Ce n’est pas parce que Bereno a jeté l’éponge que l’on doit oublier le corps de l’État auquel il continue d’appartenir.

Aussi, quand Sarko annonce qu’il désire un renforcement des sanctions contre ceux qui porteront atteinte à l’intégrité physique d’un policier, d’un gendarme ou d’un pompier, je remarque juste qu’il manque les agents de l’inspection du travail et j’ai une petite pensée pour tous ceux qui se font menacer régulièrement dans l’exercice de leurs fonctions et qui ont peur, avec d’autant plus de raison que deux d’entre eux y sont déjà passés.

D’un côté, il y a effectivement des flics, des pompiers, des gendarmes, mais aussi des médecins, des ambulanciers ou même des facteurs qui se font caillasser régulièrement dans des coins où l’État n’est plus que la figure lointaine de l’autorité, de la répression, de la relégation, de l’abandon et de la fin de la solidarité. De l’autre, il y a un corps de l’État qui provoque l’ire du patronat[1] et qui se fait tirer comme à la fête foraine.
Il faut pourtant savoir que le code pénal prévoit déjà une aggravation des peines pour ceux qui s’en prennent aux dépositaires de l’autorité publique, ce qui concerne donc aussi nos chers inspecteurs du travail…

Maintenant, j’aimerais savoir ce qu’il en est pour ceux qui encouragent à la haine contre les fameux dépositaires de l’autorité publique. Certes, on a déjà vu des groupes de rapp morfler pour avoir préconisé de casser du poulet dans leurs chansons. Mais qu’en est-il pour ceux qui plantent de grands panneaux le long des routes de province, assimilant l’inspection du travail à l’inquisition?
Ne serait-il pas fâcheux que toutes les personnes dépositaires de l’autorité publique ne soient pas logées à la même enseigne?

Et quel message envoie-t-on à la population quand caillasser une voiture de flics soulève plus d’émotion et déclenche plus de réactions des pouvoirs politiques que de descendre deux inspecteurs du travail à bout portant, dont une dans le dos?

Notes

[1] et d’ailleurs essentiellement du patronat qui trafique, qui triche et qui est déloyal non seulement envers ceux qu’il exploite sans vergogne mais aussi envers cet État accusé de laxisme envers les pauvres et de dureté avec les forces de vives, État qui doit toujours leur donner plus et leur prendre moins.