Mais qu’est-ce qu’on va bien pouvoir foutre pendant la Coupe du Monde de Football?

Bienvenue en SuisseRéponse en forme de clin d’œil, l’autre jour, à l’heure de la pub. Alors que j’attendais patiemment la fin d’un tunnel de pub, soudain, quelque chose attire mon attention dans le brouhaha des réclames en plein raccolement actif. Un paysage bucolique et montagneux, et, au lieu de vaches violettes, voilà que l’on voit apparaître des travailleurs d’un genre bien spécial : imaginez des mannequins calibrés pour le magazine Tétu en train de faire les Village People chippendalisés. En tout cas, il est extrêmement rafraîchissant de voir tous ces jeunes mâles metrosexuels bûcheronner, traire, et autre activités de force. Mais quand arrive le slogan, c’est l’hillarité qui l’emporte :

Mesdames, passez donc l’été de la Coupe du monde dans les montagnes suisses, là où les hommes se soucient un peu moins de football, mais un peu plus de vous.

Le pays des marmottes qui emballent la plaque de chocolat dans le papier allu fait dans le clin d’oeil délicieusement ironique et propose aux femmes esseulées de supporters convaincus de venir se distraire entre copines dans la confédération helvétique. Je ne suis pas sûre que l’on assiste à une explosion du tourisme sexuel au pays de Calvin, par contre, les Suisses ont d’ors et déjà emportés la palme de l’humour déconneur sympa pour la Coupe du Monde.

Parce que cette pub est en fait le pendant de l’autre pub du Mondial 2006, moins institutionnelle et bon enfant et nettement plus glauque et sordide : la mise en place d’un gigantesque lupanar à ciel ouvert dans l’Allemagne du football.
Des dizaines de milliers de femmes sont elles aussi invitées à transhumer à l’occasion de la grand messe du sport, parce que le supporter a besoin d’un exutoire à toutes ces terribles tensions nerveuses qui vont l’assaillir pendant ce spectacle tout en virilité. Devant l’ampleur de l’explosion de testostérone attendue, on innove, on crée des baraques à sexe, sorte de chiottes à usage sexuel. Bientôt, on va mettre sur le marché des filles-kleenex, par boîte de 12, ou des garages à bites.

Fondamentalement, qu’il y ait des putes volontaires qui partent arrondir leur fin de mois en Allemagne, histoire de soulager la main d’œuvre locale et les portefeuilles des gros beaufs gorgés de bière ne me gêne pas plus que cela, mais l’on sent bien que pour satisfaire les appétits des sportifs en chambre, on ne va pas trop être regardant sur le niveau de consentement des principales intéressées et que les rabatteurs doivent déjà turbiner à fond les ballons, écumants l’Est du continent où la pauvreté ne laisse jamais un choix immense à ses victimes.