Flics à roulettes
Mise en ligne par Le Monolecte


Trois flics à roulettes pour résumer mon nomadisme aoûtien ou comment, finalement, nous nous sommes habitués à l’intrusion permanente du sécuritaire dans notre quotidien. Des militaires armés de famas qui patrouillent au pied de la Tour Eiffel au milieu des serpents humains de touristes ne choquent absolument plus personne, tant ils font désormais partie du paysage. La maison poulaga, du côté de l’Île de la Cité, s’orne d’une gigantesque fresque d’inspiration stalinienne qui met en scène l’État régalien dans toute sa splendeur, ce n’est même pas beau, mais tout le monde s’en fout. J’ai ouvert mon sac à dos à toutes les sollicitations, à toutes les intrusions, plusieurs fois par jour. Et comme on s’habitue à tout, désormais c’est quelqu’un qui éternue dans le métro qui provoque des regards inquiets.

Du coup, ces flics à roulettes qui glissent tout en douceur sur le bitume parisien nous semblent éminemment sympathiques et nonchalants.