Comme AC! se retrouve sans site fixe pour le moment, l’association a pris la liberté d’utiliser mes commentaires pour faire connaître son point de vue sur le droit de réponse que Le Point a si gentiment accordé après avoir été mis en cause pour son article hagneux envers les chômeurs et précaires, droit de réponse pour Thierry F. et non pour les contradicteurs du Point dont je fais toujours partie.
Grand bien en a pris à AC! de squatter de la sorte mon blog, parce que c’est directement un article que je leur laisse pour s’exprimer!

Communiqué d’AC

Bonjour,
Notre site est en rade et nous ne pouvons y publier notre "droit de réponse" au Point.
Le voici ci-dessous.

Thierry F. et Le Point : le « parasite » publie un « droit de réponse »

Le 1er octobre 2006, AC ! publiait sur son site : http://www.ac-reseau.org/ un article intitulé : « L’appel au lynchage de l’hebdomadaire Le Point ».

Cet article répondait à un « témoignage » de « Thierry F. », chômeur anonyme de Roanne que Le Point n’hésitait pas à traiter de « parasite ».

Cette semaine, l’hebdo Le Point publie un étonnant « droit de réponse » à notre article.

Etonnant car ce droit de réponse ne nous est pas adressé.

Etonnant encore car il ne concerne pas les personnes que nous avons mises en cause.

Pas de demande de droit de réponse de François Pinault, le propriétaire du Point dont nous évoquions l’amende de 475 millions d’euros payée par les contribuables et les 9 millions d’indemnités de licenciement versées à son ami Blayau, pas de demande de droit de réponse encore de la rédaction du Point que nous accusons de mensonges et de manipulations quant à ses allégations entre autres sur le RMI et qui, en associant des chômeurs à des « parasites » (à quand les « cancrelas » ?) appelle à leur éradication. Enfin, aucune demande de « droit de réponse » du rédacteur de l’article, Ono-Dit-Biot, dont nous dénoncions au mieux le manque de rigueur professionnelle, au pire la malhonnêteté intellectuelle.

En revanche, l’inénarrable Ono-Dit-Biot aurait vu un « mail violent titré L’appel au lynchage de l’hebdomadaire Le Point » d’AC ! –au point d’approximation où en est l’inénarrable, confondre un « mail » avec un site public ne ternira pas plus sa réputation-, « mail violent » comportant des « accusations » que Thierry F. aurait souhaité « réfuter, point par point » sur le site … du Point !

En guise de réfutation, Thierry F. confirme point par point … l’imposture du Point !

L’ASS, c’est bien 14,25 euros par jour maximum (entre 427,50 et 441,75€ par mois), reconnaît Thierry F. « Sauf, ajoute-t-il, que je perçois bien 600 € car à l’ASS, je joins une allocation logement de 154 €. ».

Mais Le Point n’écrivait pas qu’il percevait 600 euros d’allocations. Le Point écrivait qu’il percevait 600 euros d’ASS. Et l’allocation logement en plus :

« Son secret se nomme ASS. « Allocation spécifique de solidarité ». Ou comme il dit, lui, en remerciant la France, « Aide si sympathique ». 600 euros par mois, versés par les Assedic. (…) Sans compter l’allocation logement (…)».

L’allocation logement, indépendante de l’ASS, est versée par la CAF.

Sur cette allocation logement, Thierry F. confirme encore nos informations : En tant que propriétaire, s’il la perçoit, c’est parce qu’il rembourse un crédit, ce que Le Point avait omis d’indiquer.

Comme l’ineffable avait omis d’indiquer que Thierry F. avait payé l’an dernier une taxe foncière de 177 euros.

Des « fines lunettes à 500 euros payées par la CMU » ? Là encore, Thierry F. confirme toujours nos informations. La CMU lui a remboursé 110 euros.

L’ASS versée « à vie, et quasi sans contrôle » selon Le point ? Pas tout à fait, selon le témoin qui subit tous les 6 mois un contrôle des ressources et un contrôle de la recherche d’emplois (réponses des employeurs sollicités) et qui a fréquenté les ateliers occupationnels aux titres alléchants comme « objectif emploi » et « objectif projets » pendant lesquels les demandeurs d’emploi apprennent à se vendre à défaut de trouver un employeur, quand bien même le souhaiteraient-ils.

« Il peut être fier de lui, Thierry : trente et un mois de travail sur treize ans, pour vingt-quatre années de « farniente rémunéré », écrivait l’inénarrable. Là encore, l’intéressé dément : « je ne suis pas chômeur depuis 20 ans ». En outre, les conditions d’admission à l’ASS ont été durcies en janvier 1997 et nombre d’allocataires qui avaient eu la mauvaise idée d’accepter un emploi précaire après cette date ont eu la surprise de perdre leurs droits et de se retrouver au mieux au RMI, souvent sans aucune allocation.

Quoiqu’il en soit, le combat douteux du Point pour que l’Etat extirpe les pauvres de leurs « trappes à inactivité » pour les jeter dans les galères des travailleurs pauvres est largement dépassé : le SMP « suivi mensuel personnalisé » que les chômeurs comme les agentEs de l’ANPE (voir notre rubrique "les révoltéEs de l’ANPE") nomment le « contrôle » voire le « flicage » mensuel auquel tous les chômeurs seront bientôt assujettis, vise à les obliger à accepter un retour au régime salarial du XIXème siècle voire même, sous couvert {« d’insertion »}, à travailler gratuitement dans le cadre de stages et d’EMT (« Evaluation en Milieu de Travail »), 80 heures que l’ANPE paie … au patron !

Et ceci sous menaces permanentes de radiation.

Si les lecteurs du Point tiennent à connaître la réalité des contrôles de l’Etat et du patronat sur la main d’œuvre au chômage et les façons de la plier à la précarité forcée, qu’ils lisent « Chômage, des secrets bien gardés » de Fabienne Brutus, employée de l’ANPE (chez J.-C. Gawsewitch).

AC !