Africa Trek

Un soir, en zappant un peu au hasard, je tombe sur un couple de français qui a décidé de traverser l’Afrique à pied, un peu sur les traces de nos ancêtres à tous

Dès les premières images je suis captivée par la longue jupe de Sonia Poussin et son look de cheftaine : peut-on traverser l’Afrique à pied du Sud au Nord, avec son mari, un petit sac et une longue jupe?

Pour les fêtes de fin d’année, la chaîne Voyage propose de suivre les tribulations d’un couple de Français en Afrique. Au début, je n’y crois pas trop. Ils marchent tous les deux sur une piste poussiéreuse perdue dans la brousse, ils sont tout petits, seuls, terriblement blonds, elle avance au rythme des ondulations de son invraisemblable jupe longue, lui, caméra numérique au poing la filme, se filme aussi en train de commenter ce qui leur arrive. Et puis, je vois leur incroyable sincérité, leur envie de découvrir des pays et des gens au rythme de la marche. Africa Trek n’est pas un énième défi de l’impossible, défi d’une dérisoire envie de se dépasser. C’est une aventure humaine. Celle des doutes, espoirs et peurs d’Alexandre et Sonia Poussin au milieu d’une nature magnifique mais parfois un peu avare. C’est surtout le récit de l’Afrique et des Africains qui se déroule au rythme insignifiant de la marche.

Le couple paie de sa personne : crises de malaria, rencontre avec la faune, une forte fièvre leur épargnera de justesse une rencontre funeste avec un lion. Mais plus que tout, ce qui est merveilleux dans cette aventure, c’est la formidable solidarité qu’ils rencontrent chez les Africains, loin des clichés misérabilistes ou angéliques. L’Afrique souffre, mais ses peuples restent profondément humains et attachants.
J’aime particulièrement cette journée où le couple se retrouve en panne d’eau. Alors qu’au petit matin, la brousse chauffe déjà à plus de 35°C, les Poussins n’ont plus une goutte d’eau et la rivière où ils comptaient se ravitailler est à sec. On a beau savoir qu’ils arriveront au bout de leur périple, on n’en est pas moins inquiet pour eux, on compatit à leur bouche pâteuse et leur traits tirés. Et soudain, surgie de nulle part, un peu plus loin sur la piste, une Africaine porte un bidon d’eau claire et fraîche sur la tête. Quelques mots de dialecte, des sourires, elle offre cette eau précieuse aux naufragés du bush :

L’eau c’est la vie, c’est la vie que nous buvons!

Nous ne saurons pas d’où vient cette femme, comment elle a pu trouver de l’eau dans l’aridité ambiante, ni jusqu’où vont la mener ses pas, mais comme beaucoup d’autres personnes sur le chemin, elle a permis à ce long voyage de continuer et d’arriver à son terme.

En fait, Africa Trek me fait penser au magnifique film de Bernado Bertolucci, un thé au Sahara qui raconte le voyage jusqu’à dissolution complète d’un couple d’Américains au cœur de l’Afrique. Tout l’esprit du film, tout l’esprit d’Africa Trek aussi, est contenu dans les premières répliques :

Nous ne somme pas des touristes mais des voyageurs!
Quelle différence?
Un touriste est une personne qui ne pense qu’à rentrer à peine vient-elle d’arriver…
Alors qu’un voyageur pourrait ne plus rentrer

8 réponses
  1. glorb
    glorb dit :

    C’est vrai que c’était très sympa comme aventure. Ils avaient l’air vraiment sympas, naturels et avec de l’humour. Pas du tout du genre pontifiants ou à se prendre trop au sérieux malgré l’ampleur de l’aventure (parce que 13.000 km à pied, sur 3 ans, dans des coins au climat pas forcément hospitalier, voir franchement dur, qu’il pleuve qu’il vente, sans soutien logistique lourd, c’est carrément impressionnant. Vraiment, respect). Très attachants et raffraichissants.

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  2. titi
    titi dit :

    Oui, moi aussi j’ai été enchantée par ce film sauf que j’ai raté les 3 premiers épisodes
    sur les 6 et j’aimerai bien avoir la série en DVD si possible !
    Bravo à vous deux, Sonia et Alexandre, même si ce que vous avez entrepris est
    complètement fou, avouons-le, je pense qu’à présent, toutes les portes vous seront
    ouvertes…et surtout merci, merci pour cette pauvre afrique laissée à l’abandon.
    Grâce à vous, c’est peut-être un espoir, pour faire comprendre aux pays industrialisés,
    que l’Afrique n’est pas une poubelle mais bien le berceau de l’humanité ! Quand les
    Africains mangeront-ils à leur faim ? Quand les labos vont-ils enfin produire des génériques
    pour soigner ce fléau qu’est le Sida ? Quand les gouvernements feront-ils un effort
    de solidarité comme cela s’est produit pour l’Asie ? Quand comprendrons-nous qu’il n’est
    plus nécessaire de faire des enfants si les animaux disparaissent, car sans animaux, plus
    d’éco-système et plus d’éco-système, plus de vie…
    Enfin, vivre embétonnés, non merci !
    Qu’on se le dise et pour ceux qui ne connaissent pas l’Afrique, allez-y car c’est un continent extraordinaire !

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  3. eve
    eve dit :

    je viens de finir le tome 2,un peu différent du premier,toujours aussi captivant.On sent leur fatigue à la fin,teintée d’humour.Et puis,on tourne la dernière page.Tristement.Une chance,je vais pouvoir les relire.

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