Ce projet de loi va donc apporter une réponse concrète et pragmatique aux attentes quotidiennes des Français, et ce, sur l'ensemble du territoire, qu'ils soient Lorrains ou Aquitains, qu'ils habitent Marseille, Beauvais ou la région parisienne. Car le service minimum ne concerne pas seulement l'Île-de-France, ni la seule SNCF. Le service minimum, nous le voulons partout et pour tous. Telle est la logique d'action qui est la nôtre !
Xavier Bertrand, séance du 17 juillet 2007 au Sénat.

Dès l'introduction du débat sur, je cite, Dialogue social et continuité du service public dans les transports terrestres, le ton est donné. Et du coup, on comprend mieux la sonde thermique d'opinion autour du service minimum dans l'Éducation Nationale. Juste voir si l'opinion publique est prête pour laisser grignoter un peu plus la branche des droits fondamentaux sur laquelle elle ignore être assise.
Ce court extrait du discours de Xavier Bertrand devant les représentants du peuple alimente forcément notre profonde méfiance quand le même Xavier Bertrand déclare à la presse ce matin même, soit 2 jours plus tard : Pas de projet de service minimum à l'école.

PARIS (Reuters) - Xavier Bertrand récuse toute "cacophonie" gouvernementale sur l'instauration d'un service minimum à l'école et réaffirme qu'il n'y a pas de projet dans ce domaine.
"Il n'y a pas de cacophonie", a affirmé le ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité sur France 2.
"Aujourd'hui, il n'y a pas de projet, et je ne suis même pas sûr, à titre personnel - je sors de mon champ ministériel - que ce soit forcément une loi. Parce que, de quoi est-il question ? De l'accueil et de la prise en charge des enfants", a-t-il ajouté.
"Ce sujet, les parents d'élèves en parlent depuis des années. Il ne doit plus y avoir de question qu'on laisserait de côté", a-t-il ajouté.
"Par rapport à cette question légitime, il faut apporter des réponses pragmatiques", a souligné Xavier Bertrand.
Le Premier ministre, François Fillon, a suscité l'émoi syndical en suggérant mardi d'étendre le dispositif de service minimum à l'Education nationale.
Le ministre de l'Education nationale, Xavier Bertrand, a déclaré mercredi que le service minimum concernait exclusivement "pour l'heure" les transports publics, mais qu'une réflexion pourrait s'engager "à moyen terme" sur un dispositif d'accueil à l'école.

Dépêche Reuteurs sur Boursier.com, 19/07/07, 08:36

Pas la peine d'en rajouter, ceux qui savent lire et cherchent l'info connaissent déjà la technique du double discours, telle qu'elle est pratiquée par ce gouvernement, comme par ceux qui l'ont précédé depuis 5 ans.

De toute manière, bronzez tranquilles, mes imbéciles heureux et continuez à croire que les journaux télévisés sont des sources d'information, tout cela ne concerne que les sales bolchéviques preneurs d'otages des usagers innocents! Et nos élus savent de quoi ils parlent en terme de service public des transports et de service minimum, eux qui arpentent quotidiennement les couloirs de métro et les stations de bus dans l'exercice de leurs fonctions!

L'objectif est bien de vous couper le kiki pour la prochaine loi de régression sociale, celle qui sera peut-être enfin de trop, celle qui vous restera en travers du gosier, celle qui vous déchirera l'anus plus sûrement qu'une noix de coco avalée à la va-vite.

Le choix des armes

Il y a de cela un petit paquet d'années, je vivais donc en zone frontalière franco-suisse.

Un jour que nous faisions tranquillement les courses dans un supermarché de la Confédération avec mon père, les clients se mettent brutalement à devenir frénétiques. Certains même balancèrent par dessus bord la bouffe qu'ils venaient pourtant de soigneusement sélectionner et se précipitèrent comme des malades aux rayons des cochonneries électroniques. La confusion s'amplifiait de seconde en seconde, quand un gars déboula comme un malade en beuglant avec ce délicieux accent que j'imite si bien : y'a grèèèveuheu, y'a grèèèveuheu!
Fichtre, nous étions pris en otage par quelques dangereux extrémistes bouffeurs d'Appenzeller, ce qui, paradoxalement, semblait mettre en joie tout le monde!

Nous finîmes par nous approcher des caisses et assistâmes alors au plus étrange des spectacles : des caissières les bras croisés et des vigiles débordés qui tentaient d'alpaguer au vol des clients qui se tiraient en courant avec des courses pas payées.
Il y avait aussi aux caisses des clients bras croisés qui attendaient stoïquement un éventuel retour à la normale avec leurs courses étalées sur le tapis. Nous nous joignirent à ce groupe, un peu plus digne que le précédent.

Nous n'attendîmes pas longtemps, parce que la grève d'encaissement est l'arme la plus redoutable qui soit. Les clients ne sont pas hostiles et la pompe à fric se met subitement à tourner à vide.
En moins d'une heure, la grève fut torchée, les caissières obtinrent gain de cause et les clients solidaires purent payer leur dû avant de rentrer chez eux.

J'ai eu aussi le droit à une ou deux grèves d'encaissement dans le tramway de Genève. Là aussi, pas de grands discours poignants sur les malheureux usagers pris en otage, mais des clients complices et amusés et des négociations menées tambour battant par la direction. Là, au moins, on reconnaît bien la cible de la grève!

Grève minimum pour efficacité optimum et service maximum