Bien sûr, j’ai toujours été fan de Gaston Lagaffe, mais ce n’est pas à ce personnage poétique que je pense alors que, depuis mai dernier, j’ai l’impression d’être coincée dans une BD du génialissime dessinateur belge.

Je repense régulièrement aux Idées noires de Franquin, à la précision de son trait Rotring, à la férocité de son regard lucide sur notre société qui ne faisait pourtant que glisser doucement sur le haut de la pente de connerie mortelle que nous dévalons aujourd’hui avec une ardeur franchement obscène.

En ce moment, une planche de cet album revient en boucle dans ma mémoire. C’est celle où une femme raconte au téléphone qu’elle est très contente que son mari travaille à la centrale nucléaire du coin, qu’ils sont très bien dans la petite maison qu’ils habitent juste à côté et qu’il n’y a vraiment aucune raison de ne pas venir vivre comme eux.
La nana raccroche et on voit alors que toute la famille, gosses compris, est atteinte de mutations affreuses. Le mari lui demande pourquoi elle a menti de la sorte et la réponse tombe comme une sentence :

Parce qu’il n’y a pas de raison qu’on soit les seuls à être emmerdés!

C’est exactement comme cela que je ressens la France d’après : ceux qui en chient n’ont pas voulu d’un hypothétique lendemain qui chante, ils ont juste voulu entraîner tout le monde dans la merde avec eux.

Petit clin d’œil joyeux dans un monde de brutes neurasthéniques : Doc Gynéco s’est fait giclé d’un concert par des Suisses à la dent dure sur l’air de : Sarko facho, Gynéco collabo!

Toujours aussi étonnants ces Suisses. Et profondément réjouissants!

Ceci dit, j’ai vraiment du taff par-dessus la gueule et il me tarde que les vacances soient finies… que je puisse me reposer un peu. 😉

Pour les amateurs, j’ai ouvert un compte sur Flickr, même si je n’aime pas le nom du site (y a flic, dedans!). Entre deux séances de boulot, je fais remonter mes vieilles archives photographiques à la surface. Ça vaut ce que ça vaut, mais pour le coup, ça me fait des micro-vacances.