En ce moment tout me fait chier. Mais vraiment tout!
Du coup, j’ai une humeur de pitbull chikungugné que je préfère garder pour moi.
Jusqu’à ce que ça explose…

Même le temps me fait chier. C’est dire!
Un coup, on se réveille en pleine nuit en grelottant, et on se retrouve à exhumer la couette à tâtons de son cocon d’antimites. Un coup on se retrouve baignant dans son jus, obligé de virer les bottes d’hiver pour des tongs.

Chaud. Froid. Chaud. Froid.
Humide.

Évidemment, la pelouse met 2 jours à se transformer en savane, les proprios nous cassent les couilles parce qu’on n’a pas un jardin à la française et tous les week-ends on se fait chier à regarder tomber la pluie!

En plus, depuis le 6 mai, j’ai l’impression d’avoir été propulsée dans Life on Mars. Le 5, on était encore en 2007, avec un nouveau monde à penser et à construire. Et vlan, le 6 au soir, on se retrouve en 1933, avec des concepts aussi fulgurants que travailler plus pour payer gagner plus ou le vouvoiement obligatoire, c’est le respect! Et demain, ce sera quoi : la femme idéale, elle reste à la maison et elle s’occupe des gosses ou pour les parasites cas socialement très défavorisés, on a prévu des camps sessions intensives de retour aux travaux forcés au travail?
Déjà que la soumission du faux petit père des pauvres de Martin Hirsh à l’intérêt de la franchise médicale m’a déclenché un urticaire galopant ainsi qu’une bouffée délirante de râles gargouillants…

Même la photo de notre princident est naze. Franchement, j’aurais mieux fait. Cadre, lumière, posture, décor… je t’aurais tiré une de ces belles photos! Je serais même arrivée à le rendre grand, beau et sympathique, avec une carrure de personnage historique. Au lieu de ça, on va se taper un cliché de tabloïd pendant 5 ans : la République des bras cassés! Tout est dit.

Des fois, pour me rassurer, je me dis qu’en fait, j’ai eu un accident et que je suis dans le coma. Que tout ça n’existe que dans ma tête. Et qu’un bon stimulus va me sortir de ce cauchemar et je reviendrais à moi dans un vrai monde de 2007, avec une civilisation avancée qui a su faire la part belle à l’homme complet, celui qui vit en harmonie avec lui-même, les autres et son environnement!

Mais comme je ne suis sûre de rien, j’attends ça se tasse et je me tape des lectures de chiotte.

Littérature de chiotte

J’épluche la littérature publicitaire qui arrive, on ne sait trop comment, jusqu’à notre boîte aux lettres blindée. Cela met les neurones énervés en disponibilité. La dernière qui a passé le barrage, c’est une sorte de fascicule pseudo-informatif d’une grande multinationale de la malbouffe de l’agroalimentaire qui veut tenter de passer pour autre chose que le partenaire officiel des dealers d’hypolipémiants.
Et je tombe sur ça :

Whaouououou!

Qu’ils sont fortiches!

Un an de travail pour une équipe de chercheurs pour trouver comment transformer les Pailles d’Or en flûte sans que la gaufrette ne ramollisse au passage. Sur le coup, j’ai cru à un clin d’oeil des Nuls. Parce que là, j’ai un peu halluciné! On enterre Pierre-Gilles de Gennes. On dit qu’il n’y a plus de fric pour la recherche fondamentale, les universités et tout ça. Qu’il va falloir que les chercheurs s’ouvrent vers les financements privés, les entreprises et que l’avenir est dans la recherche appliquée et on se retrouve avec des mecs dont la collectivité a financé au moins 5 ans d’études et sûrement plus qui ont fait les 3×8 pendant 12 mois pour trouver un moyen scientifique pour que la gaufrette reste croustillante pour le plus grand bonheur des petits obèses du monde entier!

Je me dis que tant qu’à plancher sur la physique des fluides, on aurait sûrement mieux employé ces mecs en les faisant trimer sur les filtres osmotiques, afin d’améliorer la qualité de l’eau pourrie à laquelle a accès un tiers de l’humanité. Logique non?
Ben non! On se paie des bacs+8 pour préserver le croustillant de la gaufrette!

Je suis vraiment trop conne, moi, avec mes idées de dinosaure idéologique, non?

Ou alors, je suis vraiment dans le coma. Perso, je ne vois que ça! Toute autre explication ne pourrait pas être un tant soit peu rationnelle. Je ne vis pas dans un monde de fous qui marchent sur la tête : je suis plongée dans un putain de cauchemar dont je m’éveillerai quand, dans le vrai monde des humains, on me sortira du coma.

C’est sûrement ça.

En attendant ce jour parfait entre tous, je vais continuer à lire des trucs dans les chiottes, le seul endroit où l’on peut lire à tête reposée, et je vais me concentrer sur de la bonne et belle littérature de chiottes, à savoir celle qui te stimule, t’interpelle, te remet en question, te fait douter de tout, te fait réfléchir et remettre en question toutes tes petites certitudes figées : celle que tu lis quand tu as envie d’être moins con en sortant!