Soyons clairs : je suis dans une grande période de doute quant à la validité de notre modèle politique et à la légitimité même de la démocratie représentative et de ses rituels, néanmoins, ce matin, un petit communiqué au coin d’un blog m’a fait un immense plaisir.


Jean-Luc vient enfin de lâcher la rampe !

Il existe une fracture

Je n’ai pas l’âme d’une groupie, vraiment pas, mais je peux tout de même apprécier certaines personnalités, pour leur engagement politique, leurs convictions sans faille et jamais reniées pour un plat de lentilles, pour leur vision du monde et la sincérité constante de leurs choix. Aussi, cela fait depuis le référendum bafoué de mai 2005 que je suis du coin de l’œil les circonvolutions de l’ami Mélenchon dans le marigot politique. Depuis 3 ans, je me demande et lui demande aussi à l’occasion sur son blog, pourquoi il s’acharne ainsi à rester dans le camp des sociaux-traîtres, à savoir cette carcasse fumante et puante qui a été, autrefois, le parti de Jean Jaurès. Il a toujours été absolument évident pour moi que Mélenchon, étant un socialiste de conviction, n’avait plus que de grosses couleuvres à avaler dans ce panier de roses pâles qui aspirent à se moirer d’orange.

Je ne suis pas naïve non plus et comprends bien le choix stratégique qui consiste à ne pas quitter un parti qui place des élus. On est toujours mieux au Parlement qu’en dehors pour tenter de faire bouger les choses vers la bonne pente. Mais il semblerait que la dernière couleuvre en date s’est coincée en travers de son gosier.

Il n’y a pas d’homme providentiel, mais il y a des actes, des impulsions qui vont dans la bonne direction. Et choisissant de renoncer publiquement à la mascarade pseudogauchisante du PS, Mélenchon a enfin le courage de montrer où sont les lignes de fractures politiques dans ce pays. En se faisant, il rend les courants nettement plus lisibles pour tous et ouvre enfin la perspective qu’un vrai grand mouvement anti-capitaliste à gauche, la possibilité d’une forme d’union sacrée contre le dépeçage du monde par les forces de l’argent.

Son départ du PS est significatif, même s’il n’est pas évident qu’il parvienne à créer avec les autres forces en présence un Die Linke à la française.

C’est donc un bon début. Espérons que la Gauche, enfin clairement définie, oubliera les conflits de personnes et les palabres sans fin autour de la place de la virgule pour enfin s’unir autour d’un véritable projet de société.

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