Un petit passage en coup de vent pour vous donner des nouvelles du bouquin sur lequel je travaille en ce moment.


Femme du feuJ’écris peu parce que je tente de boucler assez rapidement la sortie du premier tome des Chroniques du Monolecte dans un vrai livre que l’on peut amener aux toilettes, au camping, dans la salle d’attente du dentiste ou en randonnée sur un sommet des Pyrénées. Je ne pensais pas avoir produit une telle quantité de textes à travers le temps. J’en ai jeté quelques-uns, mais l’essentiel de 2004-2005 sera dans le bouquin. C’est très étrange de se replonger dans cette période et de voir à quel point le flux constant de l’actualité nous rend amnésiques. Me revoilà donc dans le maltraitement journalistique du Tsunami de décembre 2004, dans la chronique toujours en cours de la grande déconstruction sociale, des petites magouilles entre amis, du mauvais goût markéting ordinaire. Grand retour sur les débats et les réflexions citoyennes autour du TCE et autopsie d’une démocratie bafouée, piqûre de rappel autour des émeutes de novembre 2005, toutes ces choses qui, quelque part, ont participé à la construction du temps présent, à l’avènement du princident et de ses potes, prélude à une crise globale qui se prépare dans les coulisses depuis plusieurs décennies. Ces chroniques au jour le jour m’ont demandé plus de travail de recherche que je ne le pensais. Internet n’a pas tant de mémoire que cela, les liens débouchent régulièrement sur des pages mortes, des sites oubliés, abandonnés, disparus. Retrouver les bonnes références, contextualiser le propos, apporter des pistes pour creuser des sujets de société, tout un travail un peu fastidieux, mais qui, selon moi, apporte une vraie dimension documentaire à cette volonté de sortir mon blog des limbes de l’oubli virtuel. C’est d’ailleurs dans ce sens et en hommage à un ami qui peut être de très bonne compagnie quand il n’oublie pas sa tête, son agenda, ses rendez-vous ou ses promesses que ce premier tome est sous-titré Le syndrome du poisson rouge. Parce qu’il n’y a pas que les gens un peu tête en l’air qui ont oublié ce qu’ils ont mangé la veille, c’est toute une société qui tourne en rond dans son bocal et qui n’arrive pas à prendre la mesure de la grande régression sociale dont elle est l’objet par manque de recul historique.

À l’heure où j’écris ces lignes, Le syndrome du poisson rouge, c’est donc 150 textes classés par ordre chronologique, avec références et renvois divers, 422 pages juste pour les textes à picorer au gré des humeurs avec les carnets du chômage ordinaire, le microcosmos politique, la diarrhée télévisuelle, mais aussi de petits récits sur le temps qui passe, les petits malheurs et les grandes joies de la vie ordinaire, des critiques cinéma et même des recettes de cuisine. En fait, Le Monolecte, c’est un peu la Samaritaine du blog : on y trouve un peu de tout, y en a pour tous les goûts.
En ce moment, je suis en train de créer un index lexical pour une lecture thématique et une table des matières pour piocher en fonction des titres. Je me tâte un peu quant à y ajouter un index bibliographique, en plus des notes en bas de page. Dans le même temps, un lecteur bénévole est en train de se cogner les corrections (et je lui souhaite bien du courage) et je cherche quelqu’un de bien inspiré pour pondre une jolie préface à l’usage de ceux qui auraient le bouquin en main sans rien savoir du Monolecte. Je cherche également une belle photo ou un chouette dessin de poisson rouge dans son bocal pour la couverture.
Demain, un copain photographe me fait le cadeau inestimable d’un portrait officiel que je collerai en 4e de couverture (dommage que je sois enrhumée jusqu’au trognon, je vais exister durablement sous les traits peu avantageux d’un crapaud myxomaté), comme pour les vrais bouquins d’éditeurs, parce que pour l’instant, j’ai bien l’intention de me débrouiller seule et de sortir en édition à la demande. Globalement, le prix de vente devrait tourner autour de 25 €, dont 5 € pour moi. En ajoutant le temps d’attente pour décrocher un ISBN qui m’ouvrira éventuellement les portes des librairies, mon bouquin devrait sortir d’ici un mois, si tout va bien.

Dites-moi ce que vous pensez de ma démarche, si vous trouvez le prix correct, ce genre de chose.
Et merci de votre fidélité.

Powered by ScribeFire.