Entre la musique qui adoucit les mœurs et le tour du monde des ascenseurs, cette année, Le Monolecte commence fort, avec des sujets sans concession!

Music again, again, again…

La musique adoucit les mœurs assène l’adage populaire. Bien sûr tout dépend de la musique et des circonstances. Déjà, chaque fois que je me retrouve à faire les courses en supermarché, au bout de dix minutes, j’ai déjà envie de ressortir pour échapper à la soupe sonore indigeste et au jingle totalement saturé du magasin, Champion, pour ne pas le citer. Rappelons que la musique saturée ne vaut que dans un bon gros morceau de Heavy Metal, dont personne ne se hasarderait à vanter les vertus apaisantes!
Le top de la torture auditive reste quand même la quinzaine commerciale de Noël. Là, pas d’échappatoire, c’est carrément tout le bled qui est inondé de musique mièvre et pathétique qui blesse autant l’oreille que mon sens naturel du beau. Imaginez l’effet de ces chants lénifiants sur l’organisme humain plongé dedans à longueur de journée, comme celui des commerçants au sort desquels nous compatirons sincèrement pour une fois.

Quand j’entends du Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne.

Woody Allen.

Plus près des étoiles

L’un des poncifs du genre parle de musique d’ascenseurs. Personnellement, je dois fréquenter assez peu ces transports verticaux, car la plupart de ceux dans lesquels je suis montée n’était pas sonorisés. Tout au plus, nous pouvons parler de musique de centre commercial. Hier soir, en zappant sur la chaîne Voyage, j’ai donc découvert le monde stupéfiant des ascenseurs. Faire un doc de 50 minutes sur les ascenseurs est plutôt culotté et au final, le résultat est assez captivant, même si parfois, on a l’impression d’être sur une chaîne de télé-achat vouée à la gloire d’Otis. En dehors du côté livre des records (le plus haut, le plus rapide, le plus flippant, le plus insolite ou le plus vieux), nous apprenons des choses intéressantes sur le moyen de transport le plus sûr et le plus utilisé au monde, comme la sociologie de l’ascenseur, ou comment nous avons tous intégré des codes de comportements sur la manière de partager un espace clos et exigu avec des inconnus. Un cascadeur rappelle qu’il n’existe aucun moyen de survivre à une chute d’ascenseur, n’en déplaise à Bruce Willis. On découvre aussi le projet des ascenseurs spatiaux, sensés relier des plate-formes en haute mer avec des stations orbitales.
La palme du surréalisme revient à une compagnie d’assurance du Minnesota qui a installé un ordinateur pour gérer les flux d’employés à la colonne d’ascenseurs et réduire ainsi le temps d’attente de 4 secondes!

4 secondes multipliées par 2000 employés, au bout d’un an ça représente 6 mois d’attente devant l’ascenseur…

explique le responsable du système.
Vu comme ça, il y a encore de la productivité à trouver dans les emplois du temps des employés saturés de Prozac pour tenir la cadence sans craquer. On peut imaginer remplacer les fauteuils de bureau par des chaises percées pour rentabiliser la pause-pipi, par exemple.

Le mot de la fin revient à une vieille dame interviewée sur le bonheur de prendre l’ascenseur :

Rendez-vous compte, sans les ascenseurs, nous n’aurions pas pu construire de grands immeubles…

Vu comme ça, les ascenseurs sont soudainement moins insignifiants.