Dans moins de deux mois, nous sommes censés voter. Ça a l’air bête, mais plus ça va et plus j’ai l’impression que le vote est un truc bien trop sérieux pour être laissé au peuple.


Use your Voice, par Oneblink3

Le 7 juin, on va nous demander de choisir de nouveaux députés européens et le moins que l’on puisse dire, le manque de campagne électorale est proprement assourdissant. Les médias nous ont noyés d’informations au sujet de l’interminable campagne présidentielle aux États-Unis, mais traitent carrément par le mépris les Européennes de 2009. Pourtant, il s’agit là d’une institution bien plus importante pour nous, d’un exercice démocratique de taille, de 500 millions d’électeurs qui aimeraient peut-être bien appréhender les enjeux d’un scrutin qui concerne la politique qui va être appliquée à la première puissance économique mondiale, la leur.

C’est dans ce grand silence – complice ? tant des médias et les politiques sont avares de toute cette logorrhée pédagogique dont ils pourtant sont si friands en temps normal – que claquent deux bien insignifiants sondages. Ainsi, le Français, cette étrange créature archétypique sortie d’un rêve medefien, croit en l’Europe pour le sortir de la mouise où ses dogmes l’ont pourtant fort probablement plongé, tout en n’en travant que couic quant à cette institution lointaine, technocratique et abstraite, une vague entité administrative en mode semi-automatique et dont la complexe architecture est plus l’affaire des spécialistes et des experts que du péquin moyen. Lequel, fort logiquement, n’envisage pas une seconde de flinguer une journée pastaga-rémoulade estivale pour aller altérer son bronzage-marcel à l’ombre des isoloirs en fleurs.

Bref, le bouzin trop compliqué pour le petit peuple qui a tout intérêt à vaquer à ces occupations et à laisser les gens qui savent régler les détails techniques, cela a comme un petit air de déjà vu, façon mai 2005, qui m’inciterait plutôt à m’intéresser férocement à cette criante absence de campagne électorale.


Billet rédigé pour la rubrique de l’invitée de la semaine (p7) du Vendredi n°25 – 17 avril 2009

Avec mes sélections :

Les sites de la semaine

  • Cuisine libre : parce que bien manger tient toujours une place importante pour moi, parce ce site a merveilleusement bien été conçu autour de SPIP, qu’il permet de trouver facilement des recettes sympas autour des produits de saison ou de ce qui traîne au fond du frigo.
  • Les dessous de l’Allemagne : de Stephan, un membre d’Actuchômage dont la gentillesse n’égale que les compétences. Stephan traduit diverses sources en Allemagne sur le thème de la régression sociale et met ainsi en lumière la similitude des politiques menées des deux côtés du Rhin.
  • Élections européennes 2009 : parce qu’il faut bien commencer à s’informer quelque part.

Les billets de la semaine

  • Les indésirables : un texte qui cogne dur et auquel je souscris des deux mains tant il rejoint mon idée selon laquelle il n’y a pas grand-chose à sauver de notre société actuelle.
  • Pour une approche apocalyptique de la crise, par Christophe Perrin : sur le blog de Paul Jorion, il n’y a que du bon ! Mais il y a aussi du très bon avec ce papier invité qui fait écho à mes propres réflexions sur le concept de crise.
  • Hadopi clarifie les choses : Nos politiques ont démissionné ! : Nicolas Voisin met le doigt dans le bubon en soulignant ce qui a crevé les yeux de tout le monde dans le vote hadopi, à savoir que notre démocratie se limite aujourd’hui à 40 gus dans un hémicycle.

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