Avant toute chose, il faut que ce soit bien clair : je suis quelqu’un de fondamentalisteement pacifiste, et s’il fallait que je tue ma nourriture, je deviendrais végétarienne… au moins pendant trois jours.

On a commencé petitement, genre mesure de rétorsion modérée, sans produits chimiques, ni rien : le machin à la citronnelle. Je dis machin, parce que niveau design, il y a encore un petit effort à faire, voir une révolution culturelle à accomplir. Résultat : 2 nuits à suffoquer dans la piaule saturée en parfum et des mosquitos qui venaient ricaner connement à mon oreille, me laissant hagarde et l’oeil injecté de sang aux premières heures du jour.

Nous sommes restés dans la gamme écolo avec le bidule qui envoie des ultra-sons désagréables pour les parasites volants. Ceci dit, chaque boitier coûte un oeil et nécessite de squatter une prise électrique, dispositif technologique qui a été disposé avec parcimonie dans notre logement. Et de toute manière, ça n’a pas empêché les mosquitos de venir faire des loopings juste sous mon nez.

Nous avons aussi laissé une colonie d’araignées faucheuses prendre possession des plafonds, au grand dam de la naine, pour qui cela revient à lutter contre la peste avec le choléra.

L’escalade

Devant l’acharnement des insectoïdes vrombisseurs qui persistent chaque nuit à violer notre espace aérien, nous avons commencé à pencher pour l’arme chimique.
Nous avons commencé avec des molécules stratégiques et ciblées, coincées dans des plaquettes que l’on glisse dans des petits ventilos portatifs. Cela marche un temps, celui que met l’axe du ventilo à se désaxer très légèrement, juste ce qu’il faut pour faire le bruit d’un mosquito de combat, version entraîné par un coach du Tour de France. On ne dort pas mieux, mais on ne se fait plus trop bouffer.

Finalement, on est passé aux armes de destructions massives, avec l’insecticide en bombe pour insectoïdes volants rétifs à toute réthorique pacifiste. Très efficace, même avec nos alliées d’autrefois, les araignées, mais que voulez-vous, on ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs.
Le problème, c’est nous dormons en ventilant abondamment, ce qui fait qu’au bout d’une heure ou deux, la guérilla reprend de plus belle.

C’est qu’ils n’en veulent même pas à notre peau, ces abrutis de moustiques, c’est carrément notre sang qui les attire! Faut bien qu’on se défende, merde, quoi!

En plus, c’est con un mosquito!

Vous, vous auriez besoin de vous nourrir de sang pour pouvoir vous reproduire, vous passeriez en mode furtif, genre le délicat soupir de velour du coup d’aile de la chauve-souris en vadrouille. Hop, ni vu, ni connu, on approche de la cible sans la réveiller.
Ensuite, pour la piqûre, tout comme le mosquito, vous utiliseriez un petit anesthésique local, histoire de pouvoir piquer sans réveiller l’autre. Mais vous feriez en sorte que votre salive ne soit pas allergisante, provoquant ces foutues démangeaisons qui pourrissent les nuits d’été des honnêtes campeurs[1]. Furtif et inoffensif, vous pourriez ponctionner votre part à foison sans que jamais votre vache à lait ne s’en sente plus mal. Mais non!, Ces fichus nano-vampires ne font rien pour se faciliter la vie, et c’est ainsi que les moins agiles d’entre eux finissent en petite tâche sanglante sur la jolie peinture de la chambre qu’il faudra en plus lessiver au matin!

Finalement, on a trouvé un honnête compromis : le répulsif!

Un truc qui pue un peu et fait tousser, que l’on se colle sur tous les bouts de peau exposée. On a pris la version tropicale!
Faut pas rigoler avec ça! Vous avez vu la taille des insectes depuis qu’il fait vraiment chaud? Il y a même des monstrasses que je n’avais jamais vus avant. Chez nous, en temps normal, l’insecte, c’est l’affaire de 1 ou 2 centimètres, une phalange, au pire. Rien qui ne peut se neutraliser d’une bonne claque dans la gueule. Mais depuis 2 ou 3 ans, on dirait que les bestioles ont parfaitement intégré l’idée d’un changement climatique global et irréversible et on voit arriver dans nos contrées tempérées des engins dont la taille excède largement la taille d’un briquet. Le truc que tu n’oses même pas écraser de ta tatanne vengeresse, tellement tu as l’intuition qu’elle va rebondir sur l’épaisse cuirasse de chitine!

Les mosquitos, c’est pareil. Ils deviennent plus balaises, plus nombreux, plus hargneux. Bientôt, il nous faudra des moustiquaires pour zone impaludée. Hier soir, je me suis enduite de truc qui pue. J’ai pu dormir tranquille. Mais ce matin, il est manifeste que j’ai du oublier les chevilles. Bref, la trêve est loin et le combat contre les insectes ne fait que commencer!

Manière, si ça continue comme ça, il faudra que l’on migre à Dunkerque pour échapper à l’avancée du désert…

Notes

[1] Y compris ceux qui campent, à moitié à poil, dans leur propre maison!