enjeux macro-économiques des "forces vives", de "ceux qui comptent"

    peuple de l’ombre et du silence, travailleurs pauvres statistiques, oeufs cassés pour l’omelette que se partagent les riches et les puissants, les précaires n’ont d’existence que l’instant insaisissable, le présent infini et douloureux, leurs rêves illusoires ou défunts, leurs désirs formatés par le/les marché/s, l’angoisse taraudante du "petit rien" (panne de bagnole, petit pb de santé, ….etc….) qui va les faire couler et les releguer dans le caniveau, au plus bas, plus bas encore

    cette réalité que personne ne veut voir, même pas ceux qui la vivent (parce qu’ils doivent s’anesthésier et s’illusionner pour ce faire), tu n’es pas seul à vouloir la fuir

    en la pensant, la décrivant, l’intellectualisant ou la théorisant, dans les engagements militants, on la fuit pareil : on a l’impression de la maîtriser un peu mieux alors qu’on ne maîtrise rien

    chacun fait comme il peut avec ce qu’il a, voilà !

    Répondre
  3. jessie
    jessie dit :

    t’es pas le seul, amy camus : les précaires se taisent, les précaires sont silencieux, parce qu’on leur met la honte, on dit que c’est de leur faute, on les traite de fainéants

    mais aussi parce que les précaires ne parviennent pas à se projeter dans l’avenir, alors leur pensée défaille, leurs idées et leurs mots s’évanouissent, face à une dure réalité incontournable, pérenne, qu’ils ne peuvent supporter qu’en s’en évadant mentalement

    certains consomment pour s’évader, d’autres croient les discours dominants qui leur promettent la lune et votent pour les sarkoléon et co, d’autres enfin résistent à la culpabilisation où on les enferme, mais tous, tous, tous souffrent et ne savent pas pourquoi ils souffrent, ils savent seulement que s’ils parlent les "forces vives" leur feront fermer leur gueule de force avec des arguments pervers martelés comme une propagande

    le point de vue des précaires n’a pas d’intérêt face aux enjeux macro-économiques des "forces vives", de "ceux qui comptent"

    peuple de l’ombre et du silence, travailleurs pauvres statistiques, oeufs cassés pour l’omelette que se partagent les riches et les puissants, les précaires n’ont d’existence que l’instant insaisissable, le présent infini et douloureux, leurs rêves illusoires ou défunts, leurs désirs formatés par le/les marché/s, l’angoisse taraudante du "petit rien" (panne de bagnole, petit pb de santé, ….etc….) qui va les faire couler et les releguer dans le caniveau, au plus bas, plus bas encore

    cette réalité que personne ne veut voir, même pas ceux qui la vivent (parce qu’ils doivent s’anesthésier et s’illusionner pour ce faire), tu n’es pas seul à vouloir la fuir

    en la pensant, la décrivant, l’intellectualisant ou la théorisant, dans les engagements militants, on la fuit pareil : on a l’impression de la maîtriser un peu mieux alors qu’on ne maîtrise rien

    chacun fait comme il peut avec ce qu’il a, voilà !

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  4. Crise dans les médias
    Crise dans les médias dit :

    "Equilibre précaire": lancement réussi

    Le blog équilibre précaire est lancé depuis environ une semaine. Ce blog collaboratif, que j’ai lancé en compagnie d’une dizaine de blogeurs(ses) amis, parle de travail précaire. Vous pouvez vous abonner à ce flux!  "Equilibre précaire" a…

    Répondre
  5. Crise dans les médias
    Crise dans les médias dit :

    "Equilibre précaire": lancement réussi

    Le blog équilibre précaire est lancé depuis environ une semaine. Ce blog collaboratif, que j’ai lancé en compagnie d’une dizaine de blogeurs(ses) amis, parle de travail précaire. Vous pouvez vous abonner à ce flux!  "Equilibre précaire" a…

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  6. mc
    mc dit :

    France 2 devrait diffuser cet automne le documentaire de Marcel Trillat intitulé "Femmes précaires". Est-ce que quelqu’un saurait exactement quand? Pour l’instant, c’est son documentaire plus récent intitulé "Silence dans la vallée" qui passera le 4 octobre à 22h55.

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  7. mc
    mc dit :

    Le film de Marcel Trillat, “Femmes précaires” passera sur France 2, jeudi 4 octobre, à 0h50. (en fait, on sera donc vendredi).
    Pour ceux qui ont le sommeil précaire… ou de quoi enregistrer.

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