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Renouveau démocratique

Je trouve fatiguant de me faire traiter de gauchiste chaque fois que je pense qu’il est nécessaire de sortir du flux des événements et de réfléchir aux origines, aux causes ou que je dis qu’il est bon de chercher à comprendre au lieu d’agir et surtout de réagir.

Il y un temps pas si éloigné que cela, le point Godwin était atteint dans une conversation lorsque l’un des interlocuteurs en traitait un autre de fasciste ou de nazi.
Ces derniers temps, pour couper court à une discussion, rendre inopérante toute argumentation, il semblerait qu’il suffise de traiter l’autre de gauchiste. Vouloir réfléchir, prendre du recul sur un événement, chercher les causes profondes d’un fait social, ce n’est plus privilégier le rationnel sur l’émotionnel, c’est être gauchiste, gauchiste comme moisi, comme dinosaure, comme borné. C’est réducteur et totalement inapproprié, mais très efficace pour stériliser la pensée et le débat.

Ce qui est intéressant dans cette insulte moderne, c’est qu’elle se réfère à des clivages qui ne sont plus du tout d’actualité, à un temps où il y avait une polarité évidente de la vie politique française entre deux tendances de fond, où il y avait deux conceptions du monde qui s’affrontaient autour des urnes : les humanistes contre les capitalistes. Un modèle de société centré sur l’homme et un autre centré sur l’économie. On pouvait choisir entre privilégier la propriété privée ou le bien collectif, le matérialisme ou l’humanisme, la consommation ou le bien-être. Cette bipolarité se retrouvait un peu partout sur la planète, selon des expressions locales : conservateurs contre travaillistes, Républicains contre Démocrates, qu’importe la terminologie, elle recouvrait généralement la même réalité : plus de social contre plus de capital.

Real politic

Le problème, c’est qu’aujourd’hui, toutes ces tendances se sont dissoutes dans un certain réalisme économique et que sous le nom de libéralisme, ce sont les tenants du capital, du tout économique qui sont parvenus à imposer leur vision des choses au monde entier. La globalisation ne s’est pas faite qu’au niveau des échanges de biens, de finances ou de personnes, elle s’est surtout attaquée à la pensée, aux modèles sociaux-politiques. Droite ou gauche, cela n’a plus vraiment de sens, puisque les deux tendances se contentent d’appliquer à leur manière la même politique économique globale, parce que les marges de manoeuvres se sont drastiquement réduites et que l’épicentre du pouvoir s’est déplacé du local, les nations, au global, les ONG internationales. En gros, aujourd’hui, choisir entre la droite ou la gauche, cela revient juste à décider si l’on veut son lavement avec ou sans vaseline.
Inconsciemment, les peuples ne s’y trompent pas, comme en témoigne la désaffection massive et continue des citoyens pour les urnes. Pourquoi aller voter, en effet, puisque derrière les oripeaux démocratiques de la diversité partisane se cache un immense vide conceptuel et la soumission totale à la pensée économique unique, dite rationnelle?

Totalitarisme global

A partir du moment où l’on pose comme postulat qu’il n’existe qu’un seul modèle de société indépassable, on tue dans l’œuf toute idée de critique, de débat ou de contestation. Ce que l’on appelle avec beaucoup de facilité la pensée unique est en fait un totalitarisme absolu, en ce qu’il gouverne sans partage les sphères économiques, sociales et politiques, mais surtout et c’est plus grave, la pensée humaine.
Il suffit de voir comment ces dernières années le débat démocratique a été confisqué au profit du marketing politique, des petites phrases ou de la propagande de masse pour comprendre l’ampleur du phénomène. La sémantique du débat politique s’est déplacée du champ de la pensée, de la réflexion à celui des émotions. Le discours du politique n’a plus rien à proposer, puisqu’au final, les décisions lui échappent, il n’a plus pour vocation que d’appliquer des directives tombées d’en haut en tentant de les faire passer pour incontournables, nécessaires et logiques. Comme les formations politiques nationales ne peuvent directement et ouvertement avouer leur impuissance, il devient nécessaire de désigner des boucs émissaires aux peuples dont l’expression démocratique a fondamentalement été confisquée par des instances que personne n’a élu.

Rien ne pourrait être pire pour le système global que des peuples qui demandent des comptes, qui décident de reprendre leur avenir en main. Aujourd’hui, la seule attitude possible laissée au plus grand nombre, c’est la soumission totale et sans questionnement à la dictature du Marché. Cette soumission s’est construite à coups de postulats plus ou moins vérifiables assénés avec des accents de pseudo-vérité universelle : le Marché s’auto-régule, le Marché fait toujours et forcément mieux que tout autre organisation humaine possible, le Marché, c’est la concurrence libre et parfaite, le Marché seul garantit la meilleure répartition des richesses possible, etc. Quiconque remet en cause les diktats du Marché, sorte d’entité supérieure quasi divine car supposée totalement infaillible, est automatiquement taxé d’être au mieux, un doux rêveur, au pire, un débile réactionnaire, en opposition au défenseurs du tout-économique, auto-baptisé progressistes.

Relocalisation démocratique

La clé de voûte de ce système de confiscation de la démocratie aux peuples qui sont sensés l’exercer, c’est la délocalisation des centres de pouvoir. Les autres délocalisations, de la main d’œuvre, des ressources financières, des centres de production n’en sont que la conséquence. Les décisions ne se prennent plus à l’échelle des peuples, par ceux qui sont désignés par les urnes pour le faire, mais à l’échelle de la planète, par des instances supra-nationales dont les membres n’ont été élu par personne. FMI, OMC, BM, les fonctionnaires qui pilotent ces organismes n’ont à répondre de leurs actes devant personne, n’ont pas eu à défendre une vision du monde ou un projet de société, ils se contentent d’appliquer le réalisme économique libéral, de gré ou de force. Ce sont eux qui concrètement décident du sort des peuples, comme en témoigne l’expérience Lula au Brésil, qui a finit par se ranger aux diktats du marché. Il est devenu quasiment impossible à un gouvernement national d’appliquer une politique autre que libérale, quel qu’ait été le mandat dont son peuple l’a investi. Il s’agit là d’un terrible déni de démocratie, qui loin de se cantonner aux dernières grandes dictatures de la planète, affecte l’ensemble de l’humanité.

C’est bien à cause de cet état de chose, que le théâtre des élections locales (au sens de nationales) est à présent totalement vidé de sens. Cette mort démocratique insidieuse qui ne dit pas son nom ouvre des boulevards aux tribuns de tous poils, au manipulateurs d’opinion, à ce que l’on appelle les populistes. Devant l’impuissance du vote à choisir une politique capable d’améliorer leur sort, les peuples appellent des solutions toutes faites, ils cherchent des gouvernements forts, des dirigeants autoritaires pour remplacer le désordre social que génère forcément le libéralisme par l’ordre policier. Ceci signe forcément la fin de l’illusion démocratique soigneusement entretenue depuis des années.

C’est pourtant aux peuples eux-mêmes qu’il appartient de choisir leur destiné et non à quelques obscures fonctionnaires internationaux. Or, l’autonomie des peuples passe par la reprise du contrôle des outils du pouvoir : la faculté d’appliquer des taxes sur la circulations des biens et des finances en fonctions des critères choisis (respect du droit des travailleurs, rémunérations décentes, respect écologique), pouvoir rendre inaliénables les ressources communes et vitales de cette planète (air, eau, énergie, etc.), décider de ses priorités économiques (privilégier le rendement du capital ou celui du travail), décider de la répartition des richesses, choisir un modèle de société, un type d’organisation sociale, une vision du monde, pouvoir réinventer d’autres possibles, car il appartient aux peuples de se déterminer.

Il peut être nécessaire d’avoir des instances dirigeantes internationales. Mais il convient de dénoncer l’illégitimité de celles qui nous gouvernent actuellement. Toute instance décisionnelle, quelle que soit sa dimension géo-politique, ne peut exister qu’en tant qu’expression de la volonté des peuples qu’elle est supposée gouverner. C’est le fondement de la démocratie.

56 réponses
  1. Yenayer
    Yenayer dit :

    Agnès, Depuis la chute du Mur, le dogmatisme a changé de camp, passant du communisme au libéralisme. Mais, même dans la mondialisation ineluctable qu’on nous vend depuis 15 ans ( surtout pendant la campagne du référendum), il arrive ( même si c’est pas pour les meilleures raisons ) qu’on nous dise que la France va opposer son véto à l’OMC. Moi qui croyais qu’on ne pouvait que suivre … ou mourir. Il serait donc possible de donner à la mondialisation l’inflexion ( pour ne pas dire la direction ) que l’on veut ? Il suffirait que l’on veuille lui donner une orientation humaniste, sociale, écologique …Je sais, je rêve !!!

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  2. louis siffert
    louis siffert dit :

    En effet il faut dénoncer l’illégitimité des instances dirigantes internationales actuelles, mais comment les peuples peuvent-ils reprendre la main surtout si comme tu le dis le débat démocratique a été confisqué au profit du marketing politique, de la propagande de masse, et surtout du réalisme économique ?

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  3. Pietro
    Pietro dit :
    Nous sommes effectivement dans une période très sombre. Voter, cela a-t-il

    encore un sens? Oui, pour ceux qui le font avec conviction. En ce qui me concerne, mais je sais que je ne suis pas le seul dans ce cas, ça fait un moment que je vote contre et non plus pour quelqu’un. En 2007, je ne sais pas si j’irai voter. En revanche, je vois autour de moi de plus en plus de gens mécontents et écoeurés par la tournure des choses. Alors peut-être que dans dix, vingt, cinquante ans, si c’est pas trop tard, un coup d’arrêt sera mis à l’emballement de la machine, au cynisme des décideurs, à la rentabilité sans fin, à la productivité toujours plus croissante qui ne rime à rien…Il faudra sûrement en passer par la violence face à la répression grandissante tant physique que morale. Je ne suis pas très optimiste mais comment l’être actuellement. J’ai trois fils, je fais de mon mieux pour ne pas leur donner une vision trop sombre du monde mais les deux plus grands se rendent bien compte que ce monde marche la tête en bas.

    Agnès, ceux qui te traitent de gauchiste ne sont que des anti soixanthuitards attardés...n'oublie jamais ça!
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  4. sys4
    sys4 dit :

    Je partage ta douleur. Bien que je ne me suis pas fait traiter de gauchiste, mais de fonctionnaire. Uniquement parce que j’étais le seul sur un forum à ne pas demander à ce que tous les fonctionnaires retrouvent leur tête au bout d’une pique.

    Je n’avais rien contre les libéraux au départ, mais cette expérience-là m’a démontré la nécessité de combattre cette idéologie. J’ai passé quelques temps sur les sites libéraux (et conservateurs). Avis aux sociaux-libéraux: j’en ai trouvé très peu qui se disent de gauche (tous les sites que j’ai vu ont un point de vue néoconservateur ou alors strictement « contribuables associés »). La motion sociale-libérale du blairiste Bockel au PS n’a pas du dépasser 1%, puisque les 3 autres motions (Hollande + Fabius + NPS) totalisent à elles seules 98,57% des suffrages exprimés.

    En fait, les libéraux ont un gros problème dans le raisonnement, ils confondent libéralisme et liberté. Ils essayent de nous faire entrer dans la tête que libéralisme = liberté, en jouant de l’amalgame entre le libéralisme politique dont les valeurs sont bien une sorte de consensus aujourd’hui, et le libéralisme économique libre-échangiste et mondialisé, ce qui le permet de le montrer comme irrésistible, indestructible et inévitable. Vouloir y échapper, c’est vouloir la crise, comme le suggère des rapports dont Camdessus en est un exemple caricatural.

    Néanmoins, à la lumière du vote au PS, ils sont ultraminoritaires dans ce parti. Il y a donc encore de l’espoir bien que mince pour la gauche. Car les socialistes-libéraux doivent savoir aussi une chose très importante: Aucun libéral digne de ce nom ne glisserait un bulletin « socialiste » (donc « démon dirigiste ») dans l’urne.

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  5. piment joyeux
    piment joyeux dit :

    Je dénonce depuis longtemps les « nouveaux socialistes ». J’ai des amis socialistes. Ils ont intégré le parti un 22 avril. Ils sont NPS et ont complètement intégré la notion de société de consommation. Ils savent qu’ils regardent trop la télé, qu’ils bouffent trop, que les banlieues brûlent car on les a laissé crever mais….ils militent au PS. La LCR leur paraît trop rêveuse ! Moi, je crois qu’ils perdront encore les prochaines élections ! Je ne voterai plus jamais pour le « moins pire ».

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  6. Fred
    Fred dit :

    Agnès > C’est bien a cause de cet état de chose, que le théâtre des élections locales (au sens de nationales) est à présent totalement vidé de sens.

    Je relativiserais en citant les pays scandinaves ou même le Japon (toujours à peine 5% de chômage après 15 ans de croissance zéro…) : on *peut* ne pas se laisser dominer par les spéculateurs, mais encore faut-il comprendre la logique, leur point faible, et proposer aux peuples un système alternatif qui marche. Il est clair que maintenir en survie artificielle des boîtes publiques gonflées de sureffectifs (SNCM, La Poste, etc.) n’est plus une solution acceptable, surtout en période de chômage et de flexibilité (« pourquoi eux, et pas nous? »).

    De toute façon, tant que la France dans son ensemble n’aura pas pigé que la seule solution face à la mondialisation est la montée en gamme et une gestion intelligente de la société, à la mode suédoise (cad, ne pas perdre de vue que 1. l’activité économique n’est pas une fin en soi, et 2. qu’il faut maintenir un écart de revenus raisonnable, que ce soit pour maintenir la paix sociale ou la demande pour des biens et services locaux), on continuera de subir la mondialisation plutôt que de l’utiliser à notre avantage. Du jûdô, quoi 🙂

    Incidemment, la conférence de Serge Halimi hier samedi au Salon bio Marjolaine au Parc Floral de Paris était très intéressante, comme d’habitude. Pour ceux que l’histoire du retour du libéralisme (après un gros passage à vide après la débacle des années 20-30 jusqu’aux années 80) intéressé, on peut lire son pavé Le grand bond en arrière.

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  7. Pietro
    Pietro dit :

    Fred, j’ai du mal à suivre ton raisonnement. Tu nous vantes les mérites du « modèle » scandinave avec ses 5% de chômage, comme si un pareil taux était la référence alors que tu sais comme moi que le « modèle » anglo-saxon se targue aussi de tels résultats. Seulement, il y a l’envers du décor, la classe des « poor-workers », ceux qui, malgré deux ou trois jobs, vivent dans la misère.

    En ce qui concerne la Poste et la SNCM, je crois que malheureusement leur compte est bon et que pour ceux, dont j’espère tu ne fais pas partie, qui se disent »pourquoi eux, et pas nous », cela ne changera rien à leur situation.

    Ceci dit, je ne prétends pas avoir de solution. J’avoue même être assez désabusé tant il me semble difficile de faire ralentir la « locomotive » libérale et réactionnaire qui tire les wagons dans lesquels nous sommes!

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  8. Laurent
    Laurent dit :

    >Sys4

    Sur la notion Sociaux-Liberaux Tu ne penses pas que Flamby(Hollande), Strauss-Khan, Kouchner SONT des sociaux-liberaux? (Je trouve ton comptage de 97% trés optimiste… Selon un des mes proches, adherent PS à Marseille, le vote a été largement caviardé.

    Je me fais régulièrement « traiter » de gauchiste, j’mens tape…

    Cordialement

    Répondre
  9. Jean Liroquois
    Jean Liroquois dit :

    toujours pertinente !

    Concrètement on fait quoi ?

    N’est-il pas temps de proposer une nouveau contrat social fondé sur la démocratie (la souveraineté du peuple) et non l’aristocratie élective que nous subisson depuis deux siècles ?

    Bien à toi Jean

    Répondre
  10. bof
    bof dit :

    fred : « Il est clair que maintenir en survie artificielle des boîtes publiques gonflées de sureffectifs (SNCM, La Poste, etc.) n’est plus une solution acceptable, surtout en période de chômage et de flexibilité (« pourquoi eux, et pas nous? »). » quand on commence comme cela on peut continuer très loin : les fonctionnaires ont la sécurité de l’emploi pourquoi eux et pas nous?, les enseignants ont 3 moid de vacances, pourquoi eux et pas nous; dans les grandes boîtes ils ont les 35h pourquoi eux et pas nous : une solution nivelons par le bas : 45 heures pour tout le monde, 4 semaines, plus de sécurité de l’emploi uax fonctionnaires, etc. ridicule, fred! surtout quand en plus l’argument serait le chômage! s’il y a sureffectif ce sont des emplois préservés donc du chômage en moins! surtout quand l’argument serait la flexibilité! le patronat existe, est organisé et fait tout pour augmenter ses profits sur le dos de ses salariés : c’est un principe de base du capitalisme! et le jeu du capital est de vendre des actions à tout le monde : comme cela on s’plume soi même! le tour est joué! bravo le medef! le jeu des pouvoirs actuels est sous le prétexte de l’individualisme, de la liberté, etc. de nous faire marcher dans un système où notre seul bénéfice c’est tf1, macdo, camif, une consommation de ‘merde’. quelle vie! épanouie! quel bonheur! je décroche là! cela me fait mal au nombril tant c’est égocentré!cordialement,bof

    Répondre
  11. bof
    bof dit :

    sur le sujet de l’article : il y a un problème, dans un système libéral, la liberté est au centre : la liberté d’entreprendre! donc de faire de l’argent donc de décider de ce que je fais de mon argent, etc. c’est tellement vrai que même les gauchistes ici crient au scandale quand ils paient soit disant trop cher un service! comme s’ils étaient capable de définir un juste prix! donc de ce fait les capitalistes doivent pouvoir décider de ce qui est bien pour eux. point barre. leur liberté en dépend! si tu laisses décider le peuple tu les lèses et ou la la le communisme n’est pas loin et ils déménagent et boum plus d’argent et tu pleures! donc cela est indépassable si tu considères que l’argent est roi! la démocratie la dedans n’est qu’un habillage pour que les pauvres est l’impression de décider de quelques choses, quelques détails!alors bien sur il y a la dictature du prolétariat mais là il y a un passé récent qui montre que cela n’a pas marché : il faudra sans doute réinventer un nouveau concept où l’argent ne serait plus roi, le pouvoir ne serait plus roi, la liberté serait plus roi (j’ose, car j’y crois pas beaucoup moi à la liberté), etc. mais cela c’est révolutionnaire, c’est vraiement as dans le sens de l’histoire du moment où l’individu est devenu roi, individu ou consommateur ou client ou etc. et le petit homme se fait avoir. j’ai dit gauchistes par provocation, moi personne ne me traite de gauchiste! j’en suis un et tous mes potes aussi alors on aurait plutot tendance à traiter l’autre de sos’.

    Répondre
  12. Fred
    Fred dit :

    Aujourd’hui, dans les journaux : Les associations de consommateurs défilent à Marseille pour réclamer l’ouverture à la concurrence des transports publics pour que les transports soient enfin publics et qu’ils ne soient pas pris en otage par quelques salariés.

    Evidemment, tout le monde en parle. En fait, tout le monde interviewe les usagers… tout le monde donne la parole à ceux qui n’aiment pas cette grève. Quant aux grévistes… ils n’ont rien à dire évidemment.

    C’est beau la solidarité.

    Répondre
  13. vico
    vico dit :

    Sur le terme « économie de marché » dont s’inspire le terme diktat du marché lire le très bon livre de J.K.Galbraith « Les mensonges de l’économie » (Grasset). En gros se terme inventé pour remplacer le mot capitalisme plus au goût du jour, ne fait que renforcé un mensonge admis et entretenu, comme quoi l’économie réagit au marché, donc au consommateur (vous). Alors qu’en fait le marché (vous) est très largement influencé par les publicités, et le marketing, et que les entreprises (surtout les multinational) en position de force sont à même d’imposer leurs prix… Parler de diktat du marché va donc dans le sens de renforcer cette erreur de jugement…

    Répondre
  14. Acacia KARAMBAR
    Acacia KARAMBAR dit :

    Libéralisme et liberté…. Hum hum hum… Concretement, en essayant de sortir l’économie du champ de la démocratie, la pensée ultra-liberale, à la mode actuellement, est effectivement une tentative totalitaire. Elle favorise une direction du monde qui cherche à exclure les peuples des choix avancés.

    D’autant plus que les entreprises financières, au coeur du dispositif, ne sont pas régies par la démocratie dans leurs fonctionements intimes… Une entreprise, d’état ou privée, ici ou là bas (USA ou France) est un hâvre de despotisme, une dictature, rien ne fonctionne en son sein suivant les principes de base de la démocratie :

    Pas de liberté d’expression des citoyens en son sein Pas de votes sur les objectifs, les conditions de travail, sur l’orientation ou la gestion de l’entreprise Pas de liberté de circulation, de manifestation, pas de liberté de la presse, Pas de liberté d’habillement Sexisme et racisme réels à tous les étages Pas de contre-pouvoirs (les syndicats ne sont que des organisations consultatives) Pas de séparation des pouvoirs (la direction juge, promulge les lois, execute…)..

    
    

    Les seuls contre-poids de ces strutures et organisations despotiques se sont trouvés à l’exterieur par les pressions de la démocratie sur elles et à l’interieur, dans l’illégalité, par les grêves, luttes et rebellions des salariés…

    Oter le contrôle démocratique sur l’économie, et donc sur les entreprises, c’est se replonger dans les ténèbres, bien loin de ce qu’indiquent nos adorateurs de ce nouveau totalitarisme. L’ultra-liberalisme est bien une calamité, un nuage de crickets s’abattant sur les solidarités humaines sans lesquelles rien d’humain ne se serait fait, même les comptes en banque…

    La mondialisation, les embryons de gouvernement mondial de nos despotes s’expriment dans le FMI, la banque mondiale, l’OMC en influençant profondement les choix de ces organisations. Mais on peut aussi influer sur tout ça. Déjà en passant sous contrôle démocratique + direct les negociateurs de l’OMC, par exemple.

    Merci Agnès Maillard, et ne te laisses pas impressioner par les apprentis-cuistots, ton « gauchisme » est une forme d’honorabilité, une rationalité, une humanité efficace, un buldozer du progrès face aux esprits petainés, rampants, aux vertueux de la génuflexion, … Merci, et monolectes-nous souvent, Ca rechauffe l’âme,

    Salutations acacières,

    KARAMBAR

    Répondre
  15. Fred
    Fred dit :

    Pietro > Tu nous vantes les mérites du « modèle » scandinave avec ses 5% de chômage, comme si un pareil taux était la référence alors que tu sais comme moi que le « modèle » anglo-saxon se targue aussi de tels résultats.

    Sauf qu’en Scandinavie, c’est pas du 5% bidon 🙂 Je n’ai pas parlé des économies anglo-américaines, et c’est pas un hasard.

    Ceci dit, on pourrait s’inspirer du fait que LA priorité aux US depuis les années 30 a toujours été le plein emploi, quoi qu’il en coûte. A contrario, faut pas s’étonner que l’anémie de l’UE depuis 20 ans vu que NOTRE priorité est la maîtrise de l’inflation, en utilisant si besoin est le chômage comme bâton (le fameux NAIRU).

    bof > quand on commence comme cela on peut continuer très loin : les fonctionnaires ont la sécurité de l’emploi pourquoi eux et pas nous?

    Pour info, on peut parfaitement avoir des services publics sous la forme… – d’administrations publiques où les employés sont des personnes recrutées sur concours et jouissant d’un emploi à vie (cas de la France, même si l’on a introduit des contrats moins rigides depuis) – d’administrations publiques où les employés sont des personnes recrutées avec un CDI comme dans le privé (le cas des pays scandinaves), ce qui permet une plus grande flexibilité dans la gestion du personnel – d’entreprises privées en situation de monopole qui effectuent pendant un temps donné une mission de service public en respectant un cahier des charges et dont la licence est régulièrement réexaminée (cf. l’eau dans beaucoup de villes de France, ou les chaînes de télé/radio)

    Bref, à supposer que la population décide que telle ou telle mission doit être mise hors-marché et effectuée par un monopole, rien ne dit qu’il est obligatoire que cela se traduise ipso facto par une administration ou entreprise privée dont le personnel est fonctionnaire et donc doté d’un emploi à vie.

    D’ailleurs, si quelqu’un ici connait bien les économies scandinaves, je serais intéressé d’en savoir plus sur la façon dont ils ont géré le ralentissement économique depuis les années 80, et notamment comment la Suède a surmonté la grave crise des années 90.

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  16. Fred
    Fred dit :

    s/administration ou entreprise _privée_ dont le personnel est fonctionnaire/administration ou entreprise _public_ dont le personnel est fonctionnaire/ 😉

    Répondre
  17. nathalie
    nathalie dit :

    Public/privé… Hmmm… Depuis toujours, je trouve anormal qu’un fonctionnaire bénéficie d’un emploi à vie, sans prise en compte de ses compétences ou de son efficacité. Un prof, par exemple, n’a quasimment aucune obligation de résultat, il peut passer 40 ans à bousiller des élèves sans jamais risquer de perdre son boulot, et cela peut être dramatique. Au pire, il sera mal noté par l’inspecteur d’académie, ce qui ne risque pas d’aller bien loin en terme de carrière. Maintenant, je pense que les libéraux qui nous gouvernent si mal, dans leur frénésie de privatisation des services publics, appuient volontairement sur l’insatisfaction ressentie par les français concernant les fonctionnaires et le service public. Il est beaucoup plus facile de privatiser une Poste dont tout le monde se plaint, pareil pour France Telecom ou EDF, pareil pour la santé ou l’éducation. Faisons passer les services publics pour incompétents, il sera alors beaucoup plus facile de les vendre au plus offrant… Méfiance donc, sur ces irritations que l’on peut ressentir face au décalage de privilèges entre fonctionnaires et travailleurs du privé. Il ne faut pas oublier non plus que jusqu’à il n’y pas si longtemps, les rétributions dans le public étaient bien inférieures à celles du privé, et que si la balance s’est inversée, c’est bien la faute à ce système néo-libéral dans lequel on veut nous forcer à vivre… Auparavant, les jeunes diplomés qui choisissaient le public savaient que leur route n’était pas pavée de roses, qu’ils allaient consacrer leur carrière au service des autres, moyennant un seul et unique avantage : la sécurité de l’emploi. A présent, les salaires du privé ayant dégringolés, ils se retrouvent en haut de l’échelle des salaires à compétences égales. Mais ce n’est pas leur faute, et il ne faut pas se tromper de cible. Ne pas être dupes, ne pas avaler les couleuvres qu’on cherche à nous imposer, très sournoisement parfois.

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  18. Fred
    Fred dit :

    nathalie > Maintenant, je pense que les libéraux qui nous gouvernent si mal, dans leur frénésie de privatisation des services publics, appuient volontairement sur l’insatisfaction ressentie par les français concernant les fonctionnaires et le service public.

    C’est plus vicieux que ça encore : ils poussent les gouvernements à réduire les budgets des entreprise publiques, et avec le temps, le service devient moins efficace, et on peut plus facilement privatiser. Autre stratégie, la privatisation progressive : la part de l’Etat descend à 90%, puis 75%, puis 51%… avant de voir la boîte complètement privatisée. Lire « Le grand bond en arrière » de Serge Halimi sur l’énorme boulot idéologique des libéraux depuis les années 50 pour revenir sur le devant de la scène…

    Ceci dit, les syndicats français creusent leur tombe, d’autant que si le taux de syndicalisation français n’est que de 8% (le plus faible des 30 pays de l’OCDE), il n’est que de 1% dans le privé. Autant dire que leur discours sur la préservation de l’emploi dans le public, quoi qu’il en coûte au reste de la population ne tient plus. Ils feraient mieux de regarder comment font les Européens du nord face aux mêmes défis.

    > Il ne faut pas oublier non plus que jusqu’à il n’y pas si longtemps, les rétributions dans le public étaient bien inférieures à celles du privé, et que si la balance s’est inversée, c’est bien la faute à ce système néo-libéral dans lequel on veut nous forcer à vivre…

    Oui, mais la situation aujourd’hui est encore plus à l’avantage du public : essaie donc d’emprunter pour te loger lorsque tu es en CDD, en CDI dans le privé…. et fonctionnaire 😉 Non seulement un fonctionnaire sera accueilli bras ouvert, mais il bénéficiera de conditions plus intéressantes et pourra emprunter plus.

    Je n’ai pas de bonne idée à proposer pour résoudre le problème, mais il est clair que le modèle français à base de monopoles publics à vécu, ne serait-ce que parce que l’Etat n’a plus l’argent à investir dans ces boîtes, alors que les dépenses pour l’éducation et la santé augmentent sans cesse.

    Répondre
  19. nathalie
    nathalie dit :

    Fred> « Oui, mais la situation aujourd’hui est encore plus à l’avantage du public  » Ben oui, c’est ce que je disais… Quant à l’argent que l’Etat aurait soi-disant investi dans les boîtes publiques, il me semble que c’est plutôt le contraire : il s’est largement servi dans les caisses des entreprises nationales et veut nous faire croire que ce sont les dépenses qui en provoquent la chute…

    Répondre
  20. Dominique, de Villepinte
    Dominique, de Villepinte dit :

    Trois mois d’état d’urgence, tu parles d’un renouveau de la démocratie!

    Elle sent déjà, la démocratie! On va avoir le choix: un fascisme bon enfant, mais plus celui de l’état, devenu inutile; ce sera le fascisme du marché, tout pour le marché, rien contre le marché, tout dans le marché. Ou alors un fascisme tout court, because des esprits chagrins vont se plaindre, remuer, et il va falloir que Nico et ses amis prennent des dispositions…

    Alors moi je dis, vive le fascisme mou! je voterais Hollande-Royal-Strauss Khan, mais non placé. je suis un gagne-petit…

    Répondre
  21. Acacia KARAMBAR
    Acacia KARAMBAR dit :

    Sur les fonctionnaires à vie il faudra repasser. Ca fait longtemps qu’un fonctionnaire peut être licencié. C’est sur les motifs que ça change.

    Ensuite vous allez arrêter de fantasmer sur les avantages des fonctionnaires ? Lesquels ? Les employés des hopitaux (ceux qui veillent jours et nuits à vos petits bobos, avec des wagons sous les yeux la nuit), aide-soignantes, agents hospitaliers, infirmières, docteurs, etc, sont des fonctionnaires ? Vous souhaitez vous en prendre à eux ?

    Les employés des collectivités locales (mairies, etc) qui poussent le balais, vident des poubelles encore (tout n’est pas encore privatisé)

    Les pompiers (ces sagouins profiteurs, n’est-ce pas ?)

    N’avez-vous pas honte ?

    Acacia

    Répondre
  22. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Sur les fonctionnaires, c’est comme partout, il convient de ne pas se tromper de cible. J’en parlais dans Discrimination positive.
    Quant à l’état d’urgence pour 3 mois de plus, alors même que tout le monde s’accordait à dire que la situation se calmait tranquillement… ceux qui connaissent le terrain, parlaient de WE normal, parce que normalement (et c’est ça qui devrait être affolant!), il y a toujours une bonne centaine de bagnoles qui brûlent chaque WE en IDF, sauf le WE où il y a plus de voitures brûlées pour cause de « bavure« . Bref, si vous n’avez pas l’impression d’être manipulés depuis le début dans cette histoire de soit-disant insurrection, c’est que manifestement, vous continuez à trop regarder la télévision!

    Répondre
  23. Domipinte, de Villenique
    Domipinte, de Villenique dit :

    Ah, les fonctionnaires! C’est amusant, je me souviens des années 80 (et avant!): Tu veux devenir fonctionnaire? Mais c’est ridicule, tu seras mal payé, pas de perspectives!

    bref, personne voulait les passer, ces concours…(parce qu’il y a un concours, pour devenir fonctionnaire). Et puis la crise est passée…Le boulot s’est raréfié…Tout d’abord, premier mouvement, tous aux concours!

    désormais, un concours « niveau bac », ils ont tous une maîtrise…Niveau « deug », sont tous ingé…

    Mais le boulot s’est encore plus raréfié, la crise a épaissi, alors quoi? Virons les fonctionnaires! Que eux aussi, ils viennent galérer avec nous! Qu’ils en chient! Qu’ils flippent, eux aussi, que diable!

    On reconnait bien là un trait français à l’extrême! Faut pas qu’il y en ait qui s’en tirent mieux que les autres! Ceux dont tout le monde se foutaient, y’a vingt ans, ben faut qu’ils le payent aujourd’hui!

    Y’a vingt ans, tous nos « costards-cravates » révaient de destinées à la Tapie, parcourant l’esplanade de la défense en trotinette et attché case…Aujourd’hui, ils en veulent à ceux qui avaient raison…

    Donc, fonctionnaire, sachez-le: ils vous faudra vous aussi avoir peur: peur de perdre son boulot, peur de pas gagner beaucoup, peur de décevoir votre hiérarchie, peur de ne pas être à la hauteur, peur!

    C’est un moyen comme un autre de ne pas résoudre le problème, tout en assumant parfaitement ses conséquences…

    Répondre
  24. Dominique, même adresse
    Dominique, même adresse dit :

    « Bref, si vous n’avez pas l’impression d’être manipulés depuis le début dans cette histoire de soit-disant insurrection, c’est que manifestement, vous continuez à trop regarder la télévision! »

    Je n’ai pas de télévision. Je ne suis pas étonné de l’instauration de l’ETAT d’URGENCE pour TROIS MOIS (si, un peu, quand même…) mais de l’apathie dans laquelle cette mesure est annoncée! TROIS MOIS d’ETAT d’URGENCE, et l’opposition sommeille, le « peuple » ne s’étonne pas, les médias approuvent poliment…

    ETAT d’URGENCE…Si même ce mot ne réveille personne, le mot « GUERRE » ne les reveillera pas plus…On sera en Irak en 2007 pour « sauvegarder la paix » (en minuscule, la paix, ca n’excite personne, ce mot là…)

    la vie est belle!

    Répondre
  25. Frédéric
    Frédéric dit :

    On est au mois de Novembre les amis… Le mois de la taxe d’habitation, de l’IR, de la taxe professionnelle…

    Il faut BOSSER… pour tout payer…

    Alors bossons et regardons la télé…

    …et tant pis s’il fallait plutôt manifester contre la mise en place d’une dictature qui ne dit pas son nom…

    Répondre
  26. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je pense que les 12 premiers jours, c’était surtout pour voir, comme au poker :
    – « alors, ils bougent? »
    – « Non, rien. »
    – « Putain, j’y crois pas! Le vieux avait raison, c’est vraiment des veaux. »
    – « Qu’est-ce qu’on fait, alors? »
    – « Ben tentons 3 mois. »
    – « Non, ça ne passera jamais. »
    – « On verra bien, si ça passe pas, on peut toujours abroger le bouzin »
    – « D’accord… mais là, c’est pas possible que ça passe. »
    – « Ben là, si ça passe, on n’aura plus de raison de se gêner pour le reste, non? »
    – « tu l’as dis, bouffi… Aller, banco! »

    Répondre
  27. domipinte, de Villebock
    domipinte, de Villebock dit :

    Ouais, ca pourrait être ca…

    Ou alors le contraire! « Quoi, ils arrêtent? Ah non, ca commencait à devenir bien, on avait bien paramétré google, on avait les bons sondages, et ces cons là arrêtent! »

    Collons leur carrément un état d’urgence, ils tiendront pas trois mois…

    Je me demande si, dans un état d’urgence, on a le droit de manifester contre l’instauration de l’état d’urgence…je me demande même si on a le droit de manifester tout court…

    Répondre
  28. Frédéric
    Frédéric dit :

    Tu fais bien de le demander. Moi je vois ça comme une façon de… hum… d’éviter toute manif pendant l’hiver… pour ne pas avoir le même bordel qu’en 95.

    Répondre
  29. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Bingo! Surtout qu’en ce moment, c’est les négociations Unedic et ça se présente super mal pour les chômeurs. Imaginez qu’ils arrivent à s’organiser et veuillent manifester en bon ordre contre le démentellement, de l’assurance chômage. Ben, hop, un coup d’ordonnance et plus de manif. Et zappe les commentaires dans la presse…

    Répondre
  30. Pietro
    Pietro dit :

    L’état d’urgence prolongé de trois mois, c’est le moyen de contrôler plus, de perquisitionner plus, de compléter le plan Vigipirate. Le gouvernement actuel perpétue la tradition républicaine de maintien de l’ordre dont Papon est l’un (jamais désavoué) des représentants. On peut observer en parallèle la criminalisation des mouvements sociaux…

    Répondre
  31. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre.

    Thomas Jefferson

    Si on tape sur le dos de ton voisin, prépare le tien.

    Je sais, je radote beaucoup, mais « éduquer, c’est répéter ».

    Répondre
  32. Pietro
    Pietro dit :
    Je ne me sens pas persécuté personnellement, je constate seulement que les

    mesures coercitives prises par le gouvernement sont de nature à accentuer l’exaspération de ceux que son n°2 nomme désormais les « racailles »,que les grévistes passent désormais pour des preneurs d’otages. Appelle ça de la branlette intellectuelle si tu veux mais c’est un peu court comme »argument »…

    
                                    Répondre                
  33. louis siffert
    louis siffert dit :

    « eh ben… belle branlette intellectuelle par ici… Faut arreter de se croire persecuter, hein ! »

    Il semblerait qu’employer le terme « gauchiste » ne soit pas la seule méthode pour couper court à la discussion, il y a aussi « branlette intellectuelle » (et y en a qui savent de quoi ils parlent). Je suis pour le débat contradictoire, mais là devant le vide abyssal de reflexion de ce type d’intervention le karcher ça serait pas mal non?

    Répondre
  34. ferdydurke
    ferdydurke dit :

    canard enchaîné du 9 novembre:

    Villepin evoquant l’armée, déclare : « Nous n’en sommes pas encore là » Nous n’en sommes pas encore non plus et c’est heureux, à l’article 11 dudit état d’urgence, qui, par décret, peut « habiliter les autorités à prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toutes natures ainsi que celui des émissions radiophonique (en 1955, la télé n’était pas au programme), des projections cinématographiques et des représentations théâtrales »

    2- Nous ne vivons littéralement pas dans ce qu’aristote nommait démocratie, il parlait même de la manière dont les oligarches utilisent l’emblème démocratique, une tromperie plus que classique puisque ce même aristote définit comme tel le cycle historique des régimes politique: le tyran est renversé par les oligarches qui sont eux même renversés par les démocrates qui sont eux aussi soumis à un tyran qui ne voit pas les oligarches arriver…etc etc

    La question est à quel tour d’écrou notre époque correspond-t-elle ? Pourquoi le cycle est-il interrompu ? Quel est le discours d’un tyran, d’un oligarche ou d’un démocrate ?

    « L’emblème démocratique » de François de Bernard (ed mille et une nuits)

    « La démocratie ne fonctionne pas bien. » Ce jugement ordinaire prétend livrer laclef du malaise de l’époque. Mais quelle est la véritable nature de ces régimesqui s’intitulent « démocraties » ? Pourquoi la démocratie parait-elle une « valeuren baisse » ? Et pourquoi reste-t-elle, cependant, l’emblème favori des politiques de tous bords ? Afin de le comprendre, il faut renverser la perspective : nous n’avons pas tant affaire à un échec de la démocratie qu’à une réussite de l’oligarchie. L’oligarchie, c’est le gouvernement du petit nombre dissimulé sous le masque de la démocratie

    Répondre
  35. Sarkoboy
    Sarkoboy dit :

    louis siffert> ah, nous y voila ! Le Karcher, finalement, tu n’es pas contre, mais faut qu’il soit dirigé contre certaines idées. Finalement, ce qui te choque dans la phrase de Sarko, c’est pas qu’il veuille utiliser le Karcher, c’est qu’il l’utilise contre la racaille… 😉

    Répondre
  36. lecailloudansla chaussure
    lecailloudansla chaussure dit :

    La décroissance est certainement une idée à creuser. Beaucoup d’écrits passionnants gravitent tout autour comme « Quand la misère chasse la pauvreté » de Majid Rahnema et les oeuvres de Serge Latouche et Paul Ariès. On peut trouver beaucoup de textes en ligne : là : http://www.monde-diplomatique.fr/2003/11/LATOUCHE/10651

    là : http://www.decroissance.org/marche/

    ou encore là : http://www.decroissance.org/

    Répondre
  37. philou le filou
    philou le filou dit :

    Quand un problème surgit par accident, et qu’on a la fonction et les moyens pour le résoudre et qu’on ne cherche pas à le résoudre, alors ce problème, d’accidentel qu’il était au départ, devient intentionnel. Le pourrissement des conditions humaines de vie dans les banlieues (et ailleurs), il n’est même pas besoin de se poser la question de savoir si au départ il était intentionnel ou non. Les politiques de tout bord, dont c’est le métier et qui ont les moyens de le résoudre, n’ont pas cherché à le résoudre. Ce qui pouvait être accidentel au départ est devenu intentionnel. De ce fait, il est parfaitement raisonnable de penser que l’ “insurrection” des banlieues a été sciemment provoquée. Et pour toutes les “bonnes” raisons qui se sont égrénées dans les commentaires depuis l’intervention d’Agnès sur ce sujet (au n° 22).

    Répondre
  38. sys4
    sys4 dit :

    « Sur la notion Sociaux-Liberaux Tu ne penses pas que Flamby(Hollande), Strauss-Khan, Kouchner SONT des sociaux-liberaux? (Je trouve ton comptage de 97% trés optimiste… Selon un des mes proches, adherent PS à Marseille, le vote a été largement caviardé. »

    On n’accuse pas sans preuves, Laurent! Tout le monde sait que les scrutins au PS ont toujours tendance à être un peu « arrangés ». Quant aux autres, ils sont des sociaux libéraux, mais ils ne l’assument pas tellement. Mais ceux qui assument leur social libéralisme s’en prennent plein la gueule. Le score de Bockel le montre, même si le vote a été truqué.

    Répondre
  39. Acacia KARAMBAR
    Acacia KARAMBAR dit :

    Bon, trucages ou pas, le PS est là où il est (nulle part). Sur beaucoup de grandes questions de fond ils sont très ambigus, voir tricheurs (par exemple quand ils ont une attitude en Europe et une autre en France, seule l’affaire du TCE les a obligé à se positionner plus clairement en essayant malgrés tout de ne pas parler du contenu…). On attends forcement des éclaircissements, voir des fractures entre des discours et des pratiques qui sont peu compatibles. Surtout on attend d’eux autre chose qui puisse aider à éclairer l’avenir.

    Les problèmes que doivent affronter nos sociétés sont toujours là, sous nos yeux et ils sont terribles. J’ai défendu les fonctionnaires parceque certains ici avaient une vision tout à fait fantasmatique des fonctionnaires (ce qui produit d’ailleurs des jeunes, encouragés par leurs parents, à devenir fonctionnaires, sur la base de cette image…)… Il y a beaucoup de gens qui voient dans le fonctionnaire, celui qui, parcequ’il part en avance, croise celui qui arrive en retard. Mais dés que l’on parle des hopitaux, ils disent « ah non …pas eux… » (combien d’heures sup non payées et entassées, jamais récupérables…) ou des pompiers « ah non…. on ne parlait pas d’eux… » ou des profs, ou des policiers…. ou des communeaux et leurs salaires au lance-pierre ?

    Ca fait maintenant longtemps qu’une grande partie de ce qu’on appelle fonctionnaires sont souvent des précaires de l’état ….

    Ca renvoie à une réflexion plus large : Les pays « riches » voient une tentative de précarisation de TOUS les salariés, un bataille âpre pour la baisse de leur part dans les richesses créées (Le désir avoué de baisser les salaires de 3% en Europe comme objectif, comme nous avons vu à Barcelone il y a quelques années la décision des dirigeants des états européens de repousser l’âge de départ à la retraite des vieux salariés, c’est en cours d’application partout en Europe)…

    Cadres virés (HP), précarisés et mis en concurrence avce des salaires indiens (la moitié du « prix » d’un précaire ici), les chéris habituels (les cadres) qui étaient relativement bien traîtés sont là laminés.

    Fonctionnaires attaqués, énormement de précaires de l’état, niveaux de vie en régression, conditions de travail difficiles, retraites maintenant alignées…Les focntionnaires ont été longtemps l’ossature de la stabilité de notre société (à tort ou à raison), ils sont priés maintenant de rentrer dans le rang et en + de continuer d’avoir des obligations particulières…

    Un système et une mécanique en mouvement, mondialement, qui s’abstrait de plus en plus du territoire, de ses responsabilités (sociales, ecologiques, démocratiques,…) s’impose pas à pas. Mais, dans son mouvement même, ses promoteurs, ses bénéficiaires, se coupent peu à peu , par leur gloutonerie incessante et interminable, de leurs supports, des couches sociales qui avant les appuyaient.

    Et ce qui est nouveau, c’est celà : Une fuite en avant d’une classe dominante de plus en plus riche, de plus en plus réduite, croyant pouvoir se passer de + en + du soutien d’autres couches sociales dans la population. Avec comme armes le contrôle des richesses et la possession des grands médias.

    Ce n’est pas suffisant…

    Acacia

    Répondre
  40. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Effectivement, ce n’est pas suffisant, et ils en sont parfaitement conscients. D’où la dérive sécuritaire, d’où les discours lénifiants sur la nécessité d’accepter plus de contrôles : vidéo-surveillance, contrôles biométriques, non confidentialité de plus en plus de données personnelles, etc. Ceux que le contrat social ne maîtrise plus le seront par la force : voir les événements de ces derniers temps, les méthodes employées (état d’urgence = restrictions des droits fondamentaux de TOUS les citoyens), la radicalisation des discours (Sarko). Ce qui nous arrive n’est pas inédit : Allemagne années 30, Chili 70, Argentine, etc. Qu’importe l’idéologie, quand les inégalités sont trop fortes, seule la dictature garantit les intérêts des classes dominantes.

    Répondre
  41. Acacia KARAMBAR
    Acacia KARAMBAR dit :

    Agnes,

    Je ne crois pas à l’hypothèse fasciste de la façon dont on en parle habituellement. De plus, fascisme ou pas, n’importe quelle société est obligée d’avoir un appui de couches sociales assez élargies. Même un système fasciste. Pinochet, Hitler, Franco, Mussolini, s’appuyaient sur certaines couches sociales autres que les bureaucraties ou bourgeoisies dirigeantes…

    Dans le cas qui nous interesse, la caractéristique c’est justement le fait que ceux qui exercent réellement le pouvoir tirent dans tous les azimuths, sans essayer d’obtenir des alliés quelque part. Et quand je parle d’alliés, je ne parle pas d’idéologie, de discours mais de couches sociales caressées matériellement dans le sens du poil.

    Comme l’ont été longtemps par exemple les paysans en France (c’est fini), les cadres (ça se finit), les fonctionnaires (the end) et bientôt ça va être le tour des professions libérales et autres travailleurs independants qui vont être dans le viseur (Bolkenstein, cette petite histoire, ne s’adressant pas qu’aux salariés et aux artisans…)…

    Même une tentation fasciste est obligée d’être basée sur autre chose que le tout haut de la bourgeoisie.

    Le phenomène du 29 Mai n’est pas autre chose et montre qu’il ne suffit pas de posséder les médias et d’en abuser pour s’imposer. Si ceux qui officient dans nos élites n’ont pas d’alliés (et surtout si ils frappent sur ceux qui peuvent l’être) et qu’ils continuent dans cette voie, lentement les discours vont tourner de plus en plus creux, même au travers de déploiements policiers (lesquels policiers vont avoir du mal eux-même à se retrouver dans l’affaire).

    Tout le monde a compris le jeu extreme mené par Iznogoud, je pense qu’il va nous épicer encore d’autres plats, car il a besoin de celà pour rester sur le dos du tigre…

    Mais même lui n’est plus aussi prisé que celà par ceux qui le soutenaient (je ne parle pas des parlementaires godillots mais des puissantes écuries ultra-liberales ).

    Acacia

    Répondre
  42. Sarkoboy
    Sarkoboy dit :

    Agnes> en quoi l’etat d’urgence « a restreint les droits fondamentaux de TOUS les citoyens » ? Moi j’ai rien vu (à part le calme qui est revenu)… et toi, concretement, ca t’a causé quel tord ? Et tu connais des gens autour de toi à qui ca a concretement fait du tord ? Ou est-ce juste un fantasme de plus ? Pour moi, c’est plutot les rigolos de la SNCF qui reduisent « mon droit fondamental à me deplacer, à aller travailler ». Comme quoi l’oppression d’une classe par une autre, je ne la vois pas au meme endroit que toi…

    Répondre
  43. Droop
    Droop dit :

    Moi j’ai des collègues à qui ça cause du tord ! Le délis de faciès, tu ne dois pas savoir ce que c’est, tant mieux pour toi ! En passant, je te rappelle que la grêve est un droit tout aussi fondamental que celui de se déplacer ! 😉

    Répondre
  44. Annie
    Annie dit :

    Tes analyses sont justes je ne peux qu’y adhérer.

    J’ai choisi d’être dans la gauche du PS, celle qui s’oppose à la synthèse tant vantée sur les médias, qui comme d’hab soit n’y comprennent rien, soit sont dans cette idéologie du libéralisme.

    Es-tu organisée ou non ?Mystère, je ne sais où trouver la réponse. Des gens comme toi seraient utiles dans cette gauche là, pour nourir le débat et le renforcer

    Répondre
  45. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je dirais que le PS est actuellement un concept dépassé. Le seul positionnement décent, c’est pour ou contre le libéralisme, pas de manière doctrinaire, mais comme capacité à le dépasser pour proposer un autre projet de société.
    Tu es avec les NPS?
    Pour ma part, « I’m alone in the dark« !

    Répondre
  46. muningua
    muningua dit :

    Pour ma part aussi, un peu alone in the dark. Décidément, j’aime bien venir sur ce site et m’y abreuver un peu, et j’aime bien les réactions de Fred, toujours lucide et très bien renseigné. Une réaction enfin sur ce que je viens de lire et les propos qui reviennent sur le PS et le NPS, bref, sur un mouvement susceptible de fédérer les voix divergentes. Il y a de cela quelques années, souvenez-vous, on parlait beaucoup d’un mouvement neuf, qui se voulait mouvement d’éducation populaire, et qui depuis a fait un petit bout de chemin et rencontré un certain succès. J’ai nommé ATTAC. Je m’étonne de ne JAMAIS tomber tout au long de ces discussions sur un type (ou une typesse) qui évoque ce mouvement qui semble pourtant proche des opinions rencontrées ici. Pourquoi ?

    Répondre
  47. sphax
    sphax dit :

    Le meilleur moyen de se réapproprier la démocratie passe par l’échelon le plus abordable que nous ayons : la démocratie locale. Donnez la possibilité à une communauté, assez restreinte pour qu’elle sente directement les effets de ses choix, de déterminer réellement son projet de société et le libéralisme s’effacera purement et simplement puisqu’il est contraire à l’intérêt général.

    Juste pour agrémenter ce commentaire, je vais tenter de faire une citation philosophique (un peu comme Phillipe Val quoi…). Je viens de lire le Contrat Social de Rousseau où il démontre l’inéfficacité (en termes de représentation de la volonté du peuple) de la démocratie représentative. Et cela il y a plus de 2 siècles. Selon lui, et j’adhère, la seule démocratie solide est celle qui est directe. Pour cela, il faut nécessairement avoir un corps politique de petite taille (en nombre d’individus). Ainsi, dans le cas des « grandes nations », il propose un chiffre : divisier le territoire en circonscriptions d’environ 30000 citoyens qui géreraient elles-même leur sort. Cela n’empêche pas bien sûr de former une nation par la coopération entre ces différentes circonscriptions.

    Voilà c’était juste une petite reprise de ce grand philsophe des Lumières.

    Répondre
  48. GAUTIER
    GAUTIER dit :

    « Je viens de mettre en ligne un article

                                                "21 avril 2002 - La grande frousse"                                            avril 2007 "LA REVOLTE BLANCHE!"       http://www.premiumwanadoo.com/blanccestexprime/articles.php?lng=fr&pg=210

    Je vous invite à le découvrir et à le commenter si vous le souhaitez.

    Je reste à votre disposition. Cordialement.

    
    

    Saint – Brieuc le 28 avril 2006

    Répondre
  49. sam17
    sam17 dit :

    À Sphax :

    « Donnez la possibilité à une communauté, assez restreinte pour qu’elle sente directement les effets de ses choix, de déterminer réellement son projet de société et le libéralisme s’effacera purement et simplement puisqu’il est contraire à l’intérêt général. »

    A part l’emploi d’un terme bien précis, je ne remettrais pas en question votre propos sur la démocratie locale. J’ai bien des raisons à donner à cela :

    • je viens d’emporter avec moi, ce matin, pour les transports, Le Contrat Social de Rousseau… donc je ne l’ai pas lu encore (on m’a traquenardé avec le 20 minutes…)
    • le très bon article intitulé, je crois, « écofascisme ou écodémocratie », publié dans le Monde diplomatique d’il y a quelques mois, parlait de cette « taille critique des villages », à 30 000 (réinventé par un autre, l’oubi de la référence à Rousseau étant apparu quelque part dans la chaîne). En temps que « sympathisant d’ATTAC » (et membre récent, pour être tout à fait honnête), je serais mal placé pour m’opposer de front à ce type propos. J’y adhère, en somme.
    • je suis contributeur assidu du forum d’Etienne Chouard, qui traite beaucoup de démocratie, des errances passées et des bonnes idées.
    
    

    Voilà, donc j’ai tiqué sur l’emploi du terme « libéralisme », dans le contexte que vous posez. Bien sûr, je tique tous les jours au moins 20 fois sur l’emploi de ce seul terme, rassurez vous.

    Je viens de lire deux cents pages du tome 1 de De La démocratie en Amérique, de Tocqueville. C’est impressionant de voir ce que la démocratie… libérale a pu marcher :

    – dans le cadre de petites villes (deux mille habitants en moyenne) : des assemblées uniques, avec présence des citoyens recquise, des pouvoris publics extrêmement diversifiés et entièrement localisés. Le système américain est resté très décentralisé, puis un peu moins, avec une forte influence des communes, dans l’Etat fédéral ;

    – dans un contexte culturel extrêmement curieux, unique même : Nouveau monde ; héritage encore chaud des Lumières ; des gens tous issus d’un même schisme religieux, ayant quitté amis, famille, biens, et venus là fonder sciemment une civilisation et pour couronner le tout, des individus à peu près tous issus de la classe moyenne en Anglettere (pour la Nouvelle Angletterre, du moins) : demandez-vous avec ça pourquoi les USA ont ce caractère démocratique unique, avec tout ce que ça implique de singularité et d’isolement, en bien et en mal ;

    – dans un contexte historique où ni un télégramme, ni un coup de fil, encore moins un clic de souris… ne permettait d’expédier des millions en actions à l’autre bout de la planète.

    En fait, le libéralisme est structurellement mort depuis que ses fondements de base, les uns après les autres, furent sévèrement remis en cause, essentiellement par le progrès matériel. Parmi ceux-ci, il faut rappeller que le modèle libéral se base sur l’hypothèse de l’immobilité des capitaux… (et la mobilité du travail, par contre). Tous les autres fondements allaient suivre… La révolution industrielle nous a fait passer, comme les ricains, au bon vieux capitalisme industriel : management du travail et dévalorisation de tous les individu estampillés exécutants, et je dirais quasi mécaniquement, colonialisme brutal – 1. La mondialisation (mode 1, par défaut) a vu l’installation inéluctable d’un truc bien différent du libéralisme, le néo libéralisme (et son pendant de gauche, nouvelle social-démocratie – 2), qui détruit l’Etat (sa part économique, du moins – le besoin de développer des services publics, les impôts en fonction de ses revenus, la responsabilité des investisseurs face à l’exercice démocratique, ce sont des principes qui vont de soi, même dans le modèle libéral) et la mise en concurrence des protections sociales, avec nivellement par le bas.)

    1. La « main invisible », c’est de la recherche de profit privé qui accessoirement et indirectement crée de la richesse moyenne pour la société… mais aussi (chose qu’on ne dit pas trop fort, quand on est un capitaliste bourin qui se fiche de la démocratie, et que l’emploi de la référence au « libéralisme » sert bien), des inégalités entre individus. C’est pourquoi :
    – la responsabilité de l’investisseur est une chose essentielle – la morale première étant déjà qu’il faut savoir (par le biais des organes publics) où et comment ce gugusse investit
    – la répartition est une nécessité évidente (que les bigots de diverses espèces proposeront sous forme de charité, bien sûr) – mais une autre morale de l’affaire, c’est que pour compenser les inégalités (faire l’aumone ou cotiser, peu importe, sur ce point) dans la sphère démocratique à laquelle on appartient, sans y perdre soi-même, le plus sûr moyen est d’investir aussi ailleurs, hors du contrôle dudit cercle démocratique, et bien évidemment, là où on peut plumer le travailleur plus à fond. Cette « délocalisation de capitaux », vu de l’individu, c’est aussi le « colonialisme », vu d’un Etat pris en entier. Pour peu que les pouvoirs politiques soient complètement impuissants face aux pouvoirs économiques (comme c’est définitivement le cas aujourd’hui, et notoirement depuis des lustres aux USA).

    2. Rappelons que Pascal Lamy, Commissaire européen, soit le type qui nous « vend » littérallement à l’OMC et tyrannise les autres pays en notre nom, est membre du PS français. Amené là-haut par la star Delors. Et, me semble-t-il, un type avec qui DSK (et Jospin) ont bien bossé…)

    Mais voilà, la manie qu’on a gardé d’y faire référence, à ce concept de « libéralisme » – en bien ou en mal d’ailleurs, mais en ayant l’air de dire que ce qu’on a sous les yeux, c’est une espèce de « libéralisme réel » – elle fait des ravages depuis deux siècles, et notamment de terribles ravages idéologiques depuis des décennies.

    Dire que le libéralisme est contraire à l’intérêt général… c’est pas très rigoureux, et en somme assez faux. Rassurez-vous, je serais plutôt « social libertaire »… Mais justement. (Et Marx, Bakounine, Adam Smith, … Chomsky, Stieglitz, Allais… vous diraient un peu la même chose. Rousseau, je ne sais pas : je dois lire… mais j’ai déja lu qu’il était inclassable en la matière.)

    Par contre, vous pouvez écrire sans mal : « le capitalisme », le « capitalisme d’Etat », « le capitalisme industriel », le « capitalisme financier », sont contraires aux intérets de la quasi totalité des hommes et femmes, puisqu’ils méprisent leur droit essentiel au bonheur qui passe par l’épanouissement par un travail qu’ils gèrent eux mêmes et la possession de leurs moyens de production…

    Mais ajoutez alors à la liste : « le socialisme d’Etat » – disons « communisme réel de type soviétique »)

    … « la social-démocratie, du moins depuis les années 1920 et plus que jamais, depuis 1990 », …

    Quant au « néo libéralisme », bien sûr, inutile d’en parler. On ne dira que dans 5 à 20 ans que c’est un totalitarisme au sens propre. A ceci près qu’il est le premièr modèle de totalitarisme de la société mondialisée, et que, chose curieuse, on aura su le renverser de l’intérieur (enfin, ce qu’on peut espérer – et puis, nous les européens, on est pas complètement à l’intérieur… pas aux states, pour faire vite).

    Voilà, cher Sphax (et tant d’autres), pour finir, cette sentence qui vaut d’être méditée quelque soit sa chapelle, si on en a une (je ne connais pas de parti, français en tous cas, qui puisse se féliciter de prohiber un amalgame qui commence franchement à nous coûter cher – demandez-vous quels facteurs précis font qu’aujourd’hui la réforme, c’est la restauration, le progrès, c’est la destriuction de la démocratie, les progressistes sont les réac’s et inversemment…) :

    « La confusion du libéralisme et du laisser-fairisme constitue l’une des graves erreurs de notre époque » (de mémoire – Maurice Allais, prix Nobel d’économie, français, libéral et gaulliste – ce que dit ce monsieur du dogme (de l’économisme) néo libéral est au moins aussi clair et tranché qu’un discours d’alter moyennement éclairé : de la m..de en boîte, du vent…)

    Pardon à tous les amis de la poésie, c’était long, sans doute un peu chiant et assurément pas très poétique tique tique, mais je gage que ça peut servir.

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  50. sam17
    sam17 dit :

     »À Sphax, sur la « démocratie représentative réelle »

    Je préciserais, chose que j’ai commencé à apprendre « chez Etienne », que les malheurs de la démocratie représentative ne sont pas tant une fatalité. Et qu’avant qu’on s’endorme et qu’on efface ça de notre mémoire, on savait notamment que :

    la panacée n’est pas l’élection (la preuve, on élit et réélit couramment des tyrans, des incapables, des menteurs) mais le tirage au sort des élus. Ce n’est pas tant la « compétence » des magistrats qui compte (on sait ce qu’elle donne, la compétence politique aujourd’hui : « tut tut petit, l’économie c’est un truc trop compliqué pour toi (même pour moi, la preuve) » parole d’un type élu, porteur de la souveraineté du peuple, et qui délègue sa signature face à l’OMC à des gars formés dans les écoles américaines, au frais de la princesse, cela va de soi)…

    – … ce qui compte avant tout, c’est la surveillance des élus, et les mesures de dissuasion effectivement menaçantes en cas de corruption ou de reniement de promesses, par ailleurs. Un système où aucun Pouvoir de surveillance n’existe, sans parler d’un où les élus n’ont pas à rendre de comptes (comme c’est le cas en France, en tous cas depuis 1958), ce n’est pas une démocratie, c’est la porte ouverte sinon aux pires conséquences, à la décomposition inéluctable de la démocratie.

    Bref, « démocratie », au présent, c’est un bien grand mot… un peu (tous différences gardées) comme « libéralisme ».

    Quant à la démocratie locale, directe, tout ce qu’on veut. Mais vive les bonnes idées qui permettront de combattre le molosse néo libéral pas trop à mains nues…
    Pour les fleurs dans les cheveux, sinon, même la communauté… no problem. Mum’s OK 😉

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