Le net est un flux permanent d’infos multiples et variées où il est bien difficile d’accéder à la quintessence du top de la crème du dessus du panier.

C’est pour cela qu’il existe les systèmes de syndication qui permettent à chacun de récupérer en temps réel les nouvelles fraîches de leurs dealer d’infos préférés.

En fait, et pour faire simple pour les non-geeks[1], certains sites comme les blogs ou les applications en ligne de publication[2] produisent des flux d’information appelés flux RSS. Ces flus RSS peuvent être attrapés par des agrégateurs, des trucs qui servent à réunir au même endroit les titres et chapo des articles récemment publiés par vos sites préférés.
Autrement dit, au lieu d’aller chaque jour, à l’aide de vos bookmarks/marque-mages/favoris, sur chacun de vos sites préférés histoire de voir s’il s’est passé quelque chose de neuf depuis la dernière fois que vous êtes passés, chose longue et fastidieuse, vous n’avez plus qu’un seul outil à utiliser, lequel collecte pour vous, pratiquement en temps réel, toutes les choses nouvelles et intéressantes qui se passent sur l’ensemble de vos sites préférés. C’est là indéniablement un grand progrès pour ceux qui veulent rester au courant de tout, puisque l’on peut réaliser sa revue de presse à soi en un seul clic. Quiconque doit se taper une revue de presse chaque matin saisit tout de suite la portée de l’outil.

Le choix des armes

Il y a plein de moyen de récupérer les flux d’information, des tas de logiciels à s’installer sur sa bécane pour charger les news. Firefox le fait d’ailleurs très bien tout seul.

Il existe aussi, pour les plus partageurs d’entre nous, des agrégateurs en ligne où l’on peut mettre ces flux préférés et les partager avec ceux qui le souhaitent. C’est ce que j’ai fait, il y a quelques années, avec le Filinfo, toujours en ligne. Des rubriques, des sites, des articles. C’est bien et cela m’a simplifié la revue du web pendant des années. Le truc, c’est qu’il faut quand même naviguer d’une source à l’autre… clic, clic, clic!

Avec SPIP, justement, en plus de générer un flux RSS, on peut aussi récupérer les flux des autres et avec un peu de pratique, on peut créer une page où la récolte s’affiche par ordre de parution et pas seulement par source. C’est un peu ce que j’ai fait dans l’annuaire de la Revue Ethologique, où j’ai classé par catégorie les principales sources d’informations relatives à l’éthologie et aux sciences connexes. Chaque catégorie propose un mini-fil RSS des sites syndiqués. Mais surtout, il y a la page qui aggrége toutes les informations par ordre d’arrivée, mon super agrégateur de l’éthologie et des sciences.
C’est aussi sur ce principe que fonctionne l’un des portails de référence de la bonne info sur le net qu’est Rezo. Sauf que la syndication n’y est que semi-automatique et que les articles y sont majoritairement sélectionnés par des petites mains qui sont loin d’être innocentes. Rezo intègre le facteur humain à la syndication et c’est bien ce qui fait toute la différence.

La sélection du Monolecte

Et c’est là qu’arrive la dernière expérimentation en date de l’omnipotent mais Ô combien utile Google : le Google Reader. Comme toutes les expérimentations Google, celle-ci nécessite de se démerdouiller un peu en anglais de réseau. Mais elle apporte un bon compromis entre l’aggrégateur à soi tout seul dans son coin et le portail semi-automatique pour les potes.

  1. Côté jardin, une interface à la gmail où j’entre mes sources préférées. Elles s’affichent par ordre chronologique et voilà pour la revue du web en un coup d’oeil, rien que pour ma pomme.
  2. Côté cour : la possibilité de partager avec les autres internautes les articles que je trouve les plus intéressants et pertinents. C’est enfin mon rezo à moi toute seule. Le flux des news du monde filtré par mon oeil. Ma sélection maison. Et du coup, la vôtre aussi, puisque chacun peut ajouter ce module à son compte google et hop.

Et le fin du fin : cela génère le flux rss de ma sélection de tous mes flux RSS. La mise en abîme de l’information. On peut imaginer le portail des flux de sélection des flux favoris des agrégateurs Google Reader. La substantifique moëlle des multiples subjectivités emboîtées les unes dans les autres comme des poupées russes. Je peux faire ma sélection de la sélection de Rézo. La revanche ultime. Le sommet de la pyramide des filtres informationnels. Vertige de la prédation virtuelle.
Allons-nous finir par nous auto-feeder en rond?
Trop d’info ne tue pas que l’info, mais bouffe aussi le ciboulot.

Quoi qu’il en soit, le Google Reader me permet de vous offrir directement dans le corps du Monolecte la sélection de articles que je trouve particulièrement intéressants. C’est en haut à droite.
Bon appétit!

Notes

[1]En langage courant, un non-geek est un mec normal qui n’a pas les yeux en forme d’écran d’ordinateur et dont les doigts ne se sont pas palmés à force de clavioter. Exemple :
Grabuge est non-geek!

[2]Qu’on appelle aussi CMS et dont l’un des plus connus est SPIP, ou comme Plume, qui lui gagne à être connu