L'homme au chien
L’homme au chien, par Le Monolecte


L’Allemagne, sa combativité économique, ses exportations qui font des envieux partout en Europe et l’envers du décor : Hartz IV ou comment créer son tiers monde intérieur, la politique de rigueur à la hache, l’implosion d’une société de plus en plus duale, avec ses quelques grands gagnants et ses toujours plus nombreux perdants.

Juste se reposerAu milieu des badauds, des touristes, des passants, de cette foule immense et indifférente qui gravite entre la gare centrale de Cologne et la cathédrale, il y a tout un peuple invisible, de plus en plus important, de plus en plus voyant, pour qui a encore envie de voir. Certains improvisent des spectacles de mimes ou de musique, certains squattent les bancs qui n’ont pas encore été transformés en armes anti-gueux et d’autres, enfin, se contentent de faire la manche.
Lui, il ne regardait même plus les gens, il s’était retiré dans sa bulle intérieure, seul avec son chien qu’il tenait sur ses genoux comme on porte un enfant malade. Il était juste là, à choyer son compagnon de misère, perdu dans la foule, perdu dans la ville, perdu à la face du monde, concentré dans le seul geste de caresser doucement son chien.
Sa misère le rend seul. Elle nous rend coupables, aussi, collectivement, de continuer à vivre et à soutenir par notre passivité, une société qui exclu de plus en plus de gens, une société où il n’y a plus de place pour tout le monde.
Plus qu’un homme seul avec son chien sur les genoux, c’est un constat d’échec, un aveu d’indifférence.

C’est sur cette petite note quelque peu désabusée que se termine le récit photographique de mon voyage en Allemagne.

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