Alors que la campagne électorale n’en finissait plus de se traîner, le gouvernement Villepin semblait n’avoir plus qu’un seul objectif : mener à bien coûte que coûte la simplification du Code du Travail.

À ce moment-là, très complaisamment, médias, personnels politiques et penseurs (auto-proclamés) de tous poils n’avaient pas de tâche plus urgente et importante que de commenter les choix vestimentaires de la candidate socialiste, de porter aux nues le faux troisième homme venu du Béarn ou de passer discrètement, mais avec beaucoup de constance et d’application, la brosse à reluire sur celui qu’ils avaient depuis longtemps choisi comme princident! Et pendant ce temps-là, dans les couloirs feutrés du pouvoir, les petites fourmis laborieuses se pressaient de finir leur Grand Œuvre : le démontage total et méthodique de toute protection des salariés contre les abus d’un patronat de droit divin.

Plusieurs mois, voire plusieurs années seront sans doute nécessaires pour que ce nouveau code révèle tous ses secrets
Ch. Radé (qui a fait partie du « comité d’experts » chargé de la réécriture), avant-propos de l’édition Dalloz 2007 du nouveau code du travail issu de l’ordonnance du 12 mars 2007

Un peu comme le traité simplifié qui va se passer allègrement de notre assentiment collectif, la simplification du Droit du Travail a consisté réellement à compliquer l’accès des textes pour les non-initiés afin de pouvoir mieux les vider de leur substance par la suite.

Si on résume crument à la grolandaise, en novlangue bien décomplexée, simplification signifie dans ton cul de viande à garnir le front de la grande guerre économique, celle qui consiste à ravager un siècle de progrès sociaux pour le plus grand profit d’une gentille petite caste pourtant déjà gavée jusqu’à la gueule.

Heureusement pour nous, il y a aussi des gens qui connaissent le droit et ses arcanes, qui se sont cognés cette lecture indigeste et qui nous font cadeau de leur analyse du nouveau Code du Travail. Et ce qu’on y apprend est plus que consternant : cela devrait nous précipiter tous dans la rue sur-le-champ pour réclamer l’embastillement immédiat des petits boutiquiers qui ont bradé nos droits les plus fondamentaux avec une telle légèreté.

Merci à Étienne Chouard pour sa veille permanente et citoyenne et merci à Richard Abauzit pour son travail de titan. Une fois de plus, il prouve avec brio que l’Inspection du travail est notre dernier rempart contre la barbarie.

Casse du code du travail : l’analyse de Richard Abauzit (pdf)

Ce document a pour vocation de circuler abondamment. Le plus simple est d’insérer un lien vers le PDF hébergé par Étienne, afin de simplifier faciliter le travail de mise à jour de Richard sur ce fichier de référence.

Faites tourner!