En vérité, je vous le dis : celui qui croit en Ma Parole sera sauvé, mais le mécréant qui refuse de regarder en face la lumière de Ma vérité, celui-là, il va en chier des ronds de chapeaux.

Légitimité du doute

Comme le dit si bien Paul Moreira, quand on produit une télé café du Commerce, on obtient forcément des brèves de comptoir. Seb Musset nous fournit les pièces à conviction :

si vous regardez ça [Loose Change], vous ne croyez plus à rien.

Il est juste très très vraisemblable que la version officielle américaine ne corresponde pas tellement à la réalité, ils refusent tellement – pourquoi ils ne nous montrent pas les caméras de surveillance qui ont… – ils ont intérêt à nous montrer un avion qui frappe le Pentagone, non, c’est un missile américain qui frappe le Pentagone, tout simplement, donc, ils ont provoqué eux-mêmes, ils ont tué des Américains. On apprend la vérité toujours une trentaine d’années après, mais là, on le sait maintenant.

Soyons clairs : Bigard n’est pas ma tasse de thé. L’humour en slip kangourou qui baille à l’entrejambe me fait parfois bien rire, mais je ne suis vraiment pas fan de Bigard, que ce soit l’humoriste ou le pote de… d’un autre côté, tout le monde ne peut pas avoir la classe, le talent et la mesure d’une Cotillard, sévèrement burnée par ailleurs. Mais la question n’est pas là. La question lancinante est : au nom de quoi est-il impensable d’exprimer des doutes sur la version officielle du 11 septembre 2001, dont l’anniversaire tombe étrangement aujourd’hui (admirons mon sens de l’à propos)?
Il est aujourd’hui impensable de simplement se poser des questions sur les failles béantes du rapport officiel pondu en 2004. Bigard a du manger son slip pour pouvoir continuer à bouffer, Marion a presque été privée d’Oscar pour crime de lèse-vérité et ne parlons même pas de Thierry Meyssan, le journaliste qui a osé en France écrire un livre sur les failles du rapport et qui, depuis, sent littéralement le souffre. D’ailleurs, quiconque cite le nom de Thierry Meyssan est très probablement un adorateur d’X Files, un complotiste forcené, voire un adepte sectaire borné décérébré et en devient sur-le-champ totalement infréquentable.

Pourtant, il me semble assez légitime d’interroger le réel et encore plus de soumettre les diseurs de vérité au filtre du doute. La même administration Bush ne nous a-t-elle pas fourni moult preuves quant à la nécessité d’envahir l’Irak pour empêcher la prolifération des ADM? Ces mensonges d’État, aujourd’hui avérés, n’ont-ils pas servi à légitimer une guerre illégale? Pourtant, il ne s’agit pas là d’un mensonge sans conséquence, puis qu’au 8 septembre 2008, l’invasion de l’Irak a déjà coûté la vie à 4155 soldats côté envahisseurs, plus 30­568 blessés, sans compter (qui les compte, d’ailleurs?) les Irakiens dont la vie a été abruptement abrégée que ce soit directement (bombes, balles and co) ou indirectement (blocus, exode), les chiffres oscillants entre 130000 et plus d’un million de morts…

La possibilité du doute

Pour appuyer la vérité officielle indéboulonnable, il y a Edvige. Prénom féminin charmant qui cache un système qui permet de :

  1. De centraliser et d’analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au gouvernement ou à ses représentants pour l’exercice de leurs responsabilités ;
  2. De centraliser et d’analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ;
  3. De permettre aux services de police d’exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour déterminer si le comportement des personnes physiques ou morales intéressées est compatible avec l’exercice des fonctions ou des missions envisagées.

Il ne s’agit pas là de ficher les délinquants notoires sur la base de faits établis, comme c’est le cas du casier judiciaire, mais de collecter des données très personnelles sur des personnes a priori respectueuses des lois, en fonction de leurs engagements sociaux ou la possibilité qu’éventuellement, un jour, elles puissent ne plus être si respectueuses des lois. Militants, opposants, syndicalistes, il s’agit clairement de surveiller les personnes en fonction de leurs opinions et engagements! Autrement dit, tu n’as encore rien fait, mais tes activités citoyennes nous laissent penser qu’a priori, il est nécessaire de te ficher, juste au cas où… ou comment Minority Report vient de basculer dans le champ de la réalité.
Face à l’opposition grandissante à ce concept purement liberticide, le miniver du microcéphale tente de calmer les esprits et désamorcer les critiques en proposant quelques retouches cosmétiques à la marge, voire même de la poudre aux yeux, escomptant que personne n’aille lire le texte de loi. Ainsi, le droit à l’oubli pour les mineurs… est prévu dans le texte d’origine pour tous, puisque les données ne peuvent être conservées plus de 5 ans… et que les questions relatives à la sexualité et à la santé n’étaient pas abordées dans le texte… Bien plus qu’un déficit d’informations, une bien belle démonstration d’enfumage qui ne change rien du tout au principe fondamental du texte : rendre éminemment suspecte toute activité civique ou militante et mettre concrètement en place une police de la pensée.

Nous avons les moyens de te faire crever

Ne pas remettre en question, ne même pas émettre de doute sur la vérité officielle sous peine d’être lynché médiatiquement, ne pas s’investir dans la vie publique et citoyenne sous peine de devenir un suspect potentiel, il s’agit déjà là de ce que l’on pourrait appeler des signaux extrêmement forts sur l’état réel de notre paradigme démocratique contemporain. Mais le champ de l’intrusion de la suspicion généralisée (enfin surtout concentrée sur les classes dangereuses) vient de trouver un ancrage très éclairant dans les nouvelles méthodes d’investigation enseignées au contrôleurs de la CAF, lesquelles visent à traquer l’intentionnalité subversive de ces félons de pauvres. Autrement dit, il ne sera plus franchement nécessaire d’étayer une décision de privation d’un pauvre de ses subsides sur des faits établis et des preuves concrètes, mais d’identifier des postures ou des tics langagiers qui, selon une méthode de psychologie sociale de comptoir (mais sous copyright !) qui n’a rien à envier aux approximations des gourous de la PNL, trahissent l’intentionnalité subversive de la fraude.
Et quand on sait que la CAF se réserve le droit de suspendre immédiatement les prestations en cas de simple soupçon de fraude, on comprend mieux tout l’intérêt de mettre en place des méthodologies de contrôles qui n’ont même plus besoin de s’appuyer sur des faits pour étayer le fameux soupçon de fraude.

Se gratter la joue avec le majeur peut aussi bien signifier qu’on est un candidat noir à la présidence des USA qui veut réduire les blancs en esclavage ou qu’on est en train de se payer la tête du contrôleur de la CAF et qu’il convient d’immédiatement nous couper les vivres. Peut-être même que nous sommes un révisionniste complotiste militant qui s’ignore bon à excommunier et à coller dans Edvige.

Alors que le modèle capitaliste s’enfonce de manière de plus en plus évidente dans une crise structurelle majeure (et non conjoncturelle comme on tente de nous le vendre), alors que la pauvreté et les inégalités explosent sous le joug de la dictature du profit à tout prix, alors que les machines financières se sont emballées hors de tout contrôle et réclament pourtant de moins en moins de règles et de contraintes comme remède au chaos, l’étau de la société de contrôle se referme inexorablement sur les citoyens dans un régime qui banalise le délit d’opinion, le crime de lèse-majesté et la culpabilité a priori, dans le règne absolu de l’arbitraire et du soupçon.

Le miniver vous salue bien…

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