Marchands de soupe

De l’inutilité des débats sur le DADVSI

C’est reparti pour un tour!

Les députés se prennent la tête joyeusement sur un sujet dont ils ne comprennent pratiquement rien histoire de voir comment on va bien pouvoir faire cracher au bassinet le méchant internaute pirate. Car la cause est déjà entendue! En chaque internaute sommeille un sale voleur de culture qui compte bien rentabiliser sa facture numérique en pillant les oeuvres des honnêtes artistes!
Aux armes, citoyens, la culture est en danger!
Enfin, la culture… il faut voir de quoi on parle.

Rétroviseur

Dans les années 80, comme la plupart des ados, j’avais fini par me faire offrir une machine à musique à double platine K7 dont le vendeur ne faisait guère de mystère quant à l’usage que je pouvais en faire. Il s’agissait bien là de dupliquer les albums des potes comme des gros malades et de se créer nos compiles maison. Je peux vous dire que la double platine a été largement amortie. Ce qui ne m’a pas empêché d’acheter quelques albums vraiment cools, quand j’en avais les moyens.
Tout le monde a copié des K7 et les maisons de disque, à ma connaissance, n’ont pas fait faillite. C’est un fait. C’est un fait aussi que les amateurs de musique ont tendance à se passer leurs albums et que pour cela, il leur faut en acheter. Bref, l’échange de musique dans les années 80, en dehors du support, ce n’est pas fondamentalement différent de l’échange de musique aujourd’hui. Sauf que maintenant, c’est devenu une affaire d’État!

Aujourd’hui, tout est différent, semble-t-il.
Déjà, j’ai beau avoir à ma disposition les instruments du crime, il se trouve que je n’en fait pas usage. J’écoute nettement moins de musique que durant mon adolescence et c’est un euphémisme. De temps à autre, j’entends un truc plaisant à la radio. Et c’est tout.
Comme je n’écoute plus de musique, j’en achète tous les 29 février. Je me souviens du dernier album que je me suis payé : Chambre avec vue d’Henry Salvador. C’était en 2001.
Et là, vous me dites que c’est parce que je télécharge comme une folle, que la ruine des maisons de disques, c’est de ma faute. Sauf que je ne télécharge pas de musique. Jamais. Pas par principe, mais juste parce que je n’ai rien entendu ces dernières années qui m’a donné envie de réécouter plus souvent que lors du matraquage radio…

Racket musical

Aussi l’idée de payer entre 3 et 10 €/mois de taxe sur mon abonnement ADSL non dégroupé qui me coûte déjà les yeux de la tête m’est totalement intolérable. Entre 36 et 120€/an. Je vais vous le faire en francs pour que ce soit plus parlant : entre 236 et 787 FRF /an. Mon dernier disque, je l’ai justement acheté en francs, il y a 5 ans. Ce qui revient à un budget annuel en musique de 2€/an… En fait, cette fameuse licence globale de mes deux excède assez largement mon budget culturel global actuel. Au nom de quoi va-t-on me faire renoncer aux quelques bouquins que j’arrive encore à me payer pour financer une musique que je n’écoute pas? Qui se permet de décider de quelle manière je dois orienter mes pratiques culturelles? Les scanners permettent bien de numériser des bouquins : les maisons d’éditions ne sont pas parties en guerre contre nous, que je sache!

Je me dis donc que si nous sommes devant une solution à la noix, c’est probablement parce que le problème d’origine a été mal posé, voire, tout simplement, qu’il n’y avait pas de problème!

Parce qu’il y a tout de même une chose qui a bien changé depuis les années 80 : ce sont les maisons de disques elles-mêmes!
Ces dernières années, nous avons assisté à la restructuration complète du secteur, par concentration et sa mise sous coupe financière. On a vidé les directeurs artistiques, probablement trop proches des saltimbanques et on les a remplacé par des markéteux qui n’ont plus qu’un seul objectif : faire du blé, plein, tout de suite! On a aussi écrémé les catalogues et vidé les artistes pas assez rentables. On ne sort plus un album, on fait un coup marketing! On ne fait plus de la musique, on ne produit plus de la culture, on fait du business, du retour sur investissement. Comme dans tous les autres secteurs de notre économie, on a décidé que l’on pouvait vendre de la musique comme des paquets de lessive. L’approche artistique, l’apport culturel, la découverte des jeunes talents, la promotion d’une musique plus difficile, tout ça, c’est bon pour les tarlouzes! Bref, on a fait de la musique un produit de masse à rendement maximum, autrement dit, de la soupe en boîte (Andy Warhol était visionnaire, qu’on se le dise).

A partir de ce constat, je suis de l’avis d’El Ryu sur la question : le chiffre d’affaire des Majors se casse la gueule suite à leurs mauvais choix stratégiques dont le plus important est de prendre le consommateur pour un con avide d’acheter de la merde à n’importe quel prix.
Je n’ai donc pas l’intention de raquer pour la nullité de ceux qui prétendent tout savoir mieux que les autres et qui ont tout de même les moyens de faire pression sur les élus de la République pour les amener à voter une loi nous forçant à compenser de notre poche les pertes financières essentiellement dues à leur incompétence chronique.

Autrement dit : qu’ils aillent se faire foutre avec leur soupe!
33 réponses
  1. Thesa
    Thesa dit :

    >Au nom de quoi va-t-on me faire renoncer aux quelques bouquins que j’arrive encore à me payer pour financer une musique que je n’écoute pas?

    Il n’a jamais été question d’une licence globale *obligatoire* ! La licence global est *optionnelle* (mais ce dernier mot est souvent hélas ommis). Si vous ne prenez pas la licence et que vous ne téléchargez pas, tout va bien. Si vous ne la prenez pas et que vous téléchargez, vous êtes dans l’illégalité. si vous la prenez, vous avez le droit de télécharger.

    Et sinon, il exite aussi de la musique téléchargeable gratuitement, sans licence quelconque, tout à fait légalement, et qui peut-être de meilleure qualité que les diffusions radiophonique : la musique libre, difusés sur certains sites dont http://jamendo.fr/

    Après… la taxe sur les supports vierge n’est-elle pas aussi injuste ? Ai-je envie de payer sur les supports vierge (CD, DVD) sur lesquels je vais graver mes photos ? La licence globale *optionnelle*, à mon avis, est peut-être la proposition la plus innovante, même si elle pose un certain nombre de problèmes.

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  2. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Que la licence globale soit « optionnelle » ne change rien au fond du problème, à savoir un secteur d’activité qui tente de faire porter par la collectivité le poids de sa baisse d’activité, érosion du chiffre d’affaire qui est essentiellement endogène (qui vient donc de leurs choix à eux) et non relative au comportement délictuel des pré-supposés consommateurs.

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  3. Théo
    Théo dit :

    « Après… la taxe sur les supports vierge n’est-elle pas aussi injuste ? Ai-je envie de payer sur les supports vierge (CD, DVD) sur lesquels je vais graver mes photos ? La … »

    Achètes les en Europe c’est bcp moins cher et c’est légal. Libre circulation blablabla

    Par exemple le site http://www.nierle3.com

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  4. /home/freetux
    /home/freetux dit :

    Blog à vendre, comme la culture d’ailleurs

    Préserver la création artistique et lutter contre DADVSI, une action pour montrer à ceux qui se croient supérieur qu’il existe encore de vrai citoyens…

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  5. freetux
    freetux dit :

    Merci agnés pour ce merveilleux billet. Si tu as lu le mien tu sais donc dors et déjà ce que j’en pense.

    J’ai simplement développer un aspect différent mais qui permet d’éclairer les même problémes que ceux que tu mets en avant:

    • rentabilté des « artistes »
    • industrialisation de la création artistique
    • orientation des choix de l’utilisateur final
    • appauvrissement de la création
    • etc…

    C’est étrange qu’aux moment même ou je vais effectuer les trackbacks sur un billet qui parle du même sujet, le tiens apparait dans mon aggrégateur.
    Comme quoi en ces temps ci certains sujets irrite passablement les internautes et citoyens que nous sommes.

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  6. lecailloudansla chaussure
    lecailloudansla chaussure dit :

    >>Les députés se prennent la tête joyeusement sur un sujet dont ils ne comprennent pratiquement rien histoire de voir comment on va bien pouvoir faire cracher au bassinet le méchant internaute pirate.

    Ce que tu dis n’est pas tout à fait exact. J’ai lu tous les comptes rendus des débats du parlement sur le projet de loi et j’ai été très surpris de voir le niveau de connaissance de certains députés sur le sujet. Leur maîtrise n’est pas toujours parfaite mais la plupart (de ceux qui interviennent) en savent en tout cas au moins autant que l’internaute moyen. Ce que je trouve triste dans ce projet, c’est qu’au lieu de défendre les auteurs-compositeurs-interprètes, le gouvernement a choisi de défendre l’industrie du disque qui refuse de s’adapter aux nouveautés techniques, ou bien elle le fait en prenant les gens pour des imbéciles. Le téléchargement légal offre un catalogue trop peu étendu, souvent dans un format compressé (qualité moindre), à un prix élevé (+/- 1 € le titre) par rapport au coût de production en particulier, en verrouillant partiellement les droits d’utilisation (lecture, reproduction) à tel point que certains en arrivent à perdre leur musique poutant légalement achetée. Quant au fait que tu ne trouves rien d’intéressant à écouter, je me permets de te porposer d’aller écouter Radiocéros, par exemple (http://www.radioceros.com/progmif.htm) ou bien de chercher à connaître des gens commes : les Ogres de Barback, Dikès, Ridan, Mon Côté Punk, la Rue Ketanou, les Têtes Raides, les Hurlements d’Léo, et bien d’autres encore.

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  7. Laurent
    Laurent dit :

    A votre avis, quelle solution va mettre en place sarko pour savoir qui aurait le droit de télécharger ? Un radar DRM derrière chaque modem, bien sûr !

    Perso, je ne télécharge pas non plus, ayant décidé de consacrer de mon temps à la collectivité, plutôt qu’aux médias abrutissant. Néanmoins j’utilise les mêmes outils que les soit-disant « pirates », mais pour télécharger des images de CD informatique (distributions Linux par ex.) et pour ECHANGER, c’est à dire autant EMMETTRE que RECEVOIR des photos ou autres, avec de la famille située à plus de 6000 km, ce qui représente globalement une économie d’impression (encres et papiers car nous n’imprimons pas systématiquement les photos), de transport (car cela à remplacer les échanges de courriers postaux, d’où un gain pécunier, mais aussi environnemental…), etc.

    Je râle déjà assez sur la taxe des médias vierges qui ne me servent qu’à faire des sauvegardes de mon PCs. Si en plus il y en aura une autre sur les abonnements Internet…

    Encore une fois on (je vous laisse deviner qui…) considère, non pas le citoyen, mais le délinquant internaute. Pourquoi ne pas éduquer/former/informer l’internaute, plutôt que systématiser une répression aveugle ? Je trouve abérant que l’on vende un PC multimédia à monsieur tout-le-monde sans lui expliquer comment cela fonctionne, quelles sont les possibilités raisonnables, ce qui est déontologiquement déconseillé, voir interdit de faire, etc.

    Il est vrai que les téléphones mobiles sont déjà fliqués, que le moindre déplacement routier le soit incéssament sous peu (Cf. l’Angleterre), alors pourquoi pas Internet ? Comment ça, c’est la logique servile du « c’est comme ça, on (pas le même, cette fois c’est le mouton, individu anonyme pour ses congénères, mais pas pour les entreprises et les administrations) n’y peut rien, on fera avec » !

    Comme le dis Agnès, les jeux sont déjà faits, seules quelques mises en forme restant à définir. :-((

    Peut-on être optimiste ?

    Je le pense, car tout ce qui se créé peut se défaire, y compris nos modes de vie (recherche utopique de la croissance infinie basée sur l’exploitation de son prochain et d’un environnement fini) et toutes techniques de bridages. Un exemple ? Il suffira d’utiliser les mêmes outils que maintenant, mais au lieu d’échanger des fichiers en clair, il n’y aura qu’à les coder de manière(s) anonyme(s) pour le logiciel d’échange, seuls les individus de chaque côté de la ligne sauront quel en est le véritable contenu. Rien que cette attitude basique de renommer des fichiers mettrait à mal tous les DRM existant, sans compter le fait de débrancher le modem !

    Je suis désolé, c’est un peu long, parfois hors sujet (mais pas tant que ça 😉 ), mais pour une fois qu’on ne se limite pas aux internautes champions de l’audition, j’en profite, car ce projet de loi va pénaliser TOUS les internautes, responsables ou pas 🙁 En effet, il ne m’a pas été possible d’exposer mon point de vue (échanges non culturels) par exemple sur le fameux site mis en place pour un soit disant débât entre le ministère de la culture et les internautes :-(((((((((

    M’enfin ?! Comme le disait Gaston (Copyright, TradeMark, Registered… ;-p) Nous allons voir si nos élus disposent d’un sens critique au service du peuple ou des lobbyies politico-économiques. Déjà qu’ils ont un déficit d’image auprès de la population, je crois bien qu’ils sont en train de se nouer la corde autour du cou !

    Laurent

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  8. Etheriel
    Etheriel dit :

    Pour une fois, je dois bien le reconnaitre: je suis presque sur la meme longueur d’onde qu’Agnes…
    Par contre, je me disais « m’etonnerait pas que je trouve deja un commentaire faisant allusion à sarko/medef/cpe/…. => bingo ! Laurent l’a fait ! Z’etes sûr que c’est pas la faute à Bush aussi ? 🙂

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  9. monde guerrier
    monde guerrier dit :

    Bonjour Agnès, Je n’adhère pas à ton post 2 : Dans la même logique, les éditeurs ont râlé contre les bibliothèques ; râles-tu contre les habitants qui font le choix de payer l’abonnement (parfois gratuit, mais pas systématiquement) qui leur permet l’emprunt, car cela « permettrait » d’excuser les mauvais choix des éditeurs (maisons de livres) ? Personnellement je pense que la licence légale optionnelle est l’avenir, en plus d’une offre gratuite d’intérêt public (à portée culturelle) : mise à disposition de livres non réédités, ou anciens, ou étrangers (introuvables en france) ou très spécialisés ; mise à disposition de musiques, de la même façon… Ainsi donc, mes 116 euros de taxes tv (dont une partie subventionnaient des films comme « navarro » !!! ou autre affligeant) servirait cette diffusion de masse, car un livre non lu, comme une musique non écoutée, meurt. Ces trois dernières années, en matière de livre et de videos, et même de musique (blues, en l’espèce), c’est plus d’une vingtaine de titres que je n’ai pu me procurer (ni en bibliothèques) car « non-réédités », « plus en stock », etc.

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  10. Fred
    Fred dit :

    De toute façon, je ne vois pas pourquoi on s’excite comme ça : Internet est un réseau mondial, la technologie évolue beaucoup plus vite que les politiciens, et la Justice est déjà submergée par le boulot (voir les condamnations récurrentes de la France par la Cour européenne pour non-respect de délais raisonnables pour traiter les dossiers de justiciables).

    On peut quand même raisonnablement penser qu’une partie de la chute du CA des majors vient du téléchargement (en plus de la fin du renouvellement des discothèques vinyl > CD), qu’il soit pour de bonnes (pas envie de s’emmerder à riper ses CDs pour les écouter sur son MP3) ou mauvaises (pas envie de payer) raisons. Mais à partir de là, je ne vois pas de bonne solution pour empêcher le téléchargement illégal, surtout en France, un des rares (le seul?) pays autoriser la copie à usage privé. Pas simple…

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  11. théo
    théo dit :

    Je râle déjà assez sur la taxe des médias vierges qui ne me servent qu’à faire des sauvegardes de mon PCs. Si en plus il y en aura une autre sur les abonnements Internet…

    Achètes les en Allemagne (Europe) c’est bcp moins cher et c’est légal.

    Par exemple le site http://www.nierle3.com

    Répondre
  12. Alain
    Alain dit :

    Parmi tout le brouhaha qui circule sur la loi DADVSI, un excellent article qui tord le coup à cette métaphore débile « télécharger sur internet, c’est comme voler une baguette à la boulangerie ».
    A lire, à comprendre et à faire circuler

    L’article

    Répondre
  13. Yannig
    Yannig dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec ton constat Agnès. Droop et moi avons beaucoup parlé de la licence globale mais je suis complétement conscient que certaines personnes soient contre cette solution. A bien y réfléchir, il ne s’agit de toute façon que d’une béquille en attendant la fin effective des maisons de disques tel que nous les connaissons actuellement.

    Dire que les maisons de disque sont des dinosaures est un euphémisme. Leur total inadéquation avec le mode de consommation de la musique des ‘djeunes’ est un exemple. Les articles amendés dans DADVSI criminalisant les auteurs des logiciels de P2P laisse également perplexe. A la limite, on peut comprendre qu’on puisse poursuivre certaines sociétés comme Kazaa qui en faisaient ouvertement leur fond de commerce (et encore, je trouve que sur le fond c’est assez contestable, après tout, il ne faisait que vendre un logiciel. Au particulier de prendre leurs responsabilités) mais le faire pour tout les logiciels existants, on atteind un seuil d’obscurantisme et de crétinisme qui ne va pas sans rappeler les exploits de la Chine en la matière.

    Doit-on condamner (et emprisonner !?!) l’auteur du logiciel bittorrent alors que ce logiciel a servi essentiellement à son démarrage à la mise à disposition des distributions Linux ? Doit-on rendre coupable tous les auteurs de logiciels libre qui mettent à disposition les clones de eMule ?

    Je pense qu’au contraire, il s’agit d’un formidable vecteur de la culture. Le consommateur de musique est enfin affranchis des barrières commerciales. La culture gratuite pour tous !!!

    Malheureusement, nos chers députés ne sont pas dans le même trip et je les voit mal dans un discours à la John Lennon après un bon acide (« imagine no possessions », OK, je vais pas plus loin, je crois que ça sera jamais possible avec la clique qu’on a au gouvernement).

    Laissons les se casser la gueule tranquillement et organisons plutôt un boycott de leurs produits de merde ! Et en attendant ? Acheter tout d’occasion !

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  14. Alain
    Alain dit :

    héhé, j’étais justement entrain de le lire, mais je recommande jamais rien avant de l’avoir lu et réfléchis dessus.
    Et effectivement, le livre de Florent Latrive (journaliste à libération et grand connaisseur du monde du net) est sous licence creative commons, ce qui boucle la boucle.

    Répondre
  15. KOLKHOZE.com
    KOLKHOZE.com dit :

    DADVSI : Dernier round ?

    Mardi 7 mars, ce n’est pas seulement une attaque contre les jeunes que l’on va devoir contrer (avec les manifestations contre le CPE), mais c’est aussi la reprise des débats sur le controversé DADVSI à l’assemblée nationale. Résumé des…

    Répondre
  16. Syntax Error
    Syntax Error dit :

    DADVSI amendement n°150 (2ème rect.)

    En lisant le débat de l’Assemblée Nationale sur (entre autre) l’amendemant n°150 de la loi DADVSI, je me suis dis que c’était beaucoup d’agitation pour pas grand chose. Les différents amendements présentés après l’artic…

    Répondre
  17. Titzel
    Titzel dit :
    Le problème dans ce débat, c'est qu'on montre du doigt les produits markétés/calibrés des majors.

    Mais à côté de ça, la création musicale est très active et il y a un tas de musiciens, pas ou peu connus, qui mériteraient de l’être. Ces musiciens méritent d’avoir les moyens de continuer et si la licence globale peut les y aider, moi je vote pour. Ils méritent vraiment que tu te prives d’un café par semaine pour les écouter (pas la peine de se priver de bouquins).

    D’un autre côté, si le sort d’EMI ou d’Universal ne me préoccupe guère, qu’adviendra-t-il avec cette licence globale, de maisons de disques plus petite qui font du très bon boulot ? Faire un tour sur le site de tôt ou tard par exemple.

    Je n’ai pas d’avis tranché sur la question pour l’instant. Pas assez informé.

    Répondre
  18. touriste
    touriste dit :

    Il faut lire Rock Machine de Norman Spinrad.

    Ca date de 1984 mais c’est visionnaire: une seule Transnat qui fait de la soupe musicale. Et pour produire ce porridge, des armées d’artistes fonctionnaires savamment castrés et des nuées d’ex spécialistes de la guerre psychologique du Pentagone reconvertis dans le marketing façon Tapis de Bombes…

    Il faut lire de la SF, boudiou!!

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  19. ko
    ko dit :

    té, c’est bien vrai, ça : d’ailleurs, les quelques romans SF de Spinrad que j’ai lu sont tous visionnaires, notamment « Bleue comme une orange » (bel hommage à Paname, en outre)

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  20. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Spinrad avait aussi parfaitement décrit l’emprise des multinationales sur la société civile et la manière dont cela créait une dualité profonde dans la population. D’un côté, ceux qui bossent pour une multinationale, qui acceptent de se soumettre et qui ont un badge qui permet d’avoir accès à un logement décent, des loisirs, etc. Puis, tous les autres qui vivotent en traficotant de toutes parts, en espérant chopper une place dans les multinationales ou les renverser, elles et leur dictature de fer.

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  21. Tomek
    Tomek dit :

    Le problème dans ce débat, c’est qu’on montre du doigt les produits markétés/calibrés des majors.

    ''Mais à côté de ça, la création musicale est très active et il y a un tas de musiciens,  pas ou peu connus, qui mériteraient de l'être. Ces musiciens méritent d'avoir les moyens  de continuer et si la licence globale peut les y aider, moi je vote pour. Ils méritent vraiment  que tu te prives d'un café par semaine pour les écouter (pas la peine de se priver de bouquins).

       D'un autre côté, si le sort d'EMI ou d'Universal ne me préoccupe guère, qu'adviendra-t-il  avec cette licence globale, de maisons de disques plus petite qui font du très bon boulot ? Faire  un tour sur le site de tôt ou tard par exemple.

    Je n'ai pas d'avis tranché sur la question pour l'instant. Pas assez informé.''

    @ titzel : le problème reste toujours le même : comment se fait la redistribution de cette licence auprès des artistes peu/pas connus qui ont du talent (plus que la plupart des stars médiatisées – mais là c’est subjectif, alors…) et qui rament ? Si on prend exemple sur la Sacem, elle se fait au profit des + gros vendeurs, les petits peuvent aller se faire f…. as usual.
    Autre débat : la culture accessible à tous, bien sûr oui, c’est très bien de ne pas tout transformer en marchandise, mais les artistes ont peut-être le droit d’avoir un revenu aussi, ou bien ? Passque yen a pour qui ça n’importe pas, qui font ça pour le plaisir (j’en connais plein qui se foutent d’en vivre, le font par passion désintéressée voire avec refus affirmé de faire du commerce là-dessus), MAIS d’autres pour qui c’est vital dans tous les sens du terme, et pour ceux-là, vogue la galère.

    Répondre
  22. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Quand vous utilisez la balise « pre », vous préformatez le texte, c’est à dire qu’il sera publié comme vous l’avez écrit. Les retours à la ligne ne sont pas automatiques, c’est à vous de les faire avec « enter ». Sinon, c’est moi qui repasse derrière pour couper vos phrases, histoire qu’elles entrent dans ma page.
    Pareil pour les liens. Si vous ne sélectionnez pas un mot ou une expression pour leur appliquer un lien, il n’y aura rien à l’écran…

    Répondre
  23. Agagax
    Agagax dit :

    Agnès, je ne suis pas d’accord avec vous 🙂 : où avez-vous vu/entendu que les marchands de soupe allaient mettre la clé sous la porte (bien sûr à cause du piratage) ? Ce qui rappelle d’ailleurs les phrases humanistes célèbres qui stipulent que telle ou telle action est effectuée pour votre sécurité, ou pour lutter contre le terrorisme (1).

    Bon passons …

    Cet article de Le Monde montre que les marchands de soupe font au minimum (parmi ceux cités) une augmentation de 5 % de leur chiffre d’affaire. Avec +8% CA et +30 % de bénéfice pour Vivendi Universal sur les neuf premiers mois de l’année 2005.

    Voila. Ca c’est fait. Ca rajoute encore plus de flotte à votre moulin.

    – – – – – – – – –
    Note :
    (1) Aucun rapport si ce n’est pour montrer que c’est le même type d’argumentaire fallacieux qui est mis en place.

    Répondre
  24. avanae
    avanae dit :

    Ce qui a tendance à m’exaspérer le plus , ce sont les petits discours en passant de certains « artistes » , qui tentent de nous expliquer que télécharger de la musique reviendrait à tuer la création musicale qu’ils sont censés représenter… Elle est bien bonne celle là ! Je fais le même parallèle que toi avec les K7 audio que j’utiisais allégremment , ado , je pense que tout ça n’est qu’un prétexte à vendre tout même le téléchargement pour les grosses maisons de disques. Quant à cette taxe supplémentaire…no comment…

    Répondre
  25. Hauteurs et Vertiges
    Hauteurs et Vertiges dit :

    pirates eighties.

    J’avais 15 ans en 80, à l’époque nous pirations les galettes noires en les copiant sur bandes magnétiques. Que celui qui ne l’a pas fait me jète la première pierre. Pourquoi faisions nous cela ? Essentiellement car notre soif de connaissances…

    Répondre
  26. Ashram de Swâmi Petaramesh
    Ashram de Swâmi Petaramesh dit :

    Arnaque globale

    […] je fais immédiatement le constat qu’à aucun moment de mon existence je n’ai dépensé de sommes comparables pour l’achat de musique, même pas adolescent ou jeune adulte, quand j’en achetais pas mal et en écoutais beaucoup. […]

    Répondre
  27. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Une chose que j’ai lue quelque part et qu’il convient de rappeler en réponse aux cris d’agonie des majors face aux « méchants pirates » :

    Au cours des 15 dernières années, les sommes que les français ont consacré à leurs « achats de biens culturels » ont augmenté trois ou quatre fois plus que leurs revenus. Ce qui veut dire qu’à aucun moment de l’histoire le français n’a dépensé autant d’argent (en pourcentage de ses revenus) pour l’achat de livres, disques, films en DVD… Le livre étant, hélas, le parent pauvre dans cette manne.

    Alors, quand ces messieurs pleurent misère et veulent faire coffrer le moindre quidam qui télécharge un DIVX ou un MP3… Ils devraient penser que le type qu’ils font coffrer ne leur a jamais autant donné d’argent (statistiquement), et ils devraient aussi penser que les sommes que chacun peu consacrer à l’achat de ce « type de biens » (bheuark) ne sont pas inifinies.

    Quand ton client ne t’a jamais donné autant de pognon, et que, de toute manière il ne t’en donnera pas plus, quel est l’impact financier du fait qu’il ait regardé un film de plus, ou ait écouté un MP3 de plus… ou de moins ? Zéro. Nada. Le préjudice est nul, et la démonstration du contraire n’a jamais été faite.

    Répondre
  28. Sextus
    Sextus dit :

    Autrement dit : qu’ils aillent se faire foutre avec leur soupe!

    Sauf que dans cette histoire, il y a encore eu une fronde contre notre dictature républicaine représentation démocratiquement élue et ses protégés. Une fronde qui pour la deuxième fois, après celle du 29 mai, a commencé de tournoyer sur internet. Il semble que la liberté d’expression et l’impossibilité d’empêcher les gens de se syndiquer via le réseau commence à énerver :

    Ce texte pour moi [Renaud Donnedieu de Vabre], n’est d’ailleurs que le premier d’une longue série d’adaptations de notre droit à l’ère numérique et je compte bien, par exemple, m’attaquer un jour au problème de la presse et de l’Internet. C’est un autre sujet capital parce qu’il n’y aura pas d’informations de qualité sur l’Internet sans de vrais signatures, de vrais acteurs dont c’est le métier. L’Internet est une grande chance mais je ne veux pas l’idéaliser et sans un cadre clair, beaucoup de ces chances pourraient être gâchées.

    J’ai grand hâte de voir la tête du projet de loi, surtout après l’absolue ineptie pertinence de DADVSI… bon, étant donné l’absolu bordel le désordre dans lequel a eu lieu le présent débat, je doute que le ministre obtienne le blanc-sein pour lancer pareille chose (quoique… ce gouvernement paraît décidé à jouer les kamikazes téméraires par ailleurs). J’en reste donc à la puérile satisfaction de voir M. le Ministre de la Monarchie République Française échaudé par ce qui est censé être l’essence de la démocratie : un débat libre et librement informé.

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