Enfin, si : un chauffe-nuque.


Le concept qui tueCe qu’il y a de bien quand on ne regarde presque plus la télé, c’est qu’on échappe au gros de la propagande, qu’elle soit politique ou publicitaire. Du coup, quand on se fait harponner sur une chaîne à tunnel de pub à une heure de grande écoute, forcément, notre réceptivité n’est peut-être pas celle qui est escomptée par les annonceurs.

L’autre soir, je me suis retrouvé la mâchoire décrochée de rire par une pub de bagnole. On y devine une femme, que l’on peut fantasmer à sa guise, qui roule cheveux au vent dans un décor manifestement hivernal. C’est tellement beau qu’on pourrait croire à un retour de pub des Nuls. Mais non, c’est une vraie pub, pensée par de vrais pros pour vendre une vraie bagnole avec un concept d’une fureur cosmique : le chauffe-nuque.

Mais comment avons-nous fait pour vivre sans, tout ce temps ?
Je vous le demande !

Peugeot (mais je pense que les autres constructeurs français n’ont probablement rien à lui envier !) n’en est pas à sa première pub calamiteuse, mais à la limite, c’est plus de la faute à leur agence de pub. Sauf que ce n’est probablement pas leur agence de pub (même si elle est la fille de brillants esprits de notre temps !) qui a eu l’idée de développer ce nouveau produit révolutionnaire qui devrait, n’en doutons pas un instant, redresser l’industrie nationale automobile.

Dans l’absolu, je pourrais ne rien en avoir à cirer que Peugeot dépense des sommes extravagantes en R&D pour sortir un gadget pourri pour riches en goguette. La marque au lion peut aussi goinfrer les pubards de son choix pour vanter l’extraordinaire valeur ajoutée d’un truc qui pourrait filer des pneumonies mortelles au dernier décile des revenus français. Le seul problème, c’est qu’ils font ça avec notre pognon.

Hé oui, rappelez-vous, l’industrie automobile française en crise est allée faire la manche auprès de notre princident qui, royal, lui a filé 6 milliards d’euros de nos sous pour se refaire. Touchant non ?
Et donc, l’ami Peugeot a palpé 3 milliards d’euros pour financer son plan de sortie de crise qui aurait pu accoucher d’une voiture du futur, d’une voiture économique, d’une voiture populaire, d’une voiture abordable, d’une voiture écologique… d’une voiture qui peut éventuellement être achetée et utilisée par un grand nombre de personnes plutôt qu’une poignée de nantis. Une voiture comme nous en aurions bien besoin. Un vrai nouveau concept de la translation humaine ! Quelque chose qui en finit enfin avec la stratégie de l’échec dans laquelle se complaisent nos constructeurs depuis longtemps.

Ben non, on aura un chauffe-nuque pour niquedouilles argentés et c’est tout !

Et quand on voit comment les banquiers se comportent après toute la fraîche qu’ils nous ont sortie des poches, on se rend bien compte que le seul concept à la noix qui a beaucoup d’avenir devant lui, c’est celui d’une crise économique monstre qui continuera un bon petit moment à justifier auprès des crédules et des peureux le grand siphonnage des ressources vitales des peuples dans de dantesques primes aux perdants !

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