Je vous le résume vite fait : le code électoral (article L52-2) annonce des sanctions (3 500 à 75 000 euros) à l’encontre de celui ou ceux qui divulgueront les résultats des élections présidentielles avant 20 h (heure de Paris) même s’ils sont partiels.


Radio Londres

Donc il y a des gens qui savent et d’autres qui ne savent pas. Et ceux qui savent doivent maintenir les autres dans l’ignorance. Sur quelle justification s’appuie cette dichotomie ? Sur l’idée que si ceux qui ne savent pas savaient avant d’aller voter, ils pourraient être influencés.
Voui… ce n’est pas comme si tout le monde n’avait pas été abreuvé de sondages et d’estimations plus ou moins sérieuses ces dernières semaines. Ce n’est pas non plus comme si l’ensemble des médias avait été un modèle d’impartialité ces dernières semaines. Ce n’est vraiment pas comme si le personnel politique avait été lui-même impliqué dans un débat citoyen de bonne foi et de vérité pour que les électeurs puissent décider en leur âme et conscience sans jamais avoir été pris pour des buses ou des dindons… voire un gros banc de poissons rouges.
Ce n’est donc pas comme si on n’avait pas été pris collectivement pour un gros ramassis d’hydrocéphales mous du bulbe rachidien pendant toute cette campagne dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle a été un sommet de gesticulations vaines et sans intérêt ! Ce n’est pas comme si l’art démocratique de l’élection ne consistait pas à nous flatter le vote avec des promesses vaines et jamais tenues pour obtenir un assentiment que jamais nous ne donnerions si nous connaissions à l’avance la composition de la sauce avec laquelle ils comptent nous manger une fois la mascarade électorale passée !
Et voilà que soudain, il devient important, que dis-je, primordial de ne pas effaroucher ce pauvre petit électeur à l’heure où il s’approche timidement de l’isoloir ?

L’idée que l’on nous fait passer pour totalement normale et logique, quand même, c’est qu’il est important de censurer une information existante pour ne pas nuire à l’exercice de la démocratie.

Rien que de l’écrire, ça me met mal à l’aise, cette idée.
Une information, donc, à laquelle ont accès certaines catégories de personnes comme les journalistes ou le personnel politique, mais pas le servum pecus. Parce que les catégories autorisées, elles, ne se laissent pas influencer comme cela. D’ailleurs, la preuve : ce sont eux les influenceurs ! Ce qui revient à dire que devant l’accès à l’information, certains sont plus égaux que d’autres.

Mais bon, puisqu’on vous dit que c’est pour le bien de la démocratie !

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