Librairie Caractères à Mont-de-Marsan

Pourquoi je suis passée au livre numérique

J’ai tellement lu qu’à moment donné, je me suis dit que je n’allais pas faire entrer un livre de plus dans la maison.

La librairie indépendante Caractères à Mont-de-Marsan

La librairie indépendante Caractères à Mont-de-Marsan

J’ai gardé l’amour du beau papier, du parfum de l’encre, de ce genre de choses, même si beaucoup d’éditeurs font de moins en moins d’efforts sur ces chapitres qualitatifs. J’étais donc extrêmement dubitative quant à l’intérêt du numérique. Ayant franchi le pas il y a un an et ayant testé la plupart des possibilités offertes par ce support, je suis aujourd’hui une utilisatrice régulière et convaincue. Je trouve cela infiniment pratique et agréable même si je déplore l’abominable mauvaise politique éditoriale en France sur le numérique, du niveau des conneries déjà faites pour la musique et les films : un catalogue pourri et le fait de traiter les clients comme des délinquants avec des verrous partout.

Tout nouveau livre devrait sortir en format numérique : quel éditeur ne le travaille pas en format texte ? C’est donc un choix délibéré de ne pas le faire, ou de le faire mal et de réussir à parfois commercialiser les titres numériques plus chers que le papier. Le problème, c’est l’offre. Mais les éditeurs devraient arrêter de jouer ce jeu-là, parce que de plus en plus d’auteurs choisissent délibérément de sortir directement en numérique en se passant des contrats léonins qui caractérisent la profession.

Sur l’usage : ça change littéralement la vie !

Les liseuses (je ne parle pas des tablettes, on reste bien d’accord) sont aujourd’hui de très bonne facture. La technologie e-link permet un confort de lecture équivalent à celui d’un livre (ce qui n’est pas le cas d’une tablette). Les dernières générations ajoutent la lumière intégrée et j’ai pété ma tirelire pour pouvoir lire partout, dans toutes les conditions, sans emmerder personne avec ma lumière ou sans être emmerdée à chercher une loupiote pour éclairer mes pages. Rien que ça, c’est merveilleux.

Sur le confort pur de lecture :
On peut changer à sa guise la taille des caractères : on adapte le texte à sa lecture. Si l’on est bigleux, plus besoin de loucher, on agrandit. Si l’on déteste changer de ligne toutes les secondes façon Bibliothèque Rose, on diminue. Ou on joue sur la taille des marges. Sur beaucoup de modèles, on peut changer la typo selon son confort de lecture. On peut même parfois ajouter les siennes !
Même pour le pavé de l’été, la taille et l’encombrement sont constants et très bien adaptés à une main standard. Finit de s’éclater les pouces à tenter de garder un bottin ouvert malgré lui. Très bien au lit où on peut caler l’ouvrage sur les genoux et garder les doigts au chaud sous la couette.

On ne perd jamais sa page. Même et surtout si l’on lit plusieurs livres à la fois. Les liseuses se souviennent systématiquement de l’endroit où vous vous trouvez pour chaque livre ouvert. Vous pouvez marquer les pages sans les corner, récupérer des portions de textes, souligner, surligner, annoter, sans pourrir le support. Vous pouvez visualiser la liste de vos notes, extraits, commentaires. Vous pouvez lancer des recherches dans les livres, les notes… Cela dit, j’aurais aimé que les fabricants de liseuses pensent à l’export facile de nos notes, pour une intégration directe dans Zotero, pour les besoins des rats de bibliothèque.

Quand vous vous déplacez, vous pouvez le faire avec l’intégralité de votre bibliothèque. Vous ne devez plus choisir, dans votre valise, entre la trousse de toilette et vos lectures du moment. Pas de supplément bagage. Comme ça ne tient pas de place, vous pouvez trainer votre liseuse partout : fini Madame Figaro dans la salle d’attente du médecin, vous pouvez même vous offrir le luxe de lire en bivouac (quiconque fait de la montagne ou de la rando sait que la question du poids fait qu’on n’emmène pas de livres… maintenant, oui, on peut). Et c’est d’autant plus vrai qu’une bonne liseuse tient entre 15 jours et un mois en autonomie, question énergie…

Avec un modèle non-propriétaire (qui ne restreint pas les formats lisibles) et l’aide du logiciel libre Calibre, vous pouvez même transformer des sites, blogs ou pages Internet en livre numérique à lire tranquillement hors ligne, dans vos toilettes, votre hamac, n’importe où, en fait.
Un mot pour Calibre, logiciel de gestion de bibliothèque qui vous permet de vous y retrouver, d’indexer, noter, chercher par auteur, série, langue… ce que vous voulez. Pour un peu, ça me rendrait ordonnée. Sans compter que l’on peut facilement convertir nos livres d’un format à l’autre, ce qui est fort pratique quand on doit faire circuler un ouvrage entre plusieurs supports. Et vous apprenez aussi à bien tenir une base de données : on rempli les bons champs au bon endroit et on retrouve absolument tout.

Bref, sans les conneries de DRM des éditeurs et leur politique de pissefroids allergiques au changement, ce serait parfait.
Il y a aussi la mauvaise volonté puante des journaux et magasines français qui couinent à longueur de temps qu’ils n’ont plus de lecteurs, mais qui n’offrent aucune solution d’abonnement pour les liseuses comme cela se fait couramment aux USA, par exemple. À noter que Le Monde Diplomatique a lancé un abonnement numérique où l’on peut télécharger le numéro du mois en format EPUB, mais je trouve parfois le formatage mal adapté au support.

Notons quand même quelques maisons d’édition un peu moins conservatrices que les autres, comme L’Atalante ou Au Diable Vauvert qui commercialisent pratiquement l’intégralité de leurs catalogues en numérique sans DRM et à des prix pas franchement délirants (même si…).

Le seul truc que je trouve limite, c’est que pratiquement personne n’a pensé à comment on peut offrir un livre numérique, en cadeau, dans l’offre légale. Il semble qu’Amazon bosse dessus… et c’est bien dommage de leur laisser encore une longueur d’avance.

J’ai commencé avec le Kobo Mini. Pour le prix, c’était un petit risque et, surtout, il respecte les standards et les formats ouverts comme l’EPUB. Je l’ai reconfiguré pour l’offrir à mon père.
Parce que j’ai compris l’intérêt de la lumière pour être totalement libre de lire partout, j’ai opté pour le PocketBook Touch Lux. Je l’ai choisi parce qu’il n’est lié à aucune librairie en ligne et qu’il accepte un grand nombre de formats de fichiers. Je peux même lire des documents persos (même si je dispose de plusieurs logiciels à créer des ebooks). Très bonne qualité d’écran, nettement meilleur que le Kobo Mini, mais ce n’est pas la même chose. Il est très réglable, très personnalisable et j’aime les choses que je peux paramétrer à ma façon.
Je l’ai pris chez Décitre, librairie mixte papier/ebook et surtout indépendante, fonctionnant dans un réseau de libraires indépendants.
C’est important, l’indépendance.

Bref, je suis très convaincue des nombreux avantages du livre numérique, mais, manifestement, ce n’est pas le cas des professionnels de la profession qui freinent des quatre fers contre cette évolution avec leur offre rachitique et dont les prix exubérants sont carrément risibles au regard des économies d’échelle pourtant réalisées sur ce type de support.

Pourquoi ne pas systématiser la sortie du format numérique pour tous les nouveaux ouvrages ?
Pourquoi ne pas éditer en numérique les livres épuisés, ce qui satisferait pas mal de monde sans couter un bras ?
Sur des marchés de niche comme les ouvrages professionnels, les essais pointus, les trucs universitaires un peu chiants à 100 acheteurs par impression, pourquoi ne pas opter pour le numérique ? D’ailleurs, comment expliquer la pauvreté des catalogues sur les bouquins un peu pointus. Je tuerai pour l’œuvre complète de Illich en EPUB.

Pourquoi, surtout, maintenir les DRM alors qu’ils gênent essentiellement les clients honnêtes et rendent inaccessibles les livres pour les Linuxiens dont je fais partie (alors qu’il existe une multitude de tutos en ligne pour expliquer aux gentils windowsiens comment péter le verrou d’Adobe) ?

Un dernier mot pour nos amis libraires.

J’ai toujours aimé trainer dans les librairies. Je devais filer ma carte bleue à un ami incorruptible avant d’entrer chez Ombres Blanches à Toulouse, tellement l’offre était affolante. J’aime toujours cela et j’aimerais qu’il existe des solutions pour pouvoir acheter aux petits libraires que l’on visite l’équivalent numérique du livre papier que je tiens dans ma main, voire, soyons fou, avoir un combo des deux pour ceux qui veulent remplir leurs rayonnages privés tout en gardant la possibilité de récupérer de larges extraits de texte pour les besoins bibliographiques de Zotéro. Il est vrai que, maintenant, il n’y a plus beaucoup de librairies dans mon coin. Celle du village a brulé il y a quelques années et n’a pas été remplacée. Beaucoup de libraires ont transformé leur magasin en lieux de rencontres et de partages et j’aimerais que cela puisse se marier avec la lecture numérique.

Après, je ne cherche à convaincre personne, mais, pour ma part, c’est une évolution que j’ai fini par apprécier après m’être longuement méfiée du côté technologique de la chose.


À ce sujet, lire le papier d’Anne Brigaudeau qui a inspiré ce post : http://www.francetvinfo.fr/culture/livres/pirates-coquins-radins-qui-sont-les-accros-a-la-lecture-numerique_556081.html

 

 

137 réponses
  1. saxo
    saxo dit :

    Merci pour ton témoignage Agnès…
    Les 1000 bouquins qui nécessitent une pièce entière à la maison deviennent obsolètes, ça donne envie.
    J’y avais déjà réfléchi, mais pour l’instant je n’ai pas encore passé le pas.
    Pas encore…. L’amour du papier est difficile à dépasser.

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      • had
        had dit :

        OK. ça fait depuis 1999 que je me tâte sur le e-ink. Mais je franchis le pas. Faut bien un jour…

        De même, je vends ma bagnole, je fais dans le E-Bike, ça me suffit pour ce que j’ai à faire.

        En plus, des grosses économies, finies les taxes en tous genres, les amendes…

        En gros, j’économise 3000 euros par an sans bagnole.

        Fuck the system. Cyclos électrique, je recommande.

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  2. Lipouss
    Lipouss dit :

    Bonjour Agnes,
    Ça fait 4 ans que j’ai sauté le pas et depuis je n’ai jamais autant lu. J’ai ré-découvert et decouvert aussi tous les classiques cherchant au départ tous les gratuits (Zola et Proust sont des geants) . Le confort de lecture est inestimable : dans les transports, au parc, à la plage, en vacances, au lit, finies les crampes, je ne redoute plus d’avoir à attendre des heures coincée quelque part. Tu peux trouver des ouvrages rares dans les bibliothèques publiques US, sur le projet Guthenberg ou Gallica. Un site propose d’offrir des ebook, il s’agit de Chapitre, ça marche tres bien et c’est simple.
    C’est vrai que les DRM, c’est insupportable comme système, tout comme la stratégie des éditeurs français. Merci pour votre billet.
    Lipouss

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Oui, c’est vrai, j’ai aussi commencé par récupérer tous les grands classiques que je n’avais pas eu le temps de lire quand j’étais jeune : vraiment cool de pouvoir accéder à ce patrimoine commun!

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    • CLERMENT
      CLERMENT dit :

      Bonjour tous le monde,
      pour la lecture numérique gratuit,voici un nouveaux site,divers présentation des ebooks:
      http://www.ebookgoo.com/
      EBOOKGOO est la plateforme communautaire française de partage, d’édition et de publications numériques ainsi que de la vente.
      · support simple de publication de vos écrits ou tous types de documents numériques pour les rendre publique et visible auprès du plus grand nombre.
      · un site de partage, la discussion et les rencontres autour du plaisir de la lecture,
      · une plateforme gratuite qui vous permet de constituer votre boutique numérique personnelle
      · Un site pour plus de visibilité pour les talents.
      MERCI

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  3. Gaudefroy
    Gaudefroy dit :

    Bienvenue au club Agnès ! Je pense même que le ereader est un dispositif anti-zapping multi-tâches à conseiller aux enfants en priorité.
    Un plugin de firefox réalise de superbes pages epub avec images intégrées, ce qui me sert beaucoup pour mon sony reader
    http://www.grabmybooks.com/
    Etienne Chouard, grand lecteur devant l’éternel, a déjà scanné 1000 livres pour les passer ensuite à la moulinette OCR…
    https://www.youtube.com/watch?v=vpQ-TxbZgnA&list=UU5hzh9J0e1bRN3ZqtTDLcsA
    Un artisan artiste qui confectionne chaque semaine un nouveau livre epub, c’est le citoyen Marcel.
    http://www.matin-magazine.com/ebooks/
    Les textes fournis par Gallica sont tout de même indignes de notre pays. Cela ne couterai pas grand chose en investissements de les rendre disponibles en txt ou en epub.

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Cela fait aussi parti de mes critères de choix : je n’ai pas de tablette, mais plutôt une liseuse. Deux choses supplantaient de loin la tablette : le confort de lecture et l’absence de distraction.

      Depuis Noël ma fille a récupéré le Kindle de son grand-père. Avec Calibre, je formate pour elle des classiques et elle dévore, en bagnole, sur le canapé, en vadrouille. Vraiment cool. Avec une tablette, elle aurait passé plus de temps à balancer des oiseaux à travers l’écran qu’à lire…

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  4. Vincent
    Vincent dit :

    > Pourquoi, surtout, maintenir les DRM alors qu’ils gênent essentiellement les clients honnêtes et rendent inaccessibles les livres pour les Linuxiens dont je fais partie

    À ce stade, quelle preuve a-t-on que les livres sans DRM ne vont pas être piratés à grande échelle, ce qui va encore plomber les maisons d’édition qui vont déjà assez mal comme ça?

    Qu’est-ce qui empêchera les fichiers de se retrouver en P2P?

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Il y a des tutos partout pour déplomber les DRM sous Windows : d’où ma conclusion que ça ne gêne que les lecteurs honnêtes et que ça ne freine en aucun cas les pirates. Pire, ça incite les gens labmda à pirater : une fois que tu as perdu des livres dans une fausse manœuvre ou un changement de matériel, c’est bon, t’arrête de faire ton bisounours et tu fais ce qu’il faut pour ne plus te faire baiser, tu casses le DRM du truc que tu as acheté.

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  5. smolski
    smolski dit :

    Merci de ce témoignage et des commentaires qui le prolongent.
    Je vais donc me tenter un truc du genre.

    C’est quoi la rolls des liseuses actuellement ?
    Je note déjà le : PocketBook Touch Lux. signalé par Agnès.
    Si vous avez d’autres modèles à proposer toujours vers le côté haut et confort et non vers le prix ?

    Amitié de lecteur, Joel

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Plus haut, il y a quelqu’un qui a parlé du Kobo Aura HD.
      Mais en fait tout dépend de ce que tu recherches. Pour ma part, pour m’aider à trouver une liseuse adaptée à l’usage que je voulais en faire, je suis allée là : http://liseuses.survol.fr/. C’est simple, tu décides des caractéristiques qui comptent pour toi et tu vois ce qui sort de la pochette surprise. Sinon, faire des tours réguliers chez Aldus et ses tests.

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      • Nat Renard
        Nat Renard dit :

        Salut ! Une autre liseuse est vraiment très agréable, c’est la Cybook Odyssey frontlight, HD (130 euros) ou pas (100 euros), fabriqué par les Français Bookeen. C’est la liseuse que j’avais jusqu’à ce que mon mari mette la sienne aux oubliettes (une Sony première génération, batteries mortes et inchangeables) et que je la lui donne, très attirée que j’étais par la PocketBook touch lux dont parle Agnès.

        A l’arrivée, la PocketBook a plein de trucs très sympas, notamment, avec la dernière version du logiciel (il na faut pas oublier les mises à jour !), une prise de notes efficace. Mais, un truc de fou, elle consomme en veille ! Problème logiciel j’imagine, puisqu’une liseuse n’est censée consommer que lorsque l’on change de page. Je trouve cela un peu super casse-pied, parce que cela névessite, si on veut ne pas être obligé de recharger chaque semaine, voire plus, d’éteindre et de rallumer à chaque fois. Ça prend le temps du reboot, une vingtaine de secondes (je sais, cela peut semble anecdotique, mais j’ai envie d’ouvrir ma liseuse avec la même rapidité qu’un bouquin).

        Je regrette donc un petit peu ma Cybook Odyssey, qui, pour le coup, a une méga-autonomie et est plus légère. C’est plutôt celle que je recommanderais à quelqu’un qui souhaite avant tout lire et n’a pas forcément besoin de prendre des notes (ce qu’elle fait aussi, mais un peu plus laborieusement).

        J’ai testé aussi les nolim de Carrouf. Fabriquées par Bookeen, elles correspondent aux modèles du même prix vendus sous la marque du fabriquant.

        Répondre
        • Alixe
          Alixe dit :

          Bonjour

          Détentrice moi aussi d’ue PB Touch Lux j’ai profité de mon passage au salon du livre pour signaler le temps d’ouverture très long au directeur Recherche et Développement de PB, qui était sur le stand. Il a pris mon mail et m’a assuré qu’il revendrait vers moi (mais bon, cela ne va sans doute pas changer grand chose).

          J’ai aussi indiqué mon étonnement sur la baisse de la batterie lors de la veille, et on m’a expliqué que le processeur continue à travailler. Il faut avouer que les fonctionnalités de la liseuse sont proches de celles qu’on a sur un ordinateur.

          Attention à ceux qui veulent acheter un PB : La Touch Lux 2 n’a pas de sortie audio – Text-to-speech. (Il faut rester sur la Touch Lux d’origine si on les veut).

          La prochaine (Ultra) aura une caméra et OCR (d’après la fiche qu’on m’a donnée et des articles sur le net en allemand. C’est pas pour tout de suite, manifestement). Elle est également plus fine et plus légère.

          Répondre
          • Agnès Maillard
            Agnès Maillard dit :

            Oui, je suis l’actu de PB… pouvoir numériser directement avec sa liseuse est une bonne idée… mais qui peut attendre. Et même si je suis très contente de notre outil commun, je sais qu’il est perfectible!

  6. Altisse
    Altisse dit :

    Dans une société comme la France qui se donne comme premier objectif de surveiller toutes les activités de ses citoyens, je ne vois pas vraiment comment accepter de perdre une des dernières activités qu’on puisse espérer exercer loin de l’électronique.

    Il n’y a plus à espérer pouvoir disposer un jour d’électronique ouverte ou même simplement loyale envers son utilisateur. Et puisque l’écrit est encore pour le dinosaure que je suis le principal vecteur d’accès à l’imaginaire, je vais dans la mesure du possible me contenter de l’accès objectif que m’offre encore le papier plutôt que de risquer devoir subir les altérations prescrites, ajouts publicitaires et autres fourberies qu’inventeront bientôt ceux qui oeuvrent aujourd’hui à vous rendre dépendants de leurs appareils.

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      J’ai aussi choisi ma liseuse en fonction de ce critère. Et c’est pour cela que Kindle n’était pas envisageable, même si le matériel est de très bonne qualité. Le Kindle de ma fille (un don) n’est jamais relié à Internet, je l’ai basculé en mode avion. Je n’utilise pas les fonctions « librairie » des liseuses, parce que du coup, tu n’as pas le contrôle des livres que tu achètes ainsi. Au début de mon expérience Kobo, j’ai récupéré quelques livres par ce moyen : même les gratuits tombés dans le domaine public, je n’ai pas pu les copier dans Calibre pour pouvoir les gérer. Du coup, ça a été terminé pour moi!

      Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      Voilà, convaincu par les témoignages d’ici et d’ailleurs j’utilise avec entrain depuis une petite semaine une liseuse pocketbook lux2 (sans le son donc mais j’ai déjà 3 lecteurs et un dictaphone à ma disposition).

      La possibilité d’accès à tant d’ouvrages théoriques de références comme de découvertes comble mes espérances de l’usage d’une bibliothèque virtuelle aussi peu volumineuse mais lisible (avec la petite lumière en fond) tout à la fois.

      Le côté technologique m’est encore un frein agaçant mais c’est comme tout, il faut l’apprendre en l’utilisant.

      Les docs de la bnf en jpg sont une lacune au savoir qu’on peut y acquérir jusqu’au moment où l’on prend le coup pour les consulter sur la liseuse en l’état. Sur un écran de pc par contre c’est très cool.

      Il est probable que j’en réécrirai quelques-uns pour les convertir au format epub avec calibre et que je les diffuserai librement ensuite comme d’autres le font déjà.

      Merci à ce blog de m’avoir bien aidé à franchir le pas, Joel 🙂

      PS : J’ai commencé par formater la mémoire de l’engin de toutes les données précédemment inscrites plus envahissantes qu’utiles pour moi.

      Répondre
      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Contente de t’avoir été utile.

        Mon père, après un moment de franche méfiance ne jure plus que par le Kobo Mini que je lui ai donné. Quant au grand-père de 95 ans, il m’a demandé ce que c’était que ce truc que je trainais partout. Pensant le faire chier avec mes trucs de geek, je lui ai fait une démo rapide :

        Ben, c’est un livre électronique dans lequel on peut se trainer une bibliothèque complète sans déformer la valise ou perdre la page. Vous voyez : c’est plutôt lisible, mais je peux faire plus gros avec deux doigts, comme ça, et quand il y a un nuage, hop, j’allume la lumière. Du coup, je ne me pète jamais les yeux.

        À mon étonnement général, il a juste trouvé ça génial!

        Répondre
  7. JB
    JB dit :

    Le support numérique ne m’intéresse que dans la mesure où j’écris « en électron libre » et où il me permet d’être lu, directement au travers d’un feuilleton en ligne, ou via les sites des revues underground auxquelles ll m’arrive de collaborer. Pour moi, l’intérêt du support numérique réside dans cette possibilité de rencontrer un lectorat dès lors qu’en tant qu’auteur, on évolue hors des sentiers battus de la narration et du genre. On peut ainsi se passer des éditeurs et des cadres précontraints du petit milieu littéraire, écrire pour les gens et non pour convaincre un comité de lecture. Je procède de la même manière pour la musique que je produis. Du point de vue des créateurs (littérature, musique, court-métrage…), les supports numériques permettent d’exister sans avoir à produire les passe-droit institutionnels autrement indispensables à intégrer les milieux concernés (appartenance à certains corporatismes pour accéder à l’édition, adhésion forcée à la Sacem lorsque vous produisez de la musique…). En mode numérique, vous êtes libre de créer comme vous l’entendez et il vous est loisible de rencontrer un public, mais la plupart du temps ce public sera restreint et ce mode d’expression vous cantonnera dans un monde parallèle qui offre très peu d’opportunités d’évolution et quasiment aucune possibilité de rétribution. Notez que ce monde parallèle existait avant le web sous la forme des foultitudes d’associations 1901 qui permettaient aux artistes et aux écrivains hors-système de rencontrer un modeste public.

    Pour le reste, ne vivant pas indéfiniment fixé quelque part, j’achète des bouquins sur les étals des marchés, sur les vide-greniers, j’en récupère, je les fais ensuite passer autour de moi ou à l’occasion les revends.

    Répondre
      • Bub
        Bub dit :

        C’est ce que disaient les gens qui faisaient jadis la promotion de l’informatique. Non seulement la production de documents papier n’a pas diminué comme promis, mais en plus la pollution propre à l’informatique est venue s’y ajouter.

        Pour les problèmes de place où ranger les livres, il existe une solution simple : ne gardez que ce qui vous est cher, faites tourner le reste.

        Répondre
        • had
          had dit :

          Au boulot ou chez moi, je n’imprime que très rarement et peu de pages, en recto verso.
          Ma conso de papier est insignifiante.

          Probablement que certains ne sont pas très organisés niveau info pour en être à imprimer massivement.

          Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Il a toutes les utilités dont j’ai parlé dans ce billet. Il y a un cout écologique certain à la fabrication d’une liseuse, mais c’est aussi le cas pour les 10 000 objets qui partagent nos maisons. Par contre, placer les milliers de livres dans un volume virtuellement nul a de gros avantages en terme de destruction de matière première et de pollution : les industries du papier et de l’imprimerie, ça pollue à mort, tout ça pour des objets qui vont vraisemblablement passer 99 % de leur temps de vie à prendre la poussière sur une étagère Ikéa, ce qui monopolise de la place alors que 80 % de la population se tasse dans des villes où le prix du mètre carré devrait dissuader de faire du stockage.
      Quant à la petite quantité d’énergie nécessaire à faire tourner le bousin, j’envisage de prendre un chargeur solaire pour y pouvoir, me rendant ainsi autonome du réseau électrique.

      Répondre
      • Alixe
        Alixe dit :

        Le chargeur solaire ! En voilà une bonne idée. Pour moi, le point faible de la liseuse, c’est le rechargement (même si c’est seulement 2 fois par mois).

        PS : j’ai mis sous mon nom le lien vers mon site Tutocalibre où tu trouveras traduction du manuel utilisateur et divers tutoriels avancés sur calibre (mais là, je vois qu’il est hors ligne, je corrige ça dès ce soir)
        PPS : j’interviens sur les liseuses car je m’y intéresse beaucoup, mais je suis ton blog depuis longtemps

        Répondre
  8. saxo
    saxo dit :

    remarque de lecteur…
    « J’ai tellement lu qu’à moment donné, »

    rajoute le « un » qui manque Agnes! 😉 .(étrangement, il a fallut que je lise l’article à voix haute à ma compagne pour que je remarque l’oubli…)

    Répondre
  9. Nat Renard
    Nat Renard dit :

    J’ai fait un peu plus haut une réponse sur les liseuses en tant que matériel, je reviens pour parler de son usage.

    Objet inutile ? Noooooooooon ! Mais Agnès en suffisamment parlé pour que je ne revienne pas sur le sujet de l’utilité. Une liseuse, et pour peu que l’on trouve des alternatives à l’offre officielle des @$&£#! de grosses maisons d’édition, c’est vrrraiment pratique.

    Un peu plus haut, JB parle de son intérêt pour les liseuses en tant qu’auteur. Et c’est bien là une vraie attente pour nous, auteurs indépendants : la démocratisation des liseuses. Comme les éditeurs français verrouillent tout, cela se fait très lentement, la plupart des gens n’y trouvant pas encore leur intérêt. Mais quelle opportunité pour nous ! Et quelle facilité pour le lecteur d’aller pêcher un peu partout des choses qu’il ne trouvera pas autrement ! On sait qu’il n’y a de place dans l’édition traditionnelle que pour les bouquins entrant dans des lignes éditoriales précises et représentant peu de risques en matière d’investissement. Il y a en marge du marché officiel bien des choses très intéressantes et qui peinent à se faire connaître. La liseuse est au moins un bon média de diffusion pour les auteurs indépendants. Ici, pas de DRM, mais souvent des licences art libres ou Creative Commons qui permettent la reproduction, voire l’encourage. Ici des prix bas, souvent la gratuité, ou encore l’idée que le lecteur participe financièrement s’il le souhaite (quand on sait qu’une quarantaine d’auteurs vivent en France exclusivement de leur travail de romancier, peu d’entre nous imaginent vivre un jour de cela de toute façon).
    La liseuse se positionne donc comme un outil de libération de la diffusion littéraire.

    Et quand même, un point qui m’a titillée un peu plus haut… Très peu écolo ? Ça reste à voir… J’ai lu il y a quelques mois l’article d’un magazine écolo (moi-même militante écologiste) qui dénigrait les liseuses, à partir de données biaisées. L’article rapportait notamment l’usage des liseuses au nombre de livres lus chaque année en moyenne par les Français, une quinzaine par an si j’en crois les chiffres que je viens de retrouver sur Internet (ce qui me semble sacrément élevé, mais bon, tant mieux !). Or, la plupart des gens qui passent à la liseuse sont des gros lecteurs qui explosent la moyenne nationale. Si l’on considère la filière papier majoritaire, papier non FSC (sans même penser recyclé) et blanchi au chlore, coupes des forêts primaires (notamment du nord de l’Eurasie), transports ahurissants (j’habite dans le Sud-ouest, il y a une usine de pâte à papier près de chez moi, 80% de sa production part pour la Chine, alors que la dernière papeterie régionale familiale doit se fournir en Finlande), conditions de travail dans les pays où sont imprimés la plupart de nos livres, avec des encres très polluantes, je crois que l’on peut modérer l’aspect « non-écolo » des liseuses.

    Répondre
    • Seb
      Seb dit :

      On ne doit pas lire les mêmes bouquins. Je n’ai *jamais* lu de livre imprimé en Chine. Espagne, Italie, Belgique, voire pays de l’Est, oui, mais jamais au-delà. Même le Dover importé édition super-cheap et son papier qui sent le Mickey-Parade a été imprimé aux USA mêmes. De plus, sans l’obsession du papier blanc (abération qui fait mal aux yeux et jaunit horriblement en un rien de temps) la pollution serait sans doute bien réduite (cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Papier#Milieu_naturel).

      À côté, l’électronique nécessite des terres rares et tout un tas de vraies saloperies qu’il faut extraire salement un peu partout, trimballer sur des milliers de kilomètres, transformer et assembler dans des conditions souvent proches de l’esclavage, tout ça pour faire du matos qui n’a pas 10 années d’espérance de vie (même le bouquin le plus pourri que tu puisses acheter, tu peux sans soucis espérer le léguer à la prochaine génération). Et je ne parle pas des problèmes inhérents à tout ce qui est fichier (dans l’optique où on refuse le stockage chez un tiers), comme la nécessité d’avoir une stratégie de backup, et de mettre à jour leur format (par ex. j’ai quelques Go en OGG libre et tout, quand souvent les appareils ne prennent que du MP3, et bien ça me casse les noix de me taper le réencodage, alors ça reste comme ça et puis tant pis).

      Répondre
      • Nat Renard
        Nat Renard dit :

        Ben moi, ça fait deux ans que je lis à peu près exclusivement sur liseuse, mais suite à ton message, hop, je prends un bouquin au hasard dans la bibliothèque de mes enfants, un Larousse, et c’est écrit « Imprimé en Chine par Toppan Leefung Printing Ltd » (je mets tout pour ne pas avoir l’air de sortir cela de nulle part). Peut-être la majorité des bouquins n’est-elle pas imprimée en Chine, je ne suis pas, je l’avoue, allée faire le tour des centaines d’ouvrages qui prennent la poussière chez moi, mais on ne peut pas nier la déforestation (quand Jean-LuK, plus bas, parle de papier qui stocke le CO2, il oublie que si le papier n’est pas labellisé il est le plus souvent issu de filières non-durables, et notamment de destruction de forêts primaires), le blanchiment, le transport (sur dix bouquins imprimés en France, combien utilisent de la pâte à papier fabriquée en France ?), la pollution engendrée par les encres (combien de livres imprim’ vert dans ta bibliothèque ?).

        Je ne dis pas que l’électronique ne soit pas source de pollution, ouh là non ! Je dis juste qu’il faut modérer le côté non-écolo des liseuses dans un regard un peu plus global.

        Quant au problème du stockage des données, on a le même problème pour tout ce qui est dématérialisé. Alors un truc de plus ? Eh bien oui… A chacun de voir les intérêts et les inconvénients… Mais en te lisant, je me dis que pas plus que moi tu n’aimes remettre le nez dans un bouquin aux pages jaunies et piquetées (et puis moi, hein, je ne suis pas la reine du ménage, et je suis allergique à la poussière).
        Et les problèmes de format ne se posent pas quand on choisit une liseuse non-attachée à un format propriétaire, en l’occurrence qui lise l’epub.

        De tous les gens qui en disent du mal ici, je vois beaucoup d’a priori, sauf pour le pré-cité Jean-LuK (qui n’a sans doute pas fait les mises à jour s’il trouve que ça rame) (et puis c’est comme tout matos, il y a plus ou moins bien, ce n’est pas parce qu’on a acheté un aspirateur qui fonctionne mal que l’on va reprendre son balai jusqu’à la fin de ses jours) (si ?). J’étais sceptique aussi, attachée à l’objet livre, etc., et je regardais de traviole mon mari et sa liseuse des débuts. Et puis un énième déménagement et un pétage de dos sur mes quelques m3 de bouquins m’ont fait regarder le machin avec une certaine tendresse, oui, oui. J’ai fini par essayer parce que je faisais des retours de lecture de bouquins indépendants, et que pour le coup, c’était vachement pratique pour moi qui ne peux pas lire plus de 5 minutes sur écran. A l’arrivée, je ne lis quasiment plus que sur ma liseuse. Et quand je me retrouve à lire au lit un bouquin papier, je trouve ça juste casse-pieds, enfin plutôt casse-doigts et casse-poignets…

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        • Seb
          Seb dit :

          J’ai fait un peu le tour de ma bibliothèque (surtout des poches, mon format de prédilection) et je confirme : la grande majorité est imprimée en France, le reste dans l’UE, surtout dans les pays voisins.
          Pour ce qui est de la pollution, le lien wikipédia que j’ai donné indique que l’industrie papier est loin d’être aussi délétère que suggéré ici. Mais admettons que ce soit le cas, elle aura toujours pour elle qu’elle pourrait être propre et durable, quand l’industrie électronique est « par design » polluante et fossile (on inonde les pays africains de vieux PC, pas de vieux journaux).
          Quant aux formats ouverts, ils garantissent juste que tu pourras les convertir vers autre chose, pas que ce sera facile et encore moins que le rendu sera 100% le même. Aujourd’hui un epub c’est en gros un zip avec une grosse page web, un poil de css et quelques fichiers de meta-données, soit quelque chose de plutôt basique à traiter. Seulement au fur et à mesure que va se développer la lecture numérique, on va aller fatalement vers des choses de plus en plus complexes (la spec Epub 3, c’est déjà une toute autre musique), qui éloigneront définitivement le livre numérique de son homologue papier. Là, ça risque de devenir une autre paire de manche à traiter.
          Pour ce qui est de l’encombrement, c’est un problème qui n’est pas tant lié à la matérialité des livres qu’à la nécessité de les posséder pour y accéder à loisir. Le numérique, dont je ne discute pas l’aspect pratique, n’est ici qu’une brillante solution au mauvais problème (le vrai étant que chacun accumule les livres pour en gros son seul usage, faisant qu’un exemplaire est dérisoirement utilisé au regard de sa durée de vie).

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        • Seb
          Seb dit :

          Le problème n’est pas que ce soit dans la tablette mais simplement qu’il faille supports et systèmes pour assurer leur pérénité. N’importe quel humain d’ajourd’hui a la capacité physique de lire les tablettes d’il y a 5000 ans, avec le numérique les humains de demain devront au contraire nécessairement se doter de prothèses (ici la zone illichienne du cerveau devrait s’allumer ;).

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  10. Clocel
    Clocel dit :

    http://les451.noblogs.org/post/2012/09/05/appel-des-451-texte-complet/

    « Parce que le monde de demain se décide aujourd’hui » disait un slogan célèbre, à vous de voir…

    Les kilos de coquillettes bouffées quotidiennement, les taudis insalubres, les fringues de « deuxième mains », les bagnoles pourries, tout ça pour pouvoir me payer mes chers bouquins, (bien encombrant aujourd’hui il est vrai pour certains), m’interdisent à jamais de tourner le dos à cet objet merveilleux qu’est, le livre…
    Pour le regard de mes parents aussi devant cet objet à la fois fascinant et inquiétant qui leur avait été refusé, mais qu’ils « sentaient » comme vecteur d’émancipation, pour mes longues heures à la fin de journées de boulots stériles à renifler les tranches poussiéreuses de ces vieux compagnons qui n’attendaient que mon audace et mon intérêt pour me communiquer leur précieux contenu. Le plaisir d’offrir cet objet cher à l’ami(e) sûr(e) que l’on sait pouvoir « corrompre » à ses centres d’intérêts les plus secrets, les discussions interminables que ce nouvel apport dans la relation créera, aux nouveaux bouquins qui apparaîtront de ces lectures, aux surfs interminables bien avant l’internet…
    Il n’y a pas selon moi de relation plus intime qu’entre un auteur et un lecteur, interposer un interrupteur dans cette relation me révolte.
    Je ne vois aucun arguments valables, même pas économiques à court terme (du point de vue du lecteur!) aux nouveaux supports de lecture. Par contre, une brique de plus dans le profilage de nos intérêts du moment, notre asservissement volontaire, notre conditionnement…
    De grâce, ne faites pas des livres l’équivalent du steak haché industriel, ce qui est déjà en partie le cas sur support classique, mais qui deviendra la norme sur support numérique: Le prêt à chier « culturel ».

    A écouter, hors sujet? je ne sais pas…

    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-la-liberte-dans-le-coma-2014-03-22

    Répondre
    • Nat Renard
      Nat Renard dit :

      « Il n’y a pas selon moi de relation plus intime qu’entre un auteur et un lecteur, interposer un interrupteur dans cette relation me révolte. »
      Justement, la liseuse est un moyen facile pour être véritablement en direct de l’auteur au lecteur et court-circuiter la barrière jusque-là presque infranchissable qu’est l’édition. La liseuse n’est pas qu’un objet technologique, elle est un vrai moyen de libérer l’écrit !

      C’est toujours la même histoire, la technologie est ce que nous en faisons…

      Répondre
      • Clocel
        Clocel dit :

        Faut pas voir l’éditeur comme un parasite, mais comme un accoucheur, un révélateur de talent, sans la famille Arthaud, tu n’aurais pas beaucoup de récits de mer (entre autres) à te mettre sous la rétine, Moitessier n’aurait jamais écrit un bouquin, même si là, comme ailleurs, le fric est devenu le leitmotiv…

        « C’est toujours la même histoire, la technologie est ce que nous en faisons… »
        Absolument pas, elle te conditionne que tu le veuilles où non. La machinerie est énorme derrière qui mêle pouvoir financier et pouvoir politique (aux ordres de ladite finance). Ce sont des outils exceptionnels pour donner en temps réel la température de l’opinion et ajuster le tir en permanence, ils savent à présent jusqu’où ne pas aller trop loin tout en maintenant une pression suffisante qui abolie le raisonnement.
        Zuckerberg l’avait déjà bien compris sur le campus de son université où est né Facebook, il n’a eu aucun mal pour financer son affaire.
        Imaginer que la NSA se prive de la masse d’informations que Google collecte me semble tout simplement délirant. Dans cette masse, il y a tes goûts littéraires, musicaux, alimentaires, vestimentaires, etc.
        Les pub que nous recevons, sont de mieux en mieux ciblées, il est facile de s’en rendre compte.
        Nos commentaires à cet article passeront tôt ou tard par des algorithmes, autant le savoir…

        Répondre
        • Nat Renard
          Nat Renard dit :

          Oui, utiliser les outils en toute connaissance de cause, être conscient de ce qu’il y a derrière, on est d’accord. Cela permet justement d’être responsable de ses choix et de ne pas se laisser conditionner – là tu peux bien sûr m’asséner qu’on croit être responsable mais qu’on se fait bananer quand même, mais on arrive en terrain purement subjectif (en tout cas pour ce qui concerne cette discussion).
          Bien sûr, oui, on est pistés tout le temps sur Internet, à moins de faire vraiment vraiment gaffe. En avoir conscience est déjà quelque chose.

          Quant aux éditeurs, tu le dis toi même, c’est essentiellement devenu une histoire de pognon. Et pitié, ne nous fais pas le coup de notre bonne ministre de la culture et de son « C’est l’éditeur qui fait la littérature ». Ce n’est pas plus vrai qu’imaginer qu’il n’y aurait pas de musique sans producteurs.
          Les éditeurs peuvent avoir un rôle, certes, dans le processus créatif, mais il n’est pas primordial. Et pour ma part, je préfère avoir l’opportunité de lire des textes pas complètement aboutis plutôt que de savoir ces textes au fond d’un tiroir. Et puis il y a des tas de bouquins qui sortent sans que l’éditeur ait vraiment eu un rôle d’accompagnement.
          Quand FiIlippetti balance que « L’écrivain ne naît qu’au travers du regard de l’éditeur », elle fait une généralité de son expérience personnelle. Mon expérience à moi c’est que l’écrivain naît au travers du regard du lecteur.

          Ce qui est étrange dans cette discussion, mais c’est souvent le cas en ligne, c’est qu’en fait, on est sans doute d’accord sur pas mal de choses.
          ^^

          Répondre
        • Agnès Maillard
          Agnès Maillard dit :

          Franchement, le boulot des éditeurs, aujourd’hui, c’est un peu celui des banquiers ou des producteurs de ciné : faisons du bankable! Publions une star de la téléréalité illettrée pour faire du blé vite fait bien fait et ne prenons pas de risques.
          Bien sûr, je ne mets pas tout le monde dans le même panier, puisqu’il reste des maisons qui produisent de superbes contenus et qui, bizarrement, s’opposent aux DRM.
          Mais sinon, il y a aussi dans l’édition une standardisation du produit culturel débité de manière industrielle. Suffit de voir la promo des auteurs bidons mais bons clients ou la putasserie des points de vente où le gros du chiffre se fait avec les livres de cuisine vendus avec des accessoires!
          Donc, on fait de la merde industrielle et racoleuse qui passe bien à la télé et ensuite, on couine parce que les chiffres de vente s’effondrent!

          Répondre
          • Clocel
            Clocel dit :

            « Donc, on fait de la merde industrielle et racoleuse qui passe bien à la télé »

            …me fait penser au Quid si pratique dans la cuisine pour caler les ouvrages plus menus, le wikipédia de papier qu’on compulsait lascivement en touillant la ragougnasse histoire de pas passer pour un blaireau au prochain Trivial pursuit!!! :o)
            Qui connaît à présent le gluteus maximus et sa particularité? :o)

  11. smolski
    smolski dit :

    Merci à tous pour ce débat et les informations qui s’y égrènent.

    Pourquoi ne pas mitiger les deux lectures selon les contenus et les intentions ?

    Bien pratique le marquage de repères inamovibles et facilement récupérables rassemblés dans un tout petit volume consultable en permanence et le papier avec ses mots que l’on murmure crochés dessus comme les fleurs sur le talus d’une promenade.

    C’est la lecture qu’il faut privilégier sur la forme du flacon qui les contient.

    Répondre
  12. Croa
    Croa dit :

    « La technologie e-link permet un confort de lecture équivalent à celui d’un livre (ce qui n’est pas le cas d’une tablette)»

    C’est un problème technique dû à la norme écran : Les liseuses ont un écran passif à cristaux liquide (comme les montres numériques) alors que les tablettes ont un écran actif LCD (comme les PC portables.) Conséquences : Un véritable confort de lecture même en plein soleil en ce qui concerne les liseuses. En plus ça consomme trois fois rien !

    Les tablettes (et aussi les smartphones) sont inutilisables en plein soleil. 🙁

    Répondre
  13. Jean-LuK
    Jean-LuK dit :

    On ne doit pas parler du même objet, ma liseuse, je ne l’ai pas touché depuis des mois, ça me fait chier, pas commode, pas contrastée, grisâtre. Pourtant, c’est une Pocket Book bien notée Touch, mais sans rétroéclairage. L’écran est petit (il y a des marges conséquentes et inutiles, la navigation est d’un pénible… bref, si certains gros lecteurs y trouvent leur compte, mais beaucoup seront désenchantés et peut-être pour longtemps.
    Ah oui, je lis énormément sur l’écran de mon PC, un 27″, et en PDF ! Horreur pour beaucoup, mais au moins, je peux gérer mes pages, naviguer à grande vitesse, donc parcourir un document avant de le lire, un vrai plus. En plus, si je souhaite récupérer des parties de texte, sauf si les auteurs sont paranos, c’est d’une simplicité enfantine, je peux aisément les récupérer dans un traitement de texte. La même chose avec une liseuse, tout un poème.

    P.-S. Je suis de plus en plus remonté contre cette haine du papier, je ferais un topo là-dessus prochainement. Mais le papier, ceux sont des gens qui travaillent et qui risquent d’être mis au chômage, comme à côté de chez moi, à Condat-sur-Vézère. Ensuite, jusque plus ample informé, le papier est le moyen le plus fiable pour conserver des informations au long court, l’informatique nous réserve de bien mauvaises surprises à brève échéance. Enfin, le papier, c’est un excellent moyen de stocker du CO2 ! Eh oui, le bois est un excellent réservoir, pour peu qu’on ne le brûle pas.

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Le rétroéclairage est LE truc en plus.
      Sinon, pour ce que est de la durabilité des archives, je suis 100% d’accord : une société technologique a cela de remarquable que très rapidement, elle ne laissera aucune traces de son existence. Je pense que ce qui restera le plus de nous, ce seront des tronçons de route dans des zones géologiquement stables… pas très glorieux comme artefacts. D’un autre côté, très suffisant et significatif de ce que nous sommes.

      Répondre
      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Oui, la poubelle pour les magazines et journaux est une autre des raisons pour lesquelles je préfère de la lecture dématérialisée. Après, on a acheté la version papier de L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet parce que le lire en version numérique n’aurait eu aucun sens… Il y a une grosse masse de littérature dont le texte est la substantifique moelle et quelques objets littéraires qui sont dépendants de leur substrat. Un peu comme la plupart des films peuvent supporter jusqu’à un écran de smartphone mais que certaines productions ne prennent toute leur ampleur que sur grand écran ou que certains morceaux de musique mérite un déplacement immersif.

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  14. Hélène Collon
    Hélène Collon dit :

    Pas un mot sur les auteurs, Agnès (et vos commentateurs) ! Pas un mot sur l’évolution de leur rémunération avec l’avènement du numérique ! Les livres ne s’écrivent (ni ne se traduisent) tout seuls, Agnès et les gens ! Vous y avez pensé, à ça ? 🙂 Ça pose des tas de problèmes, parfois très graves, et je m’inquiète que ça ne vous ait pas effleurés, mêmes si je comprends très bien que vous vous placiez du point de vue des lecteurs. Amicalement, et à votre disposition pour plus d’infos sur le sujet !

    http://ledroitduserf.wordpress.com/

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Bien sûr que j’y pense, mais là, le propos, c’était l’expérience du lecteur.
      Après, en tant qu’auteure, je fais déjà le choix régulier de partager librement mes textes ici. Ensuite, j’ai tendance à penser que, dans la configuration actuelle, l’auteur est un peu le cocu du bal et cela ne vient pas du tout de la dématérialisation. Quand tu vois que le mec qui fait tout le boulot, il ramasse des clous à la fin de l’histoire et qu’en plus, à ce tarif-là, il doit renoncer à une grande partie de ses droits… je me marre.
      Le numérique a cela de bien qu’il a mis en évidence la manière dont les auteurs sont arnaqués par le milieu de l’édition : on pouvait admettre que dans le prix du livre, il y avait la part des correcteurs, celle des typographes, celle de l’impression et du papier, celle du service marketing, celle du libraire et accessoirement celle de l’auteur. Mais quand tu passes au livre numérique, tu te rends compte que le prix du livre bouge à peine et que la part de l’auteur reste misérable… alors oui, je pense aux auteurs et au fait qu’ils ont une formidable opportunité de changer de modèle économique, d’avoir une plus juste rétribution sans devoir céder leurs droits moraux sur l’œuvre pour un plat de lentilles!

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      • had
        had dit :

        Pour les inventeurs salariés c’est pareil, leurs inventions rapportent un paquet de pognon, mais ils ne touchent rien, à part leur salaire.

        C’est encore pire que pour les auteurs ou artistes.

        Répondre
      • Croa
        Croa dit :

        Ceux qui vendent le livre numérique aussi cher que les livres papier sont malhonnêtes. Cette pratique sera provisoire, forcément ! Par contre ça peut être assez proche si on considère les livres de poche.

        Du plus cher au moins cher pour un même ouvrage on devrait trouver:
        – Editions luxes reliées et illustrées à tirages limités (bien pour la bibliothèque )
        – Broché de base (généralement la version des éditions originales.)
        – Poche (mais seuls les auteurs en renom sont édités en poche)
        – Livre numérique (devrait être toujours disponible.)

        Ainsi aux http://www.editions-flammeche.com/ (petit éditeur) le broché est à 15€ environ et les numériques à 1,5€ voire moins. Ce sont là des prix normaux… Enfin, il me semble… !

        Répondre
      • JB
        JB dit :

        Sur le statut de l’auteur et ce qu’il en est du pourquoi du comment on écrit puisque ça ne rapporte rien, ou presque, il y aurait énormément à dire qui a été dit, écrit, débattu ailleurs et partout depuis qu’on en débat. Je crois que chaque personne qui écrit a ses propres motivations, que cela démarre souvent dès l’enfance, qu’il peut y avoir à la base une admiration pour un style, un langage, un phrasé, un auteur qui joue comme le facteur déclenchant de ce qu’on appellera une vocation, qu’il peut y avoir un besoin viscéral d’écrire parce qu’on a ça en soi, raconter des histoires.

        La question de ce que ça (ne) rapportera (pas) se pose lorsqu’on réfléchit à ce que coûte l’écriture dès lors qu’on se pique de la (se ?) prendre au sérieux. L’impression, la reliure, le dépôt à la SGDL, l’envoi de tapuscrits aux éditeurs, tapuscrits qui dans la plupart des cas ne passent même pas le premier filtre (auteur inconnu, pas de nom qui a déjà servi, vivant en province, pas universitaire, évoluant hors des corporatismes de l’enseignement et de la pub ni de l’audio-visuel, ni réfugié politique ni taulard ni camé ni transsexuel ni proche du show-biz, (bon, je caricature, là, m’enfin…), bref, ne répondant pas aux codes en vigueur…

        Restent les petits éditeurs qui marnent dans l’associatif gentillet, qui font dans l’opuscule imprimé comme dans les années 50 avec couverture cartonnée singeant la sobriété parpaillotte des prods Galligrasseuil, formats vendus trop cher, et uniquement par correspondance, pour toucher un large public, sans autre promo que les petits salons du Livre de sous-préfectures où l’on doit se rendre par ses propres moyens quand on en a les moyens.
        C’est sympa, quand on signe chez ce genre d’éditeur on rencontre des gens passionnés et on a en main de quoi prétendre à des bourses du Centre National du Livre qui, à une certaine époque, étaient assez faciles à décrocher.
        Sauf qu’il n’y a pas de suivi. Je vous parle là de vécu. On vous refile de la thune et ensuite vous recevez ponctuellement des invitations de la part de la Drac de votre région, à des récitals de poésie donnés à cent cinquante kilomètres de chez vous par des réfugiés politiques publiés par des majors de l’édition. A part ça, rien. Vous ne rencontrez personne qui vous demandera si vous avez un projet personnel autour de l’écriture et qui, le cas échéant, vous accompagnera dans ce projet (par exemple, intégrer un staff de scénaristes pour une série télé). On vous refile les amuse-gueule et ça en reste là.

        A ce stade-là, vous n’envoyez plus rien aux éditeurs, vous n’imprimez plus vos textes, vous n’en faites plus des tapuscrits, ils restent à l’état de fichiers .rtf sur votre disque dur, vous continuez à écrire pour les revues qui ont l’habitude de vous publier ou vous lâchez tout pour vous consacrer à autre chose ou à quelqu’un (c’est ce que j’ai fait assez longtemps) jusqu’à ce que le besoin d’écrire se fasse à nouveau pressant.

        J’ai traîné des années dans le fandom (fanzinat) et les revues underground et axées littérature plus « grand public » (nouvelles), d’abord papier, puis en ligne. Là on est complètement dans la gratuité, le bénévolat (forcé ou assumé) car il n’y a pas d’autre solution. C’est du travail de passionnés, ils y consacrent beaucoup de temps en plus de leur boulot. Dans les années 90, avant que l’apparition du web ne change radicalement la donne, il naissait autant de ces petites revues qu’il s’en sabordait, et notre pays comptait plus d’un millier d’éditeurs dont la majorité ne disposaient pas de moyens de promo ni de diffuseur. Il se disait parmi les auteurs que les plus motivés de ces petits éditeurs auraient pu fusionner, mettre leurs moyens en commun histoire d’évoluer et nous faire évoluer. C’est un peu comme en politique, les groupuscules alternatifs, les collectifs de militants, les micro-partis qui sont tournés en dérision parce qu’ils font bande à part alors qu’ils sont agis par une même conviction, au lieu de se grouper une fois pour toutes en un seul parti. On se heurtait là à des questions d’egos. L’arrivée du web a changé la donne. Le web a mis en évidence d’autre modèles, a apporté des comparatifs. Pourquoi les auteurs sont-ils rétribués dans les revues anglo-américaines ? Pourquoi est-on forcé d’adhérer ici, de gré ou de force, au principe du « but non-lucratif » sans réelle possibilité d’évolution ? Pourquoi tourner en rond dans les revues quand on peut publier en direct-live au travers d’un blog où l’on sollicitera des dons ?

        Certaines de ces revues que j’ai évoquées plus haut, nées voici vingt ou trente ans, continuent à ce jour d’exister en ligne et tentent d’évoluer vers l’édition de formats plus longs depuis l’apparition du e-book, avec des possibilités de rétribution, symboliques mais elles existent. Le problème qui se pose est celui du modèle économique. Ou on s’en tient à la loi de 1901 et il y a frustration de la part des auteurs comme de l’éditeur voués de part et d’autre à faire du sur-place, ou on évolue vers un système de type TPE avec ce que ça suppose de moyens et de temps nécessaires à remplir des tonnes de paperasses et à rendre des comptes à la bureaucratie. En plus de son boulot quand on en a un. Et ce, pour quel enjeu ?

        Bon, j’ai conscience que ce témoignage fait un peu fouillis, mais il a au moins le mérite de rapporter du vécu. Merci de ce débat et des questions qu’il soulève… dont j’ai bien peur qu’elles n’aient d’autre réponse qu’enfoncer des portes mille fois ouvertes.

        Répondre
        • Agnès Maillard
          Agnès Maillard dit :

          Merci pour ton témoignage. Je pense que l’édition à la demande et le format numérique répondent pas mal à cette demande de diffusion de l’œuvre. Et encore, comme tu n’es pas passé sous les fourches caudines de la grosse édition, tu n’as pas expérimenté la cession de tes droits sur ton œuvre, avec l’éditeur qui fait ce qui lui chante de ton œuvre! Tout ça pour des clous. Dans l’édition à la demande, tu restes totalement maitre de ton œuvre. Tu peux la diffuser sur plusieurs canaux simultanément.

          J’avais un pote qui écrivait des bouquins techniques pour un éditeur assez connu et qui se vend pas mal son secteur. En gros, il lui fallait 3 mois de travail et il recevait dans les 1000 — 1200 € en tout. Il me disait que ça lui payait son nouveau Mac. Autrement dit, il ne bossait que pour se payer son outil de travail…

          Répondre
          • JB
            JB dit :

            A noter que les pratiques ici dénoncées du système éditorial jouent sur ce qu’un auteur va être enclin à écrire pour pouvoir être publié et vendre, avec l’arrière-pensée de voir son travail adapté à l’image. On n’est plus alors dans l’idée de création mais dans celle d’une stratégie visant à « se placer », où l’on intègre les codes du système par quoi l’on veut être reconnu. Cela nous donne des standards d’une sous-littérature consensuelle qui n’est même pas comparable aux vieux Fleuve Noir que l’on achetait par dizaines pour quelques francs dans les marchés aux puces de mon enfance.

            Ce dit, ce n’est pas un phénomène nouveau. Il suffit de comparer ce que Miller et Bukowski écrivaient lorsqu’ils galéraient, et ce qu’ils écrivaient une fois tirés d’affaire… Et cela nous renvoie aux questionnements habituels quant au sens de l’acte d’écriture…

        • babelouest
          babelouest dit :

          Des fichiers .rtf ? Houla ! Pourquoi pas simplement des pdf, surtout, s’il y a des illustrations ? Je travaille en odt, et à la fin, transformation avec Libre Office en pdf. Impeccable. Et cela ne coûte rien. Je fais imprimer par Lulu.com, et les droits de l’auteur restent totalement à celui-ci. En particulier celui de ne pas voir son manuscrit « amélioré » par un éditeur peu scrupuleux.

          Mais surtout, rester « sur papier ». Surtout avec des photos. Justement (désolé Agnès) parce que le format reste jusqu’au bout celui de l’auteur.

          Répondre
    • Croa
      Croa dit :

      Il ne faut pas lire sur smartphone : C’est mauvais pour les yeux ! En plus tu peux avoir des problèmes d’autonomie. (Ecran actif poussé au max de luminosité afin d’être encore un peu utilisable en plein jour.)

      Les liseuses par contre sont parfaites ! (Mais on peut tout de même préférer le papier.)

      Répondre
  15. chris
    chris dit :

    L’auteur contemporain, ce cocu heureux…

    Les éditeurs d’aujourd’hui ont bien compris la manne financière, et pas que, à s’offrir à eux par le biais de ces nouveaux profils d’auteurs, où comme chez nos élus, plus beaucoup d’ouvriers, encore moins de marginaux, guère d’aventuriers, mais plutôt des fonctionnaires désireux de s’encanailler en littérature et des retraités rêvant de se pavaner sur ces foires aux bestiaux dits salons du livre. Alors, je vous fiche mon billet que l’éditeur pourrait s’exonérer de régler des droits d’auteurs ( dont il dispose de façon totalement unilatérale, le contrôle des ventes n’étant possible), que les candidats à la publication pulluleraient tout autant, car peu leur importe que leur prose soit bonne ou mauvaise ( la censure de l’éditeur exige du politiquement correct), que ça se vende ou pas, quand l’estampille leur suffit ( pour la partie la plus imbécile du lectorat, aussi, d’ailleurs).

    Alors certes, il n’y a pas plus à gagner sur le numérique que sur le livre papier, mais toute une chaine de parasites à se débarrasser ( l’éditeur, le diffuseur, le chroniqueur, le libraire) tout en gagnant une liberté de publication ( l’éditeur-censeur).

    Répondre
    • JB
      JB dit :

      Oui et non. Tu ne te débarrasses pas si facilement de l’éditeur dans la mesure où il te permet d’accroître ton lectorat en ligne. Tu peux bien sûr publier sur blog et si tu aimes ça, passer tes journées sur Facebook, Twitter, Google+ et les forums pour te faire connaître, mais quoi que tu publies sur le web, tu es noyé dans la masse et à moins d’être connu dans la blogosphère, tu vas toucher un tout petit nombre de lecteurs. Sans compter le risque de te faire piquer tes idées par le gugusse de passage qui aura un nom bankable, et qui publiera tes propres écrits sous son nom avec les honneurs. A toi ensuite de prouver que tu en es le véritable auteur…

      Même chose pour la musique et pour les arts graphiques et plastiques. D’un côté on s’affranchit des fourches caudines de la Sacem et de l’autre, on croit s’affranchir du système véreux des galéristes, mais en fait, on patauge dans la nébuleuse web où on finit par s’apercevoir qu’on perd énormément de temps, avec là encore le risque de se faire piquer ses idées, pendant que les bien-assis continuent de se faire leur beurre.

      On est quand même, avec le web, dans un sacré bain de faux-semblants…

      Répondre
  16. Jean-Do Veuve
    Jean-Do Veuve dit :

    Merci pour tes petits textes que je lis toujours avec plaisir. Et les commentaires sans troll dedans 🙂

    Je voudrais juste signaler un lien qui me semble cassé dans la phrase « Je tuerai pour l’œuvre complète de Illich en EPUB. »

    (ce message peut être effacé après)

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Merci pour ton partage. J’ai lu l’article et je suis encore assez énervée par la masse de mauvaise foi qui s’en dégage.
      Et surtout qui explique bien la connerie de la grosse masse des éditeurs en France. Alors qu’aux USA, les ebooks représentent 40 % des ventes en volume et 23 % en CA, en France, on est coincé à moins de 5 % et considérés comme marché de niche. Les éditeurs disent que ce n’est bon que pour la littérature populaire, pas pour les bouquins pointus (ceux que je recherche particulièrement). Mais surtout, ils nous racontent qu’ils ont trop de frais pour pouvoir faire des décotes dignes de ce nom sur les livres… ah, parce que les Américains n’ont pas de frais, peut-être ? Et puis je connais la politique salariale des grosses maisons d’édition sur les community managers qui sont précisément censés s’occuper de la diffusion des ebooks : c’est chanceux quand ce ne sont pas des stagiaires… pas très ruineux, hein, comme frais !

      Répondre
  17. saxo
    saxo dit :

    On part de la liseuse pour en arriver à la gestion des droits d’auteurs…

    J’ouvre une parenthèse personnelle sur les droits d’auteur.
    Je suis adaptateur de doublage, en clair, mon boulot consiste à « traduire » et adapter des dialogues de films, téléfilms, animations et séries diverses et variées (avec contraintes labiales, entre autres).
    Bref, j’ai le statut d’auteur (et non de traducteur, mon boulot consistant à ré-écrire des dialogues en les adaptant), et donc je suis rémunéré en droits d’auteurs (de l’ordre de quelques 2-3% des droits originaux).
    Personnellement, je trouve ce système totalement inégalitaire.
    Pour le même boulot, on est payés de 1 à 1000 en fonction du client (en l’occurrence les chaines de télé dans mon cas). On n’a pas de chômage (il faudrait créer une caisse d’allocs sur les droits, et ça, c’est pas prêt d’arriver).
    Ensuite, fondamentalement, un droit d’auteur, ça s’apparente à de la propriété intellectuelle, et franchement, c’est pas ma tasse de thé.
    Et, en plus d’être inégalitaire dans la redistribution, ça pousse les auteurs (et tous ceux qui vivent des droits) à produire pour la grande diffusion, et non pour la qualité, l’innovation ou l’originalité.
    D’ailleurs, en musique, c’est pareil et ça cause un tort culturel sévère (je suis aussi musicien)…
    Bref, je n’ai pas de solution miracle, mais les droits d’auteur tels qu’ils sont gérés aujourd’hui, poussent à l’individualisme et ne sont pas si profitables à la création.
    Voilà pour mon témoignage.

    Répondre
      • saxoc
        saxoc dit :

        Je n’ai pas de solution dans le monde dans lequel nous vivons…

        Des auteurs salariés ce serait pas mal si toutes les œuvres étaient libres de droits et accessibles à toustes. Si personne ne pouvait les exploiter pour se faire un max de pognon, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

        Dans le système actuel, une redistribution des droits non pas exclusivement indexée sur la diffusion, mais seulement partiellement et un prélèvement sur les droits pour assurer une caisse aux auteurs dans les périodes où ils produisent peu (on ne peut être constamment prolifique), ce serait déjà un début… Mais, ce sont des vœux « pieux ». Les auteurs tiennent bien trop à leurs droits pour pouvoir les remettre en question (ce serait une remise en question de leur « talent » et des gains proportionnels… Et les egos auraient du mal à l’accepter, surtout ceux de ceux que le système actuel nourrit bien et qui n’ont aucun intérêt à le voir bouger).

        Répondre
        • JB
          JB dit :

          Les auteurs salariés, je crois que le concept existe pour des séries populaires en livre de poche. Je me souviens avoir lu il y a des années, dans une revue littéraire, le témoignage du couple qui pondait les Vic StVal. Ils en pondaient un tous les deux mois et on les rémunérait à hauteur du SMIC par volume, moyennant abandon de leurs droits à l’éditeur.

          Répondre
    • babelouest
      babelouest dit :

      Il faut choisir. Soit on est un auteur « salarié » et dépendant de cette manne, ce qui oblige à faire « ce que veut le public » (ou du moins c’est ce que diront les apporteurs d’argent). Autant être artisan, chauffeur de taxi ou vendeur de financements chez des smicards déjà surendettés.

      Soit on fait ce qu’on aime, en n’espérant rien financièrement, et beaucoup en termes de satisfaction chez les lecteurs. C’est la solution qu’a choisie une amie, pourtant peu « argentée », en acceptant de s’auto-éditer, comme l’a fait Agnès pour le Poisson Rouge. C’est bien plus prenant. Je le sais, j’ai déjà pris au moins deux cents heures pour l’aider à finaliser – avec une perfection fort lointaine de celle d’Agnès – trois livres qu’elle avait sous le coude depuis plusieurs dizaines d’années. Ils vont sortir probablement la semaine prochaine, imprimés chez Lulu aussi.

      Ceci dit, pour ceux qui n’ont pas lu « le syndrome du poisson rouge », ils ont vraiment raté quelque chose.

      Répondre
  18. chris
    chris dit :

    Mais enfin Saxoc, puisqu’on vous dit qu’ils ne gagnent plus rien les auteurs de littérature populaire, hors les quelques têtes de gondoles de littérature du même nom, et j’en veux par les déclaration de ceusses qui ont vécu la transition, comme Delteil s’exprimant un jour dans une conversation de forum…

    «Je ne voudrais pas te décevoir, mais le polar français n’est plus un genre « populaire ». Ce fut un genre populaire jusqu’à la fin des années soixante-dix ou au début des années quatre-vingt.
    Pour te donner un élément de réflexion, n’importe quel roman, même le plus nul de Série noire ou du Fleuve noir était tiré à 50 000 exemplaires environ dans les années soixante. Quand j’ai publié mes premiers romans, au milieu des années quatre-vingt, au Fleuve noir, ce tirage était descendu à 20 000 ex. Aujourd’hui, la Série noire poche et le Fleuve noir polar poche sont morts. Les petites collections qui font du polar poche ne dépassent pas des tirages de 3000/4000, parfois moins. Quant aux ventes, elles sont bien souvent inférieures à 2000, voire à 1000 pour les petits éditeurs.
    En grand format, les mises en place dans les librairies ne dépassent bien souvent pas 2000 ex, sauf pour les auteurs connus ou les « opérations ». A la fin des années quatre-vingt, je me souviens avoir râlé parce que la mise en place de certains de mes bouquins étaient de l’ordre de 5000/6000, aujourd’hui c’est considéré comme un très belle mise en place.
    Par le jeu des rééditions successives (Folio, livre de poche etc), certains auteurs comme Daeninckx et surtout Jonquet atteignent néanmoins des ventes relativement importantes sur certains titres. Il faut aussi se méfier des ventes annoncés par les auteurs eux-mêmes, qui bien souvent ne les connaissent pas de façon précise avant 18 mois, en raison des « retours », et bluffent parfois. Les éditeurs bluffent aussi un peu. Mais pas quand il s’agit de payer les droits d’auteur…»

    Dont acte…

    Répondre
    • saxo
      saxo dit :

      Yop Chris,
      Je parle de mon exemple, et comme je l’ai dit, mon statut d’auteur n’est pas exactement celui d’auteur de polar. Moi, c’est la télé qui me paye (indirectement) et elle ne manque pas d’argent (c’est pourquoi mon intervention est limite hors-sujet dans un post sur les liseuses 😉 ).
      Je dis par contre ce que je pense du système de droits d’auteurs tel qu’il fonctionne actuellement. Payer les auteurs (quasi-exclusivement) proportionnellement à la diffusion de leurs œuvres induit un biais consumériste et narcissique qui nuit à la créativité (pour résumer). Et en plus, c’est totalement inégalitaire, une mn de télé dans une pub (1h de travail) rapporte 1000 fois plus qu’un film pour le DVD (je caricature à peine) puisque ça touche beaucoup plus de personnes…

      Merci, ti suisse, bien ton lien sur les intermittents.

      Répondre
  19. smolski
    smolski dit :

    Pour les auteurs (comme pour les interprétes et les intermittents), il y a aussi tout le temps du perfectionement de son art, aussi celui de la respiration nécessaire avant de produire les premières lignes ou les premiers effets.

    Ce temps n’est pas du tout chiffré parce qu’il ne peut l’être bien qu’il soit indispensable.

    Issu d’une interview avec une actrice célèbre et délicieuse également écrivaine.
    Et puis l’art et le stakanovisme, ça l’fait pas non plus de toute façon.

    Répondre
  20. Alan Spade
    Alan Spade dit :

    Beau témoignage. Dommage tout de même que les auteurs indépendants, qui eux, pratiquent des tarifs raisonnables sur les ebooks (et même parfois des offres de type, « vous avez acheté le livre papier, je vous envoie gratuitement l’ebook correspondant », comme c’est mon cas) ne soient à aucun moment mentionnés. Peut-être pour un prochain billet?

    Répondre
  21. ti suisse
    ti suisse dit :

    vraiment, j’pensais pas qu’un tel sujet (je vous épargne mes incompétences) pourrait, pouvait moi aussi m’énerver.. Sacré Agnès, tjs là pour faire chier.. (on t’adore !)
    en plein Salon du Livre
    j’en profite (il n’m’en voudra pas) ni autographe no foto, rien d’ancien ni d’nouveau.. une bise suffira
    A Spade

    Répondre
  22. babelouest
    babelouest dit :

    L’Atalante ? Je ne savais même pas qu’ils faisaient du numérique. A chaque fois que j’y passe, je suis chargé en partant. Et je continuerai. Quant au bouquin que j’avais fait, il avait été tiré en 50 exemplaires, et il n’y en a plus qu’un : les autres ont été donnés à des amis. Et n’importe qui peut le récupérer là :
    http://ti1ca.com/jurh5k45-Petite-histoire-standard-BoD-Petite-histoire_standard_BoD.pdf.html
    mais bien sûr c’est du numérique.

    Je préfère le papier.

    Répondre
  23. chris
    chris dit :

    L’Atalante, c’est marrant, parce que ça me fait un effet contraire à chaque fois que je passe devant, avec comment dire, une putain d’envie de foutre un pavé dans la vitrine ou d’allumer un cocktail Molotov, rien que de penser qu’ils furent l’éditeur autrefois d’un des derniers écrivains anarchistes de Barcelone, et qu’aujourd’hui, ils invitent des auteurs flicards en dédicace.

    Répondre
  24. chris
    chris dit :

    Encore un atout du numérique, merci Clocel, où comment supprimer ce pathétique exercice de la dédicace ( L’on pourrait néanmoins remplacer par le baise main féodal, pour perpétuer la fan attitude).

    Répondre
  25. chris
    chris dit :

    Bah, Clocel, soyons impartial, quand sur le salon du livre de Paris, sur tous les salons, le spectacle ne vaut guère mieux.
    O tempora o mores, comme dites si bien…

    Répondre
  26. alain maronani
    alain maronani dit :

    Ce que je trouve le plus insupportable avec le numérique, ce sont les ouvrages tombés dans le domaine public, pour lesquels les éditeurs parviennent a exiger des droits…et empecher le téléchargement de ceux-ci…

    J’ai un Kindle, je vis a Montreal, ou les éditeurs et distributeurs de l’édition francaise, sont des requins sans limite, mais avec un peu d’astuce, je peux quand même acheter des ebook francais…bien que n’étant pas résident en France..

    Le problème du Kindle, au-dela du DRM est le très mauvais support des formats PDF, si ceux-ci n’ont pas été prévu pour une liseuse, même Calibre ne permet pas grand chose, ou avec de très mauvais résultats.

    Quelqu’un a t-il une bonne solution pour reformater un fichier pdf, pour utilisation sur une liseuse ?

    A signaler une très bonne librairie électronique (sans droit) a Montréal (Bibliothèque Electronique du Québec)

    http://beq.ebooksgratuits.com/

    Livres ebooks disponible en format pdf (pour liseuse) et epub, et notamment une très bonne version de l’oeuvre de Marcel Proust

    Répondre
  27. Sylvain
    Sylvain dit :

    Bonjour, bel article.
    Je voulais juste rajouter qu’il n’y a pas que les éditeurs qui freinent la lecture sur liseuse en France (et par conséquence la progression des ebooks), mais également une frange assez importante de lecteurs qui jouent le jeu des éditeurs en reprenant leurs arguments.
    C’est simple, dans mon entourage, les plus gros lecteurs sont passés à la liseuse depuis quelques temps, et on nous reproche de manquer de respect au livre-papier, à son âme, son encre…mais nous, au lieu de nous esbaudir devant l’objet…on lit ! Curieux paradoxe de se voir reprocher ceci, alors qu’on a souvent des bibliothèques garnies de livres (bien « réels ») supérieures (très souvent) au quidam moyen, en plus de cumuler sur numérique.
    Parfois on a un exemplaire papier et un exemplaire numérique (pour retrouver une information sur pc par exemple, ou alterner bouquin/liseuse). Parfois on se limite au papier pour certains bouquins qui nous sont chers. Parfois on sait très bien que le numérique suffit…

    Répondre
  28. Nicolas
    Nicolas dit :

    La liseuse a un très gros avantage pour les universitaires qui se tapent comme moi des montagnes d’articles, PDF et autres. Je n’imprime plus ces machins qui finissaient une fois lus par prendre la poussière.
    Pour revenir à ce que tu dis dans l’article sur Zotero, il existe Zotfile http://zotfile.com/ module qui permet de simplifier les exports/imports de PDF (par exemple) vers sa tablette/liseuse et cerise sur le gâteau, il récupère les notes de lecture au retour. Par contre, ayant une Pocketbook 902 (grand écran pratique pour les pdf justement), je ne trouve pas le système de notes utilisable et désormais j’utilise (honte sur moi) Zotpad sur Ipad pour le faire, avec GoodReader je gagne un temps fou.
    La liseuse reste idéale pour la lecture de « loisir » évidemment.

    Répondre
  29. PMB
    PMB dit :

    Bel argumentaire pour promouvoir un mode de lecture que pour ma part je n’adopterai pas :

    – Trop vieux et trop peu à l’aise avec les nouvelles technologies.

    – Je n’arrive déjà pas à lire tous les livres qui s’empilent un peu partout chez moi.

    Mais tant mieux si ça fait lire encore plus : je n’ai jamais autant écrit depuis que j’ai abandonné le stylo pour le clavier.

    Répondre
  30. Grosse FAtigue
    Grosse FAtigue dit :

    Quelle tristesse. L’intérêt du livre, c’est d’aller au hasard. Entrer dans une librairie avec une idée fixe et sortir de là avec trois idées tordues, à cause de la déambulation. La fin du hasard, c’est la programmation libérale de nos désirs. Je sais, ça sonne lourd, mais pas plus lourd que le pas de porte d’une librairie disparue. Le livre numérique est encore un attrape-nigaud, qui nous fait croire qu’avec un peu d’électricité, on se balade avec sa bibliothèque. Qui a envie de se balader avec sa bibliothèque ? Avec ses disques, je comprends, mais avec trois cents livres ?
    Conneries.
    Agnès, t’es pas prête de nous rencontrer avec ta liseuse dans ton chez-toi…. C’est d’ailleurs l’autre but, rester chez soi, fin des bars, des librairies, des cafés concerts, et bouffer en ligne. On mettra des caméras dans les rues des petits bleds pour éviter les délinquants marseillais sur les ondes.

    FAIT CHIER TOUT ÇA !

    GF

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Je n’ai jamais eu les moyens d’acheter des livres au hasard… c’est peut-être là la grande différence… et c’est justement dans l’espace numérique que j’ai pu rencontrer des tas de gens que je n’avais pas la possibilité de rencontrer autrement. Parfois, j’arrive à faire l’effort financier d’aller rencontrer les gens dans la vraie vie, mais c’est rare et cela signifie généralement des privations ensuite. Le numérique m’a affranchie de beaucoup de barrières économiques, sociales et géographique qui ne t’affectent peut-être pas beaucoup, du coup, je n’ai pas le même rapport que toi aux choses, aux gens, aux habitudes.

      Après, j’aime les bars, les rencontres, les flâneries, les déambulations, les sorties, les restos, les vacances, mais comme beaucoup de mes contemporains, j’ai dû y renoncer petit à petit. Après, heureusement, grâce à tous ces mots que j’ai envoyé sur Internet, j’ai même fini par rencontrer des gens près de chez moi avec lesquels je peux partager encore des moments de vraie vie. Et ça, c’est vrai que c’est irremplaçable.

      Je pense que nous sommes opposés par notre condition urbain/rural, argenté/pauvre, bien plus que par la technologie.

      Répondre
  31. Typy Zoberman
    Typy Zoberman dit :

    Bonjour !
    Puisque vous parlez de livres numériques, je me permets de présenter ma maison d’édition. La Planète des Couleurs est une maison d’édition numérique créée en 2011. Elle édite actuellement une dizaine d’auteur, et son nombre de publication est en expansion croissante. Si vous cherchez des livres numériques contemporains et de qualité, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site : http://www.la-planete-des-couleurs.fr. Merci ! ^^

    Répondre
  32. benvoyons
    benvoyons dit :

    Bonjour tout le monde !
    Je vais ajouter mon petit témoignage à mon tour pour défendre les liseuses ET les livres.
    Cela fait quelques années maintenant que je suis à l’étranger, sur un bateau. J’ai du abandonner (provisoirement) ma précieuse collection de livres que j’aime tant. Je sais que je les retrouverai en rentrant mais ça me manque quand même. J’ai quelques livres papiers mais en bateau évidemment, le problème de place (et de poids, oui oui) est sans pitié. J’ai découvert les liseuses il y 2 ans maintenant et ça a changé ma vie de lecture-addict forcenée. Un grande bibliothèque en peu de place, à trimballer partout dans son sac, le bonheur total ! Mais ça ne m’empêche pas d’acheter des livres car je les aime toujours autant. L’objet, parfois très beau, l’odeur du papier, le plaisir d’une belle collection, ça ne changera pas et Sylvain résume bien cela. Je commande régulièrement des livres que je stocke dans un garde-meuble après lecture en attendant de les ramener à mon retour. Quand on est fana des livres, on continuera d’en acheter même si on a une liseuse. Oui bien sûr qu’il y a des gens qui vont abandonner les livres pour pirater à donf sans payer mais je reste persuadée que les vrais lecteurs vont le voir plutôt comme un accessoire qui facilite la vie et ne pas abandonner le papier. En tout cas c’est mon cas. J’ai donné le goût des livres à mes enfants et ils ont déjà une bibliothèque papier bien fournie. J’ai quelques ebook jeunesse pour le plus grand et on fait parfois un échange « je te prête ma liseuse, tu me prêtes ta 3DS » donc il s’en sert un peu lui aussi mais il est surtout accro au « papier » et les livres trainent partout chez nous, jusque dans la voiture où il lit sur le chemin de l’école.
    Je réponds également à Grosse Fatigue qui dit « qui a envie de se balader avec sa bibliothèque ? » Ben moi déjà et Agnès à ce que j’ai compris et plein d’autres. Toi ça ne t’intéresse pas mais d’autres si. Je suis d’accord avec Agnès, on n’a pas les moyens d’acheter au hasard en papier. Si les sociétés d’éditions se décident à nous faire une véritable offre (du choix, des prix), je suis prête à investir dans un autre disque dur juste pour stocker les tonnes de livres numériques que je vais acheter (parce que oui, une liseuse n’est pas du stockage) et non pirater MAIS je continuerai à acheter les livres quand même.
    Tu dis l’intérêt du livre c’est d’aller au hasard. C’est TON intérêt. Oui c’est sympa de découvrir des trucs au hasard, ça en fait partie mais pas seulement. Après, je guette aussi les suites de séries (que j’ai forcément en papier et parfois en double en numérique) ou les nouveautés d’auteurs que j’adore et ça n’a rien de hasardeux. quand à l’argument du « rester chez soi », c’est du pipeau, l’intérêt de la liseuse c’est de l’emmener partout, ça implique de « sortir ». Et quoi de plus sympa de discuter avec d’autres accros, de découvrir leur lecture et leur faire partager la nôtre. Et quand ce ne sont pas des accros comme moi, ça m’empêche de parler avec eux, je ne suis pas une ermite pour ça. C’est un peu ridicule ce genre d’a priori. Agnès à raison, le manque de communication « extérieure » a aussi une raison économique : pas de thunes, pas de sorties, pas de vacances.
    Donc finir (ah ben oui je viens de voir que j’ai écris un roman…), OUI aux liseuses et OUI aux livres papier !!! A bas les rabats-joie !

    Répondre
  33. Fredleborgne
    Fredleborgne dit :

    Offrir un livre numérique ?
    Facile pour certains.
    Plusieurs des miens sont en téléchargement gratuits, il suffit de fournir ces liens
    http://www.atramenta.net/books/quelques-nouvelles-du-net/73
    http://www.atramenta.net/books/un-monde-pourri-tome-2/48
    http://www.atramenta.net/books/cycle-beta/62
    Pour les autres, il suffit d’investir la somme faramineuse (désolé, c’était pour être sur amazon) de 99 cts, de télécharger le fichier sur Atramenta, et d’en faire ensuite des milliers de copies à envoyer aux amis, voire de les lire en ligne intégralement sur Atramenta.
    Allez, comme je suis sympa, et que j’ai fait cette « promo » il n’y a pas longtemps, voilà encore un lien
    http://www.fredleborgne.pleindepages.fr/ebflb.rar.
    C’est tous les livres en format compressés. Un petit coup de 7-zip et les 6 pdf sont à vous. Plus de 2000 pages au total.
    Ce qui serait sympa, en échange, c’est de voter pour moi sur le site de l’Académie Balzac ou de déposer des commentaires sur Atramenta, même s’ils ne sont pas 100% positifs, juste sincères.
    http://www.academiebalzac.fr/_fredleborgne_.html
    Merci pour tous

    Répondre
  34. Clocel
    Clocel dit :

    En passant…

    Je suis tombé sur deux sites de livres anciens numérisés, sympas:

    http://www.e-rara.ch/
    Tout Rousseau pour les amateurs ainsi que les récits de voyages de Montaigne compliqués à trouver…

    Et, http://www.wdl.org/fr/

    A fouiner et à mettre sur l’oreille pour les longues soirées d’hiver ou les farnientes estivales en mode digestion! :o)

    Répondre
  35. smolski
    smolski dit :

    Abonnement au diplo et présentation d’icelui sur la liseuse parfaite.

    De plus, après téléchargement via le PC, avec le logiciel calibre (téléchargeable directement depuis les sources debian stable) on peut reproduire par un simple copier/coller les formules des articles parus dans le diplo sur internet ou pour une création de textes persos.

    Pour l’instant, je ne vois aucun inconvénient particulier.

    😀

    Répondre
  36. mercier
    mercier dit :

    Votre article et les commentaires sont vraiment très interessants

    j ai adopté la liseuse Kobo/fnac avec rétro – éclairage depuis 2 mois,

    Je passe 3 heures dans les transports en commun parisiens et en sous-terrain.

    J étais confrontée aux problèmes de poids des livres, taille des caractères, manque d éclairage et problèmes de concentration certains jours. Par ailleurs, je lis quasi-exclusivement en bibliothèque. Face à ces contraintes je lisais très peu et devais renoncer à certains livres.

    Depuis cette acquisition, je lis beaucoup plus et d un niveau superieur. Car je peux « zapper’ entre plusieurs livres selon la fatigue ou l atmosphère.

    J emprunte les livres auprès d une bibliothèque numerique (malheureusement offre assez limitée)

    L accès plus rapide aux livres souhaités m a incité à consulter les blogs de lecteurs, ainsi j ai moins de deceptions.

    j aime toujours l atmosphère des bibliothèques et des librairies et j espère que ces lieux sauront s adapter en évoluant vers des lieux de communication autour des livres ou encore en proposant l achat de livres numeriques.

    Merci je reviendrai vous voir bientôt.

    Répondre
  37. Tassin
    Tassin dit :

    Bonjour Agnès,

    Lisant régulièrement ton blog depuis des années, j’ai été étonné de voir cet article vantant les liseuses en lieu et place des livres. C’est à dire le remplacement d’un matériau renouvelable, abondant, local, peu impactant, à durée de vie de l’ordre du siècle et recyclable à l’infini par de l’électronique, c’est à dire une multitude de matériaux non-renouvelables, en raréfaction, importés, très polluants à la fabrication, à très courte durée de vie et dont le recyclage est très compliqué et quasi inexistant.
    Tout l’inverse de ce qu’il faudrait faire, c’est à dire opter pour des technologies simples et écologiques qui permettent de plus une plus grande autonomie des utilisateurs et une diffusion enrichissant le lien social. Sans parler des impacts évidents sur la consommation de ressources et donc l’environnement.

    Voici une petite interview de l’auteur d’un livre qu’il ne faut pas louper sur la technologie et ses impacts sociaux et environnementaux.
    http://www.dailymotion.com/video/x20m2hy_entretien-avec-philippe-bihouix_news

    Au plaisir de te lire.

    Répondre
  38. Lucie
    Lucie dit :

    Bonjour,
    Pour ma part, je voudrais juste affirmer que nous devons savoir gérer notre temps pour lire des livres numériques, il faut maîtriser une bonne méthode car nous ne devrions pas être accro à une seule chose que nous aimons, ce qui nous emmène à mal organiser notre vie.

    Répondre
  39. OTPM
    OTPM dit :

    Bonjour, très bon article! passée au livre numérique c’est une bonne idée comme ça on ne casse plus la tête pour les rangement dans la maison et en plus on ne perd pas beaucoup de temps pour le lire.

    Répondre
  40. Noblejoué
    Noblejoué dit :

    Les liseuses semblent bien.

    Mais il y a peut-être un problème. J’ai lu qu’on disait que les lecteurs de Zemmour (pourquoi les gens le lisent-ils quand tant de bons bouquins les attendent, on n’est pas sur une île déserte ?) n’avaient pas lu son livre.

    Sur base de sondage, mais aussi parce qu’on pourrait voir ce que quelqu’un lit et ses annotations sur liseuse…

    Qu’en est-il au juste ?

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    • smolski
      smolski dit :

      Noblejoué : « on pourrait voir ce que quelqu’un lit et ses annotations sur liseuse »

      Tu n’es pas obligé de te connecter par la liseuse pour télécharger les docs et les bouqins, il reste que passant par internet pour en avoir, il n’y a pas de sécurité absolue de ne pas être surveillé sur ce que tu télécharges.
      Et si tu passes par internet pour avoir un bouquin et non le fichier, ou juste pour te renseigner sur ce livre, tu peux être tout autant pisté si « on » le décide.

      C’est donc de toutes les façons internet et le pouvoir le problème, pas la liseuse.

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Oui, les Kindles d’Amazon ne garantissent pas la vie privée de leurs propriétaires. De surcroît, Amazon se réserve le droit d’effacer des ouvrages de votre bibliothèque virtuelle. Ils auraient voulu flinguer les ebooks, ils ne s’y seraient pas pris autrement. Donc ma fille a un Kindle offert par son grand-père. Nous avons donc choisi de ne pas activer le wifi dessus : pas de mises à jour, mais pas d’intrusion non plus. Les bouquins passent par Calibre, sur un ordinateur… donc pas de DRM, parce que les DRM empêchent d’utiliser un logiciel de gestion de bibliothèque, ce qui rend du coup les ebooks encore moins attirants.

      De mon côté, comme je l’ai écrit, j’ai un PocketBook, donc relié à aucune marque ou librairie. Il accepte plein de formats et je le gère aussi avec ma bibliothèque Calibre. Par contre, j’ai trouvé que PocketBook était radin sur les mises à jour. Depuis qu’ils ont sortis le nouveau modèle, ils ont abandonné celui-ci et du coup n’ont plus rien fait sur les petits bugs restants. Agaçant.

      Donc, quand on a une liseuse propriétaire, pas de wifi si on ne veut pas être espionné.

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      • Noblejoué
        Noblejoué dit :

        @ Agnés Maillard

        Merci pour votre réponse.
        J’en déduis que les liseuses vont se développer :
        1 De plus en plus de gens se moquent de la vie privée, de celle du voisin voire de la leur.
        2 Pour ceux qui veulent préserver leur vie privée, je crois qu’il va y avoir de plus en plus de gens capables de maîtriser cette technologie comme vous – au fait, merci de donner des indications à cet effet.

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  41. Philippe Leblois
    Philippe Leblois dit :

    Bonjour,

    Votre présentation des avantages de la lecture numérique est clair et correspond bien à mon expérience.

    Juste pour compléter et pour repondre à deux de vos regrets, il est possible de se faire offrir un livre en version numérique mais aussi d’acheter en librairie la version numérique du livre papier que l’on a en main (à condition qu’elle exite ????), il suffit pour cela d’entrer chez un libraire indépendant qui utilise la solution ePagine.

    La librairie où je travaille, au coeur de Beaune (petite ville de province de 35000 hab), permet via son site internet d’offrir des ebooks, mais vous pouvez également passer commande en caisse et régler en espèces vos livres numériques en même temps que vos livres papiers!

    Alors lors de votre prochain passage en librairie posez la question, la solution est peut être déjà chez votre libraire !

    Répondre
  42. Jérôme
    Jérôme dit :

    Ce que je trouve dommage dans le livre numérique :
    – on a l’impression de lire toujours le même livre car jamais l’objet que l’on tient ne change, on a l’impression de tourner les pages d’un long roman qu’il n’y a jamais de rupture
    – Quand je tiens un bouquin de 600 pages dans les mains, j’ai instrinctivement beaucoup d’informations qui ne sont pas les mêmes qu’un livre de 250 pages.
    – Quand je retire mon marque page je sais où je me trouve, ce que j’ai parcouru, ce qui reste à parcourir et ce que ça en dit sur l’intrigue. Sur ma Kindle, le pourcentage ne me dit rien.
    – Quand je lis dans le métro et que je souris ou que je parais intégralement plongé dans ma lecture alors j’ai le doux sentiment que quelqu’un est en train de regarder la couverture, le titre et l’auteur pour peut-être se dire que ça vaut le coup de l’acheter.
    – Quand je lis j’aime bouger la tête horizontalement d’une ligne à l’autre et de la page gauche à la page droite. Sur une liseuse électronique j’ai l’impression de lire toujours la page de droite ou de gauche. Je ne bouge pas la tête, je n’ai pas l’impression de participer.
    – Quand je tourne une page numérique, je n’ai pas la satisfaction de la voir se tourner et de l’entendre se tourner.

    Ce sont sans doute de toutes petites raisons, mais c’est l’ensemble de ces raisons qui fait que je ne prends jamais ma Kindle pour lire, mais un livre, car le noir de la Kindle sera toujours moins attrayant que les couleurs divers et variées d’un livre papier.

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    • Noblejoué
      Noblejoué dit :

      @ Jérome

      Je trouve tout ce que vous dites interressant et poétique mais je ne comprends pas :
       » Quand je tiens un bouquin de 600 pages dans les mains, j’ai instrinctivement beaucoup d’informations qui ne sont pas les mêmes qu’un livre de 250 pages. »
      Comment le fait de lire sur tablette pourrait-il écouter le texte d’un livre ? Il est écrit, il est écrit et sort dans la même version en numérique et en papier, j’imagine.

      Répondre
  43. François Blondel
    François Blondel dit :

    Bonjour

    merci pour votre article. Je souscris presque totalement à vos conclusions, à l’exception des liseuses vs. tablettes, pour les livres illustrés 😉
    Notre maison d’éditions, VisiMuZ, publie des ebooks beaux-arts richement illustrés, sans DRM, à lire sur tablette (pour les couleurs).
    À retrouver sur http://www.visimuz.com
    Beaux-Arts Magazine de novembre 2016 dit du bien de nos livres, mais les librairies numériques n’ont pas souvent une catégorie « Beaux-Arts ».
    Et pourtant ce sont bien les livres beaux-arts qui sont les plus lourds, les plus encombrants, et pour lesquels l’apport du numérique est le plus grand (zoom sur les images)
    Bien sincèrement
    François Blondel (fondateur VisiMuZ)

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