Fuite du cerveauPour ceux qui en doutaient encore, la vieillesse est un naufrage.

Je l’expérimente d’ailleurs chaque jour un peu plus, entre ma mémoire à logique de plus en plus floue, mon manque d’humour qui devient endémique et une certaine aigreur à contempler la face hideuse de ce qui s’annonce devenir le monde dans lequel ma fille devra tracer sa route.

Quoi qu’il en soit, mon pouvoir de nuisance est suffisamment restreint pour que cela ne provoque pas une empreinte-connerie trop étendue sur cette trop petite planète.

Hélas, certains n’ont pas l’air de partager cette belle lucidité qui se bonifie avec le temps et continuent de polluer le crachoir de l’importance dérisoire de ce qu’ils imaginent être de grandes pensées.

Prenons Jacques Attali, l’oreiller des présidents et l’oreillette de la décadence que l’on fait mine de dénoncer tout en en faisant son fonds de commerce.

De ce qui suit, il n’existe aucune statistique fiable, et on ne peut le comprendre que par ce qu’on entend, partout, où qu’on soit et à qui qu’on parle.La France peut encore croire qu’elle est un formidable lieu d’attraction pour le monde ; elle attire en effet le plus grand nombre de touristes ; et toute l’industrie mondiale du cinéma est à Cannes cette semaine. Mais ces gens-là ne font que passer, dans le plus beau pays du monde. La réalité est tout autre ; la France se vide.

Source : La France se vide, qui s’en occupe ? – Jacques Attali

Tout de suite, Jacques-a-dit donne le ton : je vais te raconter de la vérité vraie et même qu’elle est tellement vraie, ma vérité, que tu ne trouveras nulle part le moindre élément tangible pour l’étayer ou la réfuter. Ce qui est fort commode quand on pérore de son clavier et que l’on aime prêcher du haut de ses certitudes sans avoir manifestement de quoi défendre ses admonestations.

Et c’est la vérité vraie, parce que c’est ce qui se passe partout où Jacques Attali pose ses petits yeux hypermétropes et tend son gros sonotone. En gros, cela confirme assez scientifiquement ce que tu pensais depuis longtemps, à savoir que Jacques Attali vit essentiellement dans son microcosme du centre du monde de la capitale de la France et qu’il est entouré de tas de riches hypocondriaques qui chouinent en permanence contre les gros impôts pas beaux et qui incitent leur progéniture au CV surgonflé par les trajectoires méritocratiques de la France qui connait et verrouille les filières éducatives d’exceptions payées à prix d’or par l’ensemble des gueux (mais pas des parents, qui, comme nous l’avons déjà noté, refuse de mettre au pot commun pourtant si généreux avec eux!) à se tirer de ce pays de merde (sic).

Parallèlement, on ne fait rien pour attirer les étrangers ; on se plaint quand une entreprise étrangère s’intéresse à une entreprise française, on accueille mal non seulement les réfugiés mais aussi les étudiants et les chercheurs étrangers. Et les touristes s’empressent de traverser notre pays pour aller plus au Sud. Qui ne voit que Paris s’endort ?

idem (c’est moi qui graisse les plus grosses conneries)

Bien sûr, dans le même temps, il pourra toujours râler aussi sur l’attractivité de ce pays, voire de ce continent, pour lequel, des centaines de milliers de gens traversent la méditerranée à la nage et dont une partie — elle, réellement non chiffrée — a coulé et continuera à couler par le fond, les yeux rivés vers une ligne d’horizon défendue par des gens vains et égocentriques.

S’il y a bien fuite des cerveaux, il s’agit de ceux des éditocrates dans toute leur pathétique médiocrité qui s’imaginent penser le monde alors qu’ils sont bien en peine de voir au-delà de leurs nombrils de petits poussah suffisants. À ce niveau-là, ce n’est plus de la fuite, c’est de l’incontinence cérébrale.

De cela, personne ne parle, personne même ne veut l’admettre ; parce que ce n’est qu’avec retard qu’on en sentira les effets. Comme quand quelqu’un se coupe les veines : au début, c’est sans douleur, et puis il s’endort, et puis il meurt. C’est lentement que la France mourra du départ de ses forces vives.

idem (mais on n’en jettera plus, c’est trop moche, d’ailleurs, on vire l’ami Facebook qui a permis à du Attali de polluer mon mur et ma matinée)

Donc les forces vives du parisianisme desséché auraient pu commencer par apprendre à utiliser un moteur de recherche pour se hisser à la force du déambulateur un peu au-dessus de la brève de comptoir de fin de soirée imbibée.

Après, les déclinistes moisis du neurone, ça commence vraiment à faire.

Au lieu de lire des conneries, allez plutôt vous entrainer au cinoche à la critique sociale musclée!

À lire : la critique de notre ami CSP (dans ta face)